Vol.3 - Mai 2017

 

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« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. » Jean 15 : 16

 

Table des matières

Éditorial—–

Études sur l’Apocalypse - Les trois messages

L’alliance éternelle – Ellet J. Waggoner—–

Comment Dieu nous éprouve – Ellen White—–

Suis-moi – Signes des Temps, 1882—–

La perle du printemps – l’ortie—–

Par le raccourci – histoire pour les enfants—–

Toasts à l’ortie — coin santé

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Éditorial

« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. » Jean 15 : 16

 

  Chers frères et sœurs,

  C’est avec une grande joie et un cœur remplit de reconnaissance envers notre Père céleste pour Ses riches bénédictions que nous venons passer quelques instants en votre compagnie. Nous prions que votre cœur soit toujours intimement uni à celui de Dieu et que vous continuiez à marcher dans les traces de notre Seigneur.

  Le texte de Jean 15 : 16 me touche toujours profondément, et j’aimerais partager avec vous cette citation tirée du livre « Jésus-Christ » p. 682 en rapport étroit avec le thème abordé dans ce texte : « La vie du Christ produit en vous les mêmes fruits qu’elle a produits en lui. En vivant en Christ, en adhérant au Christ, en vous appuyant sur le Christ, en tirant du Christ votre nourriture, vous portez des fruits semblables à ceux qu’il a portés. » C’est pour cela que le fruit porté par le chrétien fidèle demeure, car c’est le même fruit que Christ a porté. Christ doit être le centre de notre vie, le modèle et l’exemple à suivre à chaque instant. Ainsi notre caractère sera transformé à l’image de celui de notre Sauveur. C’est notre désir le plus profond et je suis persuadée que c’est également le votre.

  Par ailleurs, remarquez ce texte tiré également de « Jésus-Christ », p. 670 : « Le Christ a recommandé à ses disciples de prier en son nom. C’est en son nom que les disciples du Christ doivent se présenter devant Dieu. C’est le sacrifice qui a été fait pour eux qui leur donne de la valeur aux yeux du Seigneur. Ils lui sont devenus précieux parce que la justice du Christ leur a été imputée. C’est par l’amour du Christ que le Seigneur pardonne à ceux qui le craignent. Il ne voit pas en eux la bassesse du pécheur, mais leur ressemblance avec son Fils, en qui ils ont cru. » N’est-ce pas magnifique ?! Savoir que le Père nous voit à travers la justice de Son Fils bien-aimé et que notre valeur vient du sacrifice consentit en notre faveur. Quel amour insondable !

  Alors que vous lirez les différents articles préparés et compilés pour vous, puissiez-vous être bénis, fortifiés et encouragés dans votre marche de Chrétien. Puissiez-vous continuer à refléter l’image du Christ notre Seigneur, et ainsi porter du fruit à la gloire de Dieu. Toute notre amitié fraternelle vous accompagne,

Elisabeth et Marc

 

Étude biblique – Études sur l’Apocalypse

  

Les trois messages

Textes de la leçon : Apoc. 14.

Verset à réciter : « C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. » Apoc. 14 : 12.

A consulter : S.D.A. Bible Commentary, vol. VII.

 

POUR L’ETUDE QUOTIDIENNE

1. Coup d’œil sur la leçon ; plan

2. Questions 1-3

3. Questions 4, 5

4. Questions 6-9

5. Questions 10, 11

6. Questions 12, 13

7. Révision


PLAN DE LA LEÇON

 

I. Les cent quarante-quatre mille sur la montagne de Sion

1. Le Christ et les 144 000 sur la montagne de Sion, Apoc. 14 : 1

2. Le cantique nouveau, Apoc. 14 : 2, 3a

3. Rachetés de la terre, Apoc. 14 : 3b

4. Leur vie pure,  Apoc. 14 : 4

5. Ils sont irrépréhensibles, Apoc. 14 : 5

II. Les derniers messages d’avertissement

6. L’Évangile éternel au monde entier, Apoc. 14 : 6

7. L’heure du jugement, Apoc. 14 : 7

8. La chute de Babylone proclamée, Apoc. 14 : 8 ; 18 : 4

9. Avertissement contre l’adoration de la bête, Apoc. 14 : 9-11

10. Identification du peuple de Dieu, Apoc. 14 : 12

11. Le peuple de Dieu réconforté, Apoc. 14 : 13

III. Le jugement du monde

12. Le Christ revient pour juger le monde, Apoc. 14 : 14-16

13. La destruction suit la réjection de l’avertissement, Apoc. 14 : 17-20

  

LES CENT QUARANTE-QUATRE MILLE SUR LA MONTAGNE DE SION

 

1. Que vit Jean sur la montagne de Sion ? Apoc. 14 : 1.

« Je regardai, et voici, l’Agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient le nom de son Père écrit sur leur front. »

Note – « Pourquoi les cent quarante-quatre mille sont-ils ainsi mis à part ? – Parce qu’ils ont défendu une vérité merveilleuse à la face du monde entier, et affronté son opposition. Dans cette lutte, ils se sont souvenus qu’ils étaient fils et filles de Dieu, et que le Christ, l’espérance de la gloire devait être formé en eux. » - E.-G. White Supplement, SDA Bible Commentary, vol. VII.

« Ceux qui ont sur leurs fronts le sceau du Dieu infini feront passer leurs intérêts éternels avant le monde et ses attractions. » - Ibid.

2. Que font les cent quarante-quatre mille ? Qu’est-ce qui indique que cette scène se passe au ciel ? Apoc. 14 : 2, 3a.

« J’entendis du ciel une voix, comme le bruit de grosses eaux, comme le bruit d’un grand tonnerre ; et la voix que j’entendis était comme celle de joueurs de harpes jouant de leur harpe. Ils chantaient un cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre êtres vivants et les vieillards. »

Note – Ce cantique nouveau « … c’est l’hymne de leur histoire, histoire vécue par eux seuls. » - E.-G. White, La Tragédie des Siècles, p. 704

3. D’où les cent quarante-quatre mille ont-ils été rachetés ? Apoc. 14 : 3b.

« Et personne ne pouvait apprendre le cantique, si ce n’est les cent quarante-quatre mille, qui avaient été rachetés de la terre. »

Note – « “Ils suivent l’Agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d’entre les hommes comme des prémices pour Dieu et pour l’Agneau.” Apoc. 14 : 4. La vision du prophète décrit les rachetés se tenant debout sur la montagne de Sion, parés pour le service divin et vêtus de lin blanc – ce lin qui est la justice des saints. Cependant, ceux qui suivent l’Agneau dans le ciel doivent d’abord l’avoir suivi sur la terre, non par contrainte, non par impulsion, mais avec une obéissance volontaire faite d’amour et de fidélité comme le troupeau suit le berger. » - E.-G. White, Conquérants Pacifiques, p. 525

4. Qu’est-il encore dit au sujet des cent quarante-quatre mille ? Apoc. 14 : 4.

« Ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges ; ils suivent l’Agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d’entre les hommes, comme des prémices pour Dieu et pour l’Agneau. »

Note – « Le Seigneur a un peuple ici-bas qui suit l’Agneau partout où Il va. Il a ses milliers de fidèles qui n’ont pas fléchi le genou devant Baal. Ceux-là sont avec lui sur la montagne de Sion. Mais ils doivent d’abord le suivre sur cette terre, revêtus de toute l’armure du soldat de la croix, et prêts à s’engager dans l’œuvre de Dieu pour sauver les âmes qui périssent. Les anges du ciel conduisent cette œuvre, et une activité spirituelle est exigée de tous ceux qui croient à la vérité présente. » - E.-G. White Supplement, SDA Bible Commentary, vol. VII.

5. Quel témoignage est-il rendu au sujet des cent quarante-quatre mille ? Apoc. 14 : 5.

« et dans leur bouche il ne s’est point trouvé de mensonge, car ils sont irrépréhensibles. »

 

LES DERNIERS MESSAGES D’AVERTISSEMENT

 

6. Jusqu’où l’Évangile Éternel doit-il être proclamé ? Apoc. 14 : 6.

« Je vis un autre ange qui volait au milieu du ciel ; il avait un Évangile éternel, pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple. »

Note – « Le dessein de Dieu est que la vérité pour notre époque soit proclamée à toute tribu, à toute nation, à toute langue et à tout peuple. Aujourd’hui, hommes et femmes sont absorbés dans la recherche des gains et des plaisirs mondains. Des milliers d’âmes n’ont ni temps, ni pensée à consacrer à leur salut. Le moment est venu où le message de la venue prochaine du Christ doit retentir dans le monde entier. » - E.-G. White, Témoignages pour l’Église, vol. III, p. 350.

7. Quel est le message du premier ange ? Apoc. 14 : 7.

« Il disait d’une voix forte : Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l’heure de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel, la terre, la mer, et les sources d’eaux. »

Note – Le Christ et les apôtres parlèrent du jugement à venir (Matt. 10 : 15 ; 11 : 21-24 ; Actes 24 : 25, mais ce message fixe la date du commencement du jugement. (Voir Dan. 8 : 14 ; 9 : 24-27). Ce message invite les hommes à adorer Dieu comme Créateur.

8. Quelle importance le message du second ange a-t-il pour le peuple de Dieu à cette époque ? Apoc. 14 : 8 ; 18 : 4.

« Un autre ange, un second ange suivit, en disant : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de sa débauche ! »

« Et j’entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux. »

Note – « De même que les captifs israélites se conformèrent au message qui leur était adressé : “Fuyez de Babylone”, et que la terre promise leur fut restituée, de même de nos jours ceux qui craignent le Seigneur sortent de la Babylone spirituelle. Bientôt ils seront comme des trophées de la grâce divine sur la terre nouvelle, la Canaan céleste. » - E.-G. White, Prophètes et Rois, p. 541.

9. Quel terrible avertissement le troisième ange donne-t-il ? Apoc. 14 : 9-11.

« Et un autre, un troisième ange les suivit, en disant d’une voix forte : Si quelqu’un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’Agneau. Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. »

Note – « Jamais ce message ne s’est adressé avec autant de force qu’aujourd’hui à un monde qui méprise les exigences de Dieu. Les hommes se sont enhardis dans leurs transgressions ; leur méchanceté a presque fait débordé la coupe de leurs iniquités. La terre a presque atteint la limite où Dieu l’abandonnera aux mains du destructeur. La substitution des lois humaines à la loi divine, l’observation du dimanche prescrite par une simple autorité humaine à la place du Sabbat de la Bible, constitue le dernier acte de ce drame. Lorsque cette substitution sera universelle, le Seigneur se révèlera ; “Il se lèvera dans sa majesté et ébranlera puissamment la terre ; il punira les hommes à cause de leurs iniquités, et la terre ne couvrira plus le sang et ne cachera plus ses morts”. » - E.-G. White, Témoignages pour l’Église, vol. III, p. 165.

10. Comment les saints seront-ils identifiés ? Apoc. 14 : 12.

« C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. »

Note – « Le troisième ange d’Apocalypse 14 est représenté comme volant par le milieu du ciel, et criant d’une voix forte : “C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus.” On voit ici la nature de l’œuvre du peuple de Dieu. Ces chrétiens ont un message d’une telle importance qu’ils sont représentés comme volant pour le proclamer au monde. Ils tiennent dans leurs mains le pain de vie pour un monde affamé. L’amour de Christ les presse. C’est le dernier message. Aucun autre ne doit le suivre, aucune autre invitation à la repentance ne sera donnée après que ce message aura accompli son œuvre. Quelle responsabilité repose sur tous ceux qui sont chargés de présenter de la part du Seigneur cette invitation : “L’Esprit et l’épouse disent : Viens ! Et que celui qui entend dise : Viens ! Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne de l’eau de la vie gratuitement.”. » - E.-G. White, Testimonies for the Church, vol. V, pp. 206-207.

11. Qu’est-il dit de ceux qui entrent dans le repos avant le retour de Jésus ? Apoc. 14 : 3. Cf. Es. 57 : 1.

« Et j’entendis du ciel une voix qui disait : Écris : Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. »

« Le juste périt, et nul n’y prend garde ; les gens de bien sont enlevés, et nul ne fait attention que c’est par la suite de la malice que le juste est enlevé. »

Note – Pourquoi sont-ils heureux ? parce que tous ceux qui sont morts en croyant au troisième message se relèveront à la première résurrection et verront le Christ sur les nuées des cieux. (Voir Dan. 12 : 2 ; Tragédie, p. 691)

 

LE JUGEMENT DU MONDE

 

12. Quelle description avons-nous de la moisson finale de la terre ? Apoc. 14 : 14-16. Cf. 2 Thess. 1 : 7, 8

« Je regardai, et voici, il y avait une nuée blanche, et sur la nuée était assis quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme, ayant sur sa tête une couronne d’or, et dans sa main une faucille tranchante. Et un autre ange sortit du temple, criant d’une voix forte à celui qui était assis sur la nuée : lance ta faucille, et moissonne ; car l’heure de moissonner la terre est venue, la moisson de la terre est mûre. Celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre. Et la terre fut moissonnée. »

« Et de vous donner, à vous qui êtes affligés, du repos avec nous, lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. »

Note – « Le temps n’est pas éloigné où Dieu va se lever pour venger son autorité outragée… Comment ceux qui ont foulé aux pieds son autorité, pourront-ils soutenir sa gloire au grand jour des rétributions finales ?... Au grand jour du jugement, Jésus-Christ viendra dans la gloire de son Père et dans sa gloire, avec tous les anges. … Quand Moïse, après son tête à tête avec Dieu, redescendit de la montagne, Israël, coupable, ne put supporter l’éclat de son visage. Combien moins les pécheurs pourront-ils contempler le Fils de Dieu lorsqu’il paraîtra enveloppé de la gloire de son Père et entouré de toute l’armée céleste, quand il viendra pour exécuter la sentence prononcée contre les transgresseurs de sa loi et les contempteurs de son sacrifice expiatoire ! » - E.-G. White, Patriarches et Prophètes, pp. 313-314.

13. Quelle figure est employée pour représenter la manifestation de la colère de Dieu dirigée contre ceux qui ont rejeté son message ? Apoc. 14 : 17-20.

« Et un autre ange sortit du temple qui est dans le ciel, ayant, lui aussi, une faucille tranchante. Et un autre ange, qui avait autorité sur le feu, sortit de l’autel, et s’adressa d’une voix forte à celui qui avait la faucille tranchante, disant : Lance ta faucille tranchante, et vendange les grappes de la vigne de la terre ; car les raisins de la terre sont mûrs. Et l’ange jeta sa faucille sur la terre. Et il vendangea la vigne de la terre, et jeta la vendange dans la grande cuve de la colère de Dieu. Et la cuve fut foulée hors de la ville ; et du sang sortit de la cuve, jusqu’aux mors des chevaux, sur une étendue de mille six cents stades. »

Note – « Celui qui règne dans les cieux voit la fin dès le commencement. Devant lui les mystères du passé et de l’avenir sont comme un livre ouvert. Par delà les souffrances divines, les ténèbres et les ruines accumulées par le péché, il contemple l’épanouissement de son grand œuvre d’amour. Si “la nuée et l’obscurité l’environnent, la justice et le droit sont [néanmoins] la base de son trône.” Et voilà ce que comprendront un jour, fidèles ou infidèles, tous les habitants de l’univers. “Son œuvre est parfaite, car tous ses desseins sont justes. C’est un Dieu fidèle et sans iniquité ; Il est juste et droit.” – Idem, p. 19

 

L’alliance éternelle : Les promesses de Dieu

L’APPEL D’ABRAHAM

The Present Truth, 28 Mai 1896

Ellet J. Waggoner

 

Un autel

  Partout où il allait, Abraham construisait un autel au Seigneur. Il faut se rappeler que la promesse selon laquelle toutes les nations de la terre seraient bénies en Abraham, spécifiait que les familles l’étaient aussi. La religion d’Abraham était une religion familiale. Il ne s’agit pas d’un langage figuré et vide, mais de sa mise en pratique réelle par les pères à qui fut faite la promesse ; promesse que nous partageons si nous avons la foi et la pratique qu’ils eurent.

 

Un exemple pour les pères

  Dieu dit à Abraham : « Car je l’ai choisi, afin qu’il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel, en pratiquant la droiture et la justice, et qu’ainsi l’Éternel accomplisse en faveur d’Abraham les promesses qu’Il lui a faites » (Gen. 18 : 19).

  Observez les mots : « il ordonne à ses fils et à sa maison après lui, de garder la voie de l’Éternel, en pratiquant la droiture et la justice ».  Il ne donnerait pas simplement l’ordre d’agir ainsi, laissant ensuite le sujet dans l’oubli, mais après avoir donné le commandement, le résultat serait qu’ils gardent la voie du Seigneur ; c’est-à-dire que son enseignement serait efficace.

  Nous pouvons être sûrs que les commandements qu’Abraham donna à ses enfants et à sa famille n’étaient pas durs, ni arbitraires. Nous les comprenons mieux en considérant la nature des commandements de Dieu. « Ses commandements ne sont pas pénibles » (1 Jn 5 : 3). « Son commandement est la vie éternelle » (Jn 12 : 50). Celui qui pense suivre l’exemple d’Abraham en dirigeant sa famille avec des règles dures et arbitraires, en agissant comme un juge sévère ou comme un tyran, proférant des menaces sur ce qu’il va faire si ses ordres ne sont pas obéis et demandant l’exécution de ses décisions, non avec un esprit d’amour, simplement parce qu’elles sont justes, mais parce qu’il est plus fort que ses enfants et qu’ils sont sous son pouvoir, a beaucoup à apprendre du Dieu d’Abraham. « Pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur » (Éph. 6 : 4).

  Par ailleurs, nous pouvons être sûrs que les commandements d’Abraham ne ressemblaient en rien à ceux d’Éli, aux reproches faibles et plaintifs qu’il adressaient à ses fils impies et bons à rien. « Pourquoi faites-vous de telles choses ? car j’apprends de tout le peuple vos mauvaises actions. Non, mes enfants, ce que j’entends dire n’est pas bon » (1 Sam. 2 : 23, 24). Un jugement fut prononcé contre lui et sa maison, « parce que ses fils se sont rendus méprisables, sans qu’il les ait réprimés » (1 Sam. 3 : 13). En contraste, Abraham transmit la bénédiction pour toute l’éternité, parce que les commandements qu’il donna à ses enfants furent puissants pour empêcher le mal.

  Abraham devait être une bénédiction pour toutes les familles. Partout où il allait, il était une bénédiction. Mais cette bénédiction commença dans sa famille. Là était le centre. L’influence du ciel parvint à ses voisins à partir du cercle de la famille. Nous pouvons à présent remarquer l’affirmation selon laquelle lorsqu’Abraham édifiait un autel, et il invoquait « le nom de l’Éternel » (Gen. 12 : 8 ; 13 : 4). Young le traduit ainsi : « il prêcha au nom de l’Éternel ». Sans prêter attention aux divers endroits où apparaît la même expression, il faut noter que la terminologie en hébreu est identique à celle d’Exode 34 : 5, où nous lisons que le Seigneur « descendit dans une nuée, se tint là auprès de lui [Moïse], et proclama le nom de l’Éternel ». Nous pouvons donc comprendre que lorsqu’Abraham édifiait l’autel familial, il n’instruisait pas seulement sa famille proche, mais qu’il « proclamait le nom de l’Éternel » à tout le monde autour de lui. De même que Noé, Abraham fut un « prédicateur de la justice » (2 Pier. 2 : 5). Dieu prêcha l’Évangile à Abraham, et celui-ci le transmit à d’autres.

 

Abraham et Lot

  « Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or ». « Lot, qui voyageait avec Abram, avait aussi des brebis, des bœufs et des tentes. Et la contrée était insuffisante pour qu’ils demeurassent ensemble, car leurs biens étaient si considérables qu’ils ne pouvaient demeurer ensemble. Il y eut querelle entre les bergers des troupeaux d’Abram et les bergers des troupeaux de Lot. Les Cananéens et les Phérésiens habitaient alors dans le pays. Abram dit à Lot : Qu’il n’y ait point, je te prie, de dispute entre moi et toi, ni entre mes bergers et tes bergers ; car nous sommes frères » (Gen. 13 : 2, 5-8).

  Quand nous comprenons la nature de la promesse de Dieu à Abraham, nous pouvons comprendre le secret de sa générosité. Que Lot ait choisi la meilleure partie du pays, ne faisait aucune différence quant à l’héritage d’Abraham : ayant Christ, il possédait toutes choses. Sa préoccupation n’était pas centrée sur ses possessions dans cette vie présente, mais sur celles de l’avenir. Il acceptait avec reconnaissance la prospérité que le Seigneur se disposait à lui envoyer, mais si ses richesses dans cette vie restaient de peu d’importance, cela ne diminuait en rien l’héritage qui lui avait été promis.

  Il n’y a rien de tel que la présence et la bénédiction de Christ pour mettre fin à toute dispute, ou pour l’éviter. Nous avons un authentique exemple chrétien dans la conduite d’Abraham. Étant le plus âgé, il aurait pu invoquer sa dignité et exiger ses « droits ». Mais il ne pouvait pas agir ainsi en tant que chrétien. L’amour « ne cherche point son intérêt ». Abraham manifesta le vrai Esprit de Christ. Quand les soi-disant chrétiens recherchent les biens de ce monde, et craignent la perspective d’être privés de certains de leurs droits, ils démontrent de l’indifférence envers l’héritage éternel que Christ offre.

 

La promesse répétée

  La courtoisie chrétienne d’Abraham, qui était le résultat de sa foi en la promesse par Christ, ne passa pas inaperçue du Seigneur. Nous lisons :

« L’Éternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui : Lève les yeux, et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l’orient et l’occident ; car tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi et à ta postérité pour toujours. Je rendrai ta postérité comme la poussière de la terre, en sorte que, si quelqu’un peut compter la poussière de la terre, ta postérité aussi sera comptée. Lève-toi, parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur ; car je te le donnerai » (Gen. 13 : 14-17).

  N’oublions pas que « les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il n’est pas dit : et aux postérités, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais en tant qu’il s’agit d’une seule : et à ta postérité, c’est-à-dire Christ » (Gal. 3 : 16). Il n’y a pas d’autre descendance d’Abraham en dehors de Christ et de ceux qui Lui appartiennent. Ainsi, cette postérité innombrable qui fut promise à Abraham est identique à celle dont il est question dans cet autre passage des Écritures :

« Après cela, je regardai, et voici, il y avait une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l’Agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains. Et ils criaient d’une voix forte, en disant : Le salut est à notre Dieu, qui est assis sur le trône, et à l’Agneau ». « Et l’un des vieillards prit la parole, et me dit : Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où sont-ils venus ? Je lui dis : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l’Agneau » (Apoc. 7 : 9, 10, 13, 14).

Nous avons déjà vu que la bénédiction d’Abraham atteint toutes les nations par le moyen de la croix de Christ. Ainsi, dans la déclaration selon laquelle cette immense multitude a lavé sa robe et l’a blanchie dans le sang de l’Agneau, nous voyons l’accomplissement de la promesse faite à Abraham au sujet d’une descendance impossible de compter. « Si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse » (Gal. 3 : 29).

Il est bon de souligner que dans la répétition de la promesse, au chapitre 13 de la Genèse, la terre occupe une place très importante. Nous l’avons vu dans notre étude précédente, et nous la retrouverons comme un trait fondamental de la promesse partout où elle apparaît.

 

Abraham et Melchisédek

  La brève histoire de Melchisédek est le chaînon qui unit notre époque à celle d’Abraham et qui montre que la « dispensation chrétienne », telle que nous l’appelons existait aux jours d’Abraham comme à ceux d’aujourd’hui.

  Le chapitre 14 de la Genèse nous dit tout ce que nous savons sur Melchisédek. Le chapitre 7 des Hébreux répète l’histoire, et fait quelques commentaires à son sujet. On trouve également des références à Melchisédek dans le chapitre 6, et dans Psaume 110 : 4.

  Voici l’histoire : Abraham rentrait d’une expédition contre les ennemis qui avaient fait Lot prisonnier, lorsque Melchisédek sortit à sa rencontre, lui apportant du pain et du vin. Melchisédek était roi de Salem, et prêtre du Dieu Très-Haut. En cette qualité, il bénit Abraham, et celui-ci lui donna la dîme du butin récupéré. Telle est l’histoire, mais à partir de cette histoire nous apprenons des leçons de grande importance.

  Tout d’abord, nous voyons que Melchisédek avait un rang supérieur à Abraham parce que « c’est sans contredit l’inférieur qui est béni par le supérieur » (Héb. 7 : 7), et aussi parce qu’Abraham lui donna la dîme de tout.

  Il était un type de Christ ; il était « rendu semblable au Fils de Dieu » (Héb. 7 : 3). Il était une figure de Christ parce qu’il était en même temps roi et sacrificateur. Son nom signifie « roi de justice », et Salem, dont il était le roi, signifie « paix » ; il n’était donc pas seulement prêtre mais également roi de « justice et de paix ». De Christ il est dit : « Parole de l’Éternel à Mon Seigneur : Assieds-toi à Ma droite, jusqu’à ce que Je fasse de tes ennemis Ton marchepied ». « L’Éternel l’a juré, et Il ne s’en repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours, à la manière de Melchisédek » (Ps. 110 : 1, 4). Et il était appelé « l’Éternel notre justice » (Jér. 23 : 6).

  Les Écritures se réfèrent en ces termes à la royauté de la prêtrise de Christ : « Tu lui diras : Ainsi parle l’Éternel des armées : Voici, un Homme, dont le nom est Germe, germera dans Son lieu, et bâtira le temple de l’Éternel. Il bâtira le temple de l’Éternel ; Il portera les insignes de la majesté ; Il s’assiéra et dominera sur Son trône, et une parfaite union règnera entre l’un et l’autre » (Zach. 6 : 12 et 13). Le pouvoir par lequel Christ, en tant que sacrificateur, fait la réconciliation pour les péchés du peuple, est le pouvoir du trône de Dieu sur lequel Il est assis.

  Mais le point principal, en référence à Melchisédek, est qu’Abraham vécut sous la même « dispensation » que nous. La prêtrise était alors du même ordre que maintenant. Nous ne sommes pas seulement les enfants d’Abraham, mais aussi de la foi ; de plus, notre Souverain Sacrificateur, qui est monté aux cieux, a été fait par un serment de Dieu, Souverain Sacrificateur pour toujours « selon l’ordre de Melchisédek ». Ainsi, dans un double sens, il est évident que « si vous êtes à Christ, vous êtes donc de la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse ». « Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour ; il l’a vu, et il s’est réjoui » (Jn 8 : 56).

  Ainsi donc, Abraham était un chrétien comme tous ceux qui ont vécu depuis la crucifixion de Christ. « Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens » (Act. 11 : 26). Mais, après qu’ils aient été appelés chrétiens, les disciples n’étaient pas différents de ce qu’ils étaient auparavant. Lorsqu’ils étaient simplement connus comme Juifs, ils étaient déjà chrétiens comme ils l’étaient après avoir été appelés de cette manière. Le nom n’implique pas grand chose. Ils furent appelés chrétiens parce qu’ils étaient disciples de Christ ; mais ils suivaient Christ avant même d’être appelés chrétiens. Des centaines d’années avant l’époque de Jésus de Nazareth, Abraham fut précisément ce qu’allait être chaque disciple appelé « chrétien » à Antioche : un disciple de Christ. Tous les chrétiens, et uniquement eux sont fils d’Abraham.

  Vous noterez que dans le septième chapitre des Hébreux il est question d’Abraham et de Melchisédek. Cette référence montre que payer la dîme n’est pas une ordonnance lévitique. Bien avant que Lévi ne naisse, Abraham payait la dîme. Et il la payait à Melchisédek, dont le sacerdoce était un sacerdoce chrétien. Ainsi, ceux qui sont en Christ, sont fils d’Abraham, et donneront aussi la dîme de tout.

  Remarquons que la dîme était bien connue à l’époque d’Abraham. Celui-ci donna naturellement la dîme au prêtre de Dieu. Il reconnut le fait qu’elle appartient au Seigneur. Le texte du Lévitique n’est pas l’origine du système des dîmes, mais la simple constatation d’un fait. L’ordre des Lévites paya la dîme en Abraham (Héb. 7 : 9). Nous ne savons pas quand cette institution fut donnée à l’homme pour la première fois, mais nous voyons qu’elle était bien connue aux jours d’Abraham. Dans le livre de Malachie, adressé principalement à ceux qui vivront juste « avant que le jour de l’Éternel arrive, ce jour grand et redoutable » (4 : 5), il nous est dit que ceux qui retiennent les dîmes volent l’Éternel.

  Remarquons un autre point : Melchisédek, roi de justice et de paix, et prêtre du Dieu Très-Haut, apporta à Abraham du pain et du vin, emblèmes du corps et du sang de notre Seigneur. On pourrait déduire que le pain et le vin avaient pour objet de subvenir aux besoins physiques d’Abraham et de ses compagnons. Mais ceci n’en diminue pas la signification. Melchisédek sortit en qualité de roi et de prêtre, et Abraham le reconnut comme tel. Observez la relation dans Genèse 14 : 18 et 19 : « Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était sacrificateur du Dieu Très-Haut. Il bénit Abram, et dit : Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre ! » Il est évident que le pain et le vin que lui offrit Melchisédek acquérait une signification spéciale par le fait qu’il était prêtre du Dieu Très-Haut. Les Juifs du temps de Christ se moquèrent de Son affirmation selon laquelle Abraham tressaillit de joie de ce qu’il verrait le jour de Christ. Ils ne pouvaient en voir aucune évidence. Qu’en est-il de nous ? Pouvons-nous voir dans cette transaction une évidence qu’Abraham vit le jour de Christ, qui est le jour du salut ?

 

Comment Dieu nous éprouve

Ellen G. White

 

  Notre cause est pendante au tribunal céleste. Nous y rendrons compte de tous nos actes, et chacun de nous sera jugé selon ses œuvres. Autrefois, Dieu n’acceptait les offrandes et les sacrifices que s’ils étaient offerts dans l’esprit voulu. Samuel disait : “L’Éternel trouve-t’il du plaisir dans les holocaustes et les sacrifices, comme dans l’obéissance à la voix de l’Éternel ? Voici, l’obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l’observation de sa parole vaut mieux que la graisse des béliers.” 1 Samuel 15 : 22. Tout l’argent du monde ne saurait nous assurer les bénédictions divines ni une seule victoire.

  Beaucoup sont disposés à tous les sacrifices, sauf au seul qu’ils doivent consentir, et qui consiste à se donner eux-mêmes et à soumettre leur volonté à celle de Dieu. Le Christ disait à ses disciples : “Si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.” Matthieu 18 : 3. Nous avons là une leçon d’humilité. Il nous faut tous devenir humbles comme de petits enfants si nous voulons entrer dans le royaume des cieux.

Notre Père céleste connaît le cœur des hommes ; il connaît leurs caractères mieux qu’eux-mêmes. Il sait que quelques-uns ont des talents qui, bien employés, contribueraient à sa gloire et à l’avancement de son œuvre. Il met ces personnes à l’épreuve et, dans sa sage providence, il leur confie différents postes et les soumet à des circonstances variées afin de leur donner l’occasion de révéler ce qui est dans leurs cœurs. Ils peuvent ainsi corriger certaines faiblesses de caractère qu’ils ignoraient eux-mêmes et adoucir les côtés rudes de leur nature. Lorsque le Seigneur les appellera à l’action, ils seront prêts et les anges pourront s’unir à eux dans l’œuvre qui doit être poursuivie ici-bas.

  Aux hommes qu’il choisit pour occuper des postes de confiance, Dieu révèle dans sa miséricorde leurs défauts cachés pour qu’ils puissent sonder leurs propres cœurs et voir ce qui est défectueux. C’est ainsi qu’ils pourront modifier leur tempérament et raffiner leurs manières. Dans sa providence, le Seigneur place les hommes là où il peut éprouver leurs énergies spirituelles et révéler les mobiles de leurs actions pour qu’ils améliorent ce qui est bien et rejettent ce qui est mal. Il voudrait que ses serviteurs se familiarisent avec les réactions intimes de leur être. Pour cela, il permet souvent que le feu de l’affliction les purifie. “Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? demande le prophète Malachie. Qui restera debout quand il paraîtra ? Car il sera comme le feu du fondeur, comme la potasse des foulons. Il s’assiéra, fondra et purifiera l’argent ; il purifiera les fils de Lévi, il les épurera comme on épure l’or et l’argent, et ils présenteront à l’Éternel des offrandes avec justice.” Malachie 3 : 2, 3.

  La purification du peuple de Dieu ne se fera pas sans souffrances. Le Seigneur permet au feu de l’affliction de consumer les scories, de séparer ce qui est indigne de ce qui est bon afin de faire briller le pur métal. Il nous fait passer d’un feu à un autre pour se rendre compte de notre valeur réelle. Si nous ne pouvons supporter ces épreuves, que ferons-nous au temps de détresse ? Si la prospérité ou l’adversité fait apparaître la duplicité, l’orgueil ou l’égoïsme de nos cœurs, que ferons-nous lorsque Dieu éprouvera par le feu l’œuvre de chacun et révélera les secrets de tous les cœurs ?

 La vraie grâce accepte volontiers l’épreuve ; si nous avons de la répugnance à être éprouvés par le Seigneur, notre condition est vraiment sérieuse. Dieu raffine et purifie les âmes ; à la chaleur de la fournaise, les scories sont séparées de l’argent et de l’or du caractère chrétien. Jésus surveille l’épreuve. Il sait ce qui est nécessaire pour purifier le métal précieux afin que celui-ci reflète la splendeur de l’amour divin.

 

Jésus a ouvert la voie

  Dieu attire à lui son peuple par de rudes épreuves, en lui révélant ses faiblesses et ses incapacités et en lui apprenant à s’appuyer sur lui comme étant le seul secours et l’unique sauvegarde. Alors, son but est atteint. Ses enfants sont prêts à toute éventualité ; ils pourront occuper des postes de confiance et atteindre le grand but pour lequel des talents leur ont été départis. Dieu met les hommes à l’épreuve ; il le fait de toutes manières ; et c’est ainsi qu’il les éduque, les enseigne, les discipline. Jésus, notre Rédempteur, représentant et chef de l’homme, a passé lui-même par cette épreuve. Il a souffert plus que nous ne pouvons être appelés à le faire. Il s’est chargé de nos infirmités et il a été tenté comme nous en toutes choses. Il ne souffrit pas pour son propre compte, mais à cause de nos péchés ; et maintenant, grâce aux mérites de celui qui vainquit pour nous, nous pouvons vaincre en son nom.

Cette œuvre de purification doit se poursuivre jusqu’à ce que les serviteurs de Dieu soient assez humbles, assez morts à eux-mêmes pour n’avoir d’autre but que la gloire de leur Maître lorsque celui-ci les appellera à se mettre au travail. Dieu acceptera alors leur concours ; ils n’agiront pas d’une manière inconsidérée, par impulsion ; ils ne mettront pas en péril la cause du Seigneur, car ils ne seront plus esclaves de la tentation et des passions de leur chair dominée par Satan. Comme l’œuvre de Dieu peut être mise en danger par la volonté pervertie de l’homme ou par un caractère non contrôlé ! Quelles souffrances celui-ci attire sur lui-même en s’obstinant dans ses passions ! Dieu ne cesse d’éprouver les hommes, jusqu’à ce qu’une parfaite humilité et une transformation de leurs caractères les amènent en harmonie avec le Christ et leur donnent la victoire sur eux-mêmes.

  Dieu a appelé des hommes de différents milieux. Il les a éprouvés afin de voir s’il était possible de leur confier la garde de la forteresse. Suppléeraient-ils aux déficiences de ceux qui étaient déjà là, et, constatant leurs faiblesses, fuiraient-ils l’exemple d’ouvriers qui ne sont pas aptes à s’engager dans l’œuvre la plus sacrée qui soit ? Dieu n’a cessé d’envoyer à chacun des avertissements, des reproches, des conseils. Il a fait luire une grande lumière sur ceux qui travaillent […] afin d’aplanir le chemin devant eux. Mais s’ils préfèrent suivre leur propre sagesse, méprisant la lumière comme Saül, ils s’égareront sûrement et mettront la cause en difficulté. La lumière et les ténèbres ont été placées devant eux, mais ils ont trop souvent choisi les ténèbres.

 

Le message à Laodicée

  Le message à Laodicée s’applique au peuple de Dieu qui prétend croire à la vérité présente. La plus grande partie de ce peuple est tiède et manque de zèle. Dieu désire que des hommes se mettent à l’œuvre pour corriger cet état de choses et se tiennent comme de fidèles sentinelles au poste du devoir. II leur a donné la lumière sur chaque point, pour les instruire, les encourager et les affermir dans certains cas. Néanmoins, ceux qui devraient être fidèles, loyaux, animés d’un zèle fervent, aimables, connaissant Jésus et l’aimant sincèrement, secondent l’ennemi, affaiblissant ainsi et décourageant ceux que le Seigneur emploie pour poursuivre son œuvre. Le mot “tiède” s’applique à cette classe de gens. Ils prétendent aimer la vérité, et ils manquent de piété et de ferveur chrétienne. Ils n’osent pas se donner entièrement et courent le même risque que les incroyants, car ils ne veulent pas mourir à eux-mêmes et se conformer fidèlement aux principes de leur foi.

  Le seul espoir pour les Laodicéens se trouve dans une claire vision de leur état spirituel, une connaissance de la nature de leur maladie. Ils ne sont ni froids ni bouillants ; ils sont tièdes, et ils se flattent de ne manquer de rien. Le témoin fidèle hait la tiédeur ; il a en horreur l’indifférence. Il dit : “Tu n’es ni froid ni bouillant.” Apocalypse 3 : 15. Comme l’eau tiède, ils donnent la nausée. Ils ne sont ni indifférents, ni opiniâtrement égoïstes. Mais ils ne s’engagent pas entièrement et de tout leur cœur dans l’œuvre de Dieu, en s’identifiant eux-mêmes avec elle ; ils se tiennent à l’écart et sont prêts à quitter leurs postes si leurs intérêts personnels sont en jeu. L’œuvre de la grâce n’agit pas dans leurs cœurs. C’est d’eux qu’il est dit : “Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, ... et tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu.” Apocalypse 3 : 17.

 

Le remède de Dieu

  La foi et l’amour sont les vraies richesses, l’or pur que le témoin fidèle conseille d’acheter. Cependant, aussi riches que nous puissions être en biens de ce monde, toute notre fortune ne pourrait nous permettre d’acheter les précieux remèdes qui guérissent la maladie de l’âme, appelée tiédeur. L’intelligence et les richesses terrestres ne pouvaient faire disparaître les défauts de Laodicée, ou remédier à sa condition déplorable. Les membres de cette Église étaient aveugles et ne s’en doutaient pas. L’Esprit de Dieu n’illuminait pas leurs esprits, et ils ne connaissaient pas leur état de péché ; c’est pourquoi ils n’éprouvaient pas le désir d’être secourus.

  C’est une bien triste chose que d’être privé des grâces de l’Esprit de Dieu ; mais c’est plus terrible encore d’être dépourvu de spiritualité, d’être séparé du Christ et d’essayer de se justifier en disant à ceux qui s’alarment à notre sujet que nous n’avons nul besoin de leurs craintes et de leur piété. Il est effrayant de constater à quel point on peut se faire illusion sur son propre compte !

  Quel aveuglement ! Prendre la lumière pour les ténèbres et les ténèbres pour la lumière ! Le témoin fidèle nous conseille de lui acheter de l’or éprouvé par le feu, des vêtements blancs et un collyre pour nos yeux.

  L’or ici recommandé comme ayant été éprouvé par le feu, c’est la foi et l’amour. Il enrichit le cœur, car il a été dans la fournaise jusqu’à ce qu’il soit pur, et plus il a été raffiné plus il brille. Le vêtement blanc, c’est la pureté du caractère, la justice du Christ impartie au pécheur. C’est un vêtement de texture céleste, qui ne peut être acheté que par une vie d’obéissance volontaire. Le collyre, c’est la sagesse et la grâce qui nous permettent de discerner entre le mal et le bien et de détecter le péché sous toutes ses formes. Dieu a donné à son Église des yeux qu’il veut oindre de sagesse afin qu’elle puisse voir ; mais nombreux sont ceux qui, s’ils le pouvaient, les arracheraient. Ainsi, leurs actes ne viendraient pas à la lumière et ne pourraient être condamnés. Le collyre divin communique la clarté à l’intelligence. Le Christ est le dépositaire de toutes les grâces. Il nous dit : “Achetez de moi.”

 

Ceux qui seront rejetés

 Il en est qui prétendent que c’est en exaltant ses propres mérites qu’on peut compter sur les faveurs de Dieu. En réalité, il nous est impossible d’obtenir une seule victoire par nos bonnes œuvres ; mais nous ne pouvons être victorieux sans elles. L’achat recommandé par le Christ ne consiste qu’à se soumettre aux conditions requises par lui. La grâce divine, qui est d’une valeur inestimable, et qui permet d’affronter l’épreuve et l’adversité, ne peut s’obtenir que par la foi, l’humilité et la prière. La grâce qui traverse victorieusement l’affliction et la persécution manifeste sa vigueur et sa sincérité. C’est l’or éprouvé par le feu. Le Christ offre de vendre ce précieux trésor : “Achetez de moi de l’or éprouvé par le feu.” Apocalypse 3 : 18. S’acquitter sans enthousiasme d’un devoir ne peut faire de nous de vrais chrétiens. Nous devons sortir de notre tiédeur par une conversion réelle, sinon nous ne serons pas sauvés.

  Mon attention a été attirée sur l’action de la providence parmi le peuple de Dieu, et j’ai vu que chaque épreuve envoyée pour raffiner et purifier ceux qui se disent chrétiens a pour but de faire apparaître les scories. L’or fin ne se discerne pas toujours. A chaque crise religieuse quelques-uns succombent à la tentation. Lorsque Dieu passe au crible les hommes, beaucoup sont dispersés comme les feuilles mortes. La prospérité multiplie ceux qui se prétendent chrétiens. L’adversité les chasse de l’Église, car ils sont infidèles. Ils nous quittent parce qu’ils ne sont pas des nôtres. Lorsque la persécution survient à cause de la Parole, beaucoup sont scandalisés.

  Que ces hommes se souviennent qu’il y a peu de temps encore, ils examinaient le cas de certains frères qui étaient dans une condition analogue à celle qui est la leur aujourd’hui. Qu’ils pensent donc sérieusement à ceux qui sont tentés.

  Ils se sont trompés eux-mêmes. Quand tout était calme, quelle fermeté ils manifestaient ! Quels courageux matelots ils étaient ! Mais lorsque la tentation est survenue comme une tempête, leurs âmes ont fait naufrage. Les hommes peuvent avoir des dons merveilleux, de grandes capacités ; mais un seul défaut, un seul péché secret, amènera le désastre et la ruine...

 

Ce qu’il faut pour avancer

  Ceux qui occupent des postes de confiance ne devraient pas cesser de se développer. Qu’ils ne croient pas que les expériences du passé soient définitives et qu’ils ne considèrent pas comme inutile d’augmenter leur bagage intellectuel. L’homme, bien qu’il soit, à sa naissance, la plus faible des créatures de Dieu, et par nature la plus pervertie, est néanmoins susceptible de développements continuels. Il peut être éclairé par la science, ennobli par la vertu, et progresser mentalement et moralement jusqu’à ce qu’il atteigne à la perfection de l’intelligence et à la pureté du caractère qui n’est qu’un peu au-dessous de la perfection et de la pureté des anges. Malgré la lumière de la vérité qui illumine les esprits des hommes et l’amour de Dieu qui inonde leurs cœurs, ils ne peuvent se faire une idée de ce qu’ils sont capables de devenir et de l’œuvre immense qu’ils sont à même d’accomplir.

  Je sais que le cœur humain ignore sa véritable condition; mais je ne puis m’empêcher de vous venir en aide. Nous vous aimons, et nous désirons vous voir marcher à la victoire. Jésus vous aime ; il est mort pour vous, et il veut que vous soyez sauvés. Nous n’avons aucun intérêt à vous maintenir à... Mais nous voudrions que vous fassiez tout ce qui est en votre pouvoir pour votre propre âme, vous débarrassant de toute erreur et vous efforçant de contrôler votre moi, afin de ne pas être perdus. Pour l’amour du Christ, résistez au diable, et il fuira loin de vous.

  L’œuvre d’élagage et de purification qui nous préparera pour le ciel est une grande œuvre qui nous coûtera beaucoup de souffrances et d’épreuves, parce que notre volonté n’est pas soumise à celle du Christ. Nous devons passer par la fournaise jusqu’à ce que le feu ait consumé les scories et que nous soyons purifiés pour refléter l’image divine. Ceux qui suivent leurs propres inclinations et qui se laissent dominer par les apparences ne sont pas de bons juges des agissements du Seigneur. Ce sont des insatisfaits. Ils appellent défaite ce qui est en réalité un triomphe et perte ce qui est un gain. Comme Jacob, ils sont prêts à s’écrier : “C’est sur moi que tout cela retombe” (Genèse 42 : 36), alors que les choses mêmes dont ils se plaignent concourent à leur bien.

  Sans croix il n’y a pas de couronne. Comment pourrait-on être fort dans le Seigneur sans épreuves ? Pour être fort, il faut faire de l’exercice. Pour avoir une foi solide, nous devons être placés dans des circonstances où nous puissions l’exercer. L’apôtre Paul, peu avant son martyre, exhortait Timothée en ces termes : “Souffre avec moi pour l’Évangile, par la puissance de Dieu.” 2 Timothée 1 : 8. C’est par beaucoup de tribulations que nous entrerons dans le royaume des cieux. Notre Sauveur a subi toutes les épreuves possibles, et pourtant il a triomphé en Dieu constamment. C’est notre privilège d’être forts de la force d’en haut dans toutes les circonstances et de nous glorifier dans la croix du Christ. — Testimonies for the Church vol. 4 p. 84-94 (1876).

 

 

Suis-moi !

Signes des Temps – mai 1882

« Il dit à un autre : suis-moi. » Luc 9 : 59

« Et un autre de ses disciples lui dit : Seigneur ! permets que j’aille auparavant ensevelir mon père. Mais Jésus lui dit : Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts. » Matt. 8 : 21, 22

  Admirez avec moi la richesse de la Parole de Dieu ; sept lettres, deux mots des plus petits, prennent, si nous voulons ouvrir notre cœur à la Parole de Vie, une importance et une signification des plus grandes.

  Et d’abord, quel est Celui qui parle ? Qui est Celui qui dit avec tant d’autorité : « Suis-moi » ? Sommes-nous en présence de quelque docteur, de quelque philosophe, ou de l’un de ces hommes qui de temps en temps apparaissent et se mettent à la tête des nations pour les entraîner à quelque conquête morale ; ou bien à l’une de ces conquêtes qui ne peuvent s’obtenir que par des empiètements, en semant le deuil, les larmes et le sang, en laissant derrière elle la terreur et l’épouvante ?

  Les foules d’alors disaient de celui qui s’exprimaient avec tant d’autorité : « N’est-ce pas là le fils de Marie, femme du charpentier de Nazareth ? », tandis que l’Évangile nous apprend qu’il est Celui en qui Dieu a mis son affection, son Fils unique, Celui que le précurseur Jean annonçait au peuple d’Israël en l’invitant à la repentance. La Parole nous dit encore que par une révélation spéciale de l’Esprit de Dieu, Pierre fut le premier à le saluer de son titre de Christ, Fils de Dieu.

  Cette révélation éclaire dès lors pour nous ces deux mots « suis-moi » d’une lumière nouvelle, car elle nous met en présence du plus grand conquérant spirituel qu’ait jamais connu la terre, puisque, quittant la gloire dont il était environné dans les cieux, il est venu pour conquérir les cœurs pour le royaume des cieux. Ce conquérant est venu dire à tous, à chacun, à vous, à moi, à l’humanité entière : « Suis-moi ! » Toutes les conquêtes morales se résument à ces deux mots, « suis-moi » dont elles découlent.

  Suis-moi, homme pêcheur, dans le cœur duquel la lumière et le souffle de vie céleste ont été ternis par la connaissance du bien et du mal, tache héréditaire, transmise par le premier Adam. « Suis-moi », toi qui est condamné à manger ici-bas ton pain à la sueur de ton front, toi dont le corps et l’esprit sont astreints à toutes sortes de misères, assujettis à toutes sortes de maux, toi dont l’enveloppe corporelle est, tu le sais, condamnée à mort, conséquence du péché et de la corruption qu’il engendre. « Suis-moi », toi qui désires l’immortalité ; un regard de moi, une parole de moi, un de mes attouchements, une de mes larmes, ma grâce suffisent pour purifier, pour sanctifier, pour nettoyer ce cœur, cette âme coupable, pour la réconcilier avec son Créateur, pour l’offrir à son Dieu, et rétablir une communion directe avec Lui !

  J’ai pouvoir de commander, de guérir, de pardonner les péchés, de vaincre la mort spirituelle, de rallumer le lumignon fumant. « Suis-moi » ; ton cœur est un de ceux-là ! Meurtri, envahi par le péché, livré à la mort spirituelle, il est sur le point de s’éteindre.

  « Suis-moi », cette invitation nous concerne donc ; elle me concerne donc tout particulièrement. S’il est venu à la conquête des cœurs, c’est au mien qu’il s’adresse, au vôtre ! Oui, chers frères et sœurs, et c’est là une grande et bonne nouvelle, car l’invitation s’adresse à tous les pécheurs de tous les âges auxquels elle peut parvenir.

  Celui qui l’a prononcée appelle, invite le pauvre mortel séparé par toute la profondeur d’un immense abîme de Dieu son Créateur et son Père, à s’en approcher en le suivant.

  Dans le texte, c’est à un disciple que nous voyons que Jésus s’adresse, et nous voyons qu’il est obligé d’insister ; pourquoi, sinon parce que ce disciple, semblable en ceci à nous-mêmes et à la multitude des chrétiens de nos jours, n’avait pas encore saisi la vie éternelle.

  Il marchait avec Jésus de loin, sans le suivre, c’est à dire qu’il se contentait de n’être pas de ses ennemis, d’être un de ses auditeurs, d’être un de ses admirateurs, mais spirituellement parlant, il ne le suivait pas ; la vérité n’avait pas pénétré son cœur pour le régénérer. Il n’était avec Jésus qu’extérieurement ; intérieurement la coupe n’était pas nettoyée. Combien de chrétiens lui ressemblent ?

  Christ insiste : « Laisse les morts ensevelir leurs morts, suis-moi », c’est à dire, purifie la maison de ton cœur, prends le balai spirituel et balaye tous les coins et les recoins, afin que je puisse venir y faire ma demeure ; c’est à dire, mets toi en face de toi-même, rentre en toi-même, examine-toi sérieusement, fais un retour sur toi-même, sous le regard de Dieu et vois si tu peux te dire mon disciple ; si tu as droit au titre de chrétien.

  Le péché t’a plongé dans les ténèbres de l’ignorance, ténèbres profondes qui t’empêchent de mesurer l’étendue de ta misère et de ton dénuement. Qui te révélera ta position ? « Suis-moi », la réponse est là ! Que de promesses contenues dans cette parole du Guide qui s’offre inopinément et que nous savons désormais n’être autre que Celui qui, descendu des cieux, y est remonté après avoir accompli ici-bas la volonté de son Père, et qui, par conséquent, seul connaît le chemin qui peut y conduire.

  Et voyez : la misère et le dénuement dans lesquels se trouvent ceux auxquels il s’adresse ne l’empêchent point de s’approcher d’eux ; la lèpre du péché qui les ronge et dont ils sont couverts ne rebute point Celui dont le sang est efficace pour guérir et pour sauver. Lorsqu’il nous parle, ne l’écouterons-nous pas ? Craignons-nous que plus tard sa voix ne se fasse plus entendre et que, s’éteignant au loin, avant que notre cœur n’ait répondu en se donnant, nous perdions la direction qu’il a suivie ?

  Lorsqu’il dit « suis-moi », ne nous lèverons-nous pas avec empressement, avec reconnaissance ? Ne nous attacherons-nous pas à ne pas perdre un instant de vue le Guide spirituel qui, au travers des sombres détours de notre étroite prison matérielle, doit nous amener à la lumière spirituelle ?

  Est-il facile de le suivre ? – Non, si nous voulons marcher confiants dans notre perspicacité, notre intelligence et nos forces ! – Oui, si nous acceptons les conseils de son expérience, l’appui de sa main amie, qu’il nous offre et que nous n’avons qu’à saisir lorsque, dans les passages difficiles de la vie, notre pied vient à broncher.

  Suis-moi, ne veut-il pas dire, tiens tes yeux constamment fixés sur moi, ton Guide, ton Sauveur, imite chacun de mes mouvements, règle tes pas sur les miens ; que ton cœur batte à l’unisson du mien, en même temps que ta volonté tende au but que je poursuis ; que ta vie toute entière reflète ce qu’a été la mienne ! Marcher avec moi et me suivre, veut dire passer à travers les ornières, les humiliations et les déceptions de la vie, franchir les escarpements pénibles des désillusionnements constants, passer outre et continuer à marcher en ayant les yeux fixés toujours vers le ciel, alors que nos pieds meurtris par les épines et les cailloux voudraient se reposer ou rechercher les chemins faciles et larges. Marcher avec lui, dans la même voie, le suivre, veut dire renoncer à soi-même, à sa propre volonté, la briser même, afin que pas un de nos pas ne s’éloigne de l’empreinte laissée par celui qui a dit : « Suis-moi ».

  Voie étroite et difficile du renoncement à soi-même. Il faut, pour y arriver, fouler aux pieds, orgueil, égoïsme, vanité, paresse et en un mot, toutes les passions qui vivent dans les replis secrets de notre cœur, et y ont établi leur demeure, et qu’à leur place l’humilité, la charité, la simplicité, le dévouement, l’activité, la douceur, vivent en nous, que la foi, l’espérance, la patience et la soumission brillent d’une lumière vive et régulière.

  Non, certes il n’est pas facile de répondre à cet appel, car nous aussi nous avons bien des choses et bien des défauts à ensevelir. « Suis-moi », c’est peut-être un passé à renier ; ce n’est pas pour une heure, ni pour un jour seulement, mais chaque jour, chaque heure et à chaque instant de notre vie, que nous devrons nous conformer à cet appel, le suivre à travers le feu des épreuves, des contrariétés quelles qu’elles soient, qui viendront se mettre au travers de nos progrès et de notre marche en avant.

  « Suis-moi, c’est à dire, fais comme moi, applique-toi à faire comme moi la volonté de Dieu, sa volonté, quelle qu’elle soit, alors même qu’il te paraitrait dur et amer de t’y soumettre. Si seulement, sentant ton incapacité, reconnaissant ta faiblesse, tu dis du fond du cœur : « Tourne-toi vers moi et aie pitié de moi ; donne la force à ton serviteur. » Ps. 86 : 16. La force te sera donnée ; Il l’a promise, car il est un Dieu prêt à pardonner, miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté, qui ne nous abandonne pas. Néh. 9 : 17.

A.R

 

 

 Coin Santé

La perle du printemps – l’ortie

 

Il existe une plante qui bien qu’excellente pour la santé est trop souvent mise de côté, considérée comme une mauvaise herbe. Pourtant, malgré son apparence quelque peu agressive, elle renferme de nombreuses vertus.

Il n’y a pas de région de notre flore où cette plante (urtica dioica, de la famille des urticacées), ne soit commune. Elle forme de grandes colonies au voisinage des lieux habités, riches en azote.

Ses tiges aériennes dépassent bien souvent le mètre et portent sur tout leur long des feuilles ovales, allongées, aiguës à leur extrémité et bordées de dents aiguës, elles aussi. Les feuilles sont opposées deux à deux sur la tige et munies de longs pétioles. Toutes les parties de la plante sont couvertes de poils urticants. Les fleurs verdâtres, portées en grappes lâches pendantes, sont présentes au sommet des tiges de juin à septembre environ. Les fleurs mâles (ne possédant que des étamines) et femelles (ne possédant que des pistils) sont portées par des pieds différents.

Il s’agit d’une plante vivace munie de longues tiges souterraines qui propagent la plante et lui permettent de former des groupes importants.

S’il fallait classer les végétaux sauvages comestibles, les orties auraient de grandes chances de venir en tête ; elles sont éminemment faciles à identifier (il suffit de les toucher !) ; comme elles poussent en colonies, on en ramasse rapidement de grandes quantités ; leur goût est excellent et leurs qualités nutritives exceptionnelles.

Les feuilles d’orties contiennent beaucoup de chlorophylle, le colorant vert du monde végétal, dont la composition chimique est très voisine de celle de l’hémoglobine, qui teint en rouge notre sang. Elles sont très riches en sels minéraux, en particulier en fer, phosphore, magnésium, calcium, potassium, manganèse et silicium, ce qui les rend diurétiques et dépuratives, ainsi qu’avec de précieuses actions antianémiques. Elles contiennent également des vitamines A, C et K, de l’acide formique, du tanin, du mucilage et autres substances qui font de l’ortie l’une des plantes aux plus nombreuses applications médicinales.

Leurs feuilles sont également remarquables quant à leur teneur en protéines : fraîches, elles en contiennent de 6 à 8 g pour 100 g, et sèches jusqu’à 39 g, pourcentage similaire à celui du soja, l’une des légumineuses les plus riches en protéines. Ce qui est encore plus intéressant – et méconnu – c’est que les protéines des feuilles vertes sont, contrairement à celles des fruits (céréales) ou des graines (légumineuses), équilibrées en acides aminés, et donc mieux assimilables par l’organisme. Ceci revient à dire qu’une certaine quantité de feuilles d’orties apporte effectivement à l’organisme plus de protéines que la même quantité de riz complet ! Étonnant, non ?

Les graines d’orties sont riches en hormones, et selon certains, aideraient à retrouver la joie de vivre ! On peut les ajouter aux crudités, les saupoudrer sur le pain ou les galettes comme on le ferait avec du gomasio ou des graines de pavot. Germées elles apportent des nutriments fantastiques aux plats, appréciés tout particulièrement durant les mois d’hiver.

L’ortie se consomme crue en salade, ou mixée en pesto avec un peu d’huile d’olive, du sel, de l’ail, mais également cuite comme n’importe quel légume vert. Elle remplace avantageusement les épinards, du fait qu’elle est moins acide. Pour ceux qui ont un extracteur, on peut en ajouter quelques tiges aux divers jus végétaux.

En dehors du côté alimentaire, on peut utiliser l’ortie de manière interne et externe. En jus frais ou en infusion pour soigner de l’intérieur, et en lotion, compresses ou même l’urtication, en frappant doucement la peau avec une poignée d’orties récemment coupées pour un usage externe. La poudre d’orties séchées est également utilisée.

Les infusions d’orties se font avec 50 g de plantes pour 1 litre d’eau, en laissant infuser pendant 15 minutes.

Voici quelques-unes de ses propriétés combinées à un usage interne :

- Dépurative, diurétique et alcalinisante : elle est tout à fait indiquée lors d’affections rhumatismales, arthrite, goutte, calculs rénaux et lorsqu’une action dépurative et diurétique s’impose. Elle a la capacité d’alcaliniser le sang, et ainsi de facilité l’élimination des résidus acides et des toxines du métabolisme. Dans ce cas, le jus d’orties ou une cure d’infusion de cette plante sont recommandés, associés aux urtications mentionnées plus haut. Prendre 3 à 4 tasses d’infusion par jour.

- Antianémique : l’ortie s’utilise pour les anémies par manque de fer ou perte de sang. Le fer et la chlorophylle abondent dans l’ortie et stimulent la production de globules rouges. Elle a aussi un effet reconstituant et tonifiant sur l’organisme très utile lorsqu’on se sent épuisé.

- Vasoconstrictrice (contracte les vaisseaux sanguins) et hémostatique (arrête les hémorragies). Bien sûr, en cas d’hémorragie anormale, il est nécessaire de consulter un médecin.

- Hypoglycémiante : les feuilles d’ortie font baisser le niveau de sucre dans le sang. Bien qu’on ne puisse pas la substituer à l’insuline, l’ortie permet de diminuer considérablement les doses de médications antidiabétiques.

- Astringente : elle est utilisée avec succès pour calmer les très fortes diarrhées. Elle est utile dans tous les cas de diarrhée, colite et dysenterie.

- Digestive : elle donne de bons résultats dans les troubles dus à l’atonie ou à l’insuffisance digestive. L’ortie contient de petites quantités de sécrétine, une hormone produite par certaines cellules de notre intestin, stimulant la sécrétion du suc pancréatique ainsi que la motilité de l’estomac et de la vésicule biliaire. L’ortie facilite donc la digestion et améliore l’assimilation des aliments.

- Galactogène : augmente la sécrétion de lait chez les femmes, elle est donc à recommander durant l’allaitement.

Pour l’usage externe, voici quelques indications :

- Affections chroniques de la peau : par son effet adoucissant, elle est particulièrement recommandée dans les eczémas, les éruptions cutanées et l’acné. Elle nettoie, régénère et embellit la peau.

- Soins du cuir chevelu : on l’utilise fréquemment en lotion avec le jus frais d’ortie ou l’infusion refroidie pour lutter contre la chute des cheveux. On peut également utiliser la poudre d’ortie en la mélangeant avec le shampoing habituel, ou avec d’autres plantes pour un masque capillaire.

  

Histoire pour les enfants

Par le raccourci

 

  Gérard se tenait à la porte de la grange et s’efforçait de retenir ses larmes. Il voulait aller avec son père sur le grand tracteur jusque chez les Grandier, mais son père partait maintenant, et Gérard n’avait pas encore déjeuné.

- Sois gentil, dit papa, aide maman et tu pourras venir avec moi demain !

  Gérard fit un signe d’adieu et répondit d’une voix tremblante :

- D’accord, papa !

  Puis il se retourna et courut vers la maison. Il ouvrit la porte de la cuisine et entra. Il regarda sa mère qui versait le porridge dans les bols.

  Maman parla à Gérard sans se retourner.

- Dépêche-toi. Lave-toi la figure et les mains, nous sommes prêts à manger.

  Gérard mangea quelques cuillérées de porridge ; puis il regarda sa mère.

- Ce n’est pas vraiment loin, jusque chez les Grandier, n’est-ce pas, maman ?

- Il y a au moins cinq kilomètres. Vois-tu la route fait tout le tour de la pointe des Rochers. En réalité, à vol d’oiseau, il n’y a qu’un peu plus d’un kilomètre.

  Gérard se mit à rire en entendant l’expression « à vol d’oiseau », mais il en connaissait la signification. Une ligne droite tracée de chez eux jusque chez les Grandier aurait une longueur d’un peu plus d’un kilomètre. C’est ainsi qu’un oiseau parcourrait cette distance. Puis il eut une idée. « Mais je pourrais bien traverser la pointe des Rochers ! » se dit-il. Il se garda d’exprimer tout haut sa pensée, car il avait le pressentiment que sa mère ne serait peut-être pas du même avis. Plus il y pensait, plus il était sûr de pouvoir le faire. Il avait vu un sentier s’engager entre les rochers, et il avait observé les chevaux et les vaches en descendre le soir à l’heure de la traite.

  Après le culte de famille, sa mère et sa sœur Charlotte prirent des seaux et allèrent ramasser les fraises.

- Gérard, rappela maman, n’oublie pas de nourrir les poules ; après, tu peux jouer près de la maison.

  Bientôt, les poules furent nourries, et Gérard continua à regarder vers les rochers, de l’autre côté de la prairie, à l’arrière de la maison. Oui, il voyait le sentier, et les chevaux qui s’arrêtaient de temps en temps pour arracher des touffes d’herbe. Bientôt, ils seraient au sommet de la colline où l’herbe était particulièrement parfumée.

  Gérard se mit à traverser la prairie et à grimper la colline. Le soleil chauffait et le sentier était poussiéreux. Les chevaux et les vaches avaient si souvent parcouru le sentier qu’il était profondément creusé dans la terre.

Gérard s’arrêta pour se reposer ; soudain, il entendit des chevaux qui arrivaient au galop. Il leva la tête et vit des nuages de poussière s’élever du sentier. Les chevaux arrivaient vers lui à toute vitesse. Gérard se sentit prisonnier de l’étroite piste.

- Seigneur Jésus, pria Gérard, je sais que maman ne voulait pas que je vienne par là, mais aide-moi, je t’en prie, ou les chevaux vont m’écraser !

Gérard sauta sur un côté du sentier et essaya de grimper sur ses mains et ses genoux, mais la pente était raide et glissante, et il retomba sur la piste. Il reprit son souffle et sauta. Il s’accrocha des mains et des pieds à l’herbe rare. Du coin des yeux il vit les chevaux qui étaient presque sur lui. L’angoisse le saisit quand il sentit que l’herbe commençait à céder sous son poids. Il leva les yeux et son regard tomba sur un petit arbre au-dessus de lui. Rassemblant toutes ses forces, il s’élança comme un ressort. Il réussit à attraper le tronc. Il était sain et sauf !

Les grands chevaux se précipitèrent sous lui et disparurent dans un tournant. Leurs sabots faisaient un bruit de tonnerre. Gérard comprit que l’ange de l’Éternel l’avait aidé à atteindre le petit arbre.

Quand les chevaux furent un peu plus loin, Gérard les revit arriver au bas de la colline et se mettre à manger dans la prairie. Il ne comprenait pas pourquoi ils avaient choisi ce moment-là pour se précipiter le long du sentier. Habituellement, ils ne rentraient pas avant le soir. Mais il était heureux d’avoir pu leur échapper aussi miraculeusement.

Gérard se laissa glisser jusqu’à la piste et redescendit lentement. Il avait eu vraiment peur et il n’avait plus du tout envie de continuer son expédition. Il se demanda si sa mère et sa sœur étaient de retour à la maison avec les fraises. Ce serait chic de se retrouver à la maison où sa mère lui avait dit de rester. Il lui raconterait ce qui était arrivé. Et il lui dirait aussi comment Jésus avait envoyé son ange à son secours.

Notre petit ami, deuxième trimestre 1971

 

Coin Santé

Toasts à l’ortie

Ingrédients :

- 3 grosses poignées d’orties fraîches ou plus selon goût

- 100 ml d’huile d’olive

- 80 g de farine

- 500 ml de lait végétal ou d’eau

- ½ cube de bouillon végétal

- 8 tranches de pain

- sésame grillé ou levure maltée

Préparation :

- Bien laver les orties et les faire cuire dans un peu d’eau – comme des épinards jusqu’à ce qu’ils soient tendres. Egoutter.

- Pendant ce temps préparer la béchamel : faire chauffer l’huile d’olive, puis y jeter la farine et cuire quelques minutes en mélangeant bien.

- Ajouter progressivement le liquide en mélangeant vigoureusement jusqu’à l’obtention d’une crème bien épaisse et lisse.

- Ajouter le demi cube de bouillon végétal. Bien mélanger.

- Verser la béchamel dans un blender et ajouter les orties égouttées.

- Mixer quelques secondes jusqu’à ce que les orties soient bien hachées.

- Saler éventuellement.

- Dans un plat allant au four, déposer les tranches de pain préalablement grillées et recouvrir de la béchamel à l’ortie.

- Saupoudrer de sésame grillé ou de levure maltée

- Passer quelques minutes au four pour dorer.

Version sans gluten :

- Utiliser de la farine de riz pour la béchamel

- Au lieu de prendre des tranches de pain, préparer de la polenta et la verser au fond du plat, ou encore utiliser du riz, du millet ou du quinoa cuit.