7. Du rock au Roc Séculaire

 

DU ROCK AU ROC SECULAIRE

 

   Mon cheminement spirituel de la musique rock au Roc Séculaire est une triste histoire de dépendance, d’autodestruction et, finalement, de rédemption. Partager cette expérience douloureuse revient à ouvrir une plaie en voie de guérison. J’espère cependant que cette souffrance m’aidera à guérir, et aura une influence salutaire dans la vie des autres.

   Je suis né au Malawi, en Afrique, le 25 mars 1961, après que Bill Haley et « Les Comets » aient fait leur entrée en scène dans les années cinquante avec « Rock around the Clock » (Rock autour de l’horloge). A cette époque, personne n’aurait osé imaginer que le rock ‘n’ roll allait, en effet, poursuivre son chemin jusqu’à ce que les aiguilles de l’horloge prophétique pointeraient minuit. Les étudiants de la Bible qui se penchent sur le déroulement prophétique des signes de la fin des temps peuvent discerner plus qu’une simple ironie dans cette affirmation de Nick Paul : «  Il se peut que la rave soit vraiment la musique de la fin du monde… » (Voir p. 78)

   Depuis les pionniers des premiers jours tels que Elvis, Little Richard, et de nombreuses autres célébrités du pop rock jusqu’aux tendances actuelles du rap, de la techno et de la rave, on peut encore sentir, presque jusqu’au fond de nos entrailles, l’ « agitation, secousse, ‘n’ roll » de la force motrice donnant vie à presque toutes les formes de musiques populaires – le battement.

 

Comment la musique rock entra dans ma vie 

   Etant né dans le foyer d’un couple de missionnaires Adventistes du 7ème jour, il semble absurde que moi, leur plus jeune fils, j’allais un jour trouver mon chemin vers le monde du rock. Pourtant, c’est ce qui arriva. Je venais d’avoir trois ans, et nous avions déménagé près de Cap Town, en Afrique du Sud, alors que maman et papa venaient de divorcer. Je me sentais rejeté et lésé; et les circonstances de ma vie étaient juste favorables pour que je m’engage sur la voie qui devait me conduire toujours plus loin de la foi de ma naissance. Laissez-moi vous dire comment tout commença.

   Jusqu’en 1976, nous n’avions pas la télévision en Afrique du Sud. Ainsi, mes premiers contacts avec la musique populaire eurent lieu par le biais de la radio et des enregistrements que mes amis achetaient et partageaient avec moi. Mon foyer Adventiste constituait un environnement très protégé, et c’est pourquoi j’étais rarement exposé aux sons de la musique rock. C’est de manière très progressive que je fus introduit à cette musique. Un chant me conduisait vers un autre, et le rock léger me conduisait vers le rock plus dur.

   En peu de temps, mon amour naturel pour la musique et l’art fut canalisé vers la « chimère » tourbillonnante et psychédélique du rock des années 70. Au lieu du Jésus doux et aimant, mes nouveaux héros furent les stars du rock qui venaient et partaient comme des pions dans les mains de Satan – Jimi Hendrix, les Rolling Stones, Pink Floyd, Uriah Heep, Led Zeppelin, Carlos Santana, et Deep Purple, pour en nommer quelques-uns. Ils devinrent mes modèles. Ils prenaient des drogues, donc j’en prenais. Ils étaient obsédés par le sexe durant leurs expérience nocturnes, je fis donc également du sexe un moteur  dans ma vie. Certaines stars du rock pratiquaient l’occultisme, c’est pourquoi je fus aussi fasciné par le Diable. Alors que la télévision fit son entrée en l’Afrique du Sud vers le milieu des années 70, j’avais fait mon choix : je ne vivrais désormais plus d’après les valeurs que ma famille m’avait enseignées.

   La musique rock devint rapidement le coeur et l’âme de ma vie, le langage ultime d’expression de mes valeurs, de mes buts et de mon style de vie. Comme pour une multitude d’autres jeunes gens, la musique rock devint le moyen par lequel je pouvais exprimer ma rébellion contre les valeurs de ma famille, de l’église et de la société.

   En un temps relativement court, je devins complètement accro de cette approche de la vie et de la philosophie qui mouvait le train du rock à la vitesse de l’éclair. Mon esprit et mon corps devinrent complètement captivés.  Je fus piégé par la puissance, les vêtements, la célébrité et la présence généralisée de la révolution rock.

   Ma dépendance de la musique rock devint si forte que je cherchais désespérément à satisfaire mon irrésistible besoin en écoutant, en ressentant et en me nourrissant constamment du battement hypnotique. Bien vite, je me trouvais presque entièrement coupé du monde et de la foi religieuse de mes parents. Une nouvelle ère, une nouvelle culture avait pris la première place dans ma vie – comme ce fut le cas dans la vie de beaucoup d’autres.

 

Une vie de rébellion et d’isolation 

   La rébellion et l’isolation que la musique rock apporta dans ma vie donna un réalisme prophétique aux paroles de la star de rock David Crosby : « Je me suis dit que la seule chose à faire était de leur faucher leurs enfants… Je ne parle pas de les kidnapper, mais de changer leur système de valeurs, ce qui les sépare très efficacement du monde de leurs parents. » (Voir p. 34)

   La musique rock me retira très efficacement du monde de mes parents. Avant d’avoir atteint l’âge de vingt ans je m’étais échappé du pensionnat, j’avais fait des fugues, et je m’étais fait arrêter par la police pour drogue, pour vol et pour bagarres avec mes camarades et mes professeurs, allant jusqu’à l’agression physique. Le cœur de ma mère était brisé. A cette époque, il était dur pour elle d’entrevoir une lumière quelconque au bout du tunnel, mais elle persévéra pourtant  sans relâche dans la foi et la prière, ayant confiance dans le fait qu’un jour, un changement radical aurait lieu.

   Même si j’avais compris la puissante influence de la musique rock sur l’esprit humain, je pense que cela n’aurait rien changé. J’aurais encore toujours choisi de « faire ma vie » à l’encontre de tout autre avis meilleur. Faire « votre vie », est évidemment un oxymore, car faire « votre vie » vous entraîne invariablement vers la poursuite des impérieux courants populaires. La plupart des enfants qui disent à leurs parents, « Je veux faire ma vie », disent en fait qu’ils veulent faire la même chose que les autres enfants. Ils ne veulent pas être bizarres et mis de côté.

   Dans mon cas, faire ma vie signifiait développer les talents musicaux que je venais de découvrir dans le monde psychédélique de la musique populaire. Mon rêve était d’apprendre à jouer de la guitare, ce que je me dépêchai de faire, afin de pouvoir me frayer un chemin dans le monde glamour du sexe, des drogues, de la mode et du rock ‘n’ roll. Bien sur, je savais – ou pensais savoir – que c’était de cela qu’il s’agissait. Les publicités, les paroles, la mode et le style de vie de mes héros émettaient un message haut et fort. Le manager des Rolling Stones le déclara une fois sans détours : « Le rock, c’est le sexe. Il faut balancer cela aux adolescents en pleine figure ! » (Voir p. 67)  Il est clair que le rock me frappa de plein fouet.

   Il est bien connu que le rock ‘n’ roll est profondément enraciné dans le sexe et l’occultisme. Par exemple, en 1994, deux magazines Africain du métal, Ultrakill, proposaient sur leur page arrière un article dont le titre était « La vérité sur le Diable ». Il disait : « On a Satan, Beelzébub, le Diable, le Serpent… le seigneur de l’anarchie. …Mais quel rapport musical y a-t-il donc avec tout cela ? Bien avant le heavy metal, le Diable s’intéressa au rock ‘n’ roll. Le terme même du rock ‘n’ roll prit vie en tant qu’expression des noirs américains pour désigner le sexe. Et la procréation pécheresse a été la campagne du Diable depuis longtemps, très longtemps. » (Voir p. 66)

 

L’influence primordiale du rock dans ma vie

   Pour ceux qui ne comprennent pas les mécanismes mis en œuvre dans le rock, il est difficile de saisir comment une chose apparemment aussi inoffensive que la musique peut avoir des effets aux implications si grandes dans la vie de ceux qui s’exposent à son influence. Dès le début, je perçus les effet du rock sur mon esprit et sur mon corps.

   Ce n’est que des années plus tard que je découvri les raisons scientifiques des effets de la musique rock sur les plans physiologiques et psychologiques. Le fait de découvrir ces raisons scientifiques n’était pas vraiment une révélation pour moi. J’avais déjà vécu et expérimenté le pouvoir de domination hypnotique du rock sur les esprits. Tout ce que j’ai appris, et ce que j’apprends encore, ne sert qu’à confirmer ce que j’ai douloureusement expérimenté durant ces années d’écoute et de pratique de la musique rock.

   C’est au début des années soixante-dix que je fus pour la première fois exposé au rock dur. Il captiva immédiatement mon attention, et je n’eus plus le pouvoir de m’en défaire. J’absorbais religieusement le battement incessant et martelant du rock. Il provoquait une incroyable montée d’adrénaline dans mon corps, et provoquait le sentiment d’un abandon irréfléchi et d’une totale confiance. Même à cette époque, je savais que mis à part une intervention divine, je n’allais jamais être libéré de son pouvoir sur ma vie.

   Tout à coup tout devint possible, et non seulement possible, mais aussi acceptable. C’était l’époque du sexe sans restrictions, et des drogues promues par le monde du rock. Je voulais faire partie de ce monde de rêve. Cette musique avait une étrange capacité à détruire les murs de résistances dans mon esprit, et m’ouvrit à l’idée de l’expérimentation de la drogue et de nombreuses autres choses. La musique elle-même devint une drogue pour moi.

   En réalité, je n’avais pas besoin d’autres substances psychotropes, car la musique elle-même provoquait une extase, ce qui ne diminuait pourtant pas mon besoin pour les drogues ‘réelles’. Le rock ne faisait qu’augmenter mon désir de pousser le niveau d’adrénaline à sa limite extrême. La combinaison entre le rock et d’autres narcotiques me  permettait d’atteindre des « sommets » extatiques. Ce qui était mauvais devenait soudainement bon, et ce qui était bon devenait soit ennuyeux, soit mauvais. C’est difficile de croire combien le rock et les drogues peuvent affaiblir et même détruire le sens moral d’un individu.

   Depuis le début, toutes les grandes vedettes du rock savaient que la musique rock avait le pouvoir d’hypnotiser et d’affaiblir la résistance morale des gens. Jimi Hendrix lui-même avait explicitement affirmé que « Les atmosphères se feront par la musique, car la musique est une chose spirituelle en elle-même. Vous pouvez hypnotiser les gens par la musique, et lorsque leur vigilance est affaiblie, prêcher dans leur subconscient ce que vous voulez faire passer. » (Voir p. 42)

   La musique rock et la culture populaire ont prêché à mon subconscient qu’il n’y avait rien de mal dans l’activité sexuelle hors mariage. Le résultat devint évident en 1980 : un an après la fin du cycle secondaire, mon amie tomba enceinte et donna la vie à une petite fille. En effet, avoir des enfants hors mariage est l’une des caractéristiques les plus courantes de la culture rock. La terminologie même utilisée dans la culture rock a de fortes connotations sexuelles ou démoniaques. Par exemple, les termes jazz, rock ‘n’ roll, groovy, mojo, funky, et boogie ont tous des connotations soit sexuelles, soit démoniaques.

 

Grimper l’échelle du rock

   Après la naissance de notre fille, que nous avons fait adopter, j’étais occupé à m’établir sur la scène locale de la musique en Afrique du Sud. « Front Page » était le nom du groupe auquel j’appartenais, et nous passions à la télévision. Notre musique passait sur certaines des radios populaires. Nous faisions des tournées, nous interprétions, et nous répondions à différents interviews pour la radio et les journaux. Nos intentions et nos objectifs se concentraient sur le seul but de « grimper au plus haut de l’échelle ».

   La drogue était devenue tout à fait naturelle dans ma vie, et mon intérêt pour l’occultisme ayant commencé dans ma jeunesse était à présent une véritable obsession. L’astrologie, la numérologie, et les autres pratiques occultes devinrent des pratiques quotidiennes. Bien que je grimpais l’échelle du succès « rock », je tombais rapidement dans la sombre spirale descendante du rock ‘n’ roll.

   A l’âge de quatorze ans, j’avais eu ma première rencontre avec le monde des esprits. Mon passé d’Adventiste du septième jour me rendait inévitablement conscient que je jouais avec le feu, mais mon désir de célébrité, d’argent et du haut style de vie proposé par la culture rock étaient devenu si irrésistible que j’étais prêt à vendre mon âme pour l’opportunité d’en faire partie.

   C’était littéralement le prix que j’étais prêt à payer. Un jour, dans ma chambre au collège d’Helderberg, j’ouvris mon cœur à mon seigneur, mais mon seigneur n’était plus le Christ. Je promis au diable que s’il m’aidait à réaliser mon rêve, je donnerais ma vie à son service.

 

L’Allemagne: du plus haut au plus bas

   En 1980, je commençais à être connu dans le domaine professionnel de la musique populaire. Pendant un certain temps, je jouais avec le groupe populaire local Trapèze. Je fus rapidement invité à rejoindre le prestigieux groupe Front Page, et je pus ainsi construire une forte amitié avec Manlio Celloti, un responsable italien des studios HI-Z à Cape Town. Celloti nous permit de former un nouveau groupe de trois personnes, connu sous le nom de « The Reespect ». Deux membres du groupe avaient joué avec « The Boys » - un groupe populaire ayant eu un succès avec son chant « Fire ».

   Après une année d’enregistrement de musique pour de nouveaux albums, nous fûmes invités à nous produire en Allemagne. Au mois de février, en 1986, je pris l’avion pour l’Europe et pour une nouvelle poursuite de l’euphorie musicale. Là-bas, je rencontrai les deux autres membres du groupe ainsi que Manlio, notre nouveau producteur et manager.

   Dans les trois mois qui suivirent mon arrivée en Allemagne, notre groupe de rock « The Reespect » signa un contrat avec Polydor Records à Hambourg. (Nous avions ajouté le deuxième ‘e’ dans le nom de notre groupe pour lui donner un meilleur poids numérique). L’entreprise d’enregistrement s’occupait de groupes tels que The Beatles, Level 42, Chris de Burg, et bien d’autres groupes rock de renom.

   En 1986, Polydor sortit notre premier album « She’s so Mystical » (« elle est si mystique ») suivi de « Mamma Mia ». La sortie de ces albums nous ouvrit d’autres horizons. Nous fûmes invités à paraître sur une compilation de différents hits avec des artistes tels que Janet Jackson et Elton John.

   Notre joueur de synthétiseur, Thomas Bettermann, nous venait du célèbre ensemble international de jazz Volger Kriegel, Mild Maniac. Il participa régulièrement à nos compositions et nos travaux en studio. En septembre 1986, nous avions pris l’avion de Cologne à Hambourg pour une importante convention des enregistrements. A l’aéroport, un représentant de Polydor nous acceuillit dans une grande limousine noire. Il semblait que nous approchions du « grand moment ». 

   La vie devint un mirage sans fin de représentations, de sessions en studio, d’interviews, de femmes, de drogues, de toujours plus de drogues. A ce moment, mon état moral s’était détérioré à tel point qu’aucun vice n’était trop grave pour moi. Le succès de nos enregistrements provoqua de telles dissensions parmi les membres de notre groupe que nos égos se heurtaient, et que nos différentes idées musicales, ayant initialement travaillé à notre avantage, commençaient à présent à nous séparer. Ce que nous avons donc fini par faire.

   Je me lançai dans une carrière de soliste dans laquelle je fis plus de séances d’enregistrements en studios. Une séance d’enregistrements est une interprétation musicale indépendante durant laquelle une personne est embauchée soit pour des enregistrements en studios, soit pour jouer en public pour différents groupes. Avec ce changement, ma consommation de drogue augmenta.

   Comme vous pouvez l’imaginer, ma vie s’était transformée en épave morale. De façon paradoxale, alors que le New Age avait déformé mon approche de la religion, je pensais avoir atteint une sorte de nirvana spirituel. En réalité, je grattais le fond des ténèbres spirituelles. Il m’arrivait parfois d’entrevoir vaguement les rayons de la vraie lumière, et j’essayais pathétiquement de m’en saisir pour finalement les laisser s’échapper, réalisant que cette lumière se faisait de plus en plus faible. 

   C’est à cette époque de ma carrière, que suite à une session studio marathon et un grand excès de drogues, je finis par me trouver le visage contre le sol froid de la salle de bain d’une chanteuse, à Hambourg. Je me noyais dans mon propre vomi, me battant pour vivre, et appelant à mon secours le Dieu de ma jeunesse que j’avais depuis longtemps négligé.

   Ce fut la plus grande lutte entre la vie et la mort que je n’ai jamais connue. Pendant des heures, je me battais contre les forces du mal qui menaçaient de m’engloutir. Mon corps était plein de hash, de speed, de cocaïne et d’héroïne, consommés pendant quatre jours. S’il n’y avait pas eu la compassion de Dieu pour ma vie, et son aide providentielle, ma lutte pour la vie aurait été perdue sur le champ. Mais Dieu entendit mon cri de désespoir, et bien que je ne méritais pas la grâce, il me tira du bord du précipice et me donna une autre chance.

 

Le retour en Afrique du Sud: Un nouveau commencement

   Ce jour-là, quelque chose eu lieu à Hambourg, en Allemagne. Ma condition de faiblesse me fit réaliser qu’il n’y a qu’un seul Dieu, et qu’un seul chemin menant à la vie et au bonheur. Je compris que dans sa miséricorde, Dieu était disposé à pardonner mon passé de péché, et m’accepter à nouveau comme le fils prodigue. Mon voyage spirituel avait pris un tournant de taille, mais ce n’était que le début d’un voyage tortueux. Je connus bien des rechutes dans la musique rock, avant d’en être totalement libéré.

   La première grande décision que je pris fut d’annuler tous mes engagements précédents pour m’enregistrer et me produire en Allemagne. Je décidai de retourner en Afrique du Sud pour commencer une nouvelle vie. Malheureusement, ma décision soudaine déçu et blessa plusieurs personnes. Mon amie suédoise, mon producteur, et la personne qui partageait mon appartement furent tous affectés par mon désir pressant d’ « en sortir, tout simplement ».

   Mais le sommet de la montagne restait hors de vue. Les dix-sept années que j’avais passées à jouer du rock et à prendre des drogues avaient laissé leurs traces. En jetant un regard vers le passé, je réalise que ce ne furent pas seulement les drogues et mon style de vie décadent qui avaient usé mon corps. Le facteur le plus important de l’équation était la musique rock elle-même qui provoquait toutes sortes de maux dans ma vie.

   Il est impossible de décrire les effets dévastateurs de la musique rock dans ma vie spirituelle, morale et physique. Le battement du rock, indépendamment des paroles, avait altéré toutes les sensibilités de mon organisme avec une force démoniaque incessante. Cela fut le cas, non seulement pour cet individu relativement peu connu que je suis, mais aussi pour les nombreuses victimes adulées ayant baigné dans le rock ‘n’ roll.

   D’un regard presque prophétique, la célèbre star du rock que fut David Bowie nous avait averti : « Je crois que le rock ‘n’ roll est dangereux, il pourrait très bien nous apporter un très mauvais sentiment dans l’ouest… Il va devoir prendre l’autre direction à présent, et c’est vers là que je le vois se diriger, nous conduisant vers l’ère noire… Je sens que nous ne faisons qu’annoncer quelque chose de plus noir que nous-mêmes. Le rock ‘n’ roll laisse entrer des éléments inférieurs ainsi que des ombres que je n’estime pas nécessaires. « Le rock a toujours été la musique du diable, vous ne pourrez pas me convaincre du contraire. » (Voir p. 67)

   De nombreuses stars du rock ont clairement parlé de l’effet destructif du battement rock sur l’organisme humain. John Lennon l’affirmait lui-même : « Le rock ‘n’ roll est primitif, il n’est pas réfléchi – il passe en vous. Ses battements viennent de la jungle – ils ont du rythme. » (Voir p. 52)

   La manager de la musique Punk Rock, Malcolm McLaren, avait déclaré : « Le Rock’n’roll est païen et primitif, il est comme la jungle, et c’est comme ça qu’il doit être ! Dès le moment où il n’est plus tout cela, il est mort… Voici la vraie signification du rock : sexe, subversion et style. »(Voir p. 53)

 

Du Hard Rock au Rock Chrétien

   Mon retour en Afrique du sud laissa bien des choses en plan de l’autre côté de la mer. Ces problèmes ne me causaient pas de soucis, car j’étais déterminé à rompre mes liens avec mon passé de péché, et à me forger une nouvelle vie. J’ai décidé de suivre l’exemple des musiciens de Musique Chrétienne Contemporaine, utilisant mes talents musicaux et une version modifiée du rock comme outil de témoignage.

   Au lieu de paroles perverses, je commençai à écrire des chants ayant un message prophétique et profondément spirituel, fondé sur les Ecritures. Le style de musique était un mélange de funk, de rock, de rap et de pop commercial. Comme beaucoup d’autres artistes de MCC, je croyais pouvoir atteindre les générations plus jeunes en leur présentant le message de l’évangile par le moyen du rock, qu’elles étaient promptes à reconnaître et à accepter.

   A présent, je compare mon compromis musical à une voiture personnalisée. L’intérieur du véhicule était fait dans une entreprise de message chrétien, la carrosserie était pleine des graffitis éblouissants du rock ‘n’ roll, et les vitres étaient teintées en noir d’un aveuglement semi-spirituel. Personne ne pouvait réellement voir l’intérieur du véhicule que je conduisais. A cette époque, je n’ai jamais réalisé combien ma vision spirituelle était insuffisante.

   Pourtant, je pensais réellement que le Seigneur me conduisait dans une nouvelle voie à son service. Le raisonnement et la logique qui motivaient mes choix et les décisions que je prenais me semblaient profondément sincères et cohérentes. De plus, les encouragements que je recevais de ceux qui étaient bénis par mon ministère confirmaient mes convictions.

   Tout comme Paul, je voulais « me faire tout à tous, afin d’en sauver de toutes manières quelques-uns » (1 Cor 9 :22). Cette logique est aujourd’hui utilisée par des artistes chrétiens qui créent une version modifiée du rock pour témoigner auprès des gens du monde. Malheureusement, ils ne comprennent pas que se faire tout à tous ne signifie pas de compromettre les principes de pureté de l’évangile.

   La Bible ne suggère nulle part que pour témoigner effectivement auprès des gens du monde, il nous faut utiliser leurs méthodes. Au contraire, la Bible enseigne : « Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? » (2 Cor 6 : 14). La mise en pratique de ce principe demande le courage de se dégager des différentes formes de mal promues par la musique rock.

   Lorsqu’on accepte que la voie du compromis est toujours progressive, il nous faut aussi reconnaître le péché dans notre vie pour ce qu’il est réellement. Une fois que quelqu’un s’est repenti, cela semblerait vide de sens si la repentance n’était pas accompagnée d'une vraie conversion – le fait de délaisser son ancienne vie, et d’en commencer une nouvelle.

   Pour expérimenter la puissance régénératrice du Saint-Esprit, il nous faut tenir compte de sa voix, et mettre à la porte les ordures cachées dans notre chambre, afin de laisser entrer la pureté et la sainteté. Jacques nous rappelle que « l’amour du monde est inimitié contre Dieu » (Jac. 4 : 4). J’ai mis du temps pour apprendre cette importante leçon. Il va de soi que mon voyage de la musique rock au Rocher des Ages fut très rocailleux.

 

Changer les paroles n’est pas suffisant 

   Lorsque j’ai quitté ma carrière de musique rock pour commencer à composer et à interpréter du « rock chrétien », beaucoup de choses avaient changé dans ma vie. Cependant, l’élément même qui m’avait capturé en premier lieu était toujours présent. J’étais dépendant du rythme de la musique rock en lui-même. Il m’avait enchaîné plus que tous mes autres vices ensembles. Les paroles sont très importantes, mais l’élément le plus puissant de la musique rock est le battement.

   Tant d’artistes chrétiens essaient de se justifier par leur tentative illogique et futile de changer les paroles. C’était également devenu mon occasion de chute. Je n’avais pas réalisé que je ne pouvais pas légitimement atteindre le monde séculier en utilisant un langage qui s’était révélé désastreux.

   Le Christ s’est mêlé aux parias pour les atteindre, mais il n’a jamais sacrifié ses principes moraux pour attirer les gens. Il ne s’est pas habillé comme une prostituée pour essayer d’en atteindre une. Il n’est jamais devenu un ivrogne pour atteindre les alcooliques. Il ne pratiquait pas la malhonnêteté pour plaire aux collecteurs d’impôts. Il ne chantait pas de musique sensuelle pour exciter les gens sur le plan physique. En toutes circonstances, il donna un exemple de conduite pure, raffinée, sans tache. C’était sa vie de pureté et d’intégrité combinée avec la puissance de persuasion du Saint-Esprit qui toucha la vie de tant de gens.

 

Le rock séculier et le rock “chrétien”

   Malgré les affirmations contraires, il n’existe pas de différence significative entre la musique rock et sa version « chrétienne ». Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles partagent toutes les deux le même rythme musical, et qu’elles sont toutes les deux véhiculées par le même battement incessant. Que ce soit dans sa version rock, rap, rave, jazz, metal ou autre, la Musique Chrétienne Contemporaine arbore le même rythme accentué, syncopé et persistant que le « battement rock ». On peut considérer d’autres aspects, mais c’est le battement qui en constitue réellement le cœur et l’âme. 

   Mis à part les paroles, la Musique Chrétienne Contemporaine qui se conforme aux critères essentiels du rock dans quelque sens que ce soit, ne peut pas être légitimement utilisée pour le service du culte. La raison en est simple : l’impact du rock se fait par sa musique, et non par ses paroles.

   Certains argumentent que le soi-disant « Rock doux » ne devrait pas être placé dans la même catégorie que d’autres formes de rock plus dures. Cela n’est pas vrai. Beaucoup de rock ‘doux’, bien que plus lent dans sa nature, comporte toujours un battement incessant et syncopé, et bien souvent accentué de façon exagérée. Une autre chose importante à considérer est l’expression, l’atmosphère, et la façon de chanter le rock ‘doux’.

   Des paroles chantées sur un ton exagérément sentimental, avec une respiration sensuelle, suggère de l’amour ou de la convoitise entre un homme et une femme. Il est donc très difficile pour ces dernières de pourvoir à un médium approprié pour exprimer l’amour envers un Dieu Saint. Ici, je me réfère non seulement aux paroles, mais aussi à l’atmosphère et à l’intonation. Toute parole, qu’elle soit parlée ou chantée, est prononcée dans un ton unique destiné à transmettre une intention spéciale.

   La musique destinée à exprimer l’amour pour Jésus, devrait se conformer à ce que les Grecs appellent l’amour agape, qui est altruiste, et non à ce qu’ils nomment l’amour eros, qui est érotique et centré sur le moi. Alors que nous choisissons notre musique chrétienne aujourd’hui, il nous faut avoir beaucoup de prudence, et exercer notre discernement, car tout ce qui se présente avec le label Chrétien, n’est pas nécessairement Chrétien. Et cela est vrai, même s’il n’y a pas de battement lourd.

 

La musique en tant que support évangélique

   Nombreux sont ceux qui considèrent la Musique Chrétienne Contemporaine comme étant un moyen efficace de convertir les gens au Christ. Il est pourtant surprenant de constater qu’on ne trouve rien, ni  dans la Bible, ni dans l’histoire de l’église, nous indiquant que la musique ait jamais été utilisée comme outil d’évangélisation. La première raison d’être de la musique est d’adorer et de louer Dieu. C’est le manque de confiance dans la puissance du Saint-Esprit qui fait que de nombreuses personnes considèrent la musique comme étant l’élément essentiel à l’évangélisation des incroyants, et le divertissement des croyants. Le résultat est que nos services de cultes deviennent entraînants plutôt que spirituels.

   Certains ont supplanté la puissance du Saint-Esprit par l’esprit hypnotique de la musique. Il ont été si aveuglés par le pouvoir magique de la musique populaire qu’ils acceptent à présent le mensonge comme étant la vérité. Je parle franchement concernant le pouvoir trompeur de la musique rock sous toutes ses formes, parce que j’ai été trompé par le même mensonge, et que je sais combien il est facile de tomber dans ce piège. 

   Si j’avais retenu la Musique Chrétienne Contemporaine comme lien vital avec le monde du rock, ça n’aurait été qu’une question de temps jusqu’à ce que je me dupe moi-même dans le « compromis chrétien confortable », ou que je retombe directement dans le monde du rock séculier. Seule une rupture radicale avec la musique rock m’a sauvé de cette dépendance. Il m’a fallu des années pour apprendre cette leçon.

 

De retour vers le rock séculier

   Mon affranchissement définitif de la musique rock fut un processus graduel, surtout que depuis mon retour vers l’Afrique du Sud, je m’étais embarqué dans un ministère de « rock chrétien ». Cet attardement dans la musique rock se révéla être ma pierre d’achoppement. Petit à petit, je glissais à nouveau vers les drogues douces. Je me suis convaincu que la marijuana n’était pas si mauvaise, étant donné qu’elle est une drogue naturelle, utilisée dans les tribus indigènes comme moyen d’apporter la paix. Je commençais également à faire des compromis sur le style de musique que je pratiquais. Ce compromis fut aisé, car tout ce que j’avais à faire était de changer les paroles. Le style de musique restait le même. Malgré mes bonnes intentions, voilà que je glissais à nouveau dans la spirale d’épaisses ténèbres.

   Je rétablis très rapidement ma carrière à Cape Town. Dès 1989 je fus reconnu comme l’un des meilleurs guitaristes sur le plan national, et j’étais respecté comme un compositeur compétent. Je devins très actif sur le plan de la scène live locale, me constituant un groupe de fans appréciant mon style de guitare rock, et recherchant quelque chose de nouveau et d’original. Les semaines se changèrent en mois, les mois en années, et le cycle sans fin de boîtes de nuits, de drogues et de rencontres ne firent rien de moins qu’éteindre l’étincelle d’espoir un jour allumée dans un pays étranger.

   Paradoxalement, la spiritualité resta toujours un aspect important de ma vie. Je pouvais passer des heures à écrire concernant les profondeurs dans lesquelles j’étais tombé, tout en me convainquant d’avoir une expérience spirituelle profonde. L’une des raisons pour cela était que j’avais juré ne plus jamais avoir affaire aux drogues dures, telles que la cocaïne et le LSD. Mais à un moment donné de l’histoire, cette promesse fut rompue.

   Lors de certaines soirées, dans des moments de faiblesse volontaire, je commençais à prendre de la cocaïne, de l’acide, et du hash, s’il y en avait. Les compromis furent sans fin et couvrirent presque chaque aspect de mon existence que l’on pouvait résumer par ce slogan trop bien connu du rock ‘n’ roll : « Le sexe, la drogue, et le rock ‘n’ roll. »

 

Le deuxième tournant de ma vie 

   En 1992, j’ai expérimenté le deuxième tournant. Le Seigneur utilisa deux personnes pour influencer ma vie d’une manière tangible et permanente. L’une d’entre elle fut Sue, qui finit par devenir ma femme. L’autre fut cette petit fille encore bébé qui fut adoptée à sa naissance, et que j’avais rêvé de rencontrer depuis de nombreuses années.

   J’ai rencontré Sue pour la première fois en 1988, à Cape Town, lors d’un concert en direct durant lequel je chantais. Nous nous rencontrâmes à nouveau un an plus tard, dans un restaurant où elle était serveuse, sans réaliser que nous étions les mêmes personnes s’étant rencontrées un an plus tôt. Les deux fois, nous fûmes attirés l’un à l’autre.

   En 1990, près de deux ans après avoir rencontré Sue, j’eu l’occasion de rencontrer ma fille qui avait été adoptée près de dix ans auparavant par une famille adventiste, le pasteur Tinus Pretorius et sa femme Lenie. Je suis immédiatement tombé amoureux de ma fille Léonie, comme ses parents adoptifs l’avaient nommée. Je pus voir tant de moi-même en elle, et je ressentis une émotion étrange et nouvelle que je n’avais jamais connue auparavant. 

   Dans des circonstances normales, une telle rencontre n’aurait jamais eu lieu. Lorsqu’un enfant est donné pour être adopté, les parents biologiques perdent leurs droits de le revoir. Mais la gentillesse et l’attitude bienveillante de ce pasteur et de sa femme ne peuvent être surestimées. Moins d'un an après leur première rencontre avec moi, ils déménagèrent avec ma fille dans le Sud, à Cape Town. Le pasteur Tinus y fut responsable de deux églises adventistes locales. Cette nouvelle relation eut un impact énorme sur ma vie, me poussant à reconsidérer une fois de plus ma condition spirituelle misérable.

   A ce moment précis, une amie ayant des rapports étroits avec l’industrie de la musique de Los Angeles me proposa de poursuivre ma carrière musicale aux Etats-Unis. Les opportunités potentielles furent trop tentantes pour être refusées, et je fis les arrangements nécessaires pour partir dès que possible. Mais Dieu avait d’autres plans pour ma vie.

   Sue entendit parler d’un séminaire sur la prophétie qui devait avoir lieu près de chez nous. Nous décidâmes d’aller aux rencontres, et j’espérais apprendre quelque chose de nouveau que je pourrais utiliser dans le projet musical auquel je travaillais. 

   Au séminaire sur la prophétie, j’appris bien plus que je ne m’y étais attendu. Suite à ces rencontres, j’annulai mon ticket et le voyage pour les Etats-Unis. En deux mois, Sue et moi fûmes baptisés dans l’Eglise Adventiste. Tout semblait bien se passer, et les vérités que nous venions de découvrir satisfaisaient nos convictions les plus profondes.   Pourtant, il ne nous fallu que trois mois pour quitter l’église. La musique rock était toujours dans mon âme. Une fois de plus, je jouais lors d’une tournée dans le pays, ma guitare électrique pendue à mon cou, répétant le message du rock ‘n’ roll aux audiences captivées où que j’allais.

   Aucune misère n’est pire que celle de connaître la vérité et de fuir malgré tout le pouvoir sanctifiant de Dieu. La rébellion, le compromis et l’affliction suivirent les quelques pas que j’avais fait vers le Christ. Mais je remercie Dieu de ne jamais avoir abandonné la partie à mon sujet. Malgré mes quelques pas timides vers le Christ, je n’avais pas voulu être brisé sur le Rocher.

 

Le dernier tournant 

   Il difficile de croire au nombre de fois que j’ai rechuté dans la scène du rock avant de retrouver une liberté permanente. J’avais une fois de plus fait des compromis, retombant dans mon ancienne existence de musicien rock. La seule façon dont je savais gagner ma vie était de jouer de la musique, et je n’avais pas suffisamment de foi en Jésus pour envisager de faire une rupture totale avec la scène de la musique, même si cela devait signifier une perte financière. Ce problème apparent de survie devint le moyen que le Diable utilisa pour me piéger une fois de plus.

   C’est alors que je fondai mon propre groupe nommé “Project Caïn », un nom qui correspondait bien à mon abattement spirituel. J’étais occupé à enregistrer Duncan Mckay, le célèbre joueur de clavier du groupe 10CC, lorsque je reçus une proposition pour aller à Port Elizabeth, une ville située à 1000 km au nord de Cape Town. Il s’agissait d’un contrat dans lequel je devais chanter là-bas pendant trois mois. Je fus embauché comme artiste soliste de rock, jouant six nuits par semaine dans une des plus fameuses boîtes de nuit de la ville. 

   Port Elizabeth devint le dernier tournant de mon pèlerinage spirituel. J’y louai une maison loin dans la campagne, et près d’une belle plage isolée. Etant donné que je jouais la nuit, la journée me laissait tout le temps de me promener sur la plage et de réfléchir sur tout ce qui avait eu lieu dans ma vie pendant les dernières années. Je crois que c’est là que Dieu me voulait.

   J’ai vécu une grande partie de ma vie professionnelle entouré d’admirateurs et de musiciens rock. Mais je me trouvais finalement sur une plage isolée, où Dieu me plaçait face à face avec mon passé de pécheur. Pendant ces trois mois, je sentis le Saint-Esprit me parlant plus fort que jamais auparavant. De nombreuses journées furent passées sur cette plage isolée, où j’y examinais les recoins les plus cachés de mon esprit confus.

   Il y eut des moments où les vérités cachées dans mon âme blessée étaient dures à voir en face. Il m’arrivait de céder sous le poids d’une angoisse honteuse, et de permettre à des larmes de repentance de couler comme des rivières d’eau limpide nettoyant les taches de mes péchés. Je pouvais parfois même sentir la présence de l’Esprit de Dieu, me reprenant, me consolant et m’apportant la guérison spirituelle.

   La porte de l’accueil était grande ouverte. Je finis par la franchir, fermant derrière moi la porte de mon noir passé, rempli de péchés. Alors que je fus de retour à la maison, Sue et moi prîmes la décision que par la grâce de Dieu, nous ne retournerions plus jamais dans le monde du rock. Je mis fin à toutes mes relations professionnelles dans le monde du rock. Le 15 janvier 1995, nous nous sommes mariés, et nous avons pris la décision de dédier nos vies à un ministère particulier en faveur de ceux qui cherchent la délivrance du pouvoir hypnotique de la musique rock.

 

Aider les autres à être libérés du rock

   Aujourd’hui, je me considère comme un témoin vivant, et reconnaissant de ce que Dieu peut faire pour ceux qui veulent bien le laisser changer leurs vies et leurs goûts. Le but de notre ministère est d’aider les chrétiens à être victorieux sur leur dépendance de la musique rock, et à développer leur goût pour la bonne musique chrétienne.

   Durant les quelques dernières années, j’ai voyagé en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord, tenant des séminaires sur « La musique et le culte » dans des églises, des écoles, des universités, des hôpitaux, et de nombreux autres endroits. Des églises entières ont reconsidéré leur position quand au rock religieux, après avoir appris tous les faits concernant ses effets sur le plan mental, physique et spirituel. 

   Ce fut pour moi une expérience très gratifiante de voir des personnes, jadis fans de ma musique rock, abandonnant à toujours les atmosphères discordantes du rock, et consacrant leurs vies au Seigneur.

   Mon plus grand souci est pour ceux qui croient que la musique rock peut à juste titre être utilisée pour adorer Dieu, aussi longtemps que les paroles sont religieuses, ou bien parlent de Jésus. J’ai maintes fois été témoins de l’erreur de cette supposition dans ma vie et mon ministère musical. Quelle que soit la version de la musique rock, elle stimule les gens sur le plan physique, plutôt que de les élever spirituellement. J’ai vu les fruits du rock « chrétien » dans des concerts en direct. En essence, ils ne sont pas différents de ceux du rock séculier. J’ai entendu toutes les justifications possibles et imaginables pour l’emploi de cette musique dans le culte d’un Dieu Saint, mais aucune d’entre elle n’est biblique.

 

CONCLUSION

   Mon pèlerinage spirituel de la musique rock au Rocher des âges me donne des raisons de croire que de nombreuses personnes sincères recherchent une délivrance divine de leur dépendance de la musique rock. La bonne nouvelle est que le Dieu qui me délivra de l’esclavage de la musique rock est capable de délivrer quiconque se tourne vers lui pour être délivré.

   Les nombreuses années que j’ai passées à jouer du rock, d'abord séculier, puis « chrétien », m’ont entièrement convaincu de la chose suivante : qu’elle qu’en soit la version, la musique rock incarne un esprit de rébellion contre Dieu et les principes moraux qu’il a révélés. La caractéristique fondamentale des différentes formes de musiques rock est, et restera le battement de base, capable d’altérer l’esprit humain et de stimuler la nature physique et sensuelle de l’homme.

   Aujourd’hui, notre défi consiste à suivre l’exemple des trois Hébreux dignes de respect dans la plaine de Dura. Ils refusèrent de se prosterner devant la statue d’or au son de la musique babylonienne. Que Dieu nous donne la sagesse et le courage de rejeter la musique de Babylone et de lui rendre un culte avec de la musique qui l’honore et qui ennoblisse nos caractères.