14. La Trinité

 

SECTION 2 – La Pensée Basée sur la Performance

 et la Doctrine de Dieu

 

Chapitre 14 – La Trinité

 

   Je veux à présent m’intéresser au sujet de la Trinité car notre compréhension de Dieu affecte notre compréhension de toutes les autres doctrines.[1] Ce sujet est également relié au débat concernant le Sabbat, la Loi et la Justice – comme nous allons le voir. Remarquez le principe suivant :

Principe de Base : Il y a trois personnes de la Divinité

Supposition Sous-Jacente ou Cachée : Le statut de Divinité est uniquement attribué aux êtres de puissance inhérente absolue.

   La combinaison ci-dessus du principe de base et de supposition sous-jacente voudra que s’il existe plus d’un Être Divin (comme l’affirme notre principe), ces êtres doivent alors être co-égaux et co-éternels, sans quoi il perdraient leurs titres de Divins.

   Même si nous devrions ici examiner les suppositions sous-jacentes ou cachées, pour l’intérêt de l’exercice, poursuivons dans la même logique que celle de notre discussion au sujet du Sabbat, et cherchons à trouver des textes qui vont soutenir notre principe.

   Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection (Matt. 3 : 16, 17)

   Ici, nous voyons (1) le Fils qui se fait baptiser, (2) le Saint-Esprit qui descend comme une colombe, et (3) la voix du Père qui se fait entendre du ciel.

   Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Matt. 28 : 19). 

   Cela semble donner une preuve très concluante au sujet des trois personnes de la Divinité.

   Et qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l’Esprit, afin qu’ils deviennent obéissants, et qu’ils participent à l’aspersion du sang de Jésus-Christ : que la grâce et la paix vous soient multipliées (1 Pierre 1 : 2) !

   Ici, nous voyons tous les membres de la Divinité en activité pour notre salut – le Père, le Fils et le Saint-Esprit. 

   Jean aux sept Eglises qui sont en Asie : que la grâce et la paix vous soient données de la part de celui qui est, qui était, et qui vient, et de la part des sept esprits qui sont devant le trône, et de la part de Jésus-Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, et le prince des rois de la terre ! A celui qui nous aime, qui nous a lavés de nos péchés par son sang (Ap. 1 : 4, 5).

   Ici, nous trouvons une salutation du Père (qui est, qui était, et qui vient), du Saint-Esprit (les sept esprits, ou l’Esprit de Dieu dans sa plénitude), et de Jésus-Christ. Trois salutations montrent qu’il y a trois personnes.

   Car il y en trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, la Parole, et le Saint-Esprit, et ces trois-là sont un (1 Jean 5 : 7).

   Ce texte semble vraiment s’expliquer de lui-même – il y a définitivement trois Personnes.

   Ajoutons à présent quelques preuves tirées des écrits d’Ellen White pour soutenir cela.

   Il y a trois personnes vivantes de la triade céleste[2] : au nom de ces trois grandes puissances : le Père, le Fils et l’Esprit Saint, ceux qui donnent leur adhésion au Christ par une foi vivante sont baptisés, et ces trois puissances coopéreront avec les sujets obéissant au roi céleste dans leurs efforts pour vivre la vie nouvelle en Christ. (Evangelism, p. 615 ; Evangéliser, p. 550)

   Dieu, le Christ et le Saint-Esprit, dignitaires célestes et éternels, les armant [les disciples] d’une force surhumaine… allaient faire avancer l’œuvre avec eux, et convaincre le monde de péché. (Evangéliser, p. 551)

   Vous êtes nés en Dieu, et vous vous trouvez sous le regard et la puissance des trois Etres les plus saints du ciel, qui peuvent vous garder de tomber. (Manuscript Releases, vol. 7, p. 267).

   Faites simplement appel aux trois grands Dignitaires, et dites ; vous savez que je ne peux accomplir cela de mes propres forces. Il vous faut œuvrer en moi, et par moi et au travers de moi, sanctifiant ma langue, sanctifiant mon esprit, sanctifiant mes paroles, et me conduisant vers une position où mon esprit sera sensible aux mouvements de l’Esprit de Dieu sur ma pensée et mon caractère (Idem, p. 268).

   La Divinité fut émue de pitié pour la race, et le Père, le Fils et le Saint-Esprit s’offrirent eux-mêmes sur la croix pour la réalisation du plan de la rédemption (Counsels on Health, p. 222).

   Je pense que pour tout lecteur candide, nous avons bien prouvé le principe de base selon lequel il y a trois personnes de la Divinité. Penchons-nous maintenant sur certains passages à difficultés potentielles. Je vais en présenter un certain nombre dans leur ordre scripturaire.

   Ecoute, Israël ! L’Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel. (Deut. 6 : 4)

   L’Eternel m’a possédée dès le commencement de ses voies, avant ses œuvres les plus anciennes. J’ai été établie dès le commencement, avant l’origine de la terre. Je fus enfantée quand il n’y avait point d’abîmes, point de sources chargées d’eaux ; avant que les montagnes fussent affermies, avant que les collines existassent, je fus enfantée ; il n’avait encore fait ni la terre, ni les campagnes, ni le premier atome de la poussière du monde. Lorsqu’il disposa les cieux, j’étais là ; lorsqu’il traça un cercle à la surface de l’abîme, lorsqu’il fixa les nuages en haut, et que les sources de l’abîme jaillirent avec force, lorsqu’il donna une limite à la mer, pour que les eaux n’en franchissent pas les bords, lorsqu’il posa les fondements de la terre, j’étais à l’œuvre auprès de lui, et je faisais tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence (Prov. 8 : 22-30).

   Et toi, Bethléhem, Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël, et dont les issues sont dès les temps anciens, dès les jours de l’éternité (Michée 5 : 1)

   Car Dieu a tant aimé le monde qui a donné son Fils Unique-Engendré, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle (Jean 3 : 16, KJV).

   Jésus reprit donc la parole, et leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils le fait aussi pareillement (Jean 5 : 19).

   Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même (Jean 5 : 26).

   Jésus leur dit : Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé (Jean 8 : 42).

   Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous (Jean 14 : 16-18).

   Quand le consolateur sera venu, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi (Jean 15 : 26).

   Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus-Christ (Galates 1 : 3). 

   Note : Quasiment toutes les lettres de Paul dans le Nouveau Testament sont introduites avec cette formulation. Il offre la grâce de la part du Père et du Fils. Il ne mentionne pas le Saint-Esprit.

   Néanmoins pour nous il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes (1 Cor. 8 : 6).

   Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous (1 Cor. 15 : 28).

   Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde, et qui, étant le reflet de sa gloire et l’empreinte de sa personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante, a fait  la purification des péchés et s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts, devenu d’autant supérieur aux anges qu’il a hérité d’un nom plus excellent que le leur (Héb. 1 : 1-4). 

   Chacun de ces textes pose des problèmes potentiels pour un concept Trinitaire. Etant donné que nous avons clairement prouvé qu’il y a trois personnes de la Divinité, il serait naturel à présent d’appliquer le principe que nous avons déjà établi. Mais avant de faire cela, considérons certaines déclarations d’Ellen G. White qui pourraient également poser un problème à une position Trinitaire courante.

   Le Souverain de l’univers n’était pas seul dans l’accomplissement de son œuvre de bienfaisance. Il avait un associé – un collaborateur capable d’apprécier ses dessins et de partager la joie qu’il trouve dans le bonheur de ses créatures. « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. » Jean 1 : 1, 2. Christ, la Parole, le seul engendré de Dieu, était un avec le Père éternel – un par sa nature, par son caractère, par ses desseins – le seul être qui pouvait entrer dans tous les conseils de Dieu, et partager tous ses desseins. « On l’appellera le Conseiller admirable, le Dieu fort, le Père d’éternité, le Prince de la Paix. ». Esaïe 9 : 6 « Celui dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours éternels. » Michée 5 : 2 Et le Fils de Dieu déclare à Son sujet : « L’Eternel m’avait auprès de lui quand il commença son œuvre, avant même ses créations les plus anciennes. J’ai été formé dès l’éternité, dès le commencement, dès l’origine de la terre… Quand il posait les fondements de la terre, j’étais auprès de lui, son ouvrière. J’étais ses délices tous les jours, et sans cesse je me réjouissais en sa présence. » (Proverbes 8 : 22-30) (Patriarchs and Prophets, p. 34).

   Contester la suprématie du Fils de Dieu, et blâmer ainsi la sagesse et l’amour du Créateur, telle fut dès lors la détermination de ce prince des armées célestes. En vue du succès de ce dessein, il [Satan] résolut d’utiliser toute l’énergie d’une intelligence surpuissante qui, après Christ, était la première parmi les armées de Dieu. …Le Roi de l’univers réunit les armées célestes pour leur faire connaître la vraie position de son Fils et le caractère de ses relations avec tous les êtres créés. Le Fils de Dieu partageait le trône du Père, et la gloire de Celui qui est éternel, et existe de lui-même, entourait les deux.[3] Autour du trône se rassembla, par « myriades de myriades et milliers de milliers », (Apocalypse 5 : 11) la foule innombrable des saints anges, placés dans l’ordre de leur rang, à la fois ministres et sujets, mais tous nimbés de la gloire dont rayonne le trône de la Divinité. Devant cette multitude, le Roi déclara que personne, si ce n’est Christ, le Seul Engendré de Dieu, n’était admis à entrer pleinement dans ses conseils, et que c’est à lui qu’était confiée l’exécution des desseins grandioses de sa volonté. (Idem, p. 36)

   Le grand Créateur assembla l’armée céleste, afin de pouvoir conférer un honneur particulier à son Fils en présence de tous les anges. Le Fils était assis sur le trône avec le Père, et la multitude des saints anges était réunie autour d’eux. Le Père fit alors connaître qu’il avait lui-même ordonné que Christ, son Fils, devait être son égal ; de manière à ce qu’où que se trouvait la présence de son Fils, c’était tout comme sa propre présence. La parole du Fils devait être obéie aussi promptement que la parole du Père. Il avait investi son Fils d’autorité pour commander l’armée céleste. En particulier, son Fils allait œuvrer en union avec lui dans la création anticipée de la terre et de tous les êtres vivants qui allaient y habiter. Son Fils allait accomplir sa volonté et ses desseins, mais ne ferait rien de sa propre initiative. La volonté du Père s’accomplirait en lui. ...Christ avait été impliqué dans le conseil spécial de Dieu en rapport avec ses plans, alors que Satan n’avait pas été mis au courant. Il ne comprenait pas les plans de Dieu, et n’était pas en droit de les connaître. Mais Christ fut reconnu souverain du Ciel, d’une puissance et d’une autorité semblables à celles de Dieu lui-même (The Spirit of Prophecy, vol. 1, p. 17, 18).

   Une fois la terre créée, ainsi que les animaux qui la peuplaient, le Père et le Fils mirent en œuvre leur plan prévu avant la chute de Satan, celui de créer l’homme à leur propre image. Ils avaient œuvré ensemble dans la création de la terre et de tous les êtres vivants qui s’y trouvaient. A présent, Dieu dit à son Fils, « Faisons l’homme à notre image » (Idem, p. 24)

   Dieu, en conseil avec son Fils, forma le projet de créer l’homme à leur propre image (The Review and Herald, 24 février 1874).

   Ces paroles mettent en évidence le grand principe qui est la loi de la vie pour l’univers. Le Christ a tout reçu de Dieu, et il l’a pris pour le donner. Il en est ainsi du ministère qu’il exerce dans les parvis célestes en faveur de toutes les créatures : par l’intermédiaire du Fils bien-aimé la vie du Père se répand sur tous ; elle retourne par l’intermédiaire du Fils sous forme de louanges et de joyeux service, telle une vague d’amour, vers la grande Source universelle. Ainsi, à travers le Christ le circuit bienfaisant est complet, représentant le caractère du grand Donateur, la loi de la vie (Jésus-Christ, p. 11)

   Encombré de l’humanité, Christ ne pouvait pas être personnellement en tous lieux ; c’est pourquoi il était avantageux pour eux qu’Il les quitte, qu’Il aille vers son Père, et qu’Il envoie l’Esprit Saint pour qu’il soit son successeur sur la terre. L’Esprit Saint est Lui-même, dépouillé de la personnalité humaine, et indépendant de celle-ci. Il allait se représenter lui-même comme l’Omniprésent, partout présent par Son Esprit Saint. (Manuscript Releases, vol. 14, p.23)

   Chacune de ces citations pose de sérieux problèmes pour un lecteur candide, si nous les acceptons pour ce qu’elles disent. Pour l’intérêt de l’exercice, suivons une fois de plus la suite logique qui consiste à soutenir le principe de base sans remettre en question ses suppositions cachées.

 

[1] « Les plus grandes vérités du christianisme sont toutes reliées à la doctrine de la personnalité de Dieu. » (The Review and Herald, “The Personality of God”, 13 février 1919, p. 4)

[2] NT. La préposition anglaise est bien « of » et non « in », il s’agit donc bien « de la triade céleste », et non « dans la triade céleste », comme le traduit le livre Evangéliser, en français. Une recherche dans le CD-ROM d’Ellen G. White montre qu’elle n’a jamais utilisé la préposition « in » dans ce contexte.

[3] NT. Les véritables attributs du Père ont été omis dans la traduction française. Dans Patriarches et Prophètes p. 12, ce passage est traduit : « Sur un même trône étaient assis le Père et le Fils ; une même auréole de gloire les entourait ». A qui appartient le trône ? La gloire de qui entourait les deux ? Lequel des deux est éternel et existe de lui-même ?