8. Impact sur les Doctrines

 

SECTION 3 – Implications doctrinales

de la pensée basée sur la performance

 

Chapitre 8 – Impact sur les doctrines

 

   Dans cette section, nous allons nous intéresser à un certain nombre d’enseignements ayant été affectés par le pensée basée sur la performance. Cette liste n’est pas exhaustive mais couvrira certains domaines clefs. [1]

 

A.Le Pilier Central et le Fondement de notre Foi : le Sanctuaire

   Nos pionniers Adventistes plaçaient l’enseignement du sanctuaire au centre de la compréhension de notre foi. Ecoutez ce que dit Uriah Smith :

   Comme il est probablement naturel de le faire, l’ennemi de la vérité semble le plus persistant dans sa tentative d’affaiblir notre compréhension du sanctuaire ; car c’est la citadelle de notre foi (The Review and Herald, 5 Août 1875).

Ellen White écrivit :

   Une compréhension correcte du ministère dans le sanctuaire céleste est le fondement de notre foi (Manuscript Releases, vol. 8, p.245)

   « Deux mille trois cents soirs et matins ; puis le sanctuaire sera purifié. » (Daniel 8 : 14) Cette déclaration, la base et la colonne centrale de la foi adventiste, était familière à tous les amis du prochain retour du Christ. (La tragédie des siècles, p. 409)

   Tout comme Délila était déterminée à trouver le secret de la force de Samson, de même, Babylone était déterminée à trouver la source de notre force et nous laisser misérables, pauvres, aveugles, et nus (chauves ?!). C’est en effet ce qu’elle a fait. Les filles de Babylone ne peuvent jamais comprendre le véritable enseignement du sanctuaire, étant donné leurs piliers fondamentaux au sujet de l’immortalité de l’âme (l’homme a la puissance et la vie en lui-même) et au sujet de l’observation du Dimanche (l’homme a la puissance de changer la loi de Dieu). Ces positions intensifient toutes deux la pensée basée sur la performance. Les filles de Babylone, alors qu’elles professent la justification par la foi, ne peuvent subsister dans l’espace qui se trouve entre l’autel  et l’arche. Elles se contentent de rester à l’autel du sacrifice et d’ignorer l’arche de l’alliance. Elles préfèrent une « expiation totale à la croix » et ne voient ni l’intérêt, ni la nécessité de mettre leur confiance dans le ministère sacerdotal du Christ pour les conduire jusqu’au bout du chemin qui sépare ces deux points. Ils ne peuvent pas vivre avec les enseignements de l’expiation finale, du jugement investigatif, de la perfection du caractère, et de la fin du temps de grâce. Tous ces enseignements, enracinés dans la doctrine du sanctuaire, demandent une pensée basée sur la relation, ou basée sur l’alliance, pour subsister. Penchons-nous à présent sur chacun de ces enseignements, et voyons pourquoi Babylone ne peut y adhérer.

Schéma

  

B. Expiation / Expiation Finale / Jugement Investigatif 

   Lorsque le fils prodigue réalisa sa condition perdue, il décida de retourner vers son père. Il connaissait suffisamment le cœur du père pour penser pouvoir revenir, mais pas assez pour saisir qu’il serait accepté comme un fils, puisqu’il dit qu’il demanderait à son père de l’embaucher comme l’un de ses serviteurs (Luc 15 : 19). Il n’avait pas assez de foi pour croire qu’il pourrait être un fils, mais se disait qu’il pourrait être accepté comme un serviteur. Le prodigue, était encore un légaliste dans son cœur ; il était encore toujours atteint par la pensée basée sur la performance.

 

Serviteur

Fils

Le fils prodigue fait le vœu de travailler comme un serviteur

Le père célèbre le retour de son fils en tant que fils

Le jugement investigatif est une menace

L’invité aux noces porte ses propres vêtements

Le jugement investigatif est une confirmation

L’invité aux noces porte les vêtements du roi

 

Motivé par la performance : craintif, sans la certitude d’être assez bien

Basé sur la relation : sécurisé, dans l’assurance bénie de l’approbation du Père

 

   Lorsqu’il retourna vers son père, le père lui permit d’exprimer son néant, mais avant qu’il offrit sa solution de « Agar » [2], le père le serra dans ses bras et l’accueillit comme son fils. Il fut pardonné et réconcilié avec son père qui offrit alors une fête pour l’accueillir. Le veau gras pourvut au symbole du sacrifice, faisant l’expiation pour le péché du fils.

   L’histoire ne nous dit pas si le fils accepta volontiers sa position de fils réinstauré. Il vint dans l’intention d’être un serviteur. Il est possible que bien que le père l’accepta comme un fils, le même principe qui le fit rejeter les appels du père de rester la première fois, l’aurait conduit à rejeter son acceptation comme un fils. La situation aurait pu être que le Père vit son fils comme un fils, alors que le fils se vit lui-même comme un serviteur, à cause des choses honteuses qu’il avait faites. Il se peut bien qu’il n’ait toujours pas accepté le statut de fils dans son cœur. Comment peut-on résoudre une telle situation ?

   En tant que famille Juive, ils auraient chaque année observé le Jour des Expiations à Jérusalem, où les péchés étaient effacés lors de l’expiation finale. Alors que dans un premier temps le fils fut pardonné lorsqu’il revint à la maison, son péché ne fut pas effacé jusqu’au Jour des Expiations. L’espace de temps entre le pardon (expiation quotidienne) et l’effacement total (expiation finale) donna l’opportunité au fils de voir si le père l’avait réellement réintégré comme son fils, et de réaliser que son plan initial de travailler comme un serviteur n’était pas nécessaire.

   Si le fils n’avait pas vraiment cru aux paroles du père à ce moment, sa pensée invisible basée sur la performance se serait manifestée pendant la durée séparant le pardon initial (sacrifice à l’autel) et le Jour des Expiation (jugement final). Il aurait été rempli de doutes, se demandant si ses efforts pour rembourser sa dette étaient suffisants pour satisfaire son père. Il aurait eu peur du sarcasme de son frère, ou aurait eu du ressentiment à son égard. La durée entre le pardon et l’effacement du péché donnait du temps à la pensée basée sur la performance de valider ou de disperser ses craintes quant à l’acceptation de son père. Pendant ce temps, il avait l’opportunité d’observer la véritable nature de son père. Alors qu’il apprenait à aimer son père, il obtint le courage de croire avec certitude qu’il était à nouveau son fils, malgré les méchancetés qu’il avait commises envers lui. Le Jour des Expiations donne l’opportunité de scruter les couches invisibles de la pensée de performance, et de s’en débarrasser. Loué soit Dieu pour le Jour des Expiations !

   Un « fils » qui avait l’habitude d’obtenir ce qu’il voulait en aurait fait à sa tête et aurait servi son père comme un serviteur. Nul doute qu’il aurait été perturbé par le Jour des Expiations. Agissant comme un serviteur, et cherchant à plaire à son père tout en portant la culpabilité de son péché, il aurait réagit face à ces peurs en continuant de pécher. N’ayant pas l’assurance d’être le fils, il doit créer un concept quelconque pour lui donner un sentiment de sécurité – une sécurité qui ne peut vraiment être obtenue que dans une relation de père à fils.

   Une doctrine de la prédestination, [3] qui élimine le besoin d’un jour des expiations, semble ainsi offrir de la sécurité. En effet, le fils prodigue aurait pu développer son approche avec un concept de justification légale, qui aurait certifié qu’il a été justifié à la croix (le moment où il est arrivé à la maison), qui n’hésite pas à présenter le jugement comme un déni blasphématoire de la croix. Ou bien, il aurait pu simplement créer une doctrine moins radicale de la justification légale [4], qui aurait réduit le Jour des Expiations à une simple extension de son pardon originel. Il aurait alors pu faire taire sa conscience, échappant ainsi pour toujours à un examen plus approfondi. Il aurait simplement pu rester un serviteur.

 

Serviteur

Fils

Le Fils peut :

Ne pas croire et craindre une rétribution cachée

 

Ou accepter le pardon du Père

 

La prédestination élimine l’arche

   droit prédestiné de revenir sans effort

   ou sans décision

L’expiation finale enlève toute culpabilité

le retour est accepté par la repentance

l’amour du Père est écrit dans nos cœurs

  

   Mais quelle tristesse pour le fils de ne pas être capable de simplement accepter l’amour de son père et de se reposer dans son assurance. Alors, ayant sondé son cœur pour s’assurer de sa relation, il pouvait humblement et d’un cœur reconnaissant monter au temple au Jour des Expiations, croyant en l’amour et au pardon de son père, et assuré d’avoir ses péchés et sa culpabilité effacés. L’espace entre l’expiation quotidienne et l’expiation finale est une partie essentielle du plan de Dieu en vue d’écrire Sa loi dans nos cœurs. Il ne nous teste pas seulement, il pourvoit également à l’opportunité d’apprendre à nous reposer dans les bras du Père face à un examen, croyant que nous sommes réellement pardonnés à tous les niveaux de notre pensée.

   Dieu ne nous teste pas pour nous terroriser, mais parce qu’il nous aime et veut que nous réalisions la profondeur de notre pensée basée sur la performance. Pourquoi ? Parce qu’Il ne peut recevoir que des fils dans Son royaume éternel. Les serviteurs cherchent toujours à prouver leur valeur, et faisant ainsi, leur focus sur le moi bloque le courant de l’amour de Dieu ; il en résulte de l’anxiété, de la peur, de l’agressivité, ce qui reflète les principes du royaume de Satan.

   En tant qu’Adventistes du Septième Jour, notre fondement s’appuie sur la croyance que l’évangile de la nouvelle alliance repose avant tout sur les ombres et les types du service du sanctuaire de l’Ancien Testament. Remarquez la déclaration de foi au sujet du sanctuaire faite en 1872 :

   Le sanctuaire de la nouvelle alliance est le tabernacle de Dieu dans le Ciel au sujet duquel Paul parle à partir de Hébreux 8, et dont notre Seigneur est le pasteur en tant que Grand Prêtre ; ce sanctuaire est l’antitype du tabernacle Mosaïque, et la prêtrise de notre Seigneur qui y est associée est l’antitype du ministère des prêtres Juifs dans l’ancienne dispensation, Héb. 8 : 1-5. C’est ici le sanctuaire qui doit être purifié à la fin des 2300 jours, et ce que l’on appelle sa purification est dans ce cas, tout comme dans le type, simplement l’entrée du grand prêtre dans le lieu très saint, pour finir l’ensemble des services qui y sont liés, en éradiquant et en enlevant du sanctuaire les péchés qui y avaient été transférés par le moyen de l’œuvre accomplie dans le premier appartement, Héb. 9 : 22, 23. Cette œuvre, dans l’antitype, commence en 1844 et occupe un espace bref et indéfini, au terme duquel l’œuvre de salut pour le monde prend fin. (Une Déclaration des Principes Fondamentaux enseignés et pratiqués par les Adventistes du Septième Jour, Croyance N°10).

   En 1887, Uriah Smith écrivit un résumé en cinq points du sanctuaire, tel que compris par les Adventistes du Septième Jour :

1) Que le sanctuaire et la prêtrise de la dispensation Mosaïque représentaient symboliquement le sanctuaire et la prêtrise de la dispensation présente, ou Chrétienne. (Hébreux 8 : 5)

2) Que ce Sanctuaire et cette prêtrise sont dans le ciel, ressemblant aux précédents d’aussi près que les choses célestes peuvent ressembler aux terrestres. (Hébreux 9 : 23, 24)

3) Que le ministère du Christ, notre Grand Prêtre, se divise en deux grandes parties, comme dans le type ; s’effectuant d’abord dans le premier appartement, ou Lieu Saint, puis dans le second appartement, ou Lieu Très Saint.

4) Que le début de son ministère dans le deuxième appartement fut spécifié par la grande période prophétique des 2300 jours (Daniel 8 : 14), et débuta lorsque ces jours prirent fin, en 1844.

5) Que le ministère qu’il accomplit maintenant dans le deuxième appartement du temple céleste est « l’expiation » (Lévitique 16 : 17), la « purification du sanctuaire » (Daniel 8 : 14), le « jugement investigatif » (Daniel 7 : 10),  « l’accomplissement du mystère de Dieu » (Apocalypse 10 : 7 ; 11 : 15, 19), qui complètera l’œuvre du Christ en tant que grand prêtre, achèvera le plan du salut, mettra fin au temps de probation, décidera de chaque cas pour l’éternité, et conduira Christ sur son trône de domination éternelle. (Uriah Smith, « Questions on the Sanctuary », The Review and Herald, 14 juin 1887 ; cité de The Sanctuary Doctrine, p. 1, 2)

   D’après ces déclarations, il est clair que nos fondements furent établis sur une croyance selon laquelle une expiation débuta en 1844 pour l’effacement de nos péchés. Ellen White l’affirme simplement de la manière suivante :

   Mais le sang du Sauveur, tout en libérant de la condamnation le pécheur repentant, n’anéantit pas le péché. Celui-ci demeure sur les registres du sanctuaire jusqu’à l’expiation finale. C’est ce que montrait la dispensation mosaïque où le sang des sacrifices justifiait le pécheur, tandis que le péché lui-même subsistait dans le sanctuaire jusqu’au jour des expiations (Patriarches et Prophètes, p. 330).

   Lorsque Christ, le Médiateur, brisa les liens de la tombe et monta aux cieux pour y officier en faveur de l’homme, Il entra d’abord dans le lieu saint où, par les mérites de son propre sacrifice, Il fit une offrande pour les péchés des hommes. Il intercéda et plaida devant Dieu, présentant les prières, la repentance et la foi de Son peuple, purifiées par l’encens de Ses propres mérites. Il entra ensuite dans le Lieu Très Saint, pour y faire une expiation pour les péchés du peuple, et pour purifier le sanctuaire. Son œuvre de grand prêtre complète le plan divin de la rédemption en accomplissant l’expiation finale pour le péché (Manuscript Releases, vol. 10, p. 157).

   Des déclarations telles que celles-ci ont troublé d’autres églises dans le passé et les ont conduites à penser que nous ne croyions pas en l’expiation faite à la croix. Cela est complètement faux. Remarquez ce qu’Ellen White a écrit :

   Après la chute d’Adam, Jésus a entrepris l’œuvre de racheter l’homme. En tout point, son sacrifice était parfait ; car il pouvait faire une expiation complète pour le péché (The Youth’s Instructor, 14 Juin 1900).

   Pourquoi y a-t-il une telle difficulté à voir l’expiation comme un processus qui englobe à la fois la croix et l’œuvre de Christ dans le sanctuaire ? Le mot « expiation » en anglais « atonement » était un mot conçu par William Tyndale pour « réconciliation ». L’expiation est le processus qui a pour objectif de restaurer la relation entre Dieu et l’homme. Lorsque nous considérons le processus de réconciliation, il est extrêmement important pour nous de nous poser la question suivante, « Notre vision de la réconciliation est-elle basée sur la performance ou sur la relation ? » Qu’est-ce que je veux dire par là ?

   Nous pourrions considérer le sacrifice de Christ comme une action de dédommagement que Dieu aurait demandée pour simplement arranger ce que l’homme avait fait, pour couvrir ses mauvaises actions. Un concept basé sur la performance pourrait très facilement se focaliser sur l’acte de Christ sur la croix comme un processus rituel pour satisfaire le Père au sujet des péchés de l’humanité. Une œuvre à faire et à mener à bien qui une fois accomplie est entièrement terminée. Certains aspects de la théologie Protestante vous donnent l’impression que l’expiation est essentiellement cela, une œuvre à accomplir pour satisfaire de la volonté divine.

   Mais l’expiation, placée dans le contexte d’un système basé sur les relations, se concentre sur le processus entier pour restaurer la relation du début à la fin. Comment la croix restaure-t-elle ces relations ? La croix révèle l’amour immense de Dieu et expose les mensonges de Satan au sujet de Dieu. Elle révèle également la méchanceté du cœur humain, qui a causé la mort le Sauveur du monde. La base de la réconciliation implique la restitution des identités justes pour Dieu ainsi que pour l’homme. La croix est la démonstration la plus puissante du cœur plein d’amour du Père pour Ses enfants. Elle nous dit que Dieu était prêt à tout abandonner pour nous retrouver, jusqu’à Son propre Fils. La révélation d’un tel amour est la source de puissance de l’expiation. Elle confronte la race humaine avec la réalité du véritable caractère de Dieu.

   L’expiation accomplie sur la croix est la démonstration objective de notre acceptation par Dieu, tout comme le père courut vers son fils prodigue et l’embrassa. L’expiation dans le sanctuaire implique le processus subjectif qui consiste à entièrement embrasser cette acceptation et à vraiment croire que nous sommes des fils et des filles de Dieu. Une vision de l’expiation basée sur la performance à travers des lentilles Protestantes ne voit aucune nécessité pour l’élément subjectif de l’expiation. Elle se contente d’accepter la vision rituelle de l’acceptation par Dieu. Elle ne nourrit aucun besoin de sonder son cœur de manière subjective, et rejette donc l’expiation basée sur le sanctuaire.

   Nos pionniers posèrent une plateforme solide pour la doctrine de l’expiation. Alors que certains cherchaient à pousser l’expiation uniquement vers le lieu très saint, les dirigeants embrassèrent les deux aspects de l’expiation : celui de la croix et celui de l’expiation. [5]

   Alors que l’église posa une plateforme solide, les implications pratiques de cette doctrine dans un contexte relationnel ont été difficiles. Durant la période allant de 1852 [6] à 1888, [7] Ellen White avait exprimé la vision selon laquelle l’église était à présent Laodicée et avait perdu son premier amour. Un esprit de polémique prédominait parmi de nombreux pasteurs, et les sermons étaient souvent aussi secs que les collines de Gilboa. [8]

   Le message de 1888 posait à l’église le défi de s’engager dans la réalité relationnelle de l’expiation, d’être réconciliée avec Dieu et d’embrasser entièrement Sa justice. L’église eut de la peine à accepter le message, [9] et dès les années 1920, elle commença à subir la montée du fondamentalisme dans les église Protestantes de l’Amérique entière. [10] Pendant la période des années 1930 et 1940, Andreasen développa son concept de la génération finale dans le contexte du Jour des Expiation. L’insistance d’Andreasen sur la victoire sur le péché et la perfection des saints dans le contexte du jour des expiations a augmenté le danger d’une pensée basée sur la performance en relation avec le jugement investigatif. [11] Les points de vue d’Andreasen orientèrent lourdement l’église vers la droite, et la tension monta jusqu’à ce que soit publié le livre Questions on Doctrine. S’il est vrai que Questions on Doctrines a contrebalancé l’orientation de l’église au sujet de l’expiation, les conditions dans lesquelles le livre fut publié l’embourba dans la controverse, une controverse qui n’a toujours pas été résolue par l’église. [12]

   L’emphase très lourde d’Andreasen sur l’expiation finale a mis tant de pression sur l’église, que pour tenter de rétablir les choses, des hommes tels que Desmond Ford ont débordé au point de nier complètement le message du jugement investigatif. Le message de Ford était grandement influencé par la pensée évangélique, qui a toujours des difficultés avec le concept d’une expiation dans le sanctuaire.

   La doctrine de la justification par la foi telle que l’exprime la foi Protestante est reliée à l’immortalité de l’âme et renforce le mensonge du serpent et d’une source de vie inhérente. Une telle justice ne peut supporter l’examen approfondi de Lieu Très Saint. Ils ne peuvent entrer dans cet appartement. Leur niveau de pénétration scripturaire n’est pas assez profond pour saisir ces doctrines dans une structure logique. Le faux système de source de vie des Protestants les pousse, par inadvertance, à rejeter toute évaluation ou investigation du statut complet de fils. Sans le savoir, leur cœur reste celui d’un fils prodigue légaliste, et ils changent l’évangile afin de pouvoir rester un serviteur. Ainsi ils cherchent sans le savoir à gagner leur salut, même s’ils protestent à raison que de tels efforts pour obéir sont impossibles.

 

Schéma

 

   Pendant ma formation théologique, il m’a été enseigné que l’expiation finale et le jugement investigatif était quelque chose qui n’allait essentiellement être qu’un rituel de cinq minutes – car après tout, l’essentiel de l’expiation était entièrement centré sur la croix. J’apprécie le fait que mon professeur ait essayé de maintenir un certain sens de la doctrine du jugement investigatif, mais il me semble qu’une telle compréhension est une réaction à la pensée basée sur la performance développée par Andreasen et son insistance sur la génération finale. Je ressens un sentiment profond de tristesse pour notre église. Une approche relationnelle de l’expiation (telle qu’illustrée par l’histoire du fils prodigue) ne voit pas de conflit entre la croix et l’expiation du sanctuaire. Je crois qu’une emphase de l’aspect relationnel aurait sauvé la vérité tout en délaissant les excès dans lesquels sont allés des hommes tels que Andreasen et Ford.

   L’héritage de notre église, c’est qu’à ce jour, un grand nombre de nos membres n’ont aucune idée de la différence entre le pardon, et l’éradication des péchés. Il est triste que de nombreux Adventistes chantent avec d’autres évangéliques que lorsque Jésus est mort, Il a jeté nos péchés dans les profondeurs de la mer, plutôt que de les transférer au ciel, supprimant ainsi le précieux examen de l’âme du Jour des Expiations qui aurait pu révéler la fausse pensée de performance et la réduire à néant.

   De nombreux Adventistes du Septième Jour ont rejeté ce changement et la liste actuelle des croyances fondamentales indique qu’il y a une œuvre d’expiation dans le contexte d’un jugement investigatif. Cette croyance est cependant plutôt vague au sujet de l’œuvre du jugement. La voici :

   « 24. Le Ministère du Christ dans le Sanctuaire Céleste :

   Il y a un sanctuaire dans le ciel, le véritable tabernacle élevé par Dieu et non par l’homme. Christ y officie en notre faveur, mettant à la disposition des croyants les bienfaits de Son sacrifice d’expiation offert une fois pour toutes à la croix. Il fut inauguré comme notre Grand Prêtre et commença Son ministère d’intercession au moment de son ascension.

 

Schéma

 

   En 1844, à la fin de la période prophétique des 2300 jours, Il entra dans la seconde et dernière partie de Son ministère d’expiation. C’est une œuvre de jugement investigatif qui fait partie du traitement ultime de tous les péchés, typifié par la purification de l’ancien sanctuaire Hébreux au Jour des Expiations. Dans ce service typique, le sanctuaire était purifié par le sang des sacrifices d’animaux, mais les choses célestes sont purifiées par le sacrifice parfait du sang de Jésus. Le jugement investigatif révèle aux intelligences célestes ceux qui, parmi les morts, reposent en Christ et sont donc jugés dignes d’avoir part à la première résurrection. Il révèle également ceux qui, parmi les justes, demeurent en Christ, gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus, et qui sont donc prêts pour la translation vers le royaume éternel. Ce jugement défend la justice de Dieu, qui sauve ceux qui croient en Jésus. Il déclare que ceux qui sont restés loyaux envers Dieu recevront le royaume. L’achèvement de ce ministère du Christ marquera la fin du temps de grâce avant la Seconde Venue. (Héb. 8 : 1-5 ; 4 : 14-16 ; 9 : 11-28 ; 10 : 19-22 ; 1 : 3 ; 2 : 16, 17 ; Dan. 7 : 9-27 ; 8 : 13, 14 ; 9 : 24-27 ; Nombre 14 : 34 ; Ez. 4 : 6 ; Lév. 16 ; Ap. 14 : 6, 7 ; 20 : 12 ; 14 : 12 ; 22 : 12.) » (Eglise Adventiste du Septième Jour, http://www.adventist.org/ beliefs/fundamental/index.html, [visite du 1er mars 2011]).

   Cette déclaration n’affirme pas vraiment si le jugement a commencé en 1844, ou s’il a simplement révélé aux intelligences célestes quelque chose qui avait déjà été accompli. Elle ne mentionne pas explicitement les livres du souvenir, et l’œuvre qui a lieu alors que les annales sont étudiées – même si elle cite Daniel 7 : 9-27. Pourquoi un tel flou ? Remarquez la citation, claire comme du cristal, que l’on trouve dans La Grande Controverse, et qui apparaît dans Questions on Doctrine, sous le chapitre au sujet du reste [13] :

   Alors qu'au jugement les livres du souvenir sont ouverts, la vie de tous ceux qui ont cru en Jésus est examinée devant Dieu dans l’ordre où ils sont inscrits. Commençant par les premiers habitants de la terre, notre avocat présente les cas des croyants de chaque génération successive, et termine par ceux des vivants. Chaque nom est mentionné, chaque cas est pesé avec le plus grand soin. Des noms sont acceptés, d’autres sont rejetés. Quand un dossier indique des péchés non confessés, le nom est radié du livre de mémoire. Le Seigneur disait à Moïse : «  C’est celui qui a péché contre moi que j’effacerai de mon livre. »  Exode 32 : 33. Et au prophète Ezéchiel : « Si le juste se détourne de sa justice, s’il commet l’iniquité, …on ne lui tiendra compte d’aucun des actes de justice qu’il aura accomplis. » Ezéchiel 18 : 24. (p. 483).

   Cette citation indique clairement que Dieu commença l’œuvre du jugement quand les livres furent ouverts en 1844. Dieu ne révèle, ni ne manifeste quelque chose qu’il a déjà accompli.

   Si l’œuvre du jugement a commencé en 1844, le sort de tous les hommes et les femmes n’est pas fixé jusqu’à cette date et après. Ce fait créée des incertitudes incroyables pour ceux qui souhaitent rester des serviteurs, et ne croient pas vraiment qu’ils sont des fils de Dieu. Ils ont été nombreux à affirmer que cet enseignement enlève la certitude du salut. Pour sûr ! Il le fait pour tous ceux qui ne sont pas en sécurité dans leur filialité de fils et filles de Dieu ! C’est bien là l’intérêt du débat : les aider à découvrir s’ils croient vraiment être des enfants de Dieu, s’ils sont certains d’être acceptés. Plusieurs théologiens Adventistes ont attaqué le jugement investigatif parce qu’il affaiblissait la certitude du salut. Pourquoi ne peuvent-ils dire avec David, « L’Eternel ne le laisse pas entre ses mains, Et il ne le condamne pas quand il est en jugement. » Psaume 37 : 33. Quand réaliserons-nous que le pilier central manque à de nombreuses personnes dans notre église ? C’est là le résultat d’une pensée basée sur la performance.

 

C. La Nature du Christ

   La doctrine de la nature du Christ a été une source importante de controverses dans l’église Adventiste, en particulier depuis que le livre Questions on Doctrines a été publié. Comme tant de livres ont été écrits à ce sujet, je vous donne comme référence les livres suivants pour approfondir la question. Voici une liste de lectures recommandées :

Consecrated Way to Christian Perfection, [14] par A.T. Jones

General Conference Bulletin 1895 Sermons, par A.T. Jones

- Christ and His Righteousness, [15] par E.J. Waggoner

- The Theology Crisis [16], par Leroy Moore

- Questions on Doctrine Revisited, par Leroy Moore

- Touched with our fellings, par J.R. Zurcher   

   Je mentionnerai brièvement par les Ecritures, l’Esprit de Prophétie, et nos pionniers, les points suivants :

   Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivra tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. Car assurément il ne prit pas sur lui la nature des anges ; mais il prit sur lui la semence d’Abraham. En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans les choses qui concernent Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple ; car, ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. (Héb. 2 : 14-18, KJV, italiques ajoutés).

   Car – chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, – Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’esprit. (Romains 8 : 3)

   Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus-Christ venu en chair n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist, dont vous avez déjà appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde. (1 Jean 4 : 2, 3)

   Le Christ est l’échelle vue par Jacob, dont la base reposait sur la terre et le sommet atteignait la porte du ciel, au seuil de la gloire. Si un seul échelon avait manqué pour toucher le sol, nous étions perdus. Mais le Christ arrive jusqu’à nous. Il a pris notre nature et a vaincu pour qu’en prenant sa nature nous soyons vainqueurs. Venu «  dans une chair semblable à celle du péché », il a vécu sans péché. Maintenant par sa divinité il saisit le trône céleste tandis que par son humanité il nous atteint. Il nous invite à rejoindre la gloire du caractère divin en croyant en lui. Il nous faut donc être parfaits, comme notre « Père qui est dans les cieux est parfait ». (Jésus-Christ, p. 311, 312) [17]

   Il prit sur Sa nature sans péché notre nature de péché, afin d’être à même de secourir ceux qui sont tentés (Medical Ministry, p. 181).

   Il nous suffira de réfléchir un peu pour comprendre que si Christ prit sur lui la ressemblance de l’homme afin de le racheter, il a dû être rendu semblable à l’homme pécheur, puisque c’est l’homme pécheur qu’il vint racheter. (E.J. Waggoner, Christ et Sa Justice, p. 26) [18]

   Pour être notre Rédempteur, il faut non seulement être capable de l’être, mais encore être un parent par le sang ; et être non seulement un proche parent, mais le plus proche parent ; et le plus proche parent par le sang. Ainsi donc, comme les enfants des hommes – les enfants de celui qui perdit son héritage – sont participants à la chair et au sang, lui aussi prit part à la chair et au sang dans la vraie substance de la nature humaine et devint notre plus proche parent. En conséquence, il est écrit que Lui et nous, nous sommes Un ; c’est pourquoi, Il n’a pas honte de nous appeler frères. (La Voie Consacrée, p. 21, 22) [19]

   La nature humaine du Christ était le centre même du message de la justification par la foi donné par Jones et Waggoner. Ellen White dit la chose suivante au sujet de leur message :

   Dans Sa grande miséricorde le Seigneur envoya un très précieux message à Son peuple par les pasteurs Waggoner et Jones. Ce message devait présenter au monde d’une manière plus marquée le sublime Sauveur, le sacrifice pour les péchés du monde entier. (Témoignages pour les Pasteurs, p. 70) [20]

   En 1957, avec la publication de Questions on Doctrine, l’église Adventiste, en dehors de toute discussion adéquate ou de vote, présenta une vision de la nature du Christ en désaccord avec la position défendue depuis que les piliers fondamentaux furent posés. Remarquez la déclaration :

   Il séjourna sur la terre, fut tenté, éprouvé, et touché par le sentiment de nos infirmités humaines et pourtant, il vécut une vie entièrement libre du péché. Son humanité était véritable et authentique, elle dut passer par les différentes étapes de la croissance, tout comme tous les autres membres de la race. Il était soumis à Joseph et à Marie, et était un adorateur dans la synagogue et au Temple. Il pleura sur la cité coupable de Jérusalem, et sur la tombe d’un être cher. Il exprima sa dépendance envers Dieu par la prière. Pourtant, il conserva toujours Sa divinité – le seul et unique Dieu-homme. Il était le deuxième Adam, venant dans la « similitude » de la chair humaine pécheresse, mais sans la moindre tache de ses propensions et ses passions (Questions on Doctrine, p. 20).

   Vous remarquerez que le mot similitude est mis entre guillemets. La position « similaire ne veut pas dire pareil » est ici introduite. On le présente ici comme ayant une humanité comportant les faiblesses du corps, mais dépourvue de la dégénérescence morale de notre nature humaine. C’est alors que sont listées de nombreuses citations d’Ellen White pour montrer qu’il était sans péchés. Il n’y a aucun doute que Christ était sans péché, c’est notre seul espoir. Mais s’Il ne prit pas notre nature (la vôtre et la mienne), Il ne nous a alors pas vraiment atteint là où nous sommes.

   Mais Ellen White affirme :

   Pendant quatre mille ans les forces physiques et mentales ainsi que la valeur morale de l’humanité étaient allées en décroissant ; et le Christ revêtit les infirmités d’une humanité dégénérée. C’est seulement ainsi qu’il pouvait racheter l’homme de sa profonde corruption. (Jésus-Christ, p. 98) [21]

   Remarquez qu’Ellen White déclare que la dégénérescence que Christ prit (non pas la dégénérescence spirituelle, mais l’impact de générations de péché sur les facultés supérieures) incluait la valeur morale. Pourquoi avons-nous dû changer nos enseignements sur la nature du Christ ? Nous verrons cela en profondeur dans l’un des chapitres suivants, mais pour l’instant, je veux considérer comment la pensée basée sur la performance, ne le permettra pas.

   Comme nous l’avons affirmé de nombreuses fois déjà, l’humanité est infectée par le mensonge du serpent -  vous ne mourrez point. Ce mensonge a imprimé dans le cœur de l’homme une croyance selon laquelle il a la puissance et la vie en lui-même. La vérité est que nous n’avons pas de puissance du tout. [22] Toute la puissance et la vie viennent de Dieu, mais lorsque nous les recevons, nos pensées les font passer au travers du mensonge du serpent, et sans le réaliser, nous sommes trompés à croire que cette puissance et cette force résident en nous.

   Un exemple frappant de cela est notre tendance constante à nous comparer avec les autres. Lorsque les autres agissent bien, sommes nous capables de nous réjouir de ce que Dieu a fait en eux sans avoir le sentiment que nous n’en faisons pas assez pour le Seigneur ? Si nous prêchons ou nous chantons bien sans que personne ne fasse une remarque positive, pourquoi sommes-nous tentés de nous sentir découragés ? Si nous sommes inspirés par le Seigneur, que c’est lui qui nous donne les dons, et que nous l’avons fait pour Lui, pourquoi sommes-nous tentés d’avoir du ressentiment ? Nous avons là toutes les implications subtiles du mensonge « vous ne mourrez point » - alors que nous rejetons peut-être cela mentalement, notre comportement prouve que nous sommes encore affectés par cela.

   En réalité, ce mensonge donne une puissance active à la nature humaine. Sans que nous en soyons conscients, il conduit notre pensée à croire que lorsque nous faisons le mal, c’est vraiment quelque chose que nous avons créé nous-même. Il rend notre nature active.

   La réalité est que les ténèbres sont l’absence de lumière. Elles ne sont pas un principe créateur, mais un principe passif. [23] Cela signifie que la nature humaine dans son état déchu est passive, et non pas active et générative.

   Le diagramme suivant illustre ceux qui choisissent la vue selon laquelle Christ prit notre nature pécheresse tout en s’attachant à une pensée-basée sur la performance.

 Schéma

    En acceptant la notion trompeuse selon laquelle l’homme a en lui-même des capacités inhérentes, de la puissance et de la vie, deux suppositions pareillement erronées sont inévitables : (1) L’homme a la capacité de vaincre la tentation et d’accomplir de bonnes œuvres en exerçant la puissance de la volonté, ou (2) L’homme fait de mauvaises choses de son propre fond, en répondant désespérément à la puissance du mal qui se trouve dans sa nature humaine pécheresse et sans espoir. La première nous encourage à aspirer à une justification légaliste par les œuvres. Si Christ prend ce type de nature humaine et qu’il est notre exemple, nous sommes alors encouragés à vaincre comme il la supposément fait : par Ses propres efforts. La second supposition, lorsqu’on l’applique a Christ ayant pris notre nature humaine pécheresse, fait en final de Christ un pécheur. Mais cela aussi est impossible.

 

Schéma

 

   Si la nature humaine pécheresse était vraiment active – c’est-à-dire qu’elle pouvait créer le mal de manière inhérente – Christ n’aurait alors jamais pu prendre ce genre de nature. Mais si la nature humaine pécheresse est un état passif, il est alors bien possible qu’Il ait pris une telle nature. Nous avons bien appuyé le fait qu’en tant qu’église, nous n’avons pas éliminé la pensée basée sur la performance ; ainsi, pour rester cohérents, nous devons soit nous en débarrasser, soit changer notre vision sur la nature du Christ. Triste à dire, au lieu de nous changer nous-mêmes, nous avons changé Christ.

   Mais ces Adventistes conservateurs qui défendent l’idée selon laquelle Christ prit notre nature humaine déchue et protestent contre les changements faits par les auteurs de Questions on Doctrines (qui devint quasi officiel malgré le fait qu’aucun corps représentatif ne l’a approuvé) doivent également être sur leurs gardes. L’Adventisme conservateur est célèbre pour sa pensée basée sur la performance : Je peux le faire par moi-même, pour le meilleur ou pour le pire ! Et dans ce contexte, la théologie d’une nature déchue impliquera que Christ a dû être un pécheur ; comme nous ne pouvons faire autrement que de pécher, il dû pécher également. Ainsi, d’une façon ou d’une autre, la pensée fondée sur la performance change la vérité au sujet de la nature du Christ.

   Lorsque nous examinons le sujet de notre nature humaine, l’hypothèse selon laquelle nous  possédons une puissance inhérente qui contrôle notre comportement de péché, influence une hypothèse semblable quant à ce qui arriverait si Christ prit sur lui une telle nature humaine déchue – qu’Il serait sujet aux mêmes mauvaises puissances intérieures que nous, et serait tout aussi contraint à pécher que nous. Bien sûr, cela n’était pas le cas. Les Ecritures nous assurent clairement qu’Il était sans péché. C’est pourquoi, ces hypothèses nous obligent à conclure que Christ n’aurait pas pu prendre une nature humaine qui avait en elle-même la puissance active de pécher. C’est ici la conséquence de la mauvaise pensée basée sur la performance, selon laquelle la source de vie est inhérente.

   Mais il y a également un problème tout aussi grave dans l’extrême opposé, lorsqu’il s’agit des bonnes performances. En rejetant la nature humaine pécheresse active (parce qu’elle demanderait que Christ soit un pécheur), la vue opposée fut adoptée – qu’Il prit une nature humaine sans péché ; la nature d’Adam avant sa chute. C’est ainsi qu’il fut nécessaire pour les auteurs de Questions on Doctrines, de changer l’enseignement de l’église au sujet de la nature du Christ, afin de maintenir leur version de la pensée basée sur la performance. Remarquez dans le diagramme suivant que Christ n’expérimente plus notre nature, mais qu’il ne fait qu’en avoir compassion.

 

Schéma 

   Ayant parlé à de nombreuses personnes à ce sujet, je trouve cohérent que ceux qui défendent la vue de la nature non déchue du Christ se trouvent dans une position où ils ne peuvent plus faire la distinction entre les tendances à pécher et les propensions au péché [24]. Le premier principe est passif ; le second est un principe actif, mais la pensée basée sur la performance ne laisse pas de place pour un principe passif, il doit conclure qu’une nature humaine pécheresse signifie une propension active à pécher. Dans le passé, je me demandais pourquoi ils ne pouvaient pas voir la différence, mais cela me paraît logique à présent.

   Par le passé, ma pensée ayant également été basée sur la performance, ma prise de position pour une nature déchue de Christ me conduisit à me concentrer davantage sur Christ comme mon exemple, plutôt que comme mon substitut. L’un de mes enseignants essaya gentiment et aimablement de m’avertir, alors qu’il voyait clairement la paille dans mon œil, mais je ne pouvais pas voir la poutre. Ainsi, la pensée basée sur la performance dans les rangs conservateurs conduira imperceptiblement une personne vers le légalisme – un légalisme auquel j’ai personnellement goûté, et dans lequel j’ai vécu, et il est affreux. Les libéraux dans l’église peuvent clairement voir cela et le rejettent à raison. La vérité est que la nature du Christ ne sera jamais un bienfait pour nous aussi longtemps que nous maintiendrons une pensée basée sur la performance. Tout comme Christ est vraiment Dieu, ainsi Il est vraiment l’homme touché par nos infirmités.

 

D. La Perfection du Caractère

   Il devrait maintenant être relativement clair que la perfection du caractère est primordiale pour la pensée basée sur la performance dans le Protestantisme. Le concept entier de la perfection du caractère hurle performance, et comme nous l’avons relevé précédemment, le principe Protestant enseigne qu’essayer de garder la loi est du légalisme. Dans la prochaine section, j’examinerai plus en détail les concepts du légalisme. Pour l’instant, considérons une fois de plus les cinq niveaux de pensée typiques de la pensée Protestante.

 

Schéma

 

   Cette structure de croyance devra tordre chaque déclaration des Ecritures concernant la victoire sur le péché. La source de vie inhérente et le système de valeur le demandent. Je ne connais aucune de principales églises Protestantes enseignant que nous pouvons avoir une vie Chrétienne victorieuse dans cette vie. Ils n’ont tout simplement pas la structure doctrinale pour soutenir cela.

   Nous avons précédemment discuté des questions sous-jacentes de la perfection par les concepts de la justification par la foi. Les couches non détectées nous empêchent d’avoir la victoire totale en Christ. Actuellement, soit (1) nous changeons la signification de perfection à maturité et nous nous rassurons par la pensée qu’en faisant de notre mieux « Christ s’occupe du reste », ou (2) nous nous concentrons sur les péchés des autres pour éviter de penser aux nôtres. Une fois de plus, en termes d’histoire, il s’agit là d’un grand mouvement de pendule. Il y a cinquante ans, la pression pour la perfection était beaucoup plus grande, et le niveau de peur et de désespoir était proportionnellement plus élevé. Ces choses ne favorisent pas le développement de Chrétiens saints et heureux.

   D’après mon expérience personnelle et mon étude, l’église Adventiste est aussi dans la confusion à ce sujet. Mais depuis que nous avons capitulé devant les évangéliques au sujet de l’expiation et du jugement investigatif, il était inévitable que tôt ou tard nous allions en faire de même au sujet de nos enseignements, et basculer de l’autre côté. Notre structure de croyance typique ressemble maintenant à cela :

 

Schéma

 

   Pendant ma formation en théologie, l’un de mes enseignements demanda à ceux qui croyaient en la victoire sur le péché de se lever. Sur une classe de seize élèves, nous fûmes deux à nous lever. L’enseignant passa le reste du temps à montrer combien cette idée était absurde. Les concepts de la perfection du caractère n’ont pas été enseignés dans nos écoles de théologie pendant de nombreuses décennies. Il n’y a donc que peu de pasteurs qui l’enseignent de nous jours.

   Il est si triste que les choses doivent en être ainsi. Une bonne compréhension de la source de vie, et du système de valeur n’en font non seulement une possibilité, mais une joyeuse certitude. Christ en vous, l’espérance de la gloire, quelle pensée merveilleuse ! Pour les nombreuses fois où j’ai entendu les gens me dire qu’ils pécheront jusqu’au retour de Jésus, je me demande s’ils sont à l’aise en vivant coupés d’un proche relation avec Jésus, et s’ils sont seulement dérangés de toute la souffrance que cela cause à leur Sauveur. Il se peut que nous trébuchions et tombions en chemin, mais justifier le péché en disant « Nous pécherons jusqu’au retour de Jésus ; vous ne pouvez pas être parfait » est tellement triste.

   Une lecture franche de la Bible est claire à ce sujet :

   Tel il est, tel nous sommes aussi dans ce monde : c’est en cela  que l’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement (1 Jean 4 : 17).

   J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé, et qui s’est livré lui-même pour moi (Galates 2 : 20).

   Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété (Tite 2 : 12).

   Nous renversons les raisonnements et hauteur et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ (2 Cor. 10 : 5).

   Or, à celui qui peut vous préserver de toute chute et vous faire paraître devant sa gloire irrépréhensibles et dans l’allégresse (Jude 1 : 24).

   Ainsi donc, Christ ayant souffert dans la chair, vous aussi armez-vous de la même pensée. Car celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché (1 Pierre 4 : 1).

   Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise (2 Pierre 1 : 3, 4).

   Nous pourrions en rajouter davantage, mais pour tout lecteur candide, les choses sont suffisamment claires. Ceux qui s’accrochent encore à la pensée basée sur la performance tordront ces textes en disant qu’ils s’appliquent uniquement à l’œuvre objective de Christ, et que c’est ainsi que Dieu vous voit au travers de Jésus. Mais je préfère croire les prophètes de Dieu :

   « Le prince du monde vient, dit Jésus. Il n’a rien en moi. » Rien en lui ne faisait écho aux sophismes de Satan. Il ne donnait pas son consentement au péché. Il ne céda pas à la tentation, même en pensée. Nous pouvons faire de même. L’humanité du Christ était unie à la divinité ; la présence du Saint-Esprit le rendait apte au combat. Or il est venu pour nous rendre participants de sa nature divine. Aussi longtemps que nous sommes unis à lui par la foi, le péché ne domine pas sur nous. Dieu fait en sorte que par la main de la foi nous saisissions fortement la divinité du Christ, afin d’atteindre à la perfection du caractère (Jésus-Christ, p. 105, italiques ajoutés). [25]

   Nul ne doit échouer dans son désir d’atteindre, dans sa propre sphère, la perfection du caractère chrétien. Par le sacrifice du Sauveur, « tout ce qui contribue à la vie et à la piété » est mis à la disposition de l’enfant de Dieu. Dans son humanité, rendue parfaite par une vie de lutte incessante contre le mal, Jésus nous a prouvé que, grâce à une coopération réelle avec Dieu, l’homme peut arriver ici-bas à la perfection du caractère. Nous avons donc l’assurance que nous aussi nous pouvons obtenir une victoire totale (Conquérants Pacifiques, p. 475, italiques ajoutés). [26]

   N’est-il pas merveilleux de savoir que lorsque nous embrassons la pensée basée sur la relation, les commandements de Dieu sont dix promesses et que la victoire du Christ est la mienne ? Je peux communier avec Lui tout comme Enoch et Daniel le faisaient par le passé. Quelle merveilleuse pensée de savoir que je peux cesser de faire souffrir mes amis et ma famille en Christ qui me fortifie.

 

E. Pastorat, Anciennat et Consécration 

   Pour ce qui concerne les questions en rapport avec le jugement investigatif, la nature du Christ, et la perfection du caractère, l’église a lutté avec des réalités spirituelles qui ne sont pas observables par l’œil humain ; aucune d’elle ne peut être vue et manipulée par l’église. Mais lorsqu’on aborde les questions de la direction de l’église et des rôles des hommes et des femmes, nous entrons dans une arène très littérale et tangible. Depuis ses débuts, la direction de l’église avait été sous la responsabilité des hommes, mais dans les quelques décennies précédentes cette pratique a été sérieusement attaquée, et elle est actuellement même renversée par les attentes de l’égalité.

   Je reviendrai à cette question au chapitre 23 avec un impact beaucoup plus fort, mais pour le moment, nous voulons aborder les questions de la pensée basée sur la performance et les rôles des hommes et des femmes.

   La pensée de performance demande à évoluer au travers de rangs humains. L’église Chrétienne a depuis ses débuts été confrontée à la question de savoir qui tient les postes clefs d’autorité.

   Accorde-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire. (Marc 10 : 37)

   La pensée basée sur la performance estime la valeur selon la position. Plus haute est la position, plus la personne obtient de valeur. Satan lui-même exprime ce principe clef lorsqu’il affirme :

   Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus  des étoiles de Dieu ; Je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée, à l’extrémité du septentrion ; je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut. (Esaïe 14 : 13, 14)

   Il n’est pas naturel à la pensée humaine de descendre les échelons ; elle cherche naturellement la route qui monte pour arriver au sommet. Plus vous montez, plus votre sens de valeur est grand.  Dans de nombreux cas il en résulte que les plus insécurisés, ceux qui manquent de valeur sont les plus déterminés à arriver au sommet. Dans le monde de la pensée basée sur la performance, les personnes les plus insécurisées tiendront souvent les rennes de la puissance. C’est la raison pour laquelle il est dit dans Daniel 4 : 17 que Dieu donne le règne sur les royaumes au plus vil, ou au plus humble des hommes.

   Cette question de position ne se limite pas à l’église et aux structures d’entreprises. Elle existe dans de nombreux mariages – la lutte subtile pour le contrôle. Qui va diriger et prendre la décision finale ? Nous avons tous expérimenté ou été exposés à ce genre de lutte. Cette lutte est l’effet naturel de la pensée basée sur la performance.

 

Principe Biblique de Direction

   Le principe biblique de direction ne peut pas être saisi ou apprécié par la pensée basée sur la performance. La vision biblique de la direction se fonde sur le principe d’une fontaine et d’un canal. Dieu est la fontaine, et Il a structuré les familles humaines et les communautés de manière à permettre au courant de Ses bénédictions d’être partagé dans un contexte relationnel.

 

Schéma 

   Le principe biblique de soumission consiste à se placer dans le courant de bénédictions. Dieu a créé dans l’humanité les deux principes de la semence (génération) et de sa nourriture (croissance). Le principe masculin est un principe de génération et le principe féminin consiste à nourrir la semence. Les deux travaillent ensemble pour donner la vie aux enfants et les nourrir dans un contexte familial. Etant donné que le père est le principe de génération, il tient la position de direction en tant que source ou fontaine de bénédiction.

   C’est d’après ce principe que les patriarches bénissaient leurs enfants. Le père transmet non seulement une semence physique, mais aussi une semence spirituelle. Les paroles de sa bouche sous l’inspiration de Dieu ensemencent la pensée de ses enfants d’une conscience de leur signification, de leur raison d’être et de leur valeur. C’est a raison pour laquelle la Bible dit que le père est la gloire des enfants (Proverbes 17 : 6).

   Ce courant de bénédictions qui découle du trône de Dieu n’agira efficacement que lorsque les gens verront Dieu comme la seule source de vie. Si le mensonge du serpent infecte notre pensée, le canal de bénédictions sera bloqué, obstrué et bouché.

   L’instruction Biblique au sujet de la direction de l’église coule de source, et est évidente et relativement simple :

   Cette parole est certaine : Si quelqu’un aspire à la charge d’évêque, il désire une œuvre excellente. Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l’enseignement. Il faut qu’il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique, désintéressé. Il faut qu’il dirige bien sa propre maison, et qu’il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté ; car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’église de Dieu ? (1 Tim. 3 : 1-5)

   Un pasteur, un ancien, dans l’église doit être le mari d’une seule femme. Les moqueurs disent que cela devrait dire « il faut qu’un ancien soit le mari d’un seul conjoint, » et bien sûr, l’égalité basée sur la performance demande une telle réponse. Le texte dit également qu’il devrait bien diriger sa maison. Paul se réfère ici au texte de Genèse 18 : 19 où les bénédictions spirituelles promises à Abraham étaient dépendantes de sa bonne manière d’ordonner sa famille et de sa gestion responsable de l’autorité. Comme l’homme représente le principe de génération, ou la source de bénédiction de Dieu pour sa famille, nous nous attendons naturellement à ce qu’il occupe le rôle dirigeant afin de déverser ces bénédictions sur sa famille. Si une femme devient le dirigeant du foyer, la source de la bénédiction est placée en dessous de l’élément qui doit la nourrir, et cela déforme le canal de bénédictions. Les qualifications pour un pasteur ou un ancien consistent à savoir bien diriger son foyer. Si une femme dirige le foyer, le canal de bénédictions est bloqué. Remarquez le verset suivant :

   Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ (1 Cor. 11 : 3).

   Ce texte établit le courant de bénédiction. Ce principe de fontaine et de canal met en évidence l’urgence de réserver le pastorat et l’anciennat au principe masculin, ou principe de génération, parce que l’église est une expansion du foyer. Pour en savoir plus à ce sujet, référez-vous au chapitre 23.

   En résumé, l’insistance pour avoir des femmes anciens et pasteurs est purement fondée sur le principe de l’égalité par la performance. Si la position comprend en elle-même de la puissance et de la valeur, il serait alors mal de refuser aux femmes l’accès aux positions, mais Dieu ne base pas l’égalité sur la performance ; Il la base sur une série structurée de relations qui préservent le canal de Sa bénédiction.

   Le fait qu’une majorité de dirigeants d’église pensent aujourd’hui qu’il est vital de rectifier l’injustice d’avoir empêché les femmes d’accéder aux positions de pasteurs et d’anciens révèle simplement que la majorité est aveuglée par la pensée basée sur la performance. D’un point de vue mondain, j’approuve totalement leur désir d’égalité, mais les voies de Dieu ne sont pas nos voies. Son royaume n’opère pas sur de tels principes.

   La consécration des femmes au pastorat et à l’anciennat privera les enfants de leur sujet de gloire et déstabilisera la prospérité future de l’église. Dans Esaïe 3 : 1-12, nous voyons l’émergence de la direction par les femmes comme un signe d’apostasie. De nombreuses personnes disent qu’on ne peut pas trouver des hommes pour occuper les postes dans l’église. Tout cela fait partie de ce que Dieu nous a dit qu’Il ferait si nous essayions de réarranger les structures de bénédiction. Dans Esaïe 3 : 1, 2 [27] Dieu dit qu’il prendrait tous les hommes de valeur et les remplacerait d’abord par des dirigeants masculins faibles, puis les femmes allaient finalement dominer sur eux.

   Certaines personnes liront ce que je viens de dire et en riront simplement, ou bien elles bouilliront de colère devant des divagations aussi folles. Mais je préfère rester en compagnie de Elie :

   Voici, je vous enverrai Elie, le prophète, avant que le jour de l’Eternel arrive, ce jour grand et redoutable. Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères, de peur que je ne vienne frapper le pays d’interdit (Mal. 4 : 5, 6)

   La restauration d’une direction par les hommes est une pièce maîtresse de la fondation nécessaire pour voir les promesses faites à Abraham se réaliser. (Gen. 18 : 19) Une telle restauration rétablira les pères dont nous avons besoin pour engendrer des enfants résistants et repousser les forces de l’ennemi.

 

F. La Parole de Dieu et l'Education

   A son niveau le plus élémentaire, la Bible nous dit que la connaissance enfle (1 Cor. 8 : 2). La Bible représente la plus grande source de connaissance parmi tous les livres de la planète. Ce livre peut être utilisé via  la pensée basée sur la performance pour rendre quelqu’un très puissant. Je pense que nous avons tous vu de nombreux exemples d’enseignants et de prédicateurs qui ont utilisé la puissance de leur connaissance pour se promouvoir. Toute institution ecclésiastique est envahie par ce genre de personnes.

   L’étude de la Parole de Dieu est un processus d’éducation, et lorsque vous combinez la pensée basée sur la performance dans l’éducation avec la pensée basée sur la performance dans la Bible, vous obtenez un cocktail mortel. Alors que de nombreuses personnes passent par les échelons des institutions éducatives et maintiennent leur sens de l’humilité, il en est d’autres qui succombent à la puissance intoxicante de l’éducation. Le monde occidental dans son ensemble utilise l’éducation comme une mesure de performance. Le concept même des notations et des diplômes est basé sur la performance. Je le répète, de nombreuses personnes sont conscientes des dangers et restent humbles, mais de nombreux autres ne le sont pas.

   On parle souvent des hommes et des femmes en se référant à leur intellect et leur perception impressionnants, mais on l’exprime généralement d’une façon qui les honore eux, plutôt que d’honorer le Dieu qui donne ces capacités. Ellen White fait une déclaration surprenante concernant l’insistance sur la grandeur intellectuelle d’une personne. Cette déclaration mérite d’être considérée attentivement.

   Qu’est-ce qui fait la grandeur aux yeux du ciel ? – Non pas ce qui fait la grandeur selon l’estimation du monde ; ni la richesse, ni le rang, ni la noblesse, ni les dons intellectuels, considérés en eux-mêmes. Si l’on doit prendre en considération la grandeur intellectuelle, indépendamment de toute considération supérieure, alors Satan est digne de tous nos hommages, lui dont les capacités intellectuelles n’ont jamais été égalées par aucun homme. Quand un don est mis au service du moi, plus il est grand, plus grande sera la malédiction qu’il pourra devenir. Dieu n’estime que la valeur morale. Il apprécie surtout la charité et la pureté (Jésus-Christ p. 205).

   Comme nous l’avons affirmé précédemment, ce sont souvent les personnes les plus insécurisées, celles qui ressentent leur besoin d’obtenir de la valeur, qui sont les plus déterminées à obtenir des positions élevées dans l’église. Si, en tant qu’église, nous réservons les positions les plus élevées aux personnes diplômées, nous avons alors créé une faiblesse permettant aux plus nécessiteux et aux plus insécurisés d’accéder à ces postes. Dieu a aussi donné des positions à Ses humbles serviteurs, mais plus nous structurons notre église autour d’une reconnaissance basée sur la performance, plus nous sommes susceptibles d’avoir des penseurs basés sur la performance à la tête de notre église, prenant des décisions au sujet de nos règlement et de la direction de nos institutions. Une fois de plus, de nombreuses personnes se moqueront d’une telle notion, mais mon expérience dans nos collèges et nos écoles montre qu’ils sont nombreux à être intoxiqués par la puissance de la connaissance et de l’éducation. Je n’ai certainement pas été épargné par cette puissance. Ce fut pour moi vraiment défi de retrouver une attitude modérée.

   Beaucoup dans l’église à reconnaissent ces dangers et finissent par épouser les vertus de la non-éducation. Cependant, il ne s’agit là que de la face opposée de la pièce. Nous voulons des personnes éduquées ; nous voulons les meilleurs penseurs qui ne sont pas simplement le reflet des pensées d’autres hommes.

   Tout cela se résume par les principes du royaume par lequel nous opérons. Allons nous fidèlement suivre ce que dit la Bible et nous laisser convertir par elle, ou bien allons-nous utiliser la Bible comme un outil pour nous rendre puissants ?

 

G. Le Sabbat

   L’une des institutions les moins bien comprises dans l’église est le Sabbat. Du point de vue de la performance, cet enseignement est une mine d’or. Un exemple que j’aime soulever alors que je discute avec une personne de sa compréhension du Sabbat ce trouve dans la question : « Est-ce mal de nager à la plage le jour du Sabbat ? » On entend alors une réponse en chœur soutenant les deux positions, pour et contre, mais davantage contre. J’aime alors ajouter, « Il est parfois préférable pour moi de me trouver dans l’eau avec les poisson que sur la plage avec toutes ces personnes à peine vêtues. » De nombreuses personnes ont une liste de ce qui est bien ou mal s’appuyant sur des normes artificielles de performance. Lorsque rien de spécifique ne se trouve dans les Ecriture, j’aime poser la question suivante : « Cela me rapproche-t-il de Jésus ou non ? ». Le Sabbat est une institution relationnelle, c’est pourquoi les questions qu’on se pose à son sujet doivent être relationnelles. Nous ne voulons pas faire du sabbat un poids pour nos enfants par de nombreuses restrictions. C’est là une question difficile qui demande beaucoup de prières et de sagesse, mais je suis persuadé que le Seigneur peut nous aider.

   Comme dans de nombreux cas, le retour du balancier a aussi eu lieu pour bien des personnes à ce sujet. Les restrictions excessives au sujet du Sabbat et la pensée de performance des années cinquante et soixante ont poussé de nombreuses personnes à être très laxistes concernant le Sabbat et à entièrement perdre de vue sa sainteté.

   Ce laxisme ce voit entre autre dans la gestion de nos institutions le jour du Sabbat. Je remets aussi en question les liens qui existent entre les entreprises de produits diététiques et le fait de sponsoriser les joueurs de cricket et de football qui jouent le Sabbat. Nous promouvons ces personnes comme étant des modèles, mais ces personnes pratiquent leurs sports le Sabbat, sans parler de la moralité de certains joueurs. Le Seigneur se réjouit-il vraiment de ces choses ?

   On conçoit difficilement, alors que le message du Sabbat ira de l’avant dans un future proche, comment les gens pourront être prêts à tout sacrifier pour un jour qui n’est que peu sanctifié.

   On pourrait évoquer de nombreux autres domaines, mais je pense que nous avons bien montré comment la pensée basée sur la performance a affecté de nombreuses doctrines  et pratiques dans l’église. Dans notre prochain chapitre, je souhaite examiner le processus par lequel nous établissons des croyances et la manière dont nous prouvons nos positions. Cela va alors nous conduire dans notre discussion au sujet de la Divinité.

 


[1] Un peu plus loin, je souhaite explorer plus en détails les mécanismes de la justification par la foi en définissant et en présentant les sujets de la loi, du péché, de la justification et de la sanctification. Retour

[2] Agar est symbolisé par une relation inappropriée conduisant au légalisme de l’ancienne alliance. Retour

[3] La doctrine de la prédestination enseigne que lorsque nous acceptons Christ, nous montrons de manière évidente que nous avons été présélectionnés pour le salut par Dieu, et que rien de ce que nous faisons ne peut changer ce fait. Cette idée est supposée donner aux chrétiens l’assurance du salut. Retour

[4] Justification légale. Déclaré juste objectivement, sans que vous en ayez une part quelconque. Ne possède aucun composant subjectif ou relationnel et n’a rien à voir avec un changement du cœur. Retour

[5] Voir Leroy Moore Questions on Doctrine Revisited (Questions sur la Doctrine Révisé), chap. 13, « Les pionniers évitent l’erreur de Crosier. » Retour

[6] « Depuis quelques temps, je regarde autour de moi pour découvrir les vrais disciples de l’humble et doux Jésus, et mon esprit est très perplexe. Beaucoup de ceux qui professent attendre la venue prochaine de Christ, se conforment à ce monde, et sont plus préoccupés d’obtenir l’approbation de ceux qui les entourent que celle de Dieu. Ils sont froids et formalistes, comme les églises nominales dont ils sont sortis récemment. Le message à Laodicée décrit parfaitement leur présente condition. » (The Review and Herald, 10 juin 1852) Retour

[7] « L’église est actuellement dans un état Laodicéen ; combien peu y sont révélées les directives personnelles et directes de Dieu ! Des hommes se placent dans des positions où la tentation est présente, où ce qu’ils entendent et voient est contraire à Dieu, et préjudiciable à la spiritualité. » (Ibid, 19 juin 1888) Retour

[8] Ibid, 11 mars 1890 Retour

[9] « Ceux qui réalisent combien ils ont besoin de se repentir et d’avoir foi en Jésus-Christ humilieront leur âme et regretteront d’avoir résisté à l’Esprit du Seigneur. Ils confesseront leur péché d’avoir rejeté la lumière que le ciel leur a si gracieusement envoyée. » (Ibid, 26 août 1890)

« Cher Fr. Olsen : J’ai envoyé le témoignage ci-joint spécifiquement pour l’Union de l’Ohio, mais le Seigneur m’a montré que le mal qui s’y commet, et qu’Il réprouve existe dans d’autres Unions. Les églises ont besoin de piété personnelle et d’une expérience plus profonde, bien plus profonde de la vérité et de la connaissance de Jésus-Christ. L’esprit de résistance qui a été étalé dans la présentation de la justice du Christ comme étant notre seul espoir a attristé l’Esprit de Dieu, et le résultat de cette opposition a nécessité la présentation de ce sujet d’une manière convaincue et décidée, permettant d’étudier plus profondément le sujet et de révéler un éventail d’arguments si profonds, et si riches sur le sujet de la justification par la foi et la justice du Christ comme seul espérance que le messager lui-même ne discernaient pas. Le sujet a été présenté à de nombreuses personnes. Le plus triste est que certains parmi ceux qui auraient dû se tenir fermement dans la claire lumière sur ce sujet travaillaient du côté de l’ennemi. » (The Ellen G. White 1888 Materials, p. 703). Retour

[10] Graeme Bradford, People are Human (Victoria : Signes Publishing Company, 2006), p. 45 Retour

[11] Leroy Moore, Questions on Doctrine Revisited, pp. 256-260. Retour

[12] L’évidence de ce point peut être trouvée dans le fait que l’université Andrews a organisé une conférence sur « Questions on Doctrine » en octobre 2007 pour essayer de résoudre les nombreuses questions qui y sont encore liées. Retour

[13] Questions on Doctrine, p. 174. (Il est possible de télécharger une version PDF de ce livre en cliquant sur ce lien.) Retour

[14] La Voie Consacrée  Retour

[15] Christ et sa Justice Retour

[16] Pour ceux qui comprennent l’anglais vous pouvez télécharger les livres Consecrated Way to Christian Perfection, General Conference Bulletin 1895 Sermons, Christ and His Righeousness, sur le site http://www.maranathamedia.comRetour

[17] The Desire of Ages, p. 311, 312. Retour

[18] Christ and His Righteousness, p. 26. Retour

[19] Consecrated Way to Christian Perfection, p. 25. Retour

[20] Testimonies to Ministers and Gospel Workers, p. 91. Retour

[21] Desire of Ages, p. 70. Retour

[22] Pour clarifier : l’homme ne possède aucune puissance générative, la puissance de créer par lui-même. L’homme possède la puissance de la volonté, le pouvoir du choix, mais sa capacité ne doit pas être confondue avec la puissance de la vie. Retour

[23] Basé sur la définition du péché donnée par Ellen White — « Notre seule définition du péché est celle qu’en donne la Parole de Dieu : c’est “la transgression de la loi” ; c’est la manifestation extérieure d’un principe en lutte contre la grande loi d’amour qui est le fondement du gouvernement divin. » (The Great Controversy, p. 493) — le péché est la manifestation extérieure d’un principe en lutte contre la grande loi d’amour. La nature humaine contient le principe en lutte (le principe étant créé par le mensonge « vous ne mourrez point » présentant ainsi la base de la tromperie concernant l’indépendance humaine) et non la manifestation extérieure du principe en lutte avec la grande loi d’amour. Retour

[24] « Seuls ceux qui obéissent, par la foi en Christ, à tous les commandements de Dieu, atteindront la condition dans laquelle vivait Adam avant sa transgression, une vie sans péché. » (Manuscript Releases, vol. 8, p. 99). Cette citation semblerait vouloir indiquer que par la foi en Christ il est possible d’être comme Adam avant qu’il ne chute. Quelle promesse incroyable, en vérité ! Retour

[25] Desire of Ages, p. 123. Retour

[26] The Acts of the Apostles, p. 531. Retour

[27] Pour ceux qui connaissent l’anglais et qui souhaitent en apprendre davantage sur ce sujet, téléchargez mon sermon « The Downward Path » sur http://maranathamedia.comRetour