3. L'incarnation : Une Base Scripturaire

 

L’Incarnation : Une Base Scripturaire

 

   Le texte Biblique que les premiers Adventistes du 7ème Jour utilisaient le plus souvent alors qu’ils étudiaient l’incarnation était Romains 8 verset 3 : « Car – chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, – Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché. » Le mot semblable (ευ ομοιωματι – en homoiomati) signifie fait pareil, être pareil, ou ressembler. La même expression, en homoiomati, est utilisée dans Philippiens 2 : 7, où nous lisons de Jésus : « devenant semblable (en homoiomati) aux hommes. » Nos pionniers voyaient dans ce texte une description littérale de l’incarnation de notre Sauveur. Pour eux, le mot semblable signifiait plus qu’une couche de vernis, mais parlait de la nature même du Christ.

 

La « Nouvelle Théologie » de l’incarnation

   William Johnsson, ancien éditeur de la Adventist Review, [1] utilise le même texte pour défendre une position exactement contraire de celle des pionniers. Johnsson écrit :

   Nous trouvons l’expression identique à celle de Romains 8 : 3, en homoiomati, utilisée plus tôt dans cette lettre. Parlant des païens de son temps, Paul dit qu’ « ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles. » (Rom. 1 : 23) Il est évident que le terme Grec ne peut pas signifier ici une ressemblance exacte. (Adventist Review, 12 Août 1993, p. 4 ; italiques dans l’original)

   Johnsson affirme également : « Le silence du Nouveau Testament quant à ce point précis de débats est éloquent. » (Idem) Le même point de vue fut récemment présenté dans l’Adventist Review par Calvin Rock. Rock, un ancien président de la Conférence Générale, écrit : « Mes recherches me poussent à croire que Christ est né avec la pureté qui fut celle d’Adam avant sa chute. … » (Idem, 31 mars 1994, p. 15) Cette conclusion est exactement opposée à celle des pionniers de ce mouvement, tout comme de celle de l’auteur de ce livre.

   Le fait est que les Ecritures proclament avec éclat l’incarnation du Christ de façon claire et rassurante, afin que le croyant soit assuré que le Sauveur éprouve le sentiment de notre infirmité. Le cadre de ce livre ne permet pas une étude exhaustive de ce sujet ; nous allons cependant examiner cette doctrine, en insistant sur l’objectif et la nécessité de l’incarnation.

 

La vue scripturaire

   « Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair. » (1 Timothée 3 : 16) Son nom allait être « Emmanuel » –Dieu avec nous. (Voir Esaïe 7 : 14 et Matthieu 1 : 23) Lorsque Dieu donna les dix commandements à Israël, il dit : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude. » (Exode 20 : 2) La délivrance d’Israël du pays d’Egypte fut un type de la délivrance du péché. Avant cette libération, Christ dit à Moïse : « Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens. » (Exode 3 : 8) Christ n’allait pas apporter la délivrance depuis un trône dans le ciel, mais Christ allait « descendre » au niveau de l’homme pour lui donner la liberté.

   Tout comme le mot millénium, le mot incarnation n’est pas utilisé dans les Ecritures. Il est dérivé de deux mots latins, in carnis, que l’on traduit par « en chair, » ou « dans la chair ». Jésus est-il venu dans la chair, et était-ce à la chair de péché qu’il participa ? Alors que de nos jours certains ne partagent pas la compréhension qu’avaient les pionniers au sujet de Romains 8 : 3, le chercheur de vérité trouve dans les Ecritures de nombreux joyaux quant à la nature du Christ. Dans l’épître aux Hébreux, Paul commence par affirmer que Christ est semblable à Dieu. Dans un deuxième temps, il démontre que Christ est semblable aux hommes :

   Mais celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de la mort qu’il a soufferte, afin que, par la grâce de Dieu, il souffrît la mort pour tous. Il convenait, en effet, que celui pour qui et par qui sont toutes choses, et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils, élevât à la perfection par les souffrances le Prince de leur salut. Car celui qui sanctifie, et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d’un seul. C’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères, … (Hébreux 2 : 9-11)

   Le mot Grec pour convenait est πρεπω (prepo). Il est défini ainsi : « approprié, » « correct » ou, « c’est bon et juste ». Matthieu utilise ce mot en décrivant le dialogue entre Christ et Jean lors de son baptême. « Laisse faire maintenant, car il est convenable [prepo] que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. » (Matthieu 3 : 15) Paul l’utilise également dans Hébreux : « Il nous convenait [prepo], en effet, d’avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, … » (Hébreux 7 : 26) Qu’est-ce que Paul veut donc nous dire dans Hébreux 2 : 10 ? Simplement qu’il est approprié, correct, bon et juste pour Dieu d’élever Christ « à la perfection par les souffrances. » (Hébreux 2 : 10) Paul continue :

   Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. Car assurément il ne prit pas sur lui la nature des anges, mais il prit sur lui la semence d’Abraham. (Hébreux 2 : 14-16, KJV)

   Christ prit sur lui la semence d’Abraham. Abraham n’était pas immaculé, et n’avait pas une chair sans péché. Alors que certains prétendent que la traduction du verset 16 n’est pas idéale, ceux qui dénigrent la version King James ne mentionnent pas Paul qui, dans Romains 1 : 3, dit que Jésus-Christ est « …né de la postérité de David [non immaculé, ni sans péché], selon la chair. » Pourtant, Paul va encore plus loin, afin de ne laisser aucun doute au lecteur quant au fait que son Sauveur se rapproche très près de nous dans son humanité :

   En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple ; car, ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. (Hébreux 2 : 17, 18)

   Le verbe est le mot Grec οφειλο (opheilo) qui signifie « être lié à », « sous obligation », « redevable » ou « devoir ». Commentant à ce sujet, le Pasteur M. L. Andreasen écrivit :

   Si Christ est appelé à être un grand prêtre miséricordieux et fidèle, Paul dit qu’Il doit être rendu semblable « en toutes choses » à ses frères. Ceci est obligatoire. C’est un devoir qui lui incombe et qu’il ne doit pas éviter. Il ne peut pas faire la réconciliation pour les hommes, à moins de prendre place parmi eux et de devenir comme eux en toutes choses. Ce n’est pas une question de choix. Il faut, Il doit, Il se doit de, Il est sous l’obligation de, Il est enjoint de. A moins d’avoir à lutter avec les mêmes tentations que les hommes rencontrent, Il ne peut sympathiser avec eux. Une personne n’ayant jamais eu faim, n’ayant jamais été faible et malade, et n’ayant jamais lutté contre des tentations ne peut pas sympathiser avec ceux qui sont ainsi affligés. (Letters to the Churches [2], série A, no. 1, p. 6 ; italiques dans l’original)

   Quelqu’un pourrait demander, « Dieu n’est-il pas omniscient ? Avait-il besoin de faire descendre Christ à notre niveau pour découvrir ce que nous expérimentons ? Pourquoi Christ devrait-il prendre « notre nature pécheresse sur sa nature sans péché, afin de savoir comment secourir ceux qui sont tentés » ? (Medical Ministry, p. 181) Premièrement, la Bible affirme que Christ « s’est dépouillé lui-même ». (Voir Philippiens 2 : 7) Afin de pouvoir mourir pour les péchés des hommes, Christ doit d’abord se dépouiller lui-même et laisser son immortalité. « Mais il s’humilia lui-même, et prit notre mortalité sur lui. » (The Review and Herald, 5 juillet 1887) De plus, il « se dépouilla » de son omniscience parce que les Ecritures affirment que « Jésus croissait en sagesse. » (Luc 2 : 52) Cela n’aurait pas pu se faire si, dans son humanité, il était omniscient.

   Cette vérité est vitale. A moins de lutter contre les mêmes tentations, problèmes ou épreuves, que ceux que nous cherchons à aider, nous ne pouvons pas les comprendre dans leurs épreuves. De plus, celui qui a besoin d’aide doit savoir que le sympathisant peut comprendre par expérience sa situation ! Que c’est difficile d’aider ceux qui vous regardent d’un visage plein de larmes, disant : « Tu ne peux pas comprendre ; tu n’as jamais été dans ma situation ! » Le pécheur qui comprend que Jésus a pris sur lui sa propre nature pécheresse peut prendre courage du fait que son Sauveur connaît, par expérience, l’épreuve qui est la sienne et qu’il peut comprendre par expérience le besoin du pécheur. Ainsi, il est à même d’apporter l’aide dont nous avons besoin lorsque nous sommes tentés, parce qu’il a « condamné le péché dans la chair ». (Romains 8 : 3) De plus, les Ecritures disent que Jésus « peut compatir à nos faiblesses » et que « la faiblesse est aussi son partage. » (Hébreux 4 : 15 ; 5 : 2) « Le Seigneur, l’Eternel, m’a ouvert l’oreille, et je n’ai point résisté, je ne me suis point retiré en arrière. J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je n’ai pas dérobé mon visage aux ignominies et aux crachats. » (Esaïe 50 : 5, 6) « Il a pris nos infirmités, et il s’est chargé de nos maladies. » (Matthieu 8 : 17) Dieu n’a pas exempté Jésus, et Jésus n’a pas non plus demandé à être exempté. Toutes les expériences du Christ étaient nécessaires s’il voulait aider ses frères. Les Ecritures l’affirment ainsi : « En conséquences, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères. » (Hébreux 2 : 17) Christ, le Fils du Dieu éternel, devint Jésus, le Fils de l’homme, afin que nous puissions devenir les « enfants de Dieu. » (1 Jean 3 : 1) Christ devint homme afin de pouvoir racheter l’homme. Jésus a été fait ce que l’homme est :

 

  • « l’homme…est…chair ». (Genèse 6 : 3) La Bible dit « la Parole a été faite chair. » (Jean 1 : 14)
  • L’homme est « sous la loi ». (Romains 3 : 19) « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, sous la loi. » (Galates 4 : 4)
  • L’homme est « sous la malédiction ». (Galates 3 : 10) « Christ nous a racheté de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous. » (Galates 3 : 13)
  • L’homme est « vendu au péché. » (Romains 7 : 14) « …l’Eternel mit sur lui l’iniquité de nous tous. » (Esaïe 53 : 6 ; KJV)
  • L’homme est un « corps du péché ». (Romains 6 : 6) Christ a été fait « péché pour nous ». (2 Cor. 5 : 21) 
 

   Nous voyons qu’ « il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères. » (Hébreux 2 : 17)

A.T. Jones commenta :

   Il ne faut cependant jamais oublier, mais garder constamment et pour toujours à l’esprit et dans le cœur, qu’en rien de ce qui concerne l’homme, la chair, le péché et la malédiction, Christ ne l’a été de lui-même, ou de Sa propre faute ou nature originelle. Toutes ces choses il les a « été faites », « …en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes. » [Philippiens 2 : 7]

   Et en toutes ces choses Christ fut « fait » ce qu’Il « n’était pas » auparavant, afin que l’homme puisse être fait maintenant et pour toujours ce qu’il n’est pas. (The Consecrated Way to Christian Perfection[3] p. 47 ; italiques dans l’original)

   Parmi ceux qui ont écrit les évangiles, ils sont trois à mentionner l’incarnation dès le début de leurs rapports. Matthieu et Luc mentionnent tous deux des généalogies, alors que Luc donne le plus de détails au sujet de la conception de Jésus. Luc, un médecin, relate les paroles de Gabriel à Marie : « L’ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé le Fils de Dieu. » (Luc 1 : 35) De plus, Jean écrit : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu… Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » (Jean 1 : 1, 2, 14) Celui qui était avec le Père depuis le commencement, « se dépouilla lui-même », et devint chair, chair comme celle de Marie. Pourtant, Jésus ne fut pas dégradé en s’appropriant la chair, car tout comme le relate Luc, il était « le saint enfant ».

   « Mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme. » (Galates 4 : 4) Christ doit être né d’une femme, car n’être l’enfant que d’un homme ne l’aurait pas rapproché suffisamment de l’humanité pour être le Sauveur parfait. Christ doit descendre aussi bas que nous, ou il ne peut nous atteindre. Dans la vision de Jacob, l’échelle allait tout du long de la terre au ciel. Elle n’était pas d’une ou de deux marches trop courte. Cette échelle représentait Christ. (Voir Genèse 32 : 10-16) Afin que Christ puisse descendre jusqu’en bas, il dût être « né d’une femme ». « Ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression. » (1 Timothée 2 : 14) Si Christ n’était l’enfant que d’un homme, il n’aurait pas été à la hauteur de sa mission, car la femme a péché d’abord, et le péché fut donc dans le monde avant que Adam n’ait péché.

   Marie ne pouvait pas partager aucune autre nature que la sienne avec l’embryon divin : une nature déchue. La plupart des protestants vous diront qu’ils ne croient pas au dogme Catholique de l’Immaculée Conception, mais ils sont cependant peu nombreux à en connaître l’enseignement. La plupart des gens pensent qu’il s’agit de la conception de Jésus, mais il s’agit de la conception de Marie. Le dogme enseigne :

   Par l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des apôtres bénis et de Paul, et par notre propre autorité, nous déclarons, prononçons, et définissons que la doctrine qui affirme que la Vierge Marie bénie, dès le premier instant de sa conception, par une grâce et un privilège exceptionnels de la part du Dieu Tout-Puissant, et dans l’idée des mérites de Jésus-Christ, le Sauveur de l’humanité, fut préservée de toute tache du péché originel, a été révélée par Dieu, et doit donc être fermement et sûrement crue par tous les fidèles. (Catholic belief, p. 214)

   Ainsi, cet enseignement affirme que Marie est née sans péché et fut préservée du péché afin de pouvoir être la mère du Christ sans lui transmettre une nature de péché, c’est-à-dire déchue. Alors que la plupart des Protestants d’aujourd’hui rejettent cette version de l’immaculée conception, ils en croient une autre d’après laquelle la conception de Jésus eut lieu de manière à ce que Marie ne soit rien de plus qu’une mère porteuse. Si tel était le cas, Jésus serait bien loin d’être le Sauveur dont nous avons besoin pour nous aider.

 

A l’Ecoute de la Bible

   Les éditions précédentes de Bible Readings for the Home Circle [4], un livre de référence parmi les Adventistes du 7ème Jour, reflétaient les vues des pionniers Adventistes et commentait correctement l’enseignement Biblique au sujet de l’incarnation :

   L’idée d’après laquelle Christ est né d’une mère immaculée, ou sans péché, et n’a donc hérité d’aucunes tendances au péché, raison pour laquelle il n’a pas péché, le retire du royaume d’un monde déchu, et de l’endroit même où nous avons besoin d’aide. De son côté humain, Christ hérita exactement ce que chaque enfant d’Adam hérite, - une nature de péché. Du côté divin, il fut engendré et né de l’Esprit. Et tout cela fut fait pour placer l’humanité dans une position avantageuse, et pour démontrer que d’exactement la même manière, toute personne qui est ‘née de l’Esprit’ peut obtenir des victoires sur le péché dans sa propre chair de péché. (Bible Readings for the Home Circle, p. 174, éd.1935 ; et p. 115, éd. 1915 ; italiques dans l’original)

   Cette affirmation fut altérée par le Professeur D.E. Rebok alors qu’on lui demanda de réviser le livre en 1949. Elle dit aujourd’hui :

   Jésus-Christ est à la fois Fils de Dieu et Fils de l’homme. En tant que membre de la famille humaine, « il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères » ; Dieu a voulu qu’il vienne ici bas « dans une chair semblable à celle du péché ». (Romains 8 : 3) Mais quant à la question de savoir jusqu’où va cette similitude, il s’agit d’un mystère inaccessible au commun des mortels. La Bible affirme que Christ fut tenté comme les autres hommes, « en tout d’une manière semblable »  (Hébreux 4 : 15, version de Jérusalem [5]), avec sans nul doute la possibilité de pécher. Cependant, aucun passage de la Bible ne nous permet de supposer que grâce à une « immaculée conception, » la mère du Christ aurait été miraculeusement purifiée des tares inhérentes à la race humaine, de telle sorte que son Fils fut rendu totalement incapable de pécher. (A l’Ecoute de la Bible, p. 140, 141 ; éd. 1963)

   Ce commentaire dilué ne prend pas de position claire sur la nature de Christ, d’avant ou d’après la chute.

 

La réforme continue

   La Réforme n’est pas terminée. Les enseignements papaux abondent non seulement dans les cercles Catholiques, mais dans une grande partie du Protestantisme d’aujourd’hui. Le dogme Catholique de l’incarnation est que Jésus n’est pas vraiment humain du tout, mais qu’il a une nature divine très éloignée des pécheurs. Il n’est pas dans une position qui lui permette de ressentir les besoins des hommes. Un tel Jésus n’est pas le vrai Christ, mais un faux christ, un mirage auprès duquel nous pouvons pleurer sans obtenir d’aide. Ce n’est pas là « la foi de Jésus. » Le pasteur A.T. Jones, en 1905, dit avec puissance :

   La foi de Jésus est que Dieu envoya « son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché ».

   La foi de Jésus est qu’ « il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères. »

   La foi de Jésus est qu’ « Il a pris nos infirmités » et « peut compatir à nos faiblesses, » étant tenté comme nous en toutes choses. S’il n’était pas comme nous, il ne Lui serait pas possible d’être tenté « comme nous ». Mais il fut « tenté comme nous en toutes choses. » C’est pourquoi il était « en toutes choses » « comme nous ».

   La foi de Rome quant à la nature humaine du Christ, celle de Marie et la nôtre trouve sa source dans l’idée de la pensée naturelle que Dieu est trop pur et trop saint pour habiter parmi nous et en nous dans notre nature humaine de péché ; que pécheurs comme nous le sommes, nous sommes trop loin de Lui, dans sa pureté et sa sainteté, pour venir à nous juste comme nous.

   La vraie foi – la foi de Jésus – est qu’aussi éloigné que nous soyons de Dieu dans nos péchés, il est venu vers nous là où nous sommes dans la nature humaine qu’il prit sur lui. Qu’aussi infiniment pur et saint comme Il l’est, et pécheurs, dégradés et perdus comme nous le sommes, Il veut vivre avec nous et en nous, en Christ et par son Esprit Saint pour nous sauver, nous purifier et nous rendre saints.

   La foi de Rome est que nous devons être purs et saints afin que Dieu puisse demeurer avec nous.

   La foi de Jésus est que Dieu doit demeurer avec nous et en nous afin que nous puissions être purs et saints. (The Consecrated Way to Christian Perfection, p. 38, 39 ; italiques dans l’original)

   Pourquoi les hommes ne voudraient-ils pas d’un tel Sauveur ? Certains en lisent très clairement les implications. Si Jésus vainquit avec les mêmes handicaps que les nôtres, il est alors possible pour l’homme, dans sa chair déchue, d’avoir une victoire totale. Mais si Jésus était venu dans une autre nature, comment pourrait-il alors nous demander de faire ce dont il n’a lui-même pas été capable ? La victoire même que Jésus a obtenu dans une chair déchue, semblable au péché, il souhaite la reproduire en nous dans notre chair de péché par sa présence en nous ! Jésus a dit : « Je ne puis rien faire de moi-même. » (Jean 5 : 30) « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres. » (Jean 14 : 10) Nous pouvons vaincre comme Christ a vaincu en dépendant totalement de l’aide divine pour être aidés et guidés. Christ nous a promis : « Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. » (Apocalypse 3 : 21)


 

Mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et après s’être trouvé dans la situation d’un homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. » (Philippiens 2 : 7, 8)




[1] Revue Adventiste. Retour

[2] Lettres aux Eglises. Retour

[3] La voie consacrée vers la perfection chrétienne. Retour

[4] A l’Ecoute de la Bible. Retour

[5] N.T. : La version Segond dit : « comme nous en toutes choses ». Cette traduction est plus directe et fut évitée. Retour