Appendice G

 

Appendice G – Un très précieux message

 

Le message des plus précieux donné à Jones et Waggoner fut un message possédant le pouvoir de libérer la puissance de la pluie de l’arrière saison. Remarquez :

Dans Sa grande miséricorde le Seigneur envoya un très précieux message à Son peuple par les pasteurs Waggoner et Jones. Ce message devait présenter au monde d’une manière plus marquée le sublime Sauveur, le sacrifice pour les péchés du monde entier. Il présentait la justification par la foi dans le Garant ; il invitait les gens à recevoir la justice de Christ, qui se manifeste par l’obéissance à tous les commandements de Dieu. Beaucoup avaient perdu Jésus de vue. Ils avaient besoin de diriger leurs yeux sur Sa personne divine, sur Ses mérites, sur Son amour inaltérable pour la famille humaine. Tout pouvoir est placé entre Ses mains, et Il peut dispenser de riches dons aux hommes, en impartissant le don sans prix de Sa propre justice à l’agent humain impuissant. Tel est le message que Dieu ordonna de donner au monde. C’est le message du troisième ange, qui doit être proclamé d’une voix forte et accompagné du déversement abondant de Son Esprit (Témoignage pour les Pasteurs, p. 39).

Le message de Jones et Waggoner a été présenté dans le contexte de Christ étant le Fils unique engendré de Dieu. Comme je l’ai mentionné au chapitre 20 de ce livre, l’identité correcte de Christ comme Fils de Dieu et Fils de l’homme est la caractéristique centrale de la justification par la foi. Remarquez ce que Waggoner dit au sujet de Christ :

Ce nom ne fut pas donné à Christ comme conséquence d’un grand exploit, mais il est à Lui par droit d’héritage.[1] Parlant de la puissance et de la grandeur de Christ, l’auteur de l’épître aux Hébreux dit qu’Il est « devenu d’autant supérieur aux anges, qu’il a hérité d’un nom plus excellent que le leur » (Héb. 1 : 4). Un fils prend toujours légitimement le nom de son père ; et Christ, en tant que « Fils unique engendré de Dieu » a légitimement le même nom. Un fils est aussi plus ou moins une reproduction du père ; il a, dans une certaine mesure, les traits et les caractéristiques personnelles de son père ; pas parfaitement, parce qu’il n’y a pas de reproduction parfaite dans le genre humain. Mais il n’y a pas d’imperfection en Dieu, ni dans aucune de ses œuvres ; de sorte que Christ est « l’empreinte même » de la personne du Père (Héb. 1 : 3). Etant le Fils de Dieu qui existe par Lui-même, Il a par nature, tous les attributs de la Divinité.

Il est vrai qu’il y a beaucoup de fils de Dieu; mais Christ est « le Fils unique engendré de Dieu », et par conséquent, le Fils de Dieu dans le sens où personne ne le fut jamais ou ne pourra jamais l’être. Les anges sont fils de Dieu comme le fut Adam, (Job 38 : 7, Luc 3 : 38) par création ; les chrétiens sont fils de Dieu par adoption (Rom. 8 : 14, 15) ; mais Christ est le Fils de Dieu par naissance. L’auteur de l’épître aux Hébreux montre que la position du Fils de Dieu n’est pas une position à laquelle Christ fut élevé, mais Il la possède de droit. Il dit que Moïse fut fidèle dans toute la maison de Dieu, comme serviteur, « mais Christ l’est comme Fils sur sa maison » (Héb. 3 : 6). Et il déclare aussi que Christ est le Bâtisseur de la maison (vers. 3). C’est Lui qui construit le temple de l’Eternel, et y apporte la gloire (Zach. 6 : 12, 13). (E. J. Waggoner, Christ and His Righteousness, pp. 11-13).

« Et toi, Bethléhem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, et dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours de l’éternité » (Michée 5 : 1, 2). Nous savons que « c’est de Dieu que [Christ] est sorti et qu’[Il] vient » (Jean 8 : 42), mais cette époque était si loin dans les jours de l’éternité, qu’elle est au-delà de la compréhension de l’esprit humain (Idem, p. 9).

Nous honorons le Père en honorant le Fils. Rappelons-nous des paroles de Paul : « Pour nous, il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. » (1 Cor. 8 : 6) ; comme nous l’avons déjà cité, c’est par Lui que Dieu créa les mondes. Ultimement, toutes choses procèdent de Dieu, le Père ; Christ lui-même est sorti et est venu du Père ; mais il a plu au Père qu’en lui habitât toute plénitude, et qu’Il fût l’Agent direct et immédiat de chaque acte de la création. Notre but dans cette recherche est d’établir la juste position d’égalité de Christ avec le Père, afin que Sa puissance pour racheter puisse être mieux appréciée (Idem, p. 19).

Les Ecritures déclarent que Christ est « le Fils unique engendré de Dieu ». Il est engendré, et non créé. Quant à savoir quand Il fut engendré, ce n’est pas à nous de faire des investigations à ce sujet, et notre esprit ne pourrait pas le comprendre si cela nous était expliqué. Le prophète Michée nous dit tout ce que nous pouvons connaître sur ce sujet, par ces mots : « Et toi, Bethléhem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, et dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours de l’éternité » (Michée 5 : 1, 2). Il y a eu une époque où Christ est sorti et est venu de Dieu, du sein du Père (Jean 8 : 42 ; 1 : 18), mais cette époque était si loin dans le passé, dans les jours de l’éternité, que pour une compréhension limitée, cette époque est pratiquement sans commencement.

Mais l’important est que le Christ soit un Fils engendré de Dieu et non un sujet créé. Il possède par héritage un nom plus excellent que celui des anges ; il est un « Fils sur Sa propre maison » (Héb. 1 : 4 ; 3 : 6). Et puisqu’Il est le Fils unique engendré de Dieu, Il est de la même substance et nature que Dieu, et possède par naissance tous les attributs de Dieu ; parce qu’il plût au Père que son Fils soit l’empreinte de Sa Personne, l’éclat de Sa gloire, et soit rempli de toute la plénitude de la Divinité. Ainsi, Il a la « vie en lui-même » ; Il possède l’immortalité en vertu de Son propre droit, et peut l’accorder aux autres (Idem, pp. 21, 22).

Remarquez ce que Jones dit au sujet de Christ :

Lui qui existait en forme de Dieu prit la forme de l’homme. « Il était comme Dieu durant tout le temps où Il était dans la chair, mais il ne parut pas comme Dieu. » « Il se dépouilla de la forme de Dieu et à sa place, prit la forme et la manière de l’homme. » « Il abandonna pour un temps les gloires de la forme de Dieu » (A.T. Jones, General Conference Bulletin 1895, p. 448).

Il est né du Saint-Esprit. En d’autres termes, Jésus est né de nouveau. Il vint du ciel, Lui, le premier-né de Dieu, sur la terre, et naquit de nouveau. Mais tout, dans l’œuvre de Christ est pour nous à l’opposé : Lui, sans péché, fut fait péché afin que nous puissions être fait justice de Dieu en Lui. Lui, le Vivant, le Prince et l’Auteur de la vie, mourut afin que nous puissions vivre. Lui dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours de l’éternité, le premier-né de Dieu, naquit de nouveau afin que nous puissions naître de nouveau (A.T. Jones, « Christian Perfection », The Review and Herald, 7 juillet – 1er Août 1899, par. 53, 54).

Toutes les fois que de telles citations sont présentées, la réponse immédiate est « Ellen White n’était pas en accord avec tout ce que Jones et Waggoner ont écrit », comme si cela allait prouver qu’elle croyait qu’ils étaient dans l’erreur au sujet de la Divinité. C’est une mauvaise étude des faits. Remarquez les citations suivantes de ce qu’elle a dit au sujet du message de Jones et Waggoner :

Des messages portant les lettres de créance divines ont été envoyés au peuple de Dieu ; la gloire, la majesté, la justice de Christ, pleines de bonté et de vérité, ont été présentées ; la plénitude de la Divinité en Jésus-Christ a été exposée en notre sein avec beauté et grâce, afin de charmer tous ceux dont le cœur n’est pas fermé par le préjugé. Nous savons que Dieu a travaillé parmi nous (The Ellen G. White 1888 Materials, p. 673).

Elle dit clairement qu’ils ont présenté la plénitude de la Divinité en Jésus-Christ. Ces hommes présentèrent Christ comme étant sorti du Père. Or nous disons que ceci diminue la plénitude de la Divinité en Christ. Combien de temps allons-nous refuser obstinément ce message venant du ciel et nous boucher les oreilles ? Si nous ne pouvons entendre la vérité de cette citation, nous pouvons augmenter le volume avec celle-ci :

Dieu présente à l’esprit des hommes désignés d’en-haut de précieuses gemmes de vérité, adaptées pour notre temps. Dieu a sauvé ces vérités de la compagnie de l’erreur et les a placées dans une structure appropriée. (Idem, p. 139).

 Si vous prêtez attention à la structure du livre de Waggoner Christ et sa justice, vous verrez les titres :

1. Comment considérons-nous Christ ?

2. Christ est-il Dieu ?

3. Christ est le Créateur

4. Christ est-il un être créé ?

5. Dieu manifesté en chair

Telle est la structure de la présentation de Waggoner. Ellen White déclare que la structure est appropriée. Elle est correcte. Ne disons pas que Waggoner changea sa position entre 1888 et 1890, date à laquelle il a écrit son livre. Cet argument n’est pas valable et Ellen White ne considère pas cela comme un problème. Cessons de nous battre contre des moulins à vent sur ce sujet.

La compréhension de Christ présentée par Jones et Waggoner serait actuellement considérée comme du semi-Arianisme, et selon les critères Trinitaires basés sur la performance, elle sape la divinité de Christ. Si tel est le cas, leur message n’était pas « très précieux » et n’introduirait pas la pluie de l’arrière saison comme le suggérait Ellen White plus haut. En 1888, l’église était presque complètement basée sur les pionniers dans sa compréhension de la Divinité. D’après Ellen White, la pluie de l’arrière saison aurait pu tomber suite à la présentation de ce message, et Christ serait venu très rapidement après. Remarquez ce qui suit :

Si ceux qui prétendent avoir une expérience vivante dans les choses de Dieu avaient accompli leur tâche comme le Seigneur l’a ordonné, le monde entier aurait été averti, et le Seigneur Jésus serait venu avec puissance et une grande gloire (The Review and Herald, 6 octobre 1896).

Si le peuple de Dieu avait exécuté Son dessein en proclamant au monde le message de miséricorde, Christ serait déjà venu sur la terre et les saints auraient été accueillis dans la cité de Dieu. — (Testimonies for the Church, vol. 6, p. 450)

Il est assez clair que la Trinité n’était pas un point clé pour que l’Eglise Adventiste achève son œuvre. Deux années avant le moment supposé crucial de la citation de Jésus-Christ concernant la vie originelle, non-empruntée, non-dérivée, Ellen White déclarait que Christ aurait déjà pu être revenu. C’est donc quelque chose qu’il nous faut considérer avec beaucoup de prudence.

Une étude de l’histoire montre que la doctrine de la Trinité n’a pas commencé à être introduite dans l’église avant 1892 lorsqu’Ellen White était en Australie. Durant trois années, de 1888 à 1891, Ellen White a travaillé avec Jones et Waggoner afin de propager le message. En 1888 il y eut un rejet général du message, mais petit à petit, des personnes importantes reconnurent leur erreur ; cependant le mal avait été fait.[2] Il est intéressant de constater que c’est durant la décennie après le rejet initial du message de 1888 que la doctrine de la Trinité a fait son entrée dans l’église.

Le message de 1888 était nécessaire pour clarifier la position des pionniers sur le Fils afin que Christ puisse être proclamé avec une plus grande plénitude. Le rejet du message de 1888 a ouvert la porte à une compréhension du Christ reflétant les cœurs de ceux qui l’ont rejeté — des cœurs basés sur la performance. Bien que les pionniers aient eu une forme correcte de la doctrine, la purification du cœur devant être accomplie par le jugement investigatif n’eut pas lieu. Au lieu de s’éloigner d’une mentalité basée sur la performance, l’église commença à changer le Dieu qu’elle adorait pour qu’il reflète sa propre pensée.

Refuser de marcher dans la lumière a pour effet d’être laissé dans les ténèbres. Je vous encourage à étudier les faits de l’histoire au travers d’autres lunettes que celles, uniques et  plus ou moins biaisées de Leroy Froom dans son livre Movement of Destiny.[3]

 

[1] Waggoner discerne clairement le sujet de la performance en opposition à la relation. Il travaille dans un contexte relationnel.

[2] Voir 1888 Ré-examiné de Robert Wieland.

[3] De bonnes sources sont : Christ et sa justice d’A.G. Daniells, et Exodus to Advent in Type and Anti-Type de Taylor Bunch.