6. Le Jour des Expiations

 

Le Jour des Expiations

 

   En écrivant à Timothée, son « enfant légitime en la foi » (1 Tim. 1 : 2), Paul donna un conseil particulièrement pertinent pour tout chrétien Adventiste du 7ème jour :

   O Timothée, garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science. (1 Timothée 6 : 20)

   Toi, demeure dans les choses que tu as apprises, et reconnues certaines, sachant de qui tu les as apprises. (2 Timothée 3 : 14)

   L’unicité du mouvement Adventiste, la vérité qui nous a été confiée, est notre compréhension du message du sanctuaire dans le type et l’antitype. LeRoy Froom, historien d’église et apologiste, écrivit que la vérité du sanctuaire était « l’unique vérité distinctive, séparative et structurelle – le seul enseignement doctrinal qui identifie » les Adventistes de 7ème Jour « et les met à part de tous les autres Chrétiens ». (Movement of Destiny, p. 541)

   Pour comprendre cette unicité et ce dépôt, il nous faut comprendre les leçons de base du message des services du sanctuaire. Alors que le livre du Lévitique souligne différentes offrandes et différents services, Paul, dans le livre aux Hébreux, insiste sur deux services. Ces services sont l’offrande pour le péché, dont il est question dans Lévitique 4, et le jour des expiations de Lévitique 16. Paul les résume au début du neuvième chapitre de son épître aux Hébreux :

   La première alliance avait aussi des ordonnances relatives au culte, et le sanctuaire terrestre. Un tabernacle fut, en effet, construit. Dans la partie antérieure, appelée le lieu saint, étaient le chandelier, la table, et les pains de propositions. Derrière le second voile se trouvait la partie du tabernacle appelée le saint des saints, renfermant l’autel d’or pour les parfums, et l’arche de l’alliance, entièrement recouverte d’or. Il y avait dans l’arche un vase d’or contenant la manne, la verge d’Aaron, qui avait fleuri, et les tables de l’alliance. Au-dessus de l’arche étaient les chérubins de la gloire, couvrant de leur ombre le propitiatoire. Ce n’est pas le moment de parler en détail là-dessus.

   Or, ces choses étant ainsi disposées, les sacrificateurs qui font le service entrent en tout temps dans la première partie du tabernacle ; et dans la seconde le souverain sacrificateur seul entre une fois par an, non sans porter du sang qu’il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple. Le Saint-Esprit montrait par là que le chemin du lieu très saint n’était pas encore ouvert, tant que le premier tabernacle subsistait. C’est une figure pour le temps actuel, où l’on présente des offrandes et des sacrifices qui ne peuvent rendre parfait sous le rapport de la conscience celui qui rend ce culte. (Hébreux 9 : 1-9)

   Paul écrit ici au sujet d’un sacrifice quotidien et d’un sacrifice annuel. L’efficacité de ces deux services avait en réalité une seule source. Dans le type, il y avait des sacrifices pour chaque service. Dans l’antitype, un seul sacrifice suffit pour les deux services. « De même Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut. » (Hébreux 9 : 28) « Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu. » (1 Pierre 3 : 18) Remarquez comment Paul souligne le sacrifice parfait du Christ, alors qu’il continue à écrire dans Hébreux :

   Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’est pas de cette création ; et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle. Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d’une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ! (Hébreux 9 : 11-14)

   Le sang du Christ a pourvu aux moyens permettant au service du sanctuaire de purifier la conscience, ou l’esprit. N’oublions jamais que la lutte est pour l’esprit. « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus. » (Philippiens 2 : 5)

 

Le sacrifice pour le péché

   Le quatrième chapitre de Lévitique décrit quatre sacrifices différents pour le péché, qui sont pour « le sacrificateur [le grand prêtre] », « toute l’assemblée d’Israël », « un chef », « quelqu’un du peuple ». Ces quatre sacrifices étaient sacrifiés selon deux procédures différentes.

   S’il s’agissait du sacrificateur ou de l’assemblée d’Israël, un jeune taureau était offert (Lévitique 4 : 3, 14) Les procédures pour le sacrificateur et le péché de l’assemblée telles qu’on les trouve dans Lévitique 4 : 1-21, se déroulaient ainsi :

    • On apportait le taureau à la porte du tabernacle où le sacrificateur, ou les anciens (si le sacrifice était pour la congrégation) devait(ent) poser ses mains (leurs mains) sur l’animal, et confesser ses (leurs) péchés.
    • Le taureau était égorgé, et le sang était aspergé en face du voile du lieu saint ; du sang était également placé sur les cornes de l’autel en or.
    • Le reste de sang était répandu au pied de l’autel des holocaustes.
    • Les rognons, et la graisse qui entourait les rognons ainsi que le foie étaient brûlés sur l’autel des holocaustes.
    • Le reste du taureau était emporté hors du camp, dans un lieu pur, et brûlé au feu sur du bois.

   Les deux autres sacrifices pour le péché concernaient tous les individus d’Israël, mis à part le grand prêtre. Même les simples sacrificateurs étaient inclus. Le mot Hébreux pour « chef », dans lévitique 4 : 22, est נשיא (nasi), ce qui signifie prince, roi, ou dirigeant. Alors que nasi est utilisé pour décrire le chef de chacune des douze tribus, comme « prince » (Nombres 2 : 3-29), il est également utilisé pour décrire Eléazar, qui devait être le chef (nasi) des chefs (nasi) des Lévites. » (Nombres 3 : 32)

   Qu’il s’agisse d’un chef ou de quelqu’un du peuple, la procédure pour le service était la même. La principale différence consistait en ce que le chef devait apporter un bouc, alors qu’une simple personne du peuple pouvait apporter une chèvre ou un agneau. L’élément le plus marquant de ce sacrifice est peut-être le fait que le sang n’était jamais porté dans le lieu saint, et que les simples sacrificateurs officiaient. La procédure, telle qu’on peut la trouver dans Lévitique 4 : 22-35, se déroulait ainsi :

    • Le bouc, la chèvre ou l’agneau était conduit au sanctuaire, et le pécheur plaçait ses mains sur la tête de l’animal, puis confessait son péché.
    • L’animal était égorgé, et son sang mis sur les cornes de l’autel des holocaustes.
    • Le reste du sang était répandu au pied de l’autel des holocaustes.
    • La graisse qui entourait les rognons et le foie était brûlée sur l’autel.
    • Le sacrificateur mangeait un morceau de viande de l’animal, « dans le parvis de la tente d’assignation. » (Lévitique 6 : 19)

   Le résultat de ces services était clairement énoncé. Concernant le chef, il est dit : « C’est ainsi que le sacrificateur fera pour ce chef l’expiation de son péché, et il lui sera pardonné. (Lévitique 4 : 26) (Voir aussi verset 35)

   Cette expiation faite à l’autel des holocaustes représentait la croix, et avait pour résultat le pardon. Le pardon qui fut assuré au calvaire était suffisant, au point que l’homme puisse être un avec Dieu. Le Nouveau Testament en donne une très belle illustration dans Luc 23 : 39-43. Alors que le larron, pendu sur une croix à côté de Jésus demanda au Maître de se souvenir de lui dans son royaume, le bandit reçut l’assurance d’un pardon total ! Il s’agit là d’une expiation que nous ne nous risquerions pas à nier !

 

L’Expiation des Expiations                  

   Mis à part les sacrifices pour le péché de Lévitique 4, nous trouvons un autre sacrifice qualifié de sacrifice pour le péché. Ce service était accompli une fois par an, le dixième jour du septième mois. [1] Ce jour, aujourd’hui nommé le Yom Kippour (Jour des Expiations), est le jour le plus saint de l’année Juive. Il représentait le jugement et l’éradication finale du péché. [2] Les services du Jour des Expiations, tels qu’on les trouve dans Lévitique 16, se déroulaient ainsi :

    • Après avoir officié pour le service quotidien du matin dans ses vêtements de grand-prêtre, le souverain sacrificateur se lave et revêt la tunique sacrée de lin d’un simple sacrificateur (ou chef).
    • Le souverain sacrificateur présente le taureau au Seigneur, et pose ses mains sur la tête de l’animal.
    • Il présente les deux boucs, et tire au sort pour savoir lequel sera pour Jéhovah, et lequel sera pour Azazel.
    • Le grand-prêtre tue le taureau, et garde son sang.
    • Il porte le brasier et le parfum dans le lieu très saint, et met le parfum sur le feu, afin que la nuée de parfum couvre le propitiatoire.
    • Il retourne dans le parvis, et y prend le sang du taureau, qu’il porte dans le lieu très saint pour en faire sept fois l’aspersion devant le propitiatoire.
    • Le grand prêtre retourne dans le parvis, tue le bouc pour le Seigneur, et entre dans le lieu très saint pour y faire l’aspersion de son sang, comme il l’a fait avec celui du taureau.
    • Après avoir fait l’aspersion du sang, il retourne dans le lieu saint, et fait l’expiation des choses saintes.
    • C’est alors que le grand prêtre retourne dans le parvis, et fait l’expiation pour l’autel en faisant, avec son doigt, sept fois l’aspersion du sang du taureau et du bouc sur l’autel, et en en mettant sur les cornes de l’autel.
    • Le grand prêtre confesse les péchés d’Israël sur la tête du bouc vivant, et l’envoie dans le désert par l’intermédiaire d’un homme qui en a la charge.
    • Après ces services, le grand prêtre se lave, remet ses vêtements de souverain sacrificateur, et offre la graisse du sacrifice pour le péché, l’holocauste pour le peuple et son holocauste, ainsi que le bouc de l’offrande pour le péché de cette journée. (Voir The Seventh-day Adventist Bible Commentary, vol. 1, p. 706)

   De ce service découlait une purification : « Car en ce jour on fera l’expiation pour vous, afin de vous purifier : vous serez purifiés de tous vos péchés devant l’Eternel. » (Lévitique 16 : 30) Le sang de Jésus a pourvu à l’expiation de la croix, mais aussi au ministère dans le ciel. Cela donne un sens nouveau à 1 Jean 1 : 9 : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. »

   Le mot Hébreux pour expiation, כפר (kaphar), veut littéralement dire couvrir. Alors que nos péchés sont couverts par le sang, ils doivent également être éradiqués, non seulement des livres du souvenir dans le ciel, mais aussi de nos vies ! L’expiation faite à la croix pourvoit à notre pardon. Aussi importante qu’elle puisse être, elle n’est pas l’expiation totale et finale qui doit être accomplie pour que l’homme soit entièrement restauré et habilité à vivre en présence d’un Dieu saint. Une simple illustration éclaircira cela. Une mère dit à sa fille qu’elle peut aller jouer, mais ne doit pas se salir. Quelques minutes plus tard, la fille paraît à la porte en pleurant. La petite fille est tombée, et ses vêtements sont sales. La maman la regarde avec pitié. Alors qu’elle remarque l’attitude repentante de l’enfant, elle l’assure de son amour et de son pardon. Pourtant, bien qu’elle soit pardonnée, elle est encore sale, et doit être lavée ! L’expiation du Calvaire pourvoit au pardon, mais nous devons encore recevoir la purification par le sang de Jésus dans le sanctuaire céleste. « Combien plus le sang de Christ, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ! » (Hébreux 9 : 14)

   Le livre du Lévitique mentionne différents types d’offrandes qui avaient pour résultat une « expiation ». (Voir Lévitique 1 : 4 ; 4 : 26 ; 5 : 6 ; 12 : 7) Pourtant, l’expiation qui avait lieu le dixième jour du septième mois était particulièrement importante. Le chapitre 23 de Lévitique revoit les principaux sabbats cérémoniels et leur Inspiration, mais lorsqu’il se réfère au Jour des Expiations, il emploie l’imposant pluriel Hébreux pour montrer la nature supérieure de cette expiation sur toutes les autres. Nous lisons : « L’Eternel parla à Moïse, et dit : Le dixième jour de ce septième mois, ce sera le jour des expiations [kippour : pluriel en Hébreux] : vous aurez une sainte convocation, vous humilierez vos âmes, et vous offrirez à l’Eternel des sacrifices consumés par le feu. Vous ne ferez aucun ouvrage ce jour-là, car c’est le jour des expiations, où doit être faite pour vous l’expiation devant l’Eternel, votre Dieu. » (Lévitique 23 : 26-28)

   Dieu a promis : « Je rendrai les hommes plus précieux que l’or fin, je les rendrai plus précieux que l’or d’Ophir. » (Esaïe 13 : 12, KJV) Par l’expiation finale dans le ciel, Dieu prépare les 144000 afin de donner une révélation spéciale de son caractère à l’univers.

   Ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges ; ils suivent l’agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d’entre les hommes comme des prémices pour Dieu et pour l’agneau ; et dans leur bouche, il ne s’est point trouvé de mensonge, car ils sont irrépréhensibles devant le trône de Dieu. (Apocalypse 14 : 4, 5)

   Le Psalmiste déclara : « Heureux l’homme à qui l’Eternel n’impute pas l’iniquité, et dans l’esprit duquel il n’y a point de fraude. » (Psaume 32 : 2) Il n’y a rien d’étonnant que nous soyons exhortés à « …lutter de toutes les forces que Dieu nous a données pour faire partie des cent quarante-quatre milles. » (The Review and Herald, 9 mars 1905)

 


 « Nous n’avons aucun doute, et cela depuis des années, que les doctrines auxquelles nous adhérons aujourd’hui [1863] sont la vérité présente, et que nous nous approchons du jugement. (Testimonies for the Church, vol. 2, page 355). 




[1] Voir Lévitique 16 : 1-34. retour

[2] Voir The Seventh-day Adventist Source Book, p. 61-63. retour