38. La chute de Babylone

 

Chapitre 38 – La chute de Babylone

 

   Au début de ce manuscrit, j’ai mis la citation suivante :

   Le tentateur s’est préparé de longue main pour cet assaut final. Il a jeté les fondements de son œuvre dans l’assurance donnée à Eve : « Vous ne mourrez point. …Le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » Genèse 3 : 4, 5. Petit à petit, il a préparé le terrain pour son chef d’œuvre de séduction : le spiritisme. Il n’a pas encore pleinement atteint sont but ; mais il l’atteindra à la dernière heure. …A l’exception de ceux qui sont gardés par la foi en la Parole de Dieu, le monde entier sera enveloppé dans cette redoutable séduction (La Tragédie des Siècles, p. 610).[1]

   La tromperie maîtresse de Satan est directement construite sur le mensonge « vous ne mourrez point ». Comme nous l’avons développé, ce mensonge suppose naturellement que chaque personne dispose en elle-même de sa propre source de vie inhérente. Cette supposition fondamentale nous met dans l’impossibilité de comprendre la vérité au sujet du royaume de Dieu.

   Ce mensonge n’affecte pas seulement la manière dont nous percevons la loi, le Sabbat, l’état des morts, et le sanctuaire, mais il affecte la manière dont nous percevons le Fils de Dieu. Christ est la vérité, et toute autre doctrine en est simplement un reflet. Si nous avons eu une compréhension de toutes ces doctrines basées sur la performance, n’avons-nous donc pas en conséquence eu une compréhension basée sur la performance de Christ Lui-même ? Relevez soigneusement le passage suivant :

   Je fus dirigée vers l’Ecriture s’appliquant directement au spiritisme. Colossiens 2 : 8. « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ. » Il m’a été montré qu’ils sont des milliers à avoir été corrompus par la phrénologie et le magnétisme animal, et conduits dans l’infidélité. Si la pensée commence à s’engager dans ce canal, il est à peu près certain qu’elle perdra son équilibre et sera contrôlée par un démon. « Une vaine tromperie » remplit les pensées de pauvres mortels. Ils pensent qu’il existe en eux-mêmes un pouvoir pour accomplir de grandes œuvres, au point qu’ils n’ont pas conscience de leur besoin d’une puissance supérieure. Leurs principes et leur foi sont « d’après les traditions des hommes, d’après les rudiments du monde, et non d’après Christ. » Jésus ne leur a pas enseigné cette philosophie. Rien de tel ne peut être trouvé dans ses enseignements. Il n’orientait pas les pensées de pauvres mortels vers eux-mêmes, vers une puissance inhérente. Il dirigeait constamment leurs pensées vers Dieu, le Créateur de l’univers, comme étant la source de leur force et de leur sagesse. Un avertissement spécifique est donné au verset 18. « Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu’il s’abandonne à ses visions et qu’il est enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles. » Les enseignants du spiritisme s’approcheront d’une manière plaisante et ensorcelante pour vous tromper, et si vous écoutez leurs fables, vous serez séduits par l’ennemi de la justice, et vous perdrez certainement votre récompense. Une fois que vous êtes vaincus par l’influence fascinante du grand séducteur, vous êtes intoxiqués, et son influence mortelle corrompt et détruit votre foi en Christ comme étant le Fils de Dieu, et vous cessez de vous appuyer sur les mérites de son sang (Spiritual Gifts, vol. 4b, p. 87, 88, italiques ajoutés).

   Peu importe si la philosophie d’une certaine puissance personnelle est maintenue par l’idée d’une puissance inhérente à l’homme (comme cela se voit très clairement dans la doctrine de l’immortalité de l’âme), ou par un principe d’égalité basée sur la puissance (comme cela se voit bien dans l’Adventisme) : le poison est le même, et ce poison nous empêchera de percevoir Christ comme étant le Fils de Dieu.

   Avec un tel poison, il est bien-sûr presque impossible de saisir qu’en Christ se trouve la clé même de la compréhension du royaume de Dieu. Mais la manière dont nous comprenons la relation du Christ avec le Père dans son identité profonde, définira la nature du royaume de Dieu. C’est la raison pour laquelle Christ est la pierre principale, celle de l’angle. C’est la raison pour laquelle Christ a un nom au-dessus de tout nom, parce qu’Il nous montre comment le Père établit Son royaume et la manière dont les relations doivent être conduites. Le Fils de Dieu n’est pas aimé et accepté par le Père parce qu’Il Lui est égal de manière inhérente. Il n’est pas jugé digne de la Divinité parce que Son existence est infinie. Il n’est pas égal à Dieu parce qu’Il a « ce qu’il faut ». Il est Dieu parce qu’Il est le Fils du Père. C’est là qui Il est.

   C’est ici la sagesse de Dieu telle qu’elle est exprimée dans 1 Corinthiens 1 : 30. Le Père n’a pas d’abord inscrit Sa sagesse sur du papier ; Il l’a placée dans une personne, et cette personne est Son Fils. Le principe de l’adoration veut que la personne qui adore se transforme à l’image de celui qu’elle adore. Etant donné que le Père est indépendant, qu’Il se suffit à Lui-même, et n’est sous l’autorité de personne, ce principe serait intégré par tout être qu’Il créerait directement. DONC, dans Sa sagesse, Dieu engendra Son Fils, qui allait alors créer toutes choses. Le Fils de Dieu démontre le principe clé de soumission à l’autorité, et dans ce sens, Christ est le nom au-dessus de tout nom. Il est notre exemple en toutes choses. Il est le CHEMIN, la VÉRITÉ, et la VIE. Il est la sagesse de Dieu qui apporte la puissance de Dieu (1 Co. 1 :24).

   Si nous voyons Christ comme égal au Père parce qu’Il est la seconde personne coégale, toute puissante, auto-existante, indépendante, de la Divinité, nous sommes alors condamnés à conduire toutes nos relations sur cette base, celle d’une égalité de puissance (qui constitue l’ingrédient clé du poison qui nous empêche de voir Christ comme le véritable Fils de Dieu). Si Dieu fait cela Lui-même, nous allons alors sans aucun doute suivre Son exemple. Nous pouvons dire que la deuxième personne de la Divinité démontre le principe de la soumission, mais cela ne décrit pas sa véritable identité. Ce n’est pas la réalité.

   Si nous considérons Christ comme égal à Son Père PARCE QU’Il a reçu toutes choses de Lui, qu’Il est rempli de Son Père et que Sa pensée est la seule à pouvoir comprendre le cœur du Père, nous avons alors trouvé le cœur même de la puissance relationnelle. Nous comprenons que toutes les relations sont conduites sur le principe du courant de vie et de l’hérédité. Nous comprenons que le Père est l’Unique et grande source de toutes choses, et que Son Fils est le joyau qui définit la compréhension du cœur et du royaume de Dieu. Cette vérité est la balle traçante qui frappe le cœur de Babylone. Elle est la pierre dans la fronde de David qui frappe Goliath au front et pulvérise le centre même de son mensonge, « Vous ne mourrez point ».

   Satan ne veut pas que nous sachions qui est vraiment Christ, car Christ est en Lui-même, et par Lui-même, dans Son identité profonde et sa relation avec le Père, le destructeur du royaume de Satan. Par son existence même, la personne du Christ crie depuis la plus haute montagne que Babylone est tombée. Le Fils de Dieu n’a pas besoin de dire un mot ; Son identité même est le destructeur du royaume de Satan. Pouvons-nous commencer à comprendre pourquoi Satan se vit obligé de détruire Christ ? La relation de Christ avec le Père prouve que Satan est un menteur.

   Prenons un peu de recul et considérons une chose. Etant donné que le Père est la source de la vie, Il est la fontaine, et toute puissance provient de Lui. Etant donné cette pensée, Dieu le Père pourrait être perçu dans un modèle de puissance par la performance. Il est la puissance et la vie auto-générée. Il peut être perçu dans un contexte basé sur la performance. Dans le Fils de Dieu, engendré selon l’image expresse du Père, nous voyons la démonstration suprême que le Père fait de Lui-même. En Christ, nous voyons le cœur même du Père, nous voyons un Dieu relationnel. En exaltant Son Fils comme égal à Lui-même, nous voyons la sagesse de Dieu qui élève la puissance relationnelle au-dessus de la puissance inhérente.

   Dans l’adoration du Fils engendré, nous adorons le Dieu des relations. Toutes les fibres de mon être vibrent de joie devant la simple contemplation de cette belle vérité. Je me sens tel un aigle qui grimpe en flèche vers les sommets des nuages. Je sens que mon esprit a été libéré d’un poids terrible. Allez-vous voler avec moi ? Allez-vous voir Christ comme le nom au-dessus de tous les noms, comme le joyau sur la couronne du Père, comme la pierre principale de l’angle ? Allez-vous vous prosterner avec moi et adorer ce Christ, le vrai Christ, la révélation complète et totale du cœur du Père ? C’est ici le Dieu que je vais adorer en esprit et en vérité. Dans cette révélation de Christ, j’entends la voix de l’ange puissant, « elle est tombée, elle est tombée, Babylone ». Frères et sœurs, en Christ nous avons trouvé le point faible du serpent. N’allez-vous pas prendre l’épée de la Parole, transpercer le serpent et l’écraser sous votre pied ? Libérez-vous des mensonges terribles qui ont été un joug trop lourd à porter pour nous.

   Il est important pour nous de comprendre la juste relation qui existe entre le Père et le Fils. Remarquez :

   Comme notre Sauveur, nous sommes ici-bas pour servir Dieu, refléter son caractère et le faire connaître au monde par une vie de service. Mais si nous voulons collaborer avec lui afin de lui devenir semblables et de révéler son caractère, il faut que nous le connaissions tel qu’il est. Nous devons le connaître comme il s’est révélé.

   La connaissance de Dieu est à la base de toute véritable éducation. Elle est indispensable à tous ceux qui travaillent au relèvement de leurs semblables. C’est par elle que nous sommes préservés de la tentation, et que notre caractère devient conforme à celui du Très-Haut (Le ministère de la guérison, p. 347).[2]

   Comment Dieu se révèle-t-Il ?

   Dieu, par son Fils, s’est révélé comme un être personnel. Reflet de la gloire du Père, « l’empreinte de sa personne » … (Idem, p. 355).[3]

   Dieu a jugé bon de nous donner une révélation plus nette que celle que nous donne la nature, afin de nous décrire sa personnalité et son caractère. Il a envoyé son Fils ici-bas pour révéler, autant que les hommes étaient capables de les discerner, la nature et les attributs du Dieu invisible (Idem, p. 356).

   Ellen White affirme clairement que Dieu se révèle par Son Fils. Il est le resplendissement de la gloire de Dieu. C’est ainsi que Dieu se révèle Lui-même. N’est-ce pas suffisamment clair ?

   Nulle part dans la Bible nous ne lisons que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois êtres coéternels, décidés à assumer les rôles qu’ils occupent présentement. Dieu n’a pas donné cette image comme une révélation de Sa personne. Pas une seule parole de l’inspiration ne soutient cette prétention. Ceux qui prétendent que les membres de la Divinité se révèlent sous les formes de Père, Fils et Saint-Esprit sont en danger de recevoir des influences de l’hérésie platonicienne des « formes ». Ce concept enseigne que Dieu peut Se révéler sous une forme, mais que cette forme n’est pas ce qu’Il est réellement, elle n’est qu’une représentation de Lui-même. La plupart des Adventistes n’approuveraient pas cela, mais il est difficile d’échapper à cette affirmation.

   C’est exactement cette pensée qui a conduit nos érudits à remettre en question de nombreux aspects de l’enseignement du sanctuaire. Dans ma formation théologique, j’ai constamment entendu dire qu’on ne pouvait pas percevoir le sanctuaire comme étant littéral – Dieu ne s’assied pas dans une boîte pendant 150 années. Alors où nous entraîne cette spiritualisation du sanctuaire céleste ? Cela rend les deux appartements du sanctuaire invraisemblables. Une fois que l’importance des deux appartements est minimisée, certains érudits s’enhardissent pour nier la doctrine du jugement investigatif. Rien de cela ne serait possible si le sanctuaire était accepté comme étant littéral PARCE QUE C’EST AINSI QUE DIEU NOUS LE RÉVÈLE !

   Dieu nous révèle un sanctuaire littéral et un Fils littéralement engendré, et j’ai l’intention de croire à ces choses telles que Dieu les a révélées. Je ne vais pas les spiritualiser et ouvrir la porte à une multitude d’hérésies damnables.

   Revenons à la citation d’Ellen White dans Le Ministère de la Guérison. Si nous devons connaître Dieu tel qu’Il s’est révélé, cela implique-t-il une compréhension juste de la relation existant entre le Père et le Fils ? Ellen White continue ainsi le chapitre dans son effort de transmettre cette véritable connaissance :

   Les disciples ne comprenaient pas encore les paroles du Christ concernant Sa relation avec Dieu. Une bonne partie de Ses enseignements leur était encore obscure. Christ désirait leur donner une connaissance plus claire et plus distincte de Dieu.

   Il leur dit : « Je vous ai dit ces choses en paraboles. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement du Père. » Jean 16 : 25.

   A la Pentecôte, lorsque les disciples reçurent le Saint-Esprit, ils comprirent mieux les vérités dont le Christ leur avait parlé en paraboles. Beaucoup de ses enseignements, qui leur semblaient jusque-là des mystères, furent éclaircis. Mais même alors, ils ne reçurent de la connaissance de Dieu que ce qu’ils pouvaient supporter. L’accomplissement complet de la promesse de Jésus, de leur révéler le Père ouvertement, était encore pour le futur. Il en est de même aujourd’hui. Notre connaissance de Dieu est partielle, imparfaite. Mais lorsque le Christ, une fois le conflit terminé, accueillera devant son Père ses fidèles ouvriers qui lui auront rendu témoignage dans un monde de péché, ceux-ci comprendront clairement ce qui aujourd’hui leur paraît mystérieux (Ministry of Healing, p. 420).[4]

   Christ désire que vous et moi ayons une compréhension juste de Sa relation avec le Père. Comme pour ses disciples, un grand nombre de Ses enseignements sont obscurs pour nous, parce que nous ne comprenons pas correctement la relation du Père et du Fils. Frères et sœurs, j’ai essayé autant que possible d’exprimer ce que je crois avoir reçu de Dieu, malgré la faiblesse du langage. Je vous prie de vous tourner vers votre Père céleste et de Lui demander, « Est-ce ainsi que tu veux que je comprenne Ton Fils ? » Je prie pour que la puissance du quatrième Ange vous soit révélée dans la personne du Christ et Sa relation avec le Père.

 

[1] The Great Controversy, p. 561, 562.

[2] Ministry of Healing, p. 409.

[3] Ministry of Healing, p. 418.

[4] Ministère de la guérison, p. 357. Ndt. La traduction du passage en question a dû être reprise, car notre traduction française n’est pas fidèle au texte, tout particulièrement pour le premier paragraphe, traduit ainsi : « Mais les disciples ne comprirent pas le sens de ces paroles [concernant Sa relation avec Dieu – omis]. (...) [Christ, – omis] Désirant leur donner une connaissance plus claire et plus distincte [de Dieu – omis], il leur dit : (…). Nous connaissons [Dieu – omis] partiellement, imparfaitement. » Il ressort de cette traduction une volonté de gommer la distinction claire que la messagère de Dieu fait entre Dieu et Christ.