3. L'esprit de la machine

 

L'ESPRIT DE LA MACHINE

 

   Car la désobéissance est aussi coupable que la divination, et la résistance ne l’est pas moins que l’idolâtrie. (1 Samuel 15 : 23)

   Lors de leur émission TV du 20ème anniversaire, les éditeurs du Magazine des Rolling Stones, principal magazine du rock, firent fièrement remarquer :

   « Il n’est pas exagéré de dire que la rébellion est plus qu’un thème occasionnel dans le rock, c’est son cœur même et son âme… » 

   Si vous tournez les pages de l’histoire du rock ‘n’ roll, vous trouverez un thème récurrent, impressionnant toujours et encore l’esprit : que l’essence du rock est absolument, inévitablement, la rébellion. Mais qu’est-ce qui a fait de la rébellion une distraction si attractive pour les jeunes des années cinquante à ceux du début du 21ème siècle ? Je ne sous-entends certainement pas que la rébellion est une sorte de nouvelle attitude qui fit brutalement son entrée en scène, il n’y a que 50 ans. Mais il est certain que depuis les années cinquante et la naissance du rock ‘n’ roll, il y eut une progression exponentielle de la rébellion contre les normes établies. Dans certains cas, avec de bonnes raisons (ce qui ne justifie absolument pas l’esprit de la rébellion), gratuitement dans d’autres. 

   Est-ce qu’il suffit de regretter les maux que le rock ‘n’ roll semble engendrer en incitant les adolescents à des actes de délinquance et vers des aventures de mauvais goût ? Ou une recette n’ayant rien à voir de spécial avec la musique fut-elle préparée et cuisinée il y a un demi siècle, puis servie comme entrée pour la grande arrivée de la révolution rock ‘n’ roll ?

   L’une des plus grandes guerres jamais livrée vient de se terminer dans les années 40 et la plupart des petits enfants témoins des dernières années de cette guerre devinrent les adolescents et les jeunes adultes des années 50. Mais c’est pendant ces années de trouble et celles qui suivirent, que l’hypocrisie et les doubles critères du monde adulte furent révélés aux esprits pleins de questions de ces enfants en pleine croissance. Dans les horribles scènes observées par un monde incontrôlé, le message fut transmis, fort et clair, que même le soi-disant monde stable des politiciens et des gens instruits n’était pas à même de maîtriser l’animal sauvage qu’est l’homme avide de destruction. Ce monde cachait des hommes primitifs sous une belle apparence et de grands discours. Quelque chose prit place, là-bas, sur les champs de bataille de la mort, qui allait changer le monde pour toujours. Et la musique n’allait pas échapper à ces métamorphoses.

   Les contradictions étaient si évidentes, que même un enfant pouvait les remarquer. Les politiciens au langage double perdirent toute l’influence que leur donnait jadis le style imposant des grands discours et de la rhétorique des grands esprits. Se tenant là dans leur honte mise à nu, ils faisaient des promesses aveugles, établissaient des traités et signaient des pactes qui devaient les enterrer dans la tombe d’un « futur prometteur » ; scellé et approuvé par la finale des Nations Unies. Une finale qui verrait plus tard le monde trébucher et vaciller, alors que le gâchis continuerait jusqu’à ce que le sang et les larmes des décennies à venir changeraient le bleu sympathique des gardiens de la paix sur terre en la tache cramoisie d’un échec embarrassant.

   Pendant que les chanteurs de charme de Tin Pan Alley propageaient leurs chants d’amour, l’Europe se trouvait engagée dans un bain de sang de dimensions cosmiques. Les voix et les paroles de musiciens tels que Bing Crosby, Perry Como, Patti Page et Frank Sinatra, chantant les compositions de George Girshwin, Irving Berlin et Cole Porter, semblaient être en contraste flagrant avec la colère déchaînée qui frappait ce petit globe appelé Planète Terre. Dans le pays de la délivrance et de la liberté tout semblait bien se passer jusqu’à ce que ‘Uncle Sam’ (les USA) signe pour sa mission en terre étrangère. Depuis chez eux, les femmes et les enfants observaient de loin alors que l’horreur de ‘la victoire’ se déroulait devant leurs yeux. Les accents de Rosemary Clooney et des Soeurs Andrews pouvaient s’entendre dans un contraste moqueur. C’est alors que le rêve Américain, tel une transe folle, fut soudainement et brusquement bouleversé par l’attaque osée d’une petite nation des îles, comportant des hommes tout aussi petits, qui eurent l’audace de voler vers Pearl Harbour, à New York, pour bombarder la Marine des Etats-Unis sous le choc. La contre attaque fut à son point culminant lorsqu’une pièce de métal cylindrique fut lâchée sur les villes de Hiroshima et de Nagasaki, réduisant la vie d’innombrables innocents à néant. L’hypocrisie de la guerre fut complète, pourtant de gros mensonges ne manquaient pas de se faire entendre. Une nouvelle course avait commencé, et pendant que le monde observait encore toujours la scène, terrifié, l’Amérique et la Russie poussèrent l’erreur atomique encore plus loin, et plongèrent le monde dans le désert glacé de la guerre froide et de la course mondiale à l’armement.

   Finalement, le moment était arrivé pour une autre sorte de révolution. La confiance naïve, que le monde dans son ensemble avait placée dans ses dirigeants exaltés, fut démasquée par un grand nombre comme une tromperie de mauvais goût, et les jeunes avaient tout remarqué. A présent, il leur fallait un moyen pour exprimer les doubles standards que leurs logiques d’adultes avaient assimilés, quelque chose dont l’atmosphère exprimerait l’abandon insouciant, exempt de philosophie à col blanc et d’intrigue politique. Ils cherchaient un moyen de soulagement, nouveau et simple. Un moyen d’exprimer leurs émotions et de dire au monde : c’est notre façon de vivre, nous l’avons trouvée, notre heure de gloire est arrivée, notre heure pour exprimer notre frustration intérieure. Nous allons à présent montrer à la soi-disant sagesse mature de ce monde que nous avons finalement eu l’occasion de nous faire entendre.

   Le grand moment était arrivé pour le maître musicien de jouer son morceau. Toutes les idées musicales ainsi que celles du culte et des subcultures allaient à présent trouver le moyen de s’exprimer dans la mélodie et le rythme du rock ‘n’ roll, une nouvelle culture pour une nouvelle génération. Le réseau de communication était prêt à absorber cette nouvelle forme artistique débordant d’énergie. Les premiers disques vinyles, les 78 tours, venaient juste de voir le jour, et faisaient à présent place aux 45 tours, nouveaux et pratiques. Comparés aux 78 tours, les 45 tours représentaient un progrès technologique significatif. Ils étaient beaucoup plus petits, et surtout, beaucoup moins chers. A présent, même les adolescents étaient à même de se payer le luxe d’acheter des enregistrements, que l’on pouvait aisément écouter grâce aux nouvelles minichaînes portables, faciles à utiliser. Le rideau des années cinquante fut tiré, le nouveau héro des adolescents qu’est le rock ‘n’ roll entra en scène. Bill Haley et les Comets se firent entendre de partout avec ‘Rock Around the Clock’ (1955), les Platters prirent fièrement leur tour avec ‘The Great Pretender’ (1956), puis vint Elvis Presley, « roi » du rock ‘n’ roll, se déhanchant sur ‘Heartbreak Hotel’ et ‘Jailhouse Rock.’

   Le moyen était parfait. Il n’y avait pas de philosophie sérieuse derrière les paroles. En fait, la valeur philosophique de la musique des années cinquante pouvait se résumer en un seul mot : aucune. Le message réel se trouvait derrière l’imposant rythme syncopé qui dirigeait le rock ‘n’ roll. Celui-ci était basé sur la phrase à douze mesures du rythme and blues noir, dont l’accent du rythme était placé sur le deuxième et le quatrième temps. Cette structure rythmique donna vie au rock ‘n’ roll et empêcha les jeunes de rester tranquillement assis tout en l’écoutant. Au mieux, les paroles des chants semblaient être un petit extra en plus. La profondeur des refrains les plus mémorables était du genre : ‘Allons au dancing, ô chéri, allons au dancing.’ ‘Tu n’es rien qu’un chien errant, pleurant tout le temps.’ ‘Awopbopaloobopalopbamboom, Tuttie Fruitti all rootie.’ et, plus profond encore : ‘Va, va, va, Johnny va. Va, va, va, Johnny, va. Va, Johnny B. goode.’

   On ne peut guère être plus vide de sens que ne l’étaient les paroles du rock ‘n’ roll à ses débuts. Au mieux, elles étaient futiles et superficielles, au pire, médiocres et sans valeur. Mais c’était le moyen d’expression parfait de l’insatisfaction des jeunes de cette décennie – un moyen de dire beaucoup en ne disant réellement rien du tout. Le monde adulte hypocrite et moraliste réagit en s’opposant à cette nouvelle forme d’ « hédonisme ». Des enregistrements furent brûlés et des discours publics prononcés pour condamner cette malédiction terrible, oubliant que leur exemple contradictoire avait mis le feu aux poudres du rock ‘n’ roll. ‘Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais.’ Aucun ‘rebelle’ digne de ce nom n’allait plus tomber dans le panneau.

   Le sombre impact que le rock ‘n’ roll eut sur le monde, et surtout sur les adolescents, ne peut être surestimé. Ce fait est non seulement reconnu par un groupe ultra conservateur de droite, mais par l’industrie elle-même. Bon nombre de ceux qui ont travaillé en tant que journalistes ne cesseront pas de vous dire la même chose.

   Gary Herman, journaliste de longue date ayant suivi les différents courants du rock ‘n’ roll, écrit dans son livre “Rock ‘n’ roll Babylon” son expérience avec l’industrie du rock et du pop. (Publié en 1994 par Publishing Limited of London).Le titre pourrait suggérer qu’il s’agit d’un livre écrit par un activiste anti rock ‘n’ roll, mais on ne saurait être plus loin de la vérité. En fait, bien que le titre puisse avoir des connotations bibliques, ce n’est pas du tout une œuvre inspirée par la Bible. En lisant ce livre j’ai eu l’impression que Gary Herman n’avait pas de tendance ‘chrétienne’ du tout. Il commence la préface en disant ceci :

   Qu’il soit clair dès le début que j’aime le rock ‘n’ roll. A différentes étapes de ma vie, il m’a enthousiasmé, consolé, attristé et rendu joyeux. Il m’a toujours mis en mouvement, dans les deux sens. Et comme pour la plupart des enfants de ma génération, les stars du rock ‘n’ roll ont semblé être mes amis, mes idoles et des agents capables de s’infiltrer dans le camp d’un ennemi sans pitié dont les seuls buts étaient la richesse, le soutien d’une moralité hypocrite et la suppression des énergies de la jeunesse. (Italiques ajoutés)

   Je souhaite argumenter avec Gary Herman concernant quelques-unes des affirmations présentes dans sa préface, principalement en rapport avec ‘l’impitoyable poursuite des richesses' des moralistes hypocrites. Cet amour de l’argent est un état de choses tout aussi courant dans l’industrie du rock ‘n’ roll, et parmi ses stars. Lorsqu’il s’agit de matérialisme, le rock ‘n’ roll se classe parmi les chercheurs d’or les plus zélés de tous les temps. Je me demande si vous avez saisi cette autre phrase de Gary : « …les stars du rock ‘n’ roll ont semblé être mes amis, des idoles… » En tant que chrétiens, levons-nous les yeux vers les stars actuelles du pop pour les idolâtrer, en collant leurs photos sur les murs de nos chambres à coucher et en écrivant les noms de nos groupes favoris et de nos artistes préférés sur nos livres et nos valises ? Se pourrait-il qu’il s’agisse là d’un symptôme extérieur d’idolâtrie ? Le test est très simple, il nécessite seulement de l’honnêteté et le désir d’entendre la voix du Saint-Esprit. L’industrie désignent ironiquement ses stars en utilisant exactement ce terme – « idoles pop ».

   Gary Herman commence son deuxième chapitre avec ces remarques saisissantes. Vous remarquerez comment elles complètent parfaitement ce que j’ai dit jusqu’à présent dans ce chapitre :

   Le rock ‘n’ roll est un phénomène itinérant. Il franchit les barrières et se rit des frontières. Dans l’effroi des années cinquante, alors que le monde semblait figé en deux grandes puissances pendant la guerre froide, un mépris aussi audacieux des barrières raciales et géographiques et de celles du sexe et de l’âge était tout aussi terrifiant pour les maîtres que pour les esclaves de l’ordre établi.  Le rock ‘n’ roll des années cinquante – avec ses images rebelles, son mélange enivrant de sentiments et de peur, et sa désobéissance aux lois de la mélodie et du rythme indispensables à une performance acceptable – aida à créer un sens communautaire entre les groupes disparates d’adolescents qui découvrirent dans la musique les symboles de leurs rêves les plus noirs. On ne s’étonne pas de ce que le rock ‘n’ roll fut condamné comme ‘obscène’ et ‘lascif’ par ceux qui se sentaient responsable de la moralité. (Rock ‘n’ roll Babylon, p. 15, Italiques ajoutés)

   La grande question que je pose pour la suite de notre étude est une question fondamentale qu’il est bon de se poser chaque fois qu’il s’agit « d’éprouver les esprits ». (1 Jean 4 : 1) De quel arbre spirituel l’industrie du rock et du pop cueille-t-elle ses fruits ? (Matthieu 7 : 16) Quelle attitude les enfants du Christ se doivent-ils d’adopter lorsqu’ils réalisent que les racines de leurs centres d’intérêts puisent leurs forces dans le jardin de Satan ? 

   Je pourrais terminer tout ce chapitre en vous entretenant de mon expérience personnelle et en vous expliquant à ma façon pourquoi je pense que l’esprit et la religion cachés derrière le rock ‘n’ roll viennent de Satan. Ce serait déjà assez convaincant, mais pour encore plus d’efficacité, laissons parler l’industrie et ses personnalités de renom. Vous remarquerez qu’elles le font d’une manière très persuasive et hautement efficace. 

   Le rock ‘n’ roll est une forme artistique très agressive, il s’agit de pure hostilité et d’agression, je crois en cela comme dans une religion. (Blacky Lawless, dans une interview avec ‘ Washington Post ’)

   Il n’y a, bien sûr, aucune garantie que Blacky Lawless se réfère ici à la religion dans le sens traditionnel. Il se peut qu’il décrive simplement la passion qu’il ressent pour le mode d’expression artistique qu’il a choisi. Cette passion déborde pourtant de façon flagrante sur le domaine religieux, démontrant ainsi clairement quels sont les fruits et l’esprit cachés derrière ce moyen d’expression  « purement hostile et agressif ».

   La musique, ses modes, ses attitudes et ses intérêts dégagent une atmosphère spirituelle qui nous montre clairement qu’un esprit démoniaque s’infiltre dans tout ce qu’elle représente. Un esprit qui pousse aussi les gens à adorer d’autres personnes comme des dieux. Selon les Ecritures, cela constitue un acte spirituel d’infidélité auquel elles se réfèrent souvent en termes d’adultère et de prostitution. Si l’apostasie de l’industrie du rock était si simple, ce qui ne justifierait en aucun cas ‘l’idolâtrie séculaire’, il serait beaucoup plus facile de traiter le problème. Mais ce n’est certainement pas le cas.

   Les nombreux fruits que porte l’arbre du rock ‘n’ roll révèleront sans l’ombre d’un doute qu’ils ne proviennent pas de la vraie vigne. Le sexe, la drogue, l’amour de l’argent, les images rebutantes et l’engouement pour l’occulte dévoileront les origines des fruits puissants de cette industrie. Même l’origine de la musique et de son style rythmique (comme vous l’avez déjà vu) révèle plus que de nombreux livres la source de son inspiration. Dans les ruelles du rock ‘n’ roll, alors que votre œil s’habitue à l’obscurité, vous commencerez à reconnaître les idoles enveloppées dans de longues ombres de tromperie démoniaque, et vous vous verrez dans l’obligation de faire un choix pour ‘Baal’ ou ‘Jéhovah’. (1 Rois 18 : 21)

 

Les ténèbres spirituelles du rock ‘n’ roll : sexe et spiritualité

   En 1956, peu après la naissance du rock ‘n’ roll, un pasteur américain nommé Albert Carter condamna cette nouvelle forme musicale comme étant totalement dépourvue d’éthique et de valeurs chrétiennes.

   Le rock ‘n’ roll a pour effet de conduire la jeunesse vers le culte de Satan, de stimuler l’expression personnelle par le sexe, de provoquer le mépris de la loi, de mettre la stabilité du système nerveux en péril et de détruire la sainteté du mariage. C’est une mauvaise influence sur la jeunesse de notre pays. (Rock ‘n’ roll Babylon, Gary Herman, p. 153)

   Aux Etats-Unis le rock ‘n’ roll fut condamné en tous lieux. Les soi-disant porte-étendards élevaient avec force leurs voix pour manifester leur indignation contre ce nouveau poison spirituel qui venait juste d’élever son horrible tête sur le pays de la liberté et de la délivrance. Censurer la musique, les passages à la télé et à peu près tout ce qui avait quelque relation avec le rock ‘n’ roll était à l’ordre du jour. La situation devint même plus sérieuse lorsqu’en 1959 des investigateurs américains furent payés  pour élever la question au rang de crise nationale. Il semblait que le Diable lui-même s’était manifesté par cette forme d’expression humaine. Même la droite endurcie et hypocrite se trouva soudainement face à un cas de conscience. Hypocrites ou non, les accusations étaient soit vraies, soit un prétexte de plus pour les pharisiens des années 50 de se faire entendre. En peu de temps la vérité allait être manifeste, mais il serait alors trop tard : le monde serait accro et il n’y aurait plus de retour possible. 

   Beaucoup de héros du rock ‘n’ roll étaient issus de milieux américains très chrétiens. Un bon nombre d’entre eux, comme Elvis Presley, sortaient du milieu des noirs ou de communautés blanches souffrant de la pauvreté, et furent sérieusement affectés par cette désintégration soudaine de la conscience morale et spirituelle. L’image de Elvis prit un tournant subtil, et ce nouveau comportement lui permit bientôt d’apparaître en public comme un garçon humble et soumis à Dieu, ayant de fortes racines spirituelles. Ce changement de l’image donnée par Elvis Presley fut grandement dû à son manager, le  Colonel Parker. Au début de sa carrière, Elvis fut condamné par tant de responsables politiques et religieux que les parents commencèrent à interdire l’achat de ses enregistrements. Bien sûr, il en résulta une baisse radicale de la vente des disques. Mais le Colonel Parker eut l’idée brillante d’enregistrer Elvis chantant de la musique gospel. Bientôt, ce furent non seulement les jeunes qui achetèrent les enregistrements de Elvis, mais les adultes aussi changèrent de point de vue. Voyant soudain Elvis comme un bon garçon chrétien, ils se hâtèrent d’acheter son nouvel album.

   Jerry Lee Lewis, icône du rock ‘n’ roll naissant, reconnu la cause pour laquelle il s’était engagé, et, confus, se trouva dans l’obligation de se retirer pour quelques temps. Il fut non seulement condamné en tant que ‘rockeur rebelle’, mais la presse et les moralistes l’attaquèrent sévèrement car il s’était marié avec sa cousine de treize ans. On lui disait sans cesse que le rock ‘n’ roll l’enverrait en enfer. Les paroles suivantes vont certainement sonner l’alarme chez ceux qui les comprendront :

   « Je connais la bonne voie, j’ai eu une éducation chrétienne. Mais je n’y suis pas parvenu. » (Tiré de Rock ‘n’ roll Babylon, Gary Herman, p. 153) 

   Concernant Jerry et Elvis, Gary Herman affirme la chose suivante :

   « Malgré sa conviction que Jésus-Christ n’a aucune tendance à ‘se secouer dans tous les sens’, Jerry lui-même (tout comme Elvis, membre de l’Assemblée évangélique de Dieu), n’arrive pas à rompre avec son habitude. » (Idem)

   Beaucoup d’autres rockeurs présentaient ce rapport étrange et confus d’amour-haine avec leur conscience de chrétien. Little Richard, par exemple, décida de devenir étudiant de l’évangile suite à une vision qu’il eut en avion, alors qu’il traversait l’Australie en 1958. L’auteur Gary Herman perçoit cette expérience dans cette lumière révélatrice :

   Il se peut que devenir prédicateur ne représentait rien de plus pour lui que de rejoindre une autre branche du business, mais l’attrait du rock ‘n’ roll pour l’un des premiers rockeurs noir de talent était trop fort. Il trouva l’excuse parfaite – le rock ‘n’ roll était le moyen d’ « enseigner l’amour, car la musique est un langage universel. » Pour sûr, le Révérend Carter ne l’approuvait pas, mais Little Richard ne fut pas le seul à vouloir faire la quadrature du cercle. (Rock ‘n’ roll Babylon, Gary Herman, p. 153. Italiques ajoutés)

   Ce qui me frappe le plus c’est qu’un auteur non chrétien tel que Gary Herman reconnaisse la contradiction qu’implique le fait de chercher à accommoder l’esprit du rock ‘n’ roll avec l’esprit du christianisme (‘chercher à faire la quadrature du cercle’). La contradiction est exprimée de façon encore plus flagrante par ces paroles de la bouche de Little Richard (cité plus tôt), alors qu’il était une fois de plus à la recherche de Dieu vers la fin des années soixante-dix :

   Ma véritable croyance concernant le rock ‘n’ roll – et de nombreux propos me furent attribuées au fil des ans – est la suivante : Je crois que ce genre de musique est démoniaque. De nombreux battements de la musique actuelle proviennent des vaudous, des tambours vaudous. Si vous étudiez la musique dans ses rythmes comme je l’ai fait, vous verrez que c’est vrai. Je crois que ce genre de musique détourne les gens de Christ. Elle est contagieuse… (La vie et l’époque de Little Richard, Charles White, p. 189) 

   Elvis fit un amalgame tel qu’il semblait s’imaginer qu’une philosophie ostensiblement occulte pouvait être mélangée à l’idéal chrétien. Il est bien connu qu’Elvis était dépendant de plusieurs drogues. L’un de ses gardes du corps affirma que les fesses du « roi » étaient si recouvertes de piqûres qu’il restait à peine de la place pour une autre injection. Un fait moins connu concerne son intérêt pour la métaphysique. Elvis étudia le paranormal et communiqua avec un médium à Denver, Colorado. En fait, d’après certains de ses amis proches, il croyait être une réincarnation de Jésus, étant à même de guérir les gens en les touchant de ses mains et de former des nuages avec son esprit. Autre fait intéressant, Elvis adhérait aux enseignements d’une femme nommée Helena Petrovna Blavatsky, une spirite russe qui vécut de 1831 à 1891. Elle fut la fondatrice et la tête de la société théosophique, et le personnage le plus influent du réveil de l’occultisme au 19ème siècle. Son objectif était de rapprocher les traditions occultes de l’Est de celles de l’Ouest. Mais sa synthèse occulte et sa prétention d’être guidée par des puissances surnaturelles influencèrent beaucoup l’occultisme du 20ème siècle. Ce sont les enseignements d’Helena Petrovna Blavatsky qui sont à la base de la philosophie New Age. C’est avec cet arrière plan qu’il faut évaluer l’expérience d’Elvis et sa prétention au christianisme.

   Le véritable christianisme se reconnaît grâce aux principes et aux enseignements de la Parole de Dieu, et non par la philosophie de l’occultisme et les messages de médiums inspirés. Souvenez-vous de     1 Jean 4 : 1, en rapport avec les nombreux faux  prophètes venant dans le monde : il nous faut éprouver les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu. A présent je vous mets au défi d’éprouver les esprits et les fruits qu’ils font porter à leurs esclaves. Depuis ses origines, le rock ‘n’ roll fut en rapport étroit avec les puissances des ténèbres. Le terme même « rock ‘n’ roll » trouve ses origines dans l’immoralité et la perversion, qui se trouvent parmi les instruments de corruption préférés de Satan. Il ne s’agit pas de ‘on dit’, mais ces choses sont fièrement soutenues par des articles de certains des principaux magazines sur le rock et le métal encore disponibles aujourd’hui. Un bon exemple se trouve à la dernière page du magazine ‘ultrakill’ (tuer à fond). Le titre de l’extrait était ‘la vérité sur le Diable’. Cet article nous informe des différents titres de Satan, la plupart étant d’origine biblique, puis poursuit en révélant d’autres évidences notables :

   On a Satan, Beelzébub, le Diable, le Serpent… le seigneur de l’anarchie. …Mais quel rapport musical y a-t-il donc avec tout cela ? Bien avant le heavy metal, le Diable s’intéressa au rock ‘n’ roll. Le terme même du rock ‘n’ roll prit vie en tant qu’expression des noirs américains pour désigner le sexe. Et la procréation pécheresse a été la campagne du Diable depuis longtemps, très longtemps. (Page arrière du volume 3)

   Cette idée d’après laquelle le rock et Satan sont des amis de longue date n’est pas l’opinion exclusive de quelques magasines seulement. Considérez les citations de David Bowie, l’un des plus grands héros des industries du rock et du pop de tous les temps :

   Je crois que le rock ‘n’ roll est dangereux, il pourrait très bien nous apporter un très mauvais sentiment dans l’ouest… Il va devoir prendre l’autre direction à présent, et c’est vers là que je le vois se diriger, nous conduisant vers l’ère noire…

   Je sens que nous ne faisons qu’annoncer quelque chose de plus noir que nous-mêmes.

   Le rock ‘n’ roll laisse entrer des éléments inférieurs ainsi que des ombres que je n’estime pas nécessaires. « Le rock a toujours été la musique du Diable, vous ne pourrez pas me convaincre du contraire. » (Le magasine des Rolling Stones, 1972, Italiques ajoutés)

   Et que dire de cette remarque du manager des “Rolling Stones” qui se réfère à l’implication du rock avec le sexe ?

   « Le rock, c’est le sexe. Il faut balancer cela aux adolescents en pleine figure ! » (Time, le 28 avril 1967, p. 53)

   Tel un guide, ce message sexuel traverse l’histoire du rock et du pop, étalant fièrement les couleurs sataniques de cette industrie. La Bible est plus que claire concernant la nature sacrée des relations sexuelles entre l’homme et la femme. L’histoire d’Israël suffirait pour écrire des livres entiers sur la manière dont Satan s’y est pris pour faire tomber  ce peuple dans le paganisme par l’attrait subtil et terriblement tentant de la perversion sexuelle. Par l’arme surpuissante de la convoitise le Diable propagea l’idolâtrie en captivant les yeux et en faussant le goût. Avant même de s’en rendre compte, les israélites étaient tombés si bas qu’ils se mirent à avoir des rapports sexuels avec des personnes du même sexe. Si de nombreuses pratiques occultes incluent des rites sexuels et des orgies bizarres dans leurs cérémonies, ce n’est pas une simple coïncidence. Dans le rock, qu’il s’agisse de religion ou non, cet élément sexuel joue un rôle très important et personne, quelle que soit sa tendance, ne peut nier ce fait évident. Allumez simplement votre poste de télévision, choisissez l’une des nombreuses chaînes de musique, et vous verrez le langage du sexe vous proposer un voyage dans le cœur même du vice satanique et de la destruction finale au travers de modes, d’actions suggestives, de danses, d’images, d’atmosphères musicales et de paroles.

   Satan se réjouit ! Il se délecte à l’idée que des humains faibles et autosuffisants s’attroupent comme des vautours affamés pour s’emparer de la viande empoisonnée de sa table adultère. Pourtant, il nous arrive souvent de chuter, alléché par cette dernière scène ou cette fantaisie préférée. Ne devenons pas des observateurs, nous félicitant de ne pas être directement impliqués dans un comportement aussi dégradant. Nous profitons de chaque moment libre pour nous mettre devant la télé, à l’affût d’un feuilleton favori qui nous montre si souvent des couples qui s’embrassent dans une excitation sexuelle. Et dans notre aveuglement de propres justes, nous nous convainquons encore que nous ne regardons pas pour le sexe. C’est juste l’histoire qui nous intéresse.

   Des spectateurs plus âgés vous diront que la télé leur procure de la compagnie, et que le mal présent dans le programme n’a aucun effet sur leurs esprits de chrétiens matures. Qu’en est-il du temps passé en compagnie de la Sainte Parole de Dieu, de ces heures si désespérément nécessaires d’étude intense de la Bible et de prière fervente ? Nous voilà au bord du cauchemar final de cette terre et du début d’un rêve éternel, et tout ce dont nous sommes capables, c’est de nous enfoncer toujours plus profondément dans notre état d’aveuglement spirituel. Oh ! Combien de gens tristes, apeurés et malheureux, qui savaient tout cela, chercheront frénétiquement un asile alors qu’il sera trop tard ! Nous nous sommes trompés nous-mêmes, croyant qu’il suffisait de sortir du terrain de jeux et de s’asseoir dans les arènes des spectateurs, au lieu de sortir du stade et de prendre position parmi le peuple mis à part de Dieu, à l’abri du monde. Nous sommes changés à l’image de ce que nous regardons, et cela se passe bien souvent sans que nous nous en rendions compte. Quelle lourde responsabilité portons-nous, pour nous-mêmes et ceux que nous prétendons aimer, en savourant le péché sans culpabilité. Que Dieu vienne à notre secours !

   Nommer les musiciens et les artistes qui se sont aventurés dans l’occultisme reviendrait à faire connaissance avec l’industrie du showbiz. Depuis Elvis, les Beatles, les Rolling Stones, Elton John, Jimmi Hendrix et Jim Morrison, jusqu’à Led Zeppilin, Deep Purple, Rush, Iron Maiden, Metallica, AC/DC, Sting, et tant d’autres, les annales de l’industrie du rock et du pop sont remplies de cultes sataniques et de perversions sexuelles. Même parmi les noms les plus respectés, la plupart ne trouveraient rien d’anormal à ce que deux personnes du même sexe passent la nuit ensemble en ‘faisant passionnément l’amour’. D’après Elton John, il n’y a rien de mal à coucher avec une personne du même sexe, et il ne semble pas en avoir honte. Il croit que les gens devraient être très libres dans leur vie sexuelle, mais ne devraient pas aller jusqu’à prendre une chèvre. David Lee Roth, l’ex vocaliste principal de Van Halen, dit fièrement : « Je ne suis peut-être pas capable de retourner dans l’histoire, mais je me courberais sur votre petite fille. » L’arbre sur lequel l’industrie de la musique et ses représentants cueillent leurs fruits n’est-il pas suffisamment dévoilé ?

   Est-ce seulement raisonnable, en tant que chrétien, d’acheter sans scrupule le dernier album de Madonna, sachant que sa vie et son exemple constituèrent une insulte au christianisme et à ses principes par des vidéos, des images publicitaires et des déclarations orales sexuellement explicites et obscènes ? En octobre 1996, Madonna mit au monde sa fille Lourdes Maria Ciccone Leon. Elle n’eut aucun scrupule à affirmer qu’elle n’avait pas l’intention de marier le père de sa fille, Carlos Leon, qui vit avec elle à Los Angeles.  Il est intéressant de remarquer cette étrange contradiction qui ressort de l’interview qu’elle donna à Los Angeles :

   « Je peux penser à de nombreux couples mariés ou à des noyaux familiaux qui sont terriblement malades et dont les enfants posent de sérieux problèmes » dit-elle. « Je ne pense pas que c’est une garantie pour le bonheur de votre enfant. » (Sunday Argus, 14 et 15 décembre 1996) 

   Vivre hors des liens du mariage n’est pas non plus une garantie, et de toutes manières, le débat n’est pas là. D’après Dieu, il nous faut être mariés et unis pour la vie dans les liens sacrés du mariage avant de penser à mettre un enfant au monde. Je ne parle pas par ignorance, mais par expérience. La vraie question est la suivante : Est-ce à Dieu ou à ma propre conscience émoussée que j’obéis ? La Bible est claire, il nous faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. D’ailleurs, aucune relation ne peut survivre si elle n’est fondée sur Christ. L’article se poursuit :

   Madonna, dont les vidéos suggestives ont provoqué la colère des groupes religieux, dit qu’elle ne se fait aucun souci quant aux difficultés que sa réputation de reine du sexe pourraient entraîner dans l’éducation de sa fille. « Je me considère comme une personne très morale. » (Sunday Argus, 14 et 15 décembre 1996)

   On peut se demander sur quel guide moral se base Madonna lorsqu’elle affirme être une personne très morale, car tout en arborant sa moralité, elle poursuit l’interview en disant qu’être mère ne la pousse pas à modérer son image de mauvaise fille.

   George Michael est une autre élite du pop dont la conscience n’est pas très aiguisée en ce qui concerne le sexe, bien qu’il essaye avec peine de laisser deviner aux gens s’il est homosexuel ou non. On se demande si le fait de cacher la vérité n’est pas une astuce publicitaire de plus pour rester dans la presse, tout spécialement à la lumière des remarques suivantes : « Une personne comme moi, qui se trouve là avec ce grand point d’interrogation lumineux au-dessus de la tête, provoquant délibérément ces questions, est par là même un objet de fascination. » En rapport avec la question de l’homosexualité : « Mais je ne me suis jamais posé la question de savoir si c’était acceptable ou non. » Alors qu’on lui demandait si sa vie sexuelle s’était améliorée avec l’âge, il répondit :

   « Oh mon…, oui ! Ce n’est même pas une question d’amélioration. Il s’agit pour moi de savoir de quoi il s’agit et d’être avec la bonne personne pour vivre la bonne expérience sexuelle. »

   Michael dédia son dernier album, Older, à un ami homosexuel pour alimenter encore plus les rumeurs à propos de ses préférences sexuelles. (Sunday Times, le 17 novembre 1996)

   Vous demandez-vous encore toujours sur quel arbre spirituel l’industrie de la musique cueille ses fruits ? Nul doute, l’image doit être plus que claire à présent. Ou peut-être que cette section, en rapport avec Sting et inspirée du livre ‘Les plus grands compositeurs du monde’, vous rapprochera encore un peu plus de la vérité :

   Sting, si l’on se réfère au caractère qu’il joua dans le film ‘souffre et mélasse’… est un garçon assez agréable…bien maniéré mais aussi relativement méchant : d’une minute à l’autre il vous fait passer du rire au supplice. « C’est pourquoi je veux que le film se rapproche au maximum du moi réel. » La même chose s’applique au caractère ‘Feyd’ qu’il joue dans le film ‘dune’ une année plus tard : « Je suis Feyd… J’ai beaucoup de chance, car je peux exorciser mon ombre, mon démon, sur l’écran. La plupart des gens doivent réprimer leurs ombres noires. J’ai le droit de les laisser s’exprimer. » Les deux rôles correspondaient parfaitement au titre de ‘prince des ténèbres’ qu’il gagnait – et sa musique se dirigeait vers la même direction ténébreuse. (Italiques ajoutés)

   Qui d’autre est nommé Prince des Ténèbres ? Commencez-vous enfin à faire le lien ? De plus, il doit être très clair que ce n’est pas uniquement la partie heavy metal de l’industrie qui a directement affaire avec les ténèbres. La gangrène de l’influence satanique corrompt la machine monstrueuse de la musique de la tête aux pieds, elle traverse toutes les barrières et toutes les facettes de l’industrie du rock et du pop, et cette attitude fut prévalente tout au long de son histoire.

   Par exemple, dans le dernier clip vidéo de Michael Jackson, vous pouvez voir des scènes représentant la possession, la magie noire, des corps rôtis au feu avec Michael qui incarne une sorte de figure macabre de messie. Tout cela est fait au nom de l’amusement et du divertissement. Ce qui rend la chose encore plus effrayante, est que Michael s’adresse normalement aux enfants dès leur tendre enfance, et bien sûr, tout au long de l’adolescence jusqu’au début de l’âge adulte.

   La musique, les paroles et les effets visuels reflètent tous l’expression de l’occulte, du sexe, de la violence, et de l’instabilité. Aujourd’hui, nous avons atteint un tel degré de désensibilisation de la société par la machine des médias, que l’on se demande s’il est encore possible d’aller plus loin. Mais c’est certainement le cas, comme l’exprime l’édition de Newsweek du 10 mai 1999.

   Le sexe, la drogue et le rock ont depuis longtemps causé du souci aux parents. Mais à présent, le Net, les jeux vidéo et les musiques non stop créent de nouveaux mondes dans lesquels les parents ne peuvent entrer. (p. 49) 

   Considérez ces propos du plus récent héros des studios d’enregistrement, l’artiste blanc de rap, Marshall Mathers, mieux connu sous le nom de Eminem:

   « Salut les enfants, aimez-vous la violence ? Voulez-vous me voir percer l’une de mes paupières avec des clous de vingt centimètres ? Voulez-vous me copier et faire exactement comme moi ? » Puis il poursuit son rap : « A propos, lorsque vous verrez mon père, dites-lui que je lui ai coupé la gorge dans mon dernier rêve. » (Idem) Certaines de ses autres paroles racontent la même histoire sordide. « Essaye de pécher et de te faire baiser plus que moi/Mon cerveau est un poids mort/J’essaye de relever ma tête/Je n’arrive pas à choisir la fille que je veux imprégner. » (Sunday Times Magazine, le 13 juin 1999, p. 12)

   Lorsque Chris Haley âgé de 17 ans fut interviewé pour la même édition de Newsweek, il fit ces remarques pertinentes concernant sa génération :

   Notre génération est de loin la plus désensibilisée de toutes les générations. La télévision élève à présent les enfants plus que ne le font les parents, elle répond à leurs fantaisies les plus violentes. (Idem p. 50)

   A propos du thème de son dernier album, Bryan Adams affirme :

   Le thème principal concerne le besoin de s’évader, libre des pensées conventionnelles et affranchi de tout ce qui nous est présenté comme étant bien ou mal. (Cape Times, lundi le 10 mai 1999)

   Bien sûr le thème du rock ‘n’ roll est le même depuis ses débuts. C’est une cause démoniaque qui travaille, comme l’a dit Mick Jagger, “sur les esprits”, une industrie dont la mission est de changer, d’après les paroles mêmes de David Crosby, « le système des valeurs, ce qui sépare très efficacement les jeunes du monde de leurs parents. » (Voir le chapitre 2)

   Dans chacune de ses fonctions, l’industrie du rock répond aux critères de Bélial et du culte des idoles. Le sexe, la violence, la musique, et les habitudes générées par la drogue de ses superstars les plus célèbres nous disent de la façon la plus convaincante que nous foulons ici un territoire défendu. Il serait peut-être sage de notre part de nous pencher sur ces paroles issues de la plume prophétique de l’apôtre Paul dans sa lettre à Timothée :

   Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Eloigne-toi de ces hommes-là. (2 Timothée 3: 1 – 5. Louis Second 1898, Italiques ajoutés)

   Lorsque vous considérez les déclarations faites par les grands héros du rock, même dans les années 60, il est clair que l’esprit qui motive cette cause est l’esprit de l’antéchrist. Mick Jagger, du groupe des ‘Rolling Stones’, auteur du chant, ‘Sympathie pour le Diable’, prononça ces mots de pur blasphème : 

   Si l’on avait accusé Jésus dans une cour de justice moderne, il aurait été examiné par les médecins, déclaré obsédé par un fantasme, déclaré incompétent et incapable de plaider sa cause, puis envoyé dans un asile.  (William Foster, Vers une Amérique soviétique, Elgin Entreprises, Cal, p. 317)

   Ou encore cette affirmation de Ringo Star, lorsqu’il était encore avec les Beatles:

   Nous ne sommes pas seulement anti-Christ, anti-papes et anti-chrétiens. Jésus est mort. (Playboy, février 1965, p. 58)

   Il ne fut pas le seul membre des Beatles qui osa verbaliser ses sentiments avec tant d’audace. John Lennon écrivit les siens (‘Un espagnol dans les travaux’, Simon et Schuster, NY ; p.14) :

   Jésus c’est comme manger de l’ail, ça pue, c’est un peu jaune, du bâtard fasciste graisseux, de l’espagnol catholique.

   Derek Taylor, ancien secrétaire de presse des Beatles déclara:

   Nous avons ici quatre jeunes hommes issus de Liverpool. Ils sont rudes, profanes et vulgaires, pourtant, ils ont conquis le monde. C’est comme s’ils avaient fondé une nouvelle religion. Ils sont complètement anti-Christ. A tel point qu’ils me choquent ! Ce qui n’est pas facile à faire. (Poste du samedi soir, 8 août 1964, p. 28) 

   Vous en faut-il davantage ? Ou devrais-je épeler en gras, avec des lettres claires, que le rock ‘n’ roll est l’industrie de Satan, et qu’il l’a été depuis le début ? Laissez-moi justement faire cela en citant une fois de plus les paroles de David Bowie :

   LE ROCK A TOUJOURS ETE LA MUSIQUE DU DIABLE, VOUS NE POURREZ PAS ME CONVAINCRE DU CONTRAIRE.

 

La rave du futur 

   Comme pour la plupart des choses, et surtout à cette époque de progrès et de changement, rien n’est statique. Ce qui est nouveau et enchanteur aujourd’hui sera vieux et dépassé demain. Dans le domaine de la musique, c’est également vrai. Bien sûr, ça ne veut pas dire que les choses anciennes deviennent superflues. La nature même de l’expression musicale garantit que les vieux concepts et les idées du passé seront continuellement ressuscités et réinventés. Une autre raison de cette continuité demeure dans le fait que nous avons été quelque peu ralentis dans notre créativité musicale, tout spécialement sur le plan commercial. Cela est particulièrement dû aux choix et aux tendances des responsables de l’industrie eux-mêmes. Une méthode de travail a fait ses preuves dans le domaine des finances, et bien que certains éléments aient été réajustés et remaniés, le fondement musical de base est resté le même. Le public a goûté, assimilé, régurgité et racheté des variations du même menu musical pendant des décennies, et la demande des éléments intrinsèques de la ‘musique populaire’ est restée quasiment la même. Ces éléments étaient en gros le battement, la répétition, les mélodies entraînantes et les performances d’une durée d’environ trois minutes. L’aspect psychologique qu’on y trouve est en effet intéressant, comme j’y ai déjà fait allusion, car son succès est fondé sur des principes d’endoctrinement et d’hypnose par la répétition. Le contenu et la répétition de la partie rythmique (le battement) provoquent une réponse mentale et physique instantanée, alors que les phrases clefs et les mélodies répétitives assurent que le message soit bien retenu et aisément accessible à la mémoire. Ces éléments constituent la trame de la musique commerciale du 20ème siècle, et d’après les projets en cours, ils resteront les mêmes une bonne partie du 21ème siècle. Pourtant, il y a eu des progrès étonnants dans le passé récent, tout spécialement en ce qui concerne le domaine de la technologie et de l’informatique, ouvrant des perspectives nouvelles et intéressantes pour les médias de la musique moderne. Les CDs, l’échantillonnage et l’enregistrement digital sont déjà de l’histoire ancienne, je n’en parlerai donc même pas. Mais dans les clubs et les discothèques, où la musique populaire est activement vécue, et où son pouvoir est manifeste et visible, certains changements ont eu lieu récemment et doivent être mentionnés pour que cette section soit complète. Pour les amateurs qui sont là depuis quelques temps déjà, il est clair que même dans ce domaine bien des choses sont restées semblables. Je commence par la dernière tendance mondiale, ‘La rave’. Dans le MAGASINE COSMOPOLITE de Mars 1997, Nick Paul décrit la philosophie du ‘Rave’ (déchaîné) dans un article dont le titre est ‘Le foyer rave’ : 

   Tous les mots sont subordonnés au battement, toute la politique est subordonnée à la fête. (p. 74)

   Il poursuit en décrivant le contenu spirituel de la ‘rave’:

   La spiritualité facile de la rave attire les enfants ayant rejeté les dieux sud africains de leurs parents, trop vieux et trop exclusifs, mais qui décidèrent qu’après tout, il leur fallait bien un dieu. A une époque où les problèmes écologiques se sont frayés un chemin dans la conscience populaire, le culte néo-païen de la terre de certains amateurs de rave devient de plus en plus populaire. (p. 75)

   Et la continuité de la tendance musicale populaire dont l’inspiration s’étend du jazz au classique tout en mettant l’accent sur le rythme, reste encore toujours la base de la rave.

   Certains auteurs contemporains comparent la ‘dance’ au jazz, d’autres au classique. Ses sources sont variées, allant des débuts du rap et de la disco aux premières ambiances musicales électroniques de Brian Eno. Durant les cinq dernières années une mutation sauvage à pris place, elle comprend maintenant environ 20 styles différents, allant des morceaux gais et stupides de Whigfield aux sombres crescendos rythmiques de la transe Goa, et des décousus fluides de l’acid jazz aux crépitements à 200 battements par minute de la Gabba. (p. 76)

   Sans l’ombre d’un doute, les producteurs de musique qui se trouvent à deux pas du plus grand millénium terrestre essayent désespérément de trouver l’expression ultime de l’art par le son et la musique. Ils ont déjà depuis longtemps réalisé que, comme le dit Jimi Hendrix, la musique est une chose spirituelle en elle-même. Ils en tirent aujourd’hui parti sur la conscience spirituelle visible de la mentalité en cette fin du 20ème siècle. Hellenique Angerou, une étudiante diplômée en psychologie fait des recherches sur les subcultures, tout spécialement sur la culture rave. Elle partagea ses points de vue avec Nick Paul dans cette même interview du COSMOPOLITE.

   « Elle voit la rave comme une force spirituelle positive dans bon nombre de jeunes vies, et elle s’intéresse ‘au fait qu’elle combine l’archaïque, l’ancestral et les influences tribales avec la technologie et le cybermonde’. » Prêtez attention à la façon dont elle se penche sur l’aspect du battement. Elle pense que « la musique transe et le tambourinage prennent possession de l’impulsion du ça, et aussi dédaigneux et ésotérique que cela puisse sembler, il y a quelque chose de vraiment primaire et compulsif dans la façon dont les rythmes et les lumières captivent quelqu’un lors d’une rave. » (p. 76. Italiques ajoutés)

   Dans cette période de notre histoire, quelque chose de très important se met en place. Le spirituel, le moderne et le synthétique ont pris la relève et se sont donnés la main comme s’ils voulaient faire une poussée frénétique finale dans le nouvel âge du septième millénium. Personne ne connaît l’issue de cette nouvelle étape pour l’humanité. Tous ceux qui sont concernés semblent avoir leur propre agenda et essayent désespérément d’être aussi optimistes que possible. Pourtant, lorsqu’on regarde les visages tout autour de ce petit globe appelé planète terre, lorsqu’on regarde les nouvelles qui explosent dans les grands titres et dans les informations télévisées telles une sorte de cauchemar métaphysique, on ne peut faire autre chose que de se demander si les paroles exprimées par Nick Paul dans le COSMOPOLITE ne comportent pas plus qu’un simple brin de vérité :

   Il se peut que la rave soit vraiment la musique de la fin du monde… (p. 76)

   Ce n’est pas à la rave que se termine cette nouvelle attaque du royaume de la musique. En fait, c’est dans ces temples modernes du paganisme (cachés derrière la mode et la technologie), que le reste de la musique ‘à la vaudou’ continue de se dévoiler. Les chercheurs en informatique et la scène de la discothèque des années 90 ont à présent une nouvelle bombe puante pour polluer l’atmosphère déjà saturée de la culture ‘dance’.

   Le night-club virtuel est un tout nouveau produit lancé par les génies Islandais ‘Oz’ du domaine informatique, qui créent une ambiance de discothèque où rien n’est ce qu’il paraît. Les discos sont accessibles dans votre maison par ordinateur. Une fois que ce service sera connecté à Internet, vous pourrez directement parler à d’autres personnalités de discos (les videurs, les barmans, etc.). Il semble évident que dans cette nouvelle ère de technologie disco, les entreprises d’enregistrements auront un potentiel énorme pour promouvoir leurs produits sur la terre entière. Mais c’est pour les musiciens eux-mêmes que ce potentiel, provoqué par la nouvelle méthode d’Oz de créer la musique, contient les plus grandes implications.

   Le numéro du 11 février 1997 de BLA BLA magasine, nous apprend comment ‘Gudjon Mar Gudjosson’, âgé de 24 ans, et directeur de l’entreprise Oz, a développé une méthode pour enregistrer de la musique électronique en utilisant un ‘agent intelligent’ intégré qui permet à une piste de s’adapter elle-même à son environnement.

   « Le son est influencé par l’espace, » explique Gudjon. « L’information de ce qui se passe à l’extérieur est transmise à l’ordinateur, qui a pour rôle de créer une musique qui s’adapte en conséquence. Si de nombreuses personnes dansent et la discothèque est très animée, le tempo et le type de musique en donneront le reflet. Dans le futur, chaque musique répondra à son environnement. De même, nous n’aurons plus besoin de Disc-Jockey. »

   Chacun est libre d’imaginer la façon exacte dont les musiciens eux-mêmes implanteront et utiliseront cette façon révolutionnaire de créer de la musique. Une chose est suffisamment claire : l’industrie de la musique se tient prête, certes une fois de plus, pour une autre transition majeure. Le public, déjà saturé et surexposé à l’explosion d’informations de la fin du 20ème siècle, va à présent rechercher des innovations musicales. Des innovations parvenant à découvrir la méthode ultime qui, soutenue par la technologie, est à même de manipuler les sons et d’implanter de manière encore plus efficace les messages dans les recoins tendres et souples du cerveau humain. Comme si la pauvre race humaine n’avait pas encore été suffisamment désensibilisée. Que Jésus revienne vite pour mettre une fin à tout cela, afin que nous puissions tous rentrer à la maison pour un nouveau départ dans l’éternité.