Vol.4 - Juillet 2017

 

70ème numéro

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« Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. » 2 Pierre 3 : 9

 


Table des matières 

Éditorial

Études sur l’Apocalypse - Étude Biblique

L’alliance éternelle – Ellet J. Waggoner

Construire un trésor familial – Adrian Ebens

Systèmes de sources de vie – Adrian Ebens

Sara et la source mystérieuse – histoire pour les enfants

Gâteau renversé aux bananes – coin santé

 

Éditorial

   

« Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. » 2 Pierre 3 : 9

  

  Chers frères et sœurs en Christ,

  Alors que nous voyons passer les semaines, les mois et les années, nous pourrions être tentés de croire que Dieu tarde dans l’accomplissement de Sa promesse. Il a promis « Je viens bientôt » et il nous semble qu’Il nous a oublié, mais lorsque nous lisons ce texte de l’apôtre Pierre, nous sommes émerveillés en considérant la patience de Dieu envers chacun d’entre nous. Quel amour, quelle patience !

  Nous passons souvent par le creuset de l’épreuve, tentés et éprouvés nous ne voyons pas que notre Dieu est tout près de nous.

« [Dieu] n’oublie ni ne néglige ses enfants. … Si les justes passent par la fournaise de l’affliction, c’est pour s’y purifier ; c’est pour que leur exemple convainque le monde de la réalité de la foi et de la piété. » (Tragédie, p. 48)

  Comme l’écrit Sœur White, l’épreuve est là pour nous purifier et est un moyen utilisé par Dieu pour témoigner au monde de la réalité de la foi. N’est-ce pas un encouragement pour chacun d’entre nous ? Puissions-nous toujours avoir à l’esprit que même dans nos épreuves et nos difficultés nous pouvons être un témoignage vivant pour Dieu.

  Vous tenez entre vos mains le 70ème numéro d’Etoile du Matin ! Cela semble incroyable et nous n’aurions jamais imaginé cela possible lorsque nous avons commencé ce petit magazine en janvier 2006 ! Gloire et louange soient à Dieu notre Père et à son Fils, notre bien-aimé Sauveur ! Nous prions que ce présent magazine vous soit en bénédiction. Nous y avons inclus les deux premiers chapitre du livre d’Adrian Ebens : « La vie, ça compte ! » qui est en cours de traduction. Ce livre a été une vraie bénédiction dans notre vie de famille, car il présente les aspects pratiques et concrets de la vie chrétienne. Trop souvent, en tant que chrétiens nous nous focalisons sur la doctrine et la théologie, et elles ont leur importance, mais ce qui rend témoignage auprès des autres de notre foi est une vie transformée par la puissance de Dieu.

  Que le Seigneur vous bénisse, vous encourage et vous fortifie,

Elisabeth et Marc

 

 

Étude biblique – Études sur l’Apocalypse

Les sept dernières plaies

Textes de la leçon : Apoc. 15 et 16.

Verset à réciter : « Tu es mon refuge, ô Éternel ! Tu fais du Très-Haut ta retraite. Aucun malheur ne t’arrivera, aucun fléau n’approchera de ta tente. » Ps. 91 : 9, 10.

A consulter : La Tragédie des siècles, chap. 38 et 39, U. Smith, Daniel et l’Apocalypse, chap. 15 et 16 ; S.D.A. Bible Commentary, vol. VII.

 

POUR L’ETUDE QUOTIDIENNE

 

1. Coup d’œil sur la leçon ; plan

2. Questions 1, 2

3. Questions 3-6

4. Questions 7-10

5. Questions 11, 12

6. Questions 13, 14

7. Révision

 

PLAN DE LA LEÇON

 

I. Les saints victorieux, le jugement des méchants

1. Les saints sur la mer de verre, Apoc. 15 : 2-4

2. Les anges se préparent à envoyer sur la terre les sept dernières plaies, Apoc. 15 : 1, 6-8

II. La colère divine

3. Un ulcère malin et douloureux, Apoc. 16 : 1, 2

4. La mer devient du sang,  Apoc. 16 : 3

5. Les fleuves deviennent du sang, Apoc. 16 : 4-6

6. Il fut donné au soleil de brûler les hommes, Apoc. 16 : 8, 9

   

III. La cinquième et la sixième plaies

7. Le trône de la bête est couvert de ténèbres, Apoc. 16 : 10, 11

8. Le fleuve de l’Euphrate tarit, Apoc. 16 : 12

9. Le rôle du spiritisme dans les derniers événements, Apoc. 16 : 13, 14

10. Un exhortation, Apoc. 16 : 15

11. Harmaguédon, Apoc. 16 : 14-16

IV. Événements sous la septième plaie

12. La voix céleste ébranle la terre, Apoc. 16 : 17, 18

13. Babylone divisée en trois parties, Apoc. 16 : 19

14. Une grosse grêle tombe du ciel, Apoc. 16 : 21


 

LES SAINTS VICTORIEUX, LE JUGEMENT DES MÉCHANTS

 

1. Quelle scène triomphale Jean contemple-t-il ? Apoc. 15 : 2-4.

« Et je vis comme une mer de verre, mêlée de feu ; et ceux qui avaient vaincu la bête, son image, et le nombre de son nom, étaient debout sur la mer de verre, ayant des harpes de Dieu. Ils chantaient le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau, en disant : Tes œuvres sont grandes et admirables, Seigneur, Dieu tout-puissant ! Tes voies sont justes et véritables, roi des nations ! Qui ne craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Car seul tu es saint. Et toutes les nations viendront, et t’adoreront, parce que tes jugements ont été manifestés. »

Note – « Les cent quarante-quatre mille qui ont été rachetés parmi les hommes se tiennent sur la montagne de Sion avec l’Agneau, “ayant des harpes de Dieu”… Ils chantent un cantique nouveau devant le trône, cantique que personne ne peut apprendre, sinon les cent quarante-quatre mille. C’est le cantique de Moïse et de l’Agneau. Ce chant de délivrance, seuls les cent quarante-quatre mille peuvent l’apprendre, car c’est l’hymne de leur histoire, histoire vécue par eux seuls. » - E.-G. White, La Tragédie des Siècles, pp. 703-704.

2. Quel jugement menace les hommes ? Apoc. 15 : 1, 6-8.

« Puis je vis dans le ciel un autre signe, grand et admirable : sept anges, qui tenaient sept fléaux, les derniers, car par eux s’accomplit la colère de Dieu. »

« Les sept anges qui tenaient les sept fléaux sortirent du temple, revêtus d’un lin pur, éclatant, et ayant des ceintures d’or autour de la poitrine. L’un des quatre êtres vivants donna aux sept anges sept coupes d’or, pleines de la colère du Dieu qui vit au siècle des siècles. Le temple fut rempli de fumée, à cause de la gloire de Dieu et de sa puissance ; et personne ne pouvait entrer dans le temple, jusqu’à ce que les sept fléaux des sept anges soient accomplis. »

Note – Le temple rempli de fumée signifie que l’œuvre d’intercession est terminée. Aucun homme ne peut plus être sauvé depuis la fin du temps de grâce. Les plaies qui suivent sont la colère de Dieu sans mélange de miséricorde.

 

LA COLÈRE DIVINE

 

3. Où la première coupe est-elle versée, et sur qui tombe-t-elle ? Apoc. 16 : 1, 2.

« Et j’entendis une voix forte qui venait du temple, et qui disait aux sept anges : Allez, et versez sur la terre les sept coupes de la colère de Dieu. Le premier alla, et il versa sa coupe sur la terre. Et un ulcère malin et douloureux frappa les hommes qui avaient la marque de la bête et qui adoraient son image. »

Note – « Dès que Jésus n’intercédera plus dans le sanctuaire, le vin de la colère de Dieu dont sont menacés les adorateurs de la bête et de son image et ceux qui reçoivent sa marque, aura libre cours. Les plaies dont souffrit l’Égypte quand Dieu était sur le point d’en faire sortir son peuple étaient de même nature que celles, plus terribles et plus universelles, qui fondront sur le monde avant la délivrance finale du peuple de Dieu. » - E.-G. White, La Tragédie des Siècles, p. 680

4. Qui est touché par la seconde plaie ? Apoc. 16 : 3.

« Le second versa sa coupe dans la mer. Et elle devint du sang, comme celui d’un mort ; et tout être vivant mourut, tout ce qui était dans la mer. »

Note – « On peut difficilement se faire une idée d’une substance plus nocive et plus infecte que le sang d’un mort. Les grandes masses d’eau, sans doute représentées par le terme mer, qui seront dans un tel état sous cette plaie, présentent un tableau horrible. » - U. Smith, Daniel and Revelation, p. 689.

5. Que deviennent les fleuves et les sources d’eau à la troisième plaie ? Apoc. 16 : 4-6.

« Le troisième versa sa coupe dans les fleuves et dans les sources d’eaux. Et ils devinrent du sang. Et j’entendis l’ange des eaux qui disait : Tu es juste, toi qui es, et qui étais ; tu es saint, parce que tu as exercé ce jugement. Car ils ont versé le sang des saints et des prophètes, et tu leur as donné du sang à boire : ils le méritent. »

6. Quel est l’effet du soleil à la quatrième plaie, et comment les hommes réagissent-ils ? Apoc. 16 : 8, 9.

« Le quatrième versa sa coupe sur le soleil. Et il lui fut donné de brûler les hommes par le feu ; les hommes furent brûlés par une grande chaleur, et ils blasphémèrent le nom du Dieu qui a l’autorité sur ces fléaux, et ils ne se repentirent pas pour lui donner gloire. »

Note – « Ces plaies ne seront pas universelles, autrement les habitants de la terre périraient tous. Elles compteront toutefois parmi les plus terribles qui aient frappé les mortels. Tous les fléaux dont les hommes ont souffert avant la fin du temps de grâce ont été mélangés de miséricorde. Le sang de Jésus offert en leur faveur a toujours préservé les méchants du juste salaire de leur iniquité ; mais sous les plaies finales, la colère de Dieu sera versée sans pitié. » - E.-G. White, La Tragédie des Siècles, pp. 681-682.

  

LA CINQUIÈME ET LA SIXIÈME PLAIES

 

7. Sur qui la cinquième coupe est-elle versée, et quels en sont les effets ? Apoc. 16 : 10,11.

« Le cinquième versa sa coupe sur le trône de la bête. Et son royaume fut couvert de ténèbres ; les hommes se mordaient la langue de douleur ; ils blasphémèrent le Dieu du ciel, à cause de leurs douleurs et de leurs ulcères, et ils ne se repentirent pas de leurs œuvres. »

8. Qu’arrive-t-il lorsque le sixième ange verse sa coupe ? Apoc. 16 : 12.

« Le sixième versa sa coupe sur le grand fleuve, l’Euphrate. Et son eau tarit, pour préparer la voie aux rois qui viennent de l’Orient. »

Note – « Il est bien évident que le nom de l’Euphrate et son tarissement doivent être considérés comme des symboles, car le tarissement littéral d’un fleuve ne peut avoir une grande importance sur les événements qui se dérouleront dans le monde aux derniers jours. L’Euphrate signifie naturellement les eaux, et celles-ci, nous est-il dit, représentent “des peuples, des multitudes, des nations et des langues ». (voir Apoc. 17 : 1, 15.) Les eaux tarissent, et lorsque ce moment historique se produit, le chemin est préparé pour la mêlée finale des nations du monde. C’est la bataille du grand jour de Dieu. » - Our Firm Foundation, vol. II, p. 283.

La terre entière sera alors un champ de bataille.

« Un effroyable conflit se prépare. Nous approchons de la bataille du grand jour du Dieu tout-puissant. Les forces qui ont été retenues vont être libérées. L’ange de la miséricorde déploie ses ailes. Il se prépare à descendre du trône et à abandonner le monde à la domination de Satan. Les principautés et les puissances de la terre se révoltent violemment contre le Dieu du ciel. Elles sont remplies de haine à l’égard de ceux qui le servent. Dans un avenir très rapproché, se livrera le grand conflit entre le bien et le mal. La terre entière deviendra un champ de bataille – le lieu du combat final et de la victoire définitive. » - E.-G. White, My Life Today, p. 308.

9. Que signifient les trois esprits impurs et qu’accomplissent-ils ? Apoc. 16 : 13, 14.

« Je vis sortir de la gueule du dragon, de la gueule de la bête, et de la bouche du faux prophète, trois esprits impurs, semblables à des grenouilles. Car ce sont des esprits de démons, qui font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre, afin de les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout-puissant. »

Note – « Le tentateur s’est préparé de longue main pour cet assaut final. … C’est petit à petit qu’il a préparé le terrain pour son chef-d’œuvre de séduction qu’est le spiritisme. Il n’a pas encore pleinement atteint son but ; mais il l’atteindra à la dernière heure… A l’exception de ceux qui sont gardés par la foi en la Parole de Dieu, le monde entier sera enveloppé dans cette redoutable séduction. Et l’humanité sommeille dans une fatale sécurité d’où elle ne sera tirée que par les effets de la colère de Dieu. » - E.-G. White, La Tragédie des Siècles, p. 610.

10. Quelle exhortation entend-on à ce moment-là ? Apoc. 16 : 15.

« Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille, et qui garde ses vêtements, afin qu’il ne marche pas nu et qu’on ne voie pas sa honte ! »

11. Quelles puissances seront rassemblées à Harmaguédon ? Apoc. 16 : 14-16

« Car ce sont des esprits de démons, qui font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre, afin de les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout-puissant. Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille, et qui garde ses vêtements, afin qu’il ne marche pas nu et qu’on ne voie pas sa honte ! Ils les rassemblèrent dans le lieu appelé en hébreu Harmaguédon. »

Note – « Il n’y a que deux catégories de personnes ici-bas : celles qui sont fidèles au Seigneur et celles qui se rangent sous la bannière du prince des ténèbres. Satan et ses anges exerceront leur puissance “avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers”… La guerre d’Harmaguédon va bientôt se déchaîner. Celui qui porte sur son vêtement ces mots : “Roi des rois et Seigneur des seigneurs”, conduisait les soldats des armées célestes, montés sur des chevaux blancs, et revêtus de fin lin, pur et éclatant. » - E.-G. White Supplement, S.D.A. Bible Commentary, vol. VII.

12. Que se passe-t-il sur la terre lorsque le septième ange verse sa coupe ? Apoc. 16 : 17, 18. Cf. Aggée 2 : 6, 7.

« Le septième versa sa coupe dans l’air. Et il sortit du temple, du trône, une voix forte qui disait : C’en est fait ! Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, et un grand tremblement de terre, tel qu’il n’y avait jamais eu depuis que l’homme est sur la terre un aussi grand tremblement. »

« Car ainsi parle l’Éternel des armées : encore un peu de temps, et j’ébranlerai les cieux et la terre, la mer et le sec ; j’ébranlerai toutes les nations ; les trésors de toutes les nations viendront, et je remplirai de gloire cette maison, dit l’Éternel des armées. »

Note – « Cette voix ébranle les cieux et la terre… Le firmament semble s’ouvrir et se refermer. La gloire du trône de Dieu paraît. Les montagnes oscillent comme des roseaux agités par le vent, et des masses de rochers déchiquetés volent de toutes parts. » - E.-G. White, La Tragédie des Siècles, p. 691.

13. Contre quel pouvoir apostat s’exerce la colère divine sous la septième plaie ? Apoc. 16 : 19.

« Et la grande ville fut divisée en trois parties, et les villes des nations tombèrent, et Dieu se souvint de Babylone la grande, pour lui donner la coupe du vin de son ardente colère.»

14. Que tombe-t-il encore du ciel sur les hommes ? Apoc. 16 : 21. Cf. Es. 30 : 30 ; Job 38 : 22, 23.

« Et une grosse grêle, dont les grêlons pesaient un talent, tomba du ciel sur les hommes ; et les hommes blasphémèrent Dieu, à cause du fléau de la grêle, parce que ce fléau était très grand. »

« Et l’Éternel fera retentir sa voix majestueuse, Il montrera son bras prêt à frapper, dans l’ardeur de sa colère, au milieu de la flamme d’un feu dévorant, de l’inondation, de la tempête et des pierres de grêle. »

« Es-tu parvenu jusqu’aux amas de neige ? As-tu vu les dépôts de grêle, que je tiens en réserve pour les temps de détresse, pour les jours de guerre et de bataille ? »

 

 

L’alliance éternelle : Les promesses de Dieu

L’alliance

The Present Truth, 4 Juin 1896

Ellet J. Waggoner

 

  Le chapitre 15 de la Genèse contient le premier récit de l’alliance faite avec Abraham. « La Parole de l’Éternel fut adressée à Abram dans une vision, et Il dit : Abram, ne crains point ; Moi, Je suis ton bouclier [et] ta très grande récompense » [version Darby]. Notez que Dieu affirma qu’Il est Lui-même la récompense d’Abraham. Si nous sommes à Christ, nous sommes de la postérité d’Abraham, et selon la promesse, héritiers. Héritiers de qui ? –« héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ » (Rom. 8 : 17). Le Psalmiste se référait au même héritage : « L’Éternel est la portion de mon héritage » [version Darby], (Ps. 16 : 5). Nous avons ici un lien mettant en relation le peuple de Dieu avec Abraham. Son espérance n’est autre que la promesse de Dieu à Abraham.

 

Des enfants et non des serviteurs

  La promesse faite par Dieu à Abraham ne le concernait pas lui seulement, elle concernait également sa postérité. C’est pour cette raison qu’Abraham dit au Seigneur : « Seigneur Éternel, que me donneras-tu ? Je m’en vais sans enfant ; et l’héritier de ma maison, c’est Éliézer de Damas. Et Abram dit : Voici, tu ne m’as pas donné de postérité, et celui qui est né dans ma maison sera mon héritier » (Gen. 15 : 2 et 3). Abraham ne connaissait pas le plan du Seigneur. Il connaissait la promesse et y croyait, mais comme il vieillissait et n’avait pas d’enfant, il pensa que la postérité qui lui avait été promise viendrait à travers son serviteur. Mais tel n’était pas le plan de Dieu. Abraham ne devait pas être le progéniteur d’une race de serviteurs, mais d’hommes libres.

  Alors l’Éternel lui dit : « Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais c’est celui qui sortira de tes entrailles qui sera ton héritier. Après l’avoir conduit dehors, Il dit : regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit : telle sera ta postérité. Abram eut confiance en l’Éternel, qui le lui imputa à justice » (Gen. 15 : 4-6).

« Abram eut confiance en l’Éternel ». La racine du verbe traduit par « eut confiance », est le mot « Amen ». L’idée est solide, bien fondée. Quand Dieu prononça la promesse, Abraham dit : « Amen », ou, en d’autres termes, il se fonda sur Dieu, prenant la Parole de Dieu comme une base sûre. (Comparez avec Matthieu 7 : 24 et 25).

 

Un fondement solide

  Dieu promit à Abraham une grande postérité. Mais cette postérité devait être édifiée dans le Seigneur, et c’est ainsi qu’Abraham le comprit, et commença à la construire sans retard. Jésus-Christ est le fondement, car « personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ » (1 Cor. 3 : 11). La maison d’Abraham est la maison de Dieu, édifiée « sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ Lui-même étant la pierre angulaire » (Éph. 2 : 20). « Approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu ; et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ. Car il est dit dans l’Écriture : Voici, je mets en Sion une Pierre Angulaire, choisie, précieuse ; et celui qui croit en elle ne sera point confus » (1 Pier. 2 : 4-6).

 

Construire sur Dieu

  « Et Abram eut confiance en l’Éternel, qui le lui imputa à justice ». Pourquoi ? – Parce que la foi signifie édifier sur Dieu et Sa Parole,  recevoir la vie de Dieu et Sa Parole. Observez dans les versets cités par l’apôtre Pierre, que le fondement sur lequel s’édifie la maison est une pierre vivante. Le fondement est un fondement vivant, donnant la vie à ceux qui viennent à lui, afin que la maison édifiée soit une maison vivante. Sa croissance lui vient de la vie provenant du fondement. « Confiez-vous en l’Éternel, votre Dieu, et vous serez affermis. » (2 Chr. 20 : 20). Dans ce texte, les termes « confiez » et « affermis » trouvent tous deux leur origine dans la racine « Amen », et nous pourrions le lire ainsi : « Bâtissez sur l’Éternel votre Dieu, et vous serez édifiés. » Mais le fondement sur lequel nous bâtissons est droit : « L’Éternel est droit. Il est mon rocher, et il n’y a point d’injustice en Lui » (Ps. 92 : 15). Ainsi, puisque la foi signifie édifier sur Dieu et Sa sainte Parole, il est évident que la foi doit être juste pour celui qui la possède et l’exerce.

 

Jésus-Christ est l’ « Amen »

  Jésus-Christ est l’origine de la foi. En Lui, la foi trouve son commencement et sa fin. Il ne peut y avoir une foi réelle si Christ n’est pas au centre. Pour cette raison, lorsqu’Abraham crut au Seigneur, il crut au Seigneur Jésus-Christ. Dieu ne s’est jamais révélé à l’homme, si ce n’est par Christ (Jean 1 : 18). Le fait que la croyance d’Abraham fut une foi personnelle dans le Seigneur Jésus-Christ est mis en évidence par le fait que cela lui fut imputé à justice. Et il n’y a pas de justice, excepté par la foi de Jésus-Christ, « lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption » (1 Cor. 1 : 30). Aucune justice n’aura la moindre valeur quand le Seigneur apparaîtra, exceptée « celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi » (Phil. 3 : 9). Mais, puisque Dieu lui-même considéra la foi d’Abraham comme justice, il est clair que la foi d’Abraham était uniquement centrée en Christ, de qui provient sa justice.

  Et ceci démontre que la promesse de Dieu à Abraham ne fut que par Christ. La postérité ou descendance serait exclusivement celle qui est par la foi de Christ, car Christ Lui-même est la semence. La postérité d’Abraham, qui devrait être aussi innombrable que les étoiles, sera composée de l’armée immense de ceux qui ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau. Les nations qui seront issues de lui, seront les nations qui auront été sauvées (Apoc. 21 : 24). (Comparez avec Mat. 8 : 11) « Or, je vous déclare que plusieurs viendront de l’orient et de l’occident, et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux ». « Pour toutes les promesses de Dieu, c’est en lui qu’est le oui, c’est pourquoi encore l’Amen par lui est prononcé » (2 Cor. 1 : 20).

  

Pour Abraham et sa postérité

  « En ce jour-là, l’Éternel fit alliance avec Abram, et dit : Je donne ce pays à ta postérité », etc. (Gen. 15 : 18). Dans les versets précédents nous trouvons la base de cette alliance. Nous avons d’abord la promesse d’une postérité innombrable, et d’une terre. Dieu dit : « Je suis l’Éternel, qui t’ai fait sortir d’Ur en Chaldée, pour te donner en possession ce pays » (vers. 7). Il est nécessaire de se souvenir de ce verset à la lecture du verset 18, parce que dans le cas contraire, nous pourrions avoir l’impression erronée qu’il y eut quelque chose [la terre] qui fut promis seulement aux descendants d’Abraham, sans lui. « Les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité » (Gal. 3 : 16). Rien n’a été promis à sa descendance qui ne lui ait été aussi promis.

  Abraham crut au Seigneur. Cependant, il dit : « Seigneur Éternel, à quoi connaîtrai-je que je le posséderai ? » (Gen. 15 : 8). Plus loin, le récit du partage de la génisse, de la chèvre et du bélier suit. Jérémie 34 : 18-20 y fait allusion, quand Dieu reproche au peuple la transgression de Son alliance.

 

Une période d’attente

  « Au coucher du soleil, un profond sommeil tomba sur Abram ; et voici, une frayeur et une grande obscurité vinrent l’assaillir. Et l’Éternel dit à Abram : Sache que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera point à eux ; ils y seront asservis, et on les opprimera pendant quatre cents ans. Mais Je jugerai la nation à laquelle ils seront asservis, et ils sortiront ensuite avec de grandes richesses. Toi, tu iras en paix vers tes pères, tu seras enterré après une heureuse vieillesse. A la quatrième génération, ils reviendront ici ; car l’iniquité des Amoréens n’est pas encore à son comble » (Gen. 15 : 12-16).

  Nous avons vu que cette alliance était une alliance de justice par la foi. En effet, la descendance et la terre devaient être à Abraham par la foi en la Parole de Dieu, foi qui fut imputée à justice à Abraham [Rom. 4 : 20-22]. Voyons maintenant ce que nous pouvons apprendre de plus des textes précédents.

 

Attendre dans la tombe

  Une de ces choses est qu’Abraham devait mourir avant que la possession soit accordée. Il devait mourir à un âge avancé, et sa descendance serait étrangère dans une terre lointaine pendant quatre cents ans.

  Non seulement Abraham, mais ses descendants immédiats moururent avant que la postérité possède la terre qui leur avait été promise. De fait, nous savons qu’Isaac mourut avant que les enfants d’Israël aillent en Égypte, et que Jacob et tous ses enfants moururent en Égypte.

  « Les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité ». Le chapitre que nous étudions nous dit la même chose. Il est évident qu’une promesse faite à la postérité d’Abraham ne pouvait être accomplie en donnant ce qui avait été promis qu’à une partie de celle-ci ; et ce qui fut promis à Abraham et à sa postérité ne pouvait pas s’accomplir à moins qu’Abraham n’y participe autant que sa descendance.

 

La promesse de la résurrection

  Qu’est-ce que cela démontre? – Simplement que la promesse du chapitre 15 de la Genèse selon laquelle Abraham et sa postérité possèderaient la terre, se réfère à la résurrection des morts, et à rien de moins. Ce qui précède est certain, même si nous excluions Abraham lui-même de l’alliance qui est ici énoncée, car, comme nous l’avons vu, il est indiscutable que beaucoup des descendants immédiats d’Abraham seraient déjà morts au moment de l’accomplissement de la promesse ; et nous savons qu’Isaac, Jacob et les douze patriarches moururent bien avant ce moment.

  Même si nous excluons Abraham, il n’en demeure pas moins que la promesse faite doit englober la totalité et non seulement une partie de la postérité, car la promesse est « assurée à toute la postérité » (Rom. 4 : 16) Mais nous ne pouvons exclure Abraham de la promesse ; il est donc évident que Jésus et la résurrection furent prêchés à Abraham.

 

Accomplissement après la résurrection

  Ceci nous aide à mieux comprendre pourquoi Étienne, lorsqu’il dut affronter un jugement pour avoir prêché Jésus, commença son discours par une référence à ces paroles mêmes. En parlant du séjour d’Abraham dans la terre de Canaan, il affirma que Dieu « ne lui donna aucune propriété en ce pays, pas même de quoi poser le pied, mais Il promit de lui en donner la possession, et à sa postérité après lui, quoiqu’il n’eût point d’enfant » (Act. 7 : 5). En se référant à cette promesse bien connue de tous les Juifs, Étienne leur montra clairement qu’elle ne pouvait trouver son accomplissement que par la résurrection des morts, par Jésus.

 

Le fondement de la foi

  « Toi, tu iras en paix vers tes pères, tu seras enterré après une heureuse vieillesse. A la quatrième génération, ils reviendront ici ; car l’iniquité des Amoréens n’est pas encore à son comble ». Ceci nous permet de comprendre pourquoi Abraham mourut dans la foi, bien que n’ayant pas reçu l’accomplissement de la promesse. S’il avait espéré la recevoir dans cette vie, à l’approche de sa mort il aurait été déçu de ne pas l’avoir vu.

  Mais Dieu lui a clairement dit qu’il devrait mourir avant d’en voir l’accomplissement. Ainsi, puisqu’Abraham eut confiance en Dieu, il est clair qu’il comprit la résurrection, et qu’il y crut. La résurrection des morts, comme nous le verrons, fut toujours le centre de l’espérance de tout fils authentique d’Abraham.

 

Un temps accordé pour la repentance des Amoréens

  Mais nous apprenons quelque chose de plus. A la quatrième génération, ou après les quatre cents ans, sa descendance devait être libérée de l’esclavage, et se diriger vers la terre promise. Pourquoi les enfants d’Israël ne purent-ils pas tout de suite posséder la terre ? Parce que l’iniquité des Amoréens n’était pas arrivée à son comble. Ceci montre que Dieu allait donner aux Amoréens du temps pour se repentir, ou à défaut, du temps pour qu’ils atteignent le comble de leur méchanceté, démontrant ainsi leur disqualification à posséder la terre. A l’époque comme maintenant, la patience de Dieu était le salut.

  Plus encore, cela nous enseigne que la terre promise par Dieu à Abraham et à sa postérité ne peut être possédée que par un peuple juste. Dieu n’expulserait pas de la terre ceux qui auraient la plus petite possibilité de parvenir à la justice. Mais le fait que ce peuple qui devrait être détruit devant les enfants d’Abraham le serait à cause de leur méchanceté, montre que les possesseurs de la terre doivent être justes. Nous voyons donc que la descendance d’Abraham, à qui la terre fut promise, devait être un peuple juste. Ceci a déjà été démontré par le fait qu’une descendance fut promise à Abraham seulement par la justice de la foi. « Il n’y aura plus que des justes parmi ton peuple, ils posséderont à toujours le pays c’est le rejeton que j’ai planté, l’œuvre de mes mains, pour servir à ma gloire. » (Esaïe 60 : 21).

 


La vie, ça compte ! 

Adrian Ebens

 

Chapitre 1

Construire un trésor familial

 

  Alors que j’entrais dans la maison, une odeur de renfermé se fit sentir et révéla rapidement que personne n’avait vécu là depuis un certain temps. Après avoir ouvert quelques fenêtres, je m’assis dans une chaise longue pour y observer la scène. Dans le coin l’horloge de grand-père me rappela le temps passé par un flot de souvenirs qui me revinrent à l’esprit. Je fermai les yeux et 35 ans furent effacés en un instant. Soudain, la pièce reprit vie par des sons ; mes grands-parents, parents, et de nombreux oncles, tantes et cousins étaient tous présents. Nous mangions de délicieux gâteaux et des biscuits, en riant et en racontant des blagues et des histoires. Je pouvais voir leurs visages très clairement, et je riais doucement alors que le film se poursuivait. C’est alors que sans avertir, une vague d’émotion déferla sur moi avec une nostalgie si ardente et si profonde que les larmes me montèrent aux yeux. Fais-moi remonter le temps, horloge de grand-père, fais reculer tes vieilles aiguilles noires et laisse-moi une fois encore me délecter dans l’innocence de l’enfance. Les visages heureux, les rires, l’innocence – le sens de l’appartenance – oh quel trésor c’était.

  J’étais paralysé par l’émotion et je savais que c’était un rituel qu’il me fallait poursuivre. J’allais dans chaque pièce, m’asseyais et le film recommençait avec les visages, les rires, l’appartenance, la faim d’y retourner. C’était une manière de dire au revoir.

  Cette vieille maison qui appartenait à mes grands-parents était la seule chose dans ma vie qui n’avait pas changé. C’était l’unique constante, et bien que vieille, poussiéreuse et légèrement dégradée, elle contenait un trésor de souvenirs que j’avais besoin de revivre. Mon grand-père était mort et ma grand-mère venait juste d’être placée dans un endroit où elle pourrait recevoir les soins nécessaires : la maison allait donc bientôt être vendue.

  Je me suis souvent trouvé à poursuivre ce trésor de souvenirs. J’ai récemment voyagé vers un endroit où j’avais vécu enfant, et j’absorbais simplement les images et les sons, visitant mon ancienne maison et revivant les souvenirs. Souvenirs de Papa et Maman, de ma sœur et moi assis dans le salon, souvenirs de course à pied avec mon Papa, souvenirs de mes amis et moi jouant dans le ruisseau, grimpant aux arbres et roulant à vélo. Je sais que les souvenirs sont légèrement ‘tintés de rose’ et il y a une tendance incroyable à ne se souvenir que des bons moments, mais c’est si bon et ça fait tellement de bien.

  Construire et protéger ce genre de trésor maintient la santé des communautés et donne de l’espoir aux générations encore à venir. Les trésors de joie et d’affection, les doux souvenirs tissés dans les rituels familiaux et les expériences sont l’usine de la vie. Sans ce trésor, la vie n’a ni âme ni cœur et se trouve réduite à la corvée de la survie. Sans un ensemble de souvenirs chaleureux reliés à des relations spéciales – la vie est vide de sens. Personne ne peut se poser et se stabiliser sans pouvoir se référer avec douceur à un lieu et l’appeler ‘chez moi’.

  WR était un étudiant âgé de 19 ans, en école d’ingénieur dans une grande université publique et compétitive. Il commit le suicide en sautant sans prévenir du dixième étage de la résidence où se trouvait sa chambre.

  Le suicide de WR semble être relié à son implication dans un accident de voiture approximativement trente minutes avant sa mort. WR avait eu une contravention pour avoir suivi de trop près une voiture – sa troisième infraction routière, le rendant ainsi inéligible à la conduite L’autre conducteur souffrait d’un traumatisme cervical mineur, et était visiblement « souffrant et nerveux » pendant qu’on le préparait pour le transport vers l’hôpital. La voiture conduite par WR avait été endommagée à l’avant. La voiture appartenait à sa sœur ; la mère de WR lui avait dit de ne pas la conduire.

  On peut comprendre que quelqu’un soit contrarié, se voyant retirer le permis de conduire et se trouvant dans les soucis pour avoir pris la voiture de sa sœur, alors qu’on lui avait demandé de ne pas le faire, mais pourquoi WR devrait-il se tuer ? Comment la vie peut-elle dégénérer au point que vous souhaitiez y mettre un terme ?

  WR tenait un journal pendant qu’il était à l’université, ce qui donne une image plus profonde de ce qui se passait réellement. Voyons quelques-unes de ses notes :

  Mon estomac est serré et retourné. Je ne peux pas m’apitoyer plus sur mon sort. Pourtant, je veux accuser les autres de mes échecs. Je refuse de reconnaître la faute comme étant la mienne. J’espère que je vais finir par haïr les autres membres de ma classe, les punir ainsi que moi-même, et sortir de tout ça. Aujourd’hui, j’avais envie d’abandonner. Ce soir, je vais me battre sur un terrain renforcé et j’ai besoin de confiance en une victoire.

A l’aide, j’ai peur. Oh, j’ai peur ! Je ne veux pas perdre.

Craintif de parler en classe… Dois impressionner les autres. Ai besoin de m’affirmer.

Peur !! Mise là par toi-même… Tu ne peux pas le faire ?

Ne stagne pas, va de l’avant, progresse.

  La réalité confronte les ‘gens d’en bas’. Ils quittent souvent l’école, rejoignent l’armée, ou se trouvent un travail. Reconnaître l’état critique d’être incapable de gérer la compétition du système scolaire requiert du courage ; et une aide parentale ou psychologique et administrative devrait être disponible pour aider à reconnaître le problème.

WR avait un problème d’expression qui était intensifié par la peur. Remarquez le commentaire suivant dans son journal :

Quand je parle, c’est toujours mauvais. Alors je me cache.

Assis seul en classe, l’autre jour, j’ai réalisé que je pouvais dire tout ce que je voulais. En présence des autres je me bloque, je me retiens.

Après que mon père m’a ordonné d’arrêter de parler de manière spasmodique, je me suis senti honteux et coupable de bégayer.

L’incapacité qu’avait WR à accomplir correctement ses objectifs dans la société commença à le faire se replier sur lui-même. Il se mit à souffrir de solitude, de dépression, de culpabilité et de colère.

Je suis seul et je m’ennuie.

Ne te désillusionne pas, ne parle à personne.

Le problème existe. Inquiet, mécontent, mange beaucoup, déprimé.

Si les bonnes personnes m’approchaient maintenant, je pourrais bien finir dans l’équipe de Dieu.

Dans ma culpabilité de chambre. La famille n’a pas accepté.

J’ai encore des humeurs égoïstes, mais j’essaie maintenant de me contenir.

  Si l’on considère de près le système de valeur de WR, on voit qu’il croyait qu’accomplir des choses était synonyme d’acceptation et qu’échouer revenait à être rejeté. Il semble qu’il ne recevait qu’un soutien limité de sa famille. Les commentaires de son père concernant sa difficulté à parler lui donnaient un sentiment de honte et de culpabilité. Mais pouvons-nous supposer que WR prenait les choses trop au sérieux, que son suicide était bien malheureux, mais faisait simplement partie du décor, et qu’il faut apprendre à faire face ?

  Certains pourraient facilement supposer que WR était simplement faible d’esprit, mais lorsque nous considérons les statistiques sur la dépression et le suicide, elles nous implorent de chercher un peu plus loin. Jetez un œil sur les statistiques suivantes datant de 1998 :

Ÿ  1 million de suicides chaque année

Ÿ  10 à 20 millions de tentatives chaque année, soit 38 tentatives chaque minute

Ÿ  Aux États-Unis, le suicide chez les hommes de 35 à 49 ans est la troisième cause de mortalité

Ÿ  Le taux de suicide des jeunes australiens est le plus élevé au monde

  WR n’avait pas un trésor familial de souvenirs pour faire office d’amortisseur pendant une période difficile ; en fait, toute son approche de la vie était dirigée par l’accomplissement fondé sur des réalisations desquelles il attendait l’acceptation et de bonnes relations.

  Il faut se poser la question, quel est le moteur de ces tendances ? Quels principes sont en œuvre dans la société et provoquent cet effondrement dans la construction d’un trésor familial de souvenirs ? Qu’est-ce qui fait monter les niveaux d’isolement, de dépression et de suicide ? Nous pourrions offrir certaines réponses superficielles sur le besoin de passer plus de temps ensemble et je pourrais vous donner une liste de choses à faire (que vous connaissez déjà) qui profiterait grandement à votre construction d’un trésor familial, mais je suppose que cela reviendrait à offrir une serpillère pour nettoyer le gâchis, plutôt que d’indiquer le moyen de fermer le robinet. Je crois que les questions sont bien plus profondes qu’une simple liste de choses à faire.

  Comment construire dans la société un système de valeur qui améliorera les relations familiales et les amitiés, et amoindrira les impacts négatifs générés par les buts non atteints et l’échec de réalisations basées sur la performance ? Notre voyage commence par nos suppositions concernant la source de la vie. Nous verrons cela en profondeur dans le chapitre suivant. Mais pour le moment, nous allons poser quelques fondements. Lorsque nous pensons aux systèmes de valeur, je crois qu’il existe un élément clé qu’il nous faut considérer et qui amènera immédiatement deux autres éléments :

 

Élément principal :

Ÿ  La source de la vie ou du pouvoir – la vie physique, mentale et spirituelle. C’est l’essence de l’existence. D’où vient la vie, et comment nous y engageons-nous ? Comment vivons-nous une vie remplie et pleine de sens ?

 

Éléments secondaires :

Ÿ  Les relations – la nature même de la naissance et de l’enfance demande l’engagement des personnes dans une forme quelconque de relation. Dans notre existence humaine, la vie est conçue par les relations. Nous voyons également l’aspiration vers les relations et l’intimité due à la grande aversion qu’ont la plupart des gens à être seuls. La vie sans intimité est vide.

Ÿ  La valeur – une saine conception de soi, le sens d’une raison d’être et d’une destinée. Sans cette raison d’être, la vie perd son sens et le désir de la préserver est détruit. La vie sans valeur n’a pas de sens.

Comment relions-nous ces éléments pour construire des relations plus fortes, avec un océan plein de trésors de souvenirs familiaux ? Nous affirmons une évidence lorsque nous disons que les relations et la valeur ne peuvent pas exister sans vie, mais en affirmant cela, nous voyons que la nature de notre valeur et de nos relations est gouvernée par la nature de notre vie, ou en d’autres termes, de notre compréhension de son origine.

 

 

Chapitre 2

Systèmes de source de vie

 

  La connaissance de l’origine de la vie et la manière dont elle nous parvient est l’une des questions les plus fondamentales de la vie. Elle définit réellement le genre d’êtres que nous sommes, ainsi que la nature de nos relations et notre système de valeur, comme nous l’avons présenté à la fin du chapitre précédent. Considérant la priorité de cette question, je trouve la déclaration suivante de Wikipédia sous le titre « Origine de la Vie » plutôt amusant :

  Les études sur l’origine de la vie sont un domaine de recherche limité malgré son impact profond sur la biologie et la compréhension humaine du monde naturel. Les progrès dans ce domaine sont généralement lents et sporadiques, bien qu’il attire encore l’attention de nombreuses personnes étant donné l’importance de la question investiguée. Une raison possible pour expliquer ce progrès lent est la difficulté à obtenir le financement pour la recherche dans ce domaine, étant donné que les applications commerciales possibles de la recherche sont difficiles à prévoir.[1]

  Il apparaît donc que l’une des raisons principales pour laquelle nous avons des difficultés avec cette question est qu’il nous faut plus de finances pour la recherche. J Il existe bien sûr de nombreuses théories et idées passionnément défendues qui prétendent répondre à cette question. Mon objectif dans ce chapitre n’est pas d’essayer d’y répondre, mais plutôt de penser aux impacts qu’ont différents systèmes de source de vie sur la capacité à construire des trésors familiaux, à fortifier les relations et à aider nos enfants à avoir une saine conception de leur propre valeur.

 

a. La pensée Chrétienne occidentale

  La pensée occidentale est lourdement influencée par les philosophes grecs tels que Platon et Aristote. Platon a affirmé que « L’âme de l’homme est immortelle et impérissable. »[2] Un certain nombre de responsables de l’Église Chrétienne dans les premiers siècles après l’époque de Christ furent influencés par ces vues et les présentèrent à l’église. Si vous avez remarqué, on lit dans le dernier Catéchisme Catholique :

III. Comment peut-on prouver que l’âme de l’homme est immortelle ?

On peut prouver que l’âme de l’homme est immortelle parce que les actes d’intelligence de l’homme sont spirituels ; c’est pourquoi son âme doit être un être spirituel, indépendant de la matière, et n’est donc pas sujette à la décomposition ou la mort.[3]

Les chrétiens acceptent généralement la présence de l’âme immortelle sans savoir distinctement à quel moment elle devient une partie d’eux-mêmes. Cependant, cela a été un sujet de dispute pendant des siècles. Le créationnisme, par exemple, affirme que Dieu crée une nouvelle âme à chaque naissance (Jérôme, Calvin). Le traducianisme affirme que l’âme et le corps sont créés par propagation (Tertullien, Léo, Luther). « Je pourrais utiliser l’opinion de Platon lorsqu’il déclare que ‘chaque âme est immortelle’ » - Tertullien.

L’église devint si passionnée à ce sujet qu’en 1513, le Concile de Latran condamna à être punis comme hérétiques ceux qui « …affirment que l’âme intellectuelle est mortelle ».[4]

Un petit nombre d’églises protestantes défendent l’idée que l’homme est mortel et entièrement dépendant de Dieu pour la vie.[5] Cette idée place la vie en dehors de l’homme, et soutient qu’il ne la possède que dans une relation avec Dieu.

 

b. Pensée Orientale

Si nous nous intéressons aux concepts orientaux de la vie humaine, nous observons la chose suivante d’une perspective Hindoue :

Le plus grand élément de la philosophie de Vedas, également appelé Vedanta, l’homme est Divin.[6]

De nombreuses idées orientales gravitent autour du concept de la réincarnation, du progrès et du développement de l’âme vers la perfection spirituelle, ainsi que son affranchissement des plaisirs et des poursuites terrestres. Les adeptes des idées New-Age semblent combiner les pensées orientales et occidentales avec l’idée que l’homme est divin, ou fait partie de Dieu.[7]

Le concept selon lequel l’homme est immortel ou divin fait de la vie quelque chose de fermement inhérent à l’homme. Il s’agit de quelque chose que nous possédons en nous-même. Alors que les idées varient quant à la manière dont nous entrons en possession de cette vie, le thème essentiel est que la vie est une puissance, possédée de manière inhérente.

 

c. La pensée scientifique

La science moderne voit la vie comme un processus essentiellement chimique, ayant eut lieu par chance. « Des conditions pré-biotiques plausibles ont abouti à la création de certaines petites molécules de base (monomères) de la vie, tels que les acides aminés. »[8] De cette perspective, la science nous offre une idée de la vie qui est accidentelle et aléatoire, mais que nous possédons chimiquement, de manière inhérente, mais ne portant aucune notion de divinité ou d’immortalité.

 

d. Comparaison des modèles de source de vie

Il est intéressant d’observer que nous nous référons généralement à l’endroit où la vie trouve son origine comme étant ‘le divin’. En résumant les différents concepts de système de vie, nous pouvons les exprimer dans trois idées de base. L’homme a la vie en lui-même ou a la capacité de la produire lui-même ; ou bien il la reçoit comme un paquet global unique de quelqu’un qui peut la produire ; ou alors il la reçoit moment après moment de quelqu’un qui peut la produire.

Nous pouvons résumer cela dans le tableau suivant :

 

Modèle 1

L’homme possède une source de vie inhérente (le divin) dont l’origine est en lui-même

Modèle 2

L’homme reçoit une source de vie de Dieu (le divin) qu’il possède en lui-même.

Modèle 3

L’homme reçoit la vie par une relation avec Dieu (le divin) en dehors de lui-même.

L’HOMME EST DIVIN

L’HOMME EST

IMMORTEL

L’HOMME EST MORTEL

 

Si nous plaçons ces trois modèles dans un diagramme, il pourrait ressembler à cela :

 

e. Impact des compréhensions de la source de vie sur les relations et les systèmes de valeur

  En rapport avec ces trois systèmes de vie, explorons la manière dont elles peuvent affecter la nature de la relation et de la valeur, le deuxième élément pour construire un trésor familial de souvenirs.

 

1. Impacts potentiels de la croyance que l’homme est intrinsèquement divin (Modèle 1)

 

  Intéressons-nous tout d’abord à un système de vie où il est perçu que la vie trouve son origine en l’homme. Observez le diagramme suivant :

  Si nous pensons que la vie est inhérente à l’homme, nous nous plaçons naturellement au centre du « système solaire » humain que nous percevons. C’est tout naturel. Tout comme les planètes tournent autour du soleil, nous sommes encouragés à voir les autres comme tournant autour de nous et comme étant essentiels à notre bénéfice.

  Comme nous percevons dans ce modèle que la vie ou la puissance est notre possession inhérente, elle est naturellement la source de notre valeur. Nous avons de la valeur par notre divinité ou immortalité, ou puissance. Nous avons de la valeur par la puissance que nous possédons. Tout désir d’augmenter sa valeur conduira naturellement à faire étalage de cette puissance. Un tel système conduira naturellement à un système de valeur par la performance et les réalisations.

  Comment cela impacte-t-il nos relations ? Puisque nous croyons que les autres individus possèdent aussi du pouvoir, nous pouvons soit rechercher ceux qui semblent les plus puissants (attractifs) et les engager (manipuler) dans une relation, ou rechercher ceux qui sont plus faibles que nous-mêmes pour les contrôler – nous essayons généralement de faire les deux.

  De telles relations augmentent notre propre puissance et le niveau de notre vie. Ce serait là une manière naturelle de chercher à vivre notre vie pleinement ou de poursuivre le bonheur. Ainsi, nous amorçons des relations avant tout pour augmenter et étendre notre puissance personnelle. Nous sélectionnons les plus attractifs, les plus riches, les plus influents ou les plus utiles, et par une démonstration de notre puissance, nous les attirons vers nous afin de pouvoir posséder, utiliser et obtenir leur pouvoir.

  Combien de fois avons-nous vu un vieil homme riche épouser une belle jeune femme plus jeune que lui de 30 ou 40 ans ? Les optimistes proclament que c’est là la grandeur de l’amour, alors que les sceptiques l’appellent une forme de prostitution très onéreuse. Indépendamment de ce que nous pensons, dans ce système, la beauté est dans l’œil de celui qui regarde, et de nombreuses personnes dépenseraient une fortune pour ce qui est beau, ces exemples sont donc parfaitement normaux. Par ailleurs, combien de fois avons-nous vu un dictateur contrôlant et forçant d’autres autour de lui pour qu’ils obéissent à sa volonté, se soumettent à ses demandes et réalisent ses buts ? Une grande partie de l’histoire est remplie de tels despotes autoritaires qui ont réduit des millions à une vie de misère. De nombreuses preuves montrent qu’un grand nombre de personnes ont adopté la philosophie d’un système de source de vie d’après le Modèle 1. Cela se voit tout autour de nous.

  Voici un autre impact moins flagrant sur les relations : puisqu’une personne possède sa propre source de vie, les relations sont optionnelles. Elles ne sont pas vitales pour survivre. Nous pouvons les prendre ou les laisser selon qu’elles nous conviennent ou non. Cela peut être bénéfique sur le plan individuel, mais sera plutôt au détriment d’un système nourricier familial. Le concept de l’humain divin finit par conduire vers l’autonomie, puis de l’autonomie vers l’isolement, puis de l’isolement à la solitude.

  Comment ce système inclut-il un concept de Dieu ? Si nous croyons posséder une vie en nous-mêmes, chacun est donc un dieu par nature. Certains d’entre nous sont plus puissants, d’autres moins puissants. Les grecs utilisaient cette idée dans le panthéon des dieux qu’ils admiraient ou adoraient. Les dieux grecs sont en essence des amplifications de capacités et de talents humains tissés dans une histoire qui donne aux êtres humains un idéal à atteindre et un modèle à imiter. Ces dieux sont ainsi réellement le culte de l’humain comme étant divin.

  Dans la vie quotidienne, la réalité du système grec des dieux signifiait que la puissance de simples mortels était augmentée et amplifiée s’ils pouvaient s’assurer le soutien et le patronage d’un dieu. Ce pouvoir amplifié allait permettre de plus grandes manifestations de leur propre puissance pour s’assurer plus d’appréciation, d’amour et d’adoration de la part des autres et conduire ainsi à une vie très épanouissante. Encore une fois, ce système aura certainement ses avantages pour l’individu, mais comme nous allons l’observer dans le chapitre suivant, il comporte des faiblesses dans la construction d’un système nourricier pour les familles.

 

2. Impacts potentiels de la croyance que l’homme a une immortalité reçue (modèle 2)


  Intéressons-nous au deuxième système, où une personne perçoit que sa source de vie inhérente lui vient de Dieu. Observez le diagramme suivant :

  Ce système forme la base de toutes les religions qui ont pour croyance l’immortalité de l’âme, ou qui croient que les performances et la réussite trouvent leur origine en l’homme. Ce système offre certains bénéfices pour l’individu dans le fait que le patronage d’une source très puissante est garanti. Il permet aussi le concept d’appréciation et de reconnaissance pour la vie qui est donnée. Il peut également pourvoir à un sens de responsabilité envers quelqu’un de bien plus puissant que vous.

  Mais il existe des impacts négatifs importants sur les relations et le système de valeur dans ce modèle. Tout d’abord, il situe la source de la puissance comme étant à l’intérieur de l’individu et s’oriente donc naturellement vers un système d’approbation basé sur la performance[9], de façon similaire au Modèle 1. En regardant la vie par les lunettes de l’immortalité, il serait relativement naturel de rechercher l’accès à une relation avec Dieu en atteignant le niveau demandé et de gagner son approbation par des manifestations de « bonnes œuvres » ou de réalisations pour obtenir une vie épanouissante. L’obtention de l’approbation de Dieu par les bonnes œuvres se retrouve entièrement ou partiellement dans toutes les religions du monde.[10]

  Ce système de performance peut aussi former la base d’une compétition pour savoir qui sert Dieu le mieux, une sorte de bataille pour être le plus digne de la bénédiction de Dieu. Nous voyons clairement cela dans l’affrontement entre l’Islam et le Christianisme pour montrer quelle religion est supérieure. Nous le voyons dans les débats entre les églises chrétiennes pour savoir laquelle est la véritable dépositaire de la vérité ; le désir obsessionnel de se montrer orthodoxe et de prouver que les autres sont hérétiques. Ce point est l’une des plus grandes faiblesses des religions qui défendent l’idée que l’homme est immortel avec l’approbation de Dieu. Puisque ce modèle de vie est considéré comme donné par un être plus grand auquel il faut se soumettre, l’esprit de contrôle ressort de manière écrasante. Ce contrôle au sein des religions organisées est ce dont les masses se plaignent le plus. De tels systèmes ont manifesté certains des plus violents crimes contre l’humanité dans leurs luttes pour contrôler et imposer ce qu’ils croyaient être juste dans leurs efforts pour gagner la faveur de Dieu et imposer Ses lois. Des millions de personnes ont perdu leurs vies à cause d’âmes zélées qui voulaient plaire à leur dieu et le défendre.

  S’il est vrai que les questions impliquées sont plus complexes que ce que je viens de décrire, il demeure que si une personne croit avoir (ou avoir obtenu) la vie/la puissance en elle-même, il devient alors extrêmement difficile d’éviter le besoin d’obtenir de la valeur et l’importance par des manifestations de cette vie/puissance. Nous pouvons nous dire que nous recevons notre valeur de Dieu et notre relation avec Lui, mais la puissance qui est en nous déterminera la nature de cette relation et la qualité de la valeur. En résumé, la croyance que l’homme a une source de vie d’origine propre ou une source de vie donnée par un bienfaiteur extérieur conduira finalement à des impacts extrêmement négatifs sur les relations intimes. Les « libertés » séductrices de l’autonomie conduisent les individus vers des mécanismes d’isolement et de contrôle qui sont en conflit direct avec les dépendances inhérentes à l’intimité relationnelle.

 

   3. Impacts potentiels de croire que l’homme est mortel (Modèle 3)


  Accepter une croyance selon laquelle l’homme est mortel, signifiant que l’on n’a pas de vie par soi-même, crée le besoin immédiat d’obtenir un flux constant de vie à partir d’une source externe. La vie ne peut être obtenue que par une relation ; une relation continue qui ne peut jamais être rompue.

  Le plus grand inconvénient que peut potentiellement vous inspirer ce système est que vous êtes complètement dépendant, à chaque instant, de quelqu’un d’autre pour vivre. Mais cet inconvénient potentiel peut en fait se révéler être un énorme avantage si cette personne est très aimante, bienveillante et patiente, et si la personne qui reçoit la vie n’a en réalité aucun problème à se soumettre. Si un tel système peut réussir, le focus du receveur de vie est de maintenir une relation de soumission et d’intimité avec le donateur de vie. Si une personne développe une relation de soumission et d’intimité, la nature de cette relation peut être retransmise à d’autres se trouvant sous son influence et ses soins, et un tissu solide de relations intimes peut être maintenu.

  Les points importants de ce système sont la soumission à la personne qui vous transmet la vie, le maintien de l’intimité avec cette personne, et un haut niveau de respect pour l’autorité de cette personne.

 

4. Résumé

  Résumons et comparons ces trois systèmes en termes de vie, de relation et de valeur ; et voyons lequel est le meilleur système pour construire des liens familiaux solides.

 

Source de vie

Impact sur les relations

Impact sur le système de valeur

Modèle 1

(L’homme est divin. La vie trouve son origine en soi-même)

Nature : Les relations sont optionnelles.

Raison d’être : Les relations servent à augmenter notre pouvoir personnel.

Dynamique : Chaque relation est une opportunité potentielle ou une menace. Utiliser ou être utilisé, manipuler ou être manipulé.

Maintenance : Les relations sont maintenues par la force pour le plus fort et par l’apaisement pour le plus faible.

1. La valeur vient de l’intérieur.

2. Elle est basée sur la manifestation de puissance, les réalisations et l’approbation.

3. L’égalité est déterminée par la puissance.

4. Très difficile de reconnaître une faute sans diminuer sa valeur personnelle.

Modèle 2

(L’homme est immortel. La vie est donnée mais est une possession propre sous la directive ou le contrôle du donateur de vie.)

Nature : Les relations humaines sont optionnelles. La relation divine est très importante.

Raison d’être : Les relations servent à augmenter la puissance donnée, se faire plaisir et plaire au donateur de la vie.

Dynamique : Toute relation est une opportunité potentielle ou une menace à la relation personnelle avec le divin. D’autres pourraient être plus proches ou plaire d’avantage au divin, et ainsi être susceptible d’ « utiliser ou être utilisé, manipuler ou être manipulé. »

Maintenance : La qualité de la relation au divin est constamment comparée et évaluée.

 

1. La valeur vient du donateur de vie externe ainsi que de l’intérieur.

2. Besoin constant de prouver sa valeur à soi-même, aux autres et au donateur de la vie.

3. L’égalité est déterminée par la puissance et les réalisations pour soi-même  et pour le donateur de la vie.

4. Difficile de reconnaître une faute sans diminuer sa valeur personnelle.

Modèle 3

(L’homme est mortel. La vie est reçue à chaque instant du donateur.)

Nature : Les relations sont vitales.

Raison d’être : Les relations sont un canal de vie et de bénédiction.

Dynamique : Chaque relation est une opportunité de servir les autres et de recevoir une bénédiction.

Maintenance : La relation à la vie est maintenue par la soumission à l’autorité qui donne la vie.

1. La valeur vient du donateur de la vie.

2. La valeur est basée sur l’acceptation du donateur de la vie.

3. L’égalité est basée sur la relation avec le donateur de la vie.

4. Il est plus facile de reconnaître une faute puisqu’il n’y a pas de valeur provenant des réalisations personnelles, juste de la satisfaction.

  

Chaque système a ses forces et ses faiblesses, mais il faut remarquer que le meilleur système pour créer des relations familiales pleines d’amour est une compréhension où les relations sont vitales. Il présente le plus grand risque, puisque tout dépend de la bonté du donateur de la vie, mais a le plus grand apport parce qu’il est le plus orienté vers la relation et n’est pas sujet aux questions de contrôle et de manipulation que l’on trouve dans les autres systèmes. Dans les prochains chapitres, nous examinerons pourquoi les systèmes de vie 1 et 2 sont si prédominants dans notre monde, mais pour l’instant, nous allons explorer les bénéfices relationnels du modèle 3. Nous allons commencer à étudier ce que la Bible dit de la source de la vie et de la manière dont nous pouvons la recevoir.

À suivre…

 

  

Histoire pour les enfants

Sara et la source mystérieuse

Sara avança une chaise ;

- Asseyez-vous, dit-elle.

Clem Johnson passe sa manche de chemise sur son front ruisselant de sueur, et il s’assit en disant :

- Quelle chaleur ! C’est le mois d’avril le plus chaud dont je puisse me souvenir !

- Et le plus sec aussi, ajouta le père de Sara. Je me demande pendant combien de temps la source va encore donner de l’eau.

Sara avait la gorge sèche rien que d’entendre parler les deux hommes dans le petit magasin que tenaient ses parents.

Il n’y avait pas longtemps que Sara habitait Dry Gulch (ravin desséché). Elle avait vécu dans l’Est des États-Unis avec ses grands parents pendant que son père et sa mère s’étaient rendus dans les nouveaux territoires. Quand ils eurent acheté le magasin, Sara et son frère Abe (diminutif d’Abraham) avaient pris la diligence. Il leur avait fallu plusieurs jours pour atteindre Dry Gulch.

Le temps était déjà sec à leur arrivée, mais personne ne s’en inquiétait encore. Tout le monde disait que ce n’était qu’une question de temps. Il allait pleuvoir. Mais l’hiver passa, le printemps s’installa, et le ciel restait aussi bleu et uni que jamais.

- Il va bientôt pleuvoir, avait-on déclaré partout.

On attendit pour ensemencer les champs. On oublia pour ainsi dire les jardins potagers. En effet, la semaine dernière, le maire avait défendu expressément d’utiliser de l’eau, sauf pour le strict nécessaire.

Sara entendit parler papa de la décision du maire, et elle cessa d’épousseter un moment pour écouter.

- Je trouve que le maire a bien fait d’imposer des restrictions pour l’eau, dit-il. La source tiendra plus longtemps si nous en retirons moins d’eau.

- Oui, reconnut M. Johnson. Le maire sait ce qu’il fait, mais vous savez, cette fille Atkin arrosait ses plants de tomates ce matin. Évidemment, quelques plants n’assécheront pas une source, mais cette enfant semble gaspiller beaucoup d’eau. Je l’ai vue en jeter une pleine bassine après avoir simplement rincé un drap !

Papa se racla la gorge.

- C’est étrange, dit-il. Je ne vois jamais Christy aller chercher de l’eau. Et ce n’est certainement pas grand-papa Atkin qui y va !

- Eh bien, d’une manière où d’une autre, les Atkin se procurent de l’eau, dit M. Johnson en se levant. Sara, donne-moi pour dix cents de biscuits, et je m’en vais.

- Tout de suite, Monsieur Johnson, dit Sara.

La fillette s’occupa de son client, puis elle rejoignit son frère dans l’arrière-boutique où il déballait des caisses.

- Abe, chuchota-t-elle, Monsieur Johnson vient de passer au magasin, et il a remarqué toute l’eau que Christy Atkin emploie !

- C’est juste, dit Abe. Ils prennent bien plus d’eau que leur part à la source. Quelqu’un devrait le leur dire.

- Mais justement, reprit Sara, personne ne les voit jamais à la source. Papa vient de le mentionner.

Abe interrompit sa tâche et regarda fixement Sara.

- Tu crois que Christy et son grand-père se procurent de l’eau ailleurs qu’à la source ?

- Mais où ? s’exclama Sara. Tout le monde sait qu’il n’y a pas d’autre source. Et tous les ruisseaux sont à sec !

- C’est juste, reprit Abe. Mais tu sais ce que je pense ? Je pense que Christy va chercher l’eau la nuit. Observons-la ce soir pour en être sûrs !

Sara fronça les sourcils.

- Tu crois que c’est bien ? C’est un peu comme espionner, non ?

Abe secoua la tête.

- Non, pas du tout. Si Christy prend plus d’eau que sa part à la source, je crois que nous devrions le savoir et lui dire d’arrêter.

Sara poussa un profond soupir.

- Je suppose que tu as raison. Je veux bien regarder ce que Christy fait ce soir.

Après le souper, Abe et Sara s’assirent sur les marches à l’arrière du magasin. De là, ils pouvaient voir les deux entrées de la maison Atkin.

- Regarde vers la façade de la maison, dit Abe, et je regarderai la cour.

Quelques minutes plus tard, la porte de la cour s’ouvrit et Christy sortit.

- Regarde ! dit Abe. Elle va vers la grange !

- Elle va tout simplement donner à manger à son poney ! chuchota Sara.

Mais Christy sortit avec Dusty son poney, et se mit à lui passer un étrange harnais auquel elle accrocha plusieurs seaux à l’aide de lanières.

- Ça alors ! s’exclama Abe.

Sara lui donna un coup de coude pour qu’il se tienne tranquille.

- Tu as raison, dit-elle. Elle va vraiment chercher de l’eau. Elle va à la source le soir !

Mais Christy entraîna son poney dans la direction opposée à celle de la source. Sara et Abe la regardèrent s’éloigner en silence. Puis Abe sauta sur ses pieds.

- Je vais la suivre, décida-t-il. Je veux savoir où elle va !

Sara rassembla sa longue jupe.

- Je vais avec toi, dit-elle. Je suis sûre qu’elle va chercher de l’eau et je veux savoir où elle en trouve !

Bientôt Christy quitta la grand-route et conduisit Dusty le long d’un chemin poussiéreux. A la lueur de la lune, les enfants se rendirent compte qu’elle sortait de la ville.

- Je crois bien qu’elle va vers la mine ! s’exclama-t-il.

C’était une mine d’argent qui était fermée depuis des années. Les enfants en avaient entendu parler à la boutique, et une fois, leur père était passé non loin avec eux en voiture à cheval, mais personne ne s’en approchait jamais.

Abe et Sara se glissèrent derrière quelques rochers et observèrent Christy qui menait Dusty à l’intérieur de la mine. Quelques minutes plus tard, elle en ressortit et reprit le chemin de la ville.

Abe et Sara se recroquevillèrent dans leur cachette tandis que la fillette passait tout près d’eux. Ils virent l’eau débordant des seaux couler contre le flanc du poney.

- Elle prend de l’eau à la mine ! s’exclama Abe tout bas. Nous allons le dire à papa et maman ! Tu t’imagines ! Toute la ville va avoir de l’eau !

- Non, dit Sara, je crois que nous devrions rentrer et ne rien dire à personne pour l’instant. Nous allons prier pour que Christy parle elle-même de l’eau dans la mine.

- Mais elle ne le fera peut-être jamais ! protesta Abe.

- Si nous prions de tout notre cœur, elle le fera ! affirma Sara.

Pendant des jours et des jours, Abe et Sara prièrent pour Christy. Puis un matin, Christy entra dans l’arrière-boutique où Sara était en train de mesurer de la dentelle. La petite voisine était toute pâle, et sa voix tremblait :

- Mon grand-père est très malade, je ne sais pas quoi faire !

Sara mit un bras autour des épaules de Christy.

- Je vais chercher maman, elle saura bien comment le soigner.

La maman de Sara resta toute la journée avec le grand-père de Christy. Puis elle rentra et annonça aux fillettes qu’il avait une pneumonie.

- Nous devons prier, dit-elle. Le médicament l’a soulagé, mais nous devons demander à Dieu de le guérir.

Christy se mit à pleurer.

- Je ne sais pas comment prier, sanglota-t-elle. Je n’ai jamais prié de ma vie.

Sara lui prit la main.

- Je vais t’aider, ce n’est pas difficile de prier. Dieu est notre ami et si nous le prions au nom de son Fils Jésus, il vient à notre secours.

Les fillettes s’agenouillèrent et prièrent pour le grand-papa de Christy. Après la prière, Christy, les yeux brillants, regarda Sara.

- Je me sens bien mieux, dit-elle. C’est presque comme si je savais que grand-papa va guérir !

Sara lui prit la main.

- Moi aussi, j’ai la même impression, dit-elle.

Alors Christy poussa un profond soupir.

- Sara, il y a quelque chose que je veux te dire.

Sara comprit à ce moment-là que ses prières et celles de son frère avaient été exaucées. Christy allait révéler le secret de la source mystérieuse dans la mine d’argent.

Des années et des années plus tard, alors qu’elle était devenue une très vieille dame, Sara racontait souvent à ses arrières petits enfants l’histoire de Christy, la courageuse petite fille qui allait chercher de l’eau dans la nuit pour son grand-père infirme. Et elle leur disait aussi comment la prière avait poussé Christy à révéler le secret de la source mystérieuse.

A partir de ce jour-là, grâce à la source cachée dans la mine d’argent, les habitants de Dry Gulch ne manquèrent plus jamais d’eau. — R.B.

Notre Petit Ami – 3ème trimestre 1983


Coin Santé

Gâteau renversé aux bananes

 

Ingrédients :

- 3 grosses bananes mûres

- 250 g de farine

- 10 g de levure sans phosphate

- 100 g de sucre roux

- 2 sachets de sucre vanillé

- 50 g d’huile d’olive

- 2 yaourts au soja (200 g de yaourt au total)

- 100 ml d’eau

 

Préparation :

- Préchauffer le four à 180°c.

- Graisser un moule à manquer et saupoudrer une cuillère à soupe de sucre afin de tapisser le fond.

- Couper les bananes en rondelles et en utiliser une partie pour recouvrir le fond du moule.

- Réserver les rondelles de bananes restantes.

- Dans un saladier, mélanger la farine, la levure et les sucres.

- Ajouter l’huile d’olive, les deux yaourts au soja et l’eau.

- Mélanger vigoureusement afin d’obtenir une pâte lisse et souple.

- Incorporer délicatement les rondelles de bananes restantes.

- Verser dans le moule à l’aide d’une cuillère à soupe afin que les bananes du fond restent en place.

- Faire cuire 30-40 minutes, jusqu’à ce qu’un pic en bois planté dans le gâteau ressorte sec.

- Sortir le gâteau du four et laisser refroidir 30 minutes.

- Démouler délicatement en renversant le moule afin que les rondelles de bananes soient apparentes.

 

 


[1] www.wikipedia.com - Origine de la vie

[2] Platon, The Republic, Livre X, 608-D

[3] Dernier catéchisme catholique, Appendice 1

[4] 5ème Concile de Latran, session 8, 19 décembre 1513. http://www.dailycatholic.org/ history/18ecume2.htm

[5] Les Adventistes du Septième Jours sont le plus grand groupe protestant à défendre cette vue. Voir www.adventist.org

[6] http://www.sriramakrishnamath.org

[7] www.newageforum.net

[8] www.wikipedia.com - Origine de la vie

[9] Cela signifie que nous recevons l’approbation uniquement lorsque nos performances sont à la hauteur des attentes de ceux que nous cherchons à satisfaire.

[10] Malgré le fait que certaines églises cherchent à éviter un système religieux basé sur les œuvres, le mentionnant même dans leurs croyances de base, le concept de l’immortalité séduira de nombreuses personnes et les amènera à chercher malgré elles l’approbation de Dieu en agissant selon les principes orthodoxes des églises. L’association continuelle avec les nombreuses églises et cultures embrassant ce concept pourra influencer les églises ne professant pas croire en l’immortalité naturelle de l’homme.