20. D'après la Voie qu'ils Appellent une Secte

 

D’après la Voie qu’ils Appellent une Secte

 

   Cinq jours après que Paul ait été envoyé vers Félix en Césarée, il fut accusé par l’orateur Tertulle, d’exciter « des divisions parmi tous les Juifs du monde, chef de la secte des Nazaréens. » (Actes 24 : 5) Le mot grec pour « secte » est hairesis et est traduit par « hérésie » au verset 14 (Version King James). Tertulle avait accusé Paul d’être membre d’une « secte », un groupe très indésirable ! L’enseignement de l’apôtre était perçu comme de l’hérésie ! Pourtant, dans sa réponse à Tertulle, il affirma, « Je t’avoue bien que je sers le Dieu de mes Pères d’après la voie qu’ils appellent une secte, croyant tout ce qui est écrit dans la loi et dans les prophètes. » (Actes 24 : 14) Paul déclara que peu importaient les noms que les gens donnaient à sa foi, il adorait le Dieu de ses pères d’après la loi et les prophètes. Qu’enseignait donc Paul, pour qu’on l’accuse d’hérésie ? Luc nous rapporte la première chose que Paul prêcha suite à sa conversion : « Et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu. » (Actes 9 : 20) Cela devint le thème du message de Paul :

   Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié. (1 Corinthiens 2 : 2)

   L’Evangile de Dieu… …qui concerne son Fils, né de la postérité de David, selon la chair, et déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de Sainteté, par la résurrection d’entre les morts. (Romains 1 : 3, 4)

   Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie ! (Romains 5 : 8-10)

   Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures. (1 Corinthiens 15 : 3)

   J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. (Galates 2 : 20)

   Paul reconnu que les prophéties de l’Ancien Testament se référaient à Jésus comme étant le Fils de Dieu qui allait se dépouiller lui-même, et venir sur cette planète rebelle afin d’y mourir pour les péchés de ses créatures coupables d’avoir transgressé la loi divine. Le Judaïsme échoua du vivant de Paul car il refusa d’adorer Dieu « d’après la loi et les prophètes ». Les révélations au sujet du Messie étaient soit ignorées, ou alors mal interprétées par la plupart des Juifs. Paul comprit que le Judaïsme allait soit demeurer, soit échouer, selon les concepts qu’il suivrait au sujet de Dieu et de son Christ. La nouvelle « secte des Nazaréens » réalisait que Jésus était le Christ, le Fils unique du Dieu Vivant, qui était venu afin de mourir pour les péchés des hommes. Rejeter cette grande lumière revenait à rejeter Dieu et son salut. Bien que croire au véritable évangile était considéré une « hérésie », et que cela les classait comme membres d’une secte, les premiers chrétiens proclamaient audacieusement leur foi et leur croyance en Dieu et en Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Le succès final de la Chrétienté et l’échec du Judaïsme allait dépendre de leurs concepts de Dieu.

   Les premiers Chrétiens savaient que Dieu dirigeait leur mouvement et peu importait la façon dont les Juifs ou les Gentils les appelaient, leur amour pour le Christ les poussait à témoigner en faveur de la vérité bien que cela allait leur attirer la persécution, et dans bien des cas, la mort !

   Le mouvement Adventiste, dans ses débuts, ressemblait sur bien des points à l’Eglise Chrétienne primitive. Alors que ce groupe redécouvrait les vérités Bibliques au sujet de Dieu, de la nature humaine, du Sabbat, de la loi de Dieu, etc., il s’attira l’animosité du monde et des églises déchues. L’antagonisme envers les Adventistes se manifestait dans les noms qu’on leur donnait, ainsi que par la persécution. L’histoire révèle les épreuves que connurent les premiers Adventistes. Leur foi ne pût pourtant pas être ébranlée, parce qu’ils croyaient fermement que Dieu était à l’origine de ce mouvement, en réalisation de la prophétie, et qu’Il les conduisait pas à pas. Ils furent affermis dans cette assurance par le don de l’Esprit de Prophétie.

   Ellen White ne cessait de répéter que Dieu était à l’origine du mouvement Adventiste et que le développement des doctrines enseignées par les pionniers de ce mouvement avait été conduit par Sa propre main. Les citations suivantes présentent clairement sa position :

   Les vérités qui nous furent données après 1844, sont tout aussi certaines et inchangeables que lorsque le Seigneur nous les a révélées en réponse à nos prières ferventes. Les visions que le Seigneur m’a données sont si remarquables que nous savons que ce que nous avons accepté est la vérité. Ceci fut démontré par l’Esprit Saint. La lumière, la précieuse lumière de Dieu, établit les points fondamentaux de notre foi tels que nous les tenons aujourd’hui. (Manuscript Releases, vol. 1, p. 53; Lettre 50, 1906)

   Nous pouvons dire avec assurance, la Vérité qui nous est parvenue par l’œuvre de l’Esprit Saint n’est pas un mensonge. Les évidences données durant le demi-siècle passé sont soutenues par la puissance de l’Esprit. (The Paulson Collection of Ellen G. White Letters, p. 257, 23 juin 1905, lettre à G.I. Butler)

   Il nous faudra toujours maintenir la foi que le Saint Esprit de Dieu nous a transmise, depuis les premiers événements de notre expérience jusqu’au temps présent. (The Upward Look, p. 352 ; Lettre 326 écrite à W.C. White, 4 décembre 1905)

   De toute évidence, Ellen White enseignait que Dieu était directement impliqué pour aider les pionniers à avoir une compréhension correcte des points majeurs de notre foi. « Les points fondamentaux de notre foi, tels que nous les soutenons aujourd’hui furent fermement établis. Un point après l’autre fut clairement défini, et tous les frères trouvèrent l’harmonie. L’assemblée des croyants était entièrement unie dans la vérité. Il y avait ceux qui venaient avec des doctrines étranges, mais nous n’avions jamais peur d’y faire face. Notre expérience était merveilleusement établie par la révélation de l’Esprit Saint. » (Manuscript Releases vol. 3, p. 413. MS 135, 1903)

   Je sais et je comprends qu’il nous faut être établit dans la foi, à la lumière de la vérité qui nous fut donnée au début de notre expérience. En ce temps-là [après le désappointement de 1844] une erreur après l’autre faisait pression sur nous ; des pasteurs et des docteurs amenaient de nouvelles doctrines. Nous sondions les Ecritures avec beaucoup de prière, et l’Esprit Saint nous montrait la vérité. Il arrivait parfois que des nuits entières étaient consacrées à sonder les Ecritures, alors que nous demandions instamment des directives à Dieu. Des groupes d’hommes et de femmes se réunissaient dans ce but. La puissance de Dieu venait sur moi, et j’étais alors capable de clairement discerner entre la vérité et l’erreur. (Manuscript Releases, vol. 8, p. 319, Lettre 50, 1906)

 

Des Implications Importantes

   Si l’enseignement des pionniers était de l’hérésie, comme certain l’enseignent aujourd’hui, Ellen White était alors soit une menteuse, ou bien elle fut grandement trompée, parce qu’elle déclara audacieusement que lorsque de fausses doctrines étaient présentées, elles étaient rejetées. Comme elle l’avait déjà mentionné plus tôt dans sa lettre au Pasteur Butler, elle déclara en 1905 que les vérités tenues « durant le demi-siècle passé sont soutenues par la puissance de l’Esprit ». Au sujet de la doctrine de Dieu, l’évidence démontre avec force que les pionniers Adventistes étaient tous anti-Trinitaires.

   Si quelqu’un pense que la doctrine de la Trinité est vraie, alors il doit logiquement s’en suivre qu’Ellen White était non seulement une menteuse, ou grandement trompée, mais que Dieu n’était pas dans le mouvement Adventiste, parce que si la doctrine de la Trinité est vraie, le mouvement Adventiste des débuts aida Satan à promouvoir d’horribles mensonges sur la Divinité !

   Il est extrêmement important de comprendre que les pionniers Adventistes étaient dans le vrai en enseignant que la doctrine de la Trinité va à l’encontre des Ecritures. S’ils avaient raison au sujet de la Trinité non Biblique, ils étaient aussi dans le vrai en prêchant le message du deuxième ange au sujet de la chute de Babylone, qui accepta la Trinité. Etant donné que la Trinité est la colonne centrale de Babylone sur laquelle repose tous ses enseignements (Handbook for Today’s Catholic, p. 16), le mouvement adventiste devrait nécessairement prêcher contre ce faux enseignement. Le fait que l’Adventisme contemporain a adopté la colonne centrale de la bête révèle qu’il a abandonné sa mission, ainsi que son message !

 

Implications Concernant les Messages des Trois Anges

     1 – Le message du premier ange proclame « l’évangile éternel ». De faux concepts de Dieu et du Christ ne constituent pas « l’évangile éternel ». Si la Trinité est vraie, alors les pionniers adventistes présentaient ce que Dieu appelait « un autre évangile » (Gal. 1 : 6), et doivent certainement être disqualifiés en tant que « reste ». Le reste doit prêcher l’ « évangile éternel », et pas « un autre évangile ».

   Le message du premier ange nous enseigne : « craignez Dieu et donnez lui gloire ». Comment peut-on craindre Dieu et lui donner gloire, si nous ne le connaissons pas vraiment ?

   Le message du premier ange nous dit : « adorez celui qui a fait ». Comment peut-on faire cela, si nous adorons un dieu ou des dieux qui n’existent pas ?

      2 – Le message du deuxième ange affirme qu’ « elle est tombée, Babylone ». Comme spécifié plus haut, si nos pionniers comprenaient Dieu correctement, ils avaient aussi raison de déclarer que le Catholicisme et le Protestantisme apostats étaient tombés. Si non, ils travaillaient donc contre Dieu. L’Adventisme du 7ème Jour est soit justifié, soit rejeté, d’après la vérité au sujet de Dieu.

      3 – Le message du troisième ange commence avec l’avertissement contre l’adoration de « la bête et son image ». Cette adoration est inévitable, si nous rendons hommage à l’enseignement central du Catholicisme et du Protestantisme apostat.

   Le message du troisième ange dit que les saints « gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus ». Lorsque nous adorons un faux dieu, nous transgressons non seulement le premier commandement, mais, selon Jacques 2 : 10, nous transgressons la loi entière. De plus, comment le reste peut-il avoir la foi de Jésus, s’il a une fausse conception de lui ? Une fois de plus, l’Adventisme est soit justifié, soit rejeté, selon la vérité au sujet de Dieu.

   Afin d’obtenir l’acceptation du monde, et de dégager l’église du statut de secte, les dirigeants adventistes ont, durant le siècle passé, sérieusement compromis « la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3). Les compromis qui eurent lieu aux sujets de l’incarnation et de l’expiation, suite aux contacts avec les évangéliques par le biais de Barnhouse et Martin, dans les années cinquante, n’auraient pas pu prendre place si les frères n’avaient pas déjà adopté la doctrine de la Trinité. Concernant les questions au sujet de la Trinité qui furent posées aux frères par les évangéliques, Roy Allan Anderson, l’un des adventistes ayant participé aux contacts avec eux, écrivit : « Notre réponse au sujet de la Divinité est que la Trinité était cruciale, car ils avaient lu dans certains livres que les Adventistes étaient classés comme Ariens… » (Adventist Review, 8 septembre 1983)

   Pendant les conférences Adventistes du 7ème Jour/Evangéliques de 1955-1956, Walter Martin « présenta une grosse pile de publications Adventistes, annotées pour l’étude de Dr. Froom, ainsi que pour l’étude du comité chargé d’en vérifier les sources » (Walter Martin, conférence vidéo de l’Eglise de Campus Hill, à Loma Linda, Californie,  26 Janvier 1989), documentant que les pionniers Adventistes ne croyaient pas en la Trinité. Après avoir étudié les documents, Martin dit que Froom prétendit : « Ils ne reflètent pas la théologie adventiste orthodoxe, et nous les rejetons. » (Idem) La « théologie Adventiste orthodoxe » d’aujourd’hui a subit un changement si radical face aux croyances des pionniers Adventistes que George Knight, professeur d’histoire à l’Université Andrews, put écrire :

   La plupart des fondateurs de l’Adventisme du 7ème Jour ne pourraient pas se joindre à l’église aujourd’hui, s’ils devaient accepter les Croyances Fondamentales de ce mouvement.

   Plus spécifiquement, la plupart ne pourraient admettre la croyance n°2 qui traite de la doctrine de la Trinité. Pour Joseph Bates, la Trinité était une doctrine non scripturaire, pour James White, c’était cette « vieille absurdité Trinitaire », et pour M.E. Cornell, c’était le fruit de la grande apostasie, au même rang que l’observance du dimanche, et l’immortalité de l’âme. (Ministry, octobre 1993, p. 10)

   Les pionniers des débuts tels que James White, Joseph Bates, et d’autres, étaient dénoncés comme appartenant à une « secte ». Uriah Smith écrivit le passage ci-après dans une réponse aux attaques de D.M. Canright :

   Différents journaux d’autres églises sont friands de manifester leur rejet des Adventistes en les attaquant occasionnellement, pourvu que le coup soit suffisamment douloureux. Des articles sont copiés de ces journaux et envoyés en Europe, où ils sont traduits et publiés en diverses langues. Et des docteurs révérencieux de la Divinité se félicitent en jubilant d’avoir trouvé quelque chose pour empêcher le progrès incessant de cette secte égarée. (Réponses aux Attaques du Pasteur Canright contre les Adventistes du 7ème Jour).

   Il est évident qu’ils seraient aujourd’hui encore appelés membres d’une « secte égarée ». Pourtant, ces pionniers étaient braves pour faire face à la moquerie du monde, parce qu’ils recevaient une sainte audace afin de témoigner pour Christ et la vérité. Ils croyaient, tout comme Paul :

   Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés elle est une puissance de Dieu. Aussi est-il écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et j’anéantirai l’intelligence des intelligents.

   Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le disputeur de ce siècle ? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse : nous, nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes.

   Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire au néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus-Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse et justice et sanctification et rédemption, afin, comme il est écrit, Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur. (1 Corinthiens 1 : 18-31)

   Paul dit à Félix, « je sers le Dieu de mes Pères selon la voie qu’ils appellent une secte. » (Actes 24 : 14) La voie des pionniers Adventistes était appelée hérésie par Babylone. Etant donné la chute morale incessante de Babylone depuis 1844, nous ne devrions pas être surpris d’entendre qu’elle nomme encore la vérité « hérésie ».

 

Succession de la Foi

   Le 2 juin 1947, A.W. Spalding écrivit une lettre de deux pages à H. Camden Lacey. La lettre commença ainsi :

   Allez-vous m’aider une fois de plus ? Je suis à Washington, révisant pour la dernière fois le manuscrit du premier volume de An Episodic History of Seventh-day Adventists. Je me trouve confronté à deux ou trois questions de taille.

   L’une d’entre elles est l’histoire des doctrines trinitaires et anti-trinitaires dans notre sein. Je comprends que certains de nos premiers dirigeants étaient opposés à la doctrine de la trinité, au moins telle qu’elle était exprimée par certains trinitaires. (Lettre de A.W. Spalding à H. Camden Lacey, 2 juin 1947)

   Après avoir fait certaines observations sur le sujet, Spalding continua :

   A présent, je vous serais reconnaissant pour toute lumière que vous voudrez bien révéler à ce sujet. D.E. Robinson dit que vous êtes le premier qu’il connaisse à enseigner la juste doctrine de la trinité en Australie. Il se peut que vous étiez Jaschobeam l’Hacmonite, mais je suppose qu’il y avait aussi les autres Vingt-neuf Vaillants Hommes. (1Ch 11 : 11) Il y a pour moi une zone d’ombre dans cette histoire que j’aurais aimé éclairer. Tous les pères ont-ils péché ? Et si oui, se sont-ils repentis ? Comment prouver l’unité de la foi dans nos générations successives si nos pionniers étaient Ariens, et que nous sommes Athanasiens ? (Idem)

   Lacey répondit par une lettre de trois pages, datée du 5 juin 1947. La réponse disait en partie :

   Je vais à présent essayer de répondre à certaines de vos questions de la lettre du 2 juin.

   Il est certain que notre peuple était anti-trinitaire, lorsque nous (la famille Lacey) acceptâmes la ‘Vérité’ en 1888. C’est ainsi, toutefois, que nous le percevions à cette époque.

   En ce qui concerne votre question : ‘Tout les pères ont-ils péché ?’ c’est-à-dire, ‘péché’ est un mot peut-être trop fort. Mais ils avaient certainement ‘tous’ des vues inadéquates au sujet de l’ « Eternité du Fils » (et donc de sa divinité intrinsèque), ainsi qu’au sujet de la ‘personnalité de l’Esprit Saint’. (Et pourquoi ne parlons-nous pas plus de lui de cette façon, comme le fait notre traduction autorisée, et les Premiers Ecrits de sœur White, jusqu’à ce qu’elle fut influencée par son mari et d’autres pionniers ?)

   ‘Et si oui, se sont-ils repentit ?’ Non, je le crains bien, comme vous avez pu le constater. L’attitude de certains de ces pionniers face à la prédication de la ‘Justification par la Foi’, en 1888, illustre plutôt bien leurs réactions à toute ‘nouvelle lumière’ qui pouvait leur parvenir. Il est pourtant vrai qu’ils furent merveilleusement utilisés par Dieu pour poser les fondations de notre message.

   ‘Comment prouver l’unité de la foi dans nos générations successives si nos pionniers étaient Ariens, et que nous sommes Athanasiens ?’ Eh bien la réponse est à présent évidente pour vous – ainsi que pour le reste d’entre nous ; alors : tenons-nous en là ! (Lettre de Camden H. Lacey à A.W. Spalding, 5 juin 1947)

   On devrait être tout spécialement attentif à la dernière affirmation de Lacey. Il en est peu des deux camps de la controverse, (Trinitaire ou non-Trinitaire) qui remettent en question l’importance d’une compréhension correcte de Dieu. Lacey dit très clairement qu’en tant que Trinitaire, il ne peut  prétendre d’être uni dans la foi avec les pionniers. Pourtant, la vérité est la base pour la succession de la foi. Les implications devraient être aussi claires pour nous qu’elles l’étaient pour Lacey. S’il n’y a pas une succession de la foi entre les pionniers de notre mouvement et aujourd’hui, il nous faut alors admettre que soit nous, soit nos pionniers, étaient dans l’erreur. S’ils étaient dans l’erreur sur ce sujet vital, comment pouvons-nous alors prétendre que Dieu suscita ce mouvement ? Rien d’étonnant si Lacey a dit : « …tenons-nous en là ! » Pourtant, cela n’a pas besoin d’être ainsi. Nous n’avons pas besoin de répudier les enseignements qui furent établis dans la vérité ! Ce qu’il nous faut faire, c’est cesser de désirer la faveur du monde plus que la faveur de Dieu.

   Lorsque Walter Martin et Dr. Barnhouse se réunirent avec R.A. Anderson et LeRoy Froom, la première chose qui devait être établie était de savoir si les Adventistes croyaient ou non en la Trinité. [1] Alors que ces évangéliques détestaient le Sabbat, n’était pas d’accord sur le sujet de la mortalité de l’âme, et se moquaient de la doctrine du sanctuaire, ils pouvaient accepter les Adventistes, pourvu que ceux-ci acceptent la doctrine de la Trinité. [2] Alors que des compromis restaient à faire au sujet de l’incarnation et de l’expiation, ces concessions n’auraient jamais pu avoir lieu si la doctrine de la Trinité n’avait pas été acceptée d’abord.



[1] Voir Adventist Review, 8 septembre 1983, p. 4, ainsi que l’interview vidéo avec Walter Martin à Loma Linda du 26 janvier 1989, en Californie. Retour

[2] Barnhouse affirma : « Je déteste le Samedi en tant que jour religieux du Sabbat. Je le déteste parce que Christ le déteste. » (Enregistrement audio d’une conversation téléphonique entre Barnhouse et A.L. Hudson, 16 mai 1958 ; imprimé dans The Seventh-day Adventist Evangelical Conferences of 1955-1956) Martin écrivit au sujet de l’état des morts : « Aussi loin que l’auteur de ce texte est concerné, bien qu’il soit en désaccord total avec la doctrine [« sommeil de l’âme »], elle ne constitue pas un obstacle à notre fraternité avec eux,… » (Eternity, janvier 1957) Barnhouse écrivit au sujet du jugement investigatif : « Pour moi, il ne s’agit là de rien de moins qu’une idée humaine pour sauver la face !... Nous croyons personnellement qu’il n’y a pas le moindre soupçon de verset dans l’Ecriture pour soutenir une position aussi particulière, et nous croyons, de plus, que tout effort supplémentaire pour la défendre est sans intérêt, vide et non profitable ! » (Eternity, septembre 1956 ; italiques dans l’original) Retour