Les messagers de 1888

 

Alonzo Trevier Jones

(1850 – 1923)

Alonzo Trevier Jones   A l’âge de vingt ans, Jones commença trois années de service dans l’Armée. Curieusement, alors que la plupart de ses camarades passaient leur temps libre à divers plaisirs, il passait la plupart de son temps à se plonger dans d’importantes œuvres historiques, des publications Adventistes, et la Bible. C’est ainsi qu’il posa une base de connaissances solides pour son œuvre ultérieure de prédicateur et d’écrivain. Après avoir été rendu à la vie civile, en 1873, il fut baptisé, et commença à prêcher sur la Côte Ouest. Au mois de mai 1885, il devint éditeur assistant des Signes des Temps, et quelques mois plus tard, éditeur avec E. J. Waggoner. Il tint cette position jusqu’en 1889. En 1888, ces deux hommes remuèrent la session de la Conférence Générale de Minneapolis avec leur enseignement sur la justification par la foi. Durant plusieurs années, ils prêchèrent à ce sujet d’une côte à l’autre. A de nombreuses occasions, ils furent accompagnés de Ellen G. White. Elle reconnut dans les présentations de Jones :

   « Le sujet précieux de la foi et de la justice du Christ… un flot de lumière. »

                                                                                                         (E. G. White, 1888 Materials, p. 291).

   « Celui qui était né dans la forme de Dieu prit la forme d’un homme. ‘Dans la chair, il fut toujours semblable à Dieu, mais il n’avait pas l’apparence de Dieu. » « Il se dépouilla lui-même de la forme de Dieu, et prit à sa place la forme et l’apparence  d’un homme. » « Les gloires propres à la forme de Dieu, Il y renonça pour un temps. » (A. T. Jones, G. C. Bulletin, 1895, p. 448)

   « Il est né du Saint-Esprit. En d’autres termes, Jésus-Christ est né de nouveau. Il vint du ciel, le Premier-né de Dieu, vers la terre, et naquit de nouveau. Presque tout, dans les œuvres du Christ, vont dans le sens opposé du nôtre : lui, l’Etre sans péché, fut fait péché afin que nous devenions justice de Dieu en Lui. Lui, l’Etre vivant, le Prince et l’Auteur de la vie, mourut afin que nous puissions avoir la vie. Lui, dont l’existence remonte aux jours de l’éternité, le premier-né de Dieu, naquit de nouveau afin que nous puissions naître de nouveau. » (Christian Perfection, p. 53. A Sermon by A. T. Jones, Review & Herald, 18 juillet – 1er août 1899)

 

Ellet J. Waggoner

(1855 – 1916)

Ellet J. Waggoner   Waggoner servit comme éditeur, pasteur et médecin. Il étudia à l’école de Battle Creek, durant les premières années de l’institution. Durant plusieurs années, il fut un membre du personnel du sanatorium de Battle Creek. Cependant, son cœur était attiré par l’évangélisation et il délaissa la pratique de la médecine, pour devenir pasteur. En 1884, E. J. Waggoner devint éditeur assistant de Signes des Temps, sous la direction de son père J. H. Waggoner. Deux années plus tard, A. T. Jones et lui-même devinrent éditeurs du dit journal, Waggoner gardant son poste jusqu’en 1891. Lors de la session de la Conférence Générale de Minneapolis, en 1888, au Minnesota, Jones et lui-même présentèrent leur célèbre série de sermons sur la justification par la foi, sujet dans lequel ils allaient encore se spécialiser durant plusieurs années.

   En 1892, il devint l’éditeur de la Vérité Présente, en Angleterre, où il vécu jusqu’en 1902. Là-bas, il dirigea une école de formation  d’ouvriers avec W. W. Prescott. Il y fut également président de la Conférence d’Angleterre du Sud. Après être retourné aux Etats-Unis, il travailla quelques temps dans le personnel de l’Ecole Missionnaire Emmanuel. Des difficultés domestiques le conduisirent au divorce et au remariage, ce qui l’empêcha de continuer à être embauché par la dénomination. Certains se servirent de cela pour discréditer son témoignage positif sur la justification par la foi, comme Mme White avait averti que cela risquait d’arriver s’il en venait à céder aux tentations de l’ennemi.

   Indépendamment de ce qui arriva à l’homme, Mme White dit du message :

   « Je vois la beauté de la vérité dans la présentation de la justice du Christ en rapport avec la loi, comme nous l’a présentée le docteur. » (1888 Materials, p. 164)

   Elle dit également :

   « Lorsque le Seigneur avait mis au cœur de mes frères le soucis de proclamer ce message, je fus infiniment reconnaissante à Dieu, car je sais qu’il s’agissait du message pour ce temps. » « Le Dr Waggoner nous a parler d’une manière directe. Il est une lumière précieuse dans ce qu’il a dit. » (1888 Materials, p. 217, 163)

 

« Le Christ est-il Dieu ?

   …Ce nom n’a pas été donné au Christ suite à une quelconque réalisation majeure, mais il est sien par droit d’hérédité. Parlant de la puissance et de la grandeur du Christ, l’auteur de la lettre aux Hébreux  dit qu’il est rendu bien supérieur aux anges, car « il a hérité d’un nom plus excellent que le leur. » Héb. 1 : 4. Un fils prend toujours de plein droit le nom de son père ; et le Christ, étant le « Fils Unique Engendré du Père, » porte de plein droit le même nom. Un fils est également, dans une mesure plus ou moins grande, une reproduction du père ; il a dans une certaine mesure les particularités et les caractéristiques personnelles de son père ; bien qu’imparfaitement, car il n’existe pas de reproduction parfaite chez les humains. Mais il n’y a pas d’imperfection chez Dieu, ou dans aucune de ses œuvres, et c’est ainsi que le Christ est « l’image conforme » de son père. Héb. 1 : 3. (KJV)

   En tant que Fils du Dieu qui existe de lui-même, il a par nature tous les attributs de la Divinité. Il est vrai qu’il y a de nombreux fils de Dieu, mais le Christ est le « seul Fils engendré de Dieu, » et est donc le Fils de Dieu dans un sens où aucun autre être ne l’a jamais été, et ne le sera jamais. Les anges sont des fils de Dieu, tout comme le fut Adam (Job 38 : 7 ; Luc 3 : 38), par création ; les Chrétiens sont des fils de Dieu par adoption (Rom. 8 : 14, 15), mais le Christ est le Fils de Dieu de par sa naissance. L’auteur de la lettre aux Hébreux nous montre plus loin que la position du Fils de Dieu n’en est pas une à laquelle le Christ a été élevé, mais que c’en est une qu’il a de plein droit. » (E. J. Waggoner, Christ And His Righteousness, p. 11-13, 1890)

   « Un mot d’avertissement est ici nécessaire. Que personne ne s’imagine qu’en exaltant le Christ, il léserait le Père ou bien qu’il  ignorerait le Père. Cela n’est pas possible, car leurs intérêts sont un. Nous honorons le Père, lorsque nous honorons le Fils. Nous prenons à cœur les paroles de Paul : « …pour nous il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. » (1 Cor. 8 : 6) ; de la même façon, comme cité précédemment, nous croyons que c’est par Lui que Dieu fit tous les mondes. Finalement, toutes choses procèdent de Dieu, le Père ; même le Christ lui-même procéda du Père, mais il a plu au Père que toute plénitude habitât en lui, et qu’il soit l’Agent direct et immédiat de tout acte de création. L’objectif de notre investigation est de mettre en avant la juste position d’égalité du Christ  avec le Père, afin que Son pouvoir de rédemption soit au mieux apprécié. » (E. J. Waggoner, Christ And His Righteousness, p. 19. 1890)

 

« Le Christ est-il un être Créé ?

   Avant de passer à certaines leçons pratiques enseignées par ces vérités, il nous faut considérer quelques instants une opinion à laquelle tiennent en toute honnêteté bien des personnes, qui pour rien au monde ne voudraient délibérément déshonorer le Christ, mais qui, en s’accrochant à cette opinion, nient en fait Sa Divinité. Il s’agit de l’idée que Christ est un être créé, qui, selon le bon plaisir de Dieu, fut élevé à sa noble position présente. Ceux qui ont cette approche ne peuvent avoir une conception juste de la position élevée que le Christ occupe réellement.

   …Les Ecritures déclarent que le Christ est ‘le seul Fils engendré de Dieu’. Il est engendré, non créé. Pour ce qui est de savoir quand il fut engendré, nous n’avons pas à nous poser la question, car même si cela nous était dit, nous ne pourrions le saisir. Le prophète Michée nous dit tout ce que nous pouvons savoir à ce sujet en ces mots : « Et toi, Bethléem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, et dont les origines remontent aux temps anciens, dès les jours de l’éternité. » Michée 5 : 1. Il y eut un temps où le Christ procéda et fut issu de Dieu, du sein du Père (Jean 8 : 42 ; 1 : 18), mais ce temps est si reculé dans les jours de l’éternité qu’il n’a quasiment pas de début pour un esprit fini.

   Mais le point à relever est que le Christ est un Fils engendré, et non pas un sujet créé. Par hérédité, il a un nom plus excellent que les anges ; Il est « un Fils sur sa maison » Héb. 1 : 4 ; 3 : 6. Et étant donné qu’il est le seul Fils engendré de Dieu, il est de la substance même et de la nature de Dieu. Il possède, de par sa naissance, tous les attributs de Dieu, car il plut au Père que son Fils soit l’image conforme de Sa Personne, l’éclat de Sa gloire, et rempli de toute la plénitude de la Divinité… Finalement, nous connaissons l’unité Divine entre le Père et le Fils, du fait qu’ils ont tous deux le même Esprit.

   Paul, après avoir dit que ceux qui vivent selon la chair ne peuvent pas plaire à Dieu, ajoute : « Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. » Rom. 8 : 9. Nous découvrons ici que le Saint-Esprit est à la fois l’Esprit de Dieu et l’Esprit du Christ. Le Christ ‘est dans le sein du Père’, étant par nature de la substance même de Dieu, et ayant la vie en lui-même. Il est à juste titre appelé Jéhovah, l’Etre qui vit de lui-même, et est ainsi représenté dans Jér. 23 : 5 et 6, où il est dit que le Germe juste, qui pratiquera la justice et l’équité dans le pays, sera appelé du nom de ‘Jehovah-tsidekenu’ – l’ ETERNEL NOTRE JUSTICE.

   C’est pourquoi, qu’aucune personne honorant le Christ ne l’honore moins que le Père, car cela consisterait tout autant à déshonorer le Père, mais que tous, avec les anges du ciel, rendent un culte au Fils, sans craindre d’adorer la créature au lieu du Créateur. » (E. J. Waggoner, Christ And His Righteousness, p. 19-24. 1890)

   « En argumentant l’égalité parfaite du Père et du Fils, et le fait que le Fils est Dieu dans sa nature même, nous ne souhaitons pas faire passer l’enseignement que le Père n’était pas avant le Fils. Il ne serait pas nécessaire de veiller sur cela, si ce n’était pour éviter à certains de penser que le Fils exista aussitôt que le Père ; pourtant, il en est qui vont dans cet extrême, qui n’ajoute rien à la dignité du Christ, mais dont l’effet tend plutôt à amoindrir l’honneur qui lui est dû, étant donné qu’ils sont nombreux à rejeter le tout, plutôt que d’accepter une théorie aussi éloignée du langage des Ecritures, affirmant que Jésus est le seul Fils engendré de Dieu. Il fut engendré, non créé. Il est de la substance du Père, de telle sorte que dans sa nature même, il est Dieu ; et comme il en est ainsi, ‘Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui.’ Col. 1 : 19… Alors que les deux sont de la même nature, le Père est le premier dans le temps. Il est aussi plus grand du fait qu’il n’a pas eu de début, alors que la personnalité du Christ eut un début. » (E. J. Waggoner, Signs of the Times, 8 avril 1889)

   Comment sœur White a-t-elle perçu le message de 1888, donné par Jones & Waggoner ?

   « Je sais qu’il serait dangereux de dénoncer la position du Dr. Waggoner comme complètement fausse… Ce qui a été présenté s’harmonise parfaitement avec la lumière que Dieu a trouvée bonne de me donner durant toutes les années de mon expérience… La question m’a été posée : « Que pensez-vous de cette lumière, présentée par ces hommes ? » « Eh bien, je vous l’ai présentée durant les quarante-cinq dernières années... » (E. G. W. 1888, p. 164, 348)

   Pourtant, certaines personnes insistent, disant que Sœur White n’a pas adhéré aux enseignements de Frère Waggoner concernant l’origine du Christ. Etait-elle en accord avec Waggoner sur le fait que le Christ fut engendré dans le ciel, avant toute création ? A-t-elle enseigné que le Christ était engendré du Père, étant l’empreinte de sa personne ? Il se peut que cela en surprenne beaucoup, mais Sœur White répéta exactement la même pensée que celle enseignée par Waggoner. Cela témoigne de l’harmonie existant avec l’Esprit de Prophétie, et du soutien de ce dernier, voyez vous-mêmes :

   « Les anges sont fils de Dieu, comme le fut Adam…, par création ; les Chrétiens sont des fils de Dieu par adoption (Rom. 8 : 14, 15), mais le Christ est le Fils de Dieu de par sa naissance. …et c’est ainsi que le Christ est ‘l’image expresse’ de la personne du Père. » (E. J. Waggoner, Christ And His Righteousness, p. 12. 1890)

   « ‘Dieu a tant aimé le monde, qu’il donna le seul Fils qu’il avait engendré,’ – non un fils par création, comme le furent les anges, ni un fils par adoption, comme l’est le pécheur repentant, mais un Fils engendré à l’image expresse de la personne de son Père. »

                                                                                     (E. G. White, Signs of the Times, 30 mai, 1895)