19. Avec une Supposition Sous-jacente Basée sur la Relation

 

Chapitre 19 – Avec une Supposition Sous-jacente Basée sur la Relation

 

   Alors retournons à notre proposition Trinitaire d’origine, en ayant conscience que la supposition sous-jacente est fausse et réellement fondée sur des raisonnements humains découlant du mensonge « vous ne mourrez point ». 

Principe de Base : Il y a trois personnes de la Divinité (Partiellement vrai).

Supposition Sous-Jacente ou Cachée : Le statut de Divinité est uniquement attribué aux êtres de puissance inhérente absolue (Entièrement faux).

   Etant donné que la supposition sous-jacente est entièrement fausse, cela faussera la compréhension du principe de base et transformera la vérité de Dieu en un mensonge. Un tel mensonge nous conduira à adorer la créature plus que le Créateur (Rom. 1 : 25).

   Revoyons la question avec une supposition sous-jacente relationnelle :

Principe de Base : Il y a trois personnes de la Divinité (Partiellement vrai).

Supposition Sous-Jacente ou Cachée : Le statut de Divinité est uniquement attribué par le Père par l’hérédité relationnelle (Vrai).

   Dans cette approche, c’est Dieu qui détermine comment quelqu’un ou quelque chose est Divin. Il est Le Seul à pouvoir déterminer cela ; l’homme n’a aucun droit d’imposer à Dieu ses idées au sujet de la Divinité. Une telle imposition sous-entend de l’idolâtrie.

   Remarquez la citation suivante : 

   Ces paroles mettent en évidence le grand principe qui est la loi de la vie pour l’univers. Le Christ a tout reçu de Dieu, et il l’a pris pour le donner. Il en est ainsi du ministère qu’il exerce dans les parvis célestes en faveur de toutes les créatures : par l’intermédiaire du Fils bien-aimé la vie du Père se répand sur tous ; elle retourne par l’intermédiaire du Fils sous forme de louanges et de joyeux service, telle une vague d’amour, vers la grande Source universelle. Ainsi, à travers le Christ le circuit bienfaisant est complet, représentant le caractère du grand Donateur, la loi de la vie (Jésus-Christ, p. 11)

   Cette citation est parfaitement compréhensible en nous basant sur notre nouvelle supposition sous-jacente. Le Père est la fontaine de la vie (Jér. 2 :13). Cette vie procède du Père par le Fils et se répand sur l’univers. Cela est clairement révélé dans 1 Corinthiens 8 : 6.

   Néanmoins pour nous il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes (1 Cor. 8 : 6).

   Lorsque nous comparons le passage ci-dessus avec un autre passage d’Ephésien, l’image est encore plus claire :

   Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. (Eph. 4 : 4-6)

   Le seul Dieu est clairement le Père et le seul Seigneur est Jésus-Christ. Certains ont essayé de réfuter cela en affirmant que si Jésus est le seul Seigneur, alors le Père ne peut être Seigneur. Une fois de plus, ce raisonnement est fondé sur une pensée de vie inhérente et indépendante. Jésus est le Seigneur, parce que cela lui fut donné du Père. Le Fils a hérité de son statut de Seigneur, et exécute son mandat de la part de son Père. Essayer de prouver une Trinité coéternelle des versets ci-dessus crée de la confusion et de l’incrédulité quant au texte. 

   Un passage souvent utilisé pour montrer que Christ est complètement séparé du Père est le suivant :

   Il possédait la vie originelle, non empruntée, non dérivée. Cette vie n’est pas inhérente à l’homme. Celui-ci ne peut l’obtenir que par le Christ. Il ne peut la gagner ; elle lui est accordée comme un don gratuit pourvu qu’il accepte le Christ comme son Sauveur personnel. « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jean 17 : 3) Voilà la source de vie ouverte pour le monde.

   Précédemment, je comprenais de ce passage que Christ avait une vie séparée du Père. Les termes « originelle, non empruntée, non dérivée » semblaient parler d’eux-mêmes, mais à cette époque, ma supposition sous-jacente était cachée. J’interprétais ce passage au travers des lunettes de la puissance inhérente auto-générée au lieu de la puissance inhérente relationnelle.

   Remarquez comment il est dit que en Christ était la vie, originelle, non empruntée, non dérivée, mais qu’il n’est pas dit comment cette Vie était arrivée là. Dit autrement, les mots « originelle, non empruntée, non dérivée » seront associés à une supposition soit basée sur la performance, soit basée sur la relation. Si nous adoptons l’approche basée sur la performance, ce passage voudra certainement dire que Christ a généré une seconde source de vie, séparée de celle du Père. Si nous adoptons un modèle relationnel, la vie qui coule du Père vers le Fils est alors maintenue comme originale, non-empruntée et non dérivée, parce qu’ils la partagent dans l’intimité et l’unité de leur relation. Cela devient une affirmation de la proximité existant au sein de la relation du Père et du Fils et de la plénitude dans laquelle le Père a donné au Fils. Une fois de plus, souvenez-vous que Ellen White n’a pas dit « Christ a généré de et par Lui-même, séparément du Père, la vie originelle, non empruntée et non dérivée. » Nous ne devons pas insérer dans le texte une supposition sous-jacente fausse.

   Jean 5 : 26 nous dit que tout comme le Père a la vie en Lui-même (originelle, non empruntée, non dérivée), ainsi Il a donné au Fils d’avoir la vie (originelle, non empruntée, non dérivée) en Lui-même. Ainsi, elle est inhérente en Christ, mais le Père la Lui a donnée comme partie de Son héritage. Nous ne l’avons pas de façon inhérente, mais nous pouvons la recevoir de la fontaine de la vie par une relation avec Christ. C’est exactement ce que dit Ellen White. Qu’elle citation merveilleuse ![1]

   Une fois de plus, cette vérité est soulignée dans la citation suivante :

   Le Roi de l’univers réunit les armées célestes pour leur faire connaître la vraie position de son Fils et le caractère de ses relations avec tous les êtres créés. Le Fils de Dieu partageait le trône du Père, et la gloire de Celui qui est éternel, et existe de lui-même, entourait les deux (Patriarchs and Prophets, p. 36).

   Cette citation parle du Père faisant connaître la vraie position de Son Fils et montre le caractère de ses relations avec tous les êtres créés. Elle doit alors sans doute présenter la véritable identité du Fils de Dieu. C’est ici que Ellen White va devoir mentionner le conseil des trois membres et les rôles qu’ils prirent pour révéler l’amour de Dieu. Mais rien de cela n’est mentionné. Au contraire, Ellen White commente sans se tromper que « Le Fils de Dieu partageait le trône du Père, et la gloire de Celui qui est éternel, et existe de lui-même, entourait les deux. » Nul doute, ‘Celui qui est éternel’ doit se référer au Père, et que la gloire du Père entourait le Fils signifie qu’au Fils fut donné la vie tout comme le Père a la vie. Il n’y a pas d’autre manière possible de comprendre ces affirmations. 

   Mais dans ce contexte, Ellen White fait d’autres déclarations qui ne peuvent absolument pas s’accorder avec une Trinité coégale. Elle continue :

   Devant cette multitude, le Roi déclara que personne, si ce n’est Christ, le Seul Engendré de Dieu, n’était admis à entrer pleinement dans ses conseils, et que c’est à lui qu’était confiée l’exécution des desseins grandioses de sa volonté (Idem).

   On se réfère au Christ comme au Seul Engendré de Dieu dans le contexte de ce qui s’est passé avant la création du monde. Elle affirme ensuite que Christ seul était admis à entrer pleinement dans ses conseils. Ces affirmations furent écrites en 1890. Elle sont postérieures à 1888 et clairement non Trinitaires. On n’a jamais cherché à les corriger ou à les altérer, ou à confesser que ces affirmations étaient fausses. Le lecteur honnête et candide ne peut pas lire ces citations honnêtement et croire que Ellen White se dirigeait vers une croyance Trinitaire. Une telle position est pour le mieux prise dans l’ignorance, et pour le pire, trompeuse.

   En ce qui concerne la citation sur la vie non empruntée et non dérivée, certains ont prétendu, comme je l’ai fait dans le passé, que si cette citation a convaincu M.L Andreasen d’abandonner sa croyance sur la Divinité en accord avec les pionniers pour une position Trinitaire, elle doit en effet être une citation trinitaire. Andreasen a fait tout un voyage pour la visiter et s’assurer qu’elle a effectivement écrit cette citation. Il passa trois semaines chez elle pour en vérifier la justesse. Mais pouvons-nous nous appuyer sur la conversion de Andreasen comme référence de ce qu’Ellen White voulait dire ? Si elle dit à Andreasen qu’elle se référait à un contexte Trinitaire et était elle-même une Trinitaire, elle a alors dû oublier de dire à son fils (qui passa bien plus de temps avec sa mère que le fit Andreasen) qu’elle pensait ainsi. En 1935, Willie White écrivit :

   Dans votre lettre, vous me demandez de vous dire ce que je comprends de la position de ma mère concernant la personnalité du Saint-Esprit. Je ne puis faire cela, étant donné que je n’ai jamais clairement compris ses enseignements à ce sujet. Il y a toujours quelque perplexité dans mon esprit quant à la signification de ses déclarations, qui semblaient parfois embrouiller ma façon superficielle de penser. J’ai souvent regretté de ne pas avoir la finesse d’esprit nécessaire pour résoudre cette perplexité, parmi d’autres. Me souvenant de ce que Sœur White écrivit dans ‘Conquérants Pacifiques’ p.47, « A l’égard de tels mystères, qui demeurent trop profonds pour l’entendement humain, le silence est d’or », j’ai pensé qu’il valait mieux de ne pas discuter, et je me suis efforcé de diriger mon esprit vers des sujets faciles à comprendre.      Alors que je lis la Bible, j’y découvre que le Sauveur ressuscité souffla sur ses disciples, ‘et leur dit, Recevez le Saint-Esprit’. Cette conception provenant de la Bible semble être en harmonie avec la déclaration dans ‘Jésus-Christ’, p. 672. Voir aussi Genèse 1 : 2 ; Luc 1 : 4, Actes 2 : 4, 8 : 15 et 10 : 44. On pourrait se référer à de nombreux autres textes avec ce passage dans ‘Jésus-Christ’. Les affirmations de certains de nos pasteurs, dans leurs efforts pour prouver que le Saint-Esprit est un individu tel que Dieu le Père et Christ, le Fils éternel, m’ont rendu perplexe, et m’ont parfois attristé. Un enseignant populaire a dit ‘Nous pouvons le considérer comme le camarade qui est là en bas pour gérer les choses’. Mes perplexités furent un peu atténuées lorsque j’appris dans le dictionnaire que l’un des sens de ‘personnalité’ était aussi ‘caractéristiques’. Les choses sont expliquées de telle manière que j’en conclus qu’il peut y avoir personnalité sans la forme corporelle que possèdent le Père et le Fils. On trouve de nombreux textes bibliques parlant du Père et du Fils, et l’absence de textes bibliques se rapportant à l’œuvre commune du Père et du Saint-Esprit, ou bien du Fils et du Saint-Esprit, m’ont porté à croire que l’esprit sans individualité est le représentant du Père et du Fils dans tout l’Univers, et que c’est par le Saint-Esprit qu’ils habitent dans nos cœurs, nous rendant un avec le Père et le Fils. » (Lettre de W. C. White à H. W. Carr, 30 avril 1935, italiques ajoutés)

   Il est clair que Willie White ne croyait pas en une Trinité de trois Etres coégaux et coéternels. Utiliser la conversion d’Andreasen au Trinitarisme comme preuve que Ellen White voulait exprimer une position trinitaire en parlant d’une vie « originelle, non empruntée, non dérivée » ne serait pas sage, étant donné qu’Andreasen n’a nulle part affirmé qu’Ellen White lui a dit être Trinitaire, ce qui l’aurait converti.

   Comme nous l’avons fait plus haut, lorsque nous considérons des citations qui semblent placer Christ sur un plan de coégalité et de coéternité avec une source de vie séparée, nous devons nous demander, « Quelle est notre supposition sous-jacente ? » Est-elle basée que la puissance inhérente auto-générée ou bien sur la puissance inhérente relationnelle ?

   La plupart des passages de l’Ecriture et des écrits d’Ellen White qui nous posent problèmes sont résolus lorsque nous faisons cela, et nous pouvons les lire dans leur contexte le plus entier et le plus universel. Cela est en soi un principe d’étude Biblique dont tous devraient se souvenir. La structure de compréhension qui permet la lecture la plus entière et son application la plus universelle est la position la plus juste.

   La position Trinitaire nous demande de limiter le sens de certains passages et de régulièrement appliquer une signification symbolique aux textes afin qu’ils s’accordent. En voici quelques exemples :

    1. Restreindre Proverbes 8 à la personnification de la sagesse.
    2. Restreindre le terme engendré à l’incarnation.
    3. Restreindre le passage de Jean 5 :26 disant que Christ a reçu la vie en Lui-même à l’incarnation
    4. Utiliser le terme un dans un sens symbolique plutôt que littéral.
    5. Considérer les rôles de Père et de Fils dans un sens plus symbolique que littéral.

   Les mêmes principes sont utilisés par les observateurs de Dimanche pour réfuter le Sabbat :

    1. Restreindre l’observation des Dix Commandements à l’Ancien Testament.
    2. Considérer le repos de Sabbat dans un sens simplement symbolique plutôt que littéral.
    3. Limiter la grâce au pardon et nier la vie Chrétienne victorieuse.

   Ne pouvons-nous pas avoir toute la Bible, sans toutes ces limites et ces restrictions qui y sont rajoutées à cause du mensonge du serpent ? L’homme ne peut que vivre par TOUTE PAROLE DE DIEU, et non pas de petites parties fondées sur des suppositions fatales.

   Lorsque nous permettons à la Bible d’avoir tout son sens dans un contexte basé sur la relation, il est assez naturel de permettre au Fils d’être littéralement le seul Fils engendré du Père. Ce n’est qu’une telle compréhension qui peut donner du sens à la citation suivante d’Ellen White :

   Le Seigneur Jésus Christ, le seul Fils engendré du Père, est vraiment Dieu en infinité, mais pas en personnalité (The Upward Look, p. 367).

   Cette citation ne peut pas être comprise dans un contexte basé sur la performance. Faire ainsi reviendrait à supposer que Jésus-Christ n’est pas vraiment Dieu. Un contexte basé sur la performance demande à ce que Christ soit égal au Père dans toutes ses facettes et dans tous les sens. Un système basé sur la relation ne demande pas cela et nous oblige pas à tordre les Ecritures afin de maintenir la coégalité. 

   Après avoir accepté que le Fils est le seul Fils engendré du Père nous sommes conduits à nous poser la question de savoir comment nous comprenons le Saint-Esprit. Comment pourrait-il s’accorder avec une position où Christ est littéralement le seul Fils engendré du Père ? Nous examinerons cela en détails au chapitre 21, mais avant cela je veux examiner quelques raisons pour lesquelles un Fils littéralement engendré n’est pas facile à accepter pour les êtres humains.

 


[1] Ce même principe s’applique au concept de la sagesse. Certains argumentent que si Christ est engendré et que Christ est la sagesse, Dieu n’était alors pas sage jusqu’à l’engendrement du Christ. Cet argument nie le courant de bénédiction du Père vers le Fils. Pour engendrer la sagesse, il faut que celui qui l’engendre l’ait d’abord en Lui-même. Le Fils est l’apogée de la sagesse parce qu’Il est la plus haute expression de la sagesse de Dieu en établissant Son royaume.