Appendice F

 

Appendice F – La plateforme doctrinale Adventiste du Septième Jour

 

L’Eglise Adventiste du septième jour a été posée sur un fondement ferme. Nos pionniers étudièrent avec ferveur jusqu’à ce qu’un système de vérité soit posé. Remarquez ce qui suit :

La date de 1844 écoulée, nous avons cherché la vérité comme un trésor caché. J’ai rencontré les frères, et nous avons étudié et prié avec ardeur. Souvent nous restions ensemble tard dans la nuit, et parfois jusqu’au matin, priant pour obtenir la lumière et étudiant la Parole. Ces frères se sont souvent réunis pour étudier la Bible, afin de comprendre sa signification et d’être à même de prêcher avec puissance. Quand ils arrivaient dans leurs études à un point où ils devaient dire : « Impossible d’aller plus loin », l’Esprit du Seigneur descendait sur moi, j’entrais en vision, les passages que nous avions examinés m’étaient expliqués clairement, et j’étais informée sur la manière de travailler et d’enseigner avec succès. Une lumière était ainsi accordée pour nous aider à comprendre les Ecritures touchant Christ, sa mission, et son sacerdoce. Une ligne de vérité partant de ce temps-là pour aboutir au moment où nous entrerons dans la cité de Dieu devenait claire pour moi et je communiquais à d’autres les instructions reçues du Seigneur (The Review and Herald, 25 mai 1905, par. 24, italiques ajoutés).

Je ne souhaite pas ignorer ou manquer le moindre maillon de la chaîne de preuves qui s’est formée alors que, le temps de 1844 écoulé, de petits groupes de chercheurs de vérité se rencontraient pour étudier la Bible et demander à Dieu lumières et directives. Point par point, la vérité était si fermement ancrée dans nos esprits que nous ne pouvions pas douter… Les preuves données dans notre première expérience ont la même force qu’alors. La vérité est ce qu’elle a toujours été, et pas une tête d’épingle ne peut être enlevée de la structure de la vérité. Ce qui a été découvert de la Parole en 1844, 1845 et 1846 reste la vérité dans chaque détail. Lettre 38, 1906, p. 1, 2. (A la famille du sanatorium de Wahroonga, 23 janvier 1906.) (Manuscript Releases vol. 1, p. 52, italiques ajoutés).

J’ai vu un groupe de gens qui se tenaient fermement sur leur garde et ne prêtaient aucune attention à ceux qui cherchaient à ébranler la foi établie de l’ensemble. Le Seigneur les regardait d’un œil approbateur. Il me fut montré trois marches qui conduisaient à une plateforme et représentaient les trois messages : du premier, du second et du troisième ange. L’ange qui m’accompagnait me dit : « Malheur à celui qui retranchera la plus minime partie de ces messages. Leur véritable signification est d’une importance vitale. La destinée des âmes dépend de la manière dont ils sont reçus. » Je fus à nouveau ramenée à considérer ces messages, et je vis à quel prix les enfants de Dieu avaient acquis leur expérience. Ils l’avaient obtenue à travers bien des souffrances et des luttes. Dieu les avaient dirigés pas à pas, jusqu’à ce qu’ils soient placés sur une plateforme solide et inébranlable (Premiers Ecrits, pp. 258-259).

Une étude approfondie de l’histoire de nos pionniers révèle clairement qu’une plateforme solide a été posée. Les piliers de cette plateforme ne devaient pas être changés. Cela signifie que toute avancée dans la connaissance doit être en harmonie avec la plateforme posée durant les premières années. La connaissance augmenterait et se répandrait, mais toujours basée sur la plateforme. Ellen White a-t-elle considéré la doctrine ou la personnalité de Dieu comme faisant partie des anciennes bornes ou de la plateforme ancienne ?

Ceux qui cherchent à déplacer les anciennes bornes ne sont pas affermis : ils ont oublié comment ils ont reçu et entendu. Ceux qui tentent d’apporter des théories susceptibles de remplacer les piliers de notre foi concernant le sanctuaire ou touchant la personne de Dieu ou de Christ travaillent comme des aveugles. Ils essaient de répandre des incertitudes et cherchent à faire dériver le peuple de Dieu en le privant d’ancre (Manuscript Release, no. 760, p. 9, italiques ajoutés).

Ellen White écrit que la personnalité de Dieu et de Christ sont des doctrines primordiales devant être fermement maintenues. Il est inconcevable que Dieu puisse mettre en place un mouvement n’ayant pas une conception juste de Sa personne, le fondement même de toute vérité. Jésus a dit : « Je suis la Vérité. » Si la plateforme posée par les pionniers possédait une mauvaise conception de Dieu et de Christ, elle ne peut pas être appelée plateforme de vérité. La vérité au sujet de Dieu affecte directement toute autre doctrine. Remarquez :

Christ, son caractère et son œuvre, est le centre et la circonférence de toute vérité, il est la chaîne sur laquelle les joyaux de la doctrine sont enchâssés. En Lui se trouve le système complet de la vérité (The Review and Herald, 15 août 1893, par. 1).

Si Christ est le centre et la circonférence de toute vérité, cela signifie qu’une fausse compréhension de Jésus-Christ détruira toute autre doctrine. Que cela soit clair dans nos esprits. Nombreux sont ceux qui, dans l’église aujourd’hui, assimilent la dénégation de la Trinité, et tout spécialement du Saint-Esprit dans la Trinité, avec le risque de commettre le péché impardonnable. Si tel est le cas, pratiquement aucun de nos pionniers ne sera au ciel parce qu’ils ont rejeté la Trinité et le Saint-Esprit en tant que personne distincte. Cela n’a aucun sens.

Il est tout à fait inconséquent de dire que la plateforme posée par nos pionniers en référence à la Divinité était simplement un point de départ, et que nous avons à présent progressé pour atteindre la position de la Trinité. Une telle déclaration est soit naïve, soit trompeuse. La compréhension de nos pionniers est diamétralement opposée à la vue présente de la Divinité dans l’Adventisme. Il est impossible de dire qu’il y a eu une progression partant de la base posée par les pionniers et amenant d’une manière logique à la croyance actuelle. Une telle déclaration est un déni d’un processus de pensée rationnelle s’accordant avec les faits.

L’unique ligne de progression dont on puisse dire qu’elle ait grandi est la focalisation sur la divinité du Christ comme point central du plan du salut. Mais une telle expansion n’a jamais accueilli favorablement la notion d’une Divinité coégale ou coéternelle. Cette idée est un déni complet de la plateforme d’origine. Ellen White se réfère à la personnalité de Dieu et de Christ comme un pilier principal au même titre que l’enseignement du sanctuaire. Comme nous l’avons mentionné plus tôt, vous ne pouvez pas avoir un Père et Fils non littéraux faisant fonctionner un sanctuaire littéral — les deux sont en harmonie à moins que l’on puisse vivre avec les inconséquences.

Ne déplace pas la borne ancienne, que tes pères ont posée (Prov. 22 : 28).

Jusqu’en 1920, il semble que W. W. Prescott n’avait pas interprété la citation d’Ellen White au sujet de la vie originale non empruntée et non dérivée comme l’église la conçoit aujourd’hui (à moins qu’il ne l’ait jamais lue, ce qui est hautement improbable). Son évaluation puissante de la relation entre le Père et le Fils exprime succinctement la véritable position Adventiste. Remarquez la manière dont il exprime la relation :

« Nous pouvons concevoir que le Père existait depuis l’éternité et possède une puissance infinie simplement parce qu’Il désire exister ainsi, sans aucune cause externe, éternel et infini, et non dérivé ; et le Fils existe avec le Père depuis l’éternité, Il possède l’intégralité de la puissance infinie du Père, mais Il l’a reçue du Père ; Il existe parce que le Père désire qu’Il existe, éternel, infini et dérivé. Ce concept tient compte du langage du Nouveau Testament au sujet du Fils.

       « Le Fils est égal au Père en toutes choses sauf dans ce qui est transmis par les termes Père et Fils. Il est égal au Père en ce qu’Il partage complètement l’existence du Père depuis l’éternité ainsi que Son infini puissance, Sa sagesse et Son amour. Mais, du fait que le Père possède ces attributs divins de Lui-même, alors que le Fils les possède de manière dérivée, venant du Père, dans ce sens réel et uniquement dans ce sens, le Père est plus grand que le Fils.

       « Il est évident que l’idée d’un plus âgé et d’un plus jeune ne trouve pas sa place avec un Père éternel et un Fils éternel. Lorsque nous enlevons le concept de filiation du temps pour l’amener dans l’éternité, ces éléments, toujours présents dans les pères et les fils humains, disparaissent en un clin d’œil. Alors qu’ils disparaissent, reste-t-il une conception essentielle pour notre compréhension de la filiation ? Oui ; l’idée principale reste : l’existence personnelle et la puissance dérivée d’une autre personne. Et cette idée trouve sa concrétisation dans Jean 5 : 26, et dans d’autres assertions exprimées par le Christ Lui-même alors qu’Il décrit Sa propre relation avec Dieu » (The Doctrine of Christ, pp. 20, 21).

Cette citation de Prescott est juste un exemple, parmi de nombreux autres, montrant que nous avons effectivement déplacé les bornes posées par nos pères.