Appendice H

 

Appendice H – Lettres en relation avec la crise Kellogg

 

Kellogg à Prescott :

« Vous, le Pasteur Daniells, et d’autres avez parlé d’une ligne de distinction très précise. Je n’arrivais pas vraiment à voir ce que c’était, mais cette affirmation par Ellen White m’a éclairé. La différence est là : Lorsque l’on dit que Dieu est dans l’arbre, le mot ‘Dieu’ est compris dans le sens que la divinité est dans l’arbre : Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu l’Esprit, alors que la compréhension juste nécessaire à préserver des conceptions saines dans nos esprits est que Dieu le Père est assis sur le trône dans le ciel, où Dieu le Fils se trouve également ; alors que la vie de Dieu, ou Esprit, ou présence, est la puissance pénétrant toutes choses et accomplissant la volonté de Dieu dans tout l’univers » (Lettre du 25 octobre 1903).

 

Kellogg à Butler :

« Aussi loin que je puisse le concevoir, la difficulté rencontrée dans ‘The Living Temple’ peut être entièrement résumée par la question : L’Esprit Saint est-il une personne ? Vous dites non. J’ai supposé que la Bible enseignait cela parce que le pronom personnel « il » est utilisé lorsqu’on parle de l’Esprit Saint. Sœur White utilise le pronom « il », et a dit avec tant de mots que l’Esprit Saint est la troisième personne de la Divinité. Que l’Esprit Saint soit la troisième personne et pas une personne du tout est une chose que j’ai du mal à concevoir » (Lettre de J.H. Kellogg à G.I. Butler, 28 octobre 1903).

 

A.G. Daniells à W.C. White concernant la compréhension de Kellogg :

« Depuis la fin du conseil j’ai le sentiment qu’il me faut vous écrire de manière confidentielle au sujet du projet du Dr. Kellogg de revoir et republier ‘The Living Temple’. … Il  [Kellogg] me dit que plusieurs jours avant de venir au conseil, il avait pensé à tout cela et commencé à voir qu’il avait fait une petite erreur en exprimant ses vues. Il dit que depuis le début il avait été troublé quant à la manière de formuler le caractère de Dieu et sa relation avec ses œuvres créées… Il affirma ensuite que ses anciennes vues concernant la trinité l’avaient empêché de faire une déclaration absolument claire et correcte ; mais qu’en peu de temps il en était venu à croire à la trinité et pouvait à présent voir assez clairement où se trouvait toute la difficulté. Il croyait pouvoir arranger tout cela de façon satisfaisante. Il me dit qu’il croyait à présent à Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu le Saint-Esprit ; et que sa compréhension était que c’était Dieu le Saint-Esprit, et non Dieu le Père, qui remplissait tout l’espace, et tous les êtres vivants. Il dit que s’il avait cru cela avant la rédaction du livre, il aurait pu exprimer ses vues sans donner la mauvaise impression actuellement donnée par le livre. Je plaçais devant lui les objections que j’avais trouvées à cet enseignement, et essayais de lui montrer que cet enseignement est à tel point contraire à l’évangile que je ne voyais pas comment il pouvait être révisé en changeant seulement quelques expressions. Nous avons débattu pendant un certain temps de manière amicale ; mais je suis sûr que lorsque nous nous sommes séparés, le docteur ne se comprenait pas lui-même, ni ne comprenait le caractère de son enseignement. Et je ne peux pas voir comment il lui serait possible de changer et d’arranger le livre en quelques jours afin qu’il soit juste » (Lettre de A.G. Daniells à Willie White, 29 octobre 1903, p. 1, 2).

 

Kellogg à Butler :

« Je crois que cet Esprit de Dieu est une personnalité, vous ne le croyez pas. Mais il s’agit purement d’une question de définition. Je crois que l’Esprit de Dieu est une personnalité ; vous dites : Non, ce n’est pas une personnalité. A présent, la seule raison de notre désaccord est notre différence d’opinion concernant ce qu’est une personnalité. Votre idée d’une personnalité est peut-être comparable à une personne, ou à un être humain » (Lettre de J.H. Kellogg à G.I. Butler, 21 février 1904).

 

Butler à Kellogg :

« Tant que Sœur White et vous-même êtes en parfaite harmonie, je laisse tout cela entièrement entre vous et Sœur White. Sœur White dit qu’il n’existe pas de parfaite harmonie. Je sais que certaines de ses remarques semblent vous donner du poids pour déclarer que tel est le cas. Je suis suffisamment candide pour le reconnaître, mais je dois accepter ce qu’elle a dit jusqu’à ce qu’elle affirme le contraire ; je ne crois pas que vous puissiez donner exactement le sens de ses paroles. Dieu habite en nous par son Esprit Saint, en tant que Consolateur et Réprobateur, mais surtout comme Consolateur. Lorsque nous venons à Lui, nous Le partageons dans ce sens, parce que l’Esprit émane de Lui ; Il émane du Père et du Fils. Ce n’est pas une personne se promenant à pied, ou bien volant tel un être littéral, dans un sens quelconque semblable au Père et au Fils, – pour le moins, si ce l’est, c’est entièrement au-delà de ma compréhension de la signification du langage des mots » (Lettre de G. I. Butler à J. H. Kellogg, 5 avril 1904).

« Dans une vision de la nuit il m’a été montré [à Ellen White] distinctement que certains ont considéré ces idées comme de grandes vérités auxquelles il faut maintenant donner de la publicité. Il m’a été montré une plate-forme, affermie par de solides charpentes — les vérités de la Parole de Dieu. Quelqu’un occupant une haute position dans l’œuvre médicale chargeait tel ou tel homme de détacher les supports de cette plate-forme. Puis j’entendis une voix qui disait : “ Où sont les sentinelles qui devraient se tenir sur les murailles de Sion ? Dorment-elles ? Ce fondement a été posé par le Maître ouvrier et il pourra résister à tous les orages et à toutes les tempêtes. Permettra-t-on à cet homme de présenter des doctrines qui sont la négation de l’expérience passée du peuple de Dieu ? Le moment est venu d’agir avec décision » (Messages Choisis, vol. 1, p. 238).

Ellen White dit qu’il présentait « des théories spiritualistes relatives à la personnalité de Dieu » (Idem).

Voici certaines observations tirées de cette information :

1. Il apparaît que la conversion de Kellogg à une conception trinitaire a ouvert la porte à la crise qui a suivi.

2. Le sujet principal se résume à savoir si le Saint-Esprit est une personne distincte ou non.

3. Les discussions impliquaient une compréhension de la personnalité de Dieu.

4. Kellogg a utilisé des citations de l’Esprit de Prophétie pour soutenir ses arguments.

5. Le panthéisme était le fruit, mais le Trinitarisme était la racine.

6. Ellen White dit que ses vues avaient pour effet de perdre la plate-forme de vérité.

7. Elle déclara que ses vues dangereuses étaient en relation avec la personnalité de Dieu.