36. Un mot à mes pasteurs et administrateurs associés

 

Chapitre 36 – Un mot à mes pasteurs et administrateurs associés

 

   Je suis certain que vous avez tout comme moi expérimenté le scénario familier d’une personne s’approchant de vous après votre sermon, et vous disant en termes clairs que ce que vous enseignez n’est pas juste. Lorsque quelqu’un s’approche ainsi de moi avec un haut niveau d’émotion, j’ai du mal à ne pas me sentir personnellement attaqué et me mettre sur la défensive. Une fois que je suis sur la défensive, je trouve qu’il est difficile de vraiment écouter ce que dit cette personne. La seule chose que j’entends vraiment est que cette personne est contre moi et essaye de miner ma position en tant que pasteur. Je me bats toujours avec ce problème, mais plus je crois que je suis un fils de Dieu, moins forte est mon ancienne nature basée sur la performance, et moins je suis sur la défensive.

   Certains sentiments contenus dans ce livre peuvent être perçus comme une attaque personnelle de l’église et une tentative de miner sa crédibilité. Cela sera certainement le cas si nous nous attachons à la pensée basée sur la performance. J’espère que vous ne le verrez pas sous cet angle, mais plutôt comme un appel d’un fils de l’église qui aime son église et veut la voir prospérer et exceller. Comme je l’ai clairement affirmé dans mon chapitre précédent, je ne condamne personne de soutenir une croyance en la Trinité, étant donné que je l’ai fait pendant de nombreuses années, et l’ai enseignée avec passion et conviction. Il serait totalement hypocrite de ma part d’en accuser d’autres, et contraire à la Bible de manquer de respect pour les dirigeants que Dieu a choisis dans Son église.

   Comme notre Sauveur vous a donné une position à même de bénir considérablement notre église, je vous prie, particulièrement vous qui occupez des positions administratives, de considérer le contenu de ce livre dans un esprit de prière, et d’accorder à l’église la bénédiction entière de la connaissance de Jésus-Christ. Je souhaite vous estimer hautement dans l’amour par respect pour votre œuvre, et j’ai confiance que vous allez présenter cela au Seigneur en lui demandant, « Ces choses sont-elles ainsi ? » Veuillez considérer ce livre comme écrit par un fils venant vers son père en disant, « Papa, j’ai trouvé quelque chose d’incroyable ! » plutôt que de voir une personne obstinée cherchant à prouver qu’elle en connaît plus que tous les autres. Je sais que je suis certainement coupable d’être trop sûr de moi, et je vous prie donc d’être patients envers moi et de prier pour moi si j’ai manifesté ces traits dans mon livre. J’ai été nourri et élevé dans cette église. Tout ce que j’ai m’est parvenu par cette église. Au nom de Jésus, je vous demande instamment de bien vouloir considérer ces choses et nous dispenser la bénédiction que Dieu vous a donné la possibilité d’accorder à l’église. Je sais dans le Seigneur que vous désirez vraiment bénir l’église de Dieu.

   Comme je l’ai mentionné plus haut, notre compréhension de la manière dont nous devons gérer les relations découle directement de notre compréhension de la relation de Dieu avec Son Fils. Si leur relation est construite sur une égalité de puissance et de position, nous construirons nos structures de la même manière. J’ai l’assurance que si nous retournions à la croyance que Christ est effectivement le Fils de Dieu et reçut toutes choses de Lui, notre propre position en tant que pasteurs dans le canal de bénédiction serait alors mieux comprise. Nos membres commenceraient alors à comprendre qu’ils n’ont pas besoin de nous être égaux en puissance et en position, mais plutôt de prier pour nous afin que nous répandions sur eux la bénédiction de Dieu, étant ses agents. La plupart des ministères indépendants qui virent le jour dans les années 80 et par la suite, ont manqué d’accomplir ce qu’ils espéraient, car dans de nombreux cas ils refusaient de reconnaître l’autorité que Dieu vous a donnée, et ont fini par nier Son désir de restaurer la structure humaine des canaux de bénédiction.

   Je vous soumets également la manière dont la compréhension du Christ comme véritable Fils de Dieu, recevant toutes choses du Père, affectera les familles de nos congrégations. Nous pouvons encourager une égalité relationnelle dans nos familles, et aider les familles à restaurer la bénédiction des enfants, et fortifier notre base familiale. Je crois qu’on peut tirer de nombreux avantages à voir les choses de cette manière.

   Je réalise que d’autres églises nous traiteraient immédiatement de secte, mais comment pouvons-nous permettre à cela d’influencer notre pensée, alors que ces mêmes églises sont elles-mêmes immergées dans une pensée basée sur la performance, et les concepts de l’immortalité de l’âme ? Devrions-nous craindre leur jugement ? Se tiennent-elles sur la plateforme de la vérité donnée avec tant d’amour par Dieu à nos pionniers ?

   Considérant tout ce que je vous ai demandé, je voudrais vous faire la requête suivante qui, je le sais, est importante, mais je viens avec l’assurance d’un fils qui s’approche de son père, espérant être béni. Je plaide auprès de vous, qui êtes dirigeants, de proposer à notre peuple le changement de la formulation de certaines de nos croyances fondamentales. Notre formulation actuelle des croyances 2 à 5 est la suivante[1] :

2. La Trinité

   Il y a un seul Dieu : Père, Fils et Saint-Esprit, unité de trois personnes co-éternelles. Dieu est immortel, omniprésent, omniscient, souverain et toujours présent. Il est infini et dépasse la compréhension humaine ; cependant, il peut être connu grâce à la révélation qu´il donne de lui-même. Il est toujours digne d´être invoqué, adoré et servi par toute la création (Dt 6.4 ; Mt 28.19 ; 2 Co 13.14 ; Ep 4.4-6 ; 1 P 1.2 ; 1 Tm 1.17 ; Ap 14.7).

3. Le Père

   Dieu, le Père éternel, est le Créateur, la source, le soutien et le souverain de toute la création. Il est juste et saint, miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bienveillance et en fidélité. Les vertus et les facultés manifestées par le Fils et le Saint-Esprit sont aussi révélatrices du Père (Gn 1.1 ; Ap 4.11 ; 1 Co 15.28 ; Jn 3.16 ; 1 Jn 4.8 ; 1 Tm 1.17 ; Ex 34.6, 7. Jn 14.9).

4. Le Fils

   Dieu, le Fils éternel, s´est incarné en Jésus-Christ. Par lui, tout a été créé ; par lui, le caractère de Dieu s´est révélé, le salut de l´humanité s´est accompli et le monde est jugé. Éternellement et véritablement Dieu, il est aussi devenu véritablement homme, Jésus, le Christ. Il a été conçu du Saint-Esprit et il est né de la vierge Marie. Il a vécu et a été soumis à la tentation en tant qu´homme, mais il a donné l´exemple parfait de la justice et de l´amour de Dieu. Ses miracles ont mis en évidence la puissance de Dieu et l´ont confirmé comme le Messie promis. Il a souffert et il est mort de son plein gré sur la croix pour nos péchés et à notre place, il est ressuscité des morts et il est monté exercer un ministère en notre faveur dans le sanctuaire céleste. Il reviendra en gloire pour délivrer définitivement son peuple et rétablir toutes choses (Jn 1.1-3 ; 14 ; Col 1.15-19 ; Jn 10.30 ; 14.9 ; Rm 6.23 ; 2 Co 5.17-21 ; Jn 5.22 ; Lc 1.35 ; Ph 2.5-11 ; 1 Co 15.3, 4 ; Hé 2.9-18 ; 8.1,2 ; Jn 14.1-3).

5. Le Saint-Esprit

   Dieu, l´Esprit éternel, a pris, avec le Père et le Fils, une part active à la création, à l´incarnation et à la rédemption. Il a inspiré les écrivains de la Bible. Il a rempli de puissance la vie du Christ. Il attire et persuade les êtres humains ; ceux qui répondent favorablement, il les régénère et les transforme à l´image de Dieu. Envoyé par le Père et le Fils pour être toujours avec les croyants, il dispense ses dons spirituels à l´Église, lui donne la puissance nécessaire pour rendre témoignage au Christ et, en harmonie avec les Écritures, la conduit dans toute la vérité (Gn 1.1, 2 ; Lc 1.35 ; 2 P 1.21 ; Lc 4.18 ; Ac 10.38 ; 2 Co 3.18 ; Ep 4.11, 12 ; Ac 1.8 ; Jn 14.16-18, 26 ; 15.26, 27 ; 16.7-13).

   Je vous lance l’appel de bien vouloir reconsidérer ces quatre points fondamentaux de manière à ce qu’ils reflètent une croyance selon laquelle Dieu le Père est l’Unique source auto-générée de vie, que toute la plénitude du Père est héritée par le Fils, et que le Saint-Esprit est Christ notre Consolateur dépouillé de la personnalité de l’humanité. Les citations suivantes d’Ellen White peuvent merveilleusement servir de base :

   Le Souverain de l’univers n’était pas seul dans l’accomplissement de son œuvre de bienfaisance. Il avait un associé – un collaborateur capable d’apprécier ses dessins et de partager la joie qu’il trouve dans le bonheur de ses créatures. « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. » Jean 1 : 1, 2. Christ, la Parole, le seul engendré de Dieu, était un avec le Père éternel – un par sa nature, par son caractère, par ses desseins – le seul être qui pouvait entrer dans tous les conseils de Dieu, et partager tous ses desseins. « On l’appellera le Conseiller admirable, le Dieu fort, le Père d’éternité, le Prince de la  Paix. ». Esaïe 9 : 6 « Celui dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours éternels. » Michée 5 : 2 Et le Fils de Dieu déclare à Son sujet :       « L’Eternel m’avait auprès de lui quand il commença son œuvre, avant même ses créations les plus anciennes. J’ai été formé dès l’éternité, dès le commencement, dès l’origine de la terre… Quand il posait les fondements de la terre, j’étais auprès de lui, son ouvrière. J’étais ses délices tous les jours, et sans cesse je me réjouissais en sa présence. » Proverbes 8 : 22-30 (Patriarchs and Prophets, p. 34).

   Le Seigneur Jésus-Christ, le divin Fils de Dieu, a existé dès l’éternité, en tant que personne distincte et cependant une avec le Père. Sa gloire surpassait toute autre gloire dans le ciel. Il commandait aux intelligences célestes, et il était en droit de recevoir l’hommage de l’adoration de la part des anges. Ceci ne constituait pas une usurpation à l’encontre de Dieu. Il déclare : « L’Eternel m’a possédé au commencement de sa voie, avant ses œuvres d’ancienneté. Je fus établi dès le commencement, depuis que la terre existe. Quand il n’y avait pas d’abîmes, j’ai été enfanté ; quand il n’y avait pas de sources abondantes d’eaux. Avant que les montagnes fussent établies, avant les collines, j’ai été enfanté : alors qu’il n’avait pas encore fait la terre, ni les campagnes, ni les premières parties de la poussière du monde. Quand il prépara les cieux, j’étais là : lorsqu’il traça le cercle sur le dessus de l’abîme. » (Proverbes 8 : 22-27 ; KJV) (Selected Messages, vol. 1, p. 247, 248)[2]

   Encombré de l’humanité, Christ ne pouvait pas être personnellement en tous lieux ; c’est pourquoi il était avantageux pour eux qu’Il les quitte, qu’Il aille vers son Père, et qu’Il envoie l’Esprit Saint pour qu’il soit son successeur sur la terre. L’Esprit Saint est Lui-même, dépouillé de la personnalité humaine, et indépendant de celle-ci. Il allait se représenter lui-même comme l’Omniprésent, partout présent par Son Esprit Saint (Manuscript Releases, vol. 14, p.23)

Le Sauveur est notre Consolateur. Cela, j’en ai fait l’expérience (Manuscrit Releases, vol. 8. p. 49).

   Si vous estimez cela insoutenable, je demande au moins que les termes coégal et coéternel, tirés directement du Credo d’Athanase, soient retirés afin que les membres puissent suivre ce conseil :

   Je le dis, et l’ai toujours dit, je n’entrerai pas en controverse avec qui que ce soit quant à la nature et la personnalité de Dieu. Que ceux qui essayent de décrire Dieu sachent que sur un tel sujet le silence est éloquent. Que les Ecritures soient lues avec une foi simple, et que chacun forme son concept de Dieu de Sa parole inspirée (Spalding Magan Collection, p. 329).

   Que chaque personne parvienne à sa propre conclusion avec sa Bible, et ne forcez pas une compréhension de l’égalité dans la doctrine dont certains n’ont pas besoin.

   Je vous lance un appel en tant que dirigeants à rendre à l’église le véritable Jésus-Christ qui fut formé de la semence de David selon la chair, qui prit la semence d’Abraham et qui fut rendu semblable à la chair pécheresse. Tout cela est possible si nous adoptons une approche relationnelle de la Bible. Je demande également à ce que la formulation de la croyance fondamentale concernant l’œuvre de Christ dans le sanctuaire céleste soit modifiée. Elle est énoncée ainsi d’après le site web de l’Eglise Adventiste du Septième Jour :

   Il y a dans le ciel un sanctuaire, le véritable tabernacle, dressé par le Seigneur et non par un homme. Dans ce sanctuaire, le Christ accomplit un ministère en notre faveur, mettant ainsi à la disposition des croyants les bienfaits découlant de son sacrifice rédempteur, offert une fois pour toutes sur la croix. Lors de son ascension, il a été intronisé comme souverain sacrificateur et a commencé son ministère d’intercession. En 1844, au terme de la période prophétique des 2300 jours, il est entré dans la seconde et dernière phase de son ministère de réconciliation. Celle-ci consiste en une instruction du jugement, qui prépare l’élimination définitive du péché. Cette œuvre était symbolisée par la purification de l’ancien sanctuaire hébreu, le jour des expiations. Au cours de cette cérémonie, le sanctuaire était purifié avec le sang d’animaux sacrifiés, tandis que les réalités célestes sont purifiées par le sacrifice parfait du sang de Jésus. L’instruction du jugement révèle aux intelligences célestes quels sont, parmi les morts, ceux qui dorment en Christ et qui, par conséquent, sont jugés dignes en lui de participer à la première résurrection. Cette instruction du jugement fait aussi apparaître ceux qui, parmi les vivants, demeurent en Christ, gardant les commandements de Dieu et la foi de Jésus, prêts par là même, et en lui, à être transmués et introduits dans son royaume éternel. Ce jugement réhabilite la justice de Dieu en sauvant ceux qui croient en Jésus. Il proclame que ceux qui sont restés fidèles recevront le royaume. L’achèvement de ce ministère du Christ marquera l’expiration du temps de grâce pour l’humanité, avant sa seconde venue (Hb 1.3; 2.16,17; 4.14-16; 8.1-5; 9.11-28; 10.19-22; Dn 7.9-27; 8.13,14; 9.14-27; Nb 14.34, Éz 4.6; Lv 16; Ap 14.6,7,12; 20.12; 22.12).

   Je vous d’exprimer clairement que le jugement investigatif commença en 1844, et qu’il n’est pas une simple révélation de faits historiques aux intelligences célestes. La formulation est ambigüe et peut laisser l’impression que Christ n’a en réalité accompli aucune œuvre à cette époque, comme cela est suggéré dans Questions on Doctrine. Je demande également que la formulation de « disposition of all sin » soit changée afin de refléter l’ « effacement du péché », et qu’un rapport clair soit établi avec un concept d’expiation finale.[3]

   Je lance cet appel pour une autre raison encore : étant donné que notre peuple peut à présent acheter les écrits d’Ellen White et ceux de nos pionniers sur CD-ROM, les recherches ne vont qu’augmenter. J’ai pris conscience qu’il y a un groupe important d’Adventistes qui ont une compréhension d’un Père et d’un Fils littéraux dans la Divinité, mais qui se taisent par crainte de la persécution. C’est ici une poudrière qui n’attend qu’à exploser. Cette question ne se dissipera pas. Elle ébranlera l’église jusqu’à ses fondements mêmes.

   Mes frères, Dieu est témoin de mon plaidoyer sincère devant vous, afin que vous ayez le courage de placer notre église sur un fondement ferme, plutôt que sur un enseignement de Dieu devant être supposé factuel, sans être explicitement affirmé dans l’Ecriture. Donnez-nous un Jésus qui connaît véritablement nos épreuves en prenant notre nature,  et rendez-nous la vraie joie du jugement investigatif ayant la puissance de démasquer le syndrome du serviteur. Donnez à notre peuple une plateforme qu’il pourra prendre avec lui dans le conflit final sans un iota d’invention humaine.

Je vous soumets à ce jour cette requête, le 1er août 2007.

Tendre Père, entends ma prière au nom de Ton Fils unique engendré, Jésus-Christ. Amen.



[1] Tiré du site Web de l’Eglise Adventiste du Septième Jour mondiale : http://www.adventist.org (voir http://www.adventiste.org/-les-croyances-fondamentales pour la France).

[2] Messages Choisis, vol.1, p. 291. Ndt. La traduction française traduit « from eternity » par « de toute éternité, » mais le mot « from » est le même que celui traduit par « dès » dans Proverbes 8. « From » signifie « dès, » ou « depuis ».

[3] Ndt. Le problème ne se pose pas en français, étant donné que « disposition of all sin » a été traduit par « l’élimination définitive du péché », et que cette expression reflète bien l’ « effacement du péché ».