21. Qu'Est-ce que Ça Veut Dire, Etre Orthodoxe ?

  

Qu’Est-ce que Ça Veut Dire, Etre Orthodoxe ?

  

   Aujourd’hui, on s’étend beaucoup sur la nécessité d’être orthodoxe. Orthodoxe est défini de la manière suivante : 1. Adhérer à la foi reconnue et traditionnelle… 2. Adhérer à la foi chrétienne telle qu’elle fut exprimée lors des anciens credo œcuméniques. 3. Adhérer à ce qui est communément accepté, habituel, ou traditionnel (The American Heritage Dictionary of the English Language, 4th ed.) Examinons à présent la définition de « orthodoxe », et voyons s’il est à la hauteur du test de la vérité Biblique.

   Premièrement, « orthodoxe » est ce qui est « traditionnel ». Lorsqu’on lui demanda pourquoi ses disciples transgressaient « la tradition des anciens, » Jésus « leur répondit : pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu, au profit de votre tradition ? » (Matthieu 15 : 2, 3) Le Christ poursuivit, « C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. » (Matthieu 15 : 9) Le Fils de Dieu affirma clairement que la tradition n’était pas une méthode valable pour déterminer la vérité. L’apôtre Paul écrivit : « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ. » (Colossiens 2 : 8) Pierre continue ce même thème, en écrivant : « sachant que ce n’est pas par des choses périssables, tels que l’argent ou l’or, que vous avez été racheté de la vaine manière de vivre que vous aviez héritée de vos pères par la tradition. » (1 Pierre 1 : 18, KJV)

   Deuxièmement, « orthodoxe » est considéré comme ce qui a été établi dans « les anciens credo œcuméniques ». Un credo est défini ainsi : « Une déclaration de foi religieuse brève, autoritaire et formelle. Le mot credo vient du mot latin ‘je crois’, qui est le premier mot du credo de Nicée, ainsi que du credo des apôtres. (Nelson’s illustrated Bible Dictionnary) Le terme « credo » n’est pas dans la Bible, mais Dieu nous a donné ce conseil au travers de sa servante :

   Rome avait soustrait la Bible au peuple et lui avait offert en échange ses enseignements. L’œuvre de la Réforme consista à restituer la Parole de Dieu à l’humanité ; mais n’est-il pas trop vrai que les églises de nos jours enseignent  leurs membres à faire reposer leur foi sur leur credo plutôt que sur les Saintes Ecritures ? (La tragédie des siècles, p. 419)

   Dans le monde qui se dit chrétien, un grand nombre d’esprits se détournent des enseignements de la Bible, pourtant si simples et si clairs, et se mettent à édifier leurs systèmes sur des raisonnements humains et d’agréables fictions. Eux aussi, ils érigent une tour leur permettant de monter au ciel ; et des foules, suspendues à leurs lèvres, écoutent ces discoureurs éloquents proclamer que le pécheur ne meurt point, et que le salut s’obtient sans obéir à la loi de Dieu. Si ceux qui prétendent être disciples du Christ acceptaient la règle divine, ils pourraient être unis. Mais aussi longtemps que la sagesse humaine sera placée au-dessus de la Parole inspirée, il y aura des divisions et des dissensions entre croyants. La confusion actuelle créée par les confessions de foi divergentes des sectes qui divisent la chrétienté est bien caractérisée par le terme « Babylone » appliqué par la prophétie aux églises mondanisées des derniers jours. (Patriarches et prophètes, p. 100)

   La Bible, et la Bible seule, doit être notre credo, l’unique lien qui nous unit ; tous ceux qui s’inclinent devant cette Sainte Parole seront en harmonie. Nos propres vues et nos idées ne doivent pas contrôler nos efforts. L’homme est faillible, mais la Parole de Dieu est infaillible. Au lieu de se disputer, que les hommes exaltent le Seigneur. Soyons déterminés à contrer toute opposition comme le fit notre Maître, par un « Il est écrit ». Elevons la bannière sur laquelle sont inscrits ces mots : La Bible, notre règle de foi et de discipline. (The Review and Herald, 15 décembre 1885)

   Les premiers adventistes étaient sur leurs gardes pour éviter les credo. Lors d’une rencontre concernant l’organisation, le 5 octobre 1861, J.N Loughborough présenta les cinq étapes menant à l’apostasie. Il en identifia la première étape comme étant la formation d’un credo.

   La première étape vers l’apostasie est d’établir un credo nous disant ce que nous devons croire. La deuxième, c’est d’en faire une condition d’acceptation. La troisième est d’éprouver les membres par ce credo. La quatrième est de dénoncer comme hérétiques ceux qui n’adhèrent pas à ce credo. La cinquième, de commencer à persécuter ces derniers. (The Review and Herald, 8 octobre 1861)

   Troisièmement, est orthodoxe ce qui est « communément accepté » ; en d’autres termes, la voix de la majorité. Cependant, l’histoire est claire : en ce qui concerne les questions de foi et de pratique, la majorité a toujours été dans l’erreur. La Bible nous présente les saints des derniers jours comme un « petit troupeau », en comparaison avec les églises apostates. (Luc 12 : 32) Les Ecritures déclarent que « toute la terre était dans l’admiration derrière la bête. » (Ap. 13 : 3) Jésus a dit : « Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Matthieu 7 : 22, 23)

   L’expérience des douze hommes qui ont été envoyés pour espionner le pays de Canaan illustre bien que la majorité est généralement dans l’erreur. La majorité, quatre-vingt trois pour cent, fit un rapport négatif. Ce fut la majorité qui cloua Jésus à la croix. Cependant, notre courage est fortifié lorsque nous réalisons que, alors que la majorité de l’humanité est dans l’erreur, toutes les armées célestes sont en harmonie parfaite avec Dieu. Nous devrions prier, afin que Dieu nous ouvre les yeux, tout comme il ouvrit les yeux au serviteur d’Elisée lorsque les Syriens avaient encerclé Dothan. (Voir 2 rois 6)

 

La Bible est mise de côté

   En révisant la définition du terme « orthodoxe », il devrait être souligné que la Bible n’entre pas en ligne de compte. Les enseignements de la Bible ne sont pas considérés comme un critère pour l’orthodoxie. Au contraire, les croyances « traditionnelles », basées sur des « credo oecuméniques », et « communément acceptés, habituels, ou traditionnels » sont les paradigmes pour « orthodoxe ». Il est clair qu’Ellen G. White n’acceptait pas de tels axiomes. Cette référence peut difficilement être acceptable pour le Chrétien qui s’appuie sur la Bible et la Bible seule. Elle écrivit :

   Mais Dieu aura sur la terre un peuple qui s’attachera à la Bible et à la Bible seule, comme la pierre de touche de toutes les doctrines, et la base de toutes les réformes. Les opinions des savants, les déductions de la science, les confessions de foi élaborées par les conciles ecclésiastiques, aussi nombreux et aussi discordants que les Eglises qu’elles représentent, l’opinion de la majorité, - aucune de ces choses ne doit être considérée comme une preuve pour ou contre aucun point de foi religieuse. Avant d’accepter une doctrine ou un précepte quelconque, nous devrions examiner s’il existe en sa faveur un catégorique : « Ainsi parle l’Eternel ». (La grande controverse, p. 376)

   Une étude des écrits d’Ellen G. White nous apprend qu’elle n’avait pas une approche favorable du concept « orthodoxe ». En fait, c’étaient les pasteurs « orthodoxes » des églises « orthodoxes » qui attaquaient les Adventistes du 7ème Jour et leur message.

   Les églises orthodoxes faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour empêcher la croyance en la proche venue du Christ de se répandre. (Life Sketches,  p. 59, 1915 ; Testimonies for the Church, vol. 1, p. 54)

   Depuis le début de mon activité j’ai été poursuivie par la haine, par le blâme, par de faux rapports. D’ignobles imputations et des rapports calomnieux ont été rassemblés avec avidité et répandus à profusion par des rebelles, des formalistes, des fanatiques. Il y a des prédicateurs appartenant à des églises soi-disant orthodoxes qui vont de lieu en lieu pour lutter contre les adventistes du 7ème jour : Mme White constitue leur sujet. Ces prédicateurs qui prétendent être des sentinelles de Dieu entraînent après eux les moqueurs des derniers jours. (Messages Choisis, vol. 1, p. 69)

   L’attaque des pasteurs et des églises « orthodoxes » contre le peuple de Dieu n’est pas une tactique récente, mais elle n’a cessé de grandir depuis les temps les plus reculés. Elle est fondée sur les peurs et la faiblesse humaines. L’esprit charnel ne se sent pas en sécurité et ne souhaite pas être perçu comme en-dehors des normes. Satan a bien su utiliser cela pour empêcher les gens d’écouter Jésus, et il le poursuit de nos jours.

   Lorsque le Christ était sur la terre, des prêtres au front sévère et des dirigeants en colère menaçaient le peuple d’être exclu de la synagogue, en empêchant ainsi beaucoup d’entendre le grand Enseignant. Aujourd’hui, les pasteurs soi-disant « orthodoxes » dissuadent leurs auditeurs d’écouter les paroles des ambassadeurs du Christ en utilisant des menaces semblables. Ils sont même nombreux à craindre d’étudier la Bible par eux-mêmes, de peur d’être convaincus. Des jeunes gens qui ne trouvent aucun attrait à la Bible, et qui n’ont jamais sondé ses pages vont, tels des perroquets, répéter les paroles des opposants à la vérité. Ils imaginent manifester une indépendance virile, pensant avoir une indépendance de pensée, alors qu’ils ne font que répéter les opinions et les sentiments d’autres personnes. Ce que le pasteur prêche du haut de la chaire, contre la vérité, est goulûment dévoré par ceux qui aiment cela, et ses suppositions, bien qu’entièrement destituées de preuves Bibliques, sont répétées comme des évidences concluantes. (Signs of the Times, 16 mars 1882)

   Le contraste entre les pasteurs « orthodoxes » et le chercheur de vérité sincère est bien présenté dans la déclaration précédente. Le prédicateur « orthodoxe » se tient sur le sable mouvant des « opinions et des sentiments, » alors que les « ambassadeurs du Christ » se tiennent sur la plateforme solide de la vérité Scripturaire. Tout comme cela a été relevé dans l’affirmation précédente, l’époque du Christ est très similaire à la nôtre.

   Dès ses premières années l’enfant juif se voyait soumis aux exigences des rabbins. Des lois strictes réglaient tous les actes, jusqu’aux plus petits détails de la vie. Dans les synagogues les maîtres enseignaient à la jeunesse les innombrables règles auxquelles les Juifs orthodoxes étaient sensés se conformer. Mais ces choses ne présentaient aucun intérêt pour Jésus. Dès son enfance il s’émancipa complètement des lois rabbiniques. Les Ecritures de l’Ancien Testament faisaient l’objet constant de son étude et les mots « Ainsi dit le Seigneur » étaient toujours sur ses lèvres. (Jésus-Christ, p. 68)

   Jésus, « le chemin, la vérité, et la vie, » (Jean 14 : 6) ne se souciait pas de ce qui était « orthodoxe, » mais plutôt de ce que disaient les Ecritures. S’il est notre exemple en toutes choses, alors pourquoi  sont-ils nombreux, parmi ceux qui disent le suivre, à vouloir être « orthodoxes » ? Dieu n’a jamais demandé à son peuple d’accepter les traditions des hommes pour obtenir son approbation. En fait, l’idéal de Dieu pour eux est qu’ils soient un peuple à part. « Je le vois du sommet des rochers, je le contemple du haut des collines : c’est un peuple qui a sa demeure à part, et qui ne fait pas partie des nations. » (Nombres 23 : 9) « Vous serez saints pour moi, car je suis saint, moi, l’Eternel ; je vous ai séparés des peuples afin que vous soyez à moi. » (Lévitique 20 : 26)

 

La Trinité est « orthodoxe »

   Dans la foi chrétienne, aucune doctrine n’est supposée être plus orthodoxe que la Trinité. Examinons-la, et voyons si elle est réellement aussi « orthodoxe » que ses défenseurs le prétendent.

   Premièrement, la Trinité est-elle traditionnelle ? Oui. La Trinité est une tradition qui n’est pas fondée sur les Ecritures. Relevons tout d’abord une affirmation catholique imprimée dans une Review de nos débuts :

   « Q. Avez-vous d’autres arguments pour prouver que l’Eglise a le pouvoir d’instituer des fêtes ou des préceptes ?

   R. Si elle n’avait pas ce pouvoir, elle n’aurait pas pu faire ce qu’approuvent tous les théologiens modernes, elle n’aurait pas pu substituer l’observation de dimanche, premier jour de la semaine, à celle du samedi, septième jour de la semaine, un changement pour lequel on ne trouve pas d’autorité scripturaire.

   Q. Remarquez-vous d’autres vérités importantes enseignées par l’Eglise, mais qui ne sont pas clairement établies dans les Ecritures ?

   A. La doctrine de la Trinité, une doctrine certainement nécessaire au salut, n’est pas explicitement et clairement établie dans les Ecritures, dans le sens protestant de l’interprétation de l’Ecriture par l’Ecriture. » (Review & Herald, 22 août 1854; cité du Catéchisme Doctrinal)

   Comme relevé au chapitre 9, une édition spéciale de la Revue Adventiste consacrée aux vingt-sept croyances fondamentales, (à présent vingt-huit), des Adventistes du Septième Jour fait la déclaration suivante au sujet de la doctrine de la Trinité :

   Alors qu’il n’y a pas un seul passage biblique qui affirme formellement la doctrine de la Trinité, les écrivains Bibliques la supposent factuelle et la mentionnent à plusieurs reprises.

   Ce n’est que par la foi que l’on peut accepter la doctrine de la Trinité. (Adventist Review, vol. 158, no. 31, p. 4)

   Ainsi, les Catholiques comme les Protestants admettent que la Trinité est une doctrine traditionnelle qui n’est pas basée sur les Ecritures.

   Deuxièmement, la Trinité a-t-elle été établie par un « credo oecuménique » ? Oui. La doctrine de la Trinité fut établie lors des Conciles Catholiques de Nicée (325 ap. J-C), et de Constantinople (381 ap. J-C). A.T. Jones, dans son œuvre monumentale Les Deux Républiques, documente le Concile de Nicée comme étant « L’établissement de la Foi Catholique ». (Voir le chapitre 14) Le Credo de Nicée constitue la base de la doctrine de la Trinité. Lors du Concile de Nicée, présidé par Constantin, ce fut la parole de l’homme, et non de Dieu, qui fut la référence. « En 325, Constantin jouant un rôle majeur lors du Concile de Nicée, …il définit l’orthodoxie. » (Encyclopedia Americana, vol. 7, p. 649) L’Eglise Catholique se réclame ouvertement de cette doctrine, établie lors d’un concile présidé par un tyran despotique, comme de la colonne centrale de sa foi.

   La doctrine de la Trinité est la doctrine centrale de la Foi Catholique. Sur elle sont fondées tous les autres enseignements de l’Eglise. (Handbook for Today’s Catholic, p. 16)

   Troisièmement, la Trinité est-elle une « croyance communément acceptée, habituelle, ou traditionnelle » ? Oui. La Trinité est une croyance acceptée de nos jours, et elle est essentielle pour être considéré comme « Chrétien Evangélique ». La ‘Base’ du Conseil Mondial des Eglises affirme, en partie, la croyance au « seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit ». (Constitution du CME) Alors que la liste des doctrines acceptables varie parmi les évangéliques, la doctrine qui doit être acceptée et crue afin d’être considéré comme membre du corps du Christ, est la doctrine de la Trinité. Les compromis qui furent fait entre les Adventistes du 7ème Jour et les évangéliques il y a quarante ans n’auraient pas pu avoir lieu si la doctrine de la Trinité n’avait pas d’abord été acceptée.

   L’Eglise Adventiste du 7ème Jour a été considérée comme une secte pendant plus d’un siècle parce que le reste du monde Chrétien ne nous considérait pas comme orthodoxes. En acceptant la doctrine de la Trinité, suite à la mort d’Ellen G. White, l’église se mit dans une position qui lui permit de tendre la main aux évangéliques. Cependant, si nous voulions être accueillis par le reste du monde, il nous fallait les accepter. En 1926, le Comité Exécutif de la Conférence Générale vota une déclaration : Relation avec les autres sociétés. La première partie de cette déclaration affirma :

   Nous reconnaissons tout groupement qui exalte le Christ devant les hommes comme faisant partie du plan divin pour l’évangélisation du monde, et nous tenons en haute estime les hommes et les femmes Chrétiens des autres communautés, qui sont engagés à gagner des âmes pour le Christ.   (So Much in Common, p. 73)

   Par là, nous donnions un message aux églises nominales : Si vous vous mettez en veilleuse quant à nous appeler « secte », nous nous mettrons en veilleuse quant à vous appeler « Babylone ». Les résultats sont aujourd’hui clairement visibles. L’Eglise Adventiste du 7ème Jour est aujourd’hui acceptée par la plupart des évangéliques comme faisant partie du corps du Christ, et, c’est bien triste, nous avons mis en veilleuse les messages des trois anges.

   Israël n’était pas considéré comme « orthodoxe » par la Babylone ancienne. Jésus et ses apôtres n’étaient pas considérés « orthodoxes »  par les chefs religieux de leur époque. Les pionniers Adventistes n’étaient pas considérés « orthodoxes » par les églises nominales. S’il est nécessaire de boire du vin de la Babylone mystique pour être « orthodoxes, » je préfère encore me ranger du côté des non-orthodoxes !