Vol.5 - Septembre 2009

 

  

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« Tant que la terre subsistera, les semailles et la moisson, le froid et la chaleur, l’été et l’hiver le jour et la nuit ne cesseront pas. » Genèse 8 : 22


Table des matières

Editorial

Etude Biblique – La justification par la foi

Qu’est-ce que le péché ? Dennis Priebe

Poème

Christ est-il un être créé ? par E.J. Waggoner

Sur leurs traces

Être enseigné…. ,par Ellen G. White (Education de l’enfant)

Histoire pour les enfants

Coin Santé


Editorial 

« Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche. … De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le royaume de Dieu est proche. ... Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » Luc 21 : 28, 31, 33.

   Chers amis,

   De tous côtés nous entendons parler d’événements qui se rapprochent de nous : la crise économique, la grippe A, le frémissement des nations se préparant pour la guerre, le chao, les désastres ‘naturels’. Ceux qui nous entourent en parlent, nos voisins, nos amis, les gens que nous rencontrons au travail ou dans la rue réalisent que des choses se passent, que le monde est sens dessus dessous. Mais, en tant que peuple de Dieu, nous sentons-nous concernés par ces événements ? Comment réagissons-nous ? Restons-nous insensibles ou bien sommes-nous effrayés, paralysés par la peur de l’avenir ? La Parole de Dieu nous dévoile, au travers des prophéties et des paroles de Jésus ce qui va se passer, et Lui-même nous a donné de précieuses promesses pour traverser ces temps : « Redressez-vous, levez vos têtes, votre délivrance approche. » « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Chaque jour nous rapproche du jour où nous pourrons voir notre Sauveur face à face. La fin de toutes choses est proche. N’est-ce pas merveilleux ? N’est-ce pas une bonne nouvelle ? Jésus est avec nous, Il a promis la victoire finale de son peuple face à l’adversaire. Oh, mes amis, puisse le Seigneur nous trouver fidèles, travaillant pour Lui et ayant des caractères justes devant Lui. C’est notre prière pour chacun de vous.

   Merci de tout cœur pour vos lettres, vos paroles d’encouragement, votre soutien, tout cela est très important pour nous et vous ne pouvez vous imaginer combien nous sommes heureux d’être en relation avec vous, au travers des lettres, des téléphones et des courriers électroniques. Puisse le Seigneur vous bénir abondamment.

   Nous espérons que ce numéro de l’Etoile du Matin vous encouragera et vous fera du bien. Vous y retrouverez les rubriques habituelles, ainsi que la suite de l’article de Dennis Priebe du dernier magazine. Il s’agit d’un sujet important et nous croyons avec assurance que sa lecture vous éclairera.

   Que le Seigneur soit à vos côtés durant les prochaines semaines, et soyez assurés de notre affection fraternelle en Jésus,

Fraternellement, Elisabeth et Marc.


La justification par la foi

1) Selon quel principe Dieu justifie-t-il l’homme ?

Romains 3 : 24 Ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. (voir aussi le verset 26)

2) Par quel moyen cette grâce justifiante est-elle rendue efficace pour le pécheur ?

Romains 5 : 9 A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang [celui de Christ], serons-nous sauvés par lui de la colère.

3) Comment l’homme s’approprie-t-il la justification que Dieu lui offre ?

Romains 3 : 28 Car nous pensons que l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi.

4) Quel est le seul moyen par lequel les pécheurs peuvent être justifiés, c’est-à-dire rendus juste ?

Galates 2 : 16 Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi.

5) Par quel exemple concret le sens de cette doctrine est-il mis en lumière ?

Genèse 15 : 5, 6 Et, après l’avoir conduit dehors [Abram], il dit : regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit : telle sera ta postérité. Abram eut confiance en l’Eternel, qui le lui imputa à justice.

6) Comment la justice ainsi obtenue est-elle décrite ?

Philippiens 3 : 8, 9 Et même je regarde toutes choses comme une perte, … afin de gagner Christ, et d’être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi.

7) En est-il ainsi pour tous les hommes, Juifs ou païens ?

Rom 3 : 29, 30 Ou bien Dieu est-il seulement le Dieu des Juifs ? ne l’est-il pas aussi des païens ? Oui, il l’est aussi des païens, puisqu’il y a un seul Dieu, qui justifiera par la foi les circoncis, et par la foi les incirconcis.

8) Qu’est-ce qu’Abraham obtint en réponse à sa foi ?

Romains 4 : 22 Sa foi lui fut imputée à justice. (Crampon)

9) Comment cette même justice peut-elle nous être imputée ?

Romains 4 : 23, 24 Mais ce n’est pas à cause de lui seul qu’il est écrit que cela lui fut imputé ; c’est encore à cause de nous, à qui cela sera imputé, à nous qui croyons en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur.

10) Pourquoi la foi justifiante doit-elle reposer en même temps sur la mort et sur la résurrection du Christ ?

Romains 4 : 25 Lequel a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification.

Note : La résurrection du Christ est tout aussi importante que sa mort pour la réalisation du plan du salut. Sa résurrection garantit celle de tous ceux qui croient en lui et qui redeviennent ainsi de véritables enfants d’Abraham. Voir Galates 3 : 16, 29.

11) Qu’est-ce qui est inséparable de la justification par la foi ?

Actes 13 : 38, 39 Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse.

12) Comment le Christ a-t-Il rendu possible l’imputation de la justice au croyant ?

Romains 5 : 19 Car, comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes.

13) De quoi ne peut-on pas se prévaloir pour obtenir la justification ?

Romains 3 : 20 Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi ; puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché.

14) Comment la mort du Christ confirme-t-elle cette vérité ?

Galates 2 : 21 Je ne rejette pas la grâce de Dieu ; car si la justice s’obtient par la loi, Christ est donc mort en vain.

15) Qu’arrive-t-il à quiconque cherche la justification dans les œuvres de la loi ?

Galates 5 : 4 Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce.

16) Qu’est-ce que la loi révèle ?

Romains 3 : 20  C’est par la loi que vient la connaissance du péché.

17) Qu’est-ce qui rend témoignage à l’authenticité de la justice obtenue par la foi, sans les œuvres de la loi ?

Romains 3 : 21 Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes.

18) La foi supplante-t-elle la loi de Dieu ?

Romains 3 : 31 Anéantissons-nous donc la loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la loi.

19) Où l’Écriture déclare-t-elle que la justice reçue par grâce au moyen de la foi ne permet pas de continuer à vivre dans le péché ?

Romains 6 : 1, 2 Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Loin de là ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ?

20) La foi dispense-t-elle des œuvres ?

Jacques 2 : 20 Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile ?

21) Quelle est la preuve d’une foi véritable et vivante ?

Jacques 2 : 18 Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres.

22) Quelles sont donc les preuves visibles de la vraie justification par la foi ?

Jacques 2 : 22 Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres [Abraham], et que par les œuvres la foi fut rendue parfaite. (voir aussi verset 24)

23) A quelle déchéance le Sauveur a-t-Il consenti par amour pour nous ?

2 Corinthiens 5 : 21 Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.

 

 Qu’est-ce que le péché ?

Dennis E. Priebe

   La justification par la foi est probablement le sujet le plus important de tous les sujets bibliques, et se trouve à la base même de toute discussion quant à savoir comment les hommes et les femmes sont sauvés. Mais qu’est-ce que la justification par la foi, et comment se positionne-t-elle face à l’évangile ? Nous avons eu beaucoup de controverses au cœur de l’Église Adventiste du 7ème Jour  à ce sujet. Il est hautement significatif que pour débattre sérieusement de ces sujets nous sommes ramenés à celui qui semble être à la base de tous les autres : la définition du péché.

   Qu’est-ce que le péché ? Pourquoi nous soucions-nous d’un sujet qui semble aussi négatif ? Simplement parce que les conclusions auxquelles nous arrivons au sujet de la justification par la foi dépendent de la définition que nous donnons du péché. Pourquoi l’homme est-il coupable ? Pour quelle raison Dieu condamne-t-il l’homme ? Pourquoi Dieu dit-il que l’homme doit mourir dans les flammes de l’enfer ? Ce que nous décidons au sujet du péché affectera toute autre décision prise quant à la nature de la justification par la foi.

   Peut-être avons-nous pensé savoir ce qu’est le péché. Peut-être sera-t-il profitable de nous pencher une fois de plus sur nos suppositions, et de décider du véritable sens que nous lui donnons lorsque nous disons le mot péché. Nous savons tous que nous avons péché, mais comment ? Comme nous l’avons dit plus haut, lorsque nous allons voir un médecin, il doit découvrir ce qui ne va pas avant de pouvoir donner une ordonnance valable. Exactement de la même façon, il nous faut savoir exactement ce qui ne va pas dans nos vies avant que Jésus puisse nous sauver de notre problème, – notre péché. Il nous faut connaître la nature de la maladie à laquelle le remède sera appliqué.

   Alors revenons en arrière, et intéressons-nous au péché qui fut à l’origine des ennuis que nous avons eu dans ce monde. Nous savons que Adam choisit volontairement le péché. Nous savons qu’il fut reconnu coupable à cause de son choix. Mais qu’en est-il de nous ? Sommes-nous coupables à cause du péché d’Adam, parce que nous sommes nés descendant d’Adam ? Sommes-nous coupables parce que nous avons hérité de lui une nature déchue ? Ou bien sommes-nous coupables parce que nous choisissons de répéter le péché d’Adam ?

   Ainsi, nous sommes une fois de plus confrontés à la question de la nature du péché. Qu’est-ce que l’évangile doit pardonner et guérir ? Voici la question de base qui doit être résolue : Quelle est la nature du péché pour qu’une personne soit considérée comme coupable, au point qu’elle mourra dans les flammes de l’enfer à moins d’obtenir le pardon de Dieu ? Quelle est la nature de ce péché ?

Le Péché en tant que Nature

   A présent, il nous faut commencer avec des définitions précises. De nombreuses définitions du péché ont été avancées au fil des siècles.

   Un groupe de personnes dit que notre culpabilité est le résultat inévitable de quelque chose appelé péché originel. D’après ce raisonnement, le péché originel ne signifie pas qu’Adam ait choisi de pécher, mais qu’il s’agit de l’état dans lequel nous naissons à cause du péché d’Adam. Le résultat, ou la conséquence du péché d’Adam est que nous naissons pécheurs. Bien que le terme péché originel ait été utilisé par de nombreux théologiens, il nous faut peut-être nous éloigner de ce terme en tant que tel, et parler des questions qu’il soulève. Il arrive que les termes théologiques tendent à obscurcir, plutôt qu’à clarifier. Que signifie réellement ce terme ?

   Le péché originel peut être défini de différentes manières. Certains disent que nous sommes coupables parce que nous avons hérité le péché d’Adam. Certains disent que nous sommes coupables, non parce que nous avons hérité la culpabilité, mais parce que nous sommes nés comme fils et filles d’Adam, et que la culpabilité nous est ainsi imputée suite à notre naissance dans une race déchue. C’est ainsi que la culpabilité nous est imputée.

   Une autre variation dit que nous ne sommes coupables ni parce que nous avons hérité le péché, ni parce que la culpabilité nous est imputée, mais parce que nous sommes nés dans un état de séparation. Nous naissons séparés de Dieu. Nous sommes nés éloignés de Dieu, et cette séparation est notre culpabilité. C’est de cet éloignement que nous sommes coupables. Certains disent que nous ne sommes pas personnellement coupables, mais que nous naissons coupables en tant que membres d’une race déchue.

   Mais un dénominateur commun à toutes ces vues est que nous sommes coupables, ou condamnés, parce que nous naissons dans la famille humaine. Ainsi, quelle que soit la manière dont nous l’expliquons par ces différentes vues, ce qui est dit est que la culpabilité, ou condamnation, est héritée par nature. Notre nature déchue est notre culpabilité.

   Cependant, on dit même plus – on dit que nous avons deux sortes de péché dans nos vies : (1) Nous sommes coupables étant donné notre naissance dans cette race, et (2) nous sommes également coupables à cause de nos propres péchés, nos propres choix, et nos actes de rébellion. Les deux aspects sont le péché. Ainsi, bien qu’il y ait deux aspects au péché, c’est-à-dire, notre naissance dans une race déchue et nos choix rebelles, nous sommes déjà condamnés à cause de notre naissance, avant nos choix. C’est là l’essentiel du terme péché originel. Au moment même de notre naissance, nous sommes coupables ou condamnés à cause du péché d’Adam.

   Les implications de cette croyance sont exprimées dans les citations suivantes. « Le péché existe dans l’être avant que nous en soyons conscients. » « De mauvais désirs, même vaincus par la volonté, comportent de la culpabilité. » « Le péché est notre nature mauvaise héritée, et tous ses fruits. »

   Alors vous voyez, d’après cette définition, le péché existe en nous avant le choix et avant même la connaissance. Le péché existe en nous avant que nous puissions comprendre et prendre des décisions basées sur le bien et le mal. Le péché demeure en nous à cause de notre naissance dans une race déchue.

   Jean Calvin, l’un des plus grands théologiens de théologie systématique disait au sujet du péché et de la culpabilité. « Nous… entrons tous dans ce monde corrompus par la contagion du péché. …Aux yeux de Dieu, nous sommes souillés et pollués. …L’impureté des parents est transmise à leurs enfants. Tous sont originellement dépravés. …La culpabilité vient de notre nature. » (Italiques ajoutés par l’auteur). Calvin dit que la corruption et la dépravation héritées par notre nature est désignée par Paul. « Même les enfants, emportant leur condamnation avec eux depuis le ventre de leur mère souffrent… pour leurs propres défauts. » Et bien sûr, cela est péché aux yeux de Dieu, car Dieu ne condamne pas sans culpabilité. « L’homme entier… est si inondé… que rien ne reste exempt de péché, et, ainsi, tout ce qui procède de lui est imputé comme péché… Les hommes naissent méchants… Nous sommes tous pécheurs par nature. » Jean Calvin, Institutes of the Christian Religion, Livre II, ch. 1, #5, 6, 7, 8, 9, 10, 27 ; italiques ajoutés.

   Voyez-vous, cette compréhension clarifie pourquoi l’Église Catholique Romaine, Martin Luther, et Jean Calvin défendaient tous la nécessité du baptême des enfants. S’il est vrai que nous sommes coupables par nature, il est extrêmement important d’être baptisés dès la naissance afin d’être lavés de nos péchés, et d’être purifiés de cette culpabilité de la naissance. Le baptême des enfants est extrêmement important pour ceux qui se confrontent au problème du péché originel. C’est pourquoi Martin Luther et Jean Calvin argumentaient énergiquement pour en défendre la nécessité. Dès la naissance, les enfants doivent immédiatement être baptisés, et être nettoyés du péché qui leur est intérieurement inhérent. Calvin et Luther étaient tous deux en accord avec Augustin, et reçurent de lui leur compréhension du péché originel.

   Luther et Calvin approuvaient également la doctrine de la prédestination, qu’ils avaient aussi reprise de Augustin. Augustin croyait que Dieu a prédestiné tous les hommes à être sauvés ou perdus. Martin Luther et Jean Calvin le suivirent dans ce sens, et construisirent leur doctrine de la justification par la foi sur la présupposition de la prédestination. Le péché originel s’accorde très logiquement avec la doctrine de la prédestination.

   Il y a une autre dimension à la doctrine selon laquelle le péché est inhérent à notre nature. Lorsque Adam a péché, il a perdu la capacité de ne pas pécher, de sorte que tout ce qui lui restait était de pécher. Quelles qu’étaient les décisions prises par Adam, ces décisions étaient pécheresses. Ainsi Adam, suite à son péché, n’avait que la capacité de pécher, et en tant que membres de la race humaine déchue, nous aussi nous n’avons que la capacité de pécher. En fait, la seule chose que nous pouvons faire est pécher, et Dieu ne peut faire rien d’autre que pardonner notre péché.

   Ce que je dis, c’est que cette doctrine s’exprime de nombreuses façons différentes. Mais le concept de base qui relie toutes ces définitions est que nous naissons pécheurs. Nous naissons coupables ou condamnés. Nous sommes coupables parce que nous faisons partie de la famille d’Adam

   Il serait intéressant de noter en passant la réaction d’Emil Brunner quant à cette doctrine. « Ainsi, la doctrine ecclésiastique, entièrement fondée sur l’idée de la chute d’Adam, et du transfert de son péché aux générations successives, suit une méthode qui n’est absolument pas biblique. Même ce passage de Romains 5 : 12 qui semble être une exception, et a été considéré comme le lucus classicus de la théologie Chrétienne depuis l’époque d’Augustin, ne peut être regardé comme soutenant cette vue Augustinienne, que les générations successives ont reprise. En effet, Paul n’essaye pas ici d’expliquer ce qu’est le péché ; en effet, il n’y a en réalité rien dans Romains 5 qui décrive la nature du péché. » « La théories du Péché Originel qui devint la référence de la doctrine Chrétienne de l’homme depuis l’époque de St Augustin est complètement étrangère à la pensée de la Bible. » « Le péché doit avant tout être considéré comme un acte, c’est-à-dire une ‘chute’, comme une rupture active d’avec l’ordre divin… Le péché est un acte, – c’est la première chose à dire au sujet du péché. Ce n’est qu’en deuxième instance  que nous pouvons dire : cet acte est toujours, en même temps, un état, une existence en action, un état dans lequel on ne peut agir autrement, un état d’esclavage. » – Emil Brunner, The Christian Doctrine of Creation and Redemption, p. 98, 99, 103, 109.

   J’aimerais suggérer que les preuves qui supportent la doctrine du péché originel, quelle que soit la façon dont on l’explique, que ce soit par hérédité, par imputation ou par séparation, cette doctrine n’est pas un clair enseignement biblique comme certains l’ont pensé. Il y a au moins une autre façon de comprendre les textes utilisés en faveur du péché originel.

Le Péché en Tant que Choix

   Concentrons-nous maintenant sur la deuxième définition du péché, à savoir, le péché en tant que choix. Dans cette définition, nous retrouvons bon nombre d’éléments identiques ayant été affirmées dans les différentes définitions du péché originel.

   Nous croyons que dans la nature originelle d’Adam, rien ne le conduisait à se rebeller contre Dieu. Aucun désir ne le détournait de la volonté de Dieu. Pour Adam, il était naturel de faire le bien, et très contre nature de faire le mal. Mais avec la chute, quelque chose changea dans la nature même d’Adam, dans la partie la plus intime de son être. La chute apporta à Adam une tendance au mal. Sa nature était à présent faussée et tordue, et Adam voulait maintenant faire ce qu’il avait haï auparavant : se rebeller contre Dieu. A présent, il était naturel pour Adam de pécher ; il n’était pas naturel de faire le bien.

   Ainsi, lorsque nous disons hériter une nature déchue de Adam, il nous faut en comprendre toute la signification. Nous héritons la méchanceté, la faiblesse et la corruption d’Adam. Nous avons les même désirs qu’Adam avait dans son état de péché. Nous désirons faire le mal, nous désirons nous rebeller contre Dieu. Il est dur pour nous de faire le bien. Il est plus naturel de mal faire. Je pense que si nous étions honnêtes avec nous-mêmes, nous admettrions que nous sommes que trop souvent nos propres tentateurs. Nous n’avons vraiment pas besoin de Satan pour nous poursuivre et nous tenter avec toutes sortes d’idées, parce que nous sommes bien capables de nous tenter nous-mêmes. Nos propres natures nous détournent du droit chemin. L’égoïsme semble être à la racine de nos vies, nous poussant à faire des choses que nous savons être mauvaises. C’est ainsi, il est vrai que nous héritons des tendances mauvaises de Adam, qui nous poussent à faire le mal.

   La seule différence qui existe entre cette définition et la précédente, est que nous n’héritons pas la culpabilité, ou la condamnation. Nous héritons effectivement tout ce que Adam pouvait transmettre. Nous héritons tous les penchants, toutes les tendances, tous les désirs, et nous naissons d’une manière que Dieu n’avait pas vraiment prévue pour l’homme. Mais cette définition dit que le péché personnel résulte d’un choix ; le péché lui-même n’est pas hérité. La culpabilité n’est donc pas nôtre par nature ; mais lorsque nous choisissons de nous rebeller contre la lumière et les devoirs connus, nous devenons alors coupables. Il nous faut choisir de prendre la décision d’Adam, la décision de nous rebeller contre Dieu, et c’est alors que nous sommes coupables.

   Il nous faut admettre que la nature pécheresse nous rend la chose plus facile de pécher, –  de faire des choix impliquant le péché. Mais le point que je voudrais relever est que nous sommes coupables lorsque nous faisons ces choix, et non avant de les faire. Ainsi, je crois qu’il nous faut soigneusement faire la distinction entre les concepts de mal et de culpabilité.

   Nous avons passé en revue les deux définitions de base du péché. Selon la définition à laquelle nous adhérons, les questions en rapport avec la justification par la foi seront appréhendées différemment. Les décisions que nous allons prendre au sujet de la justification et de la sanctification seront différentes, selon la décision que nous prenons quant à la nature du péché.

Mal et Culpabilité

   Si nous voulons définir le péché comme étant un choix, il nous faut faire une distinction entre le mal et la culpabilité. Il y a beaucoup de mal dans le monde aujourd’hui, même dans le monde animal. Mais nous n’attribuons pas de culpabilité pour tout le mal qui est apparent dans notre monde aujourd’hui.

   L’une de mes illustrations préférée est celle de l’animal familier commun, le chat.  Nous apprécions les chats qui viennent se blottir sur nos genoux, ou sur nos pieds, qui aiment être câlinés, qui viennent pour leur bol de lait chaud. Mais il nous arrive d’oublier que notre animal familier a un autre aspect. Avez-vous remarqué que les chats n’ont pas de pitié pour les souris qu’ils ont attrapées pour leur prochain repas ? Lorsqu’ils arrivent à attraper une souris, ils ne la libèrent pas rapidement de sa misère, mais ils jouent avec la souris. En réalité, ils torturent la souris jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus physiquement fuir, et finisse par abandonner.

   Que ferions-nous à un être humain qui torturerait un animal ou un être humain de cette même façon ? Nous le considérerions coupable d’un crime des plus odieux, et l’enfermerions probablement pour le restant de sa vie. Mais que faisons-nous de l’animal qui a fait cela – le chat ? Nous disons que cela fait partie de la vie. Il n’est pas bon que la souris souffre, mais le chat n’est pas non plus coupable. Ainsi, nous considérons certains actes comme mauvais, mais faisant partie de la vie, et d’autres actes comme mauvais pour lesquels une personne peut être considérée coupable.

   A présent, ramenons cela au niveau humain. Si nous cognons sur un poteau et demandons un ami de tenir ce poteau afin de mieux pouvoir l’enfoncer, il se peut que nous manquions le poteau et frappions le pouce de notre ami. Ce pouce va faire mal, perdre sa couleur, et prendre un certain temps pour guérir, mais notre ami ne nous accusera probablement pas d’être personnellement coupables. Il considérera cela comme un accident regrettable.

   Allons un peu plus loin pour que les choses soient claires. Si un petit enfant joue avec un pistolet et tire sur son frère ou sa sœur plus âgé, nous prendrons ce pistolet des mains de l’enfant, et nous assurerons simplement que nos armes à feux soient dorénavant mieux enfermées. Nous ne condamnerions pas, ou ne jugerions pas cet enfant comme étant coupable. Mais si un jeune homme de vingt ans prenait ce même pistolet et tirait sur quelqu’un, nous poserions immédiatement certaines questions, en commençant par Pourquoi ? Nous voudrions avant tout savoir s’il est coupable de malice, ou non.

   Il y a donc une différence entre les concepts de mal et de culpabilité. Le mot mal veut simplement dire ce qui est mauvais, négatif, ou faux, les résultats du péché dans un monde maudit. La culpabilité s’applique à la responsabilité morale pour des pensées ou des actions mauvaises.

   Ce que je dis, c’est que les arbres et les animaux sont remplis de péché et de mal, mais ne sont ni condamnés, ni rachetés par Dieu, car ils n’ont pas la connaissance des valeurs morales. Seul l’homme a la connaissance des valeurs morales, et cette connaissance le rend coupable de tout acte mauvais. Si nous devons croire que le péché résulte du choix, il nous faut faire une distinction cruciale entre le mal et la culpabilité. La culpabilité demande une connaissance préalable, et une rébellion volontaire. Je suggère que la condamnation de Dieu se base toujours, sur la connaissance préalable de l’homme. Jacques l’a clairement dit, « Celui donc qui sait faire ce qui est bien, et qui ne le fait pas, commet un péché. » Chapitre 4, verset 17.

Conséquence et Pénalité

   Il nous faut à présent essayer de fournir des preuves à l’appui de l’hypothèse selon laquelle il y a une différence entre les concepts de mal et de culpabilité. Dans Genèse 2 : 17 une pénalité distincte et claire est donnée pour la rébellion contre Dieu. Dieu dit a Adam, « Tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » Ce verset nous a laissés perplexes, parce qu’il est tout aussi clair que lorsqu’Adam a mangé du fruit donné par Ève, il n’est pas mort ce même jour.

   Ainsi, nous avons parfois dit : « Eh bien, il a commencé à mourir ». Mais le texte Hébreux dit simplement, « Le jour où tu en mangeras, mourant, tu mourras. » La traduction, « Le jour où tu en mangeras, tu mourras, » est une bonne traduction. Alors pourquoi Adam n’est-il pas mort ce jour là ? « Pourquoi la peine de mort ne fut-elle pas mise en œuvre tout de suite dans ce cas là ? Car une rançon fut trouvée. Le seul Fils engendré de Dieu se porta volontaire pour porter sur lui le péché de l’homme, et pour faire une expiation pour la race déchue. » – Ellen G. White Comments, S.D.A. Bible Commentary, vol. 1. p. 1082. « Au moment où l’homme accepta les tentations de Satan, et fit les choses mêmes que Dieu lui avait dit de ne pas faire, Christ, le Fils de Dieu, se tint debout entre les vivants et les morts, disant, ‘Que la punition tombe sur Moi. Je prendrai la place de l’homme. Il aura une autre chance.’ » – Idem. p. 1085. « Dès qu’il y eut le péché, il y eut un Sauveur. …Dès qu’Adam pécha, le Fils de Dieu se présenta comme garant de la race humaine, avec exactement la même puissance pour prévenir le sort prononcé sur le coupable que lorsqu’Il mourut sur la croix du Calvaire. » – Idem, p. 1084.

   Pourquoi Adam n’est-il pas mort ce jour même ? Parce que le Substitut fut placé entre la peine de mort et Adam en ce jour. Jésus-Christ prit la place d’Adam ce jour même. Cela nous aide peut-être à comprendre Apocalypse 13 : 8, où l’agneau est présenté comme étant immolé dès la fondation du monde. Comme rançon de l’homme, Jésus a effectivement payé la pénalité ce jour là, se plaçant entre Adam et la peine de mort ce jour même.

   Très peu de temps après, Adam offrit le premier animal en sacrifice, ce qui signifiait pour lui que le Fils de Dieu mourrait à sa place. Ainsi, la pénalité pour le péché d’Adam fut immédiatement payée par Jésus Christ. Jésus Christ prit immédiatement la place d’Adam.

   Mais Adam a-t-il jamais payé pour sa faute ? Adam mourra-t-il un jour afin de payer pour son péché ? Pourquoi Adam mourut-il 930 ans plus tard ? A-t-il payé pour son péché ? Ou sa mort a-t-elle simplement été le résultat des conséquence inhérentes au péché ?

   En fait, il nous est dit que sa mort fut une bénédiction, car il avait enduré tant d’agonie, sachant que son péché avait entraîné la peine, la souffrance et le péché dont il avait été témoin pendant 900 années. Ainsi, sa mort fut réellement un soulagement. Cette mort, la mort naturelle dont Adam mourut, fut le résultat du péché, plutôt que la pénalité du péché. La pénalité avait été payée par Jésus Christ. Adam avait offert l’agneau, montrant par là sa compréhension que la peine de mort avait été payée.

   Cela signifie qu’il nous faut séparer l’idée élémentaire du péché en deux colonnes. La colonne de gauche s’appelle MAL, elle inclue toutes les choses qui sont des conséquences inhérentes au péché. Et tout ce mal conduit à la mort. Mais cette mort, Jésus l’appelle un sommeil ; elle n’est pas la fin ultime de l’homme. Ainsi, le mal et ses résultats conduisent à la mort et à la souffrance, ainsi qu’à toutes les choses négatives que nous voyons autour de nous.

   La colonne de droite s’appelle CULPABILITE. Et cette colonne conduit à la seconde mort, ou enfer, qui est la pénalité pour le péché. Nous avons donc réellement deux conséquences pour le péché. Nous avons la malédiction, – les résultats inhérents au péché – que les êtres humains, les animaux, et toute la nature expérimentent sur un plan général, et qui conduit à mort, la première mort. De l’autre côté, nous avons la culpabilité, qui conduit à la pénalité pour le péché, la seconde mort, qui a été payée par Jésus Christ. Si nous choisissons le salut de Jésus Christ, nous n’expérimenterons jamais la seconde mort.

   Il est vrai que l’expiation couvre toutes ces deux conséquences au péché, mais je suggérerais que l’expiation doit gérer la culpabilité en la pardonnant, et les résultats du mal en recréant et restaurant ce que la malédiction du péché a fait. L’expiation travaille à restaurer toutes choses d’après le plan originel de Dieu, mais elle ne pardonne pas ces choses qui se trouvent dans la colonne de gauche. Elle ne pardonne que ces éléments du côté de la culpabilité – c’est-à-dire, elle ne peut que pardonner la pénalité du péché.

   Ainsi les termes justification, pardon, salut, l’évangile, et justification, et sanctification s’appliquent particulièrement à ces problèmes de la colonne de droite, problèmes concernant la culpabilité, la pénalité, et l’enfer. Ce qui est suggéré, c’est qu’il y a une différence fondamentale entre le résultat du péché, et la pénalité du péché. Il y a une différence fondamentale entre la première mort et la seconde mort, et les problèmes de condamnation et de salut s’appliquent particulièrement à la culpabilité et à sa pénalité. C’est sur ces domaines que nous devons nous concentrer lorsque nous parlons de la  justification par la foi.

   A présent, voyons quelques textes du Nouveau Testament, afin de savoir s’il y a d’autres preuves qui soutiennent cette distinction. Dans Luc 13 : 1-5, Jésus raconte une histoire, afin d’en tirer une leçon. Luc dit que certains de ceux qui étaient présents avaient parlé à Jésus des Galiléens dont le sang avait été mêlé à leurs sacrifices. En d’autres termes, ils avaient été tués. « Il leur répondit : Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de la sorte ? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. »

   Nous voyons ici que la mort de ces Galiléens n’était pas la conséquence directe de leur péché. Jésus disait que ces Galiléens et ceux sur lesquels la tour était tombée n’étaient pas plus coupables que les autres à cause de leur mort. Il est ici clair que la première mort dont ils moururent n’était pas la conséquence directe de leur culpabilité.

   Dans Jean 9 : 1-3, les disciples, voyant un homme aveugle, demandèrent à Christ, « Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? Jésus répondit : Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché ; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. » Une fois de plus, Jésus disait que sa cécité, la malédiction dont il était affligé, n’était pas causée par une culpabilité personnelle quelconque, mais par une faiblesse héréditaire. Jésus fait ici une distinction entre la culpabilité personnelle, et les effets, ou résultats inhérents au péché.

   Un autre texte important est Jean 5 : 24, 25. Si nous ne comprenions pas la distinction que nous relevons dans ce chapitre, nous trouverions peut-être que Jésus se contredit dans ce passage : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. »

   Jésus dit que dès maintenant, aujourd’hui, si nous croyons, nous avons la vie éternelle. Dès maintenant, nous sommes passés de la mort à la vie. Mais il continue en disant, « En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l’auront entendue vivront. » Au verset 24, nous sommes libres de la mort, nous avons la vie éternelle dès maintenant. Au verset 25, ceux qui seront morts entendront la voix du Fils de Dieu dans la résurrection à venir. A moins de faire cette distinction entre la première mort et la seconde mort, nous nous trouvons face à une contradiction plutôt insoluble.

   Jésus dit que nous avons dès aujourd’hui la vie éternelle en Lui. Nous sommes libérés de la pénalité de la culpabilité. Nous avons été délivrés, et nous ne mourront jamais de la seconde mort – la pénalité qu’engendre le péché. Pourtant, sauf pour ceux qui seront translatés, nous mourrons de la mort appelée sommeil (comme dans le cas de Lazare). Plus tard, nous entendrons la voix du Fils de Dieu, et ressusciterons du sommeil de la première mort. Ainsi, même ceux qui sont pardonnés et reçoivent le don de la vie éternelle vont quand même mourir, en conséquence de la malédiction du péché d’Adam. Il nous faut mourir, parce que nous sommes dans un monde qui meurt. La première mort ne peut pas être la pénalité du péché, étant donné que ceux qui possèdent la vie éternelle vont aussi mourir de la première mort. En simplifiant, la vie éternelle  nous soustrait à la seconde mort, qui est la pénalité du péché. Un autre texte qui exprime très clairement cette pensée est 1 Jean 5 : 12, 13, où il nous est dit que nous avons la vie en Christ maintenant, aujourd’hui, et pourtant nous savons que nous allons mourir.

   Ainsi je pense que nous avons des preuves scripturaires solides soutenant qu’il y a deux conséquences différentes au péché : (1) la malédiction du péché, qui mène à la première mort, et (2) la pénalité du péché, qui conduit à la seconde mort.

Lumière et Choix

   Est-ce vraiment juste que la culpabilité soit le résultat d’un choix personnel, et non le résultat de notre naissance comme enfants d’Adam ? Pouvons-nous prouver par la Bible que le péché et la culpabilité proviennent de ce choix, et non du fait que nous sommes nés dans la famille humaine victime des résultats du péché ? Voyons ce qu’en dit la Bible.

   Dans Romains 7 : 7-9, Paul parle de la loi et de notre relation avec elle. Paul dit, « Je n’ai connu le péché que par la loi. Car je n’aurais pas connu la convoitise, si la loi n’eût dit : Tu ne convoiteras point. …Car sans loi le péché est mort. Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais ; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus. » Paul dit ici que nous savons ce qu’est le péché parce que la loi nous le dit, et que si nous ne savions rien au sujet de la loi, nous n’aurions vraiment aucune connaissance, ou compréhension du péché. Il va si loin qu’il affirme que sans la loi, le péché est mort. Ainsi nous péchons lorsque nous savons ce qu’est la volonté de Dieu. Nous péchons lorsque nous comprenons et faisons le choix de nous opposer à Dieu.

   Dans Jean 15 : 22, 24, Jésus, parlant à ses disciples juste avant Sa mort, dit, « Si je n’était pas venu et que je ne leur eussent point parlé, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant, ils n’ont aucune excuse de leur péché. » « Si je n’eusse point fait parmi eux des œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils les ont vues, et ils ont haï et moi et mon Père. » C’est parce que les gens étaient à présent informés au sujet de Jésus et de ce qu’Il avait fait, qu’ils étaient responsables de la façon dont ils se positionnaient vis-à-vis de lui. Etant donné Sa venue et leur connaissance, ils étaient coupables s’ils le rejetaient.

   Dans Jean 9 : 41, Jésus répond à certaines critiques des Pharisiens, et Il dit, « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites : Nous voyons. C’est pour cela que votre péché subsiste. » C’est-à-dire, si vous étiez vraiment aveugles, si vous ne saviez vraiment pas, vous ne seriez pas coupables de péché. Mais vous dites, nous voyons : c’est pourquoi vous êtes coupables de péché.

   Ne semble-t-il pas clair que le péché et la culpabilité sont étroitement liés à la connaissance, la compréhension et la lumière ? Il se peut que le facteur qui différencie les deux colonnes utilisées auparavant (aidant à distinguer le mal de la culpabilité), est le terme biblique lumière. Ce qui change le mal en culpabilité est la lumière, ou connaissance, la compréhension – et les choix faits suite à la nouvelle lumière, ou compréhension.

   Dans le livre de Jacques, une certaine lumière est donnée sur ce problème. Dans Jacques 4 : 17, Jacques dit, « Celui donc qui sait faire ce qui est bien, et qui ne le fait pas, commet un péché. » Pour celui qui sait ce qui est bien et manque à l’accomplir, pour cette personne, c’est un péché. » Une fois de plus la connaissance et la culpabilité sont étroitement liées. Jacques 1 : 15 dit : « Puis la convoitise [désir], lorsqu’elle a conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort. » Ici, nous voyons un développement partant de la convoitise, ou désir, au péché proprement dit. Le péché n’est pas nécessairement dans le désir lui-même. Le péché est ce qui est produit par ce désir et le fait de céder à ce désir a pour résultat le péché.

   Dans l’Ancien Testament, Ézéchiel 18 : 2-4 se réfère à un proverbe utilisé par les enfants d’Israël. « Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d’Israël : Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées ? Je suis vivant ! dit le Seigneur, l’Eternel, vous n’aurez plus lieu de dire ce proverbe en Israël. Voici, toutes les âmes sont à moi ; l’âme du fils comme celle du père, l’une et l’autre sont à moi ; l’âme qui pêche, c’est celle qui mourra. » Au verset 20, Ézéchiel insiste sur ce principe biblique : « L’âme qui pêche, c’est celle qui mourra. Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. » Responsabilité individuelle pour choix individuels – liberté de choix individuelle.

   Mais que fait Dieu de ceux qui agissent mal par ignorance, qui ne sont pas en harmonie avec la volonté de Dieu ? Comment gère-t-il de telles situations ? Paul dit dans Actes 17 : 30 : « Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir. » En temps d’ignorance, les hommes font de mauvaises choses. Ils font des choses qui ne sont pas en harmonie avec la volonté de Dieu. Ils transgressent la loi de Dieu, et sa volonté. Comment Dieu gère-t-Il ce problème ? Que fait-Il à ce sujet ? D’après ce verset, Il « ne tient pas compte » des temps d’ignorance. Il ne pardonne pas, mais Il n’en tient pas compte. Mais lorsque viennent la lumière et la connaissance, le mal devient culpabilité. Et pour ce péché commis en connaissance de cause, le pécheur doit se repentir et chercher le pardon.

   Cette compréhension rend l’affirmation de notre Seigneur dans Matthieu 11 : 21-24 un peu plus claire : « Si les miracles qui ont été faits au milieu de vous [Bethsaïda] avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre. C’est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous.  …Si les miracles qui ont été faits au milieu de toi [Capernaüm] avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui. C’est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi ».

   En termes de quantité d’œuvres mauvaises, je suis persuadé que Sodome a de loin surpassé Capernaüm. Mais la condamnation était plus lourde sur Capernaüm. Pourquoi ? Capernaüm avait plus de lumière. Ils avaient le privilège d’accepter Jésus Lui-même. Bien sûr, Sodome avait fait le mal, mais un grand nombre de ces mauvaises choses avaient été faites dans une moindre lumière. Ils ne comprenaient pas la voie de Dieu, et Lot n’était pas un très bon représentant de Sa voie pour eux. Etant donné leur ignorance, ils n’étaient pas aussi coupables que l’étaient les gens de Capernaüm, qui avaient rejeté une lumière plus grande. Ainsi, Capernaüm était plus coupable que Sodome, parce qu’ils avaient eu plus de lumière ; leurs choix se fondaient sur une connaissance plus complète. Psaume 87 : 4-6 suggère que le Seigneur tiendra compte de l’endroit où un homme est né, de l’endroit ou il est élevé. Il jugera d’après le lieu où se trouve un homme, le passé qu’il a eu, et combien de compréhension il a eu de la volonté de Dieu.

   Ellen White fait certaines affirmations importantes au sujet du péché et de la culpabilité. « Il est inévitable que les enfants subissent les conséquences des mauvaises actions parentales, mais à moins de participer à leurs péchés, il ne sont pas puni pour la culpabilité de leurs parents. …Par l’hérédité et l’exemple, les fils deviennent participants du péché de leur père. Les mauvaises tendances, les appétits pervertis, les mœurs relâchées, aussi bien que les maladies et la dégénérescence physique se transmettent comme un legs de père en fils, jusqu’à la troisième et à la quatrième génération. » Patriarchs and Prophets, p. 306.

   Remarquez s’il vous plaît ce qui est transmis en conséquence du péché d’Adam : des tendances mauvaises, des appétits pervertis, et même des mœurs relâchées, tout comme les maladies et la dégénérescence physique. Toutes ces choses font partie de ce que nous recevons de nos parents et de nos ancêtres. Mais relevons également cette affirmation très importante, selon laquelle les enfants « ne sont pas punis pour la culpabilité de leur parents. » C’est là une preuve plutôt concluante en faveur de la doctrine selon laquelle le péché et la culpabilité découlent d’un choix face à une connaissance suffisante du bien et du mal.

   « Nous ne serons pas tenus pour responsables de la lumière qui n’est pas venue jusqu’à nous, mais pour celle à laquelle nous avons résistée, et que nous avons refusée. Un homme ne peut pas comprendre une vérité qui ne lui a jamais été présentée, c’est pourquoi il ne peut être condamné pour avoir rejeté la lumière qu’il n’a jamais eue. – Commentaires d’Ellen G. White, S.D.A. Bible Commentary, vol. 5. p. 1145. La culpabilité personnelle n’est attribuée que sur la base de la lumière et de la connaissance. Nous ne sommes pas condamnés parce que nous commettons des actions mauvaises, à moins que nous comprenions à un certain degré que ces choses sont mauvaises. « Personne ne sera condamné pour ne pas avoir tenu compte de lumières et de connaissances qu’il n’a jamais eues. » – Idem. Il semble clair qu’elle fonde la condamnation sur la compréhension et les décisions volontaires. « La lumière rend manifeste, et réprouve les erreurs qui ont été cachées dans les ténèbres ; et alors que la lumière vient, la vie et le caractère des hommes doit changer en conséquence, afin d’être en harmonie avec elle. Des péchés qui furent une fois des péchés d’ignorance, dû à l’esprit enténébré, ne peuvent plus être pratiqués sans impliquer de la culpabilité. » – Gospel Workers, p. 162. Une fois que nous savons que nos actions sont mauvaises, nous devenons coupables si nous continuons de commettre ces péchés. Mais avant de savoir, nous n’étions pas coupables. Après avoir pris conscience, nous sommes coupables. Ainsi, la culpabilité est liée au choix et à la connaissance.

   « Il étaient encore nombreux parmi les Juifs, à ignorer le caractère et l’œuvre de Christ [après le temps de Jésus, juste avant la destruction de Jérusalem. Les enfants n’avaient pas bénéficié des opportunités et de la lumière que leurs parents avaient méprisées. Les enfants ne furent pas condamnés pour les péchés de leurs parents ; mais lorsque, connaissant toute la lumière donnée à ces derniers, les enfants rejetèrent celle qui leur avait été accordée à eux-mêmes, ils furent participants des péchés de ces derniers et comblèrent la mesure de leur iniquité. » The Great Controversy, p. 27, 28. Etant donné leur implication personnelle, et leur compréhension propre, la culpabilité fut mise à leur compte.

   « Le péché de la médisance commence en chérissant de mauvaises pensées… Une pensée impure tolérée, un désir malsain chéri, et l’âme est contaminée, son intégrité compromise. » – Testimonies, vol. 5, p. 177 ; italiques ajoutés. C’est la tolérance de pensées impures, le fait de chérir, des désirs malsains qui constituent le péché et la contamination. Ce n’est pas la pensée ou le désir lui-même. Il n’est pas juste de dire que le désir de pécher implique le péché, si ce désir est instantanément rejeté. « Toute pensée impure doit être instantanément repoussée. » « Aucun homme ne peut être forcé à transgresser. Son propre consentement doit d’abord être obtenu ; l’âme doit se décider à commettre l’acte coupable, avant que la passion puisse dominer la raison ou que l’iniquité puisse triompher de la conscience. La tentation, aussi forte soit-elle, n’est jamais une excuse pour le péché. » – Idem ; italiques ajoutés. Les inclinations du cœur naturel ne sont pas des péchés en elles-mêmes jusqu’à ce qu’elles soient chéries, jusqu’à ce qu’elles soient désirées ; en consentant à des pensées mauvaises, nous franchissons la limite entre le mal et la culpabilité. L’inclination est mauvaise, mais cette inclination ne nous rend pas coupables aussi longtemps que nous ne choisissons pas d’agir en conséquence.

   « Si la lumière nous parvient, et que cette lumière soit mise de côté ou rejetée, alors la condamnation et le déplaisir de Dieu nous atteignent ; mais avant que la lumière vienne, il n’y a pas de péché, car il n’y a pas de lumière à rejeter pour eux. » – Idem ; vol. 1, p. 116. Ainsi, il semble très clair que le péché est très étroitement lié à la connaissance et à la compréhension.

   « Il est des pensées et des sentiments suggérés et provoqués par Satan, qui ennuient même les meilleurs des hommes ; mais si elles ne sont pas chéries, si elles sont rejetées comme haïssables, l’âme n’est pas contaminée par la culpabilité, et personne d’autre n’est contaminé par leur influence. » – Review and Herald, 27 mars 1888. Ces pensées et ces sentiments, s’ils ne sont pas chéris, ne contamineront pas l’âme de culpabilité. Les pensées et les sentiments sont mauvais. Ils sont là à cause du mal qui est dans le monde, et de la nature déchue qui est la nôtre. Mais ils ne nous contaminent pas à moins que nous choisissions de les chérir ou de les mettre en œuvre.

   Dans Counsels on Health[1], page 81, Ellen White dit que le tabac fait du tort à notre corps, mais que Dieu est miséricordieux envers ceux qui l’utilisent par ignorance. Ce n’est que lorsque la lumière leur parvient qu’ils deviennent coupables pour leur usage du tabac. Il est vrai que le tabac aura ses effets négatifs. Il pourra même conduire au cancer, mais tant que la lumière n’est pas venue, la culpabilité n’est pas imputée. Contracter le cancer ne signifie pas nécessairement que la personne soit coupable et ait péché contre la lumière de la vérité.

   En conclusion, je crois que la culpabilité réside uniquement dans ces facultés supérieures responsables de choisir le mal, et non dans les facultés inférieures souffrant des effets des lois naturelles et faisant partie du cycle du péché de la terre. La culpabilité ne peut résider dans un monde naturel amoral, mais seulement dans l’homme qui est responsable des perversions de la loi morale. La culpabilité n’est pas reliée aux facultés animales de l’homme, mais aux facultés impliquées dans l’exercice de la puissance de la volonté.   […]

   A la base des divisions théologiques au sujet de la justification par la foi, on trouve parmi les Adventistes des croyances différentes au sujet de la nature du péché et de la culpabilité. Le véritable débat concerne la nature du péché. Il faut clairement répondre à cette question : Pourquoi sommes-nous coupables et pour quoi devons-nous être pardonnés ?

   La réponse que nous donnons à cette question affecte directement notre perception de la manière dont Christ vint sur cette terre. Quelle nature prit le Christ ? Quelles puissances a-t-il utilisées ? Comment a-t-il vaincu le péché ? Ces questions auront des réponses différentes, selon les conclusions que l’on tirera quant à la nature du péché.

 « Face à Face avec le Véritable Évangile » - chapitre 2


LA SEULE DEFINITION BIBLIQUE DU PECHE :

   L’apôtre nous donne la véritable définition du péché. « Le péché est la transgression de la loi. » La plus grande partie des prétendus ambassadeurs du Christ sont des guides aveugles. Ils détournent les gens de la voie de la sécurité en représentant les exigences et les interdictions de l’ancienne loi de Jéhovah comme arbitraire et sévère. Ils donnent au pécheur la liberté de franchir les limites de la loi de Dieu. En cela, ils sont comme le grand adversaire des âmes, ouvrant devant elles une vie de liberté dans la violation des commandements de Dieu. Par cette liberté sans loi, la base de la responsabilité morale s’effondre. Ellen G. White,  Confession, p. 75

   Un sort terrible attend le pécheur, c’est pourquoi il est nécessaire que nous sachions ce qu’est le péché, afin d’être à même d’échapper à son pouvoir. Jean dit, « Quiconque pèche transgresse la loi, et le péché est la transgression de la loi » 1 Jean 3 : 4. Nous avons là la vraie définition du péché ; c’est « la transgression de la loi. » Combien de fois le pécheur est-il exhorté à abandonner ses péchés, et de venir à Jésus ; mais le messager qui cherche à le conduire à Christ a-t-il clairement indiqué le chemin ? A-t-il clairement montré le fait que « le péché est la transgression de la loi, » et qu’il doit se repentir et cesser d’enfreindre les commandements de Dieu ?... E.W. Faith and Works, p. 117.

   Que personne ne se trompe lui-même en croyant pouvoir devenir saint tout en transgressant délibérément l’une des exigences de Dieu. Le fait de commettre un péché conscient fait taire la voix de l’Esprit, et sépare l’âme de Dieu. « Le péché est la transgression de la loi. » Et « quiconque pèche [transgresse la loi de Dieu] ne l’a pas vu, et ne l’a pas connu. » 1 Jean 3 : 6 Bien que dans son épître, Jean s’étende si largement sur l’amour, il n’hésite pas à révéler le véritable caractère de cette classe de personnes qui prétendent être sanctifiées tout en transgressant la loi de Dieu. « Celui qui dit : Je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements est un menteur, et la vérité n’est point ne Lui. Mais celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu est véritablement parfait en lui. » 1 Jean 2 : 4, 5. C’est ici le test qui éprouve la profession de tout homme. Nous ne pouvons accorder la sainteté à un homme, quel qu’il soit, sans l’évaluer à la lumière de la norme de sainteté de Dieu dans le ciel et sur la terre. Si les hommes ne sentent pas le poids de la loi morale, s’ils amoindrissent les préceptes de Dieu et les prennent à la légère, tout en enseignants aux hommes à faire de même, ils n’auront aucune estime de la part du ciel, et nous pouvons savoir que leurs prétentions sont sans fondements. E.W. The Great Controversy, 1888, p. 472.

   Le premier pas pour se réconcilier avec Dieu est la conviction du péché. « Le péché est la transgression de la loi. » 1 Jean 3 : 4 ; Romains 3 : 20. Afin de voir sa culpabilité, le pécheur doit éprouver son caractère par la grande norme de justice de Dieu. C’est un miroir qui montre les perfections d’un caractère juste, et lui permet de discerner les défauts de son propre caractère.

   La loi révèle à l’homme ses péchés, mais ne pourvoit à aucun remède. Alors qu’elle promet la vie à celui qui obéit, elle déclare que la mort est le lot du transgresseur. Seul l’évangile de Christ peut le libérer de la condamnation ou de la dégradation du péché. Il doit exercer la repentance envers Dieu, dont la loi a été transgressée ; ainsi que la foi en Christ, son sacrifice rédempteur. Ainsi, il obtient « le pardon des péchés passés » et devient participant de la nature divine. Il est un enfant de Dieu, ayant reçu un esprit d’adoption, par lequel il crie ; « Abba, Père ! » E.W. The Great Controversy, p. 467.

 

Quand Dieu l’a créée, elle était belle et parfaite,

Prête à nous accueillir et nous nourrir. 

Tout était parfait, pas une trace de corruption ;

L’action de Dieu était là.

Aujourd’hui les choses ont bien changé,

La corruption est bien là.

La trace du péché est bien là et pourtant,

Qui n’a pas été émerveillé par la beauté,

De cette nature généreuse et accueillante ?

Qui n’est pas impressionné par la reproduction de l’orchidée sauvage,

Par la composition de la lumière qui donne une palette de couleur ?

Prenons un simple petit papillon :

Sa façon de se reproduire nous parle de création,

Pour ne parler que de lui.

Les motifs, ou plutôt les œuvres d’art qui sont sur ses ailes,

Sont un mystère pour les scientifiques spécialistes de cette petite créature.

S’il n’y avait que ce mystère face à leurs yeux,

Mais il y en a tant d’autres qui parlent du Créateur.

Aujourd’hui, la terre est en péril.

Esaïe nous dit au chapitre 24 v 20 :

“ La terre titube comme titube l’ivrogne, Elle vacille comme une cabane ; Son crime pèse sur elle, Elle tombe et ne se relève plus.” 

Fabrice Estevan

 

Christ est-il un être créé?

E. J. Waggoner – Christ et sa justice, chap. 5 

   Avant de passer à quelques-unes des leçons pratiques que l’on doit tirer de ces vérités, nous devons nous arrêter quelques instants sur une opinion qui est honnêtement soutenue par beaucoup qui ne voudraient pas déshonorer Christ volontairement, mais qui, à cause de cette opinion, nient réellement Sa Divinité. C’est l’idée que le Christ est un être créé, qui, par le bon plaisir de Dieu, fut élevé à Sa sublime position présente. Aucune personne partageant cette opinion ne peut vraiment avoir une juste conception de la position élevée que Christ occupe réellement.

   L’opinion en question est basée sur une mauvaise interprétation du seul texte d’Apocalypse 3 :14 : « Écris aussi à l’ange de l’église de Laodicée : Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu ». Ceci est faussement interprété, comme voulant dire que Christ est le premier être que Dieu créa; que l’oeuvre de création de Dieu commença par lui. Mais cette opinion est contraire aux textes de l’Écriture qui déclarent que Christ Lui-même créa toutes choses. Dire que Dieu commença son oeuvre de création en créant Christ, c’est laisser Christ entièrement en dehors de l’oeuvre de la création.

   Le mot traduit par « commencement » est « arche » qui signifie « tête » ou « chef ». Il figure dans le nom du gouverneur grec Archonte, dans archevêque, et dans le mot archange. Voyons cette dernière parole. Christ est l’Archange. Voir Jude 9; 1 Thessaloniciens 4 :16; Jean 5 :28, 29; Daniel 10 :21. Cela ne veut pas dire qu’Il est le premier des anges, car Il n’est pas un ange, mais qu’Il est au-dessus d’eux. Ceci signifie qu’Il est le chef ou le prince des anges, exactement comme un archevêque est le chef des évêques. Christ est le « chef » des anges (voir Apocalypse 19 :11-14 ). Il créa les anges ( Colossiens 1 :16 ). De même, l’affirmation qu’il est le commencement ou le chef de la création de Dieu, signifie qu’en lui la création trouva son commencement; que comme lui-même le dit, Il est l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, le premier et le dernier ( Apocalypse 21 :6; 22 :13 ). Il est la source où toutes choses trouvent leur origine.

   Nous ne devons pas non plus imaginer que Christ est une créature, parce que Paul l’appelle : « le premier-né de toute la création » ( Colossiens 1 :15 ), car les versets suivants indiquent qu’Il est le créateur, et non une créature. « Car c’est par lui qu’ont été créées toutes choses dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui ». Or, s’il créa toutes les choses qui furent jamais créées, et s’il existait avant toutes choses créées, il est évident qu’Il ne fait pas partie des choses créées. Il est au-dessus de toute la création, et il n’est pas une partie de cette création.

   Les Écritures déclarent que Christ est « l’unique Fils de Dieu ». Il est engendré, et non créé. Quant à savoir quand il fut engendré, ce n’est pas à nous de faire des investigations à ce sujet, et notre esprit ne pourrait pas le comprendre si cela nous était expliqué. Le prophète Michée nous dit tout ce que nous pouvons connaître sur ce sujet, par ces mots : « Et toi, Bethléhem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, et dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours de l’éternité » ( Michée 5 :1, 2 ). Il y a eu une époque où Christ parut venant de Dieu, du sein du Père ( Jean 8 :42; 1 :18 ), mais cette époque était si loin dans le passé, dans les jours de l’éternité, que pour une compréhension limitée, cette époque est pratiquement sans commencement.

   Mais l’important est que le Christ est l’unique Fils de Dieu et non un sujet créé. Il possède par héritage un nom plus excellent que celui des anges; Il est un fils dans sa propre maison ( Hébreux 1 :4; 3 :6 ). Et puisqu’Il est le Fils unique de Dieu, Il est de la même substance et nature que Dieu, et possède par naissance tous les attributs de Dieu; parce qu’il plût au Père que Son Fils soit l’image exacte de Sa Personne, l’éclat de Sa gloire, et soit rempli de toute la plénitude de la Divinité. Ainsi, Il a la « vie en lui-même »; Il possède l’immortalité en vertu de Son propre droit, et peut l’accorder aux autres. La vie est naturelle en Lui, donc elle ne peut Lui être enlevée; mais ayant volontairement donné Sa vie, Il peut la reprendre. Il dit « voici pourquoi le Père m’aime : c’est parce que je donne ma vie, afin de pouvoir la reprendre. Personne ne me l’ôte, mais Je la donne de Moi-même; J’ai le pouvoir de la donner, et J’ai le pouvoir de la reprendre : J’ai reçu cet ordre de Mon Père » (Jean 10 :17, 18).

   Si quelqu’un oppose la vieille objection, à savoir : « Comment Christ pouvait-Il être immortel et cependant mourir ? », nous devons simplement dire que nous ne savons pas. Nous ne prétendons pas tout comprendre sur l’infini. Nous ne pouvons pas comprendre comment Christ pouvait être Dieu au commencement, partageant la même gloire avec le Père avant que le monde fût, et cependant naître comme un bébé à Bethléhem. Le mystère de la crucifixion et de la résurrection n’est que le mystère de l’incarnation. Nous ne pouvons pas comprendre comment Christ pouvait être Dieu et se faire homme pour notre bien. Nous ne pouvons pas comprendre comment Il put créer le monde avec rien, ni comment Il put ressusciter les morts, ni encore comment Il peut agir par Son Esprit dans nos propres coeurs; cependant, nous croyons et nous connaissons ces choses. Il devrait être suffisant pour nous d’accepter comme vérité ce que Dieu a révélé, sans trébucher sur des choses que l’intelligence ne peut pas comprendre. Aussi, nous nous réjouissons dans le pouvoir infini et la gloire que les Écritures déclarent appartenir à Christ, sans tourmenter notre esprit limité dans une vaine tentative d’explication de l’infini.

   Finalement, nous connaissons l’unité divine du Père et du Fils du fait que tous les deux ont le même esprit. Paul, après avoir dit que ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu, continue : « pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’esprit, s’il est vrai que l’esprit de Dieu habite en vous; mais si quelqu’un n’a pas l’esprit de Christ, il n’est point à lui » ( Romains 8 :9 ). Ici, nous découvrons que le Saint-Esprit est l’esprit de Dieu et l’esprit de Christ. Christ « est dans le sein du Père »; étant par nature de la même substance que Dieu, et ayant la vie en lui-même, il est à juste titre appelé Jéhova, le seul existant par lui-même, et dans Jérémie 23 :6, il est dit de lui, qu’un germe juste exécutera le jugement et la justice sur la terre, sera connue sous le nom de Jéhova-tsidekenu « l’Eternel notre justice ».

   Que personne donc, qui prétend honorer le Christ, ne Lui accorde moins d’honneur qu’Il n’en accorde au Père, car ce serait déshonorer le Père. Que tous, avec les anges du ciel, adorent le Fils, sans crainte d’adorer et de servir la créature au lieu du Créateur.

   Et maintenant, tandis que la vérité de la divinité de Christ est claire dans notre esprit, arrêtons-nous pour considérer la merveilleuse histoire de Son humiliation.

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   « Ce qui a été présenté s’harmonise parfaitement avec la lumière que Dieu a trouvée bonne de me donner durant toutes les années de mon expérience… La question m’a été posée : « Que pensez-vous de cette lumière, présentée par ces hommes ? »  Eh bien, je vous l’ai présentée durant les quarante-cinq dernières années... » (Ellen White, 1888, p. 164, 348)

   « En argumentant l’égalité parfaite du Père et du Fils, et le fait que le Fils est Dieu dans sa nature même, nous ne souhaitons pas faire passer l’enseignement que le Père n’était pas avant le Fils. Il ne serait pas nécessaire de veiller sur cela, si ce n’était pour éviter à certains de penser que le Fils exista aussitôt que le Père ; pourtant, il en est qui vont dans cet extrême, qui n’ajoute rien à la dignité du Christ, mais dont l’effet tend plutôt à amoindrir l’honneur qui lui est dû, étant donné qu’ils sont nombreux à rejeter le tout, plutôt que d’accepter une théorie aussi éloignée du langage des Écritures, affirmant que Jésus est le seul Fils engendré de Dieu. Il fut engendré, non créé. Il est de la substance du Père, de telle sorte que dans sa nature même, il est Dieu ; et comme il en est ainsi, ‘Dieu a voulu que toute plénitude habitât en Lui.’ Col. 1 : 19… Alors que les deux sont de la même nature, le Père est le premier dans le temps. Il est aussi plus grand du fait qu’il n’a pas eu de début, alors que la personnalité du Christ eut un début. » (E. J. Waggoner, Signs of the Times, 8 avril 1889)


Sur leurs traces – 23 ème partie

Uriah et Annie Smith

   Annie et Uriah Smith avaient des parents très aisés. Le père, Samuel Smith, était à la tête d’une entreprise de construction de routes, ce qui lui avait permis d’amasser une petite fortune. Toutefois, lorsqu’il fut plus âgé, de graves revers financiers compromirent sa situation et Uriah dut renoncer à son ambition d’entrer à l’Université d’Harvard.

   Leur mère, Rebecca Spalding était une femme sensible, intelligente et cultivée. Très vive de nature, elle le demeura jusqu’à un âge très avancé. On raconte qu’à l’âge de quatre-vingts ans, elle se plia au jeu de ses petits enfants, jeu qui consistait à courir sur une petite distance, puis à sauter dans un tas de feuilles mortes. Et la grand-mère n’était pas moins alerte. Une des jeunes femmes de son entourage se souvenait d’avoir vu la vieille dame faire des pirouettes dans son salon pour démontrer qu’elle conservait son agilité en dépit de tout. Mais elle savait aussi discipliner cet entrain et tout en restant jeune et gaie, elle inculqua à ses enfants une grande piété.

   Uriah, de quatre ans plus jeune qu’Annie, était remarquablement doué pour les arts. A l’âge de douze ans, il peignait déjà des paysages urbains avec, au premier plan, des chevaux caracolants ou attelés à des voitures, et des personnages croqués sur le vif. Il avait en outre des aptitudes pour la mécanique et des dons d’inventeur. Parmi ses inventions, nous mentionnerons un pupitre d’école avec table réglable, qui représentait un réel progrès à l’époque. Il s’en vendit un grand nombre d’exemplaires.

   A l’âge de quatorze ans, Uriah contracta une infection de la jambe qu’on ne parvint pas à enrayer à temps. Il fallut donc se résoudre à lui couper la jambe au-dessus du genou. Une amputation, à cette époque, était quelque chose d’atroce. Comparé à ce qui se fait aujourd’hui avec des chirurgiens en blouse aseptisée, les anesthésiques et les soins postopératoires par des infirmiers compétents, c’était du travail artisanal ! Le médecin qui l’opéra – un chirurgien renommé – coupa, scia et recousit les chairs en vingt minutes, sans anesthésie, la mère du garçon lui tenant simplement la main.

   Ce terrible handicap fit d’Uriah Smith un sédentaire. C’est ainsi qu’il devint rédacteur.

   Chez Uriah, bien qu’il se consacrât entièrement à ses travaux de rédaction, le sens inventif n’était jamais en défaut. Comme sa jambe artificielle, en bois, manquait de souplesse et le blessait, il inventa une jambe artificielle articulée pour laquelle il prit un brevet. Avec l’argent que lui rapporta cette invention, il acheta sa première maison à Battle Creek. Il boitait toujours un peu et marchait en s’appuyant sur une canne. Il mourut en 1903 deux mois après l’incendie qui détruisit les bâtiments de la « Review and Herald ». – D’après Arthur Spalding, « Footprints of the Pioneers », p. 126-128.

   En 1850 déjà, le journal de James White avait un tirage de 1 000 exemplaires. C’est à ce moment-là qu’il fonda la « Review », qui est encore aujourd’hui le périodique de Église Adventiste aux États-unis.

   En 1852 on acheta le premier matériel d’imprimerie, dont une presse à main. L’imprimerie fut installée à Rochester, dans l’État de New York. En 1852, la « Review » tirait déjà à 2 000 exemplaires et l’on publiait en outre une série de brochures sur divers sujets.

   Parmi le personnel de cette petite imprimerie de Rochester, se trouvait, depuis 1852, la jeune Annie Smith. Elle avait fréquenté un pensionnat et ses ambitions lui avaient d’abord fait prendre une toute autre direction. Elle se préparait à devenir professeur de français et comptait aussi enseigner la peinture à l’huile. Sa mère, devenue adventiste, insistait pour que la jeune fille allât écouter les prédications de Joseph Bates. Cette dernière accéda à ce désir, mais uniquement pour faire plaisir à sa mère. Elle décida de s’y rendre dès le lendemain. La nuit même, elle rêva qu’arrivant en retard à la réunion, elle devait se contenter du seul siège libre, près de la porte. Sur l’estrade, un homme grand, au noble maintien et au visage sympathique, montrait un diagramme et répétait : « 2300 soirs et matins et le sanctuaire sera purifié ».

   Le soir étant arrivé, Annie Smith se rendit à la réunion. Elle était partie à temps mais elle se trompa de chemin et arriva en retard. Et tout s’agença comme dans son rêve : elle reconnut immédiatement le prédicateur bien qu’elle ne l’eût jamais vu ailleurs que dans son rêve… « D’autre part, Bates avait aussi vu en rêve l’assemblée de ce soir-là et, lorsque Miss Smith était entrée, un peu en retard, il l’avait reconnue quoiqu’il ne l’eût jamais vue auparavant. La jeune fille discerna en cela la main de Dieu et accepta la doctrine adventiste. » Invitée par James et Ellen White à entrer à la rédaction de la Maison d’édition, Annie déclina cette offre en expliquant qu’elle avait la vue très basse et devait suivre un traitement approprié. « Venez quand même ! » insistèrent les White. Elle accepta. On fit alors des réunions de prière pour sa guérison complète. « Annie travailla fidèlement pendant trois ans à la lecture d’épreuves et à d’autres travaux de rédaction, ne recevant pour tout salaire que sa chambre et sa pension. Elle mourut de phtisie galopante le 26 juillet 1855. » - D’après R. Gerber, op. cit., p. 83.

   Son frère Uriah Smith se joignit au personnel de l’imprimerie un an après sa sœur. Ayant entendu le message adventiste, il étudia personnellement la question et décida de s’y conformer. « Lorsqu’il accepta de travailler dans l’imprimerie adventiste de Rochester, il refusa une place de professeur dans une école secondaire. Pourtant, le salaire qu’il recevait suffisait à peine à son entretien. » Il devint l’un de nos meilleurs rédacteurs. Il écrivit en outre d’importants ouvrages, entre autres un commentaire de grande valeur sur les livres de Daniel et de l’Apocalypse.

   Bientôt, l’œuvre des publications se développant, la petite imprimerie de Rochester et sa presse à main n’y suffirent plus. « Il fut donc décidé dans une assemblée tenue à Battle Creek en 1855, de transférer la Maison d’édition dans cette dernière ville. » Mais il fallait de l’argent, beaucoup d’argent. « En réponse à un appel pour des fonds destinés à l’acquisition d’une presse, un fermier vendit deux bœufs dont il versa l’argent à l’œuvre ; après quoi il allait de temps en temps à l’imprimerie voir fonctionner la presse, et disait en rentrant : ‘ Je suis allé à la « Review » pour voir si Buck et Bright (les noms de ses bœufs) continuent à tirer au char du message du troisième ange*’. » - Id., p. 84.


Être enseigné depuis la petite enfance

   « L’obéissance à l’autorité parentale devrait être inculquée dans la petite enfance et cultivé dans la jeunesse. » (Review and Herald, 13 mars 1894).

   « Certains parents pensent pouvoir laisser leurs petits enfants faire leur volonté lorsqu’ils sont encore bébés, et que lorsqu’ils seront plus âgés ils raisonneront avec eux ; mais c’est une erreur. Commencez dès les premiers mois de l’enfant à enseigner l’obéissance. … Exigez l’obéissance dans votre école au foyer. » (Lettre 75, 1898).

   « Dès leur plus tendre enfance les enfants devraient être enseignés à obéir à leurs parents, à respecter leur parole, et à estimer leur autorité. » (Review and Herald, 16 juillet 1895).

   « L’une des premières leçons que doive apprendre un enfant est celle de l’obéissance. On peut, avant qu’il soit assez grand pour raisonner, lui enseigner à obéir. » (Éducation, p. 287).

   « L’œuvre de la mère devrait commencer avec le nouveau-né. Elle devrait soumettre la volonté et l’humeur de l’enfant, et amener à la soumission ses inclinations naturelles. Enseignez-lui à obéir, et restez ferme à mesure qu’il grandit. » (Signs of the Times, 26 février 1880).

   « Peu de parents commencent suffisamment tôt à se faire obéir. Ils ne cherchent pas à discipliner leurs enfants les deux ou trois premières années, croyant qu’ils sont trop jeunes pour obéir, alors que pendant tout ce temps, le moi se fortifie chez ces petits êtres, chaque jour qui passe rendant leur contrôle plus difficile. Très tôt, l’enfant est capable de comprendre ce qu’on lui dit avec clarté et simplicité et apprend à obéir s’il est traité avec bonté et sagesse. … La mère ne devrait permettre à aucun moment à l’enfant d’acquérir un avantage sur elle. Pour maintenir cette autorité, il n’est pas nécessaire de recourir à de sévères mesures. Ce but peut être atteint avec une main ferme et sûre, et une grande bonté convaincant l’enfant de votre amour. Mais laissez l’égoïsme, la colère et l’obstination prendre les reines durant les trois premières années de la vie de l’enfant, et il sera difficile d’obtenir la soumission à une discipline salutaire. Ses dispositions ne sont plus aussi agréables, il aime voir sa volonté primer, le contrôle parental est désagréable. Ces tendances au mal grandissent avec l’enfant jusqu’à ce que, ayant atteint l’âge adulte, l’égoïsme suprême et un manque de contrôle de soi le place à la merci des maux qui se déchaînent dans notre monde. » (Pacific Health Journal, avril 1890).

   « Il [l’enfant] ne doit jamais faire preuve d’irrespect envers ses parents. L’entêtement doit être réprimandé. Pour son futur bien-être, il a besoin d’être discipliné avec bonté, amour et fermeté. » (Conseils aux éducateurs, aux parents et aux étudiants, p. 93).

   « Quel grand privilège pour les jeunes et les enfants d’avoir des parents qui prient, car ils ont une occasion de connaître et d’aimer Dieu. En respectant et en montrant de l’obéissance à leurs parents, ils peuvent apprendre à respecter et à obéir à leur Père céleste. S’ils marchent comme des enfants de lumière, ils seront bons et courtois, aimants et respectueux, envers leurs parents qu’ils ont vus, et seront ainsi mieux qualifiés pour aimer Dieu, qu’ils n’ont pas vu. S’ils représentent fidèlement leurs parents, pratiquant la vérité avec l’aide divine, ils reconnaissent ainsi, par le précepte et par l’exemple, appartenir à Dieu et l’honorent par une vie en ordre et de pieuses conversations. » (Youth Instructor, 15 juin 1893).

   « Que parents et moniteurs s’efforcent de graver dans l’esprit des enfants cette notion que le Seigneur éprouve chacun ici-bas afin de voir qui lui obéira avec amour et respect. Ceux qui sur cette terre ne peuvent se soumettre à la loi du Christ ne lui obéiront pas non plus dans l’éternité. » (Témoignages sur l’École du Sabbat, p. 34).

   « Si les parents ou les enfants sont un jour accueillis dans les demeures célestes, c’est parce qu’ils auront appris ici-bas à obéir aux commandements de Dieu. » (Manuscript 60, 1903).


Histoire pour les enfants

   Tandis que les invités se rassemblaient dans les salons brillamment éclairés de la maison de Mabel Ashton en cette froide soirée hivernale, rien dans l’apparence des pièces ne donnait à penser que la fête à laquelle ils avaient été conviés serait à bien des égards différente de cette ronde de gaieté à laquelle ils avaient participé durant une bonne partie de l’hiver. Quelques-uns des invités avaient remarqué, alors qu’ils saluaient leur jeune hôtesse, un degré inhabituel de nervosité dans sa manière d’être mais, l’attribuant à l’agitation de la préparation et à l’anticipation, ils n’y pensèrent bientôt plus, et furent bientôt engagés dans une conversation.

   Les musiciens étaient en place, et les jeunes gens commençaient à se demander pourquoi le signal de départ n’était pas donné à l’orchestre, lorsque Mabel Ashton, son doux visage, tour à tour pâle et en feu, se plaça près des musiciens. Après avoir fermé ses yeux pendant un instant, durant lequel la pièce fut parfaitement calme, elle dit d’une voix tout d’abord tremblante, puis claire et régulière :

   « Mes amis, je sais que vous  allez penser que je suis bien étrange ; mais avant de faire quoi que ce soit, il me faut vous raconter une petite histoire. 

   « J’ai fait un rêve la nuit passée, qui a eu une telle impression sur mon esprit et mon cœur que je dois vous le raconter. J’ai rêvé que ce soir était arrivé, et que vous étiez tous rassemblés dans ces pièces, lorsqu’un invité dont l’apparence était étrangement familière, mais que je ne pouvais pas reconnaître fut introduit ici. Son visage était singulier, paisible, mais possédant une expression un peu triste. Son regard était plus pénétrant qu’aucun autre que j’ai vu auparavant. Il était vêtu d’une manière soignée, tout en étant d’une grande simplicité, et pourtant il y avait quelque chose dans son apparence qui faisait de lui un homme peu ordinaire.

   « Alors que j’essayais de me souvenir où je l’avais vu, il s’avança vers moi, prit ma main et dit : “Ne me reconnais-tu pas, Mabel ?” Surprise par une telle entrée en matière de la part d’un étranger, je ne pus que dire : “Votre visage semble familier, monsieur, mais je n’arrive pas à me souvenir de votre nom.”

   « “Pourtant tu m’as invité à venir ici ce soir, ou devrais-je dire, tes parents et toi m’avez fréquemment invité à être présent avec vous à chaque fois que je le peux. Tu m’as invité à faire ma demeure ici ; et je suis venu ce soir me joindre à votre petite assemblée.”

   « “Je vous demande pardon”, répondis-je, “mais je suis encore plus perplexe, et je vous demande de bien vouloir m’éclairer en me disant à qui j’ai le plaisir de parler.”

   « Alors il a présenté à mon regard les paumes de ses mains, dans lesquelles se trouvaient des cicatrices semblables à celles faites par des clous, et il m’a regardée profondément avec ses yeux perçants et pourtant si tendres ; je n’avais pas besoin qu’il me dise : “ Je suis Jésus-Christ, ton Seigneur.”

   « Dire que j’étais étonnée serait exprimer une petite partie de ce que j’ai ressentie. Pendant un instant je suis restée immobile, ne sachant que dire ou que faire. Pourquoi m’était-il impossible de me jeter à ses pieds et de dire de tout mon cœur : “Te voir ici me remplit de joie, Seigneur Jésus” ?

   « Avec ce regard accroché au mien, je ne pouvais pas le dire ; car ce n’était pas vrai. Pour des raisons qu’il m’était impossible à cet instant là de comprendre en totalité, j’étais désolée qu’il soit venu. C’était une pensée affreuse : être heureuse de vous avoir tous ici, et pourtant être désolée de voir mon Sauveur ! Se pouvait-il que j’avais honte de lui, ou bien avais-je honte de quelque chose en moi-même ?

   « Enfin, je me suis ressaisie, et dit : “Tu souhaites parler à mes parents, j’en suis sûre.”

   « “Oui, Mabel,” alors qu’il m’accompagnait vers le lieu où mon père et ma mère étaient assis, regardant avec surprise mon évidente confusion en saluant un invité inattendu ; “mais je suis venu ce soir principalement pour être avec toi et tes jeunes amis ; dans vos rencontres de jeunesse je t’ai souvent entendu dire avec enthousiasme combien merveilleux ce serait de m’avoir présent avec toi de manière visible. ”

   « A nouveau le rouge me vint aux joues à la pensée que demain soir il y avait la réunion de prière ; j’aurais été tellement heureuse de le voir à ce moment-là. Mais pourquoi pas ce soir, à cette agréable occasion ? Je le conduisit vers mes parents, et le présentai, d’une manière un peu honteuse.

   « Ils furent tout d’abord très étonnés, mais, convaincus par son apparence sur laquelle on ne pouvait pas se méprendre, mon père retrouva suffisamment de sang-froid pour lui souhaiter la bienvenue. Et tout en lui offrant un siège, fit remarquer que c’était un plaisir inattendu. Après une pause assez longue, il expliqua à Jésus que sa fille Mabel, très occupée par ses études, et n’ayant que peu de changements dans la vie, avait reçu la permission d’inviter quelques amis pour une soirée amicale, avec quelques danses calmes pour faire un peu d’exercice – excellent pour la santé. Ses amis étaient parmi les meilleurs, et il pensait qu’il s’agissait d’un amusement inoffensif, que l’église en était venue à considérer sous un jour différent d’il y avait quarante ans. En enlevant tout ce qu’il y avait de répréhensible dans les mauvaises compagnies, on avait fait de ce passe-temps plaisant un privilège sans risque.

   « Alors que mon père balbutiait, en présence de Jésus, ces paroles d’excuse, qui étaient tombées de mes propres lèvres, je me sentis devenir rouge de honte aussi bien pour mon père que pour moi. Pourquoi devait-il s’excuser de quelque chose qu’il considérait juste ? Combien cela sonnait creux en présence du Seigneur ! Jésus ne savait-il pas que mes études n’étaient pas si pressantes mais que je pouvais passer de longues heures à des fêtes, parfois plusieurs fois par semaine ?

   « Puis père, anxieux de soulager mon embarras évident dit : “Je suis certain que nous pouvons laisser ces jeunes ensemble sans aucun souci, et rien ne me ferait plus plaisir que de t’emmener, Seigneur Jésus, dans mon bureau pour que nous puissions converser ensemble.”

   « “Non”, répondit Jésus, “Mabel m’a souvent invité, et ce soir je suis venu tout spécialement pour être avec elle. Me présenteras-tu à tes amis, Mabel ? Je connais certains d’entre eux, mais pas tous.”

   « Bien sûr, à ce moment-là vous, mes amis, regardiez très souvent dans notre direction, vous demandant quelle était la cause de notre embarras, et vous imaginant peut-être que nous étions mal à l’aise en raison de l’arrivée d’un invité pas tout à fait bienvenu. Je le dirigeais tout d’abord vers certains d’entre vous qui vont à l’église, et aucun parmi vous ne semblait très à l’aise après avoir été présentés à Jésus.

   « Alors que l’on se rendait compte de l’identité de l’invité, les visages changèrent de couleur, et certains parmi vous semblaient avoir un vif désir de quitter la pièce. On aurait dit que les membres d’église étaient aussi peu désireux de rencontrer Jésus que ne l’étaient ceux qui n’étaient pas chrétiens.

   « L’un de vous vint doucement me voir et me chuchota : “Veux-tu que je dise aux musiciens de ne pas jouer de musique de danse, mais de chercher de la musique sacrée ?” Jésus entendit la question, et, nous regardant tous deux bien en face, demanda simplement : “Pourquoi ferais-tu cela ?” et nous ne pûmes rien répondre. Quelqu’un suggéra que nous aurions une soirée agréable et profitable si nous changions nos plans d’origine et que nous invitions Jésus à nous parler. Et cette suggestion rencontra cette question pénétrante : “Pourquoi ma présence changerait-elle vos plans ?”

   « Après avoir présenté le Seigneur Jésus à chacun de vous, et que personne ne savait quoi faire, Jésus se tourna vers moi et dit : “Vous aviez l’intention de danser, n’est-ce pas ? Il est grand temps de commencer, ou bien vous ne pourrez pas finir votre programme avant l’aurore. Ne veux-tu pas dire aux musiciens de commencer, Mabel ?”

   « J’étais très embarrassée. Si mon plan d’origine avait été juste, sa présence aurait ajouté uniquement de la joie à cette occasion ; et pourtant, tous mes invités, ainsi que moi-même nous sentions très mal à l’aise en présence de celui que la plupart d’entre nous appelions notre meilleur Ami. Déterminée à mettre de côté ce sentiment et à être moi-même, je demandai aux musiciens de jouer la première danse.

   « Le jeune homme avec lequel je devais danser ne vint pas me retrouver, et personne ne vint sur la piste. C’était encore plus embarrassant. L’orchestre joua encore une fois, et deux ou trois couples commencèrent à danser d’une manière très formelle, plus pour me soulager que pour toute autre raison. J’étais presque hors de moi de honte et de confusion, lorsque le Seigneur Jésus se tourna vers moi et me dit : “Mabel, tes invités ne semblent pas à l’aise. Pourquoi ne soulages-tu pas leur embarras, toi qui es leur hôtesse, en dansant toi-même ? Est-ce que cela te soulagerait si j’offrais de danser avec toi ?”

   « Ma confusion fit place à une expression presque horrifiée, alors que je regardais dans ses yeux tendres et tristes à la fois et me suis écriée : “ Toi, danser ! Mais tu ne peux pas dire cela ?”

   « “ Et pourquoi pas, Mabel ? Si mes disciples peuvent danser, pourquoi ne le pourrais-je pas ? As-tu pensé, durant tout l’hivers, que lorsque tu te rassemblais avec d’autres de mes disciples pour des danses, des parties de cartes, ou pour aller au théâtre, que vous me laissiez à la maison ou à l’église ? Tu demandais ma présence lors des réunions de prière ; mais là, tu ne voulais pas ; pourquoi cela, ma chère enfant ? Pourquoi ne m’as-tu pas souhaité la bienvenue ce soir, Mabel ? Pourquoi ma présence a-t-elle gâchée ton plaisir ? Bien que je sois un « homme de douleur, et habitué à la souffrance », je prends plaisir à partager et à augmenter toutes les joies pures de mes disciples. Est-ce possible que tu me laisses en dehors de certains de tes plaisirs, Mabel ? Si c’est le cas, n’est-ce pas parce que tu as le sentiment qu’ils ne t’aident pas à devenir comme moi et à me rendre gloire ; qu’ils prennent ton temps, tes forces, et tes pensées à un tel point que tu prends moins plaisir à ma Parole et à la communion avec moi ? Tu as demandé : « Quel est le mal ? ». T’es-tu demandé « A quoi cela sert-il ? » As-tu fais ces choses pour la gloire de Dieu ?

   « Tout était clair pour moi, à présent. Vaincue par ma conscience qui me travaillait et par une profonde tristesse, je me jetai à ses pieds et pleurai de repentance.

   « Avec un : “Va en paix, ma fille ; tes péchés te sont pardonnés” il s’en alla. Je me réveillai et réalisai que c’était un rêve. Maintenant je veux vous demander, mes amis, allons-nous continuer le programme de ce soir comme prévu, ou allons-nous prendre les listes que nous avons préparé, pour discuter pendant un moment avec nos partenaires de la question : “Qu’est-ce que les jeunes gens peuvent faire pour rendre le monde meilleur par leur vie ?” ? »

   Le vote fut unanimement en faveur de la deuxième proposition et fut suivi d’autres activités récréatives saines. Cette soirée amicale fut déclarée la meilleure de l’hiver, et on peut dire sans risque que le Seigneur Jésus avait donné ce rêve pour le bien d’autres personnes que Mabel Ashton. – Journal Presbytérien

   Tiré du livre « Stories worth rereading » (Histoires à lire et à relire) édité par la Review and Herald Publishing Association en 1913.

 

   Cher jeune lecteur,

   Tu as remarqué que cette histoire avait été publiée en 1913. Bien évidemment les temps ont changés, les activités récréatives aussi, mais le fond reste le même. Le rêve de Mabel Ashton est valable encore aujourd’hui. Serions-nous heureux de voir Jésus venir nous visiter alors que nous jouons à notre jeu vidéo favori, ou que nous regardons notre feuilleton préféré ? Serions-nous reconnaissants pour sa présence alors que nous nous préparons à aller à une soirée entre amis ? Nous prions pour qu’Il vive avec nous, mais aurions-nous vraiment envie qu’Il soit à nos côtés et qu’il entende nos discussions avec nos amis lors de réunions récréatives du Sabbat après-midi ?

   Ces questions, je te les pose, mais je me les pose aussi. Dieu désire que nous réfléchissions à tout cela, et que nous ayons le désir d’être toujours prêt à avoir Jésus à nos côtés à chaque instant. Son plus grand désir est que nous suivions son exemple et que nous marchions comme lui-même a marché. (Lis 1 Jean 2 : 6)

   C’est mon appel pour toi aujourd’hui. Saches que Marc et moi pensons à toi et que tu es dans nos prières. Fais de Jésus ton meilleur ami et regarde toujours à lui,

Ton amie, Elisabeth

 

 Coin Santé

Quiche d’automne

Ingrédients :

Pâte brisée

- 300 g de farine complète

- 80-100 g d’huile d’olive                                            

- 2 C à s de graines de sésame, sel et un peu d’eau

 

 Garniture de légumes 

- 2 gros oignons râpés

- 4 à 5 carottes râpées

- 1 poireau en lamelles

- 2 gousses d’ail hachées, curcuma, coriandre                        

- huile d’olive

- ½ c à c de sel

- 10 olives noires dénoyautées

 

 Crème de cajou

- 1 verre de noix de cajou blanches trempées

- 1 C à s de purée d’amandes blanche

- 2 verres d’eau                                                           

- 1 C à s de maïzena

- 1 gousse d’ail, sel


Préparation :

- Préparer la pâte brisée en mélangeant la farine complète, le sel, le sésame et l’huile d’olive en frottant du bout des doigts. Ajouter environ ½ verre d’eau tiède et former une boule de pâte. Laisser reposer environ 1h au frais.

- Foncer un moule à tarte fariné avec la pâte et piquer avec une fourchette. Faire cuire à vide au four à 180° (Th. 7) pendant 10 à 12 minutes.

- Faire revenir les oignons dans l’huile. Ajouter le poireau, les carottes et les aromates et laisser mijoter jusqu’à ce que le tout soit tendre.

- Mixer les noix de cajou, la purée d’amandes, l’eau, le sel, la maïzena et l’ail jusqu’à obtenir une crème homogène.

- Mettre les légumes sur la tarte précuite et verser la crème par-dessus.

- Décorer avec les olives et enfourner le tout pendant 20 à 30 minutes à four chaud.

 



[1] Conseils sur la Santé

* Allusion au texte d’Apoc. 14 : 9-12, relatif à l’observation du Sabbat.