2. Comment nos Pionniers Comprenaient-ils l'Incarnation ?

 

Comment nos Pionniers Comprenaient-ils l’Incarnation ?

 

   Alors que nous allons étudier ces sujets sacrés, il serait bon de se souvenir des paroles de Jésus :

   En ce moment, les disciples s’approchèrent de Jésus, et dirent : Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et dit : Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant, comme celui-ci, me reçoit moi-même. (Matthieu 18 : 1-5)

   Si nous souhaitons que l’Esprit Saint nous enseigne les choses spirituelles, il nous faut accepter d’être enseignés. Combien il est vrai que le « péché le plus désespéré et le plus incurable est celui de l’orgueil dans ses opinions et de la propre suffisance. C’est là ce qui fait obstacle à tout progrès. » (Testimonies for the Church, vol. 7, p. 199, 200) Si nous souhaitons comprendre la vérité de Dieu, il nous faut avoir un esprit ouvert, et être désireux d’apprendre. « Car ainsi parle le très haut dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint : J’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté ; mais je suis avec l’homme contrit et humilié, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les cœurs contrits. » (Esaïe 57 : 15)

   Durant la deuxième partie du siècle dernier, le sujet de l’incarnation de Jésus a été extrêmement controversé dans l’Adventisme. Nous ne nous aventurons pas dans ces investigations pour enflammer ces différences, mais nous désirons plutôt apporter l’unité à ceux qui désirent la vérité.

   Les pionniers de ce mouvement étaient très unis, et au clair en ce qui concerne l’enseignement de l’incarnation. Ils croyaient que Jésus accepta les conséquences de la loi de l’hérédité, et qu’il prit sur lui la nature déchue de l’homme dégénéré et dégradé suite à 4000 ans de péché. Leur compréhension fut publiée  dans la première Déclaration de Foi imprimée par l’église en 1872 :

   Il y a un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils du Père Eternel, par qui Il créa toutes choses, et par lequel elles consistent ; il prit sur lui la nature de la semence d’Abraham pour la rédemption de notre race déchue ; il marcha parmi les hommes plein de grâce et de vérité, vécut notre exemple, mourut notre sacrifice. (A Declaration of the Fundamental Principles Taught and Practiced by Seventh-day Adventists, [1] Steam Press, Battle Creek, Michigan, 1872, point no. 2)

   L’histoire de la doctrine de l’incarnation dans l’Eglise Adventiste du 7ème Jour a bien été documentée. Deux œuvres sont particulièrement remarquables, de par leur importance : An Interpretive History of the Doctrine of the Incarnation as Taught by the Seventh-day Adventist Church, [2] écrite par le pasteur William Grotheer, et le livre du Dr. Ralph Larson : The Word was made Flesh. [3] L’œuvre de Grotheer, comptant 105 pages, donne une image juste et logique du développement de la doctrine de l’incarnation  depuis le début de notre expérience en tant que peuple, jusqu’à la date de sa publication, en 1972. L’œuvre de Larson, plus importante (365 pages) et plus d’actualité (1986), fait la chronique de « cent années de Christologie Adventiste. » (p.iii) Notre but ne sera pas de reproduire leurs œuvres en totalité, ni l’œuvre d’autres personnes, mais de donner un petit échantillon des croyances de l’église à ce sujet.

 

James White

   Commençons tout d’abord par relever les pensées du Pasteur James White, qui servit l’église dans de nombreux postes, tels que président de la Conférence Générale, et éditeur des deux revues : The Review and Herald et The Signs of the Times. Pasteur White écrivit :

   « Christ, affaibli par notre nature… affaibli par la semence d’Abraham… prend sur lui la faiblesse de la semence d’Abraham, afin de pouvoir atteindre ceux qui sont affaiblis par la transgression. » (The Review and Herald, 29 novembre 1877)

 

Uriah Smith

   « Il s’humilia et prit sur Lui la forme d’un serviteur, en acceptant de devenir semblable aux hommes chétifs, mortels et pécheurs. Dans une chair semblable au péché, Il descendit dans les profondeurs mêmes de la condition d’homme déchu et se rendit obéissant jusqu’à la mort, la mort ignominieuse de la croix. » (Looking Unto Jesus, [4] p. 23)

 

J.H. Waggoner

   « Et il quitta le trône de gloire et de puissance, puis il prit sur lui la nature de l’homme déchu. L’ « éclat de la gloire du Père » et la faiblesse de la ‘semence d’Abraham.’ » (The Atonement, [5] p. 161)

 

Stephen N. Haskell

   « Christ vint la première fois, revêtu d’humanité, sans prendre sur Lui la nature des anges, mais la semence d’Abraham, afin d’être rendu, comme nous-mêmes, sujet à la tentation, à la souffrance et à la mort, afin que par son lien avec l’humanité, Il puisse sympathiser avec ses créatures déchues. » (The Bible Echo, 15 mars 1889)

   Alors que les quatre hommes précédemment cités étaient des Adventistes de « première génération, » deux Adventistes de « deuxième génération » méritent d’être relevés suite à leur appel particulier. Les pasteurs A.T. Jones et E.J. Waggoner étaient deux hommes dont l’inspiration dit avoir été appelés par Dieu :

   Le Seigneur, dans sa grande miséricorde, envoya à son peuple un message des plus précieux, par les pasteurs Waggoner et Jones. Ce message devait présenter au monde, avec force, le Sauveur élevé, le sacrifice pour les péchés du monde entier. (Testimonies to Ministers and Gospel Workers, p. 91) [6]

 

E. J. Waggoner

   Waggoner écrivit avec une logique et un raisonnement clairs. Dans son œuvre la plus célèbre, il affirma :

   « Il suffira d’une simple pensée pour prouver à quiconque que si Christ prit sur lui une chair semblable au péché pour sauver l’homme, il dû être rendu semblable à l’homme pécheur, car ce sont des hommes pécheurs que Christ est venu sauver. » (Christ and His Righteousness, [7] p. 26)

   Une autre affirmation typique de Waggoner est tirée de son étude du livre des Galates :

   « Je dis donc que sa naissance sous la loi était une conséquence inévitable du fait qu’il naquit dans une chair semblable au péché, qu’il prit sur lui la nature d’Abraham. » (The Gospel in the Book of Galatians, [8] p. 61, 62)

 

A.T. Jones

   Il se peut bien qu’aucun pasteur Adventiste du 7ème Jour n’ait davantage parlé de l’incarnation que A.T. Jones. Pasteur Jones était tellement persuadé de l’importance de ce sujet, que dans son livre, The Consecrated Way to Christian Perfection, [9] il y consacra six chapitres sur dix-sept. A la page 25, nous lisons :

   Mais pour être le Rédempteur, il doit non seulement en être capable, mais il doit aussi partager le même sang. Il y a plus : il doit non seulement être un parent proche, mais le parent le plus proche ; et le parent le plus proche par les liens du sang. Ainsi, « puisque les enfants » de l’homme – en tant qu’enfants de celui qui perdit notre héritage – « participent au sang et à la chair, il y a aussi participé lui-même » – il participa au sang et à la chair dans la substance même qui est la nôtre, et devint ainsi notre plus proche parent. C’est pourquoi il est écrit que Lui et nous sommes « tous issus d’un seul : c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères. [10] » (Italiques ajoutés par Jones)

   Plus loin dans son livre, après avoir discuté de la doctrine de l’Immaculée Conception, Jones écrit :

   Aussi certainement que deux et deux font quatre, il découle de cette théorie [l’Immaculée Conception] que le Seigneur Jésus, dans sa nature humaine, est « très différent » du restant de l’humanité : en fait, Sa nature humaine n’est pas humaine du tout.

   Telle est la doctrine Catholique au sujet de la nature humaine du Christ. La doctrine Catholique de la nature humaine du Christ est tout simplement que cette nature n’est pas humaine du tout, mais divine : « plus sublime et glorieuse que toutes natures ». Elle enseigne que dans Sa nature humaine, Christ était si éloigné de l’humanité qu’il était entièrement différent de l’humanité : qu’Il possédait une nature dans laquelle il ne pouvait partager quelque sentiment que ce soit avec l’humanité.

   Mais la foi de Jésus n’est pas ainsi.

   La foi de Jésus est que Dieu envoya « Son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché ». (Rom. 8 : 3)

   La foi de Jésus est qu’ « il a dû être rendu semblable en toutes choses à Ses frères ». (Héb. 2 : 17)

   La foi de Jésus est qu’Il « a pris nos infirmités, » (Mt. 8 : 17) qu’il « était touché par le sentiment de nos faiblesses, » étant tenté « en toutes choses » comme nous le sommes. (Héb. 4 : 15)  S’Il n’était pas comme nous sommes, Il n’était pas possible qu’Il soit « tenté comme nous en toutes choses ». Mais il était « comme nous » « en toutes choses ». (Idem, p. 38, 39) (Italiques ajoutés par Jones)

   Peut être qu’A.T. Jones est aujourd’hui le mieux connu pour les sermons qu’il donna aux sessions de la Conférence Générale de 1893 et 1895. L’un de ces deux messages disait :

   Jésus-Christ est le seul à avoir Dieu pour Père, et l’homme pour frère ; et nous trouvons en Jésus le frère de l’homme, seulement si nous trouvons Christ, le frère de tout homme.

   Il est écrit, « C’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères. » (Héb. 2 : 11) Qui n’a-t-il pas honte d’appeler frères ? Toute personne faite de chair et de sang,-…

   L’œuvre de Satan a toujours été de pousser les hommes à penser que Dieu est le plus loin possible. Mais c’est l’éternel effort du Seigneur de pousser l’homme à réaliser qu’Il est le plus proche possible de chacun.

   Le grand problème du paganisme était de penser que Dieu était si loin,-…

   C’est alors que la papauté est entrée en scène, l’incarnation même de l’inimitié entre l’homme et Dieu.

   Ainsi [d’après la théologie Catholique] Marie dû être née immaculée, parfaite, sans péché,… et Christ dû alors naître d’elle d’une manière telle qu’il reçut une nature humaine sans la moindre trace du péché.

   Mais s’Il ne s’approche pas plus de nous que dans une nature sans péché, il se trouve très loin de nous ; car j’ai besoin de quelqu’un de plus proche de moi que cela. J’ai besoin de quelqu’un pour m’aider, quelqu’un qui sait ce que c’est qu’une nature pécheresse ; car c’est là ma nature ; et c’est une telle nature que Christ a effectivement prise. Il devint l’un de nous. Ainsi, voyez-vous, c’est ici la vérité présente dans toute sa force, maintenant que la papauté prend possession du monde, et que son image est sur la mauvaise voie, oubliant ce que Dieu est en Jésus-Christ, et ce que Christ est dans le monde – ayant la forme de la piété, sans la puissance. (Bulletin de la Conférence Générale, 1895, p. 310, 311)

   D’autres Adventistes influents ayant soutenu la vue d’après la chute incluent : W.W. Prescott, M.C. Wilcox, G.B. Starr, Meade MacGuire, Dallas Young, W.B. Ochs, Carlye B. Haynes, W.H. Branson, et M.L. Andreasen. (Voir Ministry, juin 1985, p. 21)

 

Ellen G. White

   On trouve dans les écrits d’Ellen G. White différentes références à la doctrine de l’incarnation. Contrairement à certains aujourd’hui, elle encourageait l’étude au sujet de l’humanité du Christ. Elle écrivit :

   Lorsque nous voulons étudier un problème profond, concentrons nos pensées sur la chose la plus merveilleuse ayant jamais eu lieu sur terre ou dans le ciel – l’incarnation du Fils de Dieu. Dieu offrit son Fils afin qu’il subisse une mort d’ignominie et de honte pour des êtres humains pécheurs. Celui qui était le Commandant dans les courts célestes mit de côté sa robe royale, et recouvrant sa divinité d’humanité, Il vint dans ce monde afin d’y être à la tête de la race humaine comme homme modèle. Il s’humilia pour souffrir avec la race, pour être affligé par leurs afflictions. (The Seventh-day Adventist Bible Commentary, vol. 7, p. 904 ; MS 76, 1903)

   Ces derniers temps, peu de doctrines furent aussi chaudement discutées au sein de l’Eglise Adventiste du 7ème Jour que la doctrine de l’incarnation. Différents groupes présentent différentes vues, et chacun d’eux utilise la Bible et les écrits d’Ellen G. White pour défendre sa position.  En fait, alors qu’il était l’éditeur de l’Adventist Review, William Johnsson écrivit une série d’éditoriaux sur l’incarnation, affirmant clairement que les deux groupes théologiques majeurs trouvent leurs « arguments principaux » dans les écrits d’Ellen G. White. » (Adventist Review, 12 août 1993) Alors qu’on trouve différents textes Bibliques donnant l’impression que certaines doctrines sont approchées de différents angles, on est généralement d’accord qu’étant donné que la Bible est la Parole inspirée de Dieu, elle ne peut pas se contredire, et que les passages qui semblent différer sont des passages parallèles, l’harmonie pouvant être trouvée par une étude et une recherche appropriées. [11] Cependant, Johnsson et d’autres n’acceptent pas cette approche en ce qui concerne les écrits de Sœur White. Johnsson affirme franchement :

   Certains Adventistes ont travaillé dur pour réunir ces affirmations apparemment contraires [sur l’incarnation], sous la vue d’Après la Chute [12]. Je ne pense pas que cela soit possible. (Adventist Review, 19 août 1993, p. 4)

   En fait, Johnsson et d’autres disent qu’elle tenait un double langage. Alors que l’on trouve des affirmations publiées qui semblent difficiles à harmoniser avec certains de ses autres écrits et avec la Bible, l’expérience de l’auteur de ces lignes est que plus ses écrits sont étudiés, plus on y voit l’harmonie. La sortie du CD-ROM des écrits d’Ellen G. White a été une aide phénoménale pour tous ceux qui y font des recherches, et qui apprennent à comprendre la phraséologie et la signification de différents passages.

   Alors que nous ne disons pas, comme Johnsson, qu’il ne peut y avoir d’harmonie au sujet de l’incarnation, nous reconnaissons qu’il est des références qui semblent difficiles à comprendre, et à harmoniser avec d’autres citations. Certains ont suggéré que les raisons possibles pour cela incluent des erreurs de secrétariat, ainsi que des changements délibérés venant de l’intérieur. Nous ne pouvons affirmer que ces réponses sont valables, quelques soient les cas. Notre histoire montre clairement que certaines révisions et certaines compilations des œuvres d’Ellen White ont utilisées ses écrits hors contexte, donnant une impression contraire à l’intention d’origine. [13] Comment Ellen White réagirait face à la situation actuelle ? Seul Dieu le sait, mais elle a laissé le conseil suivant : « Il [Dieu] demande une foi à son peuple qui repose sur le poids de l’évidence, non sur une connaissance parfaite. » (Testimonies for the Church, vol. 3, p. 258). Nous lisons également :

   Satan a le pouvoir de suggérer des doutes et de trouver des objections au témoignage précis envoyé par Dieu, et ils seront nombreux à trouver que leur incrédulité, leurs remises en question et leur façon de chipoter sont une vertu et une marque d’intelligence. Ceux qui souhaitent douter en auront largement l’occasion. Dieu ne se propose pas d’enlever toute occasion d’incrédulité. Il pourvoit à des évidences qui doivent être soigneusement étudiées d’un coeur humble et d’un esprit ouvert, et tous devraient se décider d’après le poids de l’évidence. (Idem, p. 255)

   Alors que certains écrits d’Ellen White tels que la « Lettre à Baker » semblent ne pas s’accorder avec la vue des pionniers, la grande majorité des écrits d’Ellen G. White parlent très clairement de la vue d’Après la Chute. Plutôt que d’essayer de défendre les quelques affirmations qui semblent dire le contraire de l’enseignement général au sein de l’Adventisme à ses débuts, comme l’ont bien fait les pasteurs Larson et Grotheer, cette étude permettra au poids de l’évidence de montrer clairement ce qu’elle croyait. Considérant la chose en termes très pratiques, si vous aviez parlé d’un sujet plus de mille fois, et que dix ou douze affirmations semblaient ne pas s’accorder avec la grande majorité des affirmations, comment voudriez-vous que les gens réagissent ? Tout comme Ellen White, je voudrais qu’ils regardent au poids de l’évidence !

   En considérant le poids de l’évidence, il est clair que le point de vue d’Ellen White au sujet de l’incarnation était celui d’Après la Chute. Nous présenterons à présent une très petite portion de ses écrits, qui représente le grand « poids de l’évidence » quant à cette doctrine. Nous lisons dans une de ses premières œuvres :

   Jésus leur dit également [aux anges] qu’ils auraient un rôle à jouer, celui d’être avec lui, et de le fortifier à plusieurs reprises. Qu’il devrait prendre la nature déchue de l’homme, et que sa force ne serait même pas égale à la leur. (Spiritual Gifts, vol. 1, p. 25 ; 1858)

   Une fois de plus, Satan se réjouit avec ses anges de pouvoir, en causant la chute de l’homme, faire descendre le Fils de Dieu de sa position exaltée. Il dit à ses anges que lorsque Jésus prendrait la nature de l’homme déchu, il serait plus puissant que lui, et pourrait empêcher l’accomplissement du plan du salut. (Idem, p. 27 ; 1858)

   C’était dans l’ordre de Dieu pour Christ qu’Il prenne sur lui la forme et la nature de l’homme déchu, afin d’être rendu parfait par la souffrance, d’endurer lui-même la force des tentations de Satan, et de mieux savoir comment secourir ceux qui seraient tentés. (Spiritual Gifts, vol. 4, à. 115, 1864)

   Dans cette dernière affirmation, nous voyons qu’Ellen White ne considère pas la forme et la nature comme une seule et même chose, car elle parle de chacune d’elles comme d’une chose que Christ prit sur lui-même. Dans ces affirmations chronologiques du début, Sœur White utilisait le terme nature déchue, pour décrire la nature que Christ prit sur lui-même. Elle utilisa cette même expression dans ses écrits ultérieurs, prouvant ainsi la régularité de sa doctrine tout au long de sa vie.

   Par son humiliation et sa pauvreté, Christ s’identifierait avec la faiblesse de la race déchue, et par son obéissance fidèle, il montrerait à l’homme comment racheter la chute disgracieuse d’Adam, afin que par une humble obéissance il puisse reconquérir l’Eden perdu. (The Review and Herald, 24 février, 1874)

   Quel amour ! Quelle étonnante condescendance ! Le roi de gloire proposa de s’humilier dans l’humanité déchue ! Il placerait ses pieds dans les traces d’Adam. Il prendrait la nature déchue de l’homme, et s’engagerait à lutter contre l’ennemi puissant qui triompha d’Adam.  Il vaincrait Satan, ouvrant ainsi la voie pour ceux qui croiraient en lui, afin de les sauver de la disgrâce d’Adam suite à son échec et à sa chute. (Idem)

   Les saints anges étaient frappés d’horreur en voyant que l’un des leurs avait pu tomber au point de pouvoir commettre de telles cruautés. Tout sentiment de sympathie ou de pitié qu’ils avaient eu jusque là pour Satan dans son exil fut banni de leurs cœurs.

   Que sa jalousie puisse se venger ainsi sur une personne innocente suffit pour le dévêtir de sa supposée robe de lumière céleste, et révéler la difformité hideuse cachée ; mais manifester une malignité sans borne envers le Fils divin de Dieu qui, par un sacrifice de soi unique et un immense amour pour les créatures formées à son image était descendu du Ciel en assumant leur nature déchue, était un crime si odieux contre le Ciel qu’il fit frémir les anges d’horreur et coupa pour toujours le dernier lien de sympathie existant entre Satan et le monde céleste. (The Spirit of Prophecy, vol. 3, p. 183 et 184 ; 1878)

   Jésus prit sur Lui la nature de l’homme, afin de pouvoir laisser un exemple pour l’humanité, complet, parfait. Il propose de nous rendre semblable à Lui, vrai dans chaque intention, sentiment et pensée – vrai de cœur, d’âme et de vie. C’est là le Christianisme. (Testimonies for the Church, vol. 5, p. 235 ; 1882)

   Bien que Son caractère n’avait pas la moindre tache de péché, Il condescendit à relier notre nature humaine déchue avec Sa divinité. Ayant notre nature déchue, il montra ce qu’elle pouvait devenir, par l’acceptation de la grande provision à laquelle il avait pourvu, et en devenant participant de la nature divine. (Selected Messages, vol. 3, p. 134 ; Lettre 81, 1896)

   Ces paroles de confirmation [voici mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection], furent données pour inspirer la foi aux témoins de cette scène, et pour fortifier le Sauveur en vue de sa mission. Bien que les péchés d’un monde coupable reposèrent sur Christ, et malgré l’abaissement auquel il s’était soumis en revêtant notre nature déchue, la voix céleste le reconnaissait comme étant le Fils de l’Eternel. (Jésus-Christ, p. 93 ; 1898)

   Christ prit notre nature déchue, et fut sujet à toutes les tentations auxquelles les hommes sont sujets. (Manuscript Releases, vol. 17, p. 29 ; MS 80 ; 1903)

   Il y a plus de 300 références où Ellen White affirma que Jésus « recouvrit Sa divinité de l’humanité. » (Voir Jésus-Christ, p. 430 ; Les Paraboles, p. 103 ; etc.) Elle présenta également la vérité au sujet de l’incarnation de la façon suivante :

   Il prit sur sa nature sans péché notre nature pécheresse, afin de pouvoir secourir ceux qui sont tentés. (Medical Ministry, p. 181 ; lettre 67, 1902)

   Une recherche dans ses écrits montre d’autres usages du terme nature pécheresse pour décrire ce que Jésus accepta et prit sur sa nature sans péché. Par exemple :

   Revêtu de l’humanité, le Fils de Dieu descendit au niveau de ceux qu’il désirait sauver. Ni culpabilité ni péché ne se trouvaient en lui ; il fut toujours pur et sans tache ; pourtant, il prit sur lui notre nature pécheresse. Recouvrant sa divinité de l’humanité, il chercha à retrouver pour l’homme ce qu’Adam, par sa désobéissance, avait perdu pour lui-même et pour le monde. (The Review and Herald, 15 décembre 1896)  [14]

   Il y a des centaines d’autres citations qui sont tout aussi claires et directes concernant la doctrine de l’incarnation, que ce soit d’Ellen White, ou des pionniers Adventistes. Cependant, la question la plus importante est : Que dit la Bible au sujet de l’incarnation du Christ ?



[1] Une Déclaration des Principes Fondamentaux Enseignés et Pratiqués par les Adventistes du 7ème Jour. Retour

[2] Une approche de l’histoire de la doctrine de l’incarnation telle qu’elle est enseignée dans l’Eglise Adventiste du 7ème Jour. Retour

[3] La Parole fut faite chair. Retour

[4] Regarder vers Jésus. Retour

[5] L’expiation. Retour

[6] Bien que certains des enseignements de Jones et Waggoner aient, par la suite, différé de ce que le prophète avait approuvé, le message de l’incarnation resta cohérent dans leurs enseignements, et avait une place très importante dans leur théologie. En lisant leurs œuvres, on ne peut qu’être impressionné par l’importance qu’ils donnaient au sujet. Retour

[7] Christ et sa justice. Retour

[8] L’évangile dans le livre des Galates. Retour

[9] La voie consacré vers la perfection Chrétienne. Retour

[10] N.T. : Voir Hébreux 2 : 11 et 14. Retour

[11] Par exemple, la justification par la foi présentée par Paul et par Jacques. Retour

[12] La vue « après-la-Chute » soutien que Jésus avait la nature d’Adam après la chute. Retour

[13] Voir Questions on Doctrine, etc. Retour

[14] Voir également The Review and Herald, 22 août 1907 et The Signs of the Times, 30 juin 1902. Retour