33. Structures de vie - individuelle, familiale, ecclésiale et communautaire

 

Chapitre 33 – Structures de vie – individuelle, familiale, ecclésiale et communautaire[1]

 

A. Courant de vie et de bénédiction par le canal individuel

   Même si ces trois hommes, Noé, Daniel et Job, s’y trouvaient, ils ne sauveraient que leur âme par leur justice, dit le Seigneur Dieu (Ez. 14 : 14).

   Les hommes sont sauvés en tant qu’individus, et chaque personne est finalement responsable de son salut. Le canal de bénédiction de l’individu lui vient par la prière personnelle et l’étude de la Bible. De cette manière, la personne reçoit la vie spirituelle directement de Dieu, elle est ainsi bénie et dirigée. En ce qui concerne l’instruction, la seule autorité à laquelle la conscience puisse complètement se soumettre est la Bible et la Bible seule. Nous pouvons recevoir l’instruction biblique de la famille et de l’église, mais l’individu doit éprouver tout cela par la Parole de Dieu.

   La capacité à être connecté au canal individuel dépend lourdement des structures du noyau familial et de la famille de l’église. Les enfants sont ensemencés et nourris dans les fondamentaux de la foi – la prière et la lecture de la Bible – par leurs parents. Ceux qui n’ont pas été élevés dans un foyer chrétien comme enfants spirituels sont ensemencés et nourris de ces principes dans la famille de l’église. Ainsi, les fondements du canal individuel sont développés dans les canaux de bénédiction de la famille et/ou de l’église, mais c’est ultimement le canal individuel qui est à la base du salut.

 

B. Courant de vie et de bénédiction par la structure du canal familial

   Dans le chapitre précédent, nous avons observé que la vie spirituelle coule le plus puissamment par les structures familiales. La mort et la vie contenues dans la bouche d’un père comme agent d’ensemencement et dans la bouche de la mère comme agent nourricier poseront la fondation spirituelle des enfants.

   Nous avons également remarqué que la prêtrise du père dans le foyer est vitale pour préserver ce courant de vie spirituelle dans la famille. En ce sens, le père est la source tangible pour chaque famille. C’est la raison pour laquelle Ellen White affirme :

   Le père est véritablement l’axe de la famille (Le Foyer Chrétien, p. 204).

   Nous avons aussi remarqué dans l’histoire d’Abraham que Dieu bénit Abraham afin que toutes les familles de la terre soient bénies en lui. Nous voyons ici un système d’irrigation complet, afin que la vie spirituelle coule dans les communautés. Ce courant de vie est protégé par la loi, qui permet à une personne d’être plantée près des courants d’eau (Ps. 1 : 1-4).

   Dieu créa ce système d’irrigation spirituelle, afin que nous soyons non seulement axés sur notre relation avec Dieu, mais aussi sur nos relations avec les autres. Comme le disent les Ecritures :

   En effet, nul de nous ne vit pour lui-même, et nul ne meurt pour lui-même (Rom. 14 : 7).

   S’il suffisait de maintenir une relation avec Dieu pour recevoir de lui la vie dans tous ses aspects (physiques, mentaux et spirituels), nous n’aurions pas besoin les uns des autres, et graviterions vers l’isolation plutôt que vers la communauté.

   Le courant de vie par les structures humaines protège le système relationnel de la société

et le reflet du royaume de Dieu.[2]

   Alors que l’enfant grandit, il peut développer un paradoxe spirituel entre sa conscience et l’autorité de la structure familiale. En tant qu’enfants, il nous est commandé d’honorer et d’obéir à nos parents. C’est là une autorité qui doit être respectée. Mais en ce qui concerne la foi, il nous faut considérer la Parole de Dieu comme une autorité plus grande. Remarquez le paradoxe :

   Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne (Ex. 20 : 12).

   Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi, n’est pas digne de moi (Mat. 10 : 37).

   Lorsqu’il y a un désaccord au sujet de la compréhension de la vérité, il nous faut à la fois honorer nos parents et suivre notre conscience. Cela peut se révéler extrêmement difficile à réaliser si votre famille vous demande de faire des choses directement contraires à la Bible. Dans de tels cas, l’autorité supérieure de la Parole de Dieu doit prédominer, mais cela ne signifie pas que nous cessions de respecter nos parents ou que nous nous détournions d’eux. Cesser de respecter nos parents couperait un canal de bénédiction voulu par Dieu.

  

C. L’Eglise et les communautés d’églises dépendent de la structure familiale

   Un échec dans la structure familiale conduirait à une communauté semblable à celle de Sodome et Gomorrhe, que Dieu dut détruire car ces villes avaient tant perverti la structure familiale que le système d’irrigation spirituelle ne pouvait plus fonctionner dans cette société. C’est la raison pour laquelle Dieu avertit Abraham dans Genèse 18 :

   Alors l’Eternel dit : Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? …Abraham deviendra certainement une nation grande et puissante, et en lui seront bénies toutes les nations de la terre (Genèse 18 : 17, 18).

   Nous voyons ici un lien direct entre la destruction de Sodome par Dieu, et la capacité d’Abraham à devenir une grande nation. Si Abraham n’avait pas dirigé sa famille et ses enfants après lui, son héritage aurait également été détruit tout comme Sodome. Ainsi, lorsque Dieu dit, « Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? » Il indique qu’Abraham a tiré sa leçon de Sodome et s’est assuré que sa structure familiale était préservée.

   Un autre point que nous aimerions établir quant à la bénédiction d’Abraham répandue sur toutes les familles de la terre est le suivant : l’Esprit de Christ en Abraham est transmis à ses descendants par la bénédiction. L’Esprit de Christ est préservé dans le reste d’Israël par la structure familiale. C’est ici la raison du venin de Satan contre la famille.

   La famille est donc la brique de construction clé pour l’église, la communauté et la nation. Remarquez :

   La société est composée de familles, et sera ce qu’en feront les chefs de ces dernières. C’est du cœur que procèdent « les sources de la vie », et le cœur de la société, de l’Eglise ou de la nation, c’est la famille. Le bien-être de la société, les progrès de l’Eglise, la prospérité de l’Etat dépendent des influences familiales (Le Foyer Chrétien, p. 15).[3]

   Le dessein de Dieu est que les familles terrestres soient un symbole de la famille céleste. Les foyers, fondés et dirigés selon le plan céleste, sont un des moyens les plus efficaces pour former des caractères chrétiens et faire progresser l’œuvre de Dieu (Témoignages pour l’Eglise, vol. 3. p. 71).[4]

   Si nous ouvrons nos cœurs et nos foyers aux principes divins, nous deviendrons des canaux de courants de puissance vivifiante. De nos maisons émaneront alors des rayons salutaires, portant la vie, la beauté et la fertilité là où règnent la stérilité et la désolation (The Ministry of Healing, p. 355).[5]

   Jésus veut que l’ordre du ciel, le plan du gouvernement céleste, la divine harmonie soient représentés dans son Eglise, sur la terre (Jésus-Christ, p. 685).

   La famille est également la clé principale pour la formation de l’individu. Le canal de vie individuelle se construit à partir de la plateforme du noyau familial, ou bien, si nécessaire, de la famille ecclésiale.

   Mais en termes de groupes de personnes, l’église, la communauté et la nation ont besoin d’une structure qui reflète les principes semence/nourriture de la famille. C’est ici la garantie des principes du royaume de Dieu basés sur la relation.

  

 

   Le rapport entre la famille et l’autorité de l’église est clairement exprimé dans les paroles d’Ellen White lorsqu’elle affirme :

   « Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre que l’Eternel, ton Dieu, te donne. » Les parents ont droit à un degré d’affection et de respect qui n’est dû à aucune autre personne. Dieu les tient responsables des âmes qu’il leur a confiées, et il leur ordonne de tenir sa place auprès de leurs enfants durant les premières années de leur vie. Celui qui rejette l’autorité légitime de ses parents rejette donc l’autorité de Dieu. D’après le cinquième commandement, les enfants doivent non seulement respecter leurs parents et leur obéir, mais encore les entourer d’affection et de tendresse, alléger leur charge, veiller sur leur réputation, et constituer l’appui et la consolation de leur vieillesse. Ce commandement comprend également les égards dus aux pasteurs et magistrats, comme à tous ceux auxquels Dieu a confié quelque autorité (Patriarches et Prophètes, p. 280, 281, italiques ajoutés).[6]

   Pour que les pasteurs et les magistrats soient inclus dans le cinquième commandement, les structures de l’église et de la communauté doivent être des extensions manifestes d’une structure de gouvernement familiale. Le paragraphe suivant fait le rapport avec la réception de la vie par la soumission :

   Parlant de ce précepte, l’apôtre Paul écrit que « c’est le premier commandement accompagné d’une promesse ». Pour Israël, qui s’attendait à entrer bientôt dans le pays de Canaan, la promesse envisageait une longue vie dans ce bon pays. Mais elle va plus loin : elle s’adresse à tout l’Israël de Dieu auquel est promise la vie éternelle sur une terre purifiée de la malédiction du péché (Idem, italiques ajoutés).

   Le  principe du courant de vie par la direction de l’église envers ses membres est vivement dépeint dans l’histoire de Moïse dans Exode 17 : 8-13 :[7]

   Amalek vint combattre Israël à Rephidim. Alors Moïse dit à Josué : Choisis-nous des hommes, sors, et combat Amalek ; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main. Josué fit ce que lui avait dit Moïse, pour combattre Amalek. Et Moïse, Aaron et Hur montèrent au sommet de la colline. Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort ; et lorsqu’il baissait la main, Amalek était le plus fort. Les mains de Moïse étant fatiguées, ils prirent une pierre qu’ils placèrent sous lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hur soutenaient ses mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre ; et ses mains restèrent fermes, jusqu’au coucher du soleil. Et Josué vainquit Amalek et son peuple, au tranchant de l’épée (Ex. 17 : 8-13).

   En utilisant une pensée basée sur la performance nous pourrions dire que Moïse était un peureux pour envoyer Josué se battre pendant que lui-même, son frère et Hur se rencontraient pour une petite réunion de prière. Mais dans ce texte, le canal est clairement décrit. Le succès de Josué et des soldats dépendait de la prière de Moïse. Lorsque Moïse priait, Josué et les soldats prenaient le dessus, mais lorsqu’il ne priait pas, c’étaient les Amalécites qui l’emportaient. Nous voyons Aaron et Hur assistant Moïse afin de l’aider à continuer à prier. Comme anciens, ils accomplissaient leur part afin de maintenir le canal de bénédiction opérationnel.

   Quelqu’un demandera peut-être : si Moïse était fatigué, pourquoi Aaron et Hur ne pouvaient-ils pas prendre sa place et commencer à prier ? Dans ce cas, cela aurait annulé la leçon importante du courant de bénédiction par la structure de l’autorité.

   Lorsque Josué et l’armée se sont placés sous la directive de Moïse et des anciens, ils furent bénis dans leur guerre. Quelle leçon pour les dirigeants ! Si Moïse n’avait pas fidèlement prié, de nombreuses mères et leurs enfants auraient perdu leurs pères cette nuit là.

   Jésus démontra le même principe dans le Nouveau Testament en pourvoyant à la nourriture des cinq mille hommes. Jésus était la source qui distribuait le pain et le poisson aux disciples, et puis à la multitude. La nourriture vivifiante fut distribuée par le biais d’une structure de bénédiction. Après le rassasiement des cinq mille, Jésus déclara être le Pain de Vie.[8] Il est Celui qui coule dans le canal sous la forme du Consolateur. La leçon qui se dégage de cela est que ce système ne fonctionne correctement que dans une structure.

 

D. Bénédiction reçue par la soumission à l’autorité

   C’est exactement sur ce point là que de nombreuses personnes passent à côté d’une bénédiction. Lorsque, en tant que membres d’église, nous voyons des dirigeants mal agir, nous oublions généralement la position d’autorité qu’ils tiennent et nous présentons nos plaintes dans un esprit d’accusation et de défiance. Un tel manque de soumission à l’autorité place les membres en dehors du canal de bénédiction, et il en résultera toujours du mal. En ce moment, notre église est terriblement fracturée par des querelles et des divisions. Je crois qu’une grande partie de ces divisions aurait pu être évitée si les dirigeants, ainsi que les membres, avaient mieux compris leurs rôles respectifs de semeurs et de nourriciers. Si nous voulons avoir un reste de croyants réunis dans l’unité et l’amour, admettons que les structures ecclésiales d’autorité doivent être reconnues et suivies.

   Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne le désaccord au sujet de la Divinité. Parmi les non-trinitaires prédomine un esprit d’irrespect et un manque de soumission envers l’autorité. Un tel manque de soumission annule souvent l’effet de ce qu’ils essayent d’enseigner et, c’est triste à dire, contredit complètement le principe de soumission démontré dans la vie de Jésus. S’il est vrai que nous ne soumettons notre conscience à aucun homme, je vous encourage tous à collaborer avec les structures établies par Dieu afin de recevoir une entière bénédiction.

   Que dire si vous avez été radié de l’église par des dirigeants qui ont erré ? Examinez d’abord votre cœur pour voir si vos fautes et vos faiblesses ont contribué à la discipline. Demandez à Dieu de vous guider vers une structure d’autorité pour continuer d’être béni. C’est une question difficile, qui demande beaucoup de prière et de sagesse, mais Dieu ne nous enlèvera pas le canal de bénédiction si nous sommes humbles de cœur et que nous cherchons à préserver les principes du royaume de Dieu.

 

E. Lorsque les dirigeants faillissent

   Mais que se passe-t-il si de tout évidence un dirigeant agit mal ? La clé est de rappeler à un tel dirigeant, par le processus de soumission, qu’il est une source de bénédiction pour l’église, et que nous avons urgemment besoin de la bénédiction qui lui a été donnée d’accorder. Par le processus de la soumission, nous rappelons à notre dirigeant son obligation de prendre soin du troupeau. Un esprit de défiance et de rébellion pourrait faire naître de la frustration ou de la colère en notre dirigeant, et il est garanti que nous n’obtiendrons pas ce dont nous avons besoin.

   Ce principe est très difficile à mettre en œuvre, car nous sommes tous imprégnés du mensonge « vous ne mourrez point ». Il est naturel pour nous que si une personne en position d’autorité semble contredire les Ecritures, nous pouvons aussitôt agir indépendamment d’elle, afin de faire librement ce que nous voulons. Mais la reconnaissance de l’autorité biblique par les canaux de bénédiction nous rappelle qu’il a été donné au dirigeant le pouvoir de bénir et que nous, qui sommes sous une telle autorité, devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour demander à Dieu d’ouvrir à nouveau ce canal par ce dirigeant.

   En tant que membres d’église, nous devons prier pour nos dirigeants. Ils sont des instruments de Dieu pour nous bénir ; ils sont la source de l’église afin de lui donner la vie d’une manière ordonnée.

   Nous vous implorons, frères, d’avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur, et qui vous exhortent ; maintenez-les en haute estime dans l’amour, à cause de leur œuvre. Soyez en paix entre vous (1 Thess. 5 : 12, 13 ; KJV).

   Avons-nous dans l’amour une haute estime pour nos dirigeants ? Prions-nous pour eux, ou bien murmurons-nous, nous plaignons-nous et répandons-nous des rapports sur leurs fautes et leurs faiblesses ? En tant qu’église, il nous faut faire face à cette question.

   La pensée basée sur la performance, mettant l’accent sur l’individu auto-alimenté,  ne ressent pas le besoin d’une telle structure et ne pourra jamais en saisir l’importance. Les structures servent à être exploitées pour notre promotion personnelle et deviennent un moyen de contrôle plutôt que de bénédiction.

   On me demande souvent, « Mais que se passe-t-il si après avoir suivi un processus de soumission, un dirigeant continue à suivre une voie contraire à l’Ecriture ? » D’abord il faut déterminer si Dieu considère toujours la structure canal ou l’institution qui a reçu l’appel. Si cela est clair, il nous faut alors rester dans le canal de bénédiction et demander la patience jusqu’à ce que Dieu s’occupe du problème soit par la correction, ou par le renvoi. Il est facile de prier pour la deuxième option, mais si nous aimons vraiment les frères, nous devons prier pour la première, et laisser à Dieu le soin de décider de ce qu’il adviendra.

   Nous avons précédemment parlé du paradoxe entre la famille et l’individu. Ce paradoxe s’élargit entre l’individu et l’église. Aucun homme ne peut être la conscience d’un autre, ni aucun dirigeant d’église être responsable du salut d’un autre. Aucune personne ne peut permettre à une autre de décider de sa lecture, de sa croyance, de ses relations, et de son lieu d’adoration. Toutes ces choses sont des questions de conscience. En même temps, il nous faut soumettre nos découvertes dans l’Ecriture aux dirigeants choisis de Dieu et prier afin que Dieu bénisse les conseils qu’ils nous donneront. Soutenir ce paradoxe demande beaucoup de sagesse et de patience, et par-dessus tout de la confiance en notre Père céleste.

   Malheureusement, certains croyants obéiront à l’extrême aux principes de soumission à l’autorité et choisiront de rester silencieux et de ne rien dire par crainte de perdre leur bonne réputation dans l’église. Les principes de soumission ne nous obligent pas au silence ; ils nous demandent de lancer un appel pour une explication biblique, et une prière continuelle et fervente afin d’être bénis par le canal établi par Dieu. Par ailleurs, d’autres prennent l’élément individuel du paradoxe et quittent l’église, ne pensant qu’à leur canal individuel et ignorant le lien familial qu’ils ont avec l’église. Quitter l’église sans considération pour le lien de famille avec l’église équivaut à une femme qui divorce de son mari avec lequel elle n’est plus en accord, ou qu’elle ne peut convaincre de sa position.

   Revenant au paradoxe de l’individualité et de la soumission, considérez la contradiction apparente qui suit :

   Et n’appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux (Matthieu 23 : 9).

Comparez cela avec ces versets :

   Ne réprimande pas rudement le vieillard, mais exhorte-le comme un père ; exhorte les jeunes gens comme des frères (1 Tim. 5 : 1, KJV).

   Car, quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n’avez cependant pas plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Evangile. Je vous en conjure donc, soyez mes imitateurs. Pour cela je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur ; il vous rappellera quelles sont mes voies en Christ, quelle est la manière dont j’enseigne partout dans toutes les Eglises (1 Cor. 4 : 15-17).

   Dans Matthieu, Jésus traite de l’abus de pouvoir par le corps dirigeant, et dans ce contexte, nous ne devrions pas implicitement faire confiance à un dirigeant quel qu’il soit, et nous appuyer sur son jugement sans nous référer à la parole de Dieu. En contraste avec cela, Paul demande aux hommes plus jeunes d’aimer et de chérir les agents de vérité que Dieu leur envoie de la même manière qu’un fils aimerait et respecterait un père. Il n’y a pas de contradiction ici.

 

F. Lorsque nous sommes affranchis de l’autorité du corps dirigeant établi

   Que dire des exemples bibliques où des personnes ont bravé les ordres de dirigeants et ont continué d’agir selon ce qu’ils jugeaient bon de faire ? Prenons un exemple :

   Et les ayant appelés, ils leur défendirent absolument de parler et d’enseigner au nom de Jésus. Pierre et Jean leur répondirent : Jugez s’il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu’à Dieu ; car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu (Actes 4 : 18-20).

   Les chefs Juifs ont tenté d’imposer le silence aux apôtres afin qu’ils ne parlent plus au nom du Christ en proclamant qu’Il est le Fils de Dieu. Cela est un exemple vraiment parlant pour beaucoup de ceux qui en sont venus à voir en Christ le Fils unique de Dieu. N’est-il pas juste pour ces personnes de citer ce verset,  de foncer droit devant et de présenter leurs positions sans aucune considération pour les dirigeants actuels de l’église ? C’est une question raisonnable qui mérite une réponse.

   Pendant plus de trois ans, Jésus pria et chercha à atteindre les chefs Juifs. A chaque instant, il aurait pu prendre leur place et les renvoyer, mais il ne l’a pas fait. Il continua à dire aux gens d’informer le prêtre après avoir été guéris, il approuva la femme qui mit les deux pites dans le tronc, et il continua à assister à leurs rencontres religieuses et à leurs fêtes pendant son séjour terrestre. Après sa mort, il donna aux dirigeants un peu plus de temps pour reconnaître sa mort et sa résurrection. Ils eurent cinquante jours.

   Avant de retourner au ciel, Jésus donna cette instruction importante :

   Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre (Actes 1 : 8).

   Le signe donné par Dieu aux disciples pour aller de l’avant et entreprendre leur mission était une claire manifestation de Sa puissance comme sceau d’approbation leur donnant l’autorité d’agir indépendamment de l’autorité humaine précédente établie par Dieu, mais rejetée de Lui suite à son rejet de la vérité.

   Lorsque le jour de la Pentecôte arriva, les disciples avaient prié et jeûné afin de recevoir la puissance de proclamer Jésus comme le vrai Fils de Dieu. Il y avait eu des divisions et des désaccords parmi les disciples, mais tout cela fut confessé et abandonné. C’est alors qu’après dix jours, Dieu démontra Sa puissance par la Pentecôte en répandant l’Esprit. La claire manifestation de la puissance de Dieu fut le feu vert pour présenter Christ indépendamment de l’autorité établie.

   Après cela, Pierre et les apôtres commencèrent à proclamer hardiment le nom de Christ. Des miracles accompagnèrent également leur prédication, ainsi que le don de prophétie. Toutes ces preuves indiquaient que Dieu les dirigeait directement.

   Qu’en est-il du cas de Jones et Waggoner ? L’ancienne garde ne voulait pas que leur message soit présenté. Il y eut même une lettre d’Ellen White reprenant Jones et Waggoner pour avoir présenté leurs positions sans avoir consulté leurs frères aînés.

   Après 1888 Jones, Waggoner et Prescott allèrent en tout lieu présenter ce message des plus précieux. Il se trouve qu’ils eurent l’autorité d’un prophète de leur côté. Ellen White approuva le message et fit le maximum pour l’aider à prendre de l’ampleur. Ce fut l’autorité du prophète qui leur permit d’avancer comme ils le firent.

   Sans l’autorité directe d’un prophète ou une claire manifestation de Dieu à Son peuple par le réveil ou une intervention divine, le peuple de Dieu n’est pas en droit de rejeter l’autorité en place. L’autorité de l’église Adventiste fut clairement validée par Dieu et établie par le réveil du cri de minuit en 1844, le don prophétique d’Ellen White et l’expérience de miracles allant souvent de paire avec la grande révélation de la vérité biblique. Rien n’indique que cette organisation ait déjà été entièrement rejetée de Dieu, et nous manquerions de sagesse en ignorant cela. C’est Dieu et non pas l’homme qui décide si un tel événement devrait avoir lieu, et à quel moment. Je dois reconnaître qu’étant donné les informations présentées dans ce manuscrit, il est évident que l’église s’est éloignée de la plateforme qui nous a été donnée, et qu’on y trouve de nombreux événements tristes et terribles qui en sont le fruit visible ; mais le Seigneur est plein de patience envers son Eglise, tout comme il le fut avec Israël à l’époque de Esaïe, Jérémie et Ezéchiel. Bien que les dirigeants s’étaient tournés vers de faux dieux, une période de temps fut accordée à Israël pour se repentir et revenir au vrai Dieu. Je crois que nous sommes dans ce temps-là, et c’est là une épreuve pour ceux qui voudraient voir un changement immédiat.

   Le délai de temps pousse le peuple de Dieu à attendre Ses directives. Si chaque homme se sentait libre de présenter à l’église ce qu’il pense être la vérité, nous aurions une Babylone parfaite. Un tel esprit d’indépendance, d’autosuffisance et de résistance est en contradiction complète avec la personne de Christ, qui est l’exemple parfait de soumission et de dépendance envers son Père. Christ ne fait rien sans les directives du Père. Nous ferions bien d’agir de même. De nombreuses personnes demandent, « Mais pourquoi ces choses sont-elles révélées à de nombreuses personnes ? » Je dirais que c’est afin que nous puissions les soumettre à nos dirigeants et prier pour eux. Le don de la vérité est un test pour celui qui la reçoit. La tentation est d’agir indépendamment et de ne pas accomplir notre devoir de présenter cela à nos dirigeants, en priant afin qu’ils ouvrent les canaux de bénédiction. Ceux qui refusent d’attendre et de prier sont en grand danger de tomber dans l’erreur et de rejeter le cœur même de ce que Christ nous enseigne – de nous soumettre à une personne en position d’autorité.

   Si nous sortons d’une autorité établie dans un esprit de défiance et de colère contre les dirigeants, nous allons reproduire cet esprit dans toute organisation dont nous allons faire partie. Cet esprit est alors transmis à tous ceux qui se mettent sous son influence. Deuxièmement, si nous sortons sans la bénédiction directe du Seigneur, nous nous exposons à un esprit d’autojustification, qui se manifeste en cherchant à prouver l’apostasie de l’organisation que nous avons quittée. Ce processus conduit à la propre justice – « nous sommes meilleurs que vous ». Alors que cela n’était pas l’intention initiale, ça en sera toujours le résultat inévitable. Nous faisons bien de nous souvenir du Psaume qui dit, « Si l’Eternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain » (Ps. 127 : 1).

   Le Seigneur doit construire la maison et poser le fondement du corps dirigeant qui comprend le principe vital de la soumission, de l’amour de la direction, et du processus d’appel. Sans ces éléments, « ceux qui la bâtissent travaillent en vain ».

 

G. Un processus suggéré pour les membres d’église

   Si, après avoir lancé des appels, nous n’avons pas obtenu de réponses scripturaires, si nous avons pris suffisamment de temps pour être entendus et nous assurer de ne pas errer, étant engagés dans un processus de prière fervente et d’amour pour nos dirigeants, il est alors légitime de déclarer notre position, non pas en essayant de gagner des personnes à notre position, mais en affirmant aux dirigeants que notre conscience est liée par la Parole de Dieu et que nous ne pouvons pas l’abandonner. Je suggère que des appels soient lancés par ceux qui sont membres, afin d’informer les dirigeants de leur position et de les exhorter à agir dans le meilleur intérêt de la congrégation.

   Cet appel est une invitation lancée aux dirigeants afin qu’ils puissent s’assurer de bien agir en priant, et en relisant soigneusement vos propositions. C’est également une soumission envers eux, leur disant que s’ils souhaitent utiliser l’autorité que Dieu leur a donnée de vous radier, vous l’accepterez comme la volonté de Dieu.

   Pendant tout ce temps, vous prierez afin d’obtenir une bénédiction par l’intermédiaire des dirigeants, en plaidant afin que Dieu vous bénisse par ceux que vous êtes venus à aimer si chaleureusement par vos prières pour eux. Je crois que cela nous place dans la meilleure position qui soit pour permettre à Dieu d’agir en notre faveur. Si les dirigeants établis par Dieu refusent de nous bénir, tandis que nous demandons une bénédiction de Dieu, alors notre Père bien-aimé du ciel interviendra certainement. Soit les dirigeants répondront à l’Esprit et leurs yeux s’ouvriront sur la vérité, soit Dieu les retranchera. S’ils échouent ici, les dirigeants auront alors provoqué la colère de Dieu et devront faire face au jugement pour avoir maltraité leur troupeau. Je craindrais pour tout dirigeant se trouvant dans une telle situation, et je prierais afin que Dieu ait pitié de lui. Je crois personnellement qu’un processus de soumission accélérera réellement un changement dans la situation actuelle de l’église. Si nous restons soumis à la direction et prions pour obtenir une bénédiction, le besoin d’une réforme ou d’un changement dans la direction se présentera plus puissamment devant le Seigneur. Mais si nous nous soustrayons au canal établi et commençons notre propre œuvre, aucune pression ne s’exerce alors sur la direction, et le bras de Dieu ne peut se lever pour agir.

   Je crois qu’en suivant cette procédure, au moment où nous serons obligés de rejoindre un autre groupe, nous éviterons d’apporter aux croyants un esprit d’autosuffisance et de rébellion, en accord avec le proverbe suivant :

   Mon fils, mange du miel, car il est bon ; un rayon de miel sera doux à ton palais. De même, connais la sagesse pour ton âme ; si tu la trouves, il est un avenir, et ton espérance ne sera pas anéantie (Prov. 24 : 13, 14).

   Si nous restons attachés aux principes du gouvernement de Dieu, le bon goût du miel, qui se trouve dans la loi de Dieu, sera pour nous. Sa bénédiction reposera sur nous, et notre espérance ne sera pas anéantie.

   Pour ceux qui ont quitté l’église dans la déception et l’amertume, je vous exhorterais à considérer ces sentiments comme des semences qui seront transmises à tous ceux que vous enseignez ou influencez. Aussi loin que je puisse voir, le seul remède à cela est de demander pardon aux dirigeants d’église pour toute mauvaise attitude manifestée. Ce processus lui-même ouvre une chance pour un dialogue potentiel. Il est très difficile pour un dirigeant de renvoyer une personne gracieuse et soumise. Cela permet à l’esprit de Christ de leur parler pendant les heures de la nuit. Je demanderais également à ceux qui ont quitté l’église de renouveler leur prière pour les dirigeants. Priez pour eux dans l’amour et priez pour leur famille, afin que Dieu soit miséricordieux envers eux. Cet esprit d’amour et de grâce protège l’âme de l’orgueil et de l’autosuffisance. Je conseillerais également fortement à quiconque dans cette situation de ne pas distribuer de la documentation sur la propriété de l’église, ou de chercher des personnes afin de présenter votre position. Si l’on vous demande ce que vous croyez, vous êtes en droit de répondre, mais cherchez à être transparents en toutes choses avec la direction de l’église.

   C’est une question difficile qui demande beaucoup de prières et de sagesse, mais Dieu ne nous enlèvera pas le canal de bénédiction si nous sommes humbles de cœur et que nous cherchons à préserver les principes du royaume de Dieu.

 

H. La pluie de la première saison reconstruit les structures

familiales/communautaires en préparation pour la pluie de l’arrière saison

   Avec toutes ces choses à l’esprit, la préparation pour la pluie de l’arrière saison implique une restauration du système d’irrigation au sein des familles, qui alimente alors les églises et la communauté – une telle restauration nécessite la venue d’un enseignant de la justice (la première pluie), afin d’orienter les cœurs des membres de la famille vers la bonne structure familiale – une structure qui reflète l’image de Dieu.

   Lorsque nos structures familiales sont restaurées à l’image de la structure de la Divinité par la suppression des montagnes et des vallées par Elie, une voie sera alors ouverte pour notre Dieu, le système d’irrigation sera alors réparé, l’amour coulera dans sa plénitude, et Dieu sera révélé dans la pluie de l’arrière saison (Esaïe 40 : 1-12).

   La préparation pour la pluie de l’arrière saison sera donc une réponse à l’enseignant de la justice qui fait les choses suivantes :

1. Nous enseigne que Christ a réclamé notre filialité par Son baptême et Sa victoire dans le désert.

2. Etant Ses enfants, nous pouvons vraiment apprécier le don du Fils bien-aimé de Dieu pour nous sur la croix.

3. Ce don montre que le centre, ou trésor de notre cœur est passé de nous-mêmes à la fontaine de la vie – notre Père céleste.

4. Nous sommes alors correctement instruits dans la loi, la loi qui restaure la véritable identité de Dieu ainsi que de nous-mêmes, et rétablit le système du courant de vie.

5. Une compréhension juste de Dieu et de Sa structure pour le courant de vie impacte nos structures, puisque nous sommes créés à Son image, et commence une restauration dans l’unité familiale.

6. Toute cette œuvre fait partie du message d’Elie. Elie dirigea à nouveau l’attention du peuple sur la loi de Dieu, et exposa leur fausse adoration de Dieu.

7. Lorsque nos structures familiales sont restaurées, les bénédictions se déverseront sur nos familles et nos églises, et retrancheront les montagnes de l’orgueil et les vallées de la dépression.

8. Nous serons alors prêts pour le déversement de la pluie de l’arrière saison, qui nous préparera pour la translation.

   Ecouterons-nous la voix d’Elie en tournant nos cœurs vers les pères, et les pères tournant leurs cœurs vers leurs enfants ? Chercherons-nous à clarifier le Dieu que nous adorons, et à voir si ce Dieu est construit sur un système basé sur la performance ou sur un système basé sur la relation ?

   Mon souhait est que vous considériez ces choses dans la prière, que vous les présentiez au Seigneur, et que vous éprouviez toutes choses, dispensant droitement la Parole de Dieu sur un système de valeur et une compréhension de la source de vie juste, libre du mensonge du serpent – « Vous ne mourrez point ».

   Comme le fils prodigue, reviendrons-nous vers le Père, déterminés à être à nouveau admis comme un serviteur employé, ou bien allons-nous, sous la bénédiction du jugement investigatif, permettre à la Parole de pénétrer notre pensée de performanceet croire vraiment la Parole de Dieu qui nous dit, « Tu es mon fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection » (basé sur Mat. 3 : 17) ?



[1] « Le monde spirituel est semblable au monde naturel. La vie humaine est préservée heure après heure par la puissance divine ; cependant, ce n’est pas par un miracle direct, mais par l’utilisation des bénédictions placées à notre portée » (The Spirit of Prophecy, vol. 3, p. 419).

 

[2] « L’Eternel veut placer tous les hommes sous son pouvoir miséricordieux et remplir la terre de joie et de paix Il nous a créés pour le bonheur, et son plus ardent désir est d’inonder les cœurs de la paix céleste. Il veut que chaque famille terrestre soit l’image de la grande famille du ciel » (Paraboles, p. 251).

[3] Adventist Home, p. 15.

[4] Testimonies for the Church, vol. 6. p. 430.

[5] Le ministère de la guérison, p. 300.

[6] Patriarchs and Prophets, p. 308.

[7] Pour une présentation plus en profondeur sur ce sujet, téléchargez le sermon « A Leader’s Prayer » sur http://www.maranathamedia.com.

[8] « Voici, il a frappé le rocher, et des eaux ont coulé, et des torrents se sont répandus ; pourra-t-il aussi donner du pain, ou fournir de la viande à son peuple ? » (Ps. 78 : 20)