14. La Mort sur la Croix

 

La Mort sur la Croix

 

   Alors qu’il écrivait pour la Review and Herald du 7 février 1856, le pasteur James White affirma :

   Le « mystère de l’iniquité » commença à œuvrer dans l’église du vivant de Paul. Il finit par étouffer la simplicité de l’évangile, et corrompit la doctrine de Christ, c’est alors que l’église alla dans le désert. Martin Luther, et d’autres réformateurs, se levèrent par la force de Dieu, et, par la Parole et par l’Esprit, firent de grands pas dans la Réforme. Le plus grand défaut que l’on peut reprocher à la Réforme, c’est que les réformateurs ont cessé de réformer. S’ils avaient poursuivi, et persévéré, jusqu’à l’abandon des derniers vestiges de la Papauté, tels que l’immortalité naturelle, l’aspersion, la trinité, et l’observance du dimanche, l’église serait maintenant affranchie de ses erreurs non bibliques.

   Comme nous l’avons vu plus haut, les pionniers Adventistes ont rejeté la doctrine de la Trinité. Alors que plusieurs raisons ont été avancées pour son rejet, l’argument principal était que cette doctrine est subversive à l’expiation. Souvenez-vous que le mouvement Adventiste était fondé sur une révélation plus complète de l’expiation que ce qui n’avait jamais été compris dans le passé. « Le texte Biblique ayant été plus que tout autre la fondation et la colonne centrale de la foi adventiste était la déclaration : ‘Deux mille trois cents soirs et matins ; puis le sanctuaire sera purifié. » (The Great Controversy, p. 409) [1] Tout ce qui est subversif à l’expiation est subversif au mouvement Adventiste !

   La raison pour laquelle la Trinité était considérée comme subversive à l’expiation impliquait le fait qu’elle dégradait la dignité du sacrifice, et donc la puissance de l’expiation. Premièrement, on ne peut pas réaliser la grandeur de la loi de Dieu sans apprécier la grandeur du sacrifice nécessaire à en expier la transgression. L’importance de toute loi est révélée par le sacrifice nécessaire à expier sa transgression. Si la loi de Dieu est d’une nature si inférieure qu’un sacrifice humain, ou bien même celui d’un ange peut en expier la transgression, la grandeur d’une telle loi est très différente de celle d’une loi exigeant un sacrifice divin. En fait, la différence serait aussi grande que celle qui existe entre une créature et le Créateur !

   La loi de Dieu est si grande, si sacrée et si juste, et sa transgression lui est si odieuse que seule la vie de son cher Fils, et rien de moins, pouvait être acceptée pour en expier la violation. En réalisant cette vérité, un profond respect pour la loi de Dieu naîtra dans le cœur du croyant.

   Notre compréhension de la loi et celle de l’offrande requise pour sa violation vont de pair. Nous ne pouvons pas avoir une vue entièrement juste de l’une sans l’autre. Pour dégrader la loi, il nous faut nécessairement dégrader l’offrande nécessaire pour en expier la violation. Pour dégrader le sacrifice, il nous faut absolument dégrader la loi qui le demande. L’inverse est également vrai. Pour exalter la loi, nous sommes dans l’obligation d’exalter le sacrifice nécessaire pour en expier la transgression. De même, une exaltation du sacrifice doit nécessairement exalter la grandeur de la loi qui le demande.

   Etant donné que la doctrine de la Trinité ne pourvoit qu’à un sacrifice humain, la dignité de la loi, le Législateur, et le Sacrifice sont dégradés. Pasteur J.H. Waggoner l’explique ainsi :

   Nous n’avons aucunement l’intention de présenter un argument quelconque quant à la doctrine de la trinité qui n’ait pas un rapport avec le sujet considéré, c’est-à-dire l’Expiation.

   De nombreux théologiens pensent vraiment que l’expiation, en rapport avec sa dignité et son efficacité, dépend de la doctrine d’une trinité. Mais nous ne voyons pas ce qui les lie. Au contraire, les adeptes de cette doctrine tombent vraiment dans la difficulté qu’ils semblaient anxieux d’éviter. Leur difficulté est la suivante : ils considèrent le rejet d’une trinité comme étant équivalant à un rejet de la divinité du Christ. Si cela était le cas, nous devrions nous accrocher à la doctrine d’une trinité aussi tenacement que possible ; mais ce n’est pas le cas. Ceux qui ont lu nos remarques sur la mort du Fils de Dieu savent que nous croyons fermement à la divinité du Christ ; mais nous ne pouvons accepter l’idée d’une trinité, comme le font les trinitaires, sans abandonner notre idée de la dignité du sacrifice offert pour notre rédemption. »

   Nous voyons ici comment les extrêmes les plus éloignés se rejoignent remarquablement dans la théologie. Les Trinitaires d’un côté et les Unitaires de l’autre sont parfaitement en accord quant à la mort du Christ – la foi des deux se rejoint dans le Socinianisme. Les Unitaires croient que Christ était un prophète, un enseignant inspiré, mais seulement humain ; que sa mort n’était que la mort d’un corps humain. Les Trinitaires maintiennent que le terme « Christ » comprend deux natures distinctes et séparées ; l’une qui fut seulement humaine ; l’autre, la deuxième personne de la trinité, qui vécut dans la chair pendant une brève période, mais qui ne pouvait pas souffrir, ou mourir ; que le Christ qui mourut était seulement la nature humaine dans laquelle la divinité avait vécu. Les deux catégories ont un sacrifice humain, et rien de plus. Peu importe combien le Fils préexistant était exalté, peu importe à quel point glorieux, puissant, ou même éternel il fut ; si l’humanité seule mourut, le sacrifice était seulement humain. Et aussi loin que la mort substitutive du Christ est concernée, il s’agit là du Socinianisme. Ainsi, la remarque suivante est juste : la doctrine d’une trinité dégrade l’Expiation, étant donné que sa base ne repose que sur un sacrifice humain. (The Atonement in the Light of Nature and Revelation, [2] p. 164-166 ; édition de 1884)

   Il nous faut relever un point très important de Waggoner. Une compréhension juste de la doctrine de l’expiation (qui implique un rejet de l’enseignement Trinitaire) ne demande pas « un déni de la divinité de Christ ». En fait, elle se fonde sur le concept que le sacrifice du Calvaire était un sacrifice divin au lieu d’un simple sacrifice humain. La vérité selon laquelle le Fils divin de Dieu mourut sur la croix était au centre des enseignements de Paul. Ecrivant au Corinthiens, il affirma : « Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. » (1 Corinthiens 2 : 1, 2)

   Alors que Paul et d’autres écrivains inspirés mentionnent l’incarnation, la vie de Christ, la résurrection, l’ascension, et son ministère de grand-prêtre, l’accent a été mis sur la croix. Cela ne signifie pas qu’une partie quelconque du plan du salut est plus nécessaire que l’autre. Pour illustrer cela, intéressons-nous à la leçon du corps humain. Dieu a donné à l’homme deux poumons afin de pourvoir à de l’oxygène pour le corps, et de rejeter le dioxyde de carbone. Nous ne pourrions pas vivre sans nos poumons. Dieu nous a également donné à tous un foie. Le foie sécrète de la bile et agit pour la formation du sang, ainsi que dans le métabolisme des hydrates de carbone, des graisses, des protéines, des vitamines, et des minéraux. Nous ne pourrions pas vivre sans lui. En plus de cela, Dieu nous a donné à tous un cœur. Cet organe de la taille d’un poing pèse entre 250 et 315 grammes, et pompe le sang dans le corps entier de 60 à 80 fois par minute, chaque minute de notre vie. En un seul jour, il pompe la quantité étonnante de 15 000 litres de sang. Nous ne pourrions pas vivre sans lui ! En restant simple, que diriez vous si l’on vous demandait lequel de ces organes est le plus vital pour vous ? Enlevez-en un seul, et la personne meurt ! Ils sont tous importants, et si n’importe lequel de ces organes vient à faillir, c’est la mort du corps entier. De façon similaire, les différents aspects du plan du salut sont tous nécessaires. Si nous supprimons un seul aspect de ce plan, le plan entier échoue. Etant donné que cela est vrai, comment se fait-il que Paul ait tant insisté sur la mort du Christ à la croix ? Comme l’ont élégamment écrit Wieland et Short, c’était parce que « Par la mort de Christ, Il (Dieu) pouvait briser et gagner les cœurs des pécheurs, et ainsi, les réconcilier avec Lui. » (1888 Re-Examined, p. 173, éd.1950)

   La croix est le moyen choisi de Dieu pour parler au cœur de l’homme, d’une manière inégalable. Non seulement, elle répond aux exigences d’une loi transgressée, mais elle illustre l’amour de Dieu et de son Fils pour l’homme pécheur. Presque tous ceux qui se réclament du nom de « Chrétiens » ont entendu parler de la croix. Avons-nous réellement étudié la croix et les événements qui y sont rattachés ? Que s’est-il réellement passé au Calvaire ? Nous citons Jean 3 : 16, et parlons librement de Christ mourant sur la croix, mais, tout comme le pasteur Waggoner l’a relevé il y a plus de cent ans, nombreux sont ceux qui ont une fausse compréhension de ce que Golgotha représente pour nous. Dans ce chapitre, nous étudierons les trois points suivants : 1.) Jésus mourut-il en totalité ? Comment le Fils de Dieu put-il mourir, s’il était divin ? 3.) Si Christ mourut totalement, comment vit-il pour intercéder en notre faveur ?

 

Christ mourut pour les pécheurs

   Nous vivons aujourd’hui dans un monde troublé. Les différences raciales, la « purification ethnique » et les préjugés provoquent ces divisions. Alors que nous vivons dans un monde très fragmenté et divisé, le dénominateur commun qui relie toute l’humanité est que nous sommes tous pécheurs ! « Tous ont péché, et sont privés de la gloire de Dieu. » (Romains 3 : 23) Jean 3 : 16 dit : « Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son seul Fils engendré, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (KJV) Il nous est dit ici que Christ fut offert pour une classe de personnes : les pécheurs !

   Au cœur de son message sur la justification, tel qu’il est trouvé dans Romains, Paul témoigne : « Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. A peine mourrait-on pour un juste ; quelqu’un peut-être mourrait pour un homme de bien. Mais Dieu, prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Romains 5 : 6-8) Paul affirme que Christ est mort, et qu’il est mort pour ceux qui haïssaient son Père.

   Ecrivant aux Corinthiens, Paul déclara également : « Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures. » (1 Corinthiens 15 : 3) Nous allons à présent relever deux choses riches de sens dans les paroles de Paul. Premièrement, l’évangile qu’il enseignait était celui qu’il avait reçu. Paul déclare qu’il a directement reçu instruction de Christ lui-même. Plus haut dans son épître, il avait écrit : « Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné. » (1 Corinthiens 11 : 23a) Il instruisit également les Galates : « Car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ. » (Galates 1 : 12) Paul affirme clairement avoir enseigné le pur Evangile, directement transmis par Christ lui même. Deuxièmement, ni Paul, ni les autres écrivains de la Bible n’utilisaient les mots à la légère. Lorsque Paul écrivit que « Christ est mort », c’est exactement ce qu’il pensait. Le terme Jésus Christ est plus qu’un nom. Il est vraiment un composé du nom terrestre du Fils de Dieu, « Jésus », ce qui veut dire Sauveur, et de sa position céleste, « Christ », qui veut dire L’Oint, ou le Messie. Si Paul avait voulu faire ressortir que seule la nature humaine du Fils de Dieu était morte, il aurait pu écrire que « Jésus mourut », mais au lieu de cela, il écrivit que « Christ (L’Oint, ou le divin Messie) mourut ». Paul croyait que le Fils de Dieu mourut réellement.

   Le témoignage de Jésus-Christ lui-même est également clair. Dans Apocalypse 1 : 18, Jésus dit : « J’étais mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts. » Jésus dit qu’il était mort. Mes amis, a-t-il menti ? Je crois qu’il n’a jamais prononcé quoi que ce soit d’autre que la pure vérité.  Nous pouvons approuver Pierre qui affirma que Jésus « n’a point commis de péché, et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude. » (1 Pierre 2 : 22) Non, Jésus dit la vérité lorsqu’il dit qu’il est le Fils de Dieu et qu’il est mort. Il est « le témoin fidèle et véritable. » (Apocalypse 3 : 14)

   Lorsque Jésus et les disciples arrivèrent sur les côtes de Césarée de Philippe, il dit à ses disciples qu’il allait mourir. Après avoir donné à Pierre et à ses disciples une occasion de le reconnaître comme le Fils de Dieu, la Bible dit que « Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrit beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il fut mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour. (Matthieu 16 : 21) Pierre ne considérait pas cela sous un jour très favorable. Le verset suivant nous dit : « Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre, et dit : A Dieu ne plaise, Saigneur ! Cela ne t’arrivera pas. » (v. 22) Pierre essaya de nier que Jésus devait mourir. C’est cela qui lui attira la réprimande de Christ : « Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! Tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. » (v. 23) C’était Satan, le père de tous les mensonges, (Jean 8 : 44), non pas Dieu, qui avait inspiré Pierre dans son imprudence.

   Lorsque Jésus avait révélé à ses disciples le fait qu’il devait aller à Jérusalem pour souffrir et mourir entre les mains des principaux chefs et prêtres, Pierre avait présomptueusement contredit son Maître, disant, « A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. Il ne pouvait pas concevoir la possibilité que le Fils de Dieu soit mis à mort. Satan suggéra à son esprit que si Jésus était le Fils de Dieu, il ne pouvait pas mourir. (The Spirit of Prophecy, vol. 3, p. 231)

   Dieu veut clairement nous faire comprendre que l’expiation se fonde sur la mort réelle et totale du Fils du Grand Législateur. Satan veut nous faire croire « que si Jésus était le Fils de Dieu, il ne pouvait pas mourir » !

 

« D’après les Ecritures »

   Paul releva dans 1 Corinthiens  15 : 3 que « Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures ». Le récit le plus imagé et le plus détaillé de la mort de Christ se trouve dans Esaïe, au chapitre 53. Ce chapitre décrit la mort totale de Christ. Un conseil nous a été donné : « Le chapitre entier devrait être mémorisé. Son influence apportera soumission et humilité à l’âme entachée par le péché, et élevée par l’exaltation personnelle. » (The Youth’s Instructor, 20 décembre 1900) Les trois derniers versets du chapitre 52, et les six premiers versets du chapitre 53 commencent par les souffrances du serviteur de Yahweh. Il faut cependant se souvenir que la loi demandait la mort, et non la torture. Les versets sept à douze parlent explicitement de mort :

  • « Il a été maltraité et opprimé, et il n’a pas ouvert la bouche, semblable à un agneau qu’on mène la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent, il n’a point ouvert la bouche. » (v. 7) Christ est ici décrit comme « un agneau qu’on mène à la boucherie. » J’ai grandi dans une région où il y avait du bétail et différents animaux dans les fermes, et n’importe quel fermier sait ce qu’il se passe lorsque animal passe à la boucherie. Il est tué ! Le mot Hébreux traduit par boucherie (טבח – tebach) signifie « abattage », ou « massacre ».
  • « Il a été enlevé par l’angoisse et le châtiment ; et parmi ceux de sa génération, qui a cru qu’il était retranché de la terre des vivants et frappé pour les péchés de mon peuple ? » (v. 8) L’expression « retranché » est utilisée dans Daniel 9 : 26 pour décrire la mort du Messie. De plus, le verset affirme que la Messie devait être « retranché de la terre des vivants ». Si quelqu’un n’est pas vivant, il doit être mort. 
  • « Il fit son sépulcre parmi les méchants, et avec les riches dans sa mort ; parce qu’il n’avait point commis de violence, et qu’il n’y a point eu de fraude dans sa bouche. » (v. 9, KJV) Ce texte, qui décrit l’enterrement du Christ, affirme clairement qu’il devait être mis dans un « sépulcre ». Mes amis, il n’est ni légal, ni correct d’enterrer des gens dans des sépulcres tant qu’ils ne sont pas morts ! De plus, ce texte parle de « sa mort ».
  • « Or il plut à l’Eternel de le frapper ; Il l’a livré à la douleur : lorsque tu feras de son âme une offrande pour le péché, il verra une prospérité et prolongera ses jours ; et le bon plaisir de l’Eternel prospérera entre ses mains. » (v. 10, KJV) Il s’agit là de l’une des plus fortes affirmations des Ecritures au sujet de l’expiation. Parmi tous les peuples qui devraient pouvoir en saisir l’importance, les Adventistes du 7ème Jour sont les premiers. Il en est peu qui comprennent l’emploi du terme « âme » comme le comprennent les Adventistes. La Parole de Dieu ne dit pas que le Messie donnerait son corps humain en offrande, mais son « âme ». Le terme Hébreux pour « âme » est נפש (nephesh). Cela se réfère à l’être entier, tout ce qui vit et qui respire !
  • « Il jouira du travail de son âme, il en sera rassasié ; mon serviteur juste en justifiera beaucoup par sa connaissance ; car il portera leurs iniquités. C’est pourquoi je lui donnerai son partage parmi les grands ; il partagera le butin avec les puissants ; parce qu’il a répandu son âme dans la mort : qu’il a été mis au nombre des méchants, qu’il a porté les péchés d’un grand nombre, et intercédé pour les pécheurs. » (v. 11, 12 KJV) Nous avons là une claire allusion à la libation qui était répandue pour signifier un sacrifice total et complet. La Parole dit que Jésus a « répandu son âme dans la mort ». Ici, « âme » provient encore du mot Hébreux nephesh. Le mot traduit par « mort » (מות – maveth) est issu du mot traduit par « mourra » dans Ezéchiel 18 : 4, où nous lisons que « l’âme qui pêche, c’est celle qui mourra ». Nous avons prêché pendant des années que Satan veut nous faire croire que nous ne mourrons pas vraiment lorsque nous mourrons. Bien-aimés, Satan est tout aussi intéressé à vous faire croire que Jésus n’est pas vraiment mort sur la croix.
 

Le Fils divin de Dieu mourut

   Cela nous conduit à la deuxième question de notre étude : Comment le Fils de Dieu pouvait-il mourir s’il était divin ? Pour répondre à cela, il nous faut d’abord comprendre quelques-uns des attributs de Dieu qui le distinguent de ses créatures. Le premier attribut de Dieu est qu’il est omnipotent. Cela veut simplement dire qu’il est tout puissant ; sa puissance n’est pas limitée. Cela est particulièrement remarquable dans sa capacité de créer. En fait, c’est cette capacité qui, d’après Dieu, le sépare de tous les faux dieux. Remarquez le contraste illustré dans les versets suivants :   

   Mais l’Eternel est un Dieu de vérité, il est un Dieu vivant et éternel ; la terre tremble devant sa colère, et les nations ne supportent pas sa fureur. Vous leur parlerez ainsi : les dieux qui n’ont point fait les cieux et la terre disparaîtront de la terre et de dessous les cieux. Il a créé la terre par sa puissance, il a fondé le monde par sa sagesse, il a étendu les cieux par son intelligence. (Jérémie 10 : 10-12)

   Car tous les dieux des peuples sont des idoles, mais l’Eternel a fait les cieux. (Psaume 96 : 5, KJV)

   Le deuxième attribut de Dieu est qu’il est omniprésent. Cela veut dire que Dieu peut être n’importe où, ou partout, au même moment. Par son esprit, il peut être partout à tout moment. David a dit : « Où irais-je loin de ton Esprit, et où fuirais-je loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche au séjour des morts, t’y voilà. » (Paumes 139 : 7, 8)

   Le troisième attribut de Dieu est qu’il est omniscient. Cela veut dire que Dieu sait tout. Il a une connaissance absolue de tout ce qui a eu lieu dans le passé, tout comme de ce qui se passe présentement. Il connaît également le futur. « J’annonce dès le commencement ce qui doit arriver, et longtemps d’avance ce qui n’est pas encore accompli ; Je dis : Mes arrêts subsisteront, et j’exécuterai toute ma volonté. » (Esaïe 46 : 10) Dieu a non seulement une connaissance totale des événements, mais Il comprend aussi tous les mystères scientifiques et psychologiques. (Voir Job 38 à 41)

   Le quatrième attribut de Dieu est qu’il est intrinsèquement immortel. Cela veut dire qu’il n’est pas sujet à la mort. Cela est également la propriété exclusive de Dieu. [3]

   Au roi des siècles, immortel, invisible, à Dieu, seul sage, soit l’honneur et la gloire, aux siècles des siècles ! Amen ! (1 Timothée 1 : 17)

   Qui seul possède l’immortalité, qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni ne peut voir, à qui appartiennent l’honneur et la puissance éternelle. Amen ! (1 Timothée 6 : 16)

 

La forme d’un esclave

   Inspiré de Dieu, l’Apôtre Paul écrivit au sujet de Christ : « Lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes. » (Philippiens 2 : 6, 7) Le texte grec original de la première partie du verset 7 est : αλλ εαυτον εκενωσεν (all eauton ekenosen), et se traduit littéralement par « mais lui-même vida ». Paul dit que Celui qui était divin – « dans la forme de Dieu », se « vida » de cette forme divine. En d’autres termes, Christ s’est vidé des attributs divins lors de l’incarnation, et accepta les principaux attributs d’un esclave.

   Jésus se dépouilla de son omnipotence, « Le Témoin fidèle et véritable » affirma très clairement : « En vérité, en vérité (vraiment, vraiment), je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement.  …Je ne puis rien faire de moi-même : selon ce que j’entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté du Père qui m’a envoyé. » (Jean 5 : 19, 30) Ellen G. White écrivit : « Tous les miracles que le Christ a accomplis pour les souffrants et les affligés l’étaient, par la puissance de Dieu, au travers du ministère des anges. » (The Spirit of Prophecy, vol. 2, p. 67) Dans son incarnation, Christ ne retint pas son omnipotence ; mais il dépendait totalement de son Père.

   Christ mit son omniprésence de côté. Même une lecture superficielle des Evangiles révèle que Jésus accepta les restrictions physiques de l’humanité.  C’est l’une des raisons pour lesquelles Jésus dit qu’il était « avantageux » qu’il s’en aille, afin que le Consolateur puisse venir. [4]

   Christ mit son omniscience de côté à l’incarnation. Luc 2 : 52 affirme que « Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes ». Une personne ne peut pas croître en sagesse, si elle la possède déjà entièrement. En fait, Jésus dit clairement à ses disciples qu’il ne savait même pas le moment exact de sa seconde venue. « Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul. » (Marc 13 : 32) [5]

   Finalement, Christ déposa son immortalité à l’incarnation. Les Ecritures enseignent que l’âme de Christ mourut, qu’il donna son « souffle de vie » au Calvaire.

   C’est pourquoi je lui donnerai son partage parmi les grands ; il partagera le butin avec les puissants ; parce qu’il a répandu son âme dans la mort : qu’il a été mis au nombre des méchants, qu’il a porté les péchés d’un grand nombre, et intercédé pour les pécheurs. » (Esaïe 53 : 12, KJV)

   Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l’Esprit. (Matthieu 27 : 50) [6]

   Lorsque nous mettons ces quatre attributs ensembles, nous voyons que Christ renonça à ses attributs divins lors de l’incarnation, tout en gardant sa relation divine avec son Père ; en d’autres termes, il était divin de par qui il était, et non de par les forces et la puissance qu’il avait en lui-même. Il était encore toujours le Fils divin de Dieu. Les Ecritures confirment ce que la servante du Seigneur a écrit il y a prêt de cent ans :

   Au moment où l’on avait le plus besoin de Lui, Jésus, le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde, déposa Sa divinité, et vint sur la terre dans un vêtement d’humanité. (The Bible Echo and Signs of the Times, 12 octobre 1896)

   Il faut comprendre que Christ vint de son Père, « pas un fils par création, comme l’étaient les anges, ni un fils par adoption, comme l’est le pécheur pardonné, mais un Fils engendré selon l’empreinte de la personne du Père » (The Signs of the Times, 30 mai, 1895) Christ reçut par nature tous les attributs de Dieu. Etant donné que Jésus était l’engendré de Dieu, il reçut les attributs de Dieu, l’immortalité inhérente incluse. Cette immortalité, tout comme son omnipotence, son omniprésence et son omniscience, Christ les mit de côté à son incarnation et il put le faire, parce qu’il les avait reçues de Dieu. Une simple créature, un être créé de rien, n’aurait pas été à la hauteur pour être le sacrifice pour les péchés du monde. Si Christ avait été co-égal et co-éternel avec Dieu en toutes choses, il n’aurait pas pu déposer ces attributs.

 

La divinité recouverte d’humanité

   Comment comprendre les affirmations d’Ellen White, où elle écrit que Christ « revêtit sa divinité d’humanité » ? (The Review and Herald, 1er Juin 1905) Sa divinité était-elle revêtue, ou déposée ? Nous ne croyons pas que ces affirmations se contredisent, mais plutôt qu’elles se complètent. Le passage Biblique suivant, et son commentaire par Sœur White nous éclairent quant au rapport qui existe entre elles :

   Le diable, l’ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre, et lui dit : Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes ; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi. Jésus lui répondit : Retire-toi de moi, Satan ! car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. (Luc 4 : 5-7)

   Il présenta le monde au Christ tel un spectacle des plus éblouissants et des plus enchanteurs. Mais Christ voyait ce que Satan essayait de cacher à ses yeux, chose qu’il se flattait d’avoir faite. Christ n’avait pas échangé sa divinité contre l’humanité ; mais il avait revêtu sa divinité de l’humanité, et il donna à Satan la preuve qu’il avait demandée, – il lui montra qu’il était le Fils de Dieu. La Divinité éclata à travers l’humanité, et le méchant ne put pas résister à l’autorité de la voix divine, lorsque Jésus dit, « Retire-toi de moi, Satan ! car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » (The Review and Herald, 29 octobre 1895)

   Ce n’était pas son omnipotence, son omniprésence, son omniscience, ou son immortalité qui furent irrésistibles pour Satan. Non, c’était son autorité divine ! Alors que Christ déposa ses attributs divins, physiques et mentaux, à l’incarnation, il était toujours le Fils divin de Dieu investi d’autorité de par qui il était ! Il était toujours le Fils du Dieu vivant. Dans toute son humanité, il n’a jamais délaissé l’autorité divine qui lui avait été donnée par le Père. Cela explique pourquoi la tentation de Satan dans le désert n’était pas de faire des pains à partir des cailloux, mais plutôt de leur ordonner de se transformer en pain. (voir Matthieu 4 : 3, 4) Dans la parabole des méchants vignerons, le maître de la maison dit qu’ils respecteraient son Fils parce qu’il était son Fils ! « Enfin, il envoya vers eux son fils, en disant : Ils auront du respect pour mon fils. » (Matthieu 21 : 37)

 

Notre espoir est dans Sa Résurrection

   Si Christ est vraiment mort, comment peut-il vivre aujourd’hui ? La réponse est que Celui qui donna vie à son Fils avant le début de l’éternité l’a ressuscité des morts. Le Nouveau Testament dit à près de trente reprises que Dieu a ressuscité Christ d’entre les morts. Le témoignage des Ecritures est clair :

   Vous avez fait mourir le Prince de la vie, que Dieu a ressuscité des morts ; nous en sommes témoins. …Sachez-le, et que tout le peuple d’Israël le sache ! C’est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c’est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous. (Actes 3 : 15 ; 4 : 10)

   Et pour attendre des cieux son Fils, qu’il [Dieu] a ressuscité des morts, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir. (1 Thessaloniciens 1 : 10)

   Qui par lui croyez en Dieu, lequel l’a [Jésus] ressuscité des morts et lui a donné la gloire, en sorte que votre foi et votre espérance reposent sur Dieu. (1 Pierre 1 : 21)

   La Parole de Dieu est très claire : notre espérance s’évanouirait sans la résurrection de Christ. S’adressant aux Corinthiens, Paul écrivit :

   Or, si l’on prêche que Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu’il n’y a point de résurrection des morts ? S’il n’y a point de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. Il se trouve même que nous sommes de faux témoins à l’égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu qu’il a ressuscité Christ, tandis qu’il ne l’aurait pas ressuscité, si les morts ne ressuscitent point. Car si les morts ne ressuscitent point, Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés. (1 Corinthiens 15 : 12-17)

   Dans chacune de ces citations du Nouveau Testament, ainsi que pour d’autres, nous constatons la chose suivante lorsque nous examinons la construction des phrases dans le texte Grec. Premièrement, lorsqu’il est question du Père comme de Celui qui a ressuscité Christ, la syntaxe Grecque est toujours à la voix active, qui représente le sujet comme l’acteur, ou celui qui accomplit l’action. Dans chaque cas, le Père est Celui qui accomplit l’action. Deuxièmement, dans chacun des cas où le Christ est décrit comme recevant la vie, elle est toujours à la voix passive, qui représente le sujet comme le bénéficiaire de l’action.

   Paul mentionne également Christ comme étant ressuscité par le Père dans Romains 4 : 24, 25 : « C’est encore à cause de nous, à qui cela sera imputé, à nous qui croyons en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur, lequel a été livré pour nos offenses, et ressuscité (de nouveau, KJV) pour notre justification. »

   En révisant les faits Scripturaires de cette étude, nous pouvons rappeler les points suivants : Premièrement, Christ se dépouilla de son immortalité pour mourir. Deuxièmement, il mourut totalement. Son âme (nephesh) fut répandue. Troisièmement, pour pouvoir ressusciter des morts, il devait mourir ! La doctrine de la Trinité affirme que Dieu et Christ sont co-égaux et co-éternels en toutes choses ; que Christ existait, et existe de lui-même, sans dépendre de Dieu pour sa vie. Elle enseigne que Christ avait trois natures, l’esprit divin, le corps humain, et l’âme humaine. La seule qui pouvait mourir était le corps humain. La version Adventiste accepte le corps humain et l’esprit divin, mais ne parle pas d’âme humaine. Les deux théologies n’ont toutes deux que le corps humain, la partie que l’on considère comme inférieure des trois (ou deux) natures, comme sacrifice pour les péchés du monde !

   Alors que nous ne sommes pas instruits quant à la manière dont Dieu donna la vie à Jésus à la résurrection, nous savons que c’était la deuxième fois que Dieu donnait vie à son Fils, d’où les mots « de nouveau ». L’histoire de la première naissance se trouve dans Proverbes 8 : 22-25. [7]

   L’Eternel fit de moi le commencement de ses voies pour ses œuvres. Il m’a établie avant que le temps soit au commencement, avant de faire la terre. Même avant de faire l’abîme ; avant que les sources  d’eaux ne jaillissent : avant que les montagnes fussent affermies, et avant toutes collines, il m’a enfantée. (Proverbes 8 : 22-25, KJV)

   Le mot traduit par « temps » au verset 23 est αιωνος (aionos). Le mot racine pour aionos est αιων (aion), d’où provient le mot anglais, « eon » – une période de temps indéfiniment longue, ou une éternité. Dieu a enfanté son Fils avant le temps, avant l’éternité, et donna au Christ son Esprit. A sa mort, Jésus remit le soin de son Esprit à son Père ; c’est pourquoi Dieu put redonner cet esprit à Christ lors de la résurrection.

   Pierre écrit : « Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice ; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris. » (1 Pierre 2 : 24) La loi de Dieu avait été brisée par l’homme. Sa pénalité est la mort. Notre espoir de vie éternelle est centré sur Jésus Christ, qui a vraiment payé cette peine pour nous. Jésus a dit :

   En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela ; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. (Jean 5 : 24-29)

 

La Croix démontre l’Amour de Dieu

   La mort de Christ prouve l’amour de Dieu. « Nous l’aimons, parce qu’il nous a aimé le premier. » (1 Jean 4 : 19) Cet amour est ce qui motive le Chrétien : « Car l’amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts. » (2 Corinthiens 5 : 14) Christ est la révélation parfaite du caractère de Dieu. « Lorsque Paul contempla Jésus élevé sur la croix, il ne vit pas seulement Jésus, mais le Père lui-même crucifié avec son Fils. Non pas que le Père mourut physiquement, mais plutôt que son message à la croix était une révélation des principes éternels et altruistes de Son caractère. A travers Christ, Dieu a déclaré qu’Il servirait les créatures qu’il a formées, quels que soient les inconvénients, la peine, et les souffrances qu’Il devrait prendre à son compte. Il est décidé à servir l’homme et à le sauver, quel que soit le prix à payer. (Fred Allaback, sermon intitulé « The Double Cross [8] » ; mise en gras dans l’original) En se référant aux accusations que Satan avait déposées contre Dieu, Ellen White écrivit :

   Satan avait accusé Dieu d’exiger de l’abnégation de la part des anges alors qu’il ne savait pas lui-même ce que cela signifiait et qu’il se refusait au moindre sacrifice pour d’autres. Telle fut l’accusation portée par Satan contre le Dieu du ciel ; après avoir été expulsé du ciel le malin a continué d’accuser le Seigneur d’exiger de ses créatures ce qu’il ne voulait pas faire lui-même. Le Christ est venu dans le monde pour réfuter ces fausses accusations et révéler le Père. (The Review and Herald, 18 février 1890) [9]

   Non seulement la croix a répondu aux questions concernant le caractère de Dieu, mais la mort de Christ a aussi révélé la vraie nature de Satan et du péché. Le Calvaire révéla le caractère de la rébellion. Il montra que Satan était prêt à tout pour faire souffrir Dieu. Il n’y a pas de limite à l’effort que Satan est prêt à fournir pour que les choses se passent selon sa propre volonté. Satan a démontré les principes qui le motivent : les autres doivent le servir, quel qu’en soit le prix. Contrairement à Dieu, qui est prêt à nous servir à ses propres frais, Satan veut notre service à nos propres frais !

   Jésus a dit dans Matthieu 16 : 24, « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Ce que Christ veut nous dire, c’est qu’alors que notre amour pour lui grandit, nous acceptons les principes de la croix : une disposition à servir les autres à nos propres frais. Le cœur inconverti suit le principe de Satan. Le cœur converti suit le principe de Christ. Seule la vraie mort de Christ telle qu’elle fut démontrée au Calvaire peut motiver le cœur d’un homme pour un tel changement.



[1] La tragédie des siècles, p. 443. retour

[2] L’Expiation, à la lumière de la nature et de la Révélationretour

[3] On fait ici une distinction par l’emploi du terme « intrinsèquement », parce que lorsque Jésus reviendra, « ce corps mortel » revêtira « l’immortalité » (1 Corinthiens 15 : 54) retour

[4] Voir Jean 11 : 1-21 ; Jean 16 : 7 ; etc. retour

[5] Si Dieu, Christ et l’Esprit Saint étaient trois êtres co-égaux, tous omniscients, le Saint-Esprit connaîtrait alors aussi le moment de la venue de Christ. retour

[6] Le mot Grec pour « esprit » est πνευμα (pneuma) : esprit ou souffle. retour

[7] Ellen White affirme que ce passage se réfère à Christ. Voir Patriarches et Prophètes, p. 10. retour

[8] La double croixretour

[9] Cette citation est également publiée dans Messages Choisis, vol. 1, p. 475, 476. retour