1. Le langage de la musique

 

LE LANGAGE DE LA MUSIQUE

 

   Aucun sujet n’a su créer plus de controverse dans l’Eglise de Dieu que celui de la musique, en particulier dans le domaine de la louange et du culte. Pour de nombreuses personnes la musique n’est en elle-même, séparée des paroles, qu’un moyen d’expression fondamentalement neutre. La croyance est que l’auditeur peut subjectivement imposer une signification quelconque à l’expression musicale. Cela voudrait dire que la musique ne peut que vous rappeler des événements ou des atmosphères avec lesquels vous êtes familiers. Votre réaction à la musique serait uniquement fondée sur ce que vous avez déjà expérimenté dans le passé. Cela concernerait l’expérience de vie personnelle en rapport avec la culture et l’éducation. Ainsi il est supposé que le mode de musique apprécié pour un usage personnel ou le culte rendu à Dieu n’est qu’une question de goût, vu que l’expérience de chacun est différente. En un mot, cela veut dire que les critères musicaux, séculiers et religieux, peuvent uniquement être déterminés d’après la culture d’une personne. Ce qui suggérerait aussi que c’est l’homme, et non pas Dieu qui déterminerait les critères pour la musique et le culte. 

   Bien que les différents arguments, pour ou contre un style quelconque de musique ou de culte, aient été cités de part et d’autre des décennies durant, il ne semble toujours pas y avoir de solution bien tranchée. Est-ce ainsi parce que l’Ecriture est vraiment silencieuse concernant les principes clefs à ce sujet, ou l’Esprit de Prophétie serait-il vague ou dépassé dans ce domaine ? Les réponses doivent être trouvées ; elles sont là, pourvu que nous ouvrions nos yeux, et que nous apprenions à regarder en profondeur, au-delà de la surface de nos préférences personnelles. C’est ici la raison de notre recherche dans l’arène de la musique : comprendre en premier lieu la musique en tant que langage, pour ensuite construire notre argument, pierre par pierre, en une forteresse inébranlable basée sur des évidences historiques, bibliques, de l’Esprit de Prophétie et d’événements actuels.

   Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes. (1 Corinthiens 3 : 16, 17)

   Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul est clair concernant le principe du corps en tant que temple. A la base, tout vrai chrétien reconnaît qu’il y a en effet des choses qui peuvent causer du tort au temple qu’est le corps – le temple individuel ainsi que collectif. Les adventistes, en particulier, sont d’accord sur le fait que fumer, boire de l’alcool, prendre des drogues, manger certains aliments et regarder ou écouter des choses douteuses, peut avoir de sérieuses conséquences sur le temple humain de l’Esprit de Dieu. La question se pose : prenons-nous ce fait suffisamment au sérieux ? Reconnaissons-nous, tout spécialement dans le domaine de la musique, que nous pourrions bien sous-estimer sa relation avec le principe du corps en tant que temple ? C’est le moment de faire nos premiers pas pour clarifier le sujet, en détruisant le mythe que la musique est un moyen d’expression fondamentalement neutre.

 

La perspective ancienne

   Il n’y a rien de nouveau dans la compréhension de la musique en tant qu’influence puissante sur le psychisme humain. Les grands philosophes de l’époque ont fait des expériences avec la musique, et se sont intensément appliqués à observer son effet sur la société. Platon, par exemple, maintenait l’idée qu’il est possible de déterminer la condition spirituelle d’un individu en prenant simplement connaissance du type de musique qu’il écoute.

Aristote

   La musique imite directement les passions ou l’état de l’âme… Si quelqu’un écoute une musique imitant une certaine passion, il est imprégné de la même passion ; et s’il écoute pendant longtemps le genre de musique qui éveille des passions ignobles, son caractère entier sera dégradé en conséquence. (Aristote, 340 Av. JC., Les politiques)

Shu Ching

   Pour changer les manières des gens et altérer leurs habitudes, il n’y a rien de mieux que la musique. (Shu Ching, sixième siècle Av. JC.)

Boèce

   La musique fait partie de nous, soit elle élève, soit elle dégrade notre comportement. (Boèce, philosophe romain, 500 Ap. JC., De Institutione Musica)

Socrate

   La formation musicale est le plus puissant des savoir faire, car le rythme et l’harmonie se frayent un chemin vers les recoins cachés de l’âme, où ils s’enracinent profondément, donnant de la grâce et rendant  l’âme de celui qui est bien éduqué gracieuse, ou de celui qui est mal éduqué disgracieuse. (La république de Platon, p. 88)

Confucius

   Pour savoir si un peuple est bien gouverné, et si ses lois sont bonnes ou mauvaises, examinez la musique qu’il exerce. (Confucius, 500 Av. JC.)

Socrate

   Quand le genre de musique change, les lois fondamentales de l’état changent toujours avec elles. (Aristote, Les politiques, livre 8 section 5, p. 466)

   L’histoire nous apprend que la musique a toujours joué un rôle majeur dans l’établissement ou l’anéantissement des grandes cultures du monde. Lorsqu’une musique destructrice apparaît dans une civilisation, elle le fait d’une manière très soudaine. On croirait presque qu’elle entre en scène par une stratégie délibérée. Son influence sur la société est également soudaine, provoquant un changement rapide dans la philosophie, la politique, la morale et le style de vie. Il semblerait que non seulement la musique reflète l’état d’une civilisation, mais qu’elle la manipule et la dirige, pérennisant ainsi l’orientation populaire – soit bonne, soit mauvaise.

   La Grèce ancienne est l’exemple par excellence. La musique grecque commença à décliner durant l’ère de  Périclès (444-429 Av. JC.), alors que la civilisation et les arts du pays étaient à leur point culminant. Progressivement, la musique grecque fut inondée de piètres innovations et de modulations excessives, remplaçant ainsi les styles plus raffinés et mieux disciplinés. Peu de temps après ce revirement musical, une violente révolution physique et l’ultime ruine d’Athènes prirent place. C’est ainsi que le décrit Platon :

   « Dans leur folie, ils se sont trompés eux-mêmes, pensant qu’il n’y avait ni de bonne, ni de mauvaise musique – qu’elle devait être jugée bonne ou mauvaise d’après le plaisir qu’elle procurait. »

   Les styles élevés et disciplinés des mélodies étaient remplacés par des modes d’expression sans substance, à la recherche de quelque chose de nouveau ; la musique grecque devint banale et efféminée, et les gens s’y accommodèrent. L’homosexualité se déchaîna, et la nation, en tant que force militaire et forteresse culturelle, se mit à flétrir.

   On a remarqué que dans la grande majorité des cas, lorsque le mode de musique d’une civilisation devenait de plus en plus primitif et négligé, la civilisation elle-même versait dans le barbarisme, glissant ainsi vers le déclin pour finir par ne plus du tout être une civilisation. Les civilisations classiques qu’étaient la Chine et l’Inde ont décliné de concert avec le déclin de leur musique. (La plupart des informations contenues dans les paragraphes précédents peuvent être étudiées dans le livre, La puissance secrète de la musique, par David Tame, chapitre 5)

   En temps que société moderne, au début du 21ème siècle, avons-nous tiré des leçons de l’histoire des civilisations précédentes ? Avec toute notre technologie, et notre soi-disante sagesse, nous répétons une fois de plus l’histoire à chaque seconde et à chaque instant de chaque jour. Tout comme le disait avec raison Salomon : « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ». Les opinions philosophiques des anciens ne sont pas dépassées, uniformes et naïves. Elles furent solidement fondées sur une observation scrupuleuse et l’étude de l’histoire. Indépendamment des siècles et des civilisations, les grands esprits arrivèrent à la même conclusion : « la musique n’est pas un moyen neutre ». Même la Bible, se référant à l’expérience de David jouant de la musique pour calmer les nerfs du roi Saül, nous parle de la musique comme moyen d’altérer l’état psychologique de l’esprit. Cela remonte encore bien plus loin que les philosophes anciens cités plus haut. Considérez ces paroles surprenantes d’Ellen G. White, qui se réfèrent à la puissance de la musique :

   « Satan ne voit pas d’objection à la musique, s’il peut en faire un moyen d’accéder aux esprits de la jeunesse. » (Témoignages 1, p. 506) « Satan sait quels organes exciter pour agiter, absorber, et charmer l’esprit. » (Idem, p. 497) «  La pensée naturelle aspire au plaisir et à la gratification personnelle. » (Conseils aux parents, enseignants et étudiants, p. 325) Lorsque cela va dans son sens, Satan peut transmettre des sentiments enchanteurs aux hommes. (Idem, p. 27) Ellen White était parfaitement consciente que la musique est à même de créer une atmosphère soit pour la lumière, soit pour les ténèbres. Elle parlait de certaines musiques de son temps comme étant frivoles. Il est aisé de deviner sa réaction face à certaines musiques d’aujourd’hui. Elle dit d’un genre de musique, qu’ « au lieu d’inciter à la sainteté et à la spiritualité, il a été le moyen de détourner l’esprit de la vérité. » (Idem, p. 497) Lorsqu’elle parle de quelques unes des réactions que provoquent certains genres de musiques, elle utilise des termes tels que « engouement agréable » (Idem, p. 506), ou encore « dégrade l’imagination. » (Conseils aux parents, enseignants et étudiants, p. 339) Se référant encore à un certain genre de musique, elle écrit : « Il prépare les participants à des pensées et à des actions malsaines. » (Idem, p.339)

   Pour sûr, il peut être dit qu’ Ellen White était d’accord avec les grands esprits de l’époque concernant la musique et son pouvoir d’influencer l’organisme humain. La recherche moderne approuve-t-elle cela, ou ces opinions ont-elles été reléguées au domaine des « contes de vieilles femmes », vers le milieu du siècle dernier ? En fait, comme nous allons le voir, la science moderne et la médecine approuvent sans réserves les preuves du passé. Il faut dire qu’avec l’aide de la technologie et de la communication, la recherche moderne prouve sans l’ombre d’un doute que la musique n’est pas un moyen neutre, qu’elle a le pouvoir de changer l’état psychologique de l’esprit humain, et que son interprétation n’est pas limitée à la « tendance culturelle ».

 

Le niveau de fonctionnement sensoriel moteur

   La musique est entendue dans la partie du cerveau qui reçoit les stimuli des sensations, des émotions, et des sentiments. Elle contourne les centres cervicaux qui comprennent la raison et la prise de décision consciente. En d’autres termes, elle ne passe pas par le cerveau central, mais elle entre par le thalamus, qui est la station de relais pour les sensations, les émotions et les sentiments. Lorsque le stimulus atteint le thalamus, le cerveau central est automatiquement envahi. Si le stimulus persiste, le cerveau central est influencé de façon à réagir comme le stimulus le lui suggère. La raison est mise à terre, et la réponse au mécanisme influent devient automatique. Willem Van de Wall, le présente de cette façon :

   Beaucoup de ce que l’on nomme irrésistible  dans la musique, l’est parce que l’on réagit au niveau de fonctionnement sensoriel moteur. (New York Russell Sage Foundations, 1946, p. 15. Italiques ajoutés)

   La recherche médicale a montré que les nerfs de l’oreille disposent de connexions plus étendues que tous les autres nerfs du corps. La science nous a aussi révélé que la musique a un effet direct sur le rythme cardiaque, la pression du sang, le système nerveux, et les glandes du corps.

   L’ensemble des recherches scientifiques et médicales disponibles aujourd’hui est d’une valeur inestimable pour nous aider à comprendre les différentes fonctions de notre système, mais aussi l’effet profond de certaines influences extérieures sur notre réponse physique, mentale, et spirituelle.

   C’est pourquoi un certain genre de musique crée automatiquement une atmosphère spécifique, sans que la personne décide « maintenant, je décide de me sentir comme cela ». La musique souligne tant de formes de communications et presque tous les divertissements. Un film, par exemple, sans la musique pour créer une atmosphère, n’aurait jamais le même impact qu’un autre dont la musique fixe le ton et suggère l’ambiance de certaines scènes. Vous entendrez de la musique dans les magasins pour attirer d’éventuels clients, de la musique à la radio pour divertir des millions d’auditeurs, de la musique dans les publicités pour vendre des produits, et de la musique dans les maisons pour la relaxation, les fêtes, les divertissements et de nombreuses autres raisons.

   Le fait que la musique crée des atmosphères est reconnu par la plupart des personnes choisissant et écoutant de la musique, même occasionnellement. Une personne voulant créer une atmosphère Italienne dans son restaurant Italien ne choisira pas de la musique provenant du Congo. Deux amoureux partageant une soirée romantique ne choisiront certainement pas une marche militaire pour créer cette atmosphère spéciale. De même, serait-il efficace d’utiliser les doux accents des morceaux de Richard Clayderman pour inciter une foule de gens à la rébellion et à l’anarchie ? La réponse à ces questions va de soi.

 

L’étude de l’émotion humaine

   Au cours des dernières années, une évidence nouvelle et stupéfiante dans le domaine de la musique et des émotions humaines a été découverte. L’évidence est si profonde et pourtant si simple que le bon sens à lui tout seul devrait suffire pour la saisir. Le meilleur moyen de commencer cette étude est de poser de simples questions, puis d’y répondre logiquement. 

   Lorsque l’on dit non ! à un bébé de trois mois, alors qu’il essaye d’attraper quelque chose qu’il ne devrait pas, le bébé comprend-t-il d’abord le mot, non, (le langage utilisé), ou bien comprend-t-il le ton de la voix de la maman ? Bien sûr la réponse est assez simple. Les bébés comprennent d’abord le ton, avant de comprendre le langage parlé. Mais qu’y a-t-il dans le ton d’une personne pour que le bébé comprenne et réagisse correctement ? C’est le contenu émotionnel dans la voix. Cela ne s’applique pas seulement aux années de la petite enfance. Même dans l’âge adulte, notre langage n’a du sens que par nos différentes façons de nous exprimer.

   Si un homme, en Europe, voulait (sans tenir compte du langage ou de la culture), dire à sa femme, « Je t’aime », comment le dirait-il ? Hurlerait-il « Je t’aime ! » tout en espérant être pris au sérieux ? Pourquoi pas ? D’après la logique de certaines personnes, au moins pour ce qui concerne la musique, ce sont les paroles qui comptent. « Je t’aime », sont les mots parfaits pour communiquer l’émotion de l’amour, mais ils envoient un message contradictoire lorsque le ton de la voix ne s’accorde pas avec les paroles. En effet, il est possible de communiquer une expression d’amour, avec des sons vocaux, sans dire le moindre mot. (Je vous laisse le soin d’imaginer). 

   Par ailleurs, dans la culture tribale du cœur de l’Afrique une personne devant exprimer son amour, pourrait-elle transmettre le même message émotionnel, et obtenir la réponse appropriée en criant, « je t’aime ! » ??? Non, définitivement  non. Les émotions sont des facultés données par Dieu, implantées en l’homme depuis le commencement, et nous, l’humanité entière, races et cultures mélangées, avons hérité la même faculté de communiquer et de comprendre l’expression émotionnelle – dans la parole, et dans la musique. Après tout, ne sommes-nous pas tous descendants du couple originel de l’Eden ?

   Les implications de cette recherche sont incroyables lorsque vous les appliquez à la communication musicale. C’est ce qu’ont fait le docteur Manfred Clynes, chercheur mondial de renom sur l’émotion humaine (une étude appelée Sentics), ainsi que des musicologues de renom : leurs résultats sont étonnants.

   Chacun sait que la musique communique l’émotion, même s’il ne comprend qu’un iota de ce qu’elle signifie. En fait, la musique peut être le moyen le plus éloquent de communiquer l’émotion. Mais il y a certains aspects de la compréhension musicale que la plupart ne reconnaissent pas d’emblée, c’est ce qui me conduit à notre prochaine question.

   Quel est l’aspect de la musique qui parle le plus fort à l’organisme humain ? Sont-ce les paroles (parlées ou chantées), ou le ton et l’émotion réels de la musique elle-même ? Lorsqu’un groupe tel que les Rolling Stones donnent une représentation en direct en Russie, où la jeunesse ne parle quasiment pas l’anglais, qu’est-ce qui les affecte et parle le plus à leur être mental, physique et spirituel ? La musique ! Nul n’est besoin de demander un diplômé des grandes écoles pour trouver la réponse. C’est la raison pour laquelle il est si naïf de penser qu’aussi longtemps que les paroles sont bonnes, je donnerai le bon message. Une opinion telle que celle-ci ne peut qu’être fondée sur l’ignorance des faits réels. C’est la raison pour laquelle le premier guitariste du groupe de heavy métal Metallica’, pouvait dire : « Il est très difficile de chanter les fleurs et l’amour lorsque les batteries et les basses martèlent …» (Tiré d’un programme TV sur Pat Boone et le heavy metal). Même un musicien de heavy metal comprend la logique d’une communication appropriée sur le plan des paroles et celui de la musique. N’est-il pas triste que de nombreux chrétiens, tout particulièrement à la lumière du principe corps/temple, n’en aient pas la moindre idée ?

   Certains insistent en disant que dans certaines cultures, il n’est pas possible de louer Dieu de la même manière que les occidentaux. On affirme que leur réponse au langage de la musique est diamétralement opposée à celle de l’esprit occidental. Mais la culture ne conditionne pas le contenu émotionnel de la musique ; c’est notre statut d’être humain, créé à l’image de Dieu qui détermine aussi bien ce qui est émis que la réponse. Quelle que soit la culture, les principes de base de ‘musique/émotion’ sont les mêmes : ils se réfèrent aux expressions fondamentales par le volume sonore, la douceur, la vitesse, la lenteur et ainsi de suite. Mais quel est le rôle de la culture, dans ce cas ? Elle définit simplement la saveur qui peut accompagner le langage émotionnel réel de la musique elle-même. Laissez-moi tenter d’éclaircir ce point. 

   La musique est constituée de trois grandes catégories : la mélodie, l’harmonie et le rythme. C’est l’accentuation de l’un de ces trois éléments de la musique qui détermine la façon dont vous écoutez et réagissez. 

   Mélodie : Nous écoutons la mélodie avec la partie du cerveau qui s’occupe principalement de l’esthétique, l’émotionnel et le spirituel. (Spirituel, dans ce contexte, ne veut pas forcément dire religieux).

   Harmonie : Nous écoutons l’harmonie avec la partie intellectuelle de notre cerveau. La nature de l’harmonie est plus complexe que celle de la mélodie, car c’est la combinaison de la mélodie et du jeu harmonique qui produit cette facette de la communication musicale. La musique classique, par exemple, est un support plus intellectuel, tandis que le metal, le rock, le rap, la techno, la rave ou les rythmes ‘sensas’ de la jungle d’Afrique tomberaient dans la catégorie du rythme.

   Rythme : Nous répondons à cet aspect sur le plan physique. C’est pourquoi les gens dansent sur une musique qui met l’emphase sur le rythme.

   Rien de cela ne concerne la culture. En Afrique, on danse sur une musique contenant le même principe musical de pulsation que celui des dancings clubs, des raves et des discothèques en Europe, en Chine ou aux Etats-Unis. Tout autour de la planète, les gens dansent sur une musique qui met l’accent sur le rythme car, humainement, c’est sur le plan physique de notre fonctionnement que nous y réagissons. Il s’agit de pur bon sens.

   Contrairement à l’opinion populaire, les Africains de naissance n’utilisent pas que les tambours ou la musique rythmée dans leurs cultures. En effet, vous pouvez y trouver les composants de la composition musicale – la mélodie, l’harmonie et le rythme. Une mère qui veut endormir son enfant ne sort pas les tambours pour taper dessus. Elle chantera une belle petite berceuse africaine qui endormira tranquillement l’enfant. D’une façon primitive, elle saisit et comprend les principes de communication de l’émotion par la musique. La berceuse peut avoir une « saveur africaine » distincte, mais elle retiendra les principes de fluidité et de délicatesse convenant à l’émotion de cette occasion.

   Avez-vous remarqué comment les enfants se taquinent souvent les uns les autres d’une façon chantante ? Il est une série de notes très spéciale que les enfants utilisent lorsqu’ils font cela. (Sol, sol, mi, la, sol, mi…). Mais ce qui est vraiment surprenant, c’est que les enfants du monde entier utilisent cette même série de notes lorsqu’ils se taquinent ainsi. C’est la même sur chaque continent et dans chaque culture. Il est encore plus intéressant de remarquer que ces trois notes sont les premières à apparaître, dans cet ordre, dans la série des harmoniques. Ce qui montre que sur le plan naturel, nous ne sommes pas si différents.

   Lorsque le producteur d’Hollywood a adapté et enregistré sa musique pour un film, croyez-vous qu’il prépare une bande son différente pour chaque pays où il sera projeté ? Bien sûr que non, le producteur d’Hollywood sait qu’il obtiendra la même réponse d’amateurs de films en Ouganda, en Israël, en Chine, en Russie, au Brésil et en Allemagne, tout comme pour des audiences d’Angleterre, d’Afrique du Sud ou des Etats-Unis. Ce qui intéresse le producteur est l’atmosphère et la réponse émotionnelle qu’elle évoquera. Il sait par expérience que la musique qu’il choisit crée la même réponse tout autour du globe.

   Etant donné que la communication est ce qu’elle est aujourd’hui, il est possible de créer dans les foyers, par la radio, le compact disque ou la télévision, une atmosphère musicale qui aura un effet direct sur les facultés émotionnelles de ceux qui y sont exposés. Où que nous allions aujourd’hui, nous sommes exposés aux sons de la musique : dans les magasins, les restaurants, les cafés, les hôtels et les ascenseurs. Le subconscient de notre cerveau assimile et enregistre continuellement ces messages musicaux. Si nous remplissons l’esprit par ce qui est potentiellement destructif, nous en récolterons très certainement les tristes conséquences. En effet, une atmosphère musicale globale s’est installée de nos jours, de pair avec ce que nous offre le reste des médias, qui a eu pour conséquence la dépravation morale, spirituelle et mentale de notre monde. Ce qui était un péché hier devient une pratique acceptable aujourd’hui, même dans l’Eglise. Un processus de désensibilisation nous a tant endormi face à la réalité  de notre condition misérable, que les évidences de la science, du bon sens, de l’Esprit de Prophétie ou de la Bible ne sont plus à même de nous convaincre. Nous sommes devenus spirituellement misérables, pauvres, aveugles et nus, prêts à être vomis de la bouche de Dieu.

 

Plus d’évidence du côté de la recherche scientifique

   Depuis un quart de siècle les chercheurs ont suivi de près la façon dont notre cerveau réagit à certains stimuli, et comment il gère l’information reçue. Ils ont découvert que le cerveau commence à construire un mur tenace contre un excès d’informations et de stimuli de nature sensationnelle. Ils ont remarqué que ce mur intérieur se construit plus rapidement qu’aucun des autres changements progressifs ayant eu lieu depuis que l’homme existe. La nécessité qu’a le cerveau d’utiliser ce mécanisme de défense est une conséquence directe de l’excès d’informations auquel les gens, surtout ceux des cinquante dernières années, ont été exposés. Il semblerait que suite à un taux toujours croissant d’informations dramatiques, violentes et sensationnelles, le cerveau humain du 20ème s’est vu obligé de se recycler.

   Il y a 20 ans, les premiers signes firent surface, montrant que quelque chose d’unique prenait place dans le cerveau. Les chercheurs découvrirent un phénomène étrange alors qu’ils étudiaient le traitement des stimuli et des émotions des gens en Allemagne.

   Quatre mille personnes prirent part à une expérience biologique qui s’étendit sur deux années. Après l’expérience, il fut clairement établit que les « cobayes » humains ne pouvaient plus sentir et goûter comme avant. « Du côté de l’odorat et du goût, il y eut un changement radical », se souvient le psychologue Henner Ertel, de Munich. « Le cerveau avait développé une limite d’acceptation des stimuli, au-delà de laquelle il refusait de traiter aucun nouveau stimulant. » (PM. Magazine. nov. 93. p. 14-20)

   Avant, n’importe quel stimulus était accepté sans hésitation, mais après ces expériences intensives le portrait commença à changer de façon dramatique. Il fut remarqué que notre sensibilité aux stimuli se réduit d’environ 1% par an. Les stimuli plus fins sont filtrés hors de notre état conscient, laissant plus de place pour recevoir et accepter les sensations plus rudes, connues comme « stimuli très forts ». Avec chacune des générations, on a perdu en capacité de traiter et d’accepter les genres de stimuli plus sensibles et plus raffinés.

   Lorsque l’on montrait aux adultes (parents des années 80 et 90), des vidéos montrant des gens coupés en morceaux devant la caméra, ils manifestaient de la compassion et du dégoût. La plupart d’entre eux refusaient même de regarder le scénario jusqu’au bout. Mais on ne trouva pas la même réaction chez les générations plus jeunes. Ils regardaient sans émotion, et s’intéressaient plutôt au spectacle pour savoir si le contenu du film était captivant. Si c’était le cas, ils continuaient à regarder, sinon, ils arrêtaient le film 

   « Le comité de psychologie rationnelle », qui suivit cette étude, découvrit une sorte d’écart de générations, qui se manifesta entre les groupes. Quiconque est né avant 1949 dispose apparemment encore du « vieux cerveau ». Quiconque est né entre 1949 et 1969 a une version modifiée du « vieux cerveau ». Seuls ceux qui sont nés après 1969 possèdent ce que l’on appelle « le nouveau cerveau ».

   Le nouveau cerveau, contrairement à aucun des autres, peut réagir dans un état de « dissonance - toujours prêt ». Par le terme dissonance nous comprenons qu’il y un trouble dans un processus normalement harmonieux. « Les jeunes », nous dit Henner Ertel, « ont grandit avec les contradictions et peuvent les gérer. » Dans le passé, cette capacité/incapacité aurait été nommée « consciences multiples ». Aujourd’hui, cela est considéré comme normal. (PM. Magazine. nov.93. p. 14-20)

   Tout cela nous suggère une société montante dont les esprits deviennent de plus en plus résistants au bizarre, au violent, au sensationnel et aux messages toujours plus durs dont ils sont bombardés chaque jour. Ce qui est triste, c’est que leurs esprits deviennent de moins en moins sensibles aux messages plus simples et plus purs qui leurs sont envoyés. Il est estimé qu’au cours du siècle à venir, la capacité de l’esprit à différencier avec succès entre le bien et le mal sera quasiment nulle.

   Quelle aurait été la réaction en 1956, si une bande telle que ‘Guns ‘n Roses’ s’était déchaînée en public, au lieu de Elvis Presley ? Bien sûr la réaction envers Elvis et ses contemporains était de toute façon très forte dans ces années-là. Mais s’il s’était agit de quelque chose du genre ‘Guns ‘n Roses’, soyez assurés que mêmes les rebelles des années cinquante n’auraient su que faire de leur musique. Aujourd’hui, Elvis n’est quasiment plus bon qu’à être écouté en maternelle. Sans parler de la pornographie,  partielle ou totale, utilisée dans la publicité d’aujourd’hui. Si vous aviez conduit sur une nationale dans les années cinquante, et vu un panneau d’affichage arborant une femme nue ou à moitié nue vendant des téléphones portables ou des batteries automobiles (manifestement, le rapport entre les téléphones portables et la femme nue ne semble pas échapper au fabricant ou à l’agence de publicités), il y  aurait eu un tollé immédiat. Maintenant, dans le 21ème siècle ‘des lumières’, c’est une pratique courante, et dans la plupart des cas, recommandée.

   Les choses qui auraient choqué les gens il y a trente, quarante ou cinquante ans n’ont aujourd’hui plus d’effet sur ce qui s’est fait connaître comme la ‘génération X’. Ce qui était bien est devenu mal et ce qui était mal est devenu bien. Un revirement complet des valeurs a pris place, avec pour conséquence la désintégration de l’unité familiale, tout comme celle de la « famille qu’est l’Eglise ». Que faisons-nous pour résoudre le problème ? Nous faisons souvent ce que nous ne devrions pas faire – nous suivons les critères que le monde a posés.

   Satan n’a pas dormi durant le 20ème siècle. Tout spécialement à cette époque d’information à outrance et de technologie moderne,  il a utilisé en expert les inventions dont il disposait. S’il est une chose qu’il désire plus que tout, c’est de fausser la conscience des gens au point qu’ils ne soient plus à même de faire correctement la différence entre le bien et le mal. Il n’est pas possible de sous estimer le rôle de la musique comme moyen de désensibilisation et de conditionnement de la société moderne. Il n’y a rien de nouveau dans le concept de la musique en tant que puissance capable d’ajuster et de diriger l’état d’esprit collectif d’un groupe de personnes.

   Comment pourrions-nous attendre d’une génération entière, influencée par la musique et les médias, ayant perdu la capacité de distinguer clairement entre le bien et le mal (et nous avons tous été affectés), de prendre des décisions saines et rationnelles concernant les méthodes d’évangélisation et le contenu musical de nos cultes ? C’est humainement impossible. Le guide fiable ne sera ni nos sentiments, ni nos préférences personnelles. Notre guide doit être la lumière que Dieu nous a donnée dans sa Parole et dans son témoignage prophétique, pour nous qui sommes son peuple de la fin des temps. En plus de cela, il nous faut les directives du Saint-Esprit, vivant et demeurant dans le ‘corps/temple’, de façon individuelle et collective. Quel que soit l’autre chemin, il nous mènera sur la route du salut par nos propres œuvres, un salut obtenu uniquement par la sagesse humaine, étranger aux choses de l’Esprit de Dieu. Ce ne sera qu’en laissant Dieu équilibrer nos vies que nous pourrons à nouveau l’adorer par l’Esprit, mais aussi par l’intelligence.

   Un autre domaine dans lequel la musique a été utilisée comme traitement symptomatique et comme moyen de guérison à long terme est le domaine des patients schizophrènes et mentalement handicapés. Le neurologue Dr. Oliviers Sacks, décrit un de ses patients, victime de crises récurrentes caractérisées par une excitation intense et des mouvements incontrôlables, sous traitement :

   Le meilleur traitement de ses crises était de loin la musique, dont les effets étaient presque étranges. D’un instant à l’autre madame D. passait d’un état compressé, tendu et bloqué, une sorte de bombe humaine, à un autre état où ces phénomènes obstructifs et explosifs avaient disparu pour être remplacés par une aise merveilleuse et des mouvements fluides. Madame D. était soudainement libérée de ses automatismes, ‘dirigeant’ la musique avec le sourire, ou se levant pour danser. (Olivier Sacks, Réveils, édition révisée, Londres, 1981)

   De plus, dans son livre « Les sons qui guérissent », Jonathan Goldman se réfère à des recherches faites par le Dr Diamond sur l’effet fortifiant ou affaiblissant de la musique comme méthode de guérison :

   Le Dr. Diamond a passé de nombreuses années à démontrer que non seulement certaines substances sont à même de nous rendre forts ou faibles, mais que la musique a le même pouvoir. (p.18)

   La question de savoir si la musique est ou n’est pas capable d’influencer, comme  nous venons de l’observer, n’a pas seulement été une étude réservée à certains scientifiques, neurologues, ou philosophes des temps anciens. Si tel avait été le cas, on pourrait être tenté de croire que cela aurait été concocté de façon théorique par des esprits trop zélés, ayant peut-être même des préjugés, ou tendant à tordre les faits pour les adapter à leurs vues particulières. Par souci de clarté absolue, je pense que si l’on cherche la vérité dans un certain domaine, il est préférable de questionner tout d’abord ceux qui ont une expérience pratique. En ce qui concerne la musique, ces derniers ont non seulement pu observer, mais aussi expérimenter, en tant que créateurs, interprètes, et surtout philosophes. En étudiant ces informations fiables, vous découvrirez que dans la large étendue des styles musicaux qui va du rock au classique, les musiciens témoignent de l’étonnante puissance de ce moyen d’expression impalpable que nous nommons musique. Penchons-nous donc sur quelques citations de source sûre.

   Jimi Hendrix, le héros de guitare, auteur du célèbre chant curieusement intitulé, ‘Enfant Vaudou’, révèle la force de la musique comme moyen d’établir une atmosphère spirituelle et endoctriner les esprits :

   Nous produisons une musique d’église électrique – une nouvelle sorte de bible, pas celle d’un hôtel, mais une bible que l’on porte dans son cœur et qui donne une sensation physique. Nous essayons de rendre notre musique si grossière, si dure, qu’elle frappe assez  fort pour ouvrir votre âme. C’est comme une thérapie de choc, ou un ouvre-boîte. Le rock se base techniquement sur le blues… Nous voulons leur faire comprendre que notre musique est aussi spirituelle que d’aller à l’église. (David Henderson, ‘Excuse-moi pendant que j’embrasse le ciel’, livres Bantam, p. 9 et 10)

   Si cela devait passer pour une opinion d’une star de rock psychédélique sous l’effet de la drogue, nous ferions bien d’écouter les paroles d’un des maîtres du classique faisant la connexion spirituelle avec la musique. Avec les mots de Claude Levi Strauss :

   Etant donné que la musique est le seul langage ayant les attributs contradictoires d’être à la fois intelligible et impossible à traduire, le créateur de musique est un être comparable aux dieux, et la musique en elle-même, le mystère suprême de la science de l’homme. (Olivier Sacks, Réveils, édition révisée, Londres, 1981, p. 56 et 57)

   Les implications spirituelles de ces citations sont plus que claires. Et ce n’est qu’en ayant expérimenté la musique, au-delà de l’écoute occasionnelle, qu’il vous est possible d’apprécier la profondeur incroyable de l’influence qui peut s’exercer par l’emploi de ce moyen puissant, et pourtant subtile. Je n’irais pas jusqu’à comparer un musicien à ‘un être comparable aux dieux’, mais je soulignerais pour sûr que quiconque doute de l’influence persuasive de la musique ne le fait que par ignorance ou par obstination.

   Si vous avez passé du temps dans le domaine privé de votre propre chambre, et dans les limites moins restrictives de votre esprit, écoutant intensément votre musique favorite et laissant l’atmosphère du son vous transporter dans un voyage de votre propre imagination, alors vous connaissez de première main la force liquide du pouvoir de transformation subtil de la musique.

   Dans ma propre expérience, en tant qu’auditeur, compositeur, interprète et observateur critique, j’ai personnellement été témoin de la façon dont la musique peut prendre possession de l’humeur de ceux qui y sont exposés, et littéralement la transformer. J’ai eu l’opportunité d’expérimenter différents modes de musique alors que j’exerçais, et j’ai été témoin de l’effet qu’ils ont sur les auditeurs. J’ai joué devant des publics variés, dans différents pays et diverses cultures, et j’ai vu que la musique provoque les mêmes réponses sur tous ceux qui écoutent les différentes atmosphères sonores qui leur sont offertes. Bien sûr, plus le volume de la musique est élevé, plus il est à même de renverser les barrières et de s’incruster dans le psychisme de l’auditeur. Cette recherche à propos de la musique serait incomplète si je n’abordais pas cette importante facette, spécialement lorsque je me réfère au contexte de la musique moderne populaire.

 

L’oreille

   Je ne pense pas prendre de risque en disant que la plupart des gens ne réalisent pas suffisamment à quel point le système auditif dans son ensemble est sensible. Ce système est constitué de deux oreilles ; elles ne sont bien sûr que les appendices visibles. Il y a également différents centres dans l’ensemble cervical, le noyau du thalamus, les parties du lobe temporal du cortex et différents passages de liaisons neuroniques. Lorsque la science se réfère à l’oreille, elle se réfère non seulement aux deux articles en forme de poignées fixées de part et d’autre de votre tête, mais à tout l’organe auditif dont l’essentiel se trouve à l’arrière du crâne.

SCHEMA

   L’oreille est globalement constituée de trois parties principales. L’oreille externe se compose du pavillon et du conduit auditif. Il y a ensuite l’oreille moyenne qui consiste en un tympan et un ensemble de trois os nommés marteau, enclume et étrier. Ces structures de l’oreille moyenne agissent comme une sorte de système d’amplification de la pression de l’air, mettant ensuite les fluides denses de l’oreille interne en mouvement. La partie intérieure, ou cochlée, est un tube hélicoïdal osseux, qui est divisé longitudinalement en trois sections pleines de fluide par deux membranes. L’une d’entre elle, la membrane basilaire, est le support des récepteurs auditifs (cellules pilleuses). Sur ces cellules, il y a des structures pilleuses (cils), qui s’étendent directement dans le fluide. Le mécanisme nommé étrier, dans l’oreille moyenne, presse sur le fluide de la cochlée dans une cavité nommée vestibule. Le mouvement des cils sur les cellules pilleuses provoque une flexion qui produit ensuite une réaction électrique dans les cellules pilleuses. Les neurones connectés par synapse aux cellules pilleuses ont de longs axones formant une partie du nerf auditif. Dans le nerf auditif, il y a 31 000 neurones auditifs, dont la plupart innervent une seule cellule pilleuse ; quelques-unes d’entre elles bougent avec la membrane basilaire et innervent environ dix cellules extérieures. Le signal de chaque oreille se dirige vers les deux côtés du cerveau, et atteint finalement le cortex auditif.

   Peut-être vous demandez-vous : Pourquoi est-il nécessaire de se plonger dans tout ce jargon compliqué concernant l’oreille et ses différents mécanismes ? La réponse est assez simple. En voyant les différentes illustrations qui s’y réfèrent, et en étant informé du fonctionnement de cet organe étonnant créé par Dieu, vous commencez à comprendre la complexité et la sensibilité de cet organe fragile et très important. Un organe, dont les connexions nerveuses sont plus étendues que celles d’aucun autre, et qui devrait être traité avec respect tout comme le reste du corps/temple devrait l’être.

   Nous sommes plus sensibles à des sons de fréquence intermédiaire. Nous sommes moins sensibles aux sons qui se trouvent aux extrémités de notre bande de fréquences, bien que cela puisse varier d’un individu à l’autre. Il existe différentes fréquences en rapport avec la limite des sons audibles, ainsi qu’avec celle de la douleur. La perte de l’ouïe a généralement lieu à de hautes fréquences. Sa conséquence est normalement une dégradation de l’oreille interne, et souvent, la destruction totale des cellules pilleuses (cela équivaut à une dégradation de l’ouïe). Le pire, c’est qu’une fois détruites, ces cellules pilleuses ne se régénèrent pas. Chez les personnes âgées, cette perte se fait souvent naturellement. Chez les jeunes, elle a normalement lieu suite à une exposition exagérée à un fort volume sonore. Si vous vous exposez longtemps à des volumes sonores de 90 décibels ou plus, vous risquez une perte permanente de l’ouïe permanente. Des coups de revolvers, le bruit d’un avion, le décapage à la sableuse, les marteaux piqueurs ou le volume de concerts rock en direct, sont des niveaux de fréquences qui coïncident avec la catégorie à haut risque. Mentionnons le fait qu’écouter de la musique très forte dans un casque représente le même danger pour le système auditif.

 

Laboratoires de micro musique

   Je voudrais également révéler une partie des recherches de qualité faites par Peter Hübner dans son laboratoire de micro musique. Son travail est internationalement reconnu par les scientifiques, les musicologues, les docteurs, les philosophes et de nombreux autres professionnels appelés à l’étude de la musique et du son, et de la façon dont ils affectent l’organisme humain. Aujourd’hui, l’étude dans ce domaine s’est extrêmement perfectionnée. Grâce à la technologie moderne des laboratoires de micro musique, on est capable de filtrer des timbres indépendants, ou des parties du son, comme celui d’un gazouillis d’oiseau, puis d’analyser ces différentes harmoniques formant le timbre. Si ces timbres séparés sont analysés et amplifiés, on peut y distinguer un nombre sans fin de mouvements inter reliés. Concernant cette recherche, Peter Hübner dit :

   Ainsi, dans la structure complexe des mondes intérieurs d’un simple timbre, ou son, nous trouvons un grand nombre de relations ‘sociales’ entre les timbres nombreux et subtils… Ce n’est que par cette vie intérieure de timbres et de sons qu’il est sensé de parler de « musique »… Même dans un simple timbre de gazouillis d’oiseau, on peut découvrir un énorme concert d’oiseaux. Et dans le son unique d’une voix humaine, on peut entendre, si l’on y tend l’oreille, d’énormes chorales, pleines de sons et de chants qui lui sont propres.

   Mais les facultés naturelles de notre « oreille musicale » sont assourdies et paralysées par les crises écologiques en grands nombres. Ces dernières se retrouvent aussi tout spécialement dans la musique. (Peter Hübner, ‘Les lois naturelles de l’harmonie dans le microcosme de la musique’  tiré de conférences données à la faculté de médecine de l’université de Heidelberg et des universités de Magdeburg, ainsi que d’extraits de discussions. Edition AAR 1996 p. 13. Italiques ajoutés)

   A la page 11 du même article, Peter fait allusion aux types de vibrations musicales auxquelles nous sommes  exposés aujourd’hui, et comment elles nous ont éloignés des lois harmonieuses de la nature :

   A l’époque actuelle de crise écologique, la connaissance naturelle concernant l’harmonie de la vie est perdue de vue. C’est pourquoi nous ne devons pas être surpris du fait que le genre musical actuel crée aussi des tensions mentales, des sentiments superficiels et des sensations corporelles : que ce soit dans l’avant-garde par des techniques de composition intellectuelle, ou dans la scène du beat-and-pop, où les enfants mécontents, issus de cette époque de destruction écologique du monde, soupirent après cette harmonie perdue de la vie et de la musique.

   Professeur I. Prigogine, qui est le directeur de l’institut international de physique et de chimie à l’université de Bruxelles, reconnu comme l’un des plus grands penseurs scientifiques de nos temps modernes, approuve clairement les conclusions de Peter Hübner :

   Je considère l’influence de la musique sur l’activité du cerveau comme un problème très grave de notre société moderne, dans laquelle les jeunes présentent souvent une préférence pour la musique sauvage telle que la musique rock.

   Cela nous conduit à d’intéressantes investigations telles que l’influence de la musique sur les ondes cérébrales. Elles sont en rapport avec des études ayant lieu dans différents pays sur la pollution par le bruit. Il est même probable que la musique ait un grand effet thérapeutique, tout comme l’a suggéré Peter Hübner. Pour toutes ces raisons, j’estime que les études de Peter Hübner sont valables et méritent d’être promues. (Experts international sur l’oeuvre du compositeur classique et musicologue Peter Hübner. Publié par les éditions AAR, Rainsborn 1, 34295 Allemagne, 1995)

   Comment se fait-il que ces experts semblent toujours examiner la musique en rapport avec le pop et le rock moderne ? Soyez patients et ouverts d’esprit, lorsque nous répondrons à cette question, ainsi qu’à d’autres, au cours de cette étude.

   Ces sentiments à propos des recherches de Peter Hübner ne sont pas partagés uniquement par quelques chercheurs isolés. La liste suivante en rendra témoignage :

   • Compositeurs: Bernard Alios Zimmerman, Herbert Eimert, Noam Sheriff.

   • Chefs d’orchestres et musiciens: Herbert Von Karajan, Jesus Lopes Cobos, Zubin Metha, Hans Vonk, Vladmir Ashkenazy, Shalom Ronly Riklis, Mstislav Rostropovich, Dr. Rothenberg.

   • Scientifiques: Prof. I. Prigogine, Prof. G. Hildebrandt, Prof. Paul J. Rosch, Prof. Hans Schadewaldt, Dr. Helmut Schmidt, Dr. Lazaroff, Dr. S Korotkow.

   • Thérapeutes : Prof. Reuven Feuerstein, Dr. Larry Dossey, Gertrud Orff.

   La liste est encore bien plus longue, et tous ces gens sont des professionnels célèbres dans leurs domaines respectifs.

   Comme nous l’avons vu, il existe trois catégories dans la musique, qui font appel à trois facettes principales de la nature humaine : mélodie/spirituel, harmonie/intellectuel, rythme/physique. Comme pour toutes choses dans la vie, il faut trouver un équilibre. Il y a un temps et un lieu appropriés à différentes réponses émotionnelles. La logique et la science suggèrent sans ambages que l’interprétation culturelle et subjective des qualités émotionnelles de la musique ne tient pas debout face à une étude plus minutieuse.

   Dieu nous a donné à tous de merveilleux organes pouvant être utilisés pour le bien des autres ainsi que pour le nôtre. Toutes ces structures si complexes et si soignées font parties du corps/temple qui appartient au Créateur même, ayant été acheté et payé par le précieux sang de Jésus. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple du Saint-Esprit qui est en vous, et que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. » (1 Corinthiens. 6 : 19, 20)