35. Mon expérience personnelle

 

SECTION 7 – COMMENT RÉPONDRONS-NOUS ?

 

Chapitre 35 – Mon expérience personnelle

 

Il a été dit que l’acceptation de la vérité passe par trois étapes :

1. Résistance intense

2. Investigation approfondie

3. Acceptée comme totalement évidente

   C’est exactement ce qui m’est arrivé au sujet de la vérité concernant Dieu et Son Fils. Je fus d’abord exposé à l’idée que la Trinité est incorrecte il y a quatorze ans.[1] Cela impliqua une discussion de sept heures avec des amis me laissant relativement perturbé. Je ne pouvais pas comprendre comment mes amis, qui étaient de solides étudiants de la Bible, pouvaient rejeter l’enseignement biblique si évident de la Trinité. Mes réponses étaient dictées par un haut niveau d’émotion. J’étais inquiet pour mes amis – ils tombaient dans l’hérésie, et je voulais désespérément les sauver. J’ai également réalisé que l’acceptation de telles croyances me coûterait très cher. Mes émotions me poussèrent à tordre ce qu’ils disaient pour prouver qu’ils étaient dans l’erreur. C’est là un mécanisme de défense personnelle très puissant lorsque le cœur de votre foi est remis en question. J’ai partagé la vérité du Sabbat à plusieurs reprises, et j’ai souvent vu des personnes tordre mes paroles pour tenter de détruire ma crédibilité dans leurs esprits.

   Ainsi, lorsque j’ai pour la première fois entendu parler de la question de la Divinité il y a quatorze ans, je me suis arrangé pour tordre avec succès ce que disaient mes amis, ou pour intentionnellement éviter de comprendre leurs propos afin de maintenir ma position. Je déplaçais la discussion du sujet vers les personnes. Je commençais à observer leur manque d’équilibre. Je me rassurais moi-même avec mes autres amis Trinitaires, tout en riant avec eux des idées folles de la croyance en une Divinité inspirée des pionniers, et de l’esprit déséquilibré de mes amis.

   Pendant les sept années suivantes, le Seigneur travailla sur mon attitude. Finalement, je fus convaincu que même si j’étais en désaccord avec mes amis non Trinitaires, il n’était pas chrétien de me moquer d’eux et de tourner leurs idées en dérision, alors que je n’avais moi-même pas sérieusement approfondi le sujet.

   Je suis allé vers mes amis et me suis excusé de mon attitude, puis j’ai commencé à lire quelques documents sur la question. J’étais à présent passé de mon état de résistance intense à la deuxième étape d’investigation approfondie.

   Après avoir lu de nombreux livres, j’ai compris qu’il y avait au moins deux alternatives à cette discussion. Je pouvais apprécier la clarté du Père et de Son Fils engendré. Je me souviens m’être agenouillé en disant, « Seigneur, si c’est ici la vérité, je suis prêt à l’accepter ». Mais certaines études que j’ai lues me semblaient effectivement déprécier la Divinité de Christ, et il y avait aussi les citations dans Evangéliser et à d’autres endroits qui parlaient clairement de trois Personnes. Je ne pouvais pas résoudre le problème. Pour moi, les problèmes que soulevaient la Divinité selon les pionniers étaient les suivants:

1. La citation « Vie originelle, non empruntée, non dérivée. »

2. La citation « Il n’y eut jamais un temps où Christ n’était pas en communion intime avec le Père. »

3. La question de l’égalité du Fils, et de la préservation de Sa divinité.

4. La question d’un autre Consolateur.

5. L’expérience de M.L. Andreasen.

6. La manière dont les croyants en la Divinité selon les pionniers semblaient suggérer que les écrits d’Ellen White ont été modifiés.

7. Le fait qu’à la fin de sa vie, James White affirma que la compréhension qu’avaient les évangéliques de la divinité du Christ était si proche de la sienne qu’il ne voyait pas l’intérêt de débattre la question. Cela me poussait à croire que ceux qui avaient foi en la Divinité selon les pionniers exagéraient largement l’importance de cette question secondaire.

8. L’irrespect manifesté envers les dirigeants de l’église par certains de ces croyants, qui distribuaient des livres dans le dos du pasteur et ciblaient de nouveaux convertis.

9. Je compris que certains d’entre eux affirmaient qu’il n’y a pas de Saint-Esprit.

10. Le fait de lier la question de la Trinité avec l’Oméga. Cela me semblait être démesurément alarmiste et sensationnel ; particulièrement lorsqu’un de ces croyants en parlait lors d’un premier contact.

11. L’insistance de ces croyants sur la personnalité de Dieu, que je percevais comme une concentration démesurée sur les mécanismes de la relation dans la Divinité. Je ne pouvais pas voir comment cela affectait le caractère de Dieu. Cela n’avait pas de sens pour moi.

 

Les questions qui me poussèrent à favoriser la Divinité selon les pionniers étaient les suivantes :

1. Jean 3 : 16 et Jean 5 : 26, et les véritables identités du Père et du Fils. Cela semblait permettre une lecture plus franche de la Bible.

2. La position de nos pionniers.

3. Les citations d’Ellen White dans Patriarches et Prophètes, et The Spirit of Prophecy, vol. 1, qui parlaient de Christ comme étant le SEUL être pouvant entrer dans les conseils de Dieu, et affirmant que Lucifer était second en autorité après Christ.

4. Proverbes 8, en rapport avec la sagesse, et 1 Corinthiens 1 : 24 et 30, se référant à Christ comme étant la sagesse, et le soutien d’Ellen White disant que Proverbes 8 décrit Christ (Patriarches et Prophètes, p. 10).

5. Le fait qu’Ellen White n’utilisa jamais le mot Trinité, et n’écrivit jamais contre les croyances des pionniers à ce sujet.

6. Le message de la justification par la foi donné par Jones et Waggoner était clairement enraciné dans une structure de Divinité selon les pionniers.

7. Que Christ aurait pu venir juste après 1888, alors que la plupart de l’église défendait encore une compréhension de la Divinité selon les pionniers.

8. La doctrine de la Trinité était la doctrine centrale de Rome.

9. La suggestion que Dieu jouait des rôles me posait problème.

   J’étais partagé face à cette question, et je ne pouvais pas résoudre le problème. Certains aspects de la Divinité selon les pionniers étaient attractifs, mais il y avait encore trop d’obstacles infranchissables pour moi. Durant les sept années suivantes, j’ai décidé de rester ouvert à ce sujet. Je préférais la position Trinitaire, parce que je ne pouvais voir aucun autre moyen de préserver l’égalité de Christ avec le Père, et préserver l’expiation divine. Mais j’éprouvais de la sympathie pour la compréhension de la Divinité selon les pionniers. Pendant ce temps, j’ai remarqué que certains Adventistes étaient radiés à ce sujet. D’un côté, je pouvais voir des gens perturbateurs, distribuant de la documentation, exprimant des positions contraires à la conférence générale, disant constamment que l’église était dans l’apostasie, et prenant un air renfrogné pour montrer qu’ils iraient de l’avant dans leur propre intérêt et celui de l’église. D’un autre côté, lorsque les gens ne faisaient qu’exprimer leurs convictions et chercher des réponses sans devenir agressifs, je trouvais que la radiation de telles personnes faisait de nos vingt-sept croyances fondamentales un crédo, et cela me rendait extrêmement nerveux.

   Pendant les sept années suivantes, je crois que Dieu m’a ouvert l’intelligence sur la manière de comprendre les questions d’égalité. Cela était en effet la question clé. Les concepts décrits dans les premiers chapitres de ce livre commençaient à se faire jour en moi, et je me mis à saisir l’importance de la filialité en rapport avec la capacité d’échapper à la pensée basée sur la performance. Mise à part la nouvelle sensation de liberté face à l’orgueil et à la peur que j’ai commencé à expérimenter, j’ai aussi commencé à percevoir la Bible et l’Esprit de Prophétie sous un angle entièrement nouveau. Mon trésor et ma valeur commençaient à passer de moi-même à mon Père. Mon esprit s’est alors ouvert à une manière relationnelle plus profonde de penser. Le chapitre 3 en rapport avec la loi en est un exemple parfait. Je pouvais en réalité commencer à comprendre comment aimer la loi avec mon cœur et pas seulement avec ma tête. C’était passionnant.

   J’ai commencé à étudier les rôles des hommes et des femmes étant donné que certains des dirigeants d’église avaient encouragé l’acceptation des femmes comme pasteurs consacrés. Alors que j’étudiais, je me suis intéressé à la relation d’Adam et Eve. Je lisais qu’Adam et Eve furent créés à l’image de Dieu. J’avais toujours compris cela comme disant que chaque individu avait été créé à l’image de Dieu. J’ai alors remarqué qu’Adam et Eve étaient ensemble à l’image de Dieu, et pas seulement individuellement.   Remarquez cela :

Dieu créa l’homme à sa propre image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme (Gen. 1 : 27, KJV).

Une fois la terre créée, ainsi que les animaux qui la peuplaient, le Père et le Fils mirent en œuvre leur plan prévu avant la chute de Satan, celui de créer l’homme à leur propre image. Ils avaient œuvré ensemble dans la création de la terre et de tous les êtres vivants qui s’y trouvaient. Et  Dieu dit à son Fils, « Faisons l’homme à notre image » (The Spirit of Prophecy, vol. 1, p. 24, 25).

   Tout comme Eve sortit d’Adam, et qu’Adam fut à l’origine de la création de l’humanité entière par Eve, ainsi Christ sortit du Père et le Père créa l’univers entier par Lui. Nous obtenons ici un aperçu des perfections invisibles de Dieu quand on les considère dans Ses ouvrages, Sa puissance même et Sa Divinité (Rom. 1 : 20).

   J’ai également commencé à voir comment le mensonge de Satan « Vous ne mourrez point, » avait affecté ma pensée quant à la manière de déterminer l’égalité. Le mensonge de Satan m’avait poussé à percevoir l’égalité comme une égalité de puissance, alors que je trouvais dans l’enseignement de la Bible une égalité relationnelle. J’ai remarqué que d’un point de vue de puissance inhérente, Adam était supérieur à Eve.

1. Il a été formé le premier

2. Il était plus fort

3. Il était plus imposant

4. Il a donné un nom à Eve

   Toutes ces choses pourraient prouver la supériorité d’Adam, mais du point de vue du ciel, tout ce qu’Adam avait, Eve le reçut. Elle était par hérédité, os de ses os, et chair de sa chair. Par leur relation elle était égale à Adam, et toute la plénitude de l’humanité habitait en elle. Cette réalité ouvrit mes yeux sur le courant de vie comme exprimé dans 1 Corinthiens 11 : 3 :

   Je veux cependant que vous sachiez que Christ est la tête de tout homme, que l’homme est la tête de la femme, et que Dieu est la tête de Christ (KJV).

   Plutôt que de montrer qui est supérieur à qui, ce texte montrait le courant de vie de Dieu à l’homme. La vie coule de Dieu vers Christ, puis de Christ vers l’homme et de l’homme vers la femme. Cela montrait que la soumission à votre tête revenait à être ouvert au courant de vie qui passait par eux. A ce moment je commençai à comprendre que la personnalité, ou le fonctionnement de la relation avait un impact dramatique sur la manière dont nous recevons la vie de Dieu.

   Armé des principes d’égalité relationnelle et de la notion de courant de vie par un canal, j’ai commencé à voir la relation directe entre la justification par la foi, la structure familiale (patriarcale), et la Divinité. Je pus comprendre que rendre Christ auto existant et séparé du Père semait la confusion sur le courant de la source de vie, et altérait le rôle de l’homme et de la femme comme reflété dans l’image. Finalement, je commençai à réaliser que ce n’était plus une question secondaire, et qu’une compréhension juste de la personnalité de Dieu et de Son Fils contenait une lumière précieuse impossible à comprendre dans le contexte d’une Trinité coégale et coéternelle.

   Ce ne fut pas avant que j’accepte mon statut de fils et la conscience totale de ma valeur par le Père que le Saint-Esprit put pénétrer ma pensée fondée sur la performance à des niveaux plus profonds. La raison pour laquelle je n’avais pas pu accepter plus tôt le Père et le Fils au sens littéral est que ma pensée était structurée ainsi :

  

 

   Je n’avais pas réalisé que même si le Père m’avait entièrement accepté comme un fils, mon expérience Chrétienne était toujours contrôlée par mon désir naturel de servir mon Père comme un serviteur. Je pensais l’avoir accepté, mais ces niveaux plus profonds étaient encore invisibles pour moi et me poussaient à poser les questions basées sur la performance en ce qui concerne Jésus. Sans m’en rendre compte, je demandais à Jésus de prouver Sa divinité par Sa puissance inhérente plutôt que par Sa relation avec le Père. En essence, je n’étais pas entièrement converti. J’étais toujours captif du mensonge « Vous ne mourrez point. » J’ai à présent commencé à comprendre ce que Jésus voulait dire par les paroles suivantes, en réponse à la reconnaissance de Pierre de Sa personne comme étant « le Fils du Dieu vivant » :

   Jésus, reprenant la parole, lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux (Mat. 16 : 17).

La chair et le sang (l’humanité naturelle) ne peuvent saisir l’égalité de Jésus avec le Père sur une base relationnelle parce que la nature humaine est empreinte du mensonge « Vous ne mourrez point. »

Mais une fois que j’ai accepté les paroles de mon Père disant que je suis Son fils bien-aimé, et que j’ai commencé à vivre comme si je le croyais vraiment, j’étais alors prêt à recevoir la révélation du véritable Christ.

 

 

En sécurité dans l’amour de mon Père, je suis premièrement capable de voir que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, engendré du Père dans l’éternité, et qu’Il reçut toutes choses du Père. Je peux ensuite vraiment comprendre que la personne même du Christ, Son identité même est le chemin qui conduit au Père. Cette réalité m’a fait déborder de joie. Je sais que c’est la vérité, et elle m’a libéré. J’ai trouvé la perle de grand prix, et je vendrai tout pour la posséder. Satan a essayé de me cacher que Jésus est le Consolateur, mais le Père m’a maintenant révélé Son Fils, et j’ai trouvé la vie éternelle en connaissant vraiment le Père et le Fils.

L’acceptation de cette vérité m’a également fait réaliser que j’ai péché contre Dieu et transgressé Ses commandements. J’avais adoré un Christ de ma propre invention. J’avais dicté en quels termes il fallait exactement identifier Christ. Je ne Lui avait pas permis de révéler Lui-même Sa véritable identité. Je suis honteux et repentant pour cela. De plus, j’avais en tant que pasteur présenté aux gens une perception incorrecte de Dieu, une compréhension qui ne permettait pas vraiment de comprendre la justification par la foi, qui faussait les relations familiales, et avait un impact négatif sur l’Esprit de Prophétie. Pour ceux d’entre vous qui sont concernés, je vous demande pardon et prie pour que Dieu efface mon péché par le sang précieux de Son Fils.

Il se peut que ma famille ecclésiale et mes amis me trouvent complètement déraisonnable, mais ma peur de ce qu’ils pourraient penser n’est rien en comparaison de la vérité d’avoir trouvé le vrai Jésus sur la route de Damas.

Certains ressentiront peut-être que mon livre a attaqué l’église au sujet de la doctrine de la Trinité. J’aime l’Eglise Adventiste du Septième Jour, et comme fils loyal de l’église, je dis clairement que telle n’est pas mon intention. Je ne peux attaquer quelqu’un d’autre pour les choses que j’ai moi-même faites. Je ne condamnerai aucun homme ni aucune femme pour les choses mêmes dont je suis coupable.

Je prie avec ferveur pour que vous sondiez votre cœur, et que vous acceptiez d’être pleinement un fils ou une fille, afin que le Père puisse vraiment vous révéler Son Fils. Pour ceux qui croient – Il est précieux !



[1] NdT. C’est à dire en 1993, sachant que ce livre fut écrit en 2007.