Appendice A

 

Appendice A – Citations des pionniers sur la Trinité

Ci-dessous se trouve une sélection de citations concernant la Trinité et provenant de certains pionniers dirigeants. Il peut arriver que les points soulignés et les raisonnements soutenus ne soient pas des plus convaincants, mais l’opinion générale et l’idée principale de leur compréhension de la doctrine de la Divinité sont relativement uniformes. Comme vous le verrez, le Seigneur n’a pas une seule fois poussé son prophète à parler à l’encontre de ces pionniers, tandis qu’elle a reçu de nombreux conseils sur d’autres sujets lorsqu’ils hésitaient et embrassaient des enseignements dangereux.

 

1. James White (1821-1881)

« Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour LA foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. » (Jude 3) …L’exhortation de combattre pour la foi transmise aux saints n’est que pour nous. Et il est très important pour nous de savoir pour quoi, et comment combattre. Au 4ème verset, il nous donne la raison pour laquelle nous devons nous battre pour LA foi, une foi particulière ; « car il s’est glissé parmi vous certains hommes, » ou une certaine classe qui nie le seul Seigneur Dieu et notre Seigneur Jésus-Christ. …La façon dont les spiritualistes se sont débarrassés du seul Seigneur Dieu et de notre Seigneur Jésus-Christ fut tout d’abord l’emploi du vieux credo non biblique de la trinité, c’est-à-dire que Jésus est le Dieu éternel, bien qu’ils n’aient pas un passage pour le soutenir, alors que nous avons le témoignage abondant et manifeste des Ecritures, qu’il est le Fils du Dieu Eternel »  (J. S. White, The Day Star, 24 juillet 1846, italiques ajoutés).

« Parmi les erreurs fondamentales, nous pouvons classer avec ce faux sabbat d’autres erreurs que les Protestants ont ramenées de l’Eglise Catholique, telles que le baptême par aspersion, la trinité, et l’état conscient des morts dans une vie éternelle de misère. La masse qui a soutenu ces erreurs fondamentales l’a certainement fait par ignorance ; mais peut-il être supposé que l’église du Christ maintiendra ces erreurs jusqu’au jour où les scènes du jugement se dérouleront sur terre ? Nous ne le pensons pas. ’C’est ici la persévérance des saints (dans la période d’un message donné juste avant que le Fils de l’homme prenne sa place sur la nuée blanche, Ap. 14. 14), qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus.’ Et alors que la vraie lumière brille sur ces sujets, et qu’elle est rejetée par la masse, la condamnation tombera sur eux…  Et cette heure redoutable approche à grands pas ! » (J. S. White, Review & Herald, 12 septembre, 1854, italiques ajoutés).

« Nous pouvons ici mentionner la Trinité, qui fait fi de la personnalité de Dieu, et de son Fils Jésus-Christ, et l’aspersion au lieu d’être « enseveli avec Christ dans les eaux du baptême, » « devenu une même plante avec lui par la conformité à sa mort ». Mais laissons ces fables pour en relever une, considérée comme sacrée par presque tous les Chrétiens de profession, que ce soient les Catholiques ou les Protestants : il s’agit du changement du Sabbat du quatrième commandement du septième jour au premier jour de la semaine » (Idem, 11 décembre 1855, italiques ajoutés).

« La plus grande faute que nous pouvons reprocher à la Réforme est que les Réformateurs aient cessé de réformer. S’ils avaient continué, allant de l’avant, jusqu’à l’abandon total des derniers vestiges papaux, tels que l’immortalité naturelle, l’aspersion, la trinité, et l’observance du dimanche, l’église serait à présent libre de ses erreurs anti-scripturaires » (Idem, 7 février 1856).

« Le Père et le Fils furent un dans la création de l’homme, et dans sa rédemption. Le Père dit à son Fils, ‘Faisons l’homme à notre image.’  Et le chant triomphant auquel les rachetés prennent part, est à ‘celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, aux siècles des siècles’ » (J. S. White, The Law and the Gospel, p. 1. 1870, italiques ajoutés).

« L’évangile du Fils de Dieu est la bonne nouvelle du salut par Christ. Lorsque les hommes ont chuté, les anges ont pleuré. Le ciel était baigné de larmes. Le Père et le Fils se concertèrent[1], et Jésus se proposa de sauver l’homme déchu. Il se proposa de mourir pour que l’homme puisse vivre. Le Père consentit à donner son seul bien-aimé, et dans le ciel et sur la terre résonna la bonne nouvelle qu’une voie était ouverte pour la rédemption de l’homme (J. S. White, The Law and the Gospel, p. 2, 3. 1870, italiques ajoutés).

« L’inexplicable Trinité, qui fait de Dieu trois en un et un en trois, est déjà suffisamment déplorable ; mais cet ultra unitarisme qui rend Christ inférieur au Père est pire. Dieu a-t-il dit à un être inférieur, ‘Faisons l’homme à notre image ?’ (J. S. White, Review & Herald, 29 novembre 1877).

« Le Père est le plus grand du fait qu’il est le premier. Le Fils est second en autorité, car toutes choses lui ont été soumises » (J. S. White, Review & Herald, 4 janvier 1881).

 

2. J. N. Andrews (1829-1883)

« Les protestants ne se fondent pas sur les Ecritures. » (« Catéchisme Doctrinal, » p. 101, 174, 351-355)

« Q. Avez-vous d’autres preuves que les protestants ne se fondent pas sur les Ecritures ?

« R. Oui ; tellement que l’on ne peut en citer que quelques-unes dans ce petit ouvrage. Ils rejettent bien des choses clairement établies dans les Ecritures, et en professent plus que celles contenues dans ce Livre Divin.

« Q. Donnez-en des exemples.

« R. Si les Ecritures étaient leur seule règle de conduite, ils devraient pratiquer le lavement des pieds, d’après le commandement de Jésus dans Jean 13. Ils ne devraient pas observer le dimanche, mais le Samedi, d’après le commandement, « Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier », car ce commandement n’a ni été changé, ni abrogé dans les Ecritures.

« Q. Avez-vous d’autres arguments pour prouver que l’Eglise a le pouvoir d’instituer des fêtes ou des préceptes ?

« R. Si elle n’avait pas ce pouvoir, elle n’aurait pas pu faire ce qu’approuvent tous les théologiens modernes, elle n’aurait pas pu substituer l’observance du dimanche, premier jour de la semaine, à celle du samedi, septième jour de la semaine, un changement pour lequel on ne trouve pas d’autorité Scripturaire.

« Q. Remarquez-vous d’autres vérités importantes enseignées par l’Eglise, mais qui ne sont pas clairement établies dans les Ecritures ?

« R. La doctrine de la Trinité, une doctrine certainement nécessaire au salut, n’est pas explicitement et clairement établie dans les Ecritures, dans le sens protestant de l’interprétation de l’Ecriture par l’Ecriture (Review & Herald, 22 août 1854).

« La doctrine de la Trinité qui fut établie dans l’église par le Concile de Nicée en 325 ap. JC détruit la personnalité de Dieu, et de son Fils Jésus-Christ notre Seigneur. Les mesures infâmes par lesquelles elle fut imposée à l’église telles qu’elles apparaissent dans les pages de l’histoire ecclésiale, devraient faire rougir tout croyant en cette doctrine » (J. N. Andrews, Review & Herald, 6 mars 1855).

« Tout membre de la famille humaine, mis à part Adam, a eu des parents, et nous avons tous eu un commencement de jour. De plus, mis à part deux exceptions, tous ont eu une fin de jours. Même les anges de Dieu ont tous eu un commencement de jours, de telle manière qu’ils sont aussi exclus de ce langage que les membres de la famille humaine. Et en ce qui concerne le Fils de Dieu, il en serait également exclu, car il avait Dieu pour Père, et eut donc un commencement de jours à un moment donné de l’éternité passée » (J. N. Andrews, Review & Herald, 7 septembre 1869).

« Dieu est la fontaine et la source de l’immortalité. Il [Paul] parle ainsi de Dieu le Père : ‘…qui seul possède l’immortalité, qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni ne peut voir, à qui appartiennent l’honneur et la puissance éternelle. Amen !’ 1 Tim. 6 : 16. Il est évident que ce texte fut écrit pour enseigner que le Dieu existant de lui-même est le seul être qui, de lui-même, possède cette merveilleuse nature. D’autres peuvent l’avoir comme provenant de Lui, mais Il est le seul à donner  l’immortalité. Notre Seigneur Jésus-Christ est la source de cette vie pour nous. ‘Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même.’ Jean 5 : 26. Le Père nous donne cette vie en Son Fils. ‘Et voici ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans Son Fils. Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie.’ 1 Jean 5: 11, 12 Ces textes de l’Ecriture prouvent clairement que le Christ est la source de la vie éternelle, et que seuls ceux qui ont Christ ont cette vie »  (J.N. Andrews, Review & Herald, 27 janvier 1874, p. 52).

 

3. J. N. Loughborough (1832-1924)

« QUESTIONS AU PASTEUR LOUGHBOROUGH :

« FRÈRE WHITE : pourriez-vous envoyer ces questions au frère Loughborough, afin d’obtenir des explications ? W. W. Giles. Toledo, Ohio.

QUESTION 1 : Quelles objections sérieuses peut-on émettre contre la doctrine de la trinité ?

RÉPONSE : Il y a de nombreuses objections que l’on pourrait émettre, mais vu notre espace limité, je les réduirai aux trois suivantes : 1. Elle est contraire au bon sens. 2. Elle est contraire aux Ecritures. 3. Son origine est païenne et chimérique.

« On fera, dans l’ordre, un petit commentaire sur chacune de ces assertions :

1. Ce n’est pas vraiment en accord avec le bon sens de dire que trois sont un et que un est trois, comme certains l’expriment en appelant Dieu « le Dieu trin », ou « le Dieu trois en un. » Si le Père, le Fils, et le Saint-Esprit étaient chacun Dieu, il y aurait trois Dieu ; car trois fois un n’est pas égal à un, mais à trois. Il est un sens par lequel ils sont un, mais pas une personne, comme le prétendent les Trinitaires.

2. C’est contraire aux Ecritures. Vous pouvez ouvrir le Nouveau Testament quasiment n’importe où, s’il mentionne le Père et le Fils, il les représente comme deux personnes distinctes. Le chapitre dix-sept de Jean suffit à lui tout seul pour réfuter la doctrine de la trinité. Plus de quarante fois dans ce chapitre, le Christ parle de son Père comme étant une personne distincte de lui-même. Son Père était au ciel, et lui sur la terre. Le Père l’avait envoyé. Il lui avait donné ceux qui croyaient. Il allait devoir retourner vers le Père. Et c’est dans ce témoignage même qu’il nous montre en quoi consiste son unité avec son Père. Elle est de la même nature que l’unité existant entre les membres de l’église de Christ. ‘Afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un.’ D’un seul cœur et d’un seul esprit. D’un seul but dans tout le plan mis en œuvre pour le salut de l’homme. Lisez le dix-septième chapitre de Jean, et voyez s’il ne renverse pas entièrement la doctrine de la trinité. Si l’on veut croire cette doctrine, il nous faut croire, en lisant les Ecritures, que Dieu s’envoya lui-même dans le monde, qu’il est mort pour réconcilier le monde avec lui-même, qu’il s’est ressuscité lui-même d’entre les morts, qu’il monta au ciel pour se rencontrer lui-même, qu’il plaide devant lui-même au ciel, pour réconcilier le monde avec lui-même, et qu’il est le seul médiateur entre l’homme et lui-même. Le fait de se référer à la nature humaine du Christ en tant que Médiateur (d’après les Trinitaires), n’y change rien ; Clarke le dit en effet, ‘Le sang humain n’apaise pas plus Dieu que celui des cochons’ (Commentaire sur 2 Samuel 11 : 10). Il nous faut aussi croire que dans le jardin, Dieu se pria lui-même d’éloigner, s’il était possible, la coupe de lui-même, et mille autres absurdités semblables.

« Lisez attentivement les textes suivants, les comparant avec l’idée que Christ est le Dieu omnipotent, omniprésent, suprême, et le seul Dieu à exister par lui-même : Jean 14 : 28 ; 17 : 3 ; 3 : 16 ; 5 : 19, 26 ; 11 : 15 ; 20 : 19 ; 8 : 50 ; 6 : 38 ; Marc 13 : 32 ; Luc 6 : 12 ; 22 : 69 ; 14 : 29 ; Matthieu 3 : 17 ; 27 : 46 ; Galates 3 : 20 ; 1 Jean 2 : 1 ; Apocalypse 5 : 7 ; Actes 17 : 31 ; Voyez aussi Luc 1 : 32 ; 22 : 42 ; Jean 3 : 35, 36 ; 5 : 19, 21, 22, 23, 25, 26 ; 6 : 40 ; 8 : 35, 36 ; 14 : 13 ; 1 Corinthiens 15 : 28, etc.

« Le mot Trinité n’apparaît nulle part dans les Ecritures. Le texte principal qui est supposé l’enseigner est 1 Jean 5 : 7, et c’est une interpolation. Clarke dit : « Sur cent treize manuscrits, ce texte ne se trouve pas dans cent douze d’entre eux. Avant le dixième siècle, on ne le trouve nulle part. Et la première fois qu’on le trouve en Grec est dans une traduction promue par le Concile de Latran, ayant eu lieu en 1215. »

« 3. Son origine est païenne et chimérique. Au lieu de nous conduire vers les Ecritures pour nous prouver la trinité, on se réfère au trident des Perses, en affirmant que « de cette manière, ils voulaient nous enseigner l’existence d’une trinité, et s’ils avaient la doctrine de la trinité, ils ont dû la recevoir par la tradition du peuple de Dieu. Mais toutes ces choses sont des suppositions, car il est certain que l’église juive ne soutenait pas une telle doctrine. Mr Summerbell nous disait : « L’un de mes amis, étant dans une synagogue de New York, demanda au Rabbi d’expliquer le mot ‘Elohim’. Un trinitaire du clergé, se trouvant justement là, répondit, ‘‘Eh bien, cela se réfère aux trois personnes de la Trinité ». C’est alors qu’un Juif s’avança et lui dit de ne plus mentionner ce nom, ou il se verrait obligé de le contraindre à quitter le bâtiment ; car dans la synagogue, il n’était pas permis de mentionner le nom d’un dieu étranger, quel qu’il soit. » (Discussion entre Summerbell et Flood au sujet de la Trinité, p. 38) Milma, dit que l’idée du trident est chimérique (Histoire de la chrétienté, p. 34). Cette doctrine de la trinité entra dans l’église à la même époque que le culte des images et l’observance du jour du soleil ; elle n’est ni plus, ni moins, que la doctrine Perse remodelée. Depuis sa première apparition, il fallut environ trois cent années pour en faire ce qu’elle est maintenant. Elle débuta vers 325 ap. JC, et sa formulation ne fut pas complétée avant 381. Voir Milman’s Gibbon’s Rome, vol 4 ; p. 422. Elle fut adoptée en Espagne en 589, en Angleterre, en 596, en Afrique, en 534. – Gibbon vol. 4, p. 114, 345 ; Milner vol. 1 p. 519 » (J. N. Loughborough, The Review and Herald, 5 novembre 1861).

 

4. Uriah Smith (1832-1903)

[Note : Uriah Smith décrit souvent le Saint-Esprit comme une influence et une émanation Divine. S’il est vrai que ces descriptions du Saint-Esprit semblent parfois signifier une force plutôt qu’un être, il le comprenait très clairement comme étant l’Esprit du Christ et l’Esprit du Père. Quelle que soit la compréhension d’Uriah Smith, Ellen White n’a jamais reçu l’instruction de corriger ses vues en disant qu’elles détruisaient la personnalité de Dieu ou qu’il était en danger de commettre le péché impardonnable en niant le Saint-Esprit. Par ailleurs, lorsque Kellogg embrassa le trinitarisme et commença à se focaliser sur le Saint-Esprit comme un Être distinct, Ellen White réagit rapidement. Bien que nous sachions que Kellogg tordait la conception Trinitaire traditionnelle, c’est la Trinité qui lui a ouvert la porte sur la voie descendante du panthéisme. Gardons bien cela à l’esprit.]

« J.W.W. demande : ‘Nous faut-il comprendre que le « Holy Ghost » est une personne, de la même façon que le sont le Père et le Fils ? Certains affirment que oui, d’autre que non.’

« Réponse : le terme « Holy Ghost » est une traduction aussi choquante que repoussante.[2] Il faudrait uniquement parler du Saint-Esprit (hagion pneuma). Cet Esprit est l’Esprit de Dieu, et l’Esprit du Christ ; l’Esprit étant le même qu’il s’agisse de celui de Dieu ou de celui du Christ. Mais concernant cet Esprit, la Bible utilise des expressions qui ne peuvent être accordées avec l’idée qu’il est une personne dans le même sens que le Père et le Fils. Il est plutôt présenté comme une influence divine émanant des deux, le moyen qui représente leur présence et par lequel ils ont la connaissance et la puissance dans l’univers entier, lorsqu’ils ne sont pas présents en personne. Le Christ est une personne, officiant présentement comme grand prêtre dans le sanctuaire céleste ; mais il dit pourtant que là où deux ou trois sont réunis en son nom, il est au milieu d’eux. Mt. 18 : 20. Comment ? Non pas en personne, mais par son Esprit. Dans l’un des discours du Christ (Jean 14-16), cet Esprit est personnifié comme « le Consolateur, » et en tant que tel, on utilise les pronoms personnels et relatifs « il, » « lui, » et « celui, » pour s’y référer. Mais on en parle généralement d’une façon qui ne s’accorde pas avec l’idée qu’il soit une personne, dans le même sens que le Père et le Fils. Par exemple, on dit souvent qu’il est «déversé », et « répandu ». Mais il n’est jamais question que Dieu ou le Christ soient déversés ou répandus. S’il avait été une personne, il n’aurait pas été étrange pour lui d’apparaître sous une forme corporelle ; et pourtant, lorsque ce fut le cas, ce fait a toujours été relevé comme quelque chose de particulier. Ainsi Luc 3 : 22 dit : « Et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. » Mais la forme n’est pas toujours la même ; car au jour de la Pentecôte, il prit la forme de « langues qui semblaient de feu. » Actes 2 : 3-4. Et encore, Ap. 1 : 4, 3 : 1 ;  4 : 5, et 5 : 6 nous parlent des « sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. » On ne peut remettre en question qu’on parle tout simplement du Saint-Esprit, présenté de cette façon pour souligner sa perfection et sa plénitude. Mais s’il avait été une personne, on aurait difficilement pu le décrire de cette façon. On ne lit jamais à propos des sept Dieux ou des sept Christs » (U. Smith, The Review and Herald, 28 Octobre, 1890).

« Il ne serait donc pas déplacé pour nous de considérer un instant ce qu’est cet Esprit, quel est son rôle, quelle est sa relation par rapport au monde et à l’église, et ce que le Seigneur propose de faire pour son peuple au travers de ce moyen. Le Saint-Esprit est l’Esprit de Dieu ; c’est aussi l’Esprit du Christ. C’est cette émanation divine et mystérieuse au moyen de laquelle ils font progresser leur œuvre grandiose et infinie. …Vous remarquerez que dans ces quelques versets, l’apôtre met en avant les trois grandes puissances concernées dans cette œuvre : Dieu, le Père ; Christ, son Fils ; et le Saint-Esprit » (U. Smith, General Conference Daily Bulletin,[3] Volume 4, 14 mars 1891, p. 146, 147).

 

5. J. H. Waggoner (1820-1889)

[Note : Waggoner montre clairement la manière dont la Trinité détruit la personnalité du Père et du Fils, par la notion de « trois principes absolus et indépendants » de sorte qu’il n’y ait aucune « relation de Père ou de Fils. »]

« Le ‘credo d’Athanase’… fut formulé, et la foi définie par Athanase. Avant ce moment, il n’y a jamais eu de façon définie de s’exprimer, si, en effet, il y avait quelque part une uniformité de croyance. La plupart des premiers écrivains avaient été des philosophes païens qui, pour atteindre les esprits de cette classe, faisaient souvent de grands efforts afin de prouver que les deux systèmes du christianisme et de la philosophie pouvaient s’accorder. Dans leurs écrits, on trouve abondamment de quoi soutenir cette position. Bingham parle des vues vagues tenues par certains dans les termes suivants : « Très tôt, il y eut une classe de personnes qui transforma la doctrine de la trinité en Trithéisme, et, au lieu de trois personnes divines sous l’économie du Père, du Fils et du Saint-Esprit, parlèrent de trois êtres collatéraux, coordonnés, et existant d’eux-mêmes, en faisant trois principes absolus et indépendants, sans aucune relation de Père ou de Fils, ce qui représente la notion la plus claire de trois dieux. Et, ayant fait ce changement dans la doctrine de la Trinité, ils firent en conséquence un autre changement dans la forme du baptême. » (Antiquities, livre 11, Chap. 3 et 4) « Qui peut faire la distinction entre cette forme d’expression et celle avancée par le concile de Constantinople en 381, lors duquel la vraie foi est déclarée être celle d’ « une Trinité non créée, consubstantielle et coéternelle » ? La vérité est que l’on retrouve cette même idée, décrite ici par Bingham, dans bien des œuvres littéraires du deuxième et du troisième siècle. On ne peut trouver de véritable ‘relation Père-Fils’ dans les termes du concile cité plus haut… Bingham dit que cette erreur concernant une trinité de trois êtres coordonnés, existants d’eux-mêmes, et indépendants prit naissance très tôt dans l’église, et c’est ainsi qu’on peut la trouver très tôt chez les auteurs ayant vécu juste après le temps des apôtres… Nous abandonnons au jugement sain de tout lecteur exempt de préjugé que trois baptêmes sont plus cohérents avec l’idée de « trois êtres coordonnées, existants d’eux-mêmes, et indépendants », qu’avec l’idée d’un baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et cela dans la similitude de la mort et de la résurrection du Sauveur (J. H. Waggoner, Thoughts on Baptism, 1878).

« Comme mentionné plus haut, la grande erreur des trinitaires, alors qu’ils argumentent à ce sujet, est la suivante : ils ne font pas de distinction entre le rejet d’une trinité, et le rejet de la divinité du Christ. Ils ne voient que les deux extrêmes, entre lesquels se trouve la vérité ; et se servent de toute expression se référant à la préexistence du Christ comme preuve d’une trinité » (J.H. Waggoner, The Atonement In The Light Of Nature And Revelation, p. 173, 174).

 

6. S. N. Haskell (1833-1922)

« L’arc-en-ciel dans les nuages n’est qu’un symbole de l’arc-en-ciel ayant encerclé le trône de toute éternité. Dans les temps les plus reculés, que la pensée finie ne peut concevoir, le Père et le Fils étaient seuls dans l’univers. Le Christ était le premier-né, engendré du Père, et Jéhovah lui fit connaître le plan divin de la Création. Le plan de la création des mondes lui fut révélé, ainsi que le genre d’êtres qui les peupleraient. Les anges, en tant que représentants d’un ordre, seraient des agents du Dieu de l’Univers. La Création de notre propre petit monde fut incluse dans ce plan mûrement réfléchi. La chute de Lucifer fut prévue ; tout comme la possibilité de l’introduction du péché, qui souillerait la perfection du chef-d’œuvre divin. Ce fut alors que, dans ces premiers conseils, le cœur plein d’amour du Christ fut touché, et que le seul Fils engendré du Père offrit Sa vie pour racheter l’homme, s’il devait trébucher et tomber. Le Père et le Fils, entourés d’une gloire impénétrable, se serrèrent les mains. …Et l’alliance éternelle fut faite ; ainsi le Père et son Fils, d’un seul Esprit, œuvrèrent ensemble pour compléter l’œuvre de la Création. Le sacrifice de soi pour le bien des autres en fut la fondation même (S. N. Haskell, The Story of the Seer of Patmos, p. 93, 94. 1905, italiques ajoutés).

 

7. R. F. Cottrell (1814-1892)

« Dans leurs discussions concernant la doctrine de la Trinité, les hommes sont allés dans des extrêmes opposés. Certains ont fait du Christ un simple homme, ayant commencé son existence à sa naissance à Bethléem ; d’autres n’ont pas été satisfaits de le laisser être ce que la Bible révèle clairement de lui, le Fils préexistant de Dieu, mais en ont fait le « Dieu et Père » lui-même… Je conseillerais simplement à tous ceux qui aiment notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, de croire tout ce que dit la Bible, et rien de plus… Nous comprenons que le terme trinité veut dire l’union de trois personnes, non pas de fonctions, en un seul Dieu ; de telle manière que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont au moins trois, et au maximum un. La doctrine qu’une personne soit trois personnes et que trois personnes soient une personne est, nous l’affirmons, contraire à la raison et au bon sens. L’être et les attributs de Dieu sont au-dessus et au-delà de mes sens et de ma raison, et pourtant j’y crois. Mais la doctrine à laquelle je m’oppose est contraire, oui, c’est le mot, au sens même et à la raison que Dieu lui-même a placés en nous. Il ne nous demande pas de croire à une telle doctrine. …Mais notre Créateur a fait que nous voyons une absurdité dans l’idée qu’une personne soit trois personnes, et que trois personnes ne soient qu’une personne ; et dans sa parole révélée, il ne nous a jamais demandé de le croire. C’est ici ce que nos amis trouvent discutable. …Mais le fait de tenir à la doctrine de la Trinité n’est pas tant la preuve d’une mauvaise intention que de l’intoxication par le vin qu’ont bu toutes les nations. Le fait qu’il s’agisse d’une des doctrines primordiales, si ce n’est la plus importante, par laquelle l’évêque de Rome a été exalté en tant que pape, ne parle pas en sa faveur. Cela devrait pousser les hommes à l’étudier en profondeur, par eux-mêmes ; de même que l’immortalité de l’âme que les esprits de démons défendent en faisant des miracles. Si je n’en avais jamais douté auparavant, je l’éprouverais à fond, par cette Parole que le spiritisme moderne a réduite à néant. …La révélation nous dépasse ; mais en aucun cas, elle ne va à l’encontre de la raison et du bon sens. Dieu n’a jamais prétendu, comme les papes l’ont fait, qu’il était capable de « changer l’injustice en justice, » il ne nous a pas non plus dit, après nous avoir appris à compter, qu’il n’y a pas de différence entre les nombres singuliers et les nombres pluriels. Croyons tout ce qu’il a révélé, et n’y ajoutons rien » (R. F. Cottrell, Review & Herald, 6 juillet 1869, italiques ajoutés). 

 

« Position des Adventistes du 7ème jour concernant la Trinité :

« Celle-ci a été une doctrine populaire et considérée comme orthodoxe depuis que l’évêque de Rome fut proclamé pape par sa force. On estime que c’est une hérésie dangereuse de la rejeter ; mais chaque personne a le droit d’expliquer cette doctrine à sa propre manière. Tous semblent penser devoir y adhérer, mais chacun dispose d’une liberté parfaite pour réconcilier ses déclarations contradictoires ; c’est ainsi qu’une multitude de vues sont défendues par ses amis, tous orthodoxes, je suppose, aussi longtemps qu’ils adhèrent nominalement à la doctrine.

« Pour ma part, je ne me suis jamais senti appelé à l’expliquer, ni à l’adopter et à la défendre, et je n’ai pas non plus prêché contre elle. Mais j’estime probablement autant le Seigneur Jésus-Christ que ceux qui se nomment Trinitaires. Ceci est la toute première fois que je prends le stylo pour dire quelque chose concernant cette doctrine. Mes raisons pour ne pas l’adopter, ni la défendre, sont : 1. Son nom n’est pas biblique. La Trinité, ou Dieu trin, est inconnue de la Bible ; et j’ai entretenu l’idée que des doctrines nécessitant des mots inventés dans la pensée humaine pour les exprimer, sont des doctrines inventées. 2. Je ne me suis jamais senti appelé à adopter et à expliquer ce qui est contraire à tout bon sens et à toute la raison que Dieu m’a donnés. Toutes mes tentatives pour expliquer un tel sujet ne le rendraient pas plus clair pour mes amis.

« Mais si l’on me demande ce que je pense de Jésus-Christ, ma réponse est : je crois tout ce que les Ecritures disent de lui. Si le témoignage le représente comme étant dans la gloire avec le Père avant l’existence du monde, je le crois. S’il est dit qu’il était au commencement avec Dieu, qu’il était Dieu, que toutes choses ont été faites par lui et pour lui, et que rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui, je le crois. Si les Ecritures disent qu’il est le Fils de Dieu, je le crois. S’il est déclaré que le Père envoya son Fils dans le monde, je crois qu’il avait un Fils à envoyer. Si le témoignage dit qu’il est le commencement de la création de Dieu, je le crois. S’il est dit qu’il est l’éclat de la gloire du Père, et l’image expresse de sa personne, je le crois. Et lorsque Jésus dit, ‘Moi et mon Père sommes un,’ je le crois ; et lorsqu’il dit, ‘Mon Père est plus grand que moi,’ je crois également cela ; il s’agit de la parole du Fils de Dieu, et indépendamment de cela, c’est parfaitement raisonnable et semble aller de soi.

« Si l’on me demande de quelle façon je crois que le Père et le Fils sont un, je réponds qu’Ils sont un dans un sens non contraire au bon sens. Si le ‘et’ de la phrase signifie quelque chose, le Père et le Fils sont deux êtres. Ils sont un dans le sens où Jésus a prié pour que ses disciples soient un. Son langage est, afin qu’ils soient un, « tout comme nous sommes un. » On pourrait objecter : ‘Si le Père et le Fils sont deux êtres distincts, ne transgressez-vous pas le Décalogue, en adorant le Fils, et en l’appelant Dieu ?     Non; c’est la volonté du Père que tous les hommes honorent le Fils, tout comme ils honorent le Père. Nous ne pouvons pas transgresser un commandement, et déshonorer Dieu, tout en lui obéissant. Le Père dit du Fils, que tous les anges de Dieu l’adorent. Si les anges devaient refuser d’adorer le Fils, ils se rebelleraient contre le Père. Les enfants héritent du nom de leur père. Le Fils de Dieu a, par hérédité, obtenu un nom plus excellent que les anges. Ce nom est le nom de son Père. Le Père dit du Fils, Ton trône, ô Dieu, est éternel. Héb. 1 : 8. Le Fils est appelé Dieu puissant. Esaïe 9 : 6. Et lorsqu’il reviendra à nouveau vers la terre, son peuple qui l’attendra s’exclamera : Voici, c’est notre Dieu. Esaïe 25 : 9. En faisant cela, nous rendons un honneur suprême au Père. Si nous déshonorons le Fils, nous déshonorons le Père ; car il nous demande d’honorer son Fils. Mais bien que le Fils soit appelé Dieu, il y a un Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ. 1 Pierre 1 : 3. Bien que le Père dise au Fils, ‘Ton trône, ô Dieu, est éternel’ , ce trône lui est donné de son Père ; et puisqu’il aima la justice, et détesta l’iniquité, il dit plus loin, ‘c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes égaux’. Héb. 1 : 9. Dieu a fait Jésus Seigneur et Christ. Actes 2 : 36. Le Fils est le Père éternel, non de lui-même, ni de son Père, mais de ses enfants. Son langage est : ‘Moi et les enfants que Dieu m’a donnés’. Héb. 2 : 13 » (R.F.Cottrell, Review & Herald, 1er juin 1869, italiques ajoutés).



[1] « Avant la création de ce monde et de l’homme eut lieu un conseil entre le Père et le Fils. Dans ce conseil, le risque du péché dut être pris en compte et une disposition fut prise pour faire face à cet impératif terrible » (A.T. Robison, The Review and Herald, 1er novembre 1929).

[2] Ndt. Une traduction littérale de « Holy Ghost » serait « Saint Fantôme ».

[3] Bulletin quotidien de la conférence générale.