Vol.5 - Septembre 2010

 

 

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« Le secret de l’Eternel est pour ceux qui le craignent, et il leur fera connaître son alliance. » Psaume 25 : 14


Table des matières

Editorial—–

Etude Biblique – Les quatre bêtes de Daniel 7—–

Les trois Sabbats par Ellet J. Waggoner—–

Être accepté par Dieu, par E.J. Waggoner—–

Sur leurs traces, 29ème partie—–

Histoire pour les enfants—–

Coin Sant闖

Coloriage


Editorial

   Chers frères et sœurs en Christ,

   De chacun de nous émane une atmosphère, telle une odeur de vie donnant la vie, ou une odeur de mort donnant la mort. En offrant son seul Fils engendré, Dieu le Père a payé le prix infini de notre rançon, et a mis à notre disposition le précieux don de Son Esprit Sacré. Ainsi, si nous choisissons jour après jour de mourir à nous-mêmes et de laisser Christ vivre en nous par la foi, il est notre privilège de représenter notre Dieu au monde. C’est ainsi que l’apôtre Paul put écrire : « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » Galates 2 : 20.

       Mais hélas, ils sont nombreux à choisir une autre voie, et à attrister jour après jour l’Esprit que Dieu notre Père souhaite déverser en abondance dans nos âmes. Le témoignage pathétique de la vie d’hommes tels que Saül et Judas, nous laisse un avertissement solennel afin que nous nous détournions de nos mauvaises voies, et que nous choisissions de marcher avec notre Dieu. Saül, premier roi d’Israël, s’est élevé contre l’homme que Dieu s’était choisi par le prophète Samuel pour le remplacer suite à sa désobéissance. Au lieu de se repentir de ses mauvaises voies, il s’enfonça de plus en plus dans le mal jusqu’au jour où, s’étant coupé de toute influence divine, il alla chez la sorcière d’Endor afin de rappeler Samuel d’entre les morts. L’esprit mauvais qui incarna ce dernier ne fit que sceller le destin de Saül qui mourut au combat peu de temps après avec son fils Jonathan. De même, le sort pathétique de Judas reste un avertissement pour chacun de nous, lui qui ayant eu le privilège de vivre en la présence même de Jésus pendant plus de trois ans, finit par vendre son Maître pour quelques pièces d’argent.

       « Personne n’est contraint de voir le péché contre le Saint Esprit comme quelque chose de mystérieux et d’indéfinissable. Le péché contre le Saint-Esprit consiste en un refus persistant de répondre à l’invitation de se repentir. Si vous refusez de croire en Jésus-Christ comme en votre Sauveur personnel, vous aimez les ténèbres plus que la lumière, vous aimez l’atmosphère qui entourait le premier grand apostat. Vous choisissez cette atmosphère de préférence à l’atmosphère qui entoure le Père et le Fils, et Dieu vous permet de suivre votre choix. »  EGW ; The Review and Herald, 29 juin 1897.

       Que Dieu nous garde de nous aventurer à braver les appels de Son Esprit, et de préférer l’atmosphère qui entoure Satan à celle qui entoure le Père et Son Fils. C’est la notre prière pour chacun de nous.

Dans l’Amour de Dieu et de son divin Fils, Marc et Elisabeth

 

Les quatre bêtes de Daniel 7

 

1) Qu’arriva-t-il à Daniel la première année du règne de Belschatsar ?

Daniel 7 : 1 La première année de Belschatsar, roi de Babylone, Daniel eut un songe et des visions de son esprit, pendant qu’il était sur sa couche. Ensuite il écrivit le songe, et raconta les principales choses.

2) Quelle vision le prophète eut-il ?

Daniel 7 : 2, 3 Voici, les quatre vents des cieux firent irruption sur la grande mer. Et quatre grands animaux sortirent de la mer, différents l’un de l’autre.

3) Que représentaient ces quatre animaux ?

Daniel 7 : 17 Ces quatre grands animaux, ce sont quatre rois qui s’élèveront de la terre.

Note : Le mot « rois » employé par Daniel (2 : 44) désigne des royaumes comme cela ressort des versets 23 et 24 du chapitre 7, où les deux mots sont synonymes.

4) Qu’est-ce que Daniel demanda au messager céleste qui se tenait près de lui pendant la vision ?

Daniel 7 : 16 Je m’approchai de l’un de ceux qui étaient là, et je lui demandai ce qu’il y avait de vrai dans toutes ces choses. Il me le dit, et m’en donna l’explication.

5) Dans la prophétie, que représentent les vents ?

Des luttes, des guerres, des troubles. Voir Jérémie 23 : 31-33 ; 49 : 36, 37.

Note : D’après la vision elle-même, il est évident que les vents représentent des luttes et des guerres. Comme résultat de la lutte des vents, les royaumes s’élèvent et disparaissent.

6) Que représentent les eaux ?

Apocalypse 17 : 15 Les eaux… ce sont des peuples, des foules, des nations, et des langues.

7) A quoi ressemblait le premier animal ?

Daniel 7 : 4 Le premier était semblable à un lion, et avait des ailes d’aigle ; je regardais, jusqu’au moment où ses ailes furent arrachées ; il fut enlevé de terre, et mis debout sur ses pieds comme un homme, et un cœur  d’homme lui fut donné.

Note : Le lion représentait Babylone. Les ailes d’aigle dénotent sans aucun doute la rapidité avec laquelle Babylone établit son règne, entre les années 604 et 561 avant  J.-C.

8) Par quoi le second royaume est-il symbolisé ?

Daniel 7 : 5 Et voici, un second animal était semblable à un ours, et se tenait sur un côté ; il avait trois côtes dans la gueule entre les dents, et on lui disait : Lève-toi, mange beaucoup de chair.

Note : Ce royaume est celui des Mèdes et des Perses, qui succéda à Babylone. « Les Mèdes sont comparés à un ours en raison de leur cruauté et de leur soif de sang, l’ours étant l’un des animaux les plus féroces et les plus cruels. » - Adam Clarke, commentaire sur Dan. 7 : 5

9) Par quoi le troisième empire universel est-il représenté ?

Daniel 7 : 6 Après cela je regardais, et voici, un autre était semblable à un léopard, et avait sur le dos quatre ailes comme un oiseau ; cet animal avait quatre têtes ; et la domination lui fut donnée.

Note : Si les ailes d’un aigle sur le dos d’un lion dénotent la rapidité du mouvement des Babyloniens (voir Hab. 1 : 6-8) les quatre ailes du léopard doivent désigner la célérité incomparable du mouvement de l’empire grec qui succéda à celui des Mèdes. L’histoire confirme ce fait.

« Cet animal avait quatre têtes ». L’empire grec ne conserva son unité que pendant peu de temps. Après la mort d’Alexandre, qui survint en 323 avant J.-C, pendant vingt-deux ans, soit jusqu’en 301 avant J.-C., l’empire fut divisé entre ses quatre principaux généraux. Cassandre prit la Macédoine et la Grèce à l’ouest ; Lysimaque eut la Thrace ainsi que l’Hellespont et le Bosphore, au nord ; Ptolémée obtint l’Egypte, la Libye, l’Arabie, la Palestine et la Syrie au sud. Séleucus eut tout le reste de l’empire d’Alexandre à l’est.

10) Par quoi le quatrième royaume était-il représenté ?

Daniel 7 : 7 Après cela je regardais pendant mes visions nocturnes, et voici, il y avait un quatrième animal, terrible, épouvantable, et extraordinairement fort ; il avait de grandes dents de fer, il mangeait, brisait, et il foulait aux pieds ce qui restait ; il était différent de tous les animaux précédents, et il avait dix cornes.

Note : « Tout le monde s’accorde pour reconnaître dans cette bête l’empire romain. Il était terrible, épouvantable et extrêmement fort et il devint un empire universel comme les écrivains latins se plaisent à le qualifier. » Adam Clarke, Commentaire sur Dan. 7 : 7

Les Grecs furent définitivement vaincus par les Romains à la bataille de Pydna, en 168 avant Jésus-Christ.

11) Que représentait le quatrième animal ?

Daniel 7 : 23 Le quatrième animal, c’est un quatrième royaume qui existera sur la terre, différent de tous les royaumes, et qui dévorera toute la terre, la foulera et la brisera.

12) Que signifiaient les dix cornes sur la tête du quatrième animal ?

Daniel 7 : 24 Les dix cornes, ce sont dix rois qui s’élèveront de ce royaume.

Note : L’empire romain fut divisé en dix royaumes entre les années 351 et 476.

L’historien Machiavel, sans se référer le moins du monde à cette prophétie, donne la liste suivante des nations qui occupèrent le territoire de l’empire romain d’Occident au temps de Romulus Augustule en 476 après Jésus-Christ : les Lombards, les Francs, les Burgondes, les Ostrogoths, les Visigoths, les Vandales, les Hérules, les Suèves, les Huns et les Saxons, dix en tout.

Malgré les modifications constantes et les guerres en Europe, il y a toujours eu sur ce continent une moyenne de dix royaumes. Depuis la chute de Rome ils n’ont pas été réunis en un seul empire, ils n’ont jamais formé un tout comme aux États-unis. Aucun effort dicté par l’ambition pour réunir les fragments brisés n’a réussi. Lorsque de tels efforts ont été tentés, ils ont invariablement échoué.

13) Qu’est-ce que le prophète aperçut bientôt parmi les cornes ?

Daniel 7 : 8 Je considérais les cornes, et voici, une autre petite corne sortit du milieu d’elles, et trois des premières cornes furent arrachées devant cette corne ; et voici, elle avait des yeux comme des yeux d’homme, et une bouche qui parlait avec arrogance.

14) Qu’est-ce qui montre que Daniel attachait une grande importance au quatrième animal, et particulièrement à la petite corne d l’animal ?

Daniel 7 : 19, 20 Ensuite je désirai savoir la vérité sur le quatrième animal, qui était différent de tous les autres, extrêmement terrible, qui avait des dents de fer et des ongles d’airain, qui mangeait, brisait, et foulait aux pieds ce qui restait ; et sur les dix cornes qu’il avait sur la tête, et sur l’autre corne qui était sortie et devant laquelle trois étaient tombées, sur cette corne qui avait des yeux, une bouche parlant avec arrogance, et une plus grande apparence que les autres.

15) Quand la petite corne devait-elle s’élever ?

Daniel 7 : 24 Un autre s’élèvera après eux.

Note : La dislocation de l’empire romain en dix royaumes fut achevé en 476 après Jésus-Christ. La petite corne devait le lever “après les autres”.

16) Quels devaient être les traits caractéristiques de la petite corne ?

Daniel 7 : 24 (fin) Il sera différent des premiers, et il abaissera trois rois.

Note : La puissance qui s’éleva au centre de l’empire romain après 476, devant laquelle trois autres rois devaient tomber et qui était elle-même différente des autres royaumes sortis des ruines de cet empire, c’était la papauté.

17) Quelle attitude la papauté, représentée par la petite corne, devait-elle prendre à l’égard du Très-Haut ?

Daniel 7 : 25 Il prononcera des paroles contre le Très-Haut.

18) Comment Paul décrit-il la même puissance lorsqu’il parle de l’homme du péché ?

2 Thessaloniciens 2 : 4 Il s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu.

Note : Les extraits suivants, provenant presque tous d’auteurs catholiques, indiquent jusqu’à quel point la papauté a fait ce que dit Paul :

« Tous les titres qui dans les Écritures sont attribués à Christ et qui établissent sa suprématie sur l’Église sont applicables au pape. » Bellarmin, On The Authority of Councils.

« Tu es le berger, tu est le médecin, tu es le directeur, tu es l’époux ; enfin tu es un autre Dieu sur la terre. » - Extrait de l’oraison de Christophe Marcel, cité par Labbe et Cossart dans leur Histoire des Conciles.

« Le pape est le juge suprême de la loi et du pays. Il est le vicaire du Christ, qui est non seulement un prêtre à toujours mais aussi Roi des rois et Seigneur des seigneurs. » - Civilla Cattolica du 18 mars 1871.

« Le pape est couronné de trois couronnes parce qu’il est roi du ciel, de la terre et des régions inférieures. » - Ferraris Prompta Bibliotheca, vol. 6, p. 26, art. Pape.

19) Comment la petite corne devait-elle traiter le peuple de Dieu ?

Daniel 7 : 25 Il opprimera les saints du Très-Haut.

Note : « Déclanchées par des maximes sanguinaires, les persécutions furent continues dès le XIe et XIIe siècles jusqu’aujourd’hui ou presque. Tels sont, à part les meurtres secrets et les lentes agonies commis par le tribunal de l’Inquisition, les faits connus qui expliquent la prophétie. » - Rev. T. R. Birks.

20) Que devait encore tenter la petite corne ?

Daniel 7 : 25 Et il espérera changer les temps et la loi.

Note : Quoique les dix commandements, la loi de Dieu, se trouvent dans la version catholique des saintes Écritures tels qu’ils ont été donnés à l’origine, les « fidèles » sont instruits d’après les catéchismes de l’Église, et non pas directement d’après la Bible.

Le second commandement qui défend de faire des images et de se prosterner devant elles, est omis dans le catéchisme catholique d’usage courant et le dixième commandement, qui interdit la convoitise, est divisé en deux, tandis que le quatrième commandement est appliqué au dimanche.

21) Pendant combien de temps les saints, les temps et la loi du Très-Haut devaient-ils être livrés entre les mains de la petite corne ?

Daniel 7 : 25 [ils] seront livrés entre ses mains pendant un temps, des temps, et la moitié d’un temps.

22) Dans quelles autres prophéties cette même période est-elle mentionnée ?

Apocalypse 12 : 14 Et les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu’elle s’envolât au désert, vers son lieu, où elle est nourrie un temps, des temps, et la moitié d’un temps, loin de la face du serpent.

Apocalypse 13 : 5 Et il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes et des blasphèmes ; et il lui fut donné le pouvoir d’agir pendant quarante-deux mois.

Apocalypse 12 : 6 Et la femme s’enfuit dans le désert, où elle avait un lieu préparé par Dieu, afin qu’elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours.

23) Dans la prophétie symbolique, que représente un jour ?

Nombres 14 : 34 De même que vous avez mis quarante jours à explorer le pays, vous porterez la peine de vos iniquités quarante années, une année pour chaque jour. (Voir Ezéchiel 4 : 6)

Note : Dans la prophétie, un temps était égal à une année (Daniel 11 : 13), trois temps et demi représentent trois ans et demi, ou quarante deux mois, ou 1260 jours, puisque dans la chronologie prophétique l’année à 360 jours et que le mois en a trente. Puisqu’un jour représente une année, la période dont la fin devait marquer la limite de la suprématie de la petite corne devait être de mille deux cent soixante ans.

En 533 après J.-C., l’empereur Justinien décréta que l’évêque de Rome serait le chef de toutes les églises et la même année il donna au pape le titre de correcteur des hérétiques. Mais c’est lorsque la puissance des Ostrogoths fut brisée, cinq ans plus tard, que ces décrets devinrent effectifs. C’est donc à partir de l’année 538 qu’il faut compter les mille deux cent soixante ans de la domination papale. Cette suprématie s’est donc terminée en 1798 lorsque la puissance temporelle du gouvernement papal a été renversée par les Français, sous le général Berthier, qui déclara la papauté abolie et conduisit le pape en France comme prisonnier.

24) Que fera-t-on finalement de la domination exercée par la petite corne ?

Daniel 7 : 26 Puis viendra le jugement, et on lui ôtera sa domination, qui sera détruite et anéantie pour jamais.

25) Ensuite, à qui appartiendra la domination pour toujours ?

Daniel 7 : 27 Le règne, la domination, et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son règne est un règne éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront.

 

Les trois Sabbats

Ellet J. Waggoner

Article de “ Present Truth ”, 16 juin 1898

   Quelqu’un peut véritablement parler de sabbats au pluriel seulement comme il parlerait de plusieurs dieux. « Il n’y a qu’un seul Dieu. Car, s’il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins pour nous il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. » (1 Cor. 8 : 4-6). Ainsi, même s’il y a pour ainsi dire différents sabbats, il n’y a qu’un vrai sabbat, le Sabbat du Seigneur.

Le Sabbat du Seigneur

   Le mot « Sabbat » signifie repos. C’est un mot hébreu transposé en français. Lorsque les Hébreux utilisaient le mot « Sabbat », ils y voyaient la même idée que nous voyons dans le mot « repos ». Le quatrième commandement nous dit donc en réalité : « Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Eternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l’Eternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour : c’est pourquoi l’Eternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. » (Ex. 20 : 8-11).

   Nous ne devons pas faire l’erreur de considérer le repos du Seigneur à partir de ce que les hommes sont accoutumés d’appeler un repos. Dieu n’est pas un homme. Nous devrions plutôt apprendre du repos de Dieu ce qu’est réellement le repos. Le repos de Dieu n’est pas un simple repos physique consécutif à de la fatigue. Nous le savons pour deux raisons : « Dieu est Esprit » (Jean 4 : 24). Pas « un esprit » comme s’Il était un esprit parmi tant d’autres ; mais Il est Esprit, tel que rendu dans la marge de la Version Révisée. Deuxièmement : « C’est le Dieu d’éternité, l’Eternel, qui a créé les extrémités de la terre ; il ne se fatigue point, il ne se lasse point. » (Es. 40 : 28) Le Seigneur ne s’est dont pas reposé parce qu’Il était fatigué, et Son repos n’est pas physique, mais spirituel, puisqu’il est Esprit. « Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. » (Jean 4 : 24).

   Dieu S’est reposé, non parce qu’Il était fatigué, mais parce que Son œuvre était terminée. Quand un travail est terminé et qu’il est bien fait, il ne reste que le repos. En six jours, Dieu a fini Son œuvre et en l’examinant, Il a déclaré que tout était « très bon ». Il n’y avait aucun défaut en elle. Elle était sans faille devant Lui. Par conséquent, puisque l’œuvre de Dieu était faite et bien faite à la fin du sixième jour, « Il se reposa au septième jour de toute son œuvre, qu’Il avait faite. » Il n’eut aucune pensée de tristesse ni regret. Son repos ne fut pas dérangé, comme dans ce que l’homme appelle si souvent le repos, par quelque pensée du genre : « Je dois encore aller travailler demain » ou « J’aurais souhaité faire cette partie un peu différemment » ou « si je pouvais la refaire, j’y apporterais une amélioration » ou encore « le travail du dernier jour est tellement mauvais que je ne peux en supporter la vue ; j’étais tellement fatigué que lorsque je m’y suis mis, je n’ai pas pu en faire même la moitié. » Non, rien de tel. Chaque partie de l’œuvre, même l’être humain, était aussi parfaite qu’il était possible de l’être et Dieu a pris plaisir à contempler l’œuvre dont Il se reposait, parce qu’elle était complète et parfaite.

   C’est le repos qu’Il nous offre. Ce n’est pas quelque chose qu’Il nous impose, mais qu’Il nous donne dans Son amour et Sa bonté éternelle. Le repos n’est pas une tâche assignée à quelqu’un. Ce n’est pas un fardeau. Ceux qui considèrent le Sabbat comme un fardeau n’ont aucune idée de ce qu’est le Sabbat du Seigneur. C’est un repos, un repos parfait, non dérangé.

   Jésus-Christ est Celui par lequel les mondes ont été faits « car en Lui ont été créées toutes choses dans les cieux et sur la terre », c’est pourquoi Il est Celui qui nous offre ce repos. Il appelle chaque âme : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. » (Matt. 11 : 28) On trouve le repos en Lui parce qu’en Lui sont achevées les œuvres de Dieu. En Lui est la nouvelle création et si un homme est en Lui, il est une nouvelle créature. Sur la croix Jésus a crié « C’est accompli », montrant que c’est dans Sa croix que nous trouvons le repos parfait qui vient seulement de l’œuvre achevée du Seigneur.

   Ce repos s’obtient par la foi. « Nous qui croyons nous entrons dans le repos ». Comment cela ? Parce que nous entrons en possession, par la foi, de l’œuvre achevée et parfaite du Seigneur. « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’Il a envoyé. » (Jean 6 : 29). Croire en Lui signifie Le recevoir ; et puisqu’en Lui les œuvres de Dieu sont complètes, il s’en suit qu’en croyant en Lui, nous trouvons le repos.

   Le repos que Jésus donne, c’est le repos par rapport au péché. Les fatigués et chargés qu’Il appelle à Lui sont ceux qui sont accablés par le poids de leurs péchés. Tous les hommes le sont, « car tous ont péché ». Nos meilleures œuvres n’ont aucune valeur. Christ aura un peuple qui sera « zélé pour les bonnes œuvres » (Tite 2 : 14-15) ; mais les bonnes œuvres doivent être celles que Dieu Lui-même a accomplies pour nous en Christ. Seule Son œuvre est durable. « Son œuvre est honorable et glorieuse ; et Sa justice dure à jamais. » (Ps. 111 : 3) Par conséquent, « c’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions. » (Eph. 2 : 8-10). Ce n’est pas « à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit, qu’il a répandu sur nous avec abondance par Jésus-Christ notre Sauveur. » (Tite 3 : 5-6).

   C’est donc par les œuvres de Dieu que nous sommes sauvés et non par les nôtres. Les bonnes œuvres sont nombreuses, et elles sont aussi pour nous, mais non par des œuvres de notre part, seulement par l’œuvre parfaite de Dieu en Jésus-Christ. Si les œuvres étaient les nôtres, alors le repos serait le nôtre ; mais Dieu nous donne Son repos, non le nôtre,  parce que seules Ses œuvres peuvent donner un repos parfait. « Il fait ses œuvres merveilleuses pour qu’on s’en souvienne. » (Ps. 111 : 4) ou littéralement : « Il a fait un mémorial pour Ses œuvres merveilleuses. » Ce mémorial est le septième jour, le jour où Il s’est reposé de toutes Ses œuvres. Ce jour, Il l’a béni et l’a sanctifié, l’a fait saint. Sa sainteté ne l’a jamais quitté car « tout ce que Dieu fait durera toujours. » (Eccl. 3 : 14) Peu importe ce que fait l’homme, peu importante comment il considère ce jour, Sa sainteté demeure.

   « Il reste donc un repos pour le peuple de Dieu », et le septième jour, que Dieu a déclaré être Son repos pour toujours, est le moyen par lequel Il nous fait connaître la perfection de Son repos, parce qu’Il nous appelle à contempler une nouvelle création achevée et parfaite. Il nous révèle le Dieu éternel, le Créateur non fatigué, tout puissant, qui a accompli et montré Sa grande bonté pour ceux qui se confient en Lui devant les fils des hommes. » (Ps. 31 : 19) Il nous rappelle que nous avons « toute plénitude en lui qui est le chef de toute principauté et puissance. » Il nous dit que même si nous avons péché et amené la malédiction sur la parfaite création de Dieu, la croix de Christ, qui porte la malédiction, restaure et perpétue l’œuvre parfaite de Dieu, tout comme au commencement, lorsque l’homme fut créé. « Grâces soient rendues à Dieu pour son don ineffable. »

Le Sabbat Juif

   Il existe ce qu’on appelle « le Sabbat juif » ou le Sabbat des Juifs, mais c’est une chose bien différente du Sabbat du Seigneur. Beaucoup de gens s’imaginent que si quelqu’un observe le septième jour, il garde le Sabbat juif ; mais ce n’est pas du tout le cas. Personne ne garde le Sabbat juif s’il garde le Sabbat « selon le commandement ». La même différence existe entre le sabbat juif et le Sabbat du Seigneur qu’entre un homme et Dieu. Laissez-moi vous expliquer :

   « Le septième jour est le Sabbat du Seigneur », mais nous avons vu que le repos du Seigneur est un repos spirituel, commémoré par le septième jour. Un homme peut cesser de travailler le septième jour de la semaine et ne pas garder le Sabbat du Seigneur. Si un homme cesse de travailler le vendredi soir au coucher du soleil et s’abstient de tout travail jusqu’au jour suivant au coucher du soleil, comme une simple forme de culte et pour mieux se préparer physiquement à retourner travailler, ou avec la pensée qu’il se décharge ainsi d’un devoir, et se gagne la faveur de Dieu, ce n’est pas cela garder le Sabbat du Seigneur. Garder le Sabbat du Seigneur, c’est faire ses délices du Seigneur. Ceux qui ne prennent pas plaisir dans le Seigneur ne gardent pas son Sabbat, peu importe qu’ils s’abstiennent de travailler.

   Il est absolument impossible pour quelqu’un qui n’est pas chrétien de garder le Sabbat du Seigneur ; car, comme nous l’avons vu, le repos de Dieu vient seulement de Son œuvre parfaite que l’on trouve uniquement en Christ. « Nous qui croyons entrons dans son repos. » Par conséquent, aucun juif de nom, qui ne croit pas en Christ, ne garde le Sabbat du Seigneur même si, en apparence, il se repose le septième jour de la semaine. Son repos est son propre repos et non le repos du Seigneur.

   Voyez-vous la différence ? Le sabbat juif tombe le même jour de la semaine que le Sabbat du Seigneur, mais ce n’est pas du tout la même chose. Il représente seulement l’homme lui-même et son œuvre personnelle. Au lieu d’être le signe de la justification par la foi dans l’œuvre du Seigneur, c’est le signe de sa propre justice, comme le montre la question que les Juifs posèrent à Jésus : « Que devons- nous faire pour faire les œuvres de Dieu ? » Ils considéraient leurs propres œuvres comme équivalentes à celles de Dieu. Leur obéissance n’était pas l’obéissance de la foi mais seulement une obéissance formaliste. Que le Seigneur nous délivre d’un tel sabbat ! C’est de cela que nous sommes délivrés dans le Sabbat du Seigneur, car nous sommes sauvés de nos propres œuvres et recevons les œuvres parfaites du Seigneur. « Le septième jour est le Sabbat du Seigneur », mais faisons attention à ne pas en faire une simple caricature du repos. Prenons-le pour ce qu’il est : le repos du Seigneur.

Le sabbat papal

   Il y a une chose entièrement différente du sabbat des Juifs et infiniment différente du Sabbat du Seigneur. Le Sabbat du Seigneur est l’acceptation des œuvres mêmes de Dieu et du repos qui les accompagne, elles seules, Lui permettant de produire en nous à la fois le vouloir et le faire selon Son bon plaisir ; le sabbat juif représente la vaine tentative d’hommes zélés et sûrs d’eux de faire les œuvres que Dieu Lui-même fait et que Lui seul peut faire ; mais le sabbat du pape signifie la substitution de l’œuvre de Dieu par l’œuvre de l’homme comme étant non seulement aussi bonne mais même meilleure. Il dispense même de la forme du commandement du Seigneur. Voyons comment.

   Le Sabbat du Seigneur a été suffisamment traité pour le moment. Nous savons ce qu’il est. Nous avons vu que le sabbat des Juifs est l’observation de la forme du Sabbat du Seigneur, sans la substance qui ne peut venir que par la foi. Il tombe le même jour, mais c’est le sabbat de l’homme et non celui du Seigneur. Le sabbat papal n’a rien de commun avec le Sabbat du Seigneur, pas même (au niveau de) la forme, mais il le répudie totalement. Ainsi un livre catholique romain intitulé « Une manière sûre de découvrir la vraie religion » déclare :

   « La sanctification du dimanche est une chose absolument nécessaire au salut ; cependant elle ne paraît nulle part dans la Bible ; au contraire, la Bible dit : “Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier” (Ex. 20 : 8), c’est-à-dire le samedi et non le dimanche ; cela signifie donc que la Bible ne contient pas toutes les choses nécessaires à notre salut. »

   Ce n’est qu’une des nombreuses citations parmi d’autres qui peuvent être données, mais c’est suffisant pour montrer que par l’observation du dimanche, l’Église Catholique répudie délibérément la Parole du Seigneur et se place au-dessus d’elle. Pour bien mettre en valeur sa prétention d’être au-dessus de Dieu, l’Église Catholique a placé son sabbat en un jour tout à fait différent du Sabbat du Seigneur, un jour que Dieu Lui-même n’aurait pu choisir comme Son sabbat puisque c’est celui où Il a commencé Son œuvre. On voudrait ainsi enseigner aux hommes qu’ils doivent obéir à l’Église plutôt qu’à Dieu.

   Notez que la citation parle de la nécessité de « garder saint le dimanche » [de le sanctifier]. Mais Dieu n’a pas fait du dimanche un jour saint. En fait, la Bible ne dit rien d’un tel jour. Elle reconnaît le premier jour de la semaine qu’elle appelle un jour ouvrable, mais la sanctification du dimanche a été inventée à Rome. Le seul jour dont Dieu ait jamais parlé comme étant saint est le septième jour de la semaine. Ce jour, Il l’a Lui-même sanctifié, et Il demande à l’homme de respecter cette sainteté. Tout caractère sacré que le dimanche peut avoir dans le monde lui vient de l’homme. Le sabbat du dimanche, par conséquent, représente le signe de la prétendue capacité de l’homme de rendre les choses saintes. Car si l’homme peut rendre une seule chose sainte, il est évident qu’il peut rendre sainte n’importe quelle chose. Si l’homme peut rendre et garder un jour saint, alors il peut aussi se rendre saint et se garder saint. Le sabbat papal est donc le signe de la prétention du pape à prendre la place du Seigneur comme sanctificateur des pécheurs.

   Tandis que le septième jour est le signe de la puissance de Dieu pour sauver par Ses œuvres à Lui, le dimanche est le signe de la supposée puissance de l’homme de se sauver par ses propres œuvres, indépendamment et en dépit du Seigneur. Il répudie le Seigneur en répudiant Sa Parole. Prenez note que ceci est dit du dimanche papal et non de tous ceux qui le considèrent comme un jour saint. Il y a des milliers de gens qui gardent le jour papal, supposant avec honnêteté qu’il est le Sabbat du Seigneur. De telles personnes, bien sûr, croient en la justification par la foi, même si elles observent involontairement le signe de la justification par les œuvres. C’est pour leur bénéfice que cet article a été écrit, afin qu’elles puissent être totalement en accord avec leur profession de foi. Nous traitons ici de faits, sans considérer la réaction des hommes à leur égard ; et les faits sont que le Sabbat du Seigneur est le justification par la foi ; le sabbat papal signifie la justification par les œuvres, les œuvres mêmes de l’homme. Pour lequel prendrez-vous position ?

 

Être accepté par Dieu

Ellet J. Waggoner – Christ notre Justice, chapitre 10

   Beaucoup de personnes hésitent à se décider à servir le Seigneur, parce qu’elles craignent que Dieu ne les accepte pas; et des milliers, qui ont professé suivre Christ pendant des années, doutent encore de leur acceptation par Dieu. J’écris pour leur profit, et je ne voudrais pas troubler leur esprit avec des spéculations, mais je m’efforcerai de leur apporter les simples assurances de la Parole de Dieu.

   Est-ce que le Seigneur m’acceptera? Je réponds par une autre question : Est-ce qu’un homme acceptera ce qu’il a acheté? Si vous allez dans un magasin et faites un achat, acceptez-vous les objets quand ils vous sont remis? Naturellement! Il n’y a pas de doute. Le fait que vous ayez acheté ces marchandises et que vous les ayez payées est une preuve suffisante, non seulement que vous êtes disposés, mais que vous êtes désireux de les recevoir. Si vous ne les aviez pas voulues, vous ne les auriez pas payées. Plus le prix de la marchandise était élevé, et plus vous serez désireux de la recevoir. Si le prix que vous avez payé était extrêmement élevé, et que vous avez presque usé votre vie pour le payer, alors, il n’y a pas de doute que vous accepterez l’article quand il vous sera livré. Vous serez dans la crainte qu’une erreur soit commise dans la livraison.

   Maintenant, appliquons cette illustration simple et quotidienne au pécheur qui vient à Christ. En premier lieu, Il nous a achetés : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit, qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-même? Car vous avez été rachetés à un grand prix » ( 1 Corinthiens 6:19, 20 ).

   Le prix qu’Il paya pour nous fut Son propre sang, Sa vie. Paul dit aux saints d’Ephèse : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église du Seigneur, qu’Il s’est acquise par Son propre sang » ( Actes 20 :28 ). « Sachant que ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous aviez héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache » ( 1 Pierre 1 :18, 19 ). « Il s’est donné lui-même pour nous » ( Tite 2 :14 ). « Il s’est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous arracher du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père » ( Galates 1 :4 ).

   Il n’a pas racheté qu’une certaine catégorie, mais tout un monde de pécheurs : « Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique » ( Jean 3 :16 ). Jésus dit : « Le pain que je donnerai pour la vie du monde, c’est ma chair » ( Jean 6 :51 ). « Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies ». « Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » ( Romains 5 :6-8 ).

   Le prix payé fut infini, donc nous savons qu’Il désirait vraiment ce qu’il a acheté. Il était fermement décidé à l’obtenir. Il ne pouvait pas être satisfait sans cela. Voir Philippiens 2 :6-8; Hébreux 12 :2; Ésaïe 53 :11.

   Vous direz peut être : « Mais je ne suis pas digne ». Cela signifie que vous ne valez pas le prix payé, et par conséquent, vous craignez de venir à Jésus de peur qu’Il refuse Son achat. Or, vous pourriez avoir quelque crainte à cet égard, si le marché n’était pas conclu, et si la somme n’avait pas encore été versée. Si Christ décidait de ne pas vous accepter parce que vous n’en valez pas le prix, non seulement Il vous perdrait, mais Il perdrait aussi le montant qu’il a payé. Bien que la marchandise ne vaudrait pas ce que vous avez payé pour l’avoir, vous ne seriez pas inconséquent au point de la mépriser. Vous aimeriez mieux recevoir quelque chose pour votre argent plutôt que de ne rien avoir.

   Mais il y a plus : vous n’avez aucun motif de vous préoccuper du prix. Quand Christ vint sur la terre intéressé par cet achat, « il n’avait pas besoin qu’on lui rendit témoignage d’aucun homme; car il savait Lui-même ce qui était dans l’homme » ( Jean 2 :25 ). Il fit cet achat les yeux bien ouverts, et Il connaissait la valeur exacte de ce qu’Il achetait. Il n’est pas du tout déçu quand vous venez à Lui et qu’Il découvre que vous êtes sans valeur. Vous n’avez pas à être soucieux sur la valeur puisque connaissant parfaitement la situation, Il se sent satisfait de Son achat; vous devriez être le dernier à vous plaindre.

   En effet, la vérité la plus merveilleuse, c’est qu’Il vous a racheté pour la simple raison que vous n’en étiez pas digne. Ses yeux exercés ont vu en vous de grandes possibilités, et Il vous a racheté non à cause de ce que vous étiez, ou de ce que vous valez maintenant, mais pour ce qu’Il pourrait faire de vous. Il vous dit: « C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi » ( Ésaïe 43 :25 ). Nous n’avons pas de justice, et c’est pour cette raison qu’Il nous a achetés « afin que nous puissions devenir justice de Dieu en lui ». Paul dit : « Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité » ( Colossiens 2 :9, 10 ). Voici tout le processus :

   « Nous tous aussi..., nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres... Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendu à la vie avec Christ (c’est par grâce que vous êtes sauvés); il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ. Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes oeuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions » ( Éphésiens 2 :3-10 ).

   Nous devons être « à la louange de la gloire de Sa grâce ». Nous ne pourrions pas l’être si nous avions valu à l’origine tout ce qu’il a payé pour nous. Dans ce cas, il n’y aurait pas de gloire pour lui, dans cette transaction. Il ne pourrait pas, dans les âges à venir, manifester les richesses de Sa grâce. Mais quand Il nous prend, indignes comme nous sommes, et qu’Il nous présente finalement sans défaut devant le trône, ce sera pour Sa gloire pour toujours. Et alors, il n’y aura personne pour s’attribuer du mérite. Pendant toute l’éternité, les foules sanctifiées s’uniront pour dire à Christ : « Tu es digne...car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation; tu as fait d’eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu,... L’Agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire, et la force, aux siècles des siècles » ( Apocalypse 5 :9, 10, 12 ).

   Tous les doutes concernant notre acceptation par Dieu devraient être absolument rejetés. Mais il n’en est pas ainsi. Le coeur mauvais de l’incrédule héberge toujours des doutes. « Je crois tout ceci, mais... ». Arrêtez-vous là; si vous croyiez réellement, il n’y aurait pas de « mais ». Quand les gens ajoutent un « mais » à l’affirmation à laquelle ils déclarent croire, ils veulent dire en réalité : « je crois, mais je ne crois pas ». Mais vous continuez: « Peut-être avez-vous raison, mais ... je crois les déclarations des Écritures que vous avez citées, mais la Bible dit que si nous sommes enfants de Dieu, nous aurons le témoignage du Saint-Esprit, et nous l’aurons en nous-mêmes; et je n’ai aucun témoignage de ce genre, par conséquent, je ne peux pas croire que j’appartiens à Christ. Je crois sa parole, mais je ne possède pas le témoignage ».

   Je comprend votre difficulté; voyons si elle ne peut pas disparaître.

   Quant au fait d’appartenir à Christ, vous pouvez vous-même régler cela. Vous avez vu ce qu’il a donné pour vous. Maintenant, la question est : vous êtes-vous abandonné à Lui? Si vous l’avez fait, vous pouvez être sûr qu’Il vous a accepté. Si vous n’êtes pas à lui, c’est uniquement parce que vous avez refusé de lui livrer ce qu’il a déjà acheté. Vous le frustrez. Il dit : « j’ai tendu mes mains tout le jour vers un peuple rebelle et contredisant » ( Romains 10 :21 ). Il vous supplie de lui donner ce qu’il a acheté et payé, cependant vous refusez, et vous l’accusez de ne pas vouloir vous recevoir. Mais, si vous vous êtes abandonné à Lui de tout votre coeur, pour être Son enfant, vous pouvez être assuré qu’Il vous a reçu.

   Maintenant, quant à croire Ses paroles tout en doutant qu’Il vous accepte -- parce que vous ne sentez pas le témoignage du Saint-Esprit dans votre coeur -- permettez-moi d’insister sur le fait que vous ne croyez pas. Si vous le faisiez, vous auriez ce témoignage. Écoutez ses paroles : « Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui-même; celui qui ne croit pas Dieu le fait menteur, puisqu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils » ( 1 Jean 5 :10 ). Croire au Fils, c’est simplement croire sa parole et le témoignage le concernant.

   « Celui qui croit au fils de Dieu a ce témoignage en lui-même ». Vous ne pouvez pas avoir ce témoignage tant que vous ne croirez pas; et aussitôt que vous croirez, vous l’obtiendrez. Comment? Parce que ta foi en la Parole de Dieu est précisément le témoignage. Dieu dit : « Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas » ( Hébreux 11 :1 ).

   Si vous entendiez Dieu dire d’une voix audible que vous êtes son enfant, vous considéreriez ce témoignage comme suffisant. Eh bien, quand Dieu parle dans Sa Parole, c’est la même chose que s’Il parlait à voix haute, et votre foi est la preuve que vous entendez et croyez.

   C’est un sujet si important qu’il mérite toute notre attention. Lisons d’autres textes bibliques au sujet du témoignage.

   D’abord, nous lisons que nous sommes « enfants de Dieu par la foi en Christ Jésus » ( Galates 3 :26 ). Ceci est une confirmation positive de ce que j’ai dit concernant notre incrédulité sur le témoignage. Notre foi fait de nous des enfants de Dieu. Mais comment obtenons-nous cette foi? « La foi, vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ » ( Romains 10 :17 ). Mais comment pouvons-nous obtenir la foi en la Parole de Dieu? Croyez simplement que Dieu ne peut pas mentir. Vous diriez difficilement à Dieu qu’Il est un menteur; mais c’est justement ce que vous faites si vous ne croyez pas Sa Parole. Tout ce que vous avez à faire pour croire, c’est croire: « La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur. Or c’est la parole de la foi que nous prêchons. Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton coeur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvés. Car c’est en croyant du coeur qu’on parvient à la justice et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut, selon qu’il est dit : Quiconque croit en lui ne sera point confus » ( Romains 10 :8-11 ).

   Tout ceci est en harmonie avec le témoignage rendu par Paul : « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ » ( Romains 8 :16, 17 ). Cet esprit qui témoigne avec votre esprit est le Consolateur que Jésus a promis ( Jean 14 :16 ). Nous savons que Son témoignage est vrai, car Il est « Esprit de vérité ». Or, comment rend-il témoignage? En nous remettant en mémoire la Parole qui a été écrite. Il a inspiré ces mots : « Nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles » ( 1 Corinthiens 2 :13 ). « Car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » ( 2 Pierre 1 : 21 ), et par conséquent, quand Il nous les remet en mémoire, c’est la même chose que s’Il nous les disait directement et personnellement. Il présente à notre esprit le texte biblique que nous avons cité en partie; nous savons que le texte est vrai, car Dieu ne peut mentir; nous ordonnons à Satan de disparaître avec son faux témoignage contre Dieu, et nous croyons à la parole. En le croyant, nous savons que nous sommes enfants de Dieu et nous crions : « Abba, Père ». Alors, la glorieuse vérité se déploie plus clairement devant notre âme. La répétition de ces mots transforme cette vérité en une réalité pour nous. Il est notre Père; nous sommes Ses enfants. Quelle joie cette pensée nous procure! Nous voyons donc que le témoignage que nous avons en nous n’est pas un simple sentiment, ou une émotion. Dieu ne nous demande pas de placer notre confiance en un indicateur si peu fiable que le sont nos sentiments. « Celui qui se fie à son propre coeur est fou », dit l’Écriture. Mais le témoignage que nous devons croire est la Parole immuable de Dieu, et nous pouvons avoir un tel témoignage dans notre propre coeur par l’esprit. « Louange à Dieu pour son don ineffable!»

   Cette assurance ne nous autorise pas à relâcher notre application, ni à nous reposer satisfaits comme si nous avions atteint la perfection. Nous devons nous souvenir que Christ nous accepte, non pas par égard pour nous, mais à cause de Lui; non parce que nous sommes parfaits, mais parce qu’en Lui nous pouvons avancer jusqu’à la perfection. Il nous bénit, non parce que nous avons été si bons, que nous avons mérité une bénédiction, mais afin qu’avec la force de la bénédiction, nous puissions nous détourner de nos iniquités ( Actes 3 :26 ). À tous ceux qui croient en Christ, la puissance est donnée de devenir enfants de Dieu ( Jean 1 :12 ). C’est par « les plus grandes et les plus précieuses promesses » de Dieu en Jésus-Christ que nous devenons participants de la nature Divine ( 2 Pierre 1 :4 ).

 

Sur leurs traces – 29 ème partie

La résille volée

   Les circonstances que nous allons rapporter ont eu pour cadre une localité au nord de la Caroline. Mme White résidait alors à Healdsburg, à peu de distance du collège nouvellement construit. Comme elle vivait seule – ces faits se situent après la mort de son mari – elle mit certaines pièces de son habitation à la disposition de quelques jeunes filles qui fréquentaient ce collège. L’une d’elles, d’une intelligence particulièrement brillante, assumait même quelques heures d’enseignement.

   Cette jeune personne se plaisait énormément chez Mme White. La maison de bois, à deux étages, était plus qu’accueillante, avec son jardin et son verger. Et Mme White elle-même était pour ces adolescentes une mère aussi généreuse que compréhensive. Plusieurs mois s’écoulèrent dans une parfaite sérénité. C’est alors que se produisit un incident regrettable. S’étant rendue dans la chambre de sa bienfaitrice pour une raison ou un autre, la jeune fille dont nous venons de parler aperçut, sur la commode, un objet qui la tenta. Elle s’attarda à l’examiner et, plus elle le regardait, plus la convoitise s’insinuait en elle. Finalement, s’étant assurée que personne ne la voyait, elle tendit la main et subtilisa l’objet.

   De quoi s’agissait-il ? D’une montre, pensez-vous, ou de quelque autre objet de valeur ? Pas le moins du monde. La chose qui avait si fort excité la convoitise de la jeune fille était une vulgaire résille, ce gracieux ornement qui était de mode à l’époque. Une simple résille de soie noire, très joliment exécutée, il est vrai. La jeune fille se dit que Mme White ne s’apercevrait peut-être pas de sa disparition. Et la possession de l’objet lui procurait à elle-même tant de satisfaction que cela étouffait en elle jusqu’au moindre scrupule.

   Quittant avec précaution la chambre où elle venait de commettre son larcin, la jeune fille s’empressa d’aller cacher la résille dans sa malle, qu’elle referma soigneusement. Puis elle retourna à ses occupations, le cœur un peu moins léger tout de même.

   Dans le courant de la journée, Mme White qui s’apprêtait à sortir voulut prendre sa résille là où elle savait l’avoir laissée. L’objet n’était plus à sa place. Elle regarda derrière le meuble, puis dessous… Après quoi elle renonça à chercher et se coiffa d’une autre manière.

   Le soir même, les jeunes filles se réunirent au salon, comme à l’accoutumée, pour le culte familial. Fréquemment, en de telles occasions, Mme White leur racontait une histoire de son passé. Ces récits étaient toujours accueillis avec enthousiasme. Ce soir-là, Mme White commença par une question : - L’une de vous n’aurait-elle pas aperçu ma résille ? demanda-t-elle. Je l’avais laissée sur la commode de ma chambre à coucher, mais quand j’ai voulu m’en servir, elle n’y était plus. Il faut qu’on la retrouve. Elle n’a pas pu s’en aller toute seule !

   Toutes les jeunes filles, sans exception, montrèrent clairement par leur attitude, qu’elles ne savaient strictement rien à ce sujet. Aucune ne souffla mot.

   Un ou deux jours plus tard, comme Mme White traversait la chambre de la jeune fille, une voix lui intima : « Ouvre cette malle ! »

   Mais Mme White était la discrétion même, et l’idée de regarder dans les affaires d’autrui lui déplaisait souverainement. Cependant, la voix se faisait plus insistante : « Ouvre donc cette malle ! »

   Comprenant soudain que l’avertissement venait d’En-Haut, Mme White se décida à soulever le couvercle. Là, dans un angle du plateau, elle aperçut sa résille. Sans faire un geste pour la prendre, elle referma la malle et s’en fut. Au culte du soir, elle revint sur le sujet :

- L’une de vous a-t-elle une idée de l’endroit où se trouve ma résille ? D’un ton plus grave, elle ajouta : - Il faut qu’on la retrouve !

   Un silence total accueillit cette seconde allusion. Aucune des jeunes filles ne paraissait en cause. Une fois encore, Mme White abandonna le sujet. La coupable, cependant, éprouvait une réelle angoisse.

- Que faire ? songea-t-elle. Si je ne me débarrasse pas de cet objet compromettant, on va tout découvrir !…

   L’idée d’une restitution ne l’effleurait même pas ! Conçoit-on une telle ingratitude ?

   A quelques jours de là, Mme White assise auprès du feu, était en train d’écrire. Quelque témoignage sans doute… A moins qu’elle ne fût occupée à rédiger un nouveau chapitre pour un livre en chantier ? Elle écrivait maintenant depuis des heures, et sa main refusait son service ; son esprit devenait confus et sa vue se brouillait. Elle posa donc la plume et, soudain, eut une vision – l’une des plus courtes qu’elle eût jamais, précisa-t-elle par la suite. Dans cette vision, elle vit la main et le bras de la jeune fille. Dans la main était une résille. Elle vit aussi une table sur laquelle était posée une lampe à pétrole allumée. Elle vit qu’on tenait la résille au-dessus, jusqu’à presque toucher la flamme. Brusquement, l’objet s’enflamma et se réduisit en cendres. La vision s’effaça. Mme White se retrouva dans son fauteuil, auprès du feu. Elle savait maintenant ce qu’il était advenu de sa résille.

   Le soir venu, lorsque les occupants du logis furent réunis, elle mentionna derechef la perte de l’objet. Personne ne souffla mot ; personne ne parut posséder la moindre indication à ce sujet… On parla d’autre chose.

   Un peu plus tard, Mme White fit appeler la jeune fille dans la malle de laquelle elle avait aperçu l’objet. Elle lui dit comment une voix lui avait ordonné de regarder dans la malle et comme, à quelques jours de là, une vision l’avait renseigné sur le sort réservé à la résille.

   Pleurant amèrement, la jeune fille reconnut sa culpabilité. Elle expliqua : - Je désirais tellement cette résille !… Je pensais que vous ne vous en apercevriez même pas… Ensuite, lorsque vous nous avez interrogées, je n’ai pas osé avouer et j’ai préféré brûler l’objet. Je pensais qu’on ne découvrirait jamais qui était la coupable !

   L’objet volé avait-il une valeur quelconque ? Même pas ! Il ne s’agissait que d’une vulgaire résille, un filet à cheveux… Mais le ciel avait été témoin de l’acte délictueux et le Seigneur en avait donné à Mme White la révélation précise. Un problème aussi infime méritait-il que Dieu s’en occupât ? Oui, sans doute, puisque tel fut le cas. Et pourquoi ? Parce que l’enjeu était bien autre chose qu’un objet de parure. C’était une âme humaine qui ayant succombé, allait partir à la dérive !

   La jeune fille en question était membre de l’église. Elle était assidue aux réunions et se croyait parfaitement honnête. Elle n’avait pas compris qu’il n’existe pas de petits péchés et qu’en tolérant en elle de semblables tendances, elle prenait sans s’en douter le chemin de la perdition. Lorsqu’elle vit à quel point Dieu l’aimait – n’avait-il pas pris soin de renseigner Mme White à son sujet par une vision ? – elle comprit qu’elle devait se rendre digne d’un tel amour et elle devint très scrupuleuse dans les petites choses comme dans les grandes. Cette expérience, reconnut-elle ultérieurement, décida de sa vie.

   Elle se reconsacra au Seigneur et vécut une vie véritablement exemplaire. C’était pour amener cette transformation que la vision fut donnée à sœur White. Et c’est pour la même raison qu’elle eut tant d’autres visions : elles devaient aider des hommes et des femmes, des jeunes gens et des jeunes filles à vaincre le péché et à vivre comme Jésus.

   C’est pourquoi nous lisons les conseils qui nous sont donnés dans les livres de l’Esprit de Prophétie : ce sont des messages que Dieu nous adresse pour nous aider à nous préparer pour le retour de Jésus.

– Rapporté par Arthur L. White. 

La foi transporte les montagnes

   L’étape de Salamanca

   En novembre 1890, en route pour la côte Atlantique, Mme White prit froid et contracta une mauvaise bronchite. A son âge – soixante-trois ans – et à cette saison, entreprendre un tel voyage dans les conditions qui étaient celles de l’époque, était un peu risqué ; d’autre part, les soins médicaux qu’on pouvait attendre étaient plutôt élémentaires ! La secrétaire privée de Mme White insistait donc pour que celle-ci renonce à poursuivre son voyage et accepte de retourner à Battle Creek, afin d’y recevoir les soins que réclamait son état. Mais des plans précis avaient été faits, Mme White était attendue et, pour cette occasion exceptionnelle, de nombreux adventistes établis dans les Etats voisins ayant annoncé leur arrivée, on avait loué une vaste église appartenant à une congrégation protestante. La campagne itinérante d’évangélisation allait durer deux mois et demi. Cela représentait un dur effort en perspective. Mais Mme White n’était pas disposée, même pour raison de santé, à déclarer forfait. Courageusement, elle résolut de respecter ses engagements coûte que coûte.

   La première réunion où elle devait prendre la parole à Salamanca avait été fixée au sabbat après-midi. Mme White, très éprouvée par sa maladie, n’était pas vraiment en forme. Elle prêcha cependant avec beaucoup de puissance. La réunion du dimanche devait avoir lieu à l’Opéra, l’église mise à la disposition des Adventistes étant occupée ce jour-là par sa propre congrégation. On avait largement diffusé l’annonce que Mme White assumerait encore la prédication et elle-même avait assuré qu’on pouvait compter sur elle. Cependant au cours de la nuit, son mal empira. Au matin, elle ne parlait que dans un souffle. Dans ces conditions, d’un point de vue humain, c’était pure folie que de prétendre vouloir parler en public. Mme White n’en avisa pas moins les organisateurs qu’elle serait présente et prendrait la parole.

   Il faut dire qu’à une autre occasion, dans des circonstances analogues, elle avait douté de ses forces et, dolente, avait confié ses appréhensions à son mari :

-Oh James ! si seulement je pouvais être sûre que Dieu me soutiendra !…

-Ellen, l’encouragea-t-il, le Seigneur ne t’a-t-il jamais laissée dans l’embarras ?

-Non, concéda-t-elle.

-Par conséquent, tu peux être certaine qu’il ne t’abandonnera pas !

   La suite avait prouvé qu’il avait raison.

   Cette fois-ci, confiante dans le soutien divin, Ellen White marcha par la foi et se rendit au lieu où devait se tenir la réunion. La salle, très vaste, était bondée. Ellen White avait la réputation d’être un prédicateur exceptionnel et tous voulaient l’entendre. Elle s’avança sur l’estrade et commença à parler. Au début, sa voix n’était qu’un murmure. Mais très rapidement, le timbre s’affermit et elle parla une heure entière sur son sujet favori, la « Tempérance chrétienne », apparemment sans difficulté.

   Le lundi, son état s’était aggravé. Mais on avait annoncé qu’elle prendrait la parole l’après-midi et il lui était vraiment pénible de se soustraire à ses obligations. C’était le dernier jour de l’assemblée, la dernière fois, par conséquent, que la plupart des personnes présentes auraient l’occasion d’écouter Mme White. Au prix d’un terrible effort, elle gagna l’estrade. Elle était si peu bien qu’elle dut s’appuyer à la chaire pour éviter de chanceler. Elle parla malgré tout durant quarante-cinq minutes et sa prédication fut fort appréciée. A la sortie, plusieurs personnes vinrent la remercier, exprimant leur joie car ils avaient senti que Dieu leur parlait par son intermédiaire. Pourtant, dans le compte rendu que Mme White fit de cette journée dans son journal, elle note en toute loyauté : « J’ignore absolument de quoi j’ai parlé. Je n’ai pas le moindre souvenir d’un seul des mots que j’ai prononcés. J’étais vraiment trop malade ! »

   Si malade, même, que, la réunion terminée, elle n’eut qu’un désir : regagner au plus vite la chambre que la famille Hicks avait mise à sa disposition et là, dans le secret, supplier Dieu de bien vouloir la soutenir et la guérir.

   A peine s’était-elle agenouillée, avant même d’avoir prononcé un seul mot, elle eut l’impression que toute la pièce s’éclairait d’une exquise lumière argentée. Au même instant, elle sentit son découragement s’envoler et les forces lui revenir. Notant cette expérience extraordinaire dans son journal à la date du 3 novembre 1890, elle précise : « … une paix profonde m’envahit, la paix du Christ. »

   Puis elle eut une vision. Après la vision, ses malaises et son immense fatigue ayant miraculeusement disparu, elle n’eut même plus le désir de se reposer. La nuit suivante, repassant toutes ces choses en son cœur, elle songea qu’elle pouvait faire sienne cette parole de Jacob : « Certainement, l’Eternel est en ce lieu et moi, je ne le savais pas ! » - D’après T.H. Jemison, « A Prophet among You », p. 471-473.

 

   Histoire pour les enfants 

Le papier d’emballage était un cadeau

 

   Au début des années 1900, la population étrangère de l’Australie était peu nombreuse et se groupait près de la côte ; très peu de personnes s’aventuraient à l’intérieur du pays.

   Parmi les habitants de la côte se trouvait Arthur Jones, qui avec sa jolie épouse irlandaise, Kate, et sa petite fille Daisy, décida un jour de tenter sa chance à l’intérieur du pays.

   Après un voyage de plusieurs jours en chariot, ils arrivèrent à un petit village où la famille resta jusqu’à ce que le père ait pris possession d’un terrain et ait construit une cabane. Ce fut un jour de joie quand ils furent à nouveau tous trois réunis dans la jolie cabane que le père avait construite dans une clairière, au milieu de la nature. Une fois par semaine, ils allaient au village en voiture à cheval pour faire leurs provisions. Au retour de l’une de ces excursions, Arthur aidait sa femme à déballer ses achats lorsque son attention fut attirée par le papier qui enveloppait le savon. C’était une feuille de magazine, et il la lut tout entière.

- Kate, quand Daisy sera au lit, nous allons étudier cela ensemble, dit-il à sa femme.

   De sorte que ce soir-là, avec la page de la revue Signs of the Times (Signes des Temps) et une Bible qu’ils avaient à la maison, ils essayèrent d’étudier ce qui était présenté.

   Ils furent tellement intéressés qu’Arthur écrivit à l’adresse qu’il trouva sur la page, et quelques semaines plus tard, ils reçurent un paquet de revues.

   Ils continuèrent à étudier, et découvrirent enfin la merveilleuse vérité du prochain retour de Jésus.

- Maintenant, nous devons nous préparer à Le rencontrer, dit Arthur. Et nous devons aussi faire connaître cette vérité autour de nous. Nous allons aller chez les Mitchell. Je voudrais savoir ce que Robert pense de tout cela.

   Les Mitchell étaient leurs voisins les plus proches. Ils vivaient à deux kilomètres de distance. Ce soir-là, toute la famille se réunit pour écouter ce qu’Arthur avait à leur dire.

- Mais j’aimerais étudier cela pour moi-même, dit M. Mitchell. Laissez-moi les revues et revenez encore nous parler de ces choses.

   C’est alors qu’arriva au foyer des Jones leur seconde fille, Iris. Arthur avait déjà agrandi la cabane de deux chambres.

   Ils venaient de recevoir un autre paquet de revues dans lequel ils trouvèrent une brochure intitulée : « Le septième jour est le samedi. »

   Bien que ce sujet leur paraissait étrange, ils l’étudièrent, car ils s’étaient proposé de vérifier soigneusement les vérités bibliques.

   Et ils continuèrent à visiter les Mitchell.

- Si la Bible nous convainc qu’il faut observer le samedi, c’est ce que nous devons faire, dit Arthur.

   Un soir, il dit à sa femme :

- Maintenant que les deux chambres sont terminées, je vais écrire au bureau de la revue pour qu’ils nous envoient quelqu’un pour nous expliquer ce que nous ne comprenons pas. L’une d’elles pourra servir de chambre d’hôtes et l’autre de lieu de réunion. Je vais acheter d’autres chaises, et je suis sûr que s’il vient quelqu’un de Sidney pour nous aider, les voisins viendront étudier avec nous.

   Du bureau de Sidney, on leur répondit que le pasteur Paap se rendrait chez eux.

   Lorsque le pasteur Paap arriva, il se rendit compte que non seulement ces deux familles étaient intéressées, mais également plusieurs voisins à qui elles avaient parlé. Ce soir-là, un bon groupe se réunit, et ils eurent une merveilleuse étude biblique.

   Le lendemain matin, quand ils se levèrent, Arthur et le pasteur découvrirent que le portail était ouvert et que le cheval loué par le pasteur Paap pour son voyage avait disparu.

   Ils le cherchèrent pendant toute la matinée, mais en vain.

- J’ai prié à ce sujet, dit le pasteur, et je suis sûr que le cheval reviendra.

- Ce serait extraordinaire qu’un cheval revienne à un endroit qu’il ne connaît pas, dit Arthur.

- Je suis certain qu’il reviendra. Ce soir, à la réunion, nous allons prier à ce sujet, déclara le pasteur avec confiance.

   De sorte que ce soir-là tout le groupe pria pour que, si c’était la volonté de Dieu, il en soit ainsi.

   Quelques jours plus tard, un matin, quand le pasteur regarda par la fenêtre, il vit le cheval, attendant tranquillement devant le portail.

   Cet incident aida beaucoup à affermir la foi du groupe de nouveaux croyants. La plupart d’entre eux étaient déjà convaincu de la vérité du Sabbat.

   Il restait maintenant au pasteur à leur enseigner comment l’observer.

- Ma femme nettoie toujours la maison à fond le jeudi, de sorte qu’elle est libre le vendredi pour cuisiner et faire les autres préparatifs pour le Sabbat, leur dit-il en manière de suggestion.

   Kate suivit toutes les instructions au pied de la lettre et le vendredi après-midi la maison était reluisante de propreté et d’ordre, et de la cuisine s’échappait la délicieuse odeur des aliments préparés. Dans la pièce où avaient lieu des réunions, les chaises étaient bien alignées, et il y avait une table qui servait de chaire à l’orateur. Arthur était fier de cette pièce et il alla lui-même cueillir un bouquet de fleurs sauvages pour mettre sur la table.

   Quelle joie pour le pasteur Paap de se réunir avec ce groupe de croyants en ce Sabbat matin ! Il leur présenta de façon tellement vivante les réalités de la nouvelle terre que tous décidèrent de faire tout leur possible pour s’y assurer une place.

   Le pasteur Paap dut poursuivre son voyage, mais le groupe continua à se réunir fidèlement tous les Sabbats matins pour étudier la Parole de Dieu, et dirigés par Arthur, ils commencèrent à faire du travail missionnaire parmi les aborigènes. Plusieurs se convertirent.

   C’est alors que le malheur s’abattit sur le foyer des Jones. Malgré tout ce qu’ils firent pour la sauver, Daisy, leur fille aînée, mourut.

- Pourquoi ? sanglotait Kate, le cœur brisé. Pourquoi Dieu a-t-il permis que ceci arrive alors que nous faisons tout ce que nous pouvons pour Le servir ?

- Ma chérie, je ne sais pas pourquoi. Nous ne comprendrons peut-être jamais pourquoi ces choses nous arrivent. Mais il y a un passage des Saintes Écritures qui me revient sans cesse à l’esprit : « Nous savons… que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » Nous allons devoir apprendre à accepter ces épreuves et à croire qu’elles nous sont envoyées pour nous aider d’une manière ou d’une autre… dit le mari, en essayant de consoler sa femme.

   Puis il poursuivit :

- Te souviens-tu de cette histoire que je t’ai lue un jour au sujet de ce berger écossais qui voulait faire traverser une rivière à son troupeau ? Les bêtes ne voulaient pas entrer dans l’eau. Finalement, il prit un agneau et nagea avec lui de l’autre côté. Alors la mère se jeta à l’eau et traversa la rivière pour retrouver son petit, et tout le troupeau suivit ! Ma chérie, Dieu nous a peut-être repris notre petit agneau pour nous inviter à Le suivre plus fidèlement.

- Comment aurions-nous pu accepter cela si nous n’avions pas été chrétiens ! soupira Kate. Dieu soit loué que cela ne nous soit pas arrivé il y a un an !

   Mais bien qu’ils aient confiance en Dieu, leur petite fille leur manquait terriblement, de sorte qu’Arthur proposa à Kate :

- Allons chez ta sœur Nelida pour quinze jours. Les garçons de Robert peuvent s’occuper de nos bêtes. J’aimerais parler de notre foi à Nelida et Francis.

   Après un voyage de trois jours en voiture à cheval, ils arrivèrent enfin chez les Wordt, qui habitaient à cent soixante kilomètres environ.

   En se voyant, les deux sœurs se remirent à verser des larmes sur le décès de la chère petite Daisy, mais au milieu de sa peine, Kate expliqua à sa sœur comment sa foi en Dieu l’avait soutenue dans ces moments de douleur.

- Ce soir, nous voulons parler avec toi et avec Francis de quelques merveilleuses vérités bibliques que nous avons découvertes, dit Kate à sa sœur.

   Et ce soir-là, après avoir couché les enfants, tous quatre eurent une magnifique étude biblique sur la seconde venue du Christ. Ce couple manifesta beaucoup d’intérêt, et ils continuèrent tous les soirs à étudier la Parole de Dieu avec Arthur et Kate. Quand la famille Jones repartit, la famille Wordt connaissait déjà les principales doctrines bibliques, et ils devinrent bientôt de fidèles adventistes et de diligents gagneurs d’âmes.

   En rentrant chez eux, Arthur et Kate ne purent que s’émerveiller devant la consolation admirable que le Seigneur leur donnait. Et plus tard, quand quelqu’un passait par une dure épreuve, ils étaient préparés à leur prodiguer compréhension et amour, car eux-mêmes savaient ce qu’est la souffrance.

   Kate est toujours en vie (cette histoire a été écrite en 1970), entourée de cinq enfants, de nombreux petits-enfants et arrière-petits-enfants, et dans son cœur brûle vivante la flamme de l’espérance dans le prompt retour de Jésus.

   Arthur se repose. Et ce n’est que dans le ciel qu’on sait combien de personnes il a gagné à la vérité, directement ou indirectement, par ses travaux fidèles et diligents. – J.R.

  

Coin Santé

Crumble de courgettes au basilic et aux noisettes

Ingrédients : 

- 800 g de petites courgettes

- 2 Cs de feuilles de basilic ciselées

- huile d’olive

- sel

- 60 g d’huile d’olive

- 150 g de farine

- 50 g de noisettes hachées

- 1 pincée de sel

- Rincez et séchez les courgettes. Supprimez les extrémités et coupez-les en rondelles épaisses.

     

Préparation :

- Préchauffez le four à 180°c et huilez un plat à gratin. Étalez-y les rondelles de courgettes et parsemez de basilic. Salez

- Préparez le crumble : mélangez la farine et le sel dans une jatte puis incorporez l’huile, en mélangeant du bout des doigts. Ajoutez les noisettes hachées.

- Recouvrez les courgettes des miettes de pâte, enfournez et faites cuire 30 à 35 mn, jusqu’à ce que la croûte soit bien dorée.

- Sortez du four et servez dans le plat de cuisson

Bon Appétit !


« Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » Philippiens 4 : 4