7. Le cordon ombilical du ciel

 

7.  Le cordon ombilical du ciel

 

   On raconte l’histoire d’un chef de gare qui avait la responsabilité d’ouvrir et de fermer un pont de chemin de fer afin de permettre aux navires de passer en dessous. Lorsque le pont était fermé, un signal au-dessus de la ligne indiquait au conducteur du train d’attendre que le pont soit ouvert. Un jour, le pont était fermé et ne devait pas être ouvert avant un certain temps. Le chef de gare a soudain remarqué un train qui arrivait dans le virage. Le signal devait être en panne. Estimant qu’il pourrait abaisser le pont à temps, il vit soudain son fils qui montait sur les grandes roues dentées qui soulevaient et abaissaient le pont. Le chef de gare savait que si, pour sauver la vie de son fils il n’abaissait pas le pont, tous les passagers à bord du train allaient être tués. S’il voulait sauver les passagers du train, il devrait sacrifier son fils. Il n’avait pas le temps de retarder la prise de décision. Avec une douleur intense déchirant son cœur, il tira le levier et le pont commença à baisser, il tomba à genoux en sanglotant douloureusement lorsqu’il entendit le cri de douleur de son fils écrasé dans les rouages géants. Le train et ses passagers franchirent le pont en toute sécurité sans rien savoir du grand danger auquel ils venaient d’échapper ou de l’énorme sacrifice qui venait d’être fait pour les sauver.

   Il m’est toujours difficile de rester impassible lorsque j’entends cette histoire à cause de son parallèle frappant avec la décision prise par Dieu, face à ses relations avec la race humaine et son destin. Dieu permettrait-il que la race humaine plonge hors des rails dans les ténèbres en dessous ou fournirait-t-il la solution de rechange ? Il avait peu de temps pour agir parce qu’Adam et Eve s’étaient déconnectés de la source de la vie et que bientôt ils mourraient, leur destinée à jamais scellée dans la tombe.

   Avant la création de la race humaine, le Père et son Fils étaient en dialogue profond dans ce que la Bible appelle un conseil de paix.[1] À cette époque, le plan avait été élaboré pour ce qui se passerait si la race humaine choisissait de s’éloigner d’eux. Il était maintenant temps d’agir. Qui peut estimer la souffrance de Dieu ? Permettrait-il que son Fils soit le substitut d’Adam et Eve et qu’il paye les conséquences de leur choix ? Permettrait-il que son Fils porte leur absence de valeur et leur désespoir jusque dans la tombe ?

   Permettrait-il à son Fils de souffrir une perte totale d’identité et la rupture de sa Filiation, d’où émergeraient de son cœur les mots : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? »

   Tandis que je vous écris ces mots, mon fils est tranquillement assis juste en face de moi. Je me tourne pour regarder son beau visage et de mon cœur surgissent la joie et l’amour pour lui. J’essaie ensuite de m’imaginer à la place de Dieu, permettant que mon fils subisse la peine de mort pour un groupe de personnes qui maintenant me haïssent ainsi que tout ce que je représente. J’avoue que mon esprit réprime ces pensées. Je ne vais même pas me permettre d’y penser. Mon subconscient sait que le fait même d’y penser est trop douloureux à supporter car cela me ferait m’évanouir ! Je retourne mes pensées vers Dieu et Son dilemme et me sens paralysé. J’éprouve un sentiment profond de reconnaissance envers Lui de ce qu’Il ait permis que cela se produise, sachant que j’étais, pour ainsi dire, un des passagers de ce train. Pendant de nombreuses années je n’avais aucune idée, ni aucune reconnaissance pour le Chef de gare céleste et Son sacrifice incroyable. Cette pensée me pousse toujours à méditer et à adorer Dieu, le cœur plein de reconnaissance pour son amour immense et son sacrifice.

   Je suis émerveillé de ce que le Fils de Dieu, qui devint plus tard Jésus, fût prêt à agir de cette manière pour nous. La Bible nous dit que Dieu connaît la fin dès le commencement, et Jésus savait ce qui l’attendait lorsqu’Il est venu sur terre : le rejet, les coups, les moqueries, la haine, les injures, la nudité, l’obscurité sur la croix, l’inestimable valeur des milliards d’âmes placées sur ses épaules, la culpabilité et la tristesse accumulées de centaines de générations. Il a tout vu et pourtant le Fils de Dieu a dit « Je veux faire ta volonté, mon Dieu ! Et ta  loi est au fond de mon cœur. » Le Fils de Dieu n’a pas accepté à contrecœur, mais avait un désir profond d’agir ainsi. Son cœur, comme le cœur de Son Père, aspirait à rétablir ses enfants dans la plénitude de la joie qui doit être leur destin. Quel genre de Dieu est-Il ? A qui est-Il comparable et quels mots utiliser pour le louer d’une manière adéquate ?

   Dans le chapitre précédent, nous avons remarqué qu’Adam et Eve avaient besoin d’un système de survie et d’une capacité pour discerner la vérité de l’erreur ; ils avaient besoin d’aide afin de pouvoir déceler la vérité au sujet de Dieu et de détecter, dénoncer et rejeter les mensonges que Satan leur soufflait. Ils avaient besoin d’une boussole morale pour les aider à discerner le vrai nord spirituel.

   Toutes ces choses seraient offertes par le don du Fils de Dieu au monde. C’est ce qui a été promis à Adam et Eve dans Genèse 3 : 15. S’adressant directement à Satan,  Dieu a dit :

« Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. »

   Ce verset est rempli de promesses et d’espoir. Dieu a dit qu’Il mettrait l’inimitié entre Satan et la femme. Quand Dieu parle de la femme, Il parle de tous les descendants de celle-ci, en d’autres termes toute la famille humaine. Le mot inimitié signifie haine ou rancune.[2] Dieu mettrait dans le cœur de la famille humaine une raison de haïr le mal et de désirer la bonté et la vérité. Il n’existe qu’une seule raison pour laquelle Dieu pouvait agir ainsi, c’est parce que Son Fils allait réconcilier la famille humaine à travers Sa vie et Sa mort sur la terre ; c’est ce qu’on entend par la haine existant entre la postérité ou les descendants de la femme et ceux de Satan. Paul, dans le livre de Romains se réfère à cette haine du mal comme d’une grâce ou d’une puissance dans le verset suivant :

« Mais il n’en est pas du don gratuit comme de l’offense ; car si par l’offense d’un seul, il en est beaucoup qui sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d’un seul homme, Jésus-Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup ! » Romains 5 : 15

   La capacité de choisir ce qui est bon vient directement de cette inimitié que Dieu a mise dans nos cœurs par le don de Son Fils. Ce don même prévoit également celui, indispensable, de la vie.[3] Paul se réfère également à ce fait dans le même chapitre de Romains :

« Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes. » Romains  5 : 18

   Cette vérité incroyable peut apporter la paix et la joie au-delà de toute comparaison. Cela signifie que chaque inspiration que vous prenez (que vous croyiez ou non au Fils de Dieu et à Son sacrifice) vient directement de Jésus-Christ.[4] C’est Sa vie qui fait battre votre cœur, vous fait respirer et vous garde vivant. Toutes les fonctions que nous appelons involontaires de notre part sont en fait volontaires de la part de Dieu. Il est le cœur de la vérité qui dit :

« Il a voulu qu’ils cherchassent le Seigneur, et qu’ils s’efforçassent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être… » Actes 17 : 27, 28

   Dieu n’est pas loin de chacun de nous parce que nous sommes soutenus par la vie de Jésus-Christ en vertu de sa mort pour nous sur la croix. Si vous vous sentez loin de Dieu, la vérité est qu’Il n’est jamais loin de vous. Il vous suffit de prendre votre pouls pour savoir qu’Il ne vous a pas quitté.

   En plus de cela, le fait que Dieu met dans nos cœurs le désir de faire du bien et de résister au mal signifie que nous devons Lui être très reconnaissants. Pensez aux moments où vous avez été tenté de faire quelque chose de mal et avez décidé à l’instant même de ne pas le faire. C’est le don que Dieu vous a donné, c’est-à-dire, l’inimitié contre le mal. Peu importe si vous croyez en Dieu ou non, vous avez toujours ce don par Jésus. Il est dit dans l’Écriture que Dieu fait tomber la pluie sur le bon et le méchant.[5]Pensez au nombre de fois où Satan a introduit une mauvaise pensée dans l’esprit de quelqu’un pour qu’il vous fasse du mal ou prenne vos biens, mais l’inimitié placée dans son cœur par Dieu l’a découragé de le faire. Bien sûr, nous avons encore le choix de refuser cette incitation et de continuer à commettre le mal, mais si cette inimitié n’était pas là, aucun de nous ne serait en mesure d’arrêter l’exécution des mauvaises pensées placées dans nos esprits.

   Quel Dieu incroyable, pour agir ainsi envers nous ! En tant que race humaine, nous étions totalement perdus et esclaves des mauvaises voies de Satan. Nous ne pouvions pas nous aider nous-mêmes, nous étions voués à la misère et la destruction totale. Mais notre Père céleste plein de tendresse a refusé de nous abandonner. Il nous a donné ce qu’Il avait de plus précieux : Son Fils. Jésus sera toujours l’un de nous. C’est un sacrifice qui sera le thème central d’étude et de  méditation pour le reste de l’éternité.

   Lorsque vous réfléchissez à ces choses, que pensez-vous de tout ce que Dieu a fait pour vous ? Son Esprit vous attire maintenant à L’accepter et à croire la vérité en ce qui Le concerne. Il veut que vous sachiez qu’Il vous aime désespérément et a tout donné pour vous racheter. Je ne peux pas résister à ce genre d’amour, c’est trop merveilleux et puissant pour moi. Qu’en est-il de vous ?



[1] Zach. 6 : 13

[2] Dictionnaire Expositoire Vines – Inimitié

[3] Parlant de la vie ici, nous parlons de la vie probatoire, et non pas la vie éternelle. Dieu a donné à chaque personne une vie sur cette terre d’accepter ou de rejeter la vérité à propos de Dieu et de son royaume.

[4] L’homme a violé la loi de Dieu et par le Rédempteur, de nouvelles promesses furent faites sur une base différente. Toutes les bénédictions doivent venir au travers d’un Médiateur. A présent, chaque membre de la famille humaine est remis entre les mains de Christ, et tout ce que nous possédons dans cette vie présente — que ce soit l’argent, les maisons, les terres, la capacité de raisonner, la force physique ou les facultés intellectuelles — , et toutes les bénédictions de la vie future, sont mis à notre disposition comme des trésors divins devant être fidèlement utilisés au bénéfice de l’homme. Chaque don porte le sceau de la croix, l’image et le nom de Jésus-Christ. Toutes choses viennent de Dieu. Depuis les bénéfices les plus insignifiants jusqu’à la plus grande bénédiction, tout s’écoule du même Canal : la médiation surhumaine aspergée du sang d’une valeur qui surpasse tout calcul parce qu’il était la vie de Dieu dans Son Fils.

[5] Matthieu 5 : 45