Ceux qui nous ont quittés

 

J. M. Stephenson

   Stephenson était un converti de J. H. Waggoner. Durant la période relativement courte qu’il passa parmi les Adventistes du 7ème jour, Stephenson écrivit un bon nombre d’articles dans la Review, présentant avec clarté la position de l’église concernant la Divinité. Lorsqu’il les quitta, il abandonna son ancienne foi, et renonça au Sabbat ainsi qu’aux vérités qu’il avait défendues en accord avec les frères.

   « En référence à sa dignité, il est dénommé le Fils de Dieu, avant son incarnation. Entendez son propre langage : (Jean 7 : 18 ; 10 : 36 ; 1 Jean 4 : 9 et 10 cités) L’idée qu’il a été envoyé implique qu’il était le Fils de Dieu avant d’avoir été envoyé. Supposer autre chose revient à supposer qu’un père peut envoyer son fils faire une course avant que son fils n’ait une existence, ce qui serait manifestement absurde. Dire que Dieu envoya ‘son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché’ est équivalent à dire que le Fils de Dieu se revêtit de notre nature ; il doit donc avoir été le Fils de Dieu avant son incarnation. » (J. M. Stephenson, Review & Herald, 7 novembre, 1854)

   « Etre le seul Fils engendré du Père doit être compris dans un sens différent qu’être un Fils par création ; car pour ce cas, toutes les créatures qu’il a faites sont des fils. Cela ne peut pas non plus se référer à sa conception miraculeuse, avec la vierge Marie, par le Saint-Esprit ; car il est désigné par ce titre attachant plus de quatre mille ans avant sa venue dans le village de Bethléem. De plus, il est représenté comme étant exalté bien au dessus des ordres les plus élevés des hommes et des anges, dans sa nature des premiers âges. Il faut donc qu’Il soit compris comme étant le Fils de Dieu dans un sens bien plus élevé qu’aucun autre être.

   Le fait qu’il soit le seul engendré du Père suppose que personne d’autre que lui ne fut ainsi engendré ; et c’est ainsi qu’il est vraiment et véritablement le seul Fils engendré de Dieu ; et en tant que tel, il doit être Divin ; c’est-à-dire, participant de la nature Divine… L’idée de Père et de Fils suppose la priorité de l’existence de l’un, et l’existence subséquente de l’autre. Dire que le Fils est aussi vieux que son Père est une contradiction de terme évidente.

   C’est une impossibilité naturelle pour le Père d’être aussi jeune que le Fils, ou bien pour le Fils d’être aussi vieux que le Père. Si l’on dit que ce terme n’est utilisé que dans un sens adapté, il est encore toujours nécessaire de donner les raisons pour lesquelles le Père devrait utiliser comme titre uniforme de la plus haute et de la plus attachante relation entre lui-même et notre Seigneur, un terme qui, dans sa signification uniforme, contredirait l’idée même qu’il souhaitait véhiculer. Si les écrivains inspirés avaient désiré transmettre l’idée de la coexistence éternelle, ils n’auraient pas pu trouver des termes plus incompatibles. Et les trinitaires ont été sensibles à cela.

   Mr. Fuller, bien que Trinitaire, eut l’honnêteté de reconnaître, dans la conclusion de son œuvre sur le Christ en tant que Fils, que ‘dans l’ordre de la nature, le Père doit avoir existé avant le Fils. » ...Cela donne au ‘seul engendré du Père’ (voir Jn 1 :14, KJV), une existence intelligente avant que le premier acte de puissance créatrice ait eu lieu, et prouve qu’il est ici question de sa nature Divine ; et cela en relation avec la création de toutes choses. Au verset 14 cette Parole, qui était ‘au commencement’ ‘avec Dieu’, et par qui ‘toutes choses ont été faites’, est déclarée être le ‘seul engendré du Père’ (KJV), enseignant ainsi qu’il fut engendré dans sa nature la plus élevée. Par conséquent, il doit avoir eu un commencement. » (J. M. Stephenson, Review & Herald, 14 novembre  1854)

 

Dudley Marvin Canright

(1840 – 1919)

   Canright devint un observateur du Sabbat en 1859, suite aux travaux de James et Ellen White. Consacré pasteur en 1865, Canright fut un prédicateur puissant, un maître dans l’art de la discussion, ainsi qu’un écrivain d’une habilité remarquable concernant les polémiques. Il écrivit plusieurs tracts, articles et livrets présentant les doctrines du dernier message de l’évangile. L’attrait de plus grandes réalisations au service d’une cause plus populaire que celle des Adventistes du 7ème jour le conduisit finalement à démissionner, et à rompre ses relations avec l’église en 1887. De façon tragique, il apostasia, renonça à sa foi, et consacra son temps à attaquer l’Eglise Adventiste du 7ème jour.

   Lors d’une rencontre avec les frères, en 1903, Canright dit qu’il voudrait pouvoir revenir au troupeau, mais après de longs et émouvants pleurs et gémissements, il dit : « Je serais heureux de revenir, mais je ne peux pas ! C’est trop tard ! Je suis perdu pour toujours ! Perdu ! » A son ami d’antan, D. W. Reavis, qui était toujours un Adventiste du 7ème jour fidèle, Canright dit : « Quoi que vous fassiez, ne luttez jamais contre le message. »

   Les citations présentées ci-dessous furent écrites alors qu’il était encore un membre fidèle de l’église, avant son apostasie. Il est intéressant de remarquer qu’après avoir quitté sa foi et y avoir renoncé, il est devenu un trinitaire !

   « ‘Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son seul Fils engendré’, (KJV) &c. D’après cela, Jésus-Christ est engendré de Dieu dans un sens qu’aucun autre être ne l’est ; ou bien il ne pourrait pas être son seul Fils engendré. Les anges sont appelés fils de Dieu, tout comme les hommes justes ; mais le Christ est son Fils dans un sens plus élevé, dans une relation plus étroite qu’aucun d’entre eux. Dieu fit les hommes et les anges à partir d’une matière déjà créée. Il est l’Auteur de leur existence, leur Créateur, et donc aussi leur Père. Mais Jésus fut engendré de la substance propre du Père. Il ne fut pas créé à partir de la matière tout comme le furent les anges et les autres créatures. Il est vraiment et absolument le ‘Fils de Dieu’, Voir Héb. 1 : 1-8. Ici, nous voyons qu’une distinction claire et nette est faite entre le Fils et les anges. Ils ont tous reçu l’ordre de l’adorer.

   Aucun être créé ne pourra jamais être digne d’adoration, quelle que soit sa grandeur, et ce ne serait ni correct, ni juste de la part de Dieu, de demander à une classe de ses créatures d’en adorer une autre. La Divinité seule est digne d’adoration, et adorer quoi que ce soit d’autre serait de l’idolâtrie. C’est pourquoi Paul place le Christ loin au-dessus des anges, et fait une distinction frappante entre eux. » (D. M. Canright, Review & Herald, 18 juin 1867)

   « A l’époque où la Bible fut écrite, presque le monde entier avait adopté soit le Polythéisme, soit le Panthéisme. Le polythéisme enseignait qu’il y avait beaucoup de dieux. Rome avait ses dieux. L’Egypte avait ses dieux. …En opposition à cela, Moïse et les prophètes mirent en avant le grand fait que cette doctrine de nombreux dieux était un mensonge, et qu’il n’y avait qu’un seul Dieu, Jéhovah le Dieu vivant… ‘Ecoute, Israël ! L’Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel.’ Deut. 6 : 4. ‘Ecoute, Israël ! L’Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel.’ C’est là que se trouvait le point central de la doctrine de la Divinité. Pas beaucoup, pas mille, pas cent, pas dix, pas trois, mais UN – un Dieu. …Dans le Nouveau Testament, nous trouvons la même doctrine, enseignée aussi clairement que dans l’Ancien.

   Ni Moïse, ni les prophètes, n’ont jamais souligné l’unicité de Dieu aussi fortement que Jésus lui-même. Il l’enseigna et le répéta de nombreuses fois. Voici ce qu’il dit : ‘Voici le premier (des commandements) : Ecoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l’unique Seigneur ; et : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force… Le scribe lui dit : Bien, maître ; tu as dit avec vérité que Dieu est unique, et qu’il n’y en a point d’autre que lui.’ Marc 12 : 29-32. Le scribe dit : ‘Dieu est unique, et il n’y en a point d’autre que lui.’ Jésus approuva cette déclaration.

   ‘La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.’ Jean 17 : 3. Jésus dit que son Père est le seul vrai Dieu. Mais les trinitaires contredisent cela en disant que le Fils et le Saint-Esprit sont tout autant le vrai Dieu que le Père l’est… Voir 1 Cor. 8 : 4-6 – le grand apôtre dit : ‘il n’y a qu’un seul Dieu’, et ‘il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses.’ Il nous dit qui est ce ‘un seul Dieu’. Ce n’est pas le Saint-Esprit ; ce n’est pas Jésus-Christ, mais c’est le Père. Gal. 3 : 20 ; 1 Tim. 1 : 17... De quelle manière la doctrine de la Trinité, de trois dieux, peut-elle être réconciliée avec ces affirmations positives, je ne le sais pas. …

   Et la Bible n’utilise jamais les phrases, ‘Trinité’, ‘Dieu trin’, ‘trois en un’, ‘les trois saints’, ‘Dieu, le Saint-Esprit’, etc. mais elle dit formellement qu’il n’y a qu’un seul Dieu, le Père. Et tout argument cherchant à prouver trois Dieux en une personne, Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu le Saint-Esprit, tous trois d’une même substance, et en tous sens égaux les uns aux autres, et tous les trois n’en formant qu’un, se contredit lui-même, contredit la raison, et contredit la Bible…

   Dieu existe de lui-même. Il est la source de toutes choses, des anges, des hommes, des mondes, - de tout. Paul dit : ‘C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles ! Amen !’ Rom. 11 : 36. Parlant du Père, Paul dit : ‘qui seul possède l’immortalité, qui habite une lumière inaccessible.’ 1 Tim. 6 : 16. Remarquez que ce Dieu glorieux est le seul qui, en lui-même, possède l’immortalité… ‘Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même.’ Jean 5 : 26. Cette affirmation est sans équivoque. Le Père a la vie en lui-même, et dans son grand amour pour son Fils, il lui confère le même don ; mais on remarquera que le Père est celui dont provient le don… Avec quel soin Paul fait la distinction entre le Père et le Fils. Il dit, ‘Le Père, de qui sont toutes choses’, et ‘Jésus-Christ, par qui sont toutes choses.’ Le Père est la source de toutes choses. Jésus est celui par lequel toutes choses sont faites. Toute son autorité, sa gloire et sa puissance, le Christ les a reçues de son Père…

   Croire en cette doctrine est très important. En effet, on ne peut trop insister à ce sujet. Jésus déclare même qu’une connaissance de cette vérité est nécessaire à la vie éternelle. ‘Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.’ Jean 17 : 3. Il nous faut connaître le Père comme le seul vrai Dieu. Il n’y a donc pas de vrai Dieu mis à part le Père. Mais il nous faut aussi connaître son Fils Jésus-Christ, qu’il a envoyé. Combien simple et claire est cette doctrine, et combien elle est abondamment soutenue par la Bible. » (D. M. Canright, Review & Herald, 29 août 1878)