Vol.4 - Juillet 2011

 

 

 Ce volume en PDF

Rosiers

« Voici, Dieu est ma délivrance, Je serai plein de confiance, et je ne craindrai rien ; Car l’Eternel, l’Eternel est ma force et le sujet de mes louanges ; C’est lui qui m’a sauvé. » Esaïe 12 : 2


Table des matières

Editorial

Etude Biblique

Le sceau de Dieu, 2ème partie par Allen Stump

Les dîmes et les offrandes, 2ème partie par J. White

Sur leurs traces, 34ème partie

Histoire pour les enfants

Coin Santé 

 

Editorial

« Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en Lui, étant enracinés et fondés en Lui, et affermis par la foi, d’après les instructions qui vous ont été données, et abondez en actions de grâces. » Col. 2 : 6-7

 

   Chers lecteurs,

   L’apôtre Paul, dans son épître aux Colossiens, nous invite à marcher sur les traces de notre Maître, à être enracinés et fondés en Lui. Il nous encourage aussi à être affermis par la foi et à abonder en actions de grâces.

   Sommes-nous réellement des Chrétiens, suivant l’Agneau, le Christ, partout où Il va ? Chacun de nous pouvons nous poser cette question. Sommes-nous enracinés et fondés en Lui, étudiant sa Parole, cherchant à mieux comprendre Sa vérité pour nous ?

   Sœur White, commentant ce texte, écrivit en 1899 : « Le cœur qui s’est ouvert à Jésus aimera la vérité pure, régénératrice et luttera avec zèle pour ‘la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes’. Que celui qui désire s’abandonner à Dieu le fasse entièrement et sans réserve. Commencez cette œuvre dans votre cœur. Ne regardez pas à ce que font les autres à l’égard du Christ. Vous avez une âme à sauver ou à perdre. C’est une question trop importante pour être prise à la légère. » En effet, cette question est primordiale. Puisse le Seigneur imprimer en lettres de feu dans notre cœur l’importance de l’époque dans laquelle nous vivons, et puisse-t-Il nous conduire dans toute Sa vérité, afin que nous « marchions en nouveauté de vie » et que nos cœurs débordent d’actions de grâces pour les bontés de notre Dieu.

   Nous prions pour que ce numéro de l’Etoile du Matin vous trouve en bonne santé physique et spirituelle. Merci à chacun de vous pour vos encouragements, vos dons, vos prières. Tout cela est précieux pour nous. Sachez que vous êtes également dans nos prières afin que vous soyez « fortifiés à tous égards par Sa puissance glorieuse ».

À Son service, Elisabeth et Marc


La loi et l’Evangile 

1. Où se trouvent les dix commandements ?

Dans Exode 20 : 2-17

2. Que contiennent les dix commandements ?

Ecclésiaste 12 : 15 Crains Dieu et observe ses commandements. C’est là ce que doit tout homme.

3. Comment ceux dont l’esprit et le cœur ont été renouvelés considèrent-ils les commandements de Dieu ?

1 Jean 5 : 3 Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles. (voir aussi Matthieu 19 : 17)

4. Qu’est-il dit de ceux qui prétendent connaître Dieu mais qui ne gardent pas ses commandements ?

1 Jean 2 : 4 Celui qui dit : Je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n’est point en lui. (voir aussi Matthieu 7 : 21 ; Jacques 2 : 10, 11)

5. Quelle est la promesse faite à ceux qui obéissent ?

Esaïe 1 : 19 Si vous obéissez volontairement, vous mangerez le meilleur du pays.

6. Qu’est-il dit de l’immutabilité du caractère de Dieu ?

Malachie 3 : 6 Car je suis l’Eternel, je ne change pas.

7. Quelle est la durée de ses commandements ?

Psaume 111 : 7, 8 Les œuvres de ses mains sont vérité et justice ; tous ses commandements sont immuables, affermis pour l’éternité. (version Crampon)

8. Le Christ est-il venu pour abolir ou détruire la loi ?

Matthieu 5 : 17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.

9. Lorsque le mot accomplir se rapporte à la prophétie, que signifie-t-il ?

Exécuter, comme dans l’expression : « afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Esaïe, le prophète …

10. Lorsqu’il se rapporte à la loi, quel sens prend-il ?

Galates 6 : 2 Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. (voir aussi Matthieu 3 : 15 ; Jacques 2 : 8, 9)

11. Comment Jésus se comporta-t-il à l’égard des commandements de son Père ?

Jean 15 : 10 J’ai gardé les commandements de mon Père, et … je demeure dans son amour.

12. La foi en Dieu détruit-elle la loi ?

Romains 3 : 31 Anéantissons-nous donc la loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la loi.

13. Quelle est la preuve par excellence de la perpétuité et de l’immutabilité de la loi de Dieu ?

Jean 3 : 16  Car Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.

1 Corinthiens 15 : 3 Christ est mort pour nos péchés.

Note : Si la loi avait pu être abolie et le péché effacé de cette manière, le Christ n’aurait pas eu besoin de venir sur la terre et de mourir pour nos péchés. Cependant, le sacrifice du Christ, plus que toute autre chose, prouve l’immutabilité de la loi. Il fallait que le Christ vînt et qu’Il mourût pour satisfaire les exigences de la foi, sinon le monde devait périr. La loi ne pouvait pas céder. Dans son sermon sur la perpétuité de la loi, Surpgeon dit ce qui suit : « En mourant pour la loi qui avait été violée, notre Seigneur Jésus-Christ justifie davantage la loi que les misères et la dégradation des êtres déchus ne le font. » Le fait que la loi doit être prise pour base du jugement est une autre preuve de sa pérennité. Voir Ecclésiaste 12 : 13, 14 ; Jacques 2 : 8-12.

14. Quelles sont les relations qui existent entre une personne justifiée et la loi ?

Romains 2 : 13 Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés.

15. Comment pouvons-nous savoir que nous sommes nés de nouveau ?

1 Jean 3 : 14 Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères.

16. Comment pouvons-nous savoir que nous aimons nos frères ?

1 Jean 5 : 2 Nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu, lorsque nous aimons Dieu, et que nous pratiquons ses commandements.  

17. En quoi consiste l’amour de Dieu ?

1 Jean 5 : 3 Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements.

18. Comment ceux qui seront prêts pour le retour du Christ sont-ils décrits ?

Apocalypse 14 : 12 C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus.

19. Par qui la loi des dix commandements a-t-elle été proclamée ?

Deutéronome 4 : 12, 13 Et l’Eternel vous parla du milieu du feu ; vous entendîtes le son des paroles, mais vous ne vîtes point de figure, vous n’entendîtes qu’une voix. Il publia son alliance, qu’il vous ordonna d’observer, les dix commandements ; et il les écrivit sur deux tables de pierre.

20. Les dix commandements constituaient-ils à eux seuls une loi distincte et complète ?

Deutéronome 5 : 19 Telles sont les paroles que prononça l’Eternel à haute voix sur la montagne du milieu du feu, des nuées et de l’obscurité, et qu’il adressa à toute votre assemblée, sans rien ajouter. Il les écrivit sur deux tables de pierre, qu’il me donna.

Exode 24 : 12 L’Eternel dit à Moïse : Monte vers moi sur la montagne, et reste là ; je te donnerai des tables de pierre, la loi et les ordonnances que j’ai écrites pour leur instruction.

21. Comment la loi cérémonielle fut-elle promulguée ?

Lévitique 1 : 1, 2 L’Eternel appela Moïse, … et dit : Parle aux enfants d’Israël, et dis leur : Lorsque quelqu’un d’entre vous fera une offrande à l’Eternel… 

Lévitique 7 : 37, 38 Telle est la loi de l’holocauste, de l’offrande, du sacrifice d’expiation, du sacrifice de culpabilité, de la consécration, et du sacrifice d’action de grâces. L’Eternel la prescrivit à Moïse sur la montagne de Sinaï, le jour où il ordonna aux enfants d’Israël de présenter leurs offrandes à l’Eternel dans le désert de Sinaï.

22. Sur quoi Dieu écrivit-il les dix commandements ?

Deutéronome 4 : 13 il les écrivit sur deux tables de pierre.

23. Où les lois concernant les sacrifices furent-elles écrites ?

2 Chroniques 35 : 12 Ils mirent à part les holocaustes pour les donner aux différentes maisons paternelles des gens du peuple, afin qu’il les offrissent à l’Eternel comme il est écrit dans le livre de Moïse.

24. Où les dix commandements furent-ils placés ?

Exode 40 : 20 Il prit le témoignage, et le plaça dans l’arche ; … et il posa le propitiatoire au-dessus de l’arche.

25. Où Moïse ordonna-t-il aux Lévites de placer le livre de la loi qu’il avait écrit ?

Deutéronome 31 : 25, 26 Il donna cet ordre aux Lévites qui portaient l’arche de l’alliance de l’Eternel : Prenez ce livre de la loi, et mettez-le à côté de l’arche de l’alliance de l’Eternel, votre Dieu.

(à suivre…)


Le sceau de Dieu et les abominations d’Ézéchiel 8

- 2ème partie -

Allen Stump

   « Le livre d’Ézéchiel est profondément instructif. » (The Review and Herald, 25 février 1896).

   L’article suivant est le second d’une série en plusieurs parties sur le sceau de Dieu et les abominations d’Ézéchiel 8. La première partie de cette série offrait une introduction au thème, tout en décrivant la première abomination d’Ezéchiel 8 – l’image de la jalousie. Si vous n’avez pas vu le premier article, nous vous recommandons fortement de le lire avant d’aller plus loin. Pour ceux qui n’ont pas vu le premier article, voici un court récapitulatif du thème.

   Dieu a mis en place l’adventisme pour préparer un peuple afin d’accomplir la dernière œuvre mondiale d’avertissement concernant la marque de la bête et pour justifier aux yeux de l’univers le caractère de Dieu et sa loi.

   Les livres de l’Apocalypse et d’Ezéchiel parlent tous deux de ceux qui recevront le sceau de Dieu. Ces livres mettent en opposition ceux qui reçoivent le sceau et ceux qui reçoivent la marque de la bête. Dans chaque livre, le Sabbat est une vérité servant de test et dans Ezéchiel nous voyons que le peuple de Dieu est remarqué par ses « lamentations, ses larmes, ses avertissements et ses censures à cause des abominations d’Ezéchiel 8. (Voir Témoignages pour l’Eglise, vol. 2, p. 72)

   Ezéchiel chapitre 1 commence avec « des visions divines » (1 : 1) et l’apogée se trouve dans la vision des quatre abominations du chapitre 8 et dans le sceau de Dieu pour les justes et la destruction des méchants au chapitre 9.

   Puis il cria d’une voix forte à mes oreilles : Approchez, vous qui devez châtier la ville, chacun son instrument de destruction à la main ! Et voici, six hommes arrivèrent par le chemin de la porte supérieure du côté du septentrion, chacun son instrument de destruction à la main. Il y avait au milieu d’eux un homme vêtu de lin, et portant une écritoire à la ceinture. Ils vinrent se placer près de l’autel d’airain. La gloire du Dieu d’Israël s’éleva du chérubin sur lequel elle était, et se dirigea vers le seuil de la maison ; et il appela l’homme vêtu de lin, et portant une écritoire à la ceinture. L’Eternel lui dit : Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, et fais une marque sur le front des hommes qui soupirent et qui gémissent à cause de toutes les abominations qui s’y commettent. Et, à mes oreilles, il dit aux autres : Passez après lui dans la ville, et frappez ; que votre œil soit sans pitié, et n’ayez point de miséricorde ! Tuez, détruisez les vieillards, les jeunes hommes, les vierges, les enfants et les femmes ; mais n’approchez pas de quiconque aura sur lui la marque ; et commencez par mon sanctuaire ! Ils commencèrent par les anciens qui étaient dans la maison. (Ezéchiel 9 : 1-6)

   Il est clair qu’une œuvre de jugement est en train de prendre place, et deux classes de personnes sont présentées. Ceux qui ont reçu la marque de la bête sont représentés par ceux qui sont détruits, tandis que ceux qui reçoivent la pure marque de la vérité reçoivent le sceau de Dieu. Ce sont ceux qui « soupirent et qui gémissent à cause de toutes les abominations qui se… commettent » dans Jérusalem qui reçoivent le sceau de Dieu.

   Dans Ezéchiel 8, Dieu a révélé à Ezéchiel des abominations ayant lieu à Jérusalem. Les chapitres 8 et 9 d’Ezéchiel composent une partie d’une prophétie étant en train de se dérouler. Dieu a montré à Ezéchiel des événements littéraux se produisant à cette époque dans Jérusalem, parmi le peuple de Dieu. Ces événements étaient prophétiques d’événements littéraux qui devaient avoir lieu au sein du peuple de Dieu à la fin des temps.

   Le cadre de la fin des temps est clairement défini pour le croyant :

   Jettant un coup d’œil à travers les siècles, le prophète [Ezéchiel] aperçut en vision l’époque où nous vivons.

   Jésus est sur le point de quitter le lieu très saint du sanctuaire céleste. (Testimonies for the church, vol. 5, pp. 208, 209)

   C’est tout spécialement dans l’œuvre finale pour l’Église, durant la période du scellement des cent quarante-quatre mille qui doivent se tenir sans faute devant le trône de Dieu, que les fautes de ceux qui professent faire partie du peuple de Dieu seront profondément ressenties. Cela est tout particulièrement souligné dans l’illustration de l’œuvre finale, donnée par le prophète, sous la représentation d’hommes qui avaient chacun leur instrument de destruction à la main. Il y avait au milieu d’eux un homme vêtu de lin qui portait une écritoire à la ceinture.  (Idem, vol. 3, p. 266)

   Dans les derniers jours, seuls ceux qui « soupirent et qui gémissent à cause de toutes les abominations » qui se commettent à Jérusalem seront scellés.  Ici Jérusalem représente l’église :

   Remarquez bien ceci : ceux qui reçoivent la marque pure de la vérité, écrite en eux par la puissance de l’Esprit Saint (représentée par l’œuvre accomplie par l’homme vêtu de lin), sont ceux qui « soupirent et qui gémissent à cause de toutes les abominations » qui se commettent dans l’église. (Idem, p. 267)

   Ezéchiel 8 fait la liste de quatre abominations. La première abomination, mentionnée aux versets 3 et 5 est ce qui est appelé « l’image de la jalousie. » Le mois dernier nous avons vu qu’il s’agissait de piliers du soleil (obélisques – clochers). L’abomination suivante révélée à Ezéchiel (versets 10-12) consiste en des idoles d’Israël, « des reptiles et des bêtes abominables, et toutes les idoles de la maison d’Israël, peintes sur la muraille tout autour. » (Ezéchiel 8 : 10) En relation avec cela, Ezéchiel voit les dirigeants d’Israël ayant leur encensoir à la main, ainsi qu’une épaisse fumée (v.11). La troisième abomination consiste en des « femmes assises, qui pleuraient Thammuz » (Ezéchiel 8 : 14), et la dernière abomination est la description de vingt-cinq hommes qui, tournant le dos au temple, le visage tourné vers l’est en direction du soleil, adorent le soleil (Ezéchiel 8 : 16) !

   Dieu appelle toutes ces choses des abominations. Le mot hébreux traduit par abomination est tow’ebah et il signifie quelque chose de répugnant, de détestable. L’homosexualité et d’autres terribles perversions (Lévitique 18 : 22-26), l’idolâtrie (Deutéronome 7 : 25), le sacrifice humain (Deutéronome 12 : 31), et les activités occultes (Deutéronome 18 : 9-14) sont des exemples de ce que Dieu considère comme une abomination ou tow’ebah. Dans le contexte de l’utilisation de tow’ebah, nous voyons que ce qui est décrit par ce mot n’est pas quelque chose qui plaît à Dieu, mais quelque chose d’infâme, de répugnant, de nauséabond, et de détestable aux yeux de Dieu. En appelant les quatre points d’Ezéchiel 8 des abominations (tow’ebah), Dieu fait connaître son attitude face à elles.

   La liste des abominations qui sont décrites vont du mauvais au pire. Après chacune des trois premières abominations, il est dit au prophète qu’il verra « d’autres abominations plus grandes que celles-là. » (Ezéchiel 8 : 6, 13, 15).

   Concernant la première abomination, il est dit à Ezéchiel : « Fils de l’homme, vois-tu ce qu’ils font, les grandes abominations que commet ici la nation d’Israël, pour que je m’éloigne de mon sanctuaire ? » (Ezéchiel 8 : 6) Ces abominations sont tellement révoltantes pour Dieu qu’il est éloigné de son sanctuaire à cause d’elles.

 Des reptiles et des bêtes abominables

   A présent, commençons à étudier soigneusement la deuxième abomination mentionnée dans Ezéchiel 8 : 6-12 :

   Et il me dit : Fils de l’homme vois-tu ce qu’ils font, les grandes abominations que commet ici la maison d’Israël, pour que je m’éloigne de mon sanctuaire ? Mais tu verras encore d’autres grandes abominations. Alors il me conduisit à l’entrée du parvis. Je regardai, et voici, il y avait un trou dans le mur. Et il me dit : Fils de l’homme, perce la muraille ! Je perçai la muraille, et voici, il y avait une porte. Et il me dit : Entre, et vois les méchantes abominations qu’ils commettent ici ! J’entrai, et je regardai ; et voici, il y avait toutes sortes de figures de reptiles et de bêtes abominables, et toutes les idoles de la maison d’Israël, peintes sur la muraille tout autour. Soixante-dix hommes des anciens de la maison d’Israël, au milieu desquels étaient Jaazania, fils de Schaphan, se tenaient devant ces idoles, chacun l’encensoir à la main, et il s’élevait une épaisse nuée d’encens. Et il me dit : Fils de l’homme, vois-tu ce que font dans les ténèbres les anciens de la maison d’Israël, chacun dans sa chambre pleine de figures ? Car ils disent l’Eternel ne nous voit pas, l’Eternel a abandonné le pays. (Ezéchiel 8 : 6-12)

   Après avoir vu l’image de la jalousie, Dieu dit à Ezéchiel, au verset 6, qu’il verrait de plus grandes abominations. Après avoir vu l’horreur avec lequel Dieu considère les piliers du soleil représentés par l’image de la jalousie, nous pouvons nous demander si les choses peuvent encore être pire, mais ici nous voyons que Dieu dit qu’il existe des abominations pires que celle-ci et il les appelle « de plus grandes abominations ». Après avoir vu l’image de la jalousie, Dieu donna l’ordre à Ezéchiel de percer la muraille. Ce trou est semblable à un judas ou une petite ouverture par laquelle on peut regarder. Dieu commanda alors à Ezéchiel : « Fils de l’homme, perce la muraille. » Après avoir percé, Ezéchiel trouva une porte. Au delà de la porte, le prophète vit des figures représentées sur les murs. Il peut s’agir de figures gravées sur le mur ou simplement de desseins ou de peintures. Ces figures représentaient toutes sortes de choses abominables. Ezéchiel dit qu’il regarda « toutes sortes de figures de reptiles et de bêtes abominables, et toutes les idoles de la maison d’Israël. » (v. 10).

   Dieu avait dit à Ezéchiel que ce qu’il allait trouver seraient de « méchantes abominations » (v. 9). Le mot Hébreux traduit par méchant est ra. En tant que nom, « ra » est souvent mis en contraste avec tôb (bon) comme pôles opposés du spectre moral. Parfois c’est shalôm (paix) qui est mis en opposition. Le nom est définit plus profondément comme étant la condition ou l’action qui est inacceptable à ses yeux (à ceux de Dieu) (Jér. 52 : 2 ; Mal. 2 : 17 ; cf. Néh. 9 : 28). … La forme [adjective] de ra qualifie les noms qui y sont reliés, indiquant la qualité ou l’activité injurieuse du nom. » (Theological Wordbook of the Old Testament[1], vol 2, p. 855.)

   Le premier endroit où ra est trouvé dans la Bible se trouve en Genèse 2 : 9, 17 où il est utilisé pour décrire « l’arbre de la connaissance du bien (tôb) et du mal (ra) ». Dans Genèse 3 : 5, nous voyons Satan encourager Eve à manger du fruit, car il lui dit : « Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et […] vous serez comme des dieux connaissant le bien (tôb) et le mal (ra). »

   Genèse 13 : 13 décrit les gens de Sodome comme « méchants (ra) et de grands pécheurs contre l’Eternel. »

   Dans Psaume 27 : 7, il se trouve un usage intéressant de ra : « Car il me cachera dans sa tente au temps (yom) de la détresse (ra) ; il me cachera dans le lieu secret de son tabernacle ; il m’élevera sur un rocher. » Ce qui est souvent appelé un « temps de détresse » peut être traduit « au jour du malheur » ou « au jour mauvais » (Young’s Literal).

   Nous avons précédemment remarqué l’utilisation Biblique du terme abomination et comment il exprime une chose qui est détestable aux yeux de Dieu. Maintenant, si nous lions ce terme avec le mot traduit par mauvais ou méchant, qui est à l’opposé de Dieu et du bien, nous pouvons voir que Dieu révèle clairement son attitude face à cette question.

   Avant de revenir à notre étude de l’abomination elle-même, prenons note de ce qui est impliqué. Ezéchiel dit au verset 11 qu’il voit soixante-dix hommes et Jaazania, fils de Schaphan. Cet individu n’est pas décrit, si ce n’est qu’il est appelé le fils de Schaphan. On peut essayer d’interpréter qui est ce Jaazania, mais il y a peut-être un indice dans le fait qu’il n’y a aucune autre référence que celle selon laquelle il est le fils de Schaphan. Ce Schaphan peut alors être considéré comme le scribe de Josias (2 Rois 22 : 8, 9) faisant rentrer Jaazania dans le cercle intérieur de Juda. Si tel est le cas, sa présence montre que la corruption était arrivée à des niveaux très élevés. John Gill, dans son commentaire, remarqua que Jaazania était « soit un prince du sanhédrin, ou tout au moins une personne de grande importance et de grande estime ; et cela révèle que la corruption était générale, du plus petit au plus élevé. » Il est intéressant de constater que le nom Jaazania signifie « Jéhovah entend », mais au verset 12 nous voyons qu’ils disent : « L’Eternel ne nous voit pas. »

   Jaazania et les soixante-dix ont des encensoirs à la main produisant une épaisse nuée d’encens. Il n’est pas prouvé que ces hommes étaient des Lévites ou des prêtres, cependant, ils ont pris sur eux de fonctionner comme des prêtres en faveur de leurs faux dieux et de leurs idoles dans le temple même de Yahvé. Il se peut qu’ils aient pensé que leur épaisse nuée d’encens, ainsi que le fait d’être derrière des portes fermées, empêchent les hommes de les voir, mais Dieu les voyait, et bien plus, il révélait leurs actions à d’autres.

   Dans Ezéchiel 8 : 10 nous voyons les idoles d’Israël peintes sur les murs. « J’entrai, et je regardai ; et voici, il y avait toutes sortes de figures de reptiles et de bêtes abominables, et toutes les idoles de la maison d’Israël, peintes sur la muraille tout autour. » L’expression « toutes sortes » en Hébreux signifie ressemblance.

   Alors que nous lisons attentivement Ezéchiel 8 : 12, nous pouvons voir ce qui était adoré. Le mot Hébreux traduit par « figures » est maskiyth. Ce mot signifie images et a été traduit dans Nombres 33 : 52 : « Vous chasserez devant vous tous les habitants du pays, vous détruirez toutes leurs figures (maskiyth), vous détruirez toutes leurs images de fonte, et vous démolirez tous leurs hauts lieux. » La RSV (Revised Standard Version) traduit Ezéchiel 8 : 12 ainsi :

   Puis il me dit : « Fils de l’homme, as-tu vu ce que les anciens de la maison d’Israël font dans les ténèbres, chaque homme dans sa chambre d’images ? Car ils disent : ‘Le Seigneur ne nous voit pas, le Seigneur a abandonné le pays’. »

   En nous arrêtant pour comprendre un peu mieux ce texte, il devrait être remarqué qu’Ezéchiel voit Jaazania et les soixante-dix hommes des anciens d’Israël dans le temple, mais l’interprétation provenant de Dieu est que cela représente également ce que « chaque homme » fait « dans sa chambre d’images », amenant le sujet au niveau individuel. En d’autres termes, ce n’est pas uniquement ce qui est accomplit dans le temple, mais dans la chambre ou la maison de chaque personne.

   Ces images étaient vraisemblablement présentes pour l’adoration et étaient une violation du deuxième commandement. Comment violons-nous le deuxième commandement ? Revoyons cette partie de la loi de Dieu.

   Tu ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde jusqu’à la millième génération à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements.

   La clé pour comprendre comment nous violons le commandement se trouve dans les verbes. Remarquez les verbes « faire » « prosterner » et « servir ». Le but de ce commandement implique l’adoration et des représentations de Dieu, que l’on ne devait pas faire, ni servir, et devant lesquelles on ne devait pas se prosterner. Nous pourrions nous demander si ce texte interdit toutes les images, quelques soient les circonstances. La réponse est non. Lors de la rébellion, lorsque le peuple était mordu par les serpents brûlants, Dieu a donné l’ordre à Moïse de faire un serpent brûlant et de le placer sur une perche, afin que toute personne ayant été mordu, et qui le regarderait, conserverait la vie. (Nombres 21 : 8) Plus tard, durant le règne d’Ezéchias, les enfants commencèrent à brûler des parfums à cette « image » et Ezéchias la fit mettre en pièces (2 Rois 18 : 4). Si le serpent avait été fait dans l’idée qu’il représente Dieu, le faire aurait été mauvais. Mais il n’en était pas ainsi, et ce serpent n’avait pas pour but d’être adoré. Cependant, lorsqu’il fut vénéré, il fallut s’en débarrasser.

   Bien que les enfants d’Israël aient entendu la voix divine lorsque les Dix Commandements furent donnés, ils ne virent aucune forme divine.

   Et l’Eternel vous parla du milieu du feu ; vous entendîtes le son des paroles, mais vous ne vîtes point de figure, vous n’entendîtes qu’une voix. Il publia son alliance, qu’il vous ordonna d’observer, les dix commandements ; et il les écrivit sur deux tables de pierre. En ce temps-là, l’Eternel me commanda de vous enseigner des lois et des ordonnances, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays dont vous allez prendre possession. Puisque vous n’avez vu aucune figure le jour où l’Eternel vous parla du milieu du feu, à Horeb, veillez attentivement sur vos âmes. (Deutéronome 4 : 12-15)

   Par deux fois, dans les versets 12 et 15, Moïse fit remarquer qu’Israël ne vit aucune figure ou forme de Dieu. Il est ensuite expliqué à Israël la raison pour laquelle ils ne virent pas l’image de Dieu :

   De peur que vous ne vous corrompiez et que vous ne vous fassiez une image taillée, une représentation de quelque idole, la figure d’un homme ou d’une femme, la figure d’un animal qui soit sur la terre, la figure d’un oiseau qui vole dans les cieux, la figure d’une bête qui rampe sur le sol, la figure d’un poisson qui vive dans les eaux au-dessous de la terre.  (Deutéronome 4 : 16-18)

   Ici nous voyons clairement que Dieu ne devrait jamais être représenté par un animal quelconque, mais nous comprenons aussi que rien ne devrait être formé dans le but de représenter Dieu, pas même la figure d’un homme. Bien que Dieu a été fait à l’image de Dieu (Genèse 1 : 26), fabriquer une représentation de Dieu, utilisant quelque créature que ce soit est inacceptable. L’inspiration dit que le fait de fabriquer de telles images a pour effet de corrompre celui qui la fabrique !

   Lorsque Paul parlait, au milieu de l’Aéropage (colline consacrée à Mars) à Athènes, il dit ceci aux personnes présentes :

   Je vous trouve à tous égards extrêmement religieux. Car, en parcourant votre ville et en considérant les objets de votre dévotion, j’ai même découvert un autel avec cette inscription : A UN DIEU INCONNU ! Ce que vous vénérez sans le connaître, c’est ce que je vous annonce. Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite point dans des temples faits de main d’homme ; il n’est point servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, la respiration et toutes choses. (Actes 17 : 22-25)

   Dieu n’a pas besoin d’être adoré avec quoi que ce soit qui soit fait de mains d’hommes, que ce soit une statue en trois dimensions, ou une image en deux dimensions. Dans son épître aux Romains, Paul explique de quelle manière les hommes ne désirant pas glorifier Dieu comme Dieu ont changé sa gloire en quelque forme visible.

   La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive, car ce qu’on peut connaître de Dieu, est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous ; et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes, et des reptiles. C’est pourquoi Dieu les a livrés à l’impureté de leurs cœurs ; en sorte qu’ils déshonorent eux-mêmes leurs propre corps ; eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui est béni éternellement. Amen ! (Romains 1 : 18-25)

   Au lieu de permettre aux choses créées d’être une inspiration pour les esprits humains concernant ce qui est invisible, ils ont commencé à représenter Dieu comme « des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles. » Souvenez-vous qu’Ezéchiel vit des « reptiles » (Ezéchiel 8 : 10) sur la muraille. Mais ce n’est pas tout ce que l’homme avait fait. Il avait également représenté « la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes, et des reptiles » (Romains 1 : 23). Paul continue en disant ce qui résulta de telles corruptions.

   C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes : car leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature ; et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement. Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leurs sens réprouvé, pour commettre des choses indignes. (Romains 1 : 26-28)

   Ces pratiques conduisent le peuple à l’homosexualité et à l’athéisme. Est-ce étonnant que le monde soit tellement corrompu aujourd’hui lorsque nous réalisons qu’il est rempli d’images et de soi-disant représentations de Dieu, de Christ et des choses célestes ? Cette pratique corrompt l’homme et, plus grave encore, déshonore Dieu. Il nous a été dit :

   Faire une image de Dieu le déshonore. Aucune personne ne devrait utiliser le pouvoir de l’imagination pour adorer ce qui diminue Dieu dans l’esprit et l’associe aux choses courantes. Les adorateurs de Dieu doivent l’adorer en esprit et en vérité. Ils doivent exercer une foi vivante. Leur adoration sera alors contrôlée non par l’imagination, mais par une foi véritable. (Sermons and Talks, bk. 2, pp. 184, 185)

Aucune image créée par l’homme fini et mortel ne peut correctement représenter le Dieu infini qu’aucun homme n’a jamais vu. Ces fausses représentations de Dieu ne peuvent élever l’esprit humain. Elles ne peuvent qu’abaisser et limiter nos conceptions de Dieu. Les images et les représentations du divin conduisent à la glorification de la personne et de l’image. Mais Jésus a dit dans Jean 6 : 63 « la chair ne sert de rien » et il est également vrai que ces représentations de la chair ne servent de rien.

   Dieu nous a créé, et il sait combien profondément nous sommes affectés par le péché et comprend nos désirs de le condenser dans une forme que nous pouvons voir et comprendre. C’est peut-être en partie parce que nos esprits sont tellement limités et ne peuvent tout simplement pas comprendre l’infini et l’éternel. Cependant, je crois que c’est principalement parce que nous nous sentons tout simplement mieux lorsque nous pouvons réduire Dieu en une forme plus facile à gérer, telle qu’une image ou une statue. L’humanité a toujours essayé de mettre Dieu à son niveau, de l’humaniser, parce que si Dieu est tout simplement comme nous, il est raisonnable de conclure que nous sommes tout simplement comme lui. C’est une idée très attirante et c’est, en fait, le même mensonge prononcé par Satan à Ève dans le jardin d’Eden : « Vous serez comme Dieu » (Genèse 3 : 5 – Darby). Ce même mensonge est répété aujourd’hui dans le mouvement du nouvel âge, et dans Babylone.

   En 1950, les pasteurs Robert Wieland et Donald Short on écrit dans leur manuscrit original, 1888 re-examiné, les pensées suivantes qui sont très perspicaces :

   Des portraits du Christ ne peuvent implorer aucune justification quelle qu’elle soit, et cela malgré les légendes sentimentales de marins endurcis par le péché et autres personnes l’ayant trouvé « Lui ». L’une des attractions principales de Baal est la beauté de sa personne, et de nombreux artistes l’ont représentés. D’autres ont peints un Tammuz moderne, dans le but d’amener les gens à pleurer sur lui. « Les douze stations de la croix », dans les églises Catholique Romaine sont un exemple de la manière dont peuvent être utilisées les images, au moyen desquelles un faux Christ suscite les émotions histrioniques du cœur humain, mais le laisse dans une condition spirituelle non transformée, en ce qui concerne un amour sincère pour le véritable Christ.

   Une véritable représentation de Dieu ou de Christ ne dépend pas de la représentation ou d’une image de sa personne, mais de son caractère. S’il nous était nécessaire de savoir comment Dieu ou Christ sont physiquement, une description se trouverait dans la Bible. Bien que nous sachions que l’homme est à l’image de Dieu, aucun détail ne nous est donné. Le Saint-Esprit n’a inspiré aucun apôtre afin d’écrire des détails concernant l’apparence de Jésus. Ce fut certainement afin d’éviter de nous encourager à faire une image de Jésus. Les apôtres Matthieu, Pierre et Jean passèrent trois ans avec Jésus, et ils auraient certainement été capables de le décrire. Jacques, le frère de Christ aurait bien connu les caractéristiques physiques de Jésus, néanmoins ces écrivains du Nouveau Testament ne nous offrent aucun détail concernant l’apparence de Jésus. Les seuls détails se trouvant dans la Bible sont dans Esaïe 53 : 2 où nous lisons : « Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée ; il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n’avait rien pour nous plaire. » Il est intéressant de constater que la plupart des « portraits » de Jésus, le présentent dans un style adouci, et faussement romantique comme un jeune homme charmant et beau.

« Les choses cachées sont à l’Eternel, notre Dieu » (Deutéronome 29 : 29) Ceci est vrai, et l’une des choses qui sont cachées aux yeux des hommes, en ce moment, est l’apparence exacte du divin.

   Il se peut que vous vous posiez quelques questions, telles que : Je comprends qu’il soit mauvais de faire des images de Dieu pour les adorer, mais qu’en est-il des images dans un but éducatif ? Et puis, même si aucune description physique de Jésus ne se trouve dans le Nouveau Testament, des images de Jésus ne seraient elles pas utiles pour enseigner les enfants ou dans l’illustration lors du culte ? Ce sont de bonnes questions et elles devraient recevoir des réponses. Examinons tout d’abord la dernière.

   Le principe qui se trouve derrière le deuxième commandement disant de ne pas faire d’image, ne pas se prosterner ou ne pas servir le seul Dieu au moyen de représentations, implique le principe d’essayer de représenter l’infini avec le fini et servir la créature plutôt que le Créateur. Si nous croyons que Jésus est divin (Jean 1 : 1) et qu’ « en Lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Colossiens 2 : 9), alors le principe doit s’appliquer à Lui, même s’il s’est incarné. Pour ce qui est de la première question concernant l’utilisation des images du divin dans des buts éducatifs, nous trouvons utile la citation suivante, se référant aux antédiluviens :

   Les hommes de cette génération n’étaient pas tous idolâtres dans l’acceptation entière du mot. Un grand nombre d’entre eux se disaient adorateurs du vrai Dieu. Ils prétendaient que leurs idoles étaient des représentations de la Divinité, et qu’on pouvait par elles obtenir une conception plus claire de l’Être suprême. Cette catégorie fut parmi les premiers à rejeter la prédication de Noé. En cherchant à représenter Dieu par des objets matériels, leurs esprits furent aveuglés sur sa majesté et sa puissance ; ils perdirent l’idée  de la sainteté de son caractère ou de la nature sacrée, immuable de ses exigences. (Patriarchs and Prophets, pp. 95, 97)

   Ce sont ceux qui déclaraient avoir besoin de ces représentations de Dieu dans un but éducatif, qui furent parmi les premiers à rejeter l’enseignement de Noé. Dans les appendices du livre La Grande Controverse nous lisons ce qui suit :

   « Les images furent tout d’abord introduites dans les églises, non pour être adorées, mais dans le but soit de remplacer les livres afin d’instruire ceux qui ne pouvaient pas lire, soit pour encourager la dévotion dans l’esprit des gens. On peut douter de la portée de tels moyens, mais, même si l’on admet que le but ait été atteint pendant un temps, il cessa rapidement de l’être. On comprit alors que les images, amenées dans les églises ne firent qu’assombrir l’esprit des ignorants, au lieu de l’éclairer, et qu’elles dégradèrent la ferveur des adorateurs, au lieu de l’élever. Ainsi, même si le but que l’on souhaitait atteindre en intégrant les images était de diriger l’esprit humain vers Dieu, celles-ci finirent par détourner l’adoration de Dieu vers l’adoration des choses créées. » J. Mendham, Le septième concile général, Le second de Nicée, introduction, pages iii-vi (cité dans l’appendice de La Grande Controverse, p. 680[2])

   Si nous pensons avoir besoin de représentations de la divinité, nous pouvons être assurés que Dieu sait ce dont nous avons besoin, et que Dieu « peut mettre dans notre esprit des images plus belles et plus justes que celles qui pourraient être faites par le plus grand artiste ayant déjà présenté au monde une représentation des choses célestes. » (The Publishing Ministry, p. 219)

   La Parole de Dieu est remplie d’images descriptives du caractère de Christ pouvant captiver notre imagination et émouvoir nos âmes lorsque nous les étudions. Jésus est la « lumière du monde » (Jean 1 : 4-5), le « pain de vie » (Jean 6 : 32-33), et l’eau vive dont quiconque boira « n’aura jamais soif » (Jean 4 : 14). Bien plus, Jésus est notre « souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation pour » nos péchés (Hébreux 2 : 17) ; « le bon berger [qui] donne sa vie pour ses brebis » (Jean 10 : 11), l’Agneau de Dieu sans tache qui a été immolé avant la fondation du monde (Apocalypse 13 :8), « l’auteur et le consommateur de notre foi » (Hébreux 12 : 2) ; « le chemin, la vérité, et la Vie » (Jean 14 : 6) ; et « l’image du Dieu invisible » (Colossiens 1 : 15).

   Ecrivant aux Galates, Paul dit : « O Galates dépourvus de sens ! qui vous a fascinés, pour que vous n’obéissiez plus à la vérité, vous, aux yeux de qui Jésus-Christ a été peint comme crucifié » (Galates 3 : 1). La Bible King James traduit ce texte comme suit : « Ô Galates insensés, qui vous a ensorcelés, pour que vous n’obéissiez plus à la vérité, vous, devant les yeux de qui Jésus Christ a été si clairement exposé, crucifié au milieu de vous ? » La traduction Phillips dit : « O vous chers insensés de Galatie, qui avez vu Jésus-Christ si clairement, qui vous a jeté un sort ? » Il est clair que Paul ne présentait ni ne montrait Christ aux Galates au moyen d’images, mais plutôt par la prédication de la Parole. Bien-aimés, comment pouvons-nous seulement imaginer réduire Jésus a un morceau de papier et l’accrocher au mur ?

   Ellen White augmente notre compréhension au sujet de l’interdiction de faire des représentations du divin, qui inclue également les choses célestes. Une artiste du nom de sœur Stewart désirait faire une représentation de la Nouvelle Jérusalem. Sœur Stewart savait qu’Ellen White avait vu la Nouvelle Jérusalem en vision,  et elle lui demanda de la lui décrire par courrier afin de l’aider dans son œuvre artistique. La réponse d’Ellen White fut claire et directe :

   Vous exprimez le désir que je vous décrive des choses concernant la Nouvelle Jérusalem. Je refuse catégoriquement d’agir ainsi. Je serais tout à fait incapable de le faire, ni même de m’en approcher, et je vous conseille de ne pas essayer de faire une représentation quelconque donnant l’impression qu’il s’agit d’une représentation de la Nouvelle Jérusalem. La représentation la plus éloquente de la Nouvelle Jérusalem n’est qu’… un essai de présentation.

   Quiconque considère le monde futur invisible peut décrire ses gloires jamais encore dévoilées en citant les paroles de Paul : « ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. » (1 Corinthiens 2 : 9) J’ai le sentiment que nombreux approchent les choses célestes comme si leurs capacités finies pouvaient être capable de les embrasser…

   Il existe un grand nombre de personnes qui cheminent sur un sol saint avec des pieds non sanctifiés. Pour cette raison nous sommes très prudents, même dans la formulation lorsque nous leur présentons des choses sacrées et éternelles, parce que des idées finies et ordinaires sont mélangées avec ce qui est sacré et saint. L’homme peut essayer de représenter le ciel, au moyen de ses capacités innées et cultivées, mais ce sera une erreur.

   En tant qu’artiste, vos capacités, même développées au maximum, ne seront pas à même de saisir les choses du monde invisible, et cependant il y une éternité au delà. A la lecture de ces lignes, vous comprendrez que je ne puisse décrire à vos yeux ce qui concerne les œuvres du grand Maître Artiste.

   Que l’imagination du peuple soit étirée au maximum afin de contempler les gloires de la Nouvelle Jérusalem, et même là, il a seulement posé le pied sur les bords du poids éternel de gloire qui sera contemplé par celui qui vaincra fidèlement. Ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. C’est la meilleure réponse que je puisse donner à votre question. – Lettre 54, 4 avril 1886, à sœur Stewart. (This day with God, p. 103)

Treize ans plus tard (1899), Ellen White écrivit le conseil suivant :

   L’artiste peut faire de son mieux pour représenter les choses que son œil n’a jamais vu, mais ses représentations sont tellement éloignées de la réalité qu’il m’est douloureux de les regarder. Ni Dieu, ni les cieux, ni le Christ, qui est une image du Père, ne peuvent être véritablement représentés au moyen de l’art. Si le Seigneur avait considéré comme approprié de représenter Christ de cette manière, Sa personne aurait été décrite dans les écrits des apôtres. … 

   Le Saint Esprit prend les grâces les plus attractives de Celui qui est plein de charme, et les présente de telle manière à attirer l’attention et à recevoir la meilleure attention du cœur renouvelé. Dieu a fait en sorte que le Saint-Esprit mette devant l’œil de l’esprit des scènes qui attireront et absorberont l’âme. Nous n’avons besoin d’aucune représentation externe de la personne de Christ. (The Publishing Ministry, pp. 219, 220)

   La même année, elle écrivit également : « L’esprit n’aurait-il pas des idées plus claires, plus parfaites des anges, de Christ, et des choses spirituelles, si aucune image n’était faite pour représenter les choses célestes ? » (Counsels to Writers and Editors, p. 171) La réponse qu’elle laisse entendre est bien sûr que l’esprit aurait une meilleure conception des choses célestes sans représentations physiques.

   Le roi Jéroboam prit la décision de représenter Yahvé au peuple au moyen d’une représentation visible, pour que son peuple reste attaché à son roi et à son royaume :

   Jéroboam dit en son cœur : Le royaume pourrait bien maintenant retourner à la maison de David. Si ce peuple monte à Jérusalem pour faire des sacrifices dans la maison de l’Eternel, le cœur de ce peuple retournera à son seigneur, à Roboam, roi de Juda, et ils me tueront et retourneront à Roboam, roi de Juda. Après s’être consulté, le roi fit deux veaux d’or, et il dit au peuple : Assez longtemps vous êtes montés à Jérusalem ; Israël ! Voici ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte. Il plaça l’un de ces veaux à Béthel, et il mit l’autre à Dan. Ce fut là une occasion de péché. Le peuple alla devant l’un des veaux jusqu’à Dan. (1 Rois 12 : 26-30)

L’inspiration nous dit, commentant ce texte:

   Tout en organisant ce changement, Jéroboam chercha à frapper l’imagination des Israélites en plaçant devant eux une représentation symbolique du Dieu invisible. Il fit donc deux veaux d’or qu’il plaça l’un à Béthel, l’autre à Dan. Mais en voulant représenter la divinité, le roi violait le commandement formel de Dieu : « Tu ne te feras point d’images taillée. … Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point. » Exode 20 : 4, 5 (Patriarches et Prophètes p. 72)

   Bien qu’il soit vrai que Jéroboam fit une image en trois dimensions, le principe violé était le fait de fabriquer « une représentation symbolique du Dieu invisible. » Le nombre de dimensions dans lequel il était fabriqué n’est pas la question. Lorsque nous amenons des représentations du divin dans nos vies et dans notre adoration, nous sommes sûrs d’être corrompus et de perdre notre pureté, de même que l’église primitive a perdu sa pureté, comme l’histoire le révèle.

   A la fin, la plupart des chrétiens consentirent à baisser leurs principes, et il se forma une union entre le christianisme et le  paganisme. Quoique les idolâtres aient fait profession d’être convertis, s’unissant à l’église, ils continuèrent à s’attacher à l’idolâtrie, ne changeant que les objets de leur adoration contre les images de Jésus, et même de Marie et des saints. Le levain empesté de l’idolâtrie, apporté ainsi dans l’église, continua son œuvre néfaste. Des doctrines malsaines, des cérémonies païennes et des rites superstitieux furent incorporés à ses croyances et à son culte. A mesure que les disciples du Christ s’alliaient aux idolâtres, la religion chrétienne se corrompait, et l’église perdait sa pureté et sa puissance.

   Il se peut que vous ne sachiez pas que les images furent, durant un certain temps bannies de l’Eglise Catholique romaine. Le concile de Hiéreia fut considéré comme œcuménique à une certaine époque, mais il fut plus tard rejeté par les églises Orthodoxes orientales et Catholiques Romaines. Il fut convoqué par l’empereur Byzantin Constantin V en 754 au palais de Hiéreia en face de Constantinople. Ce concile soutenait la position des empereurs de cette époque qui étaient iconoclastes. Un autre concile fut cependant convoqué :

   Ce concile, appelé également le septième concile général, fut tenu à Nicée, en Asie, tout spécialement pour le prestige qui lui appartiendrait en ayant le nom de deuxième Concile de Nicée. Il eut lieu du 24 septembre au 23 octobre 787. « Les iconoclastes apparurent, non comme des juges, mais comme criminels et pénitents ; la scène était décorée par les légats du pape Adrien 1er, et les patriarches orientaux ; les canons furent formulés par le président, Taraise, et ratifiés par les acclamations et les souscriptions de trois cent cinquante évêques. Ils déclarèrent unanimement que l’adoration des images était agréable aux Ecritures, et par là, aux Pères et aux conciles de l’Eglise. » - Gibbon. (A.T. Jones, Empires Ecclésiastiques, p. 243)

   Les dernières paroles du canon du concile sont les suivantes :

   « Le Seigneur, les apôtres et les prophètes nous ont enseignés qu’il nous faut honorer et louer par-dessus tout autre, le saint Dieu Créateur, qui est exalté au-dessus de toutes les puissances célestes ; bien plus, les saints anges, les apôtres, les prophètes et les martyrs, les saints docteurs, et tous les saints, de l’intercession desquels nous pouvons profiter, qui peuvent nous rendre acceptable à Dieu si nous marchons d’une manière vertueuse. Bien plus, nous vénérons également l’icône de la croix sacrée, portant la vie, et les reliques des saints, et nous acceptons les icônes sacrées et vénérables, et les accueillons et les embrassons, selon l’ancienne tradition de la sainte Eglise Catholique de Dieu, de nos saints Pères, qui ont reçus ces icônes, et ont ordonnés qu’elles soient placées dans toutes les églises partout. Ce sont les représentations de notre Sauveur Incarné Jésus-Christ, puis celles de notre très sainte vierge et porteuse de Dieu, et des anges qui ne sont pas incarnés, étant apparus aux justes sous forme humaine ; ainsi que les images des saints apôtres, des prophètes, des martyrs, etc., afin que nous puissions nous en souvenir au moyen de la représentation de l’original, et être guidé à une certaine participation de Sa sainteté. » (Idem, p. 244)

   Même Jean Calvin dit : « Une véritable image de Dieu ne peut se trouver dans le monde entier ; et ainsi Sa gloire est profanée, et Sa vérité corrompue par un mensonge, à chaque fois qu’Il est présenté à nos yeux sous une forme visible. … Ainsi, concevoir une image quelconque de Dieu, est en soi-même impie ; car c’est par cette corruption que Sa majesté est frelatée, et Il est considéré comme autre que Lui-même. » (Calvin’s Commentaries, vol. 4, “Harmony of the Law,” Part II).

   Il se peut que vous ayez entendu dire qu’à un certain moment, une image particulière de Jésus était présente à Elmshaven, la dernière maison d’Ellen White. On dit de cette image qu’elle était dans sa chambre à coucher et qu’elle représentait Jésus plus qu’aucune autre image vue par Ellen White. Quelle est la vérité à ce sujet ?

   Tout d’abord, il est vrai qu’une image de Jésus, fut à une certaine période présente dans la chambre d’Ellen White, mais c’était de nombreuses années après sa mort. Deuxièmement, il ne se trouve aucune citation provenant de la plume d’Ellen White témoignant d’une image de Jésus ayant reçu son approbation. Troisièmement, selon Grace Jacques, petite fille d’Ellen White, cette image qui, on le supposait, avait été approuvée par Ellen White, est une rumeur inventée. Grace Jacques témoigna de la fausseté de l’allégation d’une image de Christ, disant :

   Non, elle n’a jamais dit une telle chose. Elle [cette image] n’était pas là [à Elmshaven] lorsque grand-mère s’y trouvait. Non. (Témoignage personnel enregistré par Michael Hodges durant une visite à Elmshaven le 1er avril 1984.)

   Grace Jacques expliqua que la rumeur de cette soi-disant vraie image de Christ trouvait son origine chez un voisin qui souhaitait vendre des images de Christ. Grace Jacques déclara également qu’il ne s’agissait pas là de la seule rumeur concernant Ellen White et une image du Christ ; elle dit également que toutes ces rumeurs étaient fausses. Grace Jacques a ajouté que l’image placée à Elmshaven après la mort de Sœur White était devenu une source de fanatisme. Une personne, par exemple, avait déclaré avoir été guérie par un seul regard vers cette image. Grace Jacques témoigna que suite au conseil de son frère, Arthur White, elle enleva l’image infâme de Jésus et la mis dans un garde meuble à Elmshaven.

   Jésus dit que la vie éternelle c’est de connaître Dieu et de connaître son Fils (Jean 17 : 3). Nous devrions avoir le désir de connaître Dieu et Christ au mieux possible, et nous devrions éliminer le plus rapidement possible tout ce qui nous empêche de les comprendre.

   Mais vous pouvez vous demander : quel impact cela a-t-il sur moi ? Souvenez-vous que d’une manière historique Satan a amené ses symboles en premier et que notre acceptation de ces sujets prépare la voie pour des abominations plus terribles. Nos esprits seront limités par les ouvrages visuels que nous possédons. Nous avons tous des images de Jésus, des figurines d’anges, ou peut-être des scènes de la nativité que nous devrions mettre de côté, si l’on se réfère à l’inspiration.

   De même que la fabrication des idoles ont éloignés les Israélites de la véritable adoration de Dieu, accrocher un portrait de Jésus dans nos maisons présente une tentation continuelle de le réduire à rien de plus que l’image sur la photo. Même si nous ne nous prosternons pas, ni n’adorons l’image, comment est-il possible de ne pas en arriver à mettre Jésus au même niveau que la simple image ? Comment pouvons-nous la regarder chaque jour et ne pas être tenté de Le considérer comme simplement l’image sur la photo ?

   L’importance de ce sujet est visible dans les 8ème et 9ème chapitre d’Ezéchiel. Au chapitre 8, Dieu appelle ces figures ou images une « méchante abomination ». Bien-aimés, si Dieu appelle des images de Dieu, du Christ, et des choses célestes une « méchante abomination », c’est certainement le cas, et si nous sommes en harmonie et en union avec Dieu, nous haïrons de telles abominations. Nous avons également appris que seuls ceux qui soupirent et qui gémissent à cause de ces mauvaises choses recevront la marque pure de la vérité, le sceau du Dieu vivant. Nous ne parlons pas de connaître ce qui était essentiel pour tous nos ancêtres, bien que je crois qu’ils connaissaient ces choses, mais nous parlons de ce qui est essentiel si nous devons faire partie des 144 000, ceux qui sont scellés juste avant la fin du temps de grâce. Ceux qui ont un zèle pour l’honneur et la gloire de Dieu n’auront aucun désir d’être en relation avec quoi que ce soit de déplaisant à Dieu. Si vous souhaiter faire partie des 144 000 il vous faudra mettre l’honneur de Dieu en premier. Il se peut que vous ne fabriquiez pas des images de Dieu, de Jésus ou des choses célestes, mais les avez-vous autour de vous, et si non, si vous ne gémissez ni ne soupirez pour ceux qui y sont liés, vous ne recevrez pas le sceau de Dieu. C’est clair et net. Il est possible qu’on vous considère comme un fauteur de trouble en Israël, mais c’était aussi le cas d’Elie. Il est aussi possible que vous ne receviez pas l’approbation de la Conférence Générale, mais vous pouvez avoir l’approbation de Dieu. Je réalise que ce message peut ne pas être au goût de certains, mais la Bible déclare que « la colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive » (Romains 1 : 18). Je ne peux ni ne veux retenir la vérité parce qu’elle n’est pas populaire. Maintenant, qu’allez-vous faire ?


 LES DÎMES ET LES OFFRANDES

JAMES WHITE, (suite et fin)

Signes des Temps – Juillet 1880

5. LES PREMICES.

   Non-seulement l’Eternel exige la dîme de tout le revenu, mais ce doit être les prémices de tout le revenu. Ainsi l’Eternel dit : « Tu ne différeras point de m’offrir de ton abondance et de ta vendange ; tu me donneras le premier-né de tes fils. Tu feras la même chose de ton bœuf et de ta menue bête. » Exode 22 : 29, 30. « Tu apporteras en la maison de l’Eternel les prémices des premiers fruits de la terre. » Exode 23 : 19. L’Eternel dit encore : « Parle aux enfants d’Israël et dis-leur : Quand vous serez entrés au pays que je vous donne, et que vous aurez fait la moisson, alors vous apporterez au sacrificateur une poignée des premiers fruits de votre moisson. » « Et vous ne mangerez ni pain, ni grain rôti, ni grain en épi, jusqu’à ce même jour-là, jusqu’à ce que vous ayez apporté l’offrande à votre Dieu. «  Lév. 23 : 10, 14.

   Remarquez qu’il leur était défendu de prendre du pain, du grain en épi ou du grain rôti jusqu’à ce qu’ils eussent apporté leur offrande à l’Eternel. Ainsi nous lisons encore dans Prov. 3 : 9, 10. « Honore l’Eternel de ton bien, et des prémices de tout ton revenu ; et tes greniers seront remplis d’abondance, et tes cuves regorgeront de moût. » Ici, il nous est enjoint d’honorer l’Eternel des prémices de tout notre revenu. Paul suit le même principe dans les instructions qu’il donne aux églises chrétiennes. Ainsi il dit : « Que chaque premier jour de la semaine, chacun de vous mette à part chez soi, et rassemble ce qu’il pourra, selon sa prospérité, afin qu’on n’attende pas que je sois arrivé pour faire les collectes. » 1 Cor. 16 : 2.

   Notre Dieu est un grand Dieu. Il est jaloux de sa gloire. Il répand libéralement ses bénédictions sur ses créatures ; mais il veut que ses créatures l’honorent. C’est pourquoi il demande que nous reconnaissions son autorité et sa bonté en lui apportant une offrande de tout ce qu’il donne avant que nous en employions aucune partie pour nous-mêmes. En faisant cela nous honorons Dieu, et nous attirons sur nous sa bénédiction. Mais c’est là précisément que nos frères sont le plus sujets à laisser l’égoïsme et la cupidité pénétrer dans leur cœur et dérober Dieu de ce qu’ils devraient lui donner. Ils s’engagent à donner ; ils ont l’intention de donner telle ou telle somme pendant l’année ; mais au lieu de prendre des prémices pour faire leur offrande, ils remettent les choses au dernier moment de l’année. Ils se servent eux-mêmes d’abord, et le Seigneur ensuite, ou pas du tout. Leurs dettes, leur nourriture, et leurs vêtements d’abord ; puis, lorsque tous ces besoins ont été satisfaits, à la dernière heure ils donneront au Seigneur juste assez pour tranquilliser leur conscience coupable. S’ils veulent avoir un esprit calme et heureux, et de la confiance en Dieu, et s’ils veulent que sa bénédiction repose pendant l’année sur ce qu’ils possèdent, qu’ils honorent Dieu premièrement ainsi que la Bible l’enseigne.

   L’un des principes les plus importants sur lequel la Bible insiste particulièrement, c’est que nous sentions et que nous reconnaissions constamment notre dépendance de Dieu et que nous nous rappelions que toute bénédiction vient de lui. C’est là un des principaux résultats de l’acte de donner régulièrement à l’Eternel le premier dixième de tout ce que nous recevons. Cela nous rappelle constamment que nous dépendons de lui, et nous fait remarquer chaque bienfait que nous recevons, bienfaits dont autrement nous laisserions passer un grand nombre inaperçus, ou que nous aurions entièrement oubliés, lorsque nous viendrions payer nos dîmes à la fin de l’année.

   Il est peu de personnes qui, ne tenant pas un compte journalier de ce qu’elles reçoivent, sachent exactement ce qu’elles ont reçu pendant l’année. D’où il s’ensuit que si elles négligent de payer leurs dîmes avant la fin de l’année elles sont sujettes à oublier un grand nombre de bienfaits qu’elles ont reçus, elles se trouvent pauvres, et donnent beaucoup moins qu’elles ne devraient donner, et même elles le font à regret. Cela déplaît grandement à l’Eternel. C’est pourquoi il dit : « Tu ne différeras point de m’offrir de ton abondance. » Ex. 22 : 29.

6. NOTRE LIBERALITE EST UNE PREUVE DE NOTRE SINCERITE.

   Paul, en exhortant les Corinthiens à la libéralité leur présenta l’exemple des autres églises, pour éprouver la sincérité de leur charité. 2 Cor. 8 : 8. Le Seigneur nous a fait un devoir de donner, afin d’éprouver la sincérité de notre charité. Un langage chrétien, et une profession de christianisme sont des choses qui ne coûtent pas cher, et qui sont facile à accomplir ; mais si un homme donne de ses biens pour soutenir une cause, c’est la meilleure preuve qu’il aime cette cause ; c’est pourquoi le Seigneur a toujours demandé cette épreuve de notre sincérité. On verra par les faits suivants l’importance de cette idée :

1. Le Seigneur ne dépend pas de nos biens pour le soutien de sa cause. Il lui serait facile de faire descendre de l’argent du ciel. Il pourrait multiplier l’or et l’argent du trésor, et ainsi conserver les bourses de son peuple. Mais il ne trouve pas bon de le faire ;

2. La pite qu’une pauvre veuve peut donner n’est qu’une bagatelle pour le soutien de la cause de Dieu. Si elle manquait, la différence dans le trésor serait à peine sensible, et néanmoins de telles personnes même sont encouragées à donner quelque chose. Le but est moins de remplir le trésor que d’éprouver leur charité.

3. Le Sauveur lui-même dit que la pauvre veuve qui n’avait donné que deux pites avait donné plus que les riches qui mettaient de grandes sommes. Ce qu’elle avait donné fut apprécié, non pas selon la grandeur de la somme, mais selon la grandeur du sacrifice qu’elle avait fait en la donnant. C’est pourquoi Dieu note ceux qui donnent chichement et à contre-cœur. Ainsi Paul dit distinctement : « Que chacun donne selon qu’il l’a résolu en son cœur, non à regret, ni par contrainte ; car Dieu aime celui qui donne gaiement. » 2 Cor. 9 : 7.

   C’est pourquoi, afin de parvenir au grand but que nous devons atteindre en donnant, nous devons donner gaiement et libéralement selon nos moyens. Si nous ne le faisons pas, cela montre notre manque d’amour pour Dieu et sa cause. C’est une preuve de notre égoïsme, et nous attirons sur nous le déplaisir de Dieu. Chacun, donc, doit donner quelque chose ; dût-il même faire un sacrifice aussi grand que celui de la pauvre veuve.

7. EN GARDANT CE QUI APPARTIENT AU SEIGNEUR NOUS PERDONS LA PROTECTION DE DIEU.

   Quand les hommes ne donnent rien au Seigneur, ils soustraient leurs propriétés à la protection de Dieu et les placent entre leurs propres mains. Ils ne peuvent pas réclamer sur leurs biens la protection de Dieu ; car si Dieu bénit leurs récoltes, ils les gardent toutes pour eux-mêmes ; s’il leur accorde la santé, ils l’emploient à leur propre usage. Dieu ne veut point participer à un tel égoïsme. Mais si nous honorons fidèlement le Seigneur en lui donnant les prémices de tous les bienfaits qu’il répand sur nous, alors nous pouvons avec foi lui demander sa bénédiction sur ce qui reste et elle nous sera accordée. Rien n’est plus clairement établit dans la Bible que ce fait. Voici quelques passages à cet égard :

   « Vous avez beaucoup semé, mais vous avez peu recueilli ; vous avez mangé, mais vous n’avez point été rassasiés ; vous avez bu, mais non jusqu’à la joie ; vous avez été vêtus, mais vous n’en avez point été réchauffés ; et celui qui se loue, se loue pour mettre son salaire dans un sac percé. On s’attendait à beaucoup, et voici tout revient à peu ; et vous le portez chez vous, mais je soufflerai dessus. Pourquoi ? Parce que, dit l’Eternel des armées, ma maison demeure désolée, pendant que vous vous empressez chacun pour sa maison. » Aggée 1 : 6, 9.

   « Vous êtes maudits de malédiction, et vous me pillez, vous, toute la nation. Apportez toutes les dîmes aux lieux ordonnés pour les garder, et qu’il y ait de la provision dans ma maison : et éprouvez-moi en cela, a dit l’Eternel des armées, si je ne vous ouvre pas les écluses des cieux, et si je n’épuise pas sur vous la bénédiction, en sorte que vous n’y pourrez suffire. Je réprimerai pour l’amour de vous celui qui dévore, et il ne vous gâtera point les fruits de la terre ; et vos vignes ne seront point stériles dans la campagne, a dit l’Eternel des armées. Mal. 3 : 9, 10, 11. Ici l’Eternel déclare distinctement qu’il bénira leurs récoltes s’ils veulent payer leurs dîmes. Dans le Nouveau Testament, Paul établit cette même doctrine : «  Que celui donc qui fournit la semence au semeur, veuille aussi vous donner du pain pour manger, et multiplier ce que vous avez semé, et augmenter les fruits de votre justice. » 2 Cor. 9 : 10. Aucune doctrine n’est plus raisonnable que celle qui enseigne que Dieu bénira ceux qui le craignent et l’honorent ; et qu’il retirera sa main bienfaisante de ceux qui ne le font pas.

8. LES ADVENTISTES DU SEPTIEME JOUR DEVRAIENT ETRE GENEREUX.

 1. Parce qu’ils font profession de croire et d’obéir strictement à la Bible, et ainsi que nous l’avons montré, la Bible est claire et explicite, sur le sujet de la libéralité.

 2. Parce que nous jouissons d’une grande lumière et d’une grande bénédiction dans la vérité. Si tel est le cas, nous devons le montrer par nos œuvres. Si d’autres peuvent donner pour soutenir l’erreur, combien plus ne devrions-nous pas donner pour soutenir la vérité !

 3. Parce que nous croyons que la fin de toutes choses est proche. Nos fermes, nos maisons, tous nos biens seront bientôt consumés par le feu au dernier jour. Nous sommes dans le temps qui va terminer la dernière génération, et le dernier message envoyé au monde. Nous sommes peu nombreux et nos ressources sont petites ; mais l’œuvre est grande et le temps est court.

9. COMBIEN DEVRAIS-JE DONNER POUR SOUTENIR L’EVANGILE ?

   Il nous est dit que Jacob promit à l’Eternel la dîme de tout ce qu’il lui donnerait. La loi des Juifs réclamait un dixième de toutes leurs récoltes.

   Aussi longtemps que la période d’épreuve de l’homme continuera et que Dieu aura sur la terre une cause qui doit être soutenue par les libéralités de son peuple, aussi longtemps le principe des dîmes subsistera. Toutefois, les opérations de l’église chrétienne dans tout le monde sont plus étendues et plus coûteuses que celles de l’église judaïque dans sa terre locale. Sûrement les opérations de l’église chrétienne nécessitent plus de dépenses maintenant qu’alors. Le devoir de donner est établit dans le Nouveau Testament d’une manière plus emphatique et plus positive que dans l’Ancien. Mais si nous cherchons un plan défini quant à la manière de donner, il semble n’y avoir dans tout le Nouveau Testament aucun texte qui soit plus clair sur le sujet que 1 Cor. 16 : 2.

   « Chaque premier jour de la semaine, que chacun de vous mette à part chez soi, et rassemble ce qu’il pourra, selon sa prospérité, afin qu’on n’attende pas que je sois arrivé pour faire les collectes. » En examinant attentivement ce verset, on verra que cette collecte qui, d’après les ordres de Paul, devrait être faite à époques régulières, était pour le bénéfice des Juifs qui avaient été convertis, et qui avaient des droits sur les églises des Gentils convertis parce que c’était par leur moyen que l’évangile leur avait été prêché. Et personne ne peut montrer pourquoi cet arrangement n’aurait pas été perpétué dans l’église chrétienne, pour l’entretien de ceux qui se consacrent au ministère.

   En considérant les déclarations précédentes, nous ferons naturellement cette question : « Combien dois-je donner pour le soutien de l’évangile ? » Après avoir soigneusement envisagé le sujet sous toutes ses faces, nous répondons : Nous devons donner la dîme de tout notre revenu.

   Cela ne signifie pas le dixième de tout ce que nous recevons, sans tenir compte de ce que quelques-uns paient pour le salaire de leurs ouvriers, ou les intérêts qu’ils ont a payer sur leurs fermes, leurs hypothèques ou autrement. Les sommes payées de cette manière doivent être retranchées du total que l’on reçoit, et le reste montrera le gain véritable, dont un dixième appartient à l’Eternel et doit être consacré au soutien du ministère.

   Les paroles de Paul touchant ce sujet, « selon sa prospérité » sont en harmonie exacte avec ce système de l’Ancien Testament, qui réclame du peuple de Dieu un dixième de tout le revenu qui doit être donné à l’Eternel. Mais ce n’est pas tout. L’Eternel par son prophète prononce cette accusation solennelle contre son peuple existant précisément avant le jour embrasé, savoir, qu’ils l’ont pillé « dans les dimes et les offrandes. »

   Ici, il est non-seulement fait allusion à la dîme, mais aussi aux offrandes. Anciennement, lorsque le peuple de Dieu jouissait des signes de la faveur spéciale de Dieu, de ses délivrances, ou d’autres bénédictions, ils offraient à l’Eternel des sacrifices d’actions de grâces. Il y avait l’offrande élevée et l’offrande tournoyée, les sacrifices de prospérité et les sacrifices pour le péché. Sans doute en montrant le devoir du peuple de Dieu de nos jours, le prophète fait allusion à ces offrandes. La délivrance du patriarche Noé, et l’offrande qu’il présenta à Dieu après être sorti de l’arche est un exemple frappant à ce sujet.

   Quand Noé et sa famille sortirent de l’arche, leur cœur était rempli de gratitude, de ce qu’ils pouvaient de nouveau poser leurs pieds sur la terre ferme. Il ne suffisait pas que cet homme juste élevât la voix pour remercier Dieu de sa délivrance et des grâces et des bénédictions qu’il avait reçues, mais il devait donner autrement que par des paroles des preuves tangibles de sa reconnaissance. Il devait offrir un holocauste à l’Eternel de la septième partie des biens précieux qu’il possédait, ainsi qu’il est écrit : « Et Noé bâtit un autel à l’Eternel, et prit de toute bête pure, et de tout oiseau pur, et il offrit des holocaustes sur l’autel. Et l’Eternel flaira une odeur qui l’apaisa. » Gen. 8 : 20, 21.

   Noé avait fait de grands sacrifices. Pendant cent vingt ans, il avait été un prédicateur de la justice. Il avait dépensé sa fortune dans la construction de l’arche. L’immense ferme [le monde] du patriarche était bien pauvrement fournie d’animaux utiles dont la conservation dans l’arche avait entraîné de grandes dépenses. Et dans ces circonstances, c’était pour lui un immense sacrifice de ses biens, de brûler un septième des animaux purs et des oiseaux purs.

   Nous n’objectons pas à ce que les chrétiens tiennent des réunions d’édification et d’action de grâce et que chacun y prenne part en offrant à Dieu des prières des chants d’actions de grâces, et qu’ils rendent témoignage publiquement de la bonté du Seigneur et de la vérité précieuse de sa parole de vie ; mais nous protestons contre l’application [que font certaines personnes] de ce que l’Eternel dit par son prophète Malachie concernant les dîmes et des offrandes ; nous protestons disons-nous contre l’application de ce passage aux devoirs des réunions d’édification et de culte, sans qu’il y ait quelque raison plausible pour faire une telle application. Quand une personne est délivrée des ténèbres de l’erreur et amenée à la lumière de la vérité présente elle devrait montrer sa gratitude envers Dieu en faisant une offrande d’une partie de ses biens pour que cette vérité, qui a été une si grande bénédiction pour elle, soit aussi portée à d’autres. Ses enfants ou ses amis sont-ils convertis au Seigneur et à sa vérité ? Des membres de sa famille sont-ils délivrés de la maladie ou de la mort ? Voilà des occasions pour cette personne de montrer autrement qu’en paroles l’expression évidente de sa gratitude, en faisant au Seigneur une offrande  d’action de grâce d’une portion de ses biens.

J.W.

Sur leurs traces – 34 ème partie

Mme White insolite

   Les quelques anecdotes que nous rapportons ici montrent que Mme White n’était dépourvue ni d’humanité ni d’humour et qu’elle était loin d’être une mystique pratiquant une religion éthérée.

Les Crackers

   Diverses tentatives suivies d’abandons marquèrent les tâtonnements des premiers Adventistes à la recherche d’une vie plus saine. Il y eut ainsi la période du beurre d’arachide – nourriture un peu trop riche pour les foies délicats – celle des steaks de gluten – un peu fades ! Celle des crackers… Sans préjudice de quelques autres !

   On en était donc aux crackers, ces gâteaux secs salés et croquants qu’on sert d’ordinaire comme amuse-bouche mais qui prenaient rang, dans ce contexte de réforme alimentaire, de produit diététique par excellence. Il s’agissait donc de s’en procurer en suffisance, à des prix non prohibitifs. Un pasteur en fit venir un plein baril pour lui-même et quelques membres de son église. Malheureusement, comme il arrive fréquemment, la livraison se fit un jour de sabbat. Très embarrassé, le pasteur demanda à Mme White comment il pourrait se tirer de ce mauvais pas. C’était pour lui un double cas de conscience car, non seulement il lui répugnait, pour lui-même, de se livrer à une transaction commerciale le saint jour, mais encore, il était censé donner l’exemple. Qu’allaient penser les membres de l’église si leur pasteur lui-même ne respectait pas les principes bibliques ? Ne se sentiraient-ils pas encouragés à d’autres infractions ? Refuser, en priant le livreur de revenir un autre jour ?… Mais Dieu approuverait-il cette casuistique ?

   Mme White montra beaucoup de bon sens. Elle commença par s’informer :

- Aviez-vous pensé à prévenir le livreur qu’il ne devait en aucun cas faire cette livraison le samedi ?

- Malheureusement non ! Je n’y avais pas pensé !

- En ce cas, c’est votre faute et non la sienne.

- Je le reconnais absolument. Et vous m’en voyez extrêmement confus !

- Et bien, pour cette fois, il n’y a qu’à accepter la livraison. Cela vous servira de leçon pour la prochaine fois ! 

Une douce habitude

   Guide unanimement reconnu et grandement apprécié de tous les groupements adventistes, Mme White était fréquemment sollicitée pour délivrer le sermon dans telle ou telle église. Son fils William l’accompagnait généralement.

   Ce sabbat-là, Mme White était en train de prêcher quand elle vit des sourires furtifs s’échanger dans l’auditoire. Comme ce qu’elle disait était empreint d’une profonde gravité, il était exclu d’établir un rapport quelconque entre la prédication et ces mimiques amusées. Mme White fit donc une pause et parcourut la salle du regard. Elle ne vit rien qui fût susceptible de provoquer le rire. Alors, se retournant, elle vit son fils, William White, assis sur l’estrade avec d’autres pasteurs, et qui dormait comme un bienheureux.  A cette époque, William White n’était plus un enfant ; c’était un homme dans la force de l’âge, le dévoué collaborateur de sa mère. Le spectacle avait évidemment son côté comique : le fils dormait pendant que sa propre mère exhortait l’assemblée !…

   Sans s’émouvoir de l’incident, Mme White fit une parenthèse et expliqua : « Toute ma vie, depuis que William est né, je l’ai emmené avec moi. Quand il était un tout petit bébé, je plaçais sa corbeille juste à côté de l’estrade, tout près de moi. Et il dormait pendant que je prêchais ! Vous le constatez, il n’en a pas perdu l’habitude ! » Ayant dit ces mots, elle reprit son sermon à l’endroit où elle l’avait interrompu. 

Encore William White

   L’anecdote précédente en appelle une autre qui met en scène William White et A.G. Daniells, alors président de la Conférence Générale, un homme de belle prestance, d’une distinction parfaite, qu’on aurait aisément pris pour un chef d’Etat.

   Daniells était en train de prêcher. Sur l’estrade, William White s’était encore endormi. Était-ce une disposition de sa nature ou bien plutôt la conséquence des énormes fatigues imposées à ces prédicateurs itinérants ?… En tout cas, William White était bien parti. A un certain moment, le pasteur Daniells mentionna quelque chose de particulier qui lui était arrivé, et il prit à témoin William White, disant : « Frère White, ici présent, pourra vous le confirmer. »

   Brusquement tiré de son sommeil en entendant son nom, mais n’ayant nullement saisi la situation, William White se leva comme un automate, vint sur le devant de l’estrade et dit avec le plus grand sérieux : « Mes frères, nous allons maintenant prononcer la bénédiction. »

Jeunesse de cœur

   Mme White aimait la vie et se montrait parfaitement compréhensive à l’égard des jeunes et des enfants en général. D.A. Delafield, qui s’est occupé de nous restituer dans son authenticité une Mme White ouverte à la gaieté et à l’humour a eu l’occasion de s’entretenir un jour avec une certaine Mrs Roger qui, étant enfant, avait passé quelques jours chez cette femme exceptionnelle avec quelques autres petites filles. Mme White faisait fréquemment de telles invitations.

   Le soir venu, l’hôtesse racontait des histoires à tout ce petit monde puis on priait en commun et les fillettes étaient invitées à regagner leurs chambres, au premier. Quelques minutes plus tard, Mme White les rejoignait et leur proposait une bonne bataille d’oreillers. Les petites s’en donnaient à cœur joie. Un soir, dans le feu du combat, une taie d’oreiller se déchira. Interdites, apeurées à l’idée des conséquences possibles de l’accident, les enfants se tenaient coites, s’attendant à des réprimandes. A leur vive surprise, Mme White les tranquillisa :

- Nous réparerons cela demain. Pour le moment, nous jouons !

   Et le jeu reprit de plus belle, ponctué de fous rires, de petits cris stridents et d’exclamations… - D’après des renseignements communiqués par D.A. Delafield.

 

Histoire pour les enfants

L’expérience de Sœur Clancy

   Cette expérience est relatée par un pasteur nommé Carlyle B. Haynes et tiré d’un sermon imprimé dans la Review and Herarld du 14 juillet 1932.

   Il y a treize ans, j’ai pris part à une campagne d’évangélisation à New-York. Parmi ceux qui assistaient à cette campagne, se trouvait une vieille dame célibataire que l’on fini par nommer affectueusement « Sœur Clancy » lorsqu’elle se joignit à l’église. Qui plus est, elle était Irlandaise.

   Elle avait suivit avec un profond intérêt les études durant la campagne d’évangélisation. Il était clair qu’elle connaissait Dieu. Elle était Presbytérienne, et à cette époque avait soixante-dix ans. Elle accepta avec joie toutes les vérités qu’elle entendait. La nature de l’homme ne lui posa aucun problème. C’était la Bible, et la Bible était pour elle la fin de toute controverse. Elle accepta joyeusement la vérité sur le retour du Seigneur. Et lorsque la vérité du Sabbat lui fut présentée, elle l’accepta avec reconnaissance.

   Puis elle entendit parler de la dîme. Il ne fallait pas être aveugle pour voir qu’elle était troublée. Elle attendit jusqu’à ce que j’ai fini de serrer les mains des auditeurs après la réunion, puis elle s’approcha de moi. Avec son accent que j’aime beaucoup, elle dit :

   « J’ai besoin de vous parler. »

   « Oui, sœur. »

   « Vous avez dit que tous les enfants de Dieu devraient Lui payer un dixième de leur revenu. »

   « Oui, c’est vrai, je l’ai lu dans la Bible. »

   « C’est ce que je veux dire. Vous ne savez encore rien de moi. Attendez que je vous dise. Et puis vous me direz si Dieu attend de moi que je Lui donne un dixième de mon revenu. »

   « Je vous écoute. »

   « Très bien, alors. Je suis seule au monde. Je n’ai aucune famille, si ce n’est une nièce. Elle vit à Boston, et elle est mariée. Je n’ai aucun revenu, pas de pension d’aucune sorte. J’ai dépassé l’âge d’aller travailler. Et mon seul soutien me vient de mon neveu par alliance. Il m’envoie 6$ par semaine. Il n’a pas besoin de le faire, mais, Dieu soit loué, il le fait. C’est tout ce que j’ai au monde. »

   « Eh bien… »

   « Attendez un peu que je vous en dise davantage, et vous serez mieux à même de me dire ce que je dois faire. La chambre la moins chère que je puisse trouver me reviens à 4,50$ par semaine, et il reste bas parce que ça fait longtemps que j’y habite et le propriétaire, qui a bon cœur, n’a jamais augmenté le loyer. Donc, j’ai 1,50$ par semaine pour vivre, et c’est tout ce que j’ai. Maintenant, si je paie la dîme de mon revenu de 6$ ou 60 centimes par semaine, j’aurais seulement 90 centimes pour vivre par semaine, après avoir payé mon loyer.

   Maintenant vous savez tout sur moi. Pensez-vous que Dieu s’attende à ce que je paie la dîme ? »

   Je dois confesser qu’il n’y avait jamais eu un moment où j’ai tant eu envie de dire : « Non, ma pauvre, Dieu ne dépend pas de vos 60 centimes par semaine. Gardez-les et nourrissez-vous avec. »

   Mais qui étais-je pour changer les exigences éternelles de Dieu ? Quelle autorité ai-je, ou quelque autre pasteur, pour modifier ou abolir Ses commandements ?

   Regardant dans les yeux sérieux et attentifs de cette vieille femme Irlandaise, je lui dit que ma compréhension était qu’elle devait obéir à Dieu et payer la dîme, et que malgré de fait que Dieu ne dépendait pas de son argent, elle avait besoin de la bénédiction abondante de Dieu que sa fidélité dans le paiement de la dîme apporterait. Et elle répondit, satisfaite :

   « Très bien, Pasteur. Si la Parole bénie de Dieu le dit, je paierai la dîme. Il ne m’a jamais abandonné, et j’ai marché avec Lui depuis de nombreuses années. Il ne m’abandonnera pas maintenant. »

   La semaine suivante elle m’apporta ses 60 centimes. Combien j’avais envie de lui rendre, et de lui dire que la cause du Seigneur pouvait, d’une manière ou d’une autre, avancer sans ses 60 centimes. Mais je ne pouvais pas m’immiscer dans les arrangements de Dieu. Alors j’ai donné sa dîme au trésorier, qui écrivit un reçu pour ce montant et le donna à Sœur Clancy.

   Semaine après semaine elle apporta fidèlement et joyeusement ses 60 centimes. Et cela devint une habitude de me baisser et de murmurer à son oreille : « Tout va-t-il bien, Sœur Clancy ? » Invariablement sa réponse était : « Tout va bien, grâce à Dieu. »

   Une fois, alors que je lui parlais ainsi, elle ajouta : « C’est étonnant combien mes voisins sont gentils depuis que je paie la dîme. Ils m’apportent des choses, beaucoup de choses. Et ils n’avaient pas l’habitude de faire ainsi. Et vous savez, Pasteur, il semble que mes 90 centimes s’étirent et que je peux acheter plus de choses avec qu’avec mon dollar cinquante avant. Ah, Pasteur, on peut compter sur le tendre Seigneur pour accomplir Sa parole bénie. »

   Quelques mois plus tard elle vint dans mon bureau, où il était toujours un plaisir de la recevoir. Elle redressa les épaules, secoua la tête, et dit : 

   « J’ai été augmentée. »

   « Racontez-moi ça. »

   « Mon neveu par alliance, qu’il soit béni, m’a écrit une lettre. La voilà. Et il me dit dans cette lettre que son revenu a été augmenté, et il a réfléchi à  un moyen d’utiliser cet argent supplémentaire, et il lui est venu à l’esprit que je ne protesterai peut-être pas s’il m’envoyait 10$ par semaine au lieu de 6$. Et voici le premier paiement de 10$. Et maintenant, Dieu soit loué, ma dîme peut aller de 60 centimes à 1 dollar. Et au lieu d’avoir 90 centimes pour vivre par semaine, j’ai maintenant 4,50 dollars. Je ne sais, je ne sais vraiment pas ce que je dois faire avec tout mon argent. Ah, cher Pasteur, combien est fidèle le bon Seigneur d’accomplir toutes Ses promesses. »

   Oui, chers amis, les promesses de Dieu sont significatives. Elles ont une grande valeur. Et la bénédiction de Dieu repose sur nos vies. Vous pouvez apprendre pour vous-mêmes que neuf dixième de vos revenus, avec la bénédiction du Seigneur, iront plus loin et feront plus que dix dixième de votre revenu sur lesquels reposent la malédiction de Dieu.

   Pour l’individu, le paiement de la dîme signifie simplement se placer sous la protection divine, à l’endroit de la bénédiction, étant protégé, gardé, fortifié, tous les besoins étant pourvus, et ayant l’assurance réconfortante et fortifiante que « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » Et ne pas payer la dîme, c’est simplement dire à Dieu : « Je n’ai pas besoin que tu prennes soin de moi, que tu me guides, et que tu pourvoie à tous mes besoins. Je peux prendre soin de moi-même. »

   Payer la dîme c’est marcher avec Dieu ; ne pas payer la dîme, c’est marcher tout seul.


Coin Santé

Mozzarella végétale

Ingrédients :

  • 400 g de tofu
  • 250 ml de crème de soja
  • 2 cc de sel
  • 2 gousses d’ail
  • 3 cc rases d’agar-agar


Préparation :

  • Placer le tofu coupé en morceaux, la crème de soja, le sel, et les gousses d’ail coupées finement dans un mixeur.
  • Mixer jusqu’à ce que le mélange soit très crémeux.
  • Verser dans une casserole, et ajouter l’agar-agar. Bien mélanger et amener à ébullition. Laisser cuire pendant 4 minutes.
  • Verser dans un moule et laisser refroidir pendant au moins 24 heures.
  • Cette mozzarella végétale peut être râpée ou coupée en tranches et utilisée comme la mozzarella traditionnelle.
  • Je l’utilise principalement sur les pizzas où c’est un délice.

  • Bon Appétit !


[1] Dictionnaire théologique de l’Ancien Testament.

[2] En anglais, ndt.