Vol.4 - Juillet 2013

  

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Un papillon sur une fleur

« Car Dieu ne nous a point donné un esprit de timidité, mais de force, d’amour et de sagesse. » 2 Timothée 1:7

 

Table des matières

Editorial – par Marc Fury

Etude Biblique – La demeure des élus

Le retour d’Elie (chapitre 6) – par Adrian Ebens—–

Le mot qui a bouleversé le monde — par Robert Wieland

Histoire pour les enfants — Le test de la vis

Coin Santé — Mousse à la caroube

 

Editorial

« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Mt. 16 : 24

   Chers frères et sœurs dans la foi au seul vrai Dieu,

   C’est toujours une grande joie pour nous de recevoir vos nombreux courriers d’encouragement et de partage dans l’amour de la vérité. Jésus a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14 : 6)

   Ce n’est que par Jésus, le seul Fils engendré de Dieu, que nous pouvons venir au Père et découvrir Son amour infini. Cet amour agapé, est l’amour qui cherche a investir de la valeur dans les autres afin de les élever, contrairement à l’amour éros, qui n’a d’autre intérêt que de tirer de la valeur des autres afin de s’élever soi-même. L’étude de Robert Wieland « Le mot qui a bouleversé le monde » nous aidera à mieux comprendre cet amour. Il est cependant intéressant de constater que l’amour manifesté par l’idole philosophique de la trinité est un amour pollué par l’amour éros, qui n’est en réalité pas de l’amour du tout, mais de l’égoïsme.

   Hélas, ce type d’amour n’est que trop courant de nos jours, mais est-ce vraiment étonnant ? L’église Catholique, qui se trouve à l’origine de la notion même de trinité, a bien compris qu’une trinité ne peut exister sans amour éros, et le pape Benoît XVI l’a exprimé de la manière suivante : « Dieu est la source absolue et ultime de tout être ; mais ce principe universel de création – le logos, raison primordiale – est également un amoureux avec toute la passion d’un véritable amour. Eros est ainsi suprêmement ennobli, et pourtant simultanément purifié à tel point qu’il ne fait plus qu’un avec agapé. » (Pape Benoît XVI, lettre encyclique, 2005, Deus Caritas Est « Dieu est amour »)

   Voyez vous, pour l’église ayant inventé le dieu trois en un, il est impossible que Dieu soit caractérisé par l’amour agapé à l’état pur. Dans son essence même il doit impliquer cette qualité d’amour égoïste étranger à la Bible, l’amour « Eros ». Pourquoi ? Les trinitaires affirment par un raisonnement philosophique que l’amour ne peut exister dans un Dieu vraiment unique car, disent-il, il faut au moins deux personnes co-égales pour l’expérimenter. Mais c’est là de la philosophie humaine. La Bible enseigne qu’il n’y a qu’ « un seul Dieu, le Père » (1 Co. 6 : 8) et que « Dieu est amour » (1 Jean 4 : 8). Il n’y a là aucune restriction. Or, cela n’est possible que si l’amour de Dieu est un amour agapé à l’état pur, sans ressentir le besoin d’un « co-égal » pour le partager. Réfléchissez-y un instant. Qu’est-ce qui illustre le mieux l’amour de Dieu ? Un père qui apprend à son fils à marcher, ou bien deux champions qui courent un marathon ensemble ?

   Voyez-vous, l’image de la trinité nous parle d’un amour sectaire, ne pouvant être vraiment compris et expérimenté que par les trois membres du groupe. L’image du seul vrai Dieu notre Père, et de Son Fils Jésus Christ, est toute autre. Dieu notre Père a engendré un Fils qu’il a élevé à Son égal. Ayant fait cela pour Jésus, il veut aussi déverser cette même qualité d’amour dans ses enfants par le Saint-Esprit, et il le fera pour chacun d’entre nous si nous le voulons bien. Mais cela a un prix : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » (Matthieu 16 : 24) Et surtout, n’ayons pas honte du Fils engendré, car Jésus a dit : « Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges. » (Marc 8 : 38)

   La naissance est un élément clef de notre identité. Lorsqu’une personne apprend que celui qu’elle a toute sa vie appelé « papa » n’est pas celui qui l’a engendré, cela provoque naturellement une crise d’identité très intense. Il ne lui viendrait pas à l’idée de dire : « peu importe, ça ne m’intéresse pas d’en savoir plus : la filialité n’a rien à voir avec la naissance et l’origine de la vie ! ». Il est vrai que Satan voit les choses différemment. Il veut nous faire croire que notre valeur et notre identité se trouvent dans nos performances : nos réalisations, nos diplômes, notre situation sociale, le montant de nos économies, etc… Pourtant notre identité la plus fondamentale est celle que nous donne notre naissance. Même s’il arrive parfois dans notre monde déchu que certains enfants s’entendent mieux avec leurs parents adoptifs qu’avec leurs parents biologiques, vous conviendrez avec moi que lorsque l’amour est là, le lien le plus fort sera toujours entre un père et son véritable fils. D’ailleurs, Dieu va même plus loin, car avec Abraham, il a élevé la sainteté du mariage, en appelant « fils unique-engendré », le seul fils engendré non seulement d’Abraham, mais aussi de sa seule femme légitime, Sarah.

   Hélas, il va falloir que je vous laisse maintenant, mais avant, Elisabeth m’a chargé de vous dire qu’il manquait un diagramme dans le deuxième article de « La génération finale », ce qui explique que certains d’entre vous ont eu des difficultés a comprendre la mention des années 1950 et 1967 dans le dernier article. Nous regrettons ce désagrément et incluons donc le diagramme ci-dessous:

   Que Dieu vous bénisse alors que vous lirez ces quelques études et articles que nous avons souhaité partager avec vous. Amour, joie et paix en Dieu notre Père et Son Fils Jésus-Christ !

Marc et Elisabeth


Etude Biblique

La demeure des élus

1. Dans quelle intention la terre a-t-elle été créée?

Esaïe 45 : 18 « Car ainsi parle l’Eternel, le créateur des cieux, le seul Dieu, qui a formé la terre, qui l’a faite et qui l’a affermie, qui l’a créée pour qu’elle ne soit pas déserte, qui l’a formée pour qu’elle soit habitée. »

2. A qui Dieu a-t-Il donné la terre ?

Psaume 115 : 16 «  Les cieux sont les cieux de l’Eternel, mais il a donné la terre aux fils de l’homme. »

3. Dans quel but l’homme a-t-il été créé ?

Psaume 8 : 7 « Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains. » Voir Genèse 1 : 26 et Hébreux 2 : 8.

4. Comment l’homme a-t-il perdu cette domination ?

Par le péché. (voir Romains 5 : 12 ; 6 : 23)

5. Lorsque l’homme perdit son empire, à qui le céda-t-il?

2 Pierre 2 : 19 « Chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui. »

NOTE — L’homme s’est laissé vaincre par Satan dans le jardin d’Eden et s’est laissé ravir ce qui lui appartenait.

6. Par qui cette première domination doit-elle être rétablie ?

Michée 4 : 8 « Et toi, tour du troupeau, colline de la fille de Sion, A toi viendra, à toi arrivera l’ancienne domination, Le royaume de la fille de Jérusalem. »

NOTE — La « tour du troupeau » c’est le Christ. Par lui la domination sera rendue à son peuple désigné ici par l’expression « la fille de Jérusalem ». Voir Galates 3 : 29.

7. Pourquoi le Christ dit-Il que les doux sont heureux ?

Matthieu 5 : 5 « Heureux ceux qui sont doux, car ils hériteront la terre ! »

NOTE — Cet héritage ne peut pas être reçu dans cette vie, car ici-bas ceux qui sont doux possèdent généralement très peu de bonnes choses sur la terre.

8. Selon le Psalmiste, quels sont ceux qui paraissent le plus heureux actuellement ?

Psaume 73 : 3, 12 « Je portais envie aux insensés, en voyant le bonheur des méchants. … Ainsi sont les méchants : toujours heureux, ils accroissent leurs richesses. »

9. Où les justes doivent-ils recevoir leur récompense ?

Proverbe 11 : 31 « Voici, le juste reçoit sur la terre sa rétribution. » (version Ostervald)

10. Quelle sera la différence entre la part des justes et celle des méchants ?

Psaume 37 : 34 « Espère en l’Eternel, garde sa voie, et il t’élèvera pour que tu possèdes le pays ; tu verras les méchants retranchés. »

11. Quelle est la promesse qui fut faite à Abraham concernant le pays ?

Genèse 13 : 14, 15 « L’Eternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui : Lève les yeux, et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l’orient et l’occident ; car tout le pays que tu vois, je le donnera à toi et à ta postérité pour toujours. »

12. Quelle était l’étendue de cette promesse ?

Romains 4 : 13 « En effet, ce n’est pas par la loi que l’héritage du monde a été promis à Abraham ou à sa postérité, c’est par la justice de la foi. »

13. Quelle portion du pays de Canaan Abraham posséda-t-il de son vivant ?

Actes 7 : 5 « Il ne lui donna aucune propriété dans ce pays, pas même de quoi poser le pied. » Voir Hébreux 11 : 8-13

14. Quelle est la postérité à laquelle cette promesse s’adresse ?

Galates 3 : 16 « Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa descendance. Il n’est pas dit : et aux descendances, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais comme il s’agit d’une seule : et à ta descendance, c’est-à-dire à Christ. »

15. Qui sont les héritiers de la promesse ?

Verset 29 « Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse. »

16. Pourquoi les hommes justes d’autrefois n’ont-ils pas reçu la récompense promise ?

Hébreux 11 : 39, 40 « Tous ceux-là, à la foi desquels il a été rendu témoignage, n’ont pas obtenu ce qui leur avait été promis, Dieu ayant en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu’ils ne parviennent pas sans nous à la perfection. »

17. Que doit devenir notre terre au jour du Seigneur ?

2 Pierre 3 : 10 « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée. »

18. Que se produira-t-il ensuite ?

Verset 13 « Mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera. »

19. A quelle promesse de l’Ancien Testament Pierre faisait-il sans doute allusion ?

Esaïe 65 : 17 « Car je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre ; on ne se rappellera plus les choses passées, elles ne reviendront plus à l’esprit. »

20. Qu’est-ce qui fut montré à l’apôtre Jean dans une vision ?

Apocalypse 21 : 1 « Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus. »

21. Quelle est l’une des promesses que le Christ laissa à ses disciples avant de les quitter ?

Jean 14 : 2 « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurai dit. Je vais vous préparer une place. »

22. Qu’est-ce que Dieu a préparé pour son peuple ?

Hébreux 11 : 16 « Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité. »

23. Qu’attendait Abraham ?

Hébreux 11 : 10 « Car il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. »

24. Où est cette cité, et comme est-elle appelée ?

Galates 4 : 26 « Mais la Jérusalem d’en haut est libre, c’est notre mère. »

25. Que vit Jean concernant cette ville ?

Apocalypse 21 : 2 « Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux. »

26. Qui sera exclu de cette ville ?

Apocalypse 21 : 27 « Il n’entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à l’abomination et au mensonge ; il n’entrera que ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau. »

27. Qui sont ceux qui pourront y entrer ?

Apocalypse 22 : 14 « Heureux ceux qui observent ses commandements, afin d’avoir droit à l’arbre de vie, et d’entrer par les portes dans la ville. »

28. Lorsque cette ville sera devenue la capitale de la nouvelle terre, quel sera l’état des enfants de Dieu ?

Apocalypse 21 : 4 « Il essuiera toutes larmes de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. »

Apocalypse 22 : 3 « Il n’y aura plus d’anathème. »

29. Quelles seront alors les conditions d’existence sur la terre ?

Esaïe 11 : 6-9 « Le loup habitera avec l’agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La vache et l’ourse auront un même pâturage, leurs petits un même gîte ; et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère, et l’enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic. Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte ; car la terre sera remplie de la connaissance de l’Eternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. »

30. A quels moments les rachetés offriront-ils leur culte à Dieu ?

Esaïe 66 : 22, 23 « Car, comme les nouveaux cieux et la nouvelle terre que je vais créer subsisteront devant moi, dit l’Eternel, ainsi subsisteront votre postérité et votre nom. A chaque nouvelle lune et à chaque sabbat, toute chair viendra m’adorer, dit l’Eternel. »

31. Jusqu’à quel point les souffrances du passé seront-elles supprimées ?

Esaïe 65 : 17 « Car je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre ; on ne se rappellera plus les choses passées, elles ne reviendront plus à l’esprit. »

32. Qui habitera avec les rachetés ?

Apocalypse 21 : 3 « J’entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. »

33. Quels avantages la présence de Dieu offrira-t-elle aux justes ?

Psaume 16 : 11 « Il y a d’abondantes joies devant ta face, des délices éternelles à ta droite. »

34. Comment les rachetés de l’Eternel retourneront-ils à Sion ?

Esaïe 35 : 10 «  Les rachetés de l’Eternel retourneront, ils iront à Sion avec chants de triomphe, et une joie éternelle couronnera leur tête ; l’allégresse et la joie s’approcheront, la douleur et les gémissements s’enfuiront. »

35. Pendant combien de temps possèderont-ils le royaume ?

Daniel 7 : 18 « Mais les saints du Très Haut recevront le royaume, et ils posséderont le royaume éternellement, d’éternité en éternité. » Voir Esaïe 65 : 22.


Le Retour d’Elie

Adrian Ebens

Chapitre 6 – Comment Lisez-Vous ?

A. Le Contexte est Primordial

   Aujourd’hui sera une journée particulière. Vous êtes pleins d’espoir et d’excitation quant aux perspectives potentielles qui sont devant vous. Le responsable d’une importante manufacture est intéressé par un projet spécial sur lequel vous avez travaillé, et considère sérieusement de le produire et de l’exporter dans le monde entier. Vous décidez tous deux de vous rencontrer dans un petit restaurant local sympathique, où vous prendrez le déjeuner ensemble. Ne l’ayant jamais rencontré jusqu’alors, vous regardez anxieusement autour de vous pour essayer d’identifier cette personne qui transformera votre rêve en réalité. Il finit par arriver, vous vous serrez vigoureusement la main, et vous entrez dans le restaurant pour vous y installer. Pour faire connaissance, votre compagnon de table s’intéresse à votre famille et à votre lieu de vie, il demande comment se passe la scolarité de vos enfants.

   Tout se passe bien, mis à part le fait que juste derrière vous se trouve un homme qui a développé un véritable art de siroter sa soupe à grand bruit. Dans un premier temps, vous en faites abstraction, mais au bout d’un moment, ça devient dérangeant. Il y en a qui devraient apprendre quelques manières, vous dites-vous, mais à nouveau, vous chassez cette pensée afin de ne pas vous laisser distraire. Cet entretien avec votre partenaire commercial se passe bien, et vous êtes en pleine conversation au sujet des bénéfices supplémentaires de votre projet lorsque la personne derrière vous lâche un horrible rot qui manque presque de faire tinter les couverts sur votre table. Tous les yeux sont soudainement fixés sur cet individu inhabituel qui semble ne pas avoir du tout de manières. La pièce se remplit de petits ricanements et de rires étouffés, mêlés d’horreur et de dégoût. Finalement, le propriétaire de restaurant arrive et demande à l’homme de partir, disant que des personne telles que lui ne sont pas bienvenues dans le restaurant.

   Ce qui est vraiment étonnant, c’est que si ce même homme s’était trouvé dans un restaurant de culture Chinoise, personne n’aurait pas même sourcillé. En fait, il se peut même que l’hôte et l’hôtesse auraient été déçus si vous n’aviez pas eu ces comportements. De plus, dans la culture Chinoise, vous auriez paru plutôt impoli pour avoir cherché à serrer la main à une personne que vous n’aviez encore jamais rencontrée, ou pour avoir abordé des questions familiales avec elle.

   C’est surprenant de voir à quel point les mêmes actions peuvent être interprétées de manières très diverses selon votre culture ou votre origine. Il en est de même lorsqu’on considère les deux différentes cultures que représentent le royaume de Dieu opposé au royaume de Satan.

   La foi chrétienne a un fondement – Jésus-Christ – et pourtant, lorsque nous examinons la multitude de groupes qui portent le nom de Jésus, nous sommes surpris de découvrir qu’autant de contradictions peuvent exister sur un même fondement. Le voyage vers le royaume de Dieu implique un changement de culture et un changement de vision sur le monde. Dans le chapitre précédant, nous avons décrit la difficulté que nous rencontrons souvent en apprenant à penser à la manière du ciel.

   Les plus grandes difficultés de la marche Chrétienne tournent autour de la façon dont nous abordons la Parole de Dieu, la Bible. Nous sortons du monde, où nous avons été formés à des fins de réalisations et de positions, mais alors que nous entrons dans le royaume de Dieu, il est absolument vital que nous soumettions nos opinions et que nous laissions l’Esprit de Dieu nous enseigner comment lire la Parole de Dieu. Malheureusement, cela n’a pas souvent été le cas, et les nombreuses contradictions, hérésies, et controverses que l’on trouve dans la foi Chrétienne et l’histoire sont la conséquence directe d’une lecture de la Bible d’un point de vue basé sur la performance, plutôt que basé sur la relation.

   Jésus nous éclaire à ce sujet dans Sa discussion avec le docteur de la loi dans Luc 10. Ce dernier demande à Jésus « Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Jésus répond, « Qu’est-il écrit dans la loi ? » et pour aller au fond des choses, il demande « Comment la lis-tu ? » (Verset 25 et 26, Ost.) Jésus ne demande pas que lis-tu, il demande comment lis-tu ou comment interprètes-tu ce que tu lis. C’est la question clef pour quiconque souhaite passer d’une pensée basée sur la performance à une pensée basée sur la relation – comment lis-tu ?

B. Croyances Fondées sur Différents Niveaux de Pensée

   Lorsqu’une personne fait une profession de foi, celle-ci est généralement fondée sur différents niveaux de pensées. Par exemple, considérons une affirmation au sujet de la loi de Dieu. Prenez cette affirmation :

« Essayer d’observer la loi est du légalisme. »

   Considérons cela dans un contexte typiquement protestant. Cette affirmation est appelée un principe de base. Ce principe se fonde sur une supposition. Cette supposition est que « tout effort humain est du légalisme, » elle se base sur un enseignement biblique appelé « la justification par la foi ». En mettant tout cela ensemble, nous avons :

Principe de Base : « Essayer d’observer la loi est du légalisme ».

Supposition Sous-Jacente : « Tout effort humain est du légalisme ».

Enseignement Biblique ou Croyance : « La Justification par la Foi ».


   Cette suite logique est parfaitement compréhensible, mais il y a certains textes bibliques qui semblent être en désaccord avec le principe. Dans la quatrième section, je ferai un exercice complet en suivant un autre principe au sujet du sabbat, mais intéressons-nous d’abord à celui que nous avons ici. Les trois couches décrites sont la partie visible de notre « arbre de croyance ». A ce point, cette approche paraît relativement saine, puisque la Bible dit que nous ne sommes pas justifiés par nos œuvres, et que le salut n’est pas obtenu par les œuvres. Mais elle dit aussi, si vous M’aimez, gardez Mes commandements, et quiconque dit aimer Dieu et ne garde pas Ses commandements est un menteur. Il semble donc y avoir une contradiction apparente. Cette contradiction est en rapport avec les niveaux de pensées cachées qui sont en-dessous du niveau de la visibilité. Ce sont des couches enracinées dans notre nature basée sur la performance. Lorsque nous ajoutons ces couches de pensées cachées les unes aux autres, le résultat est plutôt intéressant :

Couches visibles

« l’arbre »

Principe de base : « Essayer d’observer la loi est du légalisme. »

Supposition sous-jacente : « Tout effort humain est du légalisme. »

Enseignement Biblique ou croyance : « La Justification par la foi. »

Couches invisibles

« Les racines »

Système de valeur : Performance

Source de vie : L’homme possède une source de vie inhérente —

Le mensonge du Serpent[1]

 

 




 

   Les couches invisibles affectent notre pensée au sujet de la justification par la foi. Notre pensée basée sur la performance tord les affirmations de l’Ecriture en un mensonge. Prenez le verset biblique suivant :

   Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. (Eph. 2 : 8, 9)

   Etant donné que l’invisible ou les couches subconscientes informent notre pensée que nous possédons une vie ou une source de puissance en nous-mêmes, toute puissance qui est démontrée dans nos vies, (même la puissance de Dieu), sera vue comme un effort humain et donc rejetée comme du légalisme. La racine de l’arbre nourrit les branches de notre système de croyance, et nous tordons les Ecritures pour notre perte.

   C’est là la puissance de Babylone dans l’église. Elle combine la vérité de la justification par la foi avec le mensonge d’un système de valeur basé sur la performance et produit un rejet de la loi même qui est notre seul espoir de vie et de valeur comme nous l’avons vu au chapitre 3.

C. Un Exemple de Pensée par Paliers

   Illustrons ces cinq paliers[1] dans différents contextes et voyons si nous pouvons mieux saisir ces niveaux de pensée. Dans les diagrammes le violet représente la pensée n’ayant pas été pénétrée par les Ecritures. Le bleu représente la pensée qui a été pénétrée. Observez la ligne noire de niveau de pénétration biblique descendre vers le bas alors que nous progressons à travers les diagrammes.

   Prenons une vue Catholique de la loi et documentons les cinq couches pour voir combien de pénétration Biblique nous obtenons dans les cinq couches.

   Le modèle Catholique ci-dessus reconnaît que la loi de Dieu doit être gardée et considère tout effort de l’homme à suivre les ordres de Dieu comme méritoire. D’un point de vue Biblique, ceci est clairement du légalisme et l’homme cherche simplement à observer la loi par ses propres efforts. Les Catholiques diraient que la grâce couvre tout le processus, mais comme il est évident pour eux que les œuvres sont méritoires, cela est tout à fait erroné.

   Considérons le point de vue Protestant type une fois de plus. Ce système est un peu plus complexe, parce qu’il introduit plus de vérité que l’exemple précédent. Plus le niveau de vérité combiné à l’erreur est élevé, plus il devient difficile de détecter les inconséquences.

   La seule façon dont les protestants peuvent continuer à harmoniser les citations concernant la loi est de changer le contenu de cette loi. La loi devient le nouveau commandement de nous aimer les uns les autres et ainsi, plutôt que de modifier notre pensée basée sur la performance, nous changeons la loi pour qu’elle s’adapte à notre principe de base et à nos niveaux de pensée. 

   Comme nous l’avons vu plus haut, l’église Protestante est issue de la vérité biblique selon laquelle une personne est justifiée par la foi seule et non par les œuvres. Cette vérité est à présent injectée dans la compréhension non biblique Catholique précédente de la foi Chrétienne. L’injection de vérité au niveau de la croyance rend notre principe partiellement vrai, mais puisque les couches invisibles sont toujours  basées sur la performance, elle rend aussi le principe partiellement faux. Le faux élément du principe pousse une personne à rejeter l’observation de la loi comme faisant partie de l’évangile.

   Considérons maintenant un système de croyance Adventiste du Septième Jour au sujet de la loi dans les niveaux visibles mais laissons les niveaux invisibles basés sur la performance, et voyons ce qui se passe.

   Notre niveau de pénétration Biblique s’approfondit. Souvenez vous, comme nous l’avons dit plus haut, plus nous avançons dans la vérité, plus il devient difficile d’identifier les inconsistances.

   La compréhension Adventiste de la loi se base sur les croyances fondamentales du Sabbat, de la Seconde Venue, du sanctuaire, et de l’état des morts. Ces doctrines s’assemblent dans la doctrine de la justification par la foi qui inclue l’observation de la loi comme faisant partie de la nouvelle alliance. Les véritables enseignements corrigent les suppositions sous-jacentes, mais comme les couches invisibles n’ont pas changé, nous nous trouvons relativement confus au sujet de l’effort humain. Nous nous disons que c’est Christ qui œuvre en nous, mais une fois que les œuvres sont accomplies, nous nous en attribuons les mérites. Nous croyons en la justification par la foi, mais nous démontrons la justification par les œuvres. C’est là une mauvaise posture. Un grand nombre d’entre nous ont essayé d’être de bons Adventistes du Septième Jour et de suivre les enseignements de la Bible et de l’Esprit de Prophétie, mais beaucoup d’entre nous sont vides parce que notre pensée basée sur la performance nous contrôle encore. Nous sommes toujours affectés par les montagnes et les vallées de l’orgueil et du découragement, et la pression monte au point que quelque chose doit changer.

   Pour faire face à cette pression, certains Adventistes, que ce soit individuellement ou associés à d’autres, consacrent beaucoup de temps et d’attention pour exposer les péchés de l’église sans réaliser que cela n’est qu’un simple substitut à une gestion de leur propre culpabilité et de leur désespoir.

   Par ailleurs, j’ai entendu de nombreuses histoires d’évangélistes qui ont prêché l’amour de Jésus dans des programmes d’évangélisation tout en abusant verbalement leurs ouvriers pour des motifs d’efficacité et de rapidité. Nos frères Protestants peuvent voir la paille qui se trouve dans notre œil à ce sujet, mais beaucoup d’entre nous n’ont pas trouvé la poutre. Nous sommes aveuglés et ne pouvons la voir à cause des niveaux de pensée basée sur la performance.

   Lorsque la pensée basée sur la performance poursuit sont court inaperçue, quelque chose doit changer pour soulager la pression qui résulte de cette inconsistance. Comme les Adventistes savent que la loi est éternelle, nous ne la changerons jamais. Alors, qu’est-ce qui a changé ? Certains ont essayé de changer la justification par la foi et la doctrine du sanctuaire. La pensée basée sur la performance au sujet de la loi a demandé un changement dans notre compréhension de la manière dont elle doit être gardée. L’introduction d’une justification légale à la fin des années 70 et au début des années 80 a aidé à soulager la pression. Elle enleva le poids de la victoire sur le péché. Nous pouvions être recouverts d’un manteau de grâce qui éliminait le besoin de la perfection Chrétienne.

   Le changement dans l’importance accordée au sanctuaire est venu par un changement dans l’enseignement du jugement investigatif. L’approche typique de la doctrine du jugement investigatif, tel que placée sur une base de performance est presque aussi effrayante qu’un enfer de flammes éternelles. Ils sont nombreux dans notre église à avoir rejeté l’enseignement en bloc parce qu’ils n’ont pas pénétré les couches cachées de la pensée basée sur la performance.

   Ainsi, nous avons maintenant au moins deux versions de la justification par la foi dans l’église, toutes deux basées sur la performance dans les niveaux invisibles. Certains oscillent d’un côté à l’autre en essayant désespérément de trouver un soulagement, mais il n’arrivera jamais aussi longtemps que la fondation invisible subsiste. Si seulement nous pouvions permettre à la Parole de Dieu de pénétrer les couches invisibles et de nous convertir réellement, combien de souffrance pourrait être évitée ?

   Pourquoi Dieu nous a-t-il permis de descendre ce chemin faisant qu’il est si dur Adventiste du 7ème Jour ? La seule explication que je puisse trouver est le rejet du message qui nous parvint en 1888. Remarquez la citation suivante :

   Dans Sa grande miséricorde le Seigneur envoya un très précieux message à Son peuple par les pasteurs Waggoner et Jones. Ce message devait présenter au monde d’une manière plus marquée le sublime Sauveur, le sacrifice pour les péchés du monde entier. Il présentait la justification par la foi dans le Garant ; il invitait les gens à recevoir la justice de Christ, qui se manifeste par l’obéissance à tous les commandements de Dieu. Beaucoup avaient perdu Jésus de vue. Ils avaient besoin de diriger leurs yeux sur Sa personne divine, sur Ses mérites, sur Son amour inaltérable pour la famille humaine. Tout pouvoir est placé entre Ses mains, et Il peut dispenser de riches dons aux hommes, en impartissant le don sans prix de Sa propre justice à l’agent humain impuissant. Tel est le message que Dieu ordonne de donner au monde. C’est le message du troisième ange, qui doit être proclamé d’une voix forte et accompagné du déversement abondant de Son Esprit. (Témoignages pour les pasteurs, p. 39)[2]

   Le message de 1888 nous présentait la justification par la foi au moyen d’un sublime Sauveur qui nous rendait capable d’observer tous les commandements de Dieu. Il nous enseignait à mettre Christ au centre, et non pas nous-mêmes. Il nous dirigeait vers la source de vie dont couleraient vers nous de riches courants qui nous rempliraient de l’Esprit du Christ.

   Il est clair que nous n’en sommes pas arrivés là. Nous n’avons pas découvert notre pensée basée sur la performance en sondant profondément nos cœurs. Remarquez ce qui suit :

   Aucun homme ne peut savoir ce que signifie être sanctifié en Dieu à moins de chercher d’abord le royaume de Dieu et sa justice. Il doit humilier son âme devant Dieu, et être prêt à tout sacrifier, quel qu’en soit le prix, plutôt que de sacrifier la faveur de Dieu. Cultivez l’amour et l’affection pour la dévotion religieuse. Préférez de loin abandonner la terre que le ciel. Il vous faut à présent veiller attentivement sur vos pas, afin que vos pieds ne glissent pas. Vous savez bien que devant Dieu, le caractère de chaque désir et de chaque but est aussi clair que le soleil dans le ciel. Mon cher frère en Christ, vous n’avez pas cultivé la spiritualité ni grandi en grâce. En vous, le moi doit mourir. L’importance personnelle doit être couchée dans la poussière. (The Ellen G. White 1888 Materials, p. 1189, italiques ajoutés)

   Avons-nous bien considéré nos voies ? Le moi est-il mort ? Sommes-nous facilement offensés ? Nous irritons-nous sous les reproches ? Nous comparons-nous aux autres ? Recherchons-nous une plus haute position dans l’église ? Nous glorifions-nous de faire l’œuvre de Dieu ? Le moi est-il couché dans la poussière ? Comment faire cela ?

   Mais n’oublions pas que nul ne peut se dépouiller du moi si ce n’est par Jésus-Christ. C’est pourquoi le croyant dira : « Seigneur, prends mon cœur, car je ne puis te le donner. Il t’appartient. Garde-le pur, car j’en suis incapable. Sauve-moi en dépit de moi-même, de ce moi si faible et si peu conforme à ton image. Modèle-moi, façonne-moi, élève-moi dans une atmosphère pure et sainte où les puissants courants de ton amour pourront atteindre mon âme » (Les paraboles de Jésus, p. 132, 133).

   Plus nous nous approcherons de Jésus et plus nous distinguerons la pureté de son caractère, mieux nous saisirons l’extrême gravité du péché et moins nous serons enclins à l’orgueil. Ceux que le ciel reconnaît comme saints sont les derniers à faire parade de leur bonté. L’apôtre Pierre devint un fidèle serviteur du Christ, il reçut une grande mesure de puissance et de lumière divine. Il prit une part active à l’édification de l’Eglise, mais il n’oublia jamais la terrible expérience de son humiliation. Son péché était pardonné, cependant il savait très bien que seule la grâce du Christ pouvait le faire triompher de la faiblesse de caractère qui avait causé sa chute. Il ne trouvait en lui aucun motif de se glorifier (Idem, p. 133)[3].

   Alors qu’il se peut que nous reconnaissions notre besoin de sonder fidèlement notre cœur, la pensée basée sur la performance peut rendre cette œuvre insupportable. Il n’y a qu’une seule façon d’entreprendre une telle œuvre et de ne pas abandonner dans le découragement ; et c’est de l’entreprendre comme un fils et non comme un serviteur. Lorsque nous nous saisissons de notre filialité, notre système de valeur passe d’une pensée de performance à une pensée relationnelle. C’est à ce moment seulement que nous pouvons entreprendre l’œuvre douloureuse qui consiste à sonder notre âme et à supprimer entièrement les couches invisibles d’une pensée basée sur la performance. C’est alors seulement que nous pouvons supprimer les inconsistances dans notre compréhension de la loi et échapper aux fausses compréhensions de la justification, de la sanctification, du sanctuaire et de nombreux autres enseignements.

   Dans le chapitre suivant, je souhaite développer plus profondément le besoin essentiel qui consiste à passer de la pensée d’un serviteur à celle d’un fils. Cette pensée de fils nous permettra de transformer les niveaux invisibles de la pensée basée sur la performance.


Le mot qui a bouleversé le monde

Robert. J. Wieland

“Quand je parlerais les langues des hommes et celles des anges, si je n’ai pas l’amour, je ne suis qu’un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.

Quand j’aurais le don de prophétie, et quand je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j’aurais toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien.

Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien.

L’amour est patient; l’amour est plein de bonté. L’amour n’est point envieux, il n’est pas présomptueux, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien de malhonnête; il ne s’aigrit pas; il ne soupçonne pas le mal. Il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il met sa joie dans la vérité.

L’amour excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.

L’amour ne périt jamais.”       1 Corinthiens 13 : 1 à 8


   Il y eut jadis, en Palestine, un petit groupe d’hommes qui bouleversa le monde en ce temps-là. Ces hommes étaient porteurs d’un message se résumant en un mot dont la signification restait obscure. Les habitants de Thessalonique -ville grecque- confessèrent l’impact de sa proclamation en s’exclamant : « Ces gens qui ont bouleversé le monde sont aussi venus ici ! » Actes 17 : 6. Il s’agissait des apôtres Paul et Jean, messagers du Christ.

   Le mot qui était à l’origine de ce fait était alors peu connu dans le monde gréco-romain. Il provenait du terme grec « agapé » signifiant "amour". Il possédait une telle force qu’il divisa en deux camps les gens qui l’entendaient : l’un pour, l’autre contre. Ceux qui l’acceptèrent furent aussitôt transformés en heureux serviteurs de Jésus-Christ, prêts à délaisser leurs biens de ce monde et à souffrir pour Lui la prison, la torture et la mort. Par contre, ceux qui ne l’acceptaient pas devinrent de cruels persécuteurs des premiers, ceux qui avaient accepté ce nouveau concept de l’amour. Personne, après avoir entendu ce message, ne pouvait rester tel qu’il était auparavant.

   C’était comme une mystérieuse « bombe spirituelle », renversant toutes les philosophies et éthiques de cette époque concernant l’amour. Elle surprit tout le monde, ceux qui l’adoptèrent comme ceux qui la rejetèrent. Non que les anciens n’avaient aucune idée sur l’amour; ils en parlaient beaucoup. Les grecs avaient trois ou quatre mots différents pour expliquer l’amour. Mais le sens du mot « agapé » les renversait tous. Il montrait qu’aucun n’était le véritable amour.

   Alors, l’humanité réalisa que ce qu’elle avait qualifié d’amour n’était en fait que de l’égoïsme. L’âme humaine se trouvait dévoilée par cette révélation. Ceux qui l’acceptèrent devinrent eux-mêmes des porteurs d’agapé; quant aux autres, leur forme de piété hypocrite étant ainsi dénoncée ils devenaient ennemis de la nouvelle foi. Personne ne pouvait changer cela. Le temps était arrivé où cette idée allait jouer un grand rôle.

   Lorsque l’apôtre Jean écrivit ces mots "DIEU EST AMOUR" (1 Jean 4 : 8) il avait choisi le mot « agapé » comme étant le seul adapté à sa pensée. Le mot le plus communément utilisé était le mot « éros ». Lui aussi possédait une force semblable à l’eau d’un barrage défoncé qui balaie les obstacles de la volonté et de la sagesse humaines. Il est commun à toute l’humanité. C’est l’amour de la mère pour son enfant, des enfants pour les parents, amour souvent noble. Puis c’est l’amitié entre amis. C’est même l’amour qui unit en un profond mystère un homme et une femme.

   L’amour de Dieu peut-il se qualifier par « éros » ? se demandèrent les païens. Oui, répondirent les philosophes, y compris Platon, car éros est plus fort que la volonté de l’homme. Il engendre de nouvelles générations, unit les familles; il se trouve par nature dans chaque cœur humain; ce doit donc être l’étincelle de la divinité.

   Pour les anciens, l’amour était comme pour nous aujourd’hui, « le doux mystère de la vie », ce qui rend l’existence supportable. Platon espérait transformer le monde par une sorte « d’éros céleste ». Dans notre langage moderne, tout ce qui vient d’éros à une connotation sexuelle. Platon aurait voulu aller au-delà et élever le sens de ce mot. Il pensait que l’homme pourrait sortir du terre à terre de la sensualité pour atteindre les sommets de l’âme. Cependant, Jean n’écrivit pas : « Dieu est éros ». Ces deux conceptions de l’amour sont aussi éloignées l’une de l’autre que l’orient ne l’est de l’occident.

   La pensée de l’apôtre était révolutionnaire au moins sous trois angles différents :

1. Celui qui a connu « agapé » possède de l’assurance au jour du jugement (Voir 1 Jean 4 : 17). Sans ce mot, l’homme se présenterait avec crainte au jugement dernier. Avec lui, il peut marcher devant Dieu sans crainte et sans honte, dans la confiance.

2. « La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. » (1 Jean 4 : 18). La peur et l’inquiétude se trouvent dans le cœur de l’homme depuis la chute. Quand elles sont trop intenses, elles empêchent même le bon fonctionnement de nos organes. Des années peuvent s’écouler avant que le mal soit discerné au point de ruiner le corps entier. Alors les médecins se mettent à l’œuvre pour réparer ce qu’agapé aurait préservé.

3. Les plus nobles idéaux de l’humanité ne sont rien sans l’agapé, dit Paul dans le fameux chapitre 13 de la lettre aux Corinthiens. On peut « parler les langues des hommes et des anges, avoir des dons prophétiques, comprendre tous les mystères de la connaissance, avoir la foi jusqu’à transporter des montagnes, donner tous ses biens et même son corps pour être brûlé » ; tout cela sans l’agapé ne sert à rien ! L’agapé est supérieur à tout cela car il ne périt jamais.

A - L’amour humain ordinaire est dépendant de la beauté ou de la bonté de l’objet aimé.

   Tout naturellement, nous choisissons pour amis des gens sympathiques. Nous sommes amoureux d’une personne du sexe opposé qui est jolie, intelligente, gaie et attirante. Toutefois, nous nous détournons de ceux qui sont laids, renfrognés, ignorants ou agressifs. Au contraire, l’agapé n’est pas suscité par la beauté ou la bonté de l’objet. Il se tient souverain et indépendant. Les anciens se racontaient une histoire pour démontrer un amour sublime. Admète était un beau jeune homme, noble, possédant une quantité de qualités personnelles. Une maladie l’atteignit; l’oracle la décréta fatale. S’il voulait échapper à la mort, il fallait que quelqu’un consentit à mourir à sa place. Ses amis se rencontrèrent, se demandant l’un à l’autre : « Veux-tu mourir pour Admète ? » Tous étaient d’accord pour reconnaître en lui un être exceptionnel, mais de là à mourir pour lui !... Ses parents eux-mêmes furent interrogés. Ils répondirent : « Nous aimons beaucoup notre fils, mais nous ne pouvons pas mourir pour lui ! » Finalement ses amis parlèrent à une jolie jeune fille, Alceste, qui aimait Admète. Elle répondit : « Oui, parce qu’il est un homme de bien et que le monde a grandement besoin de lui, je suis prête à donner ma vie pour lui. »

   Les philosophes s’écrièrent : « Voilà vraiment l’amour ! Être prête à se sacrifier pour un homme bon ! » Imaginez leur étonnement quand les apôtres vinrent leur dire qu’ils avaient tort.  ! « A peine mourrait-on pour un juste ? Quelqu’un, peut-être, mourrait pour un homme de bien. Mais Dieu prouve son amour (agapé) envers nous en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous... lorsque nous étions ennemis. » (Romains 5 : 7 à 10). Un tel message va captiver votre âme ou vous rendre pire que vous n’êtes.

B - L’amour humain naturel répond à un besoin.

   Celui qui l’éprouve se sent pauvre et vide en lui-même et recherche quelqu’un à aimer pour enrichir sa propre vie. Le mari aime son épouse parce qu’il a besoin d’elle et réciproquement. Deux amis s’aiment parce qu’ils ont besoin d’un de l’autre. Séparés, ils ressentent un vide. Chacun a besoin de trouver un être à aimer en face de lui.

   Mais agapé ne provient pas d’un besoin de celui qui l’éprouve. L’Évangile nous apprend que ce n’est pas parce que Dieu a besoin de nous qu’Il nous aime, mais parce qu’Il est agapé. « Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Corinthiens 8 : 9). Nous sommes bouleversés aujourd’hui à la pensée d’un amour « qui ne cherche point son propre intérêt » (1 Corinthiens 13 : 5). Même les églises ont tendance à présenter l’amour de Dieu comme une satisfaction dont Il a besoin, comme une motivation inspirée par un instinct divin. Nous disons que Dieu a trouvé en nous une "valeur cachée" et qu’Il est gagnant en nous sauvant.

   En disant cela, nous Lui prêtons nos propres vues. Plusieurs cherchent en Dieu les bénédictions matérielles, puis ils pensent obtenir une « grande récompense ». Leurs motivations restent égocentriques. Quand l’agapé transperce leur âme, leur réaction est semblable à celle des apôtres et de leurs contemporains.

C - L’amour humain repose sur le sens des valeurs.

   Il existe encore en Afrique des hommes qui achètent leurs épouses. C’est un reflet subtil de la pensée de base de bien des cultures. Le coût de l’épouse est calculé en fonction des frais payés par les parents pour pourvoir à son éducation. Pour une fille illettrée, quelques vaches suffisent; pour une diplômée universitaire, il faut une somme considérable. Nous établissons une hiérarchie des êtres humains. La preuve en est que nous saluons avec moins de courtoisie un éboueur qu’un maire ou un premier ministre. Le niveau de notre amour est bien bas. « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même ? » demanda Jésus. (Matthieu 5 : 46 et 47).

   L’agapé possède en comparaison, une motivation différente. Plutôt que de dépendre de la valeur de son objet, il crée en cet objet une valeur nouvelle.

   Supposons que je tienne en main une pierre ramassée dans un champ. J’essaie de la vendre mais personne n’en veut car elle est sans valeur. Supposons que je tienne cette pierre sur mon cœur comme si c’était un bébé et supposons que je l’aime tant que tout à coup elle se transforme miraculeusement en un morceau d’or. Je fais alors fortune.

   C’est une illustration de la façon dont agit agapé. Nous n’avons aucune autre valeur marchande que celle des composants chimiques qui forment notre corps. Par contre, l’amour de Dieu nous transforme et nous donne une valeur équivalente à celle de Son Fils. « Je rendrai les hommes plus rares que l’or d’Ophir. » (Esaïe 13 : 12).

   Sans doute, connaissez-vous des exemples de personnes inutiles qui furent transformées en des êtres de grande valeur. John Newton (1725-1807) en fut un. Errant sans Dieu, il était impliqué dans le marché d’esclaves africains. Il était sans-cœur, ivrogne, et un jour il devint la victime de ceux qu’il persécutait. Après plusieurs années misérables passées en Afrique, il fut touché par l’agapé. Après avoir été ainsi libéré, il regagna son pays natal et renonça à toute pratique immorale. Il devint un messager de l’Évangile. Des milliers de gens se souviennent de lui grâce à l’hymne qu’il a composé et révèle qu’il était, lui aussi devenu « de l’or fin ».

Grâce infinie de notre Dieu qui, un jour, m’a sauvé !

J’étais perdu, errant de lieu en lieu quand Il m’a retrouvé.

Dans mes épreuves et mes labeurs, suffisante est sa grâce.

Je peux toujours compter sur sa faveur à chaque heure qui passe.

D - L’amour humain naturel va à la recherche de Dieu.

   Toutes les religions païennes pensent que Dieu ne s’inquiète pas de la guérison des humains. Un certain nombre d’hommes pensent qu’Il joue à cache-cache avec ceux qui Le cherchent et que, seuls ceux qui ont assez d’intelligence et de sagesse, peuvent Le découvrir. Des multitudes font des pèlerinages à La Mecque, à Rome, à Lourdes ou à Jérusalem dans l’espoir de « Le » trouver. Les Grecs d’autrefois ont construit de magnifiques temples de marbre afin d’y chercher Dieu.

   L’agapé s’oppose à cela et démontre l’inutilité de ces procédés. Ce ne sont pas les humains qui cherchent Dieu, mais c’est Dieu qui cherche l’homme : « Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19 : 10). Le Bon Berger a laissé ses 99 brebis et il est parti, au risque de sa propre vie, à la recherche de la brebis perdue. La femme alluma la lampe et chercha la drachme perdue dans les balayures jusqu’à ce quelle la trouve; l’Esprit de Dieu chercha le cœur de l’enfant prodigue et le ramena chez lui. Par contre, il n’y a aucune histoire dans la Bible racontant qu’une brebis doit chercher le Berger.

   L’apôtre Paul était fortifié par cette grande idée. « Mais voici comment parle la justice qui vient de la foi. Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? C’est en faire descendre Christ, ou : Qui descendra dans l’abîme ? C’est faire remonter Christ d’entre les morts. Que dit-elle donc ? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c’est la parole de la foi que nous prêchons. » (Romains 10 : 6 à 8). Cette parole de foi est en relation avec l’agapé comme la cire avec le sceau qui l’imprime. La foi est la réponse du cœur humain contrit face à l’agapé ; et la force de Paul consiste en la proximité de cette merveilleuse parole. Ceci constitue l’évidence même que Dieu vous a cherchés et trouvés là où vous étiez cachés. Le Bon Berger est continuellement à notre recherche.

E - Notre amour humain naturel veut toujours « monter plus haut ».

   L’homme cherche le progrès. Chaque élève de première année veut passer en seconde année; l’enfant de onze ans dit qu’il en aura bientôt douze. Tous préfèrent la promotion dans leur travail plutôt que le renvoi. Celui qui fait de la politique aimerait devenir préfet ou député. Qui a entendu parler d’un premier ministre qui se résigne à n’être qu’un serviteur dans un village ? La pensée de Platon sur l’amour n’aurait pu imaginer cela. Nous non plus d’ailleurs !

   C’est ce qui étonna le monde autrefois : Quelqu’un de plus haut placé qu’un président ou un roi accepta de descendre de plus en plus bas jusqu’à la torture et la mort. Nous trouvons le meilleur résumé de ce fait dans Philippiens 2 : 5 à 8 où Paul montre que le Christ descendit sept degrés pour nous démontrer son agapé.

1. « Existant en forme de Dieu, il n’a point regardé son égalité avec Dieu comme une proie à arracher. » Quand nous atteignons une position élevée, par nature, nous ne cherchons pas à en descendre. Mais le Fils de Dieu délaissa volontairement sa couronne, motivé par agapé.

2. « Il s’est dépouillé lui-même ». En tant qu’être humains, nous combattons jusqu’à la mort pour notre honneur ou notre réputation. Nos actes héroïques ne sont guères semblables à ceux de Christ, nous ne nous dépouillons pas de nous-mêmes, car quelqu’un peut livrer son corps pour être brûlé (1 Corinthiens 13 : 3) et manquer d’agapé. Dans cette expression, Paul entendait que Christ avait volontairement renoncé pour l’éternité à quelque chose de précieux, ce qui aurait été impossible sans agapé.

3. Il « prit la forme d’un serviteur (esclave). » Pouvez-vous imaginer une vie plus terne que celle de l’esclave qui travaille sans salaire et sans remerciements? Les anges sont appelés : « des esprits qui exercent un ministère » pour nous (Hébreux 1 : 14). Si Jésus était devenu comme l’un d’eux, cela aurait déjà constitué de sa part une grande condescendance, car il était leur chef. Or, il descendit plus bas encore.

4. Il fut semblable aux hommes, « fait de peu inférieur à Dieu » (Psaume 8 : 6). Non pas dans la splendeur majestueuse d’Adam à la création, mais Il vint au niveau de l’homme de la rue de l’époque gréco-romaine. Ainsi, il n’existe personne qui soit tombé si bas  que Jésus ne puisse s’approcher de lui et le récupérer. Dès que l’agapé envahit notre cœur, tout orgueil s’effondre sous sa splendeur. Il continue son œuvre en nous et nous conduit à atteindre les cœurs des hommes.

5. Il a « paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même ». C’est dire qu’il n’est pas né dans la richesse ou la beauté d’un palais comme ceux de César et d’Hérode. Sa mère lui donna la vie dans la puanteur d’une étable, enveloppé de guenilles et étendu dans une auge d’âne. Sa vie fut sans honneur, sans un oreiller pour sa tête, comme un vagabond. Mais ce ne fut pas encore suffisant.

6. « Se rendant obéissant jusqu’à la mort ». Ce n’était pas une attitude suicidaire. Aucun suicide n’est « obéissant jusqu’à la mort ». Si c’était le cas, le candidat au suicide ferait face à la réalité. Le suicide est une désobéissance. La mort dans laquelle Jésus fut obéissant n’était pas une évasion devant ses responsabilités. Elle n’était pas semblable à celle de Socrate, buvant de la ciguë. Ce fut un voyage en enfer, la condamnation consciente de chaque cellule de son corps, sous le regard de Dieu. Le septième et dernier pas va démontrer jusqu’à quel point Il pouvait descendre.

7. « même jusqu’à la mort de la croix. » Au temps de Jésus, cette mort était la plus humiliante et dépourvue de toute espérance. Elle n’était pas seulement une invention cruelle et honteuse : être là étendu, nu, devant une foule qui se repaissait du spectacle de l’agonie du crucifié. Par surcroît, cette mort sur la croix signifiait une horreur plus grande encore : la malédiction du ciel pour le crucifié. Moïse avait déclaré que celui qui est pendu sur le bois est un objet de malédiction devant Dieu (Deutéronome 21 : 23). Bien entendu, tous y croyaient. Si un criminel était condamné à mourir par l’épée ou à être brûlé vif, il pouvait encore prier et espérer que Dieu lui pardonnerait, en exauçant ses prières. Ainsi, il serait mort avec le réconfort de la présence de Dieu.

   Mais si le juge disait : « Tu mourras pendu au bois », toute espérance disparaissait. Normalement, Dieu devait tourner le dos à ce criminel pour l’éternité. C’est pourquoi Paul écrivit que « Christ est devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit quiconque est pendu au bois. » (Galates 3 : 13). La mort dont Jésus mourut est la mort du perdu, de celui qui doit mourir sans espérance, celle que l’Apocalypse (2 : 11) appelle "la seconde mort". Il est certain que cela fut mille fois pire pour Christ que pour les hommes, car sa sensibilité à la souffrance était infiniment plus grande que celle d’aucun être humain.

   Représentez-vous un homme cloué sur une croix. La foule le raille comme on le fait dans un stade. Il est comme la carcasse d’une vieille automobile sur laquelle les enfants lancent des pierres, un rejeton abandonné à la moquerie et à la vindicte de l’humanité. Ressentir de la pitié ou de la sympathie pour lui, ce serait être en désaccord avec le jugement de Dieu à son égard. Pour être d’accord avec le jugement de Dieu, il faut lui lancer des œufs et des fruits pourris. Telle était la façon de penser en ce temps-là.

   C’est à cette mort-là que Jésus se soumit avec obéissance. Dans sa souffrance, Il s’écria d’une voix forte : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » (Matthieu 27 : 46). Réfléchissez à cela avec révérence et dans le silence. Vous et moi aurions dû être cloués à cette croix si Jésus avait refusé de l’être pour nous....

   La pensée d’agapé s’éteint chez beaucoup de prétendus chrétiens parce qu’ils ont adopté des notions païennes. C’est le cas, par exemple, de la doctrine de l’immortalité naturelle de l’âme. S’il n’y a pas de mort véritable, Christ n’est donc pas réellement mort. S’il est allé au paradis le jour même de son trépas -comme le croient ceux qui sont trompés par la fausse position d’une virgule dans Luc 23 : 43 - alors Jésus ne se serait pas réellement vidé de lui-même. Il n’aurait pas connu la mort équivalente à la seconde mort.

   La doctrine de l’immortalité de l’âme veut jouer une mauvaise farce au sacrifice du Christ et le transformer en un acte théâtral. Jésus aurait « semblé » endurer la colère de Dieu pour les pécheurs, tout en se fortifiant par la pensée de la récompense. Non ! Quand l’obscurité couvrit le Calvaire, la lumière du visage de Son Père lui fut réellement retirée. Son cri : « Pourquoi m’as-tu abandonné » n’est pas une répartie d’acteur ! Esaïe avait raison : « Il s’est livré lui-même à la mort » (Esaïe 53 : 12), même à la deuxième mort » (Apocalypse 2 : 11).

   L’infiltration de cette erreur venant du paganisme date du temps des apôtres, car Jésus avait averti les sept églises symboliques d’Apocalypse en ces termes : « vous avez abandonné votre premier amour (agapé) » (Apocalypse 2 : 4).

   Quand l’ennemi de Dieu réalisa le pouvoir de cette idée d’agapé, il entreprit rapidement de faire sombrer l’église dans l’apostasie sur ce point essentiel. Nous pouvons suivre pas à pas l’abandon progressif de l’enseignement de l’agapé par les pères de l’église. Augustin en développa une synthèse, pénétrée de l’amour égocentrique, fondement de l’église médiévale. Luther essaya bien de replacer l’agapé à sa juste place, mais malheureusement ses successeurs retournèrent à la doctrine de l’immortalité naturelle et une fois de plus l’agapé s’éteignit. Le monde d’aujourd’hui a besoin qu’il revive.

   Nous voyons nettement la grande distance existant entre l’agapé et l’amour humain. Quand le premier amour ne se fortifie pas par la présence de l’agapé, ce n’est que de l’égoïsme déguisé. Même l’amour parental peut n’être que de l’égocentrisme. L’épidémie d’infidélités et de divorces au sein des couples montre bien l’aspect égocentrique de l’amour sexuel. Même l’amitié est basée sur les mêmes motivations. Seul, l’agapé « ne cherche point son propre intérêt » et « ne périt jamais. » (1 Corinthiens 13 : 5 et 8).

   Après tout cela, un contraste demeure entre l’amour humain et l’amour de Dieu. L’amour désire la récompense de la vie éternelle. L’agapé a le courage d’y renoncer. Cette différence bouleversa toutes les valeurs de l’ancien monde.

   Dieu ne nous a pas envoyé une page d’encyclopédie pour nous expliquer ce qu’était l’agapé. Au lieu de prendre une écritoire, Il a envoyé Son Fils mourir sur une croix, afin que nous puissions voir cet amour de nos yeux. Sa pleine signification se situe au niveau du sacrifice infini, complet, éternel. Christ est mort, non parce qu’Il le méritait, mais pour gagner notre cause. Pendant ses dernières heures, cloué à cette croix, dans les ténèbres, Il a bu jusqu’à la lie la coupe des malheurs humains. La lumière qui l’accompagnait dans son cheminement terrestre avait disparu. Toute idée de récompense avait disparu de Son esprit. Il ne voyait pas au-delà de la mort affreuse qui était devant Lui. Dieu est agapé et Christ est Dieu. Le voici mourant de la mort qui aurait dû être la nôtre. Le fait que le Père a rappelé le Messie à la vie le troisième jour n’enlève rien à la réalité de la soumission de Jésus sur la croix pour nous.

   Nous voici dans une situation pénible. Il n’est pas suffisant de dire : « Très bien, je suis content qu’il s’en soit tiré avec succès, mais de là à me dire que je doive moi aussi aimer avec agapé, c’est impossible ! »

   Oui, même les pécheurs mortels et égocentriques que nous sommes doivent apprendre à aimer avec agapé. L’apôtre Jean a dit : « L’amour (agapéest de Dieu, et celui qui aime (avec agapéest né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas (avec agapé) ne connaît pas Dieu; car Dieu est amour (agapé). » (1 Jean 4 : 7 et 8).

   Moïse fut un parfait exemple de la pratique de l’agapé. Dieu le mit à l’épreuve un jour en lui proposant, alors qu’Israël avait adoré le veau d’or, de le détruire et de susciter un nouveau peuple qui descendrait de lui. Dès lors, Moïse comprit que le péché d’Israël était trop grand pour être pardonné. La possibilité de remplacer Abraham, Isaac et Jacob comme père d’une nouvelle nation fut une tentation réelle pour lui. Il se trouvait face à face avec un Dieu qui l’aimait mais qui était prêt à détruire Israël. Supplier Dieu pour obtenir le pardon d’Israël peut sembler inutile. Que fait-il alors? Accepte-t-il l’honneur proposé? Laisse-t-il périr Israël?

   Moïse était déchiré au plus profond de lui-même. Jamais il n’avait autant pleuré de toute sa vie. Écoutez les sanglots de ce mortel ! Comme nous, il va essayer de fléchir Dieu : « Ah, ce peuple a commis un grand péché ! Ils se sont faits un dieu d’or. Pardonne maintenant leur péché ! » Moïse voit la colère de Dieu qui va tomber sur Israël. Il choisit de partager le sort de ce peuple : « Efface-moi plutôt de ton livre de vie ! » (Exode 32 : 31 et 32).

   Moïse soutint l’épreuve. Nous imaginons facilement le Seigneur prenant dans ses bras son serviteur brisé par cette lutte. Dieu avait trouvé un homme selon son cœur. Paul éprouva le même agapé. Il souhaita être condamné pour la cause de son peuple rebelle (Romains 9 : 1 à 3). Celui qui comprend pleinement la croix, constate que le miracle d’agapé se reproduit en lui. C’est ainsi que le monde sera de nouveau tourné sens dessus dessous. « Car l’amour du Christ nous presse.... afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. » (2 Corinthiens 5 : 14 et 15).

   Si nous ne comprenons pas le sens de l’agapé, le coeur même de l’Évangile nous échappe. De plus, nous demeurons dans l’incompréhension vis-à-vis de « la longueur, la largeur, la profondeur et la hauteur de l’agapé de Christ » (Éphésiens 3 : 18 et 19) qui doit être apprécié par le cœur.

   Sans cette appréciation, il ne peut y avoir de véritable justification par la foi.

   Grâce aux apôtres qui parcoururent le monde, la croix devint le centre de cette vérité. C’était une révélation pour chaque homme qui se trouvait ainsi jugé par ce critère. La croix est la sublimation de l’amour (agapé). C’est pourquoi ce mot mis le monde sens dessus dessous. Laissez-le aussi bouleverser votre vie !

Cet article parut dans la revue « These Times », en Septembre 1982.


 Histoire pour les enfants 

Le Test de la Vis

Adelbert F. Caldwell, The Youth Instructor, 1922

   Pendant trois générations, l’entreprise “Henderson & Co” s’était fait remarquer dans le monde commercial pour son intégrité professionnelle stricte. Elle était fidèle à sa parole en tout point, et toute personne ayant affaire avec la compagnie le comprenait rapidement. Lorsque les bureaux de l’entreprise furent déménagés du bâtiment en brique de la rue Exeter, en face des quais, pour être installés dans le nouvel immeuble d’un quartier chic de la ville, un petit tableau tout simple fut emmené. Sur ce tableau, on pouvait lire une devise, que le fondateur de la firme, Esdras Henderson avait fait accrocher à l’endroit le plus stratégique dans les nouveaux locaux. Tout le restant des meubles fut laissé dans le premier bâtiment.

   « Il fait autant partie de l’entreprise que nous-mêmes ! » déclara Edouard Henderson, président actuel, à son fils Conrad, qui s’occupait de faire accrocher la devise un peu défraîchie. « A ma connaissance, cette devise s’est toujours appliquée à chacun de ceux qui ont travaillé pour nous : “ L’honnêteté ouvre les portes d’une carrière couronnée de succès. La malhonnêteté les ferme. ” » Mr. Henderson se tourna vers un travail à finir sur son bureau, puis leva les yeux.

   « Je suis déçu de voir partir Francis Bourriot. Nous avons rarement employé un homme ayant su faire face aux choses comme lui, si prometteur. Oh, d’ailleurs » dit-il en tendant une lettre à son fils « Lis ceci. »

   Conrad Henderson prit la lettre des mains de son père et en lut rapidement le contenu.

  « Connais-tu ce jeune homme du nom de Mandel ? » demanda-t-il, en regardant son père.

   « Seulement de manière indirecte, » répondit Mr. Henderson à la question de son fils. « Il appartient à une vieille famille de Welchville. J’ai connu son père lorsqu’il était un jeune garçon, mais cela fait des années que j’ai perdu sa trace. »

   « Mais nous ne pouvons pas lui donner une place maintenant, n’est-ce pas ? N’as-tu pas parlé à Fabien André, lui disant qu’il pourrait avoir la place de Bourriot ? »

   « Oui, mais cela ne l’engage pas de manière permanente, tu sais. Et il se peut qu’il ne s’intègre pas. Il faut une période d’essai, et c’est seulement après que nous pourrons dire si nous voulons l’employer ou non. Il peut ne pas s’adapter à nos besoins comme dans le cas de Tobias Habner. »

   « Alors tu… »

   « J’ai réfléchis à ce sujet » interrompit calmement Mr. Henderson. « Je crois qu’il nous faut plus d’hommes travaillant dans le département des ventes. Bourriot avait trop à faire, personne ne le niera, et le commerce augmente sans cesse. Alors ma proposition est de mettre Mandel et André à l’essai tous les deux, et s’ils montrent qu’ils ont l’esprit de Henderson & Co. nous les garderons. »

   « Bon, très bien, faisons ainsi. » Edouard Henderson se retourna vers son bureau pour continuer son travail. « J’aimerai que tu fasses savoir à ces jeunes gens notre décision ; je ne vais pas avoir le temps de le faire moi-même aujourd’hui. Je dois partir plus tôt que prévu pour mon voyage d’affaires. Je crois que mon train part à 15h40. Dis leur de se présenter mercredi, et arrange-toi pour que Robinson leur donne toutes les instructions nécessaires. »

   « Très bien, je m’en occupe tout de suite, il n’y aura pas de retard. »

   « Et quand je reviendrai, » continua Mr. Henderson, « lundi ou mardi, lundi, je crois, je leur ferai passer le test de la vis. Dis à Robinson d’expliquer aux garçons que l’arrivage de vis Masson & Prime ne vaut rien, et qu’il ne faut, en aucun cas, les proposer à nos clients. »

   Le mercredi les deux nouveaux jeunes gens se présentèrent.

   « Ah, une dernière chose » dit Mr. Robinson, chef du département des ventes, et il mit en garde Henri Mandel et Fabien André, leur disant de ne surtout pas vendre les vis de la marque Masson & Prime. « Elles sont dans le tiroir à gauche de la boîte de plantoirs – là », leur dit-il, en les leur montrant. « Elles ne valent rien. Lorsqu’elles sont utilisées dans du bois dur, les têtes se cassent comme de la craie ; elles ne supportent pas la pression du tournevis. »

   « Pourquoi ne les jettez-vous pas, ou ne vous en débarrassez-vous pas d’une manière ou d’une autre, puisqu’elles ne valent rien ? » demanda Henri, curieux.

   « Le tiroir dans lequel elles se trouvent pourrait être utilisé d’une autre manière. »

   « Mr. Henderson désire les garder » répondit le vendeur. « Je crois qu’il veut les montrer au représentant de Masson & Prime lorsqu’il reviendra. Les vis ne gênent personne. Il y a assez de place. »

   Deux jours plus tard, une dame vint acheter des crochets pour ses tableaux.

   « En avez-vous de cette taille ? » demanda la dame, montrant le crochet qu’elle avait amené.

   « Et bien, il me semble que oui, » répondit Fabien, qui s’était avancé pour servir la cliente. « Par ici, s’il vous plaît. Nous avons ceux-ci ; je crois qu’ils sont de la taille du vôtre. Laissez-moi voir… oui, ils sont similaires. Combien en souhaitez-vous ? »

   « Je crois que six suffiront » répondit la cliente.

   Henri remarqua que lorsqu’elle paya son achat, elle donna à Fabien une pièce de cinquante centimes, et au lieu de la mettre dans la caisse, comme il aurait du le faire, il rendit la monnaie provenant de sa poche. Quand la cliente sortit du magasin, il enregistra l’achat au montant exact de leur valeur.

   « J’ai gagné deux centimes par crochet cette fois-ci, » dit Fabien en souriant alors qu’il se dirigeait vers l’endroit où travaillait Henri. « Elle n’a rien vu ! Il est facile de remarquer quand on peut rouler un client dans la farine. Il faut juste bien regarder ! C’est une bonne affaire ! »

   « Mais, c’est malhonnête », répondit rapidement Henri, alors qu’il se penchait sur une boîte de charnières.

   « Je ne le vois pas comme ça, » répliqua Fabien, en colère. « Je lui ai dit combien elle devait payer pour les crochets, et elle a payé : elle n’avait pas à le faire. Et l’entreprise ne perd rien. Elle a le montant exact demandé pour ces crochets. »

   « C’est vrai, mais tu as pris douze centimes qui ne t’appartenaient pas, » continua Henri.

   « De qui ? »

   « De cette femme, » répondit Henri, « et j’appelle ça… »

   « Eh, bien, moi je ne le vois pas sous cet aspect, » dit Fabien en commençant à siffler.

   A nouveau, avant le retour de Mr. Henderson de son voyage, qui d’ailleurs lui avait pris plus de temps que prévu, Henri Mandel remarqua que Fabien mettait une partie d’une vente dans sa poche, ayant demandé au client une somme suffisante pour agir ainsi, tout en mettant dans la caisse le montant demandé par l’entreprise pour la vente de ces articles.

   « Un jeune a besoin d’un peu d’argent supplémentaire » fit remarqué Fabien comme si de rien n’était, lorsqu’il vit qu’Henri avait vu la transaction. « Cet homme voulait ces poinçons et il était même prêt à payer deux fois plus cher que ce que je lui ai demandé. Il  a dit qu’il n’avait pas trouvé ce qu’il cherchait dans les autres magasins de la ville, et il était allé voir dans cinq autres magasins. ”Henderson & Co” n’a rien perdu, pas même un centime. »

   « Oui, mais… »

   « Oh, arrête maintenant » interrompit Fabien. « Garde tes sermons pour quelqu’un d’autre, quelqu’un qui en a vraiment besoin. En plus, si l’occasion se présente, tu es aussi toujours prêt à te faire de l’argent de poche. »

   « Oui, bien sûr, lorsqu’il est gagné honnêtement ! » s’exclama Henri. « Mais l’argent que tu as dans ta poche n’a pas été gagné honnêtement. »

   « Ça, c’est ton point de vue, pas le mien ! »

   « Peut-être, mais c’est juste » maintint Henri « et un jour tu le comprendras. »

   Henri Mandel et Fabien André n’avaient encore jamais rencontré Mr. Henderson, président de l’entreprise qui les avait employés.

   Plusieurs jours après cet incident, un étranger entra dans le magasin. Henri était absent à ce moment-là car Mr. Robinson l’avait envoyé déposer un paquet à la poste.

   « Je me demande si vous avez des vis – enfin, celles que je veux » demanda le l’’éventuel client à Fabien, qui se trouvait justement seul dans cette partie du magasin.

   « Il me semble que je peux vous aider » répondit rapidement Fabien. « Nous avons ce genre », et il montra à l’homme les meilleures vis en stock. « Est-ce que c’est ce que vous cherchez ? » demanda-t-il alors que le client hésitait.

   « N’en avez-vous pas d’autres ? »

   « Oui, mais, elles sont plus chères » et Fabien jaugea l’étranger qui lui faisait face. Il se dit qu’il avait là quelqu’un qu’il pourrait facilement “avoir”.

   « Laissez-moi les voir. »

   Fabien se dirigeait vers le tiroir, et sortit une poignée de vis Masson & Prime.

   « Elles sont d’une qualité exceptionnelle et nous ne les vendons qu’à nos client privilégiés. Qu’en pensez-vous ? »

   « Eh, bien, je – je crois que ça ira. Êtes-vous sûr qu’elles sont de la meilleure qualité ? » demanda le client en hésitant.

   « Bien sûr ! Elles sont A1 – les meilleures vis que vous pouvez trouver sur le marché. Combien en voulez-vous ? »

   Rapidement après, Fabien donna ses vis au client.

   « Revenez bientôt ! »

   L’homme avec les vis resta quelques instants dans une autre partie du magasin, et il remarqua de Fabien ne mettait pas dans la caisse l’argent qu’il venait de recevoir.

   « Ça c’est du gain pur ! » se dit Fabien avec un sourire de contentement. « J’ai vraiment réussi à l’avoir ! Tout ce que je peux vendre de ces vis qui ne valent rien, c’est du pur profit, et je peux le mettre dans ma poche. Vraiment, c’est trop drôle ! Ce vieux monsieur n’a même pas fait la différence entre une vis de bonne qualité et celles-ci. Mais c’est tout bon pour moi ; je n’ai rien à perdre ! »

   Le lendemain après-midi Fabien fut envoyé chez King et Marston pour une douzaine de petites poulies. Alors qu’il était absent, un homme entra dans le magasin et se dirigea directement vers l’endroit où se trouvait Henri.

   « Pouvez-vous me donner exactement les mêmes vis que celle-ci – même longueur et même diamètre ? »

   Henri prit la vis que lui présentait l’homme et l’examina soigneusement.

   « Oui, je peux vous en donner » dit-il, « mais elles sont vraiment de mauvaise qualité. Nous vendons des vis de la même taille, mais d’une qualité supérieure. En fait, je ne voudrais en aucun cas vous vendre quelque chose de moindre qualité. Et, pour être honnête, vous ne pourriez pas les utiliser. »

   « Mais, »

   « Vous n’en voulez certainement pas, à aucun prix, » interrompit Henri. « Voilà ce dont vous avez besoin », montrant les vis d’excellente qualité.

   « Mais si je prenais les autres et en était responsable ? »

   « Vous n’en seriez pas satisfait, et vous finiriez pas nous blâmer de vous les avoir vendus, » fut la réponse d’Henri. « Non, monsieur, je ne vous vendrais jamais une vis malhonnête – c’est comme ça que j’appelle les vis  de la marque Masson & Prime. »

   « Très bien, je vais acheter celles de l’autre marque », et l’étranger observa attentivement Henri alors qu’il enregistrait l’achat. 

   « Un moment, s’il vous plaît » alors que l’homme sortait du magasin « voici votre monnaie. »

   « Oh ! j’avais oublié ! On devient oublieux en vieillissant ! Merci beaucoup ! »

   Fabien était revenu juste quelques instants auparavant. « Mais, dis donc, pourquoi n’as-tu pas gardé la monnaie ? Il ne s’en serait jamais rendu compte. Je n’aurais jamais fait ça ! »

   « Cet argent ne m’appartenait pas, » répondit Henri. « Je ne fais pas des affaires de cette manière. »

   Le lendemain suivant, dès que les garçons rentrèrent dans le magasin, Mr. Robinson leur dit que Mr. Henderson souhaitait les voir dans son bureau.

   « Je me demande ce qu’il – »

   « C’est facile, » interrompit Fabien. « Il va nous dire que nous sommes engagés de manière permanente. Et je vais te dire, mon gars, je suis bien content. C’est un super endroit où travailler. C’est facile, et on peut se faire de l’argent, et, en plus, ils sont corrects avec les employés. »

   « Où ai-je rencontré cet homme ? » se demanda Henri en entrant dans le bureau privé agencé avec goût.

   « Je – je me demanda si – » Fabien essayait aussi de se souvenir où il avait déjà vu le président de l’entreprise. Son visage était familier – étrangement familier.

   « Asseyez-vous » dit Mr. Henderson, montrant deux sièges en face de son bureau. « Je vous ai demandé de venir pour vous faire savoir que nous sommes arrivés à la conclusion que pour l’instant nous n’avons besoin que d’un employé. »

   Le cœur d’Henri Mandel commença à devenir lourd. C’était une place fantastique, et il donné ce qu’il avait de mieux.

   « Hier, » continue Mr. Henderson, « et le jour précédent, je suis venu au magasin pour acheter des vis, et j’en ai acheté de deux sortes. Celles que j’ai eues le premier jour ne valaient rien. Cependant, on m’a forcé la main pour que je les achète. On m’a dit qu’elles étaient de la meilleure qualité que le magasin pouvait offrir. » Le visage de Fabien s’empourpra. « J’ai aussi remarqué que l’argent reçu pour la vente n’était pas arrivé jusqu’au tiroir caisse. » Henri Mandel leva la tête, le regard interrogateur. « Hier, j’ai fait un autre achat, » continua Mr.  Henderson. L’expression de son visage était illisible. « La qualité était exactement ce qui m’a été dit, et la vente a été l’écho de cette devise se trouvant sur le mur : “ L’honnêteté ouvre les portes d’une carrière couronnée de succès. La malhonnêteté les ferme. ” Cette devise a été celle de l’entreprise depuis le jour où mon grand-père a commencé cette entreprise.

   « Voilà. Je ne ferais plus référence à la vente des vis. Mandel, vous pouvez retourner à votre travail. »


 Coin Santé

Mousse à la caroube

   Lorsque j’ai vu cette recette pour la première fois, je me suis dit que cette mousse devait être bonne et que certainement j’en ferai profiter les lecteurs d’Etoile du Matin ! Je l’ai essayée pour un début de Sabbat, et c’est incontestablement  la meilleure mousse que nous ayons dégustée ! Elle est sans gluten et n’utilise que du sucre naturel.

   La recette que je vous présente est la moitié de la recette de base. Elle donne environ 6 coupelles à dessert de mousse. Si vous avez des invités il est très facile de doubler la recette !

Ingrédients :

-  125 g de dattes dénoyautées et coupées en petits dés

-  ½ petit verre d’eau (65 ml)

-  125 ml de crème de coco

-  ½ litre de lait de soja

-  1 pointe de couteau de vanille en poudre

-  1 cc de Caro ou autre substitut de café

-  2 Cs de caroube en poudre

-  25 g de fécule de maïs (type Maïzena)

 Préparation :

- Placer les dattes et l’eau dans une petite casserole. Amener à ébullition et laisser reposer une dizaine de minutes jusqu’à ce que les dattes soient tendres.

- Mettre tous les ingrédients, y compris les dattes ramollies, dans un bol mixeur et mixer plusieurs minutes jusqu’à ce que le mélange soit crémeux. Si votre mixeur n’est pas très puissant commencez avec un verre de lait de soja et mixez jusqu’à obtention d’une pâte crémeuse. Ajouter le restant du lait petit à petit.

- Si vous doublez la recette, ne mettez que la moitié du lait dans votre mixeur, car en mixant le mélange risque de déborder ! Ajoutez le restant de lait dans l’étape suivante.

- Verser le mélange dans une casserole (et éventuellement le lait restant) et faire épaissir en cuisant à petit feu. Il FAUT impérativement fouetter constamment de peur que la mousse n’attache au fond de la casserole.

- Verser dans des coupelles à dessert et laisser refroidir au réfrigérateur.

- Servir avec une crème chantilly végétale et/ou des fruits frais (fraises par exemple, c’est la saison !)

- Bon appétit !

 


[1] J’ai identifié au moins neuf couches. Dans cet exemple, nous nous focaliserons sur cinq couches.

[2] N.T. : Testimonies to Ministers and Gospel Workers, p. 91, 92.

[3] N.T. : Christ’s Object Lesson, p. 159, 160.