Vol.3 - Mai 2014

 

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« Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irréprochable, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ !  »

1 Thessaloniciens 5 : 23

 


Table des matières 

Editorial – Connaître Dieu

Etude Biblique – L’amour obéit

Excellence de la religion du Christ – par J.N. Andrews—–

Conflits et Victoires — Ellen G. White

Comment traitons-nous nos semblables ? — Lynnford Beachy

Histoire pour les enfants  — Des perles aux pourceaux

Pizza aux fruits — Coin santé

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Editorial

Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé. Jean 15 : 20.

   Chers frères et sœurs dans la foi au Fils engendré,

   Nous prions, afin que ce magazine vous trouve en bonne santé physique et spirituelle. Mais pour cela, il nous faut connaître Dieu. Connaître Dieu : voilà une question fondamentale, qui décidera de notre sort éternel ! « La transformation du caractère, la pureté de la vie, l’efficacité du service, la fidélité aux principes rationnels, tout dépend d’une juste conception de Dieu » (EW, MG, p. 347). Comme l’a dit Jésus lui-même dans Jean 15 : 20, si nous ne connaissons pas le Père, nous ne connaîtrons ni Son Fils, ni Ses serviteurs.

   En réalité, la question de fond qui se pose à chacun d’entre nous est de savoir si nous reconnaissons une autorité déléguée, ou non. Jésus n’est pas venu en Son propre nom, et Son propre peuple l’a rejeté : « Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez. » Jean 5 : 43. Tout comme l’ange déchu qui introduisit le mal dans notre monde, les Juifs ne voulurent pas reconnaître Jésus, parce qu’Il n’est pas venu en Son propre nom, mais au nom de Son Père : Dieu.

   Lorsque nous, peuple Adventiste, refusons d’accueillir le Fils engendré du Père parce qu’Il n’est pas lui-même le Dieu unique et suprême, mais le Fils du Dieu Très-Haut, nous agissons selon les mêmes principes. Sans même nous en rendre compte, nous nous préparons à rejeter les messagers de Dieu dans notre vie. Lorsque, par le Saint-Esprit que Jésus a soufflé sur ses disciples, un frère ou une sœur viendra nous reprendre ou nous enseigner au nom de Jésus, nous rejetterons le Consolateur et dirons : « Je ne te reçois pas, car tu viens au nom d’un autre, si Jésus veut me dire quelque chose, il me le dira personnellement », et le Saint-Esprit de Jésus sera contraint de s’éloigner de nous.

   Il est vraiment primordial pour chacun de nous de se « connecter » à la bonne Source. Dieu notre Père est la seule Source dans notre vie, et Jésus le seul Canal (1 Cor. 8 : 6). Ne refusons pas le Courant de Dieu, qui est l’Esprit Saint, sans quoi notre Source et notre Canal ne pourraient étancher notre soif !

   En vous souhaitant une bonne lecture,

   Marc et Elisabeth


Etude biblique

L’amour obéit

« Si vous m’aimez, gardez mes commandements. » Jean 14 : 15

Lisez Matthieu 22 : 34-40, où Jésus nous dit que l’amour est l’accomplissement de la loi. Lisez aussi ce que dit David au sujet de la loi de Dieu et comment il l’aimait, au Psaume 40 : 9, 10. Apprenez le verset à réciter, et répétez-le chaque jour.

Lorsqu’un docteur de la loi s’approcha de Jésus, et lui dit : « Maître, quel est le plus grand commandement de la loi », que répondit Jésus ? Matt. 22 : 37-39.

Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Les Pharisiens dont faisait partie ce docteur de la loi étaient très scrupuleux et voulaient se conformer à tous les détails de la loi — non seulement de la loi de Dieu, mais des lois que les Pharisiens avaient énoncées. Jésus lui montra qu’aucun commandement n’est plus important que les autres, mais que l’esprit dans lequel on observe ces commandements est essentiel.

Quelle est l’importance de cette « loi d’amour » ? Matt. 22 : 40.

De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.

« La loi de l’amour exige la consécration du corps, de l’esprit et de l’âme au service de Dieu et de nos semblables. » — Counsels to Parents, Teachers and Students, p. 32.

Que dit l’apôtre Paul pour montrer que la véritable obéissance est possible quand nous aimons vraiment Dieu ? Romains 13 : 8-10.

Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. En effet, les commandements : Tu ne commettras point d’adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu’il peut encore y avoir, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait point de mal au prochain : l’amour est donc l’accomplissement de la loi.

Ailleurs l’apôtre écrit : « Toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Galates 5 : 14.

Quelle est la preuve de la véracité de notre amour pour Jésus ? Jean 14 : 15, 21.

Si vous m’aimez, gardez mes commandements. … Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui.

L’amour obéit. Vous montrez que vous aimez votre père et votre mère en lui obéissant. De même vous montrez que vous aimez notre Père céleste en lui obéissant et en gardant ses commandements.

Que dit l’apôtre Jean au sujet de ceux qui disent aimer Dieu et qui pourtant ne gardent pas ses commandements ? 1 Jean 2 : 4.

Celui qui dit : Je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n’est point en lui.

L’obéissance est la preuve de la véracité de notre amour. Si quelqu’un dit qu’il aime Dieu et ne garde pas ses commandements, son amour n’est pas sincère.

Que prouvons-nous quand nous obéissons au Seigneur ? 1 Jean 2 : 5.

Mais l’amour de Dieu est véritablement parfait en celui qui garde sa parole ; par cela nous savons que nous sommes en lui.

« Lorsque les enfants de Dieu manifestent de la miséricorde, de la bonté et de l’amour envers tous les hommes, ils témoignent ainsi du caractère des lois célestes. Ils rendent témoignage au fait que “la loi de l’Eternel est parfaite : elle restaure l’âme. » Desire of Ages, p. 505. (voir Jésus-Christ, p. 501)

Quelle illustration emploie Jésus pour montrer les résultats de l’obéissance aux règles établies ? Matthieu 7 : 24, 25.

C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc.

Le jeune homme ou la jeune fille, qui bâtit son caractère sur le fondement de l’obéissance à Dieu et à ses commandements, possèdera un caractère qui restera solide au sein des orages de la vie.

En présentant cette parabole, Jésus souligna ce qui arriva à l’homme qui avait bâti sa maison sur le sable ? Matthieu 7 : 26, 27.

Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande.

« C’est ainsi que le Christ exposa les principes de son royaume et montra, en eux, la règle d’or de la vie. Il se servit d’une image pour donner plus de force à son enseignement. Il ne suffit pas, dit-il, d’écouter mes paroles. Il faut qu’elles deviennent, par l’obéissance, le fondement de votre caractère. Le moi n’est que sable mouvant. Si vous bâtissez sur des théories et des inventions humaines, votre édifice s’écroulera. Il sera renversé par les vents de la tentation et par les tempêtes de l’épreuve. Mais les principes que je vous ai donnés demeurent à toujours. Recevez-moi ; bâtissez sur mes paroles. » ­— Jésus-Christ, p. 304.

Quel avertissement Jésus donne-t-il aux scribes et aux Pharisiens ? Matthieu 23 : 23.

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses.

Les scribes et les pharisiens étaient très scrupuleux en ce qui concernait les règles qu’ils avaient faites, mais ils négligeaient la chose la plus importante qui consiste à se laisser conduire par l’amour de Dieu et de ses semblables.

Quelle illustration emploie Jésus pour montrer ce qu’ils faisaient ? Matthieu 23 : 25.

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu’au-dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance.

Nous aimons que l’extérieur d’une coupe ou d’un plat soit propre, mais ce qui est plus important encore c’est la propreté de l’intérieur. Les pharisiens faisaient ce qui paraissait bon à l’extérieur, alors que leurs cœurs étaient impurs et mauvais.

A quoi d’autre Jésus compare-t-il leur apparente justice ? Matthieu 23 : 27, 28.

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au-dehors, et qui, au-dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. Vous de même, au-dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au-dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité.

Vous avez sans doute été dans un cimetière et admiré les belles tombes et les monuments qui marquent l’endroit où les morts sont ensevelis. Mais avez-vous pensé que sous ces beaux monuments de pierre et de marbre il y avait des corps qui se décomposaient ? Il en va de même avec nous, si nous n’avons que l’apparence extérieure de la justice alors que nos cœurs sont impurs.

Que fera Jésus pour celui qui l’aime et désire le servir en obéissant à ses commandements ? Hébreux 8 : 10.

Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit le Seigneur : Je mettrai mes lois dans leur esprit, je les écrirai dans leur cœur ; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.

Mettre sa loi dans notre esprit et l’écrire dans notre cœur, cela veut dire que nous obéirons au Seigneur tout naturellement, parce que nous l’aimerons et qu’il ne nous viendra pas à l’esprit l’idée de lui désobéir. Notre cœur étant dans les conditions voulues, l’obéissance ne sera pas un fardeau.

Que dit le psalmiste à ce sujet ? Psaume 40 : 9.

Je veux faire ta volonté, mon Dieu ! Et ta loi est au fond de mon cœur.

Songez à une personne que vous aimez beaucoup ­— votre père ou votre mère, votre frère, votre sœur, votre professeur, votre ami ou un ami quelconque. Est-ce difficile pour vous de faire ce qui lui plaît ? Non, vous êtes heureux, au contraire, de lui rendre service. Pourquoi ? Parce que vous l’aimez. Il en est de même quand notre amour pour le Seigneur est pur et profond : nous aimons observer ses commandements.

Quand la loi de l’amour fait partie intégrante de notre vie, que devenons-nous pour ceux qui nous observent ? 2 Corinthiens 3 : 2, 3.

C’est vous qui êtes notre lettre, écrite dans nos cœurs, connue et lue de tous les hommes. Vous êtes manifestement une lettre de Christ, écrite par notre ministère, non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs.

« Aucune influence n’a plus de force sur l’âme humaine que celle d’une vie désintéressée. L’argument le plus puissant en faveur de l’Evangile, c’est un chrétien aimant et aimable. » Ministère de la guérison, pp. 405-406.


Excellence de la religion de Christ

Signes des temps, septembre 1881

   La religion de notre Seigneur Jésus-Christ est destinée à rendre ceux qui la possèdent propres à la vie éternelle dans le royaume de Dieu. Pour accomplir cela, elle doit produire en l’homme un changement miraculeux. Les choses anciennes doivent passer et toutes choses devenir nouvelles. La religion chrétienne établit dans les disciples de Christ le caractère de Christ lui-même. C’est une chose de peu de valeur de faire simplement profession de cette religion ; mais c’est l’œuvre la plus élevée que l’homme puisse aspirer à pratiquer réellement, en en montrant l’excellence par ses actions. L’expérience chrétienne commence lorsque les hommes sont convaincus de leurs péchés par l’Esprit de Dieu et conduits par cet Esprit à la vraie repentance. La grâce de Dieu coopère avec la volonté de l’homme, en faisant qu’il se soumette à Dieu, et qu’il cherche à transformer complètement sa nature. Alors l’homme est entré à l’école de Christ – école dans laquelle il lui sera possible d’avancer, non seulement durant la période de sa vie ici-bas, mais durant l’éternité, dans le royaume de Dieu.

   Paul nous a donné quelque idée de l’excellence de la religion de Christ, dans la première partie de Philippiens 2. La perfection qui est en Christ doit aussi être dans l’âme de ses disciples. La nature mauvaise de l’homme doit faire place à la sainte nature de Christ. Ceux qui sont chrétiens, suivant ce modèle, sont capables d’obéir à l’injonction de Paul, que rien ne se fasse par contestation et par vaine gloire. Il n’y aura pas de dispute pour savoir qui est le maître, parce que chacun désirera davantage faire du bien aux autres, que de plaire à soi-même. Le désir d’être le plus grand, et de faire que les autres soumettent leur volonté à la nôtre ne se manifestera pas, parce que la grâce de Dieu l’a ôté du cœur. L’esprit d’injustice n’aura pas de place dans le cœur, parce que l’égoïsme a fait place à l’amour. Chacun s’intéressera au bien des autres, et aucun ne voudra rechercher son avantage en faisant du tort à autrui. Au lieu de désirer gouverner les autres, chacun désirera rendre service à son prochain.

   L’exemple de Christ, qui sacrifia les richesses du ciel et ses gloires infinies, afin de sauver l’homme perdu, au prix de sa propre vie, se réfléchira dans le caractère et la vie de tous ceux qui sont réellement ses disciples. Si Christ a donné sa vie pour nous, nous devons, partout où il est nécessaire, donner notre vie pour nos frères. Avons-nous cet esprit  dans nos cœurs ? S’il en est ainsi, il est impossible que l’inimitié et les querelles existent parmi nous. S’il s’élève des difficultés, nous ne serons pas disposés à jeter le blâme sur les autres, ni à dire qu’ils sont plus en faute que nous-mêmes, et qu’ils devraient, par conséquent, confesser leurs fautes avant que nous confessions les nôtres. Paul a dit : « Que le soleil ne se couche point sur votre colère. » Ephésiens 4 : 26. Il n’est pas possible que les chrétiens conservent d’anciennes difficultés et de l’inimitié parmi eux. Ils n’attendront pas que d’autres viennent s’humilier devant eux, mais ils commenceront par confesser et corriger leurs propres fautes. Ils n’oseront pas prier tant qu’ils ont de l’amertume dans le cœur envers d’autres, parce qu’il nous est commandé de prier que Dieu veuille nous pardonner comme nous pardonnons aux autres. Matthieu 6 : 12. Et il nous est enseigné que si nous ne pardonnons pas, Dieu ne nous pardonnera pas non plus. Versets 14, 15 ; 18 : 35. Notre Seigneur nous donna des directions très précises concernant la prière. « Si donc tu apportes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va-t’en premièrement te réconcilier avec ton frère ; et après cela viens et apporte ton offrande. » Matthieu 5 : 23, 24.

   Ceci signifie que s’il existe de l’inimitié entre nous et notre frère, nous ne pouvons espérer que Dieu écoutera nos prières ou acceptera notre adoration, jusqu’à ce que nous ayons fait tout ce qui dépend de nous pour faire cesser cette inimitié. Qu’est-ce qui peut subjuguer notre nature, de sorte que nous soyons désireux de nous humilier nous-mêmes, et de corriger ce qu’il y a de mal dans notre conduite ? C’est la grâce de Dieu. Et il est possible que cette grâce règne en nous, de sorte qu’elle dompte entièrement notre mauvaise nature, et que le caractère de Christ se manifeste dans notre conduite, comme étant ses disciples.

   Jusqu’à quel point l’œuvre de la grâce a-t-elle progressé dans nos cœurs ? Est-ce la grâce ou le péché qui se manifeste dans notre conduite ? Estimons-nous, en humilité d’esprit, les autres plus excellents que nous-mêmes ? Ou avons-nous la disposition de nous justifier et de faire que les autres nous soient soumis ? Quand nous étudions le caractère de Christ, pouvons-nous en voir la beauté ? Et quand nous apprenons comment Christ a donné sa vie pour ses ennemis, trouvons-nous en nous-mêmes une telle disposition ? 

J.N. Andrews

   

CONFLITS et VICTOIRES

Ellen G. White

Expériences du 26 avril au 20 octobre 1867

   Nous sommes retournés vers le nord, et sur notre chemin nous avons eu une bonne rencontre à West Mindsor. Après être arrivés à la maison nous avons tenu des réunions à Fairplains et à Orléans, accordant également notre attention à la question de notre bâtiment, plantant notre jardin, notre vigne, nos mûres, nos framboises et nos fraises. Après quoi, en compagnie d’une bonne délégation nous sommes retournés à la Conférence Générale à Battle Creek.

   Le premier Sabbat de notre voyage, nous l’avons passé à Orleans et nous avons jeûné. C’était pour nous un jour de grande solennité, nous cherchâmes à nous humilier devant Dieu, et d’un esprit contrit et dans les larmes, nous priâmes tous avec ferveur afin que Dieu nous bénisse et nous fortifie et que nous fassions Sa volonté à la Conférence. Nous avions une lueur d’espérance et de foi que notre captivité prendrait fin lors de cette rencontre.

Ellen White, accusée d’extravagance

   Lorsque nous sommes arrivés à Battle Creek, nous avons trouvé que nos efforts précédents n’avaient pas accompli ce que nous avions espéré. Des rapports de jalousie existaient toujours. Mon âme fut remplie d’une angoisse intense, et je pleurais à haute voix pendant plusieurs heures, ne pouvant retenir ma peine. Au cours d’une conversation, un ami que je connaissais depuis vingt-deux ans me relata des rapports qu’il avait entendus, d’après lesquels nous étions extravagants dans notre manière de dépenser l’argent. Je lui demandai en quoi nous avions été extravagants. Il mentionna l’achat d’une chaise de prix. Je lui ai alors expliqué les circonstances. Mon mari était très amaigri et il était très fatiguant, et même douloureux pour lui de s’étendre sur une chaise à bascule traditionnelle ; et c’est pourquoi il allait se coucher sur le lit ou bien s’allonger la plupart du temps. Je savais que ce n’était pas la manière pour lui de retrouver des forces, et le suppliais de s’asseoir d’avantage, mais la chaise était une objection.

   Alors que je voyageai vers l’Est pour me tenir au chevet de mon père mourant, j’ai laissé mon mari à Brookfield, New York, et c’est à Utica que j’ai recherché une chaise rembourrée à ressorts. Les revendeurs n’en avaient pas de prête au prix que je souhaitais dépenser, c’est-à-dire environ quinze dollars, mais ils m’offrirent une chaise vraiment excellente disposant de roulettes au lieu de bascules, et cela pour dix-sept dollars au lieu de trente. Je savais que c’était là exactement la chaise qu’il me fallait. Mais le frère qui m’accompagnait m’exhorta à attendre qu’une chaise soit préparée, pour seulement deux dollars de moins. La chaise proposée à dix-sept dollars en valait vraiment le prix, mais je me soumis au jugement d’un autre, attendis que la chaise moins chère fût assemblée, la paya moi-même, et la fit livrer à mon mari. C’est dans le Wisconsin et le Iowa que j’ai entendu le rapport concernant notre extravagance dans l’achat de cette chaise. Mais qui peut me condamner ? Si c’était à refaire, je le referais, à cette exception prêt : je m’appuierais sur mon propre jugement, j’achèterais une chaise coûtant quelques dollars de plus, et en valant le double que celle que j’ai acquise. Satan influence parfois les esprits de manière à détruire tout sentiment de miséricorde ou de compassion. Le métal semble pénétrer le cœur, et l’humain tout comme le divin disparaissent.

Autre rumeur au sujet d’Ellen White

   Des rapports me sont également parvenus, d’après lesquels une sœur avait affirmé à Memphis et à Lapeer que l’église de Battle Creek n’a pas la moindre confiance dans le témoignage de Sœur White. La question fut posée de savoir si cela se référait à ses témoignages écrits. La réponse fût non, pas à ses visions publiées, mais aux témoignages rendus à l’église lors de réunions, parce que sa vie les contredit. Une fois de plus, j’ai demandé une interview avec un comité restreint de frères et sœurs d’expérience, incluant les personnes ayant fait circuler ces choses. C’est là que je leur ai demandé en quoi ma vie n’avait pas été en accord avec mes enseignements. Si ma vie avait été inconséquente au point de justifier l’affirmation selon laquelle l’église de Battle Creek n’avait pas la moindre confiance en mon témoignage, il ne devait pas être difficile de présenter les preuves de mes voies non chrétiennes. Ils ne purent produire aucune preuve pour justifier leur affirmation, et confessèrent qu’ils avaient entièrement tort dans les rapports qui circulaient, et que leurs jalousies et soupçons n’étaient pas fondés. J’ai alors spontanément pardonné à ceux qui nous avaient blessés, et leur ai dit que tout ce que je leur demandais était de contrecarrer l’influence qu’ils avaient exercée contre nous, et je serais satisfaite. Ils promirent de le faire, mais ne le firent pas.

Autres suspicions concernant James et Ellen White

   De nombreux autres rapports contre nous, tous soit entièrement faux, soit grandement exagérés, étaient librement entretenus dans différentes familles pendant la Conférence, et la plupart nous observaient avec suspicion, mon mari en particulier. Certaines personnes en position d’influence manifestèrent le désir de nous écraser. Nous étions dans le besoin, mon mari avait essayé de vendre des affaires, et l’on pensait qu’il était en tort à ce sujet. Il avait exprimé sa disposition à accepter que ses frères compensent la perte de notre vache, et cela était considéré comme un péché grave. Supposant que notre propriété à Battle Creek se vendrait facilement, nous achetâmes et commençâmes à construire à Greenville. Mais nous ne pûmes vendre la propriété de Battle Creek, et dans notre situation difficile, mon mari écrivit à différents frères pour emprunter de l’argent. Ils le condamnèrent pour cela, et l’accusèrent d’être porté sur l’argent. Et le frère pasteur le plus actif dans cette œuvre fut entendu disant : « Nous ne voulons pas que frère E achète la propriété de frère White, parce que nous voulons son argent pour l’Institut de Santé. » Que pouvions-nous faire ? Peu importe ce que nous faisions, nous étions blâmés.

   Seulement soixante-cinq heures avant que mon mari fût terrassé, il resta éveillé jusqu’à minuit dans un lieu de culte, faisant un appel afin d’obtenir trois cents dollars et de pouvoir finir de payer cette maison ; et pour donner du poids à son appel, il commença par donner dix dollars pour lui, et dix dollars pour moi. Avant minuit, la somme fut presque entièrement collectée. L’ancien de cette église était un ami de longue date, et dans notre besoin extrême, sans amis, mon mari lui écrivit, affirmant que nous étions dans le besoin, et que si cette église voulait à présent nous rendre les vingt dollars, nous les accepterions. A ce moment de la Conférence, ce frère nous appela et fit de cette affaire un tort grave. Mais avant de venir chez nous, il avait fait son enquête parmi ceux qui avaient véhiculé les faux rapports. Ne ressentîmes ces choses profondément, et si nous n’avions pas été particulièrement soutenus par le Seigneur, nous n’aurions pas pu rendre notre témoignage à la Conférence avec un degré quelconque de liberté.

   Avant notre départ de la Conférence, les frères Andrews, Pierce et Bourdeau eurent un moment de prière particulier à notre maison, durant lequel nous fûmes tous grandement bénis, tout spécialement mon mari. Cela lui donna du courage pour retourner à notre nouvelle demeure. C’est là que commencèrent ses douleurs aigües dues à ses dents, ainsi que nos labeurs relatés dans la Review. Une fois toutes ses dents retirées, il ne cessa de travailler qu’une semaine, mais œuvra avec l’église à Orange et Wright, à la maison, à Greenbush et Bushnell, prêchant et baptisant comme avant.

Périodes d’incertitudes

   Une fois de retour de la Conférence, je ressentis une grande incertitude au sujet de la prospérité de la cause de Dieu. Il y avait des doutes dans mon esprit là où il ne s’en trouvait aucun six mois plus tôt. Je voyais le peuple de Dieu comme participant à l’esprit de monde, imitant ses modes, et perdant de vue la simplicité de notre foi. Il semblait que l’église de Battle Creek s’éloignait de Dieu, et il était impossible d’éveiller la sensibilité de ses membres. C’est à Battle Creek que les témoignages que Dieu me donnait avaient le moins d’influence, et étaient le moins suivis de toute autre partie du champ. Je tremblais pour la cause de Dieu. Je savais que le Seigneur n’avait pas abandonné son peuple, mais que ses péchés et ses iniquités l’avaient éloigné de Dieu. A Battle Creek se trouve le grand cœur de l’œuvre. Chaque pulsation est ressentie par les membres du corps dans l’ensemble du champ. Si ce grand cœur est en bonne santé, une circulation vitale se ressentira dans tout le corps des observateurs du Sabbat. Si le cœur est malade, la condition languissante de chaque branche de l’œuvre attestera de ce fait.

   Mes intérêts sont dans cette œuvre ; ma vie y est directement reliée. Lorsque Zion prospère, je suis heureuse ; lorsqu’elle languit, je suis triste, faible et découragée. Je vis que le peuple de Dieu était dans une condition alarmante, et que Sa faveur lui était retirée. Je considérais cette triste image jour et nuit, et plaidais dans une angoisse amère : « O Seigneur, ne livre pas ton héritage au reproche. Ne permets pas que les païens disent : ‘Où est leur Dieu ?’ » Je vis que j’étais coupée de presque tout le monde à la tête de l’œuvre, et que je restais pratiquement seule. Je n’osais pas faire confiance à qui que ce soit. Pendant la nuit, j’ai réveillé mon mari, en disant : « Je crains de devenir une infidèle. » Puis j’ai crié au Seigneur de me Sauver lui-même de son bras puissant. Je ne pouvais pas voir que mes témoignages étaient considérés, et j’entretenais la pensée que mon œuvre dans la cause était peut-être arrivée à son terme. Nous avions des rendez-vous à Bushnell, mais je dis à mon mari que je ne pouvais pas y aller. Il revint bientôt du bureau de poste avec une lettre du Frère Matteson, contenant le rêve suivant :

Le rêve de Frère Matteson

   Cher Frère White : Que la bénédiction de Dieu soit sur vous, et que ces lignes vous trouvent encore dans la prospérité, et progressant dans la santé et la force spirituelle. Je suis très reconnaissant au Seigneur pour Sa bonté à votre égard, et j’ai confiance que vous apprécierez encore une santé parfaite et la liberté dans la proclamation du dernier message.

   « J’ai eu un rêve remarquable à votre sujet et celui de Sœur White, et je sens qu’il est de mon devoir de vous le relater, aussi loin que je puisse m’en souvenir. J’ai rêvé que je le racontais à Sœur White, ainsi que son interprétation, qui me fut donnée dans le rêve. Lorsque je me réveillai, quelque chose me poussa à me lever et à en écrire tous les détails, de peur de les oublier ; mais j’ai négligé de la faire, partiellement parce que j’étais fatigué, et partiellement parce que je pensais que ce n’était qu’un rêve. Mais considérant que je n’avais jamais rêvé de vous avant, et que ce rêve était si intelligent et si intimement en rapport avec vous, j’en suis arrivé à la conclusion que je devais vous le dire. Ce qui suit est tout ce dont je peux me souvenir :

   « J’étais dans une grande maison où se trouvait une chaire plus ou moins semblable à celle que nous utilisons dans nos lieux de rencontre. Sur cette chaire se trouvaient de nombreuses lampes allumées. Ces lampes nécessitaient d’être constamment alimentées d’huile, et un bon nombre d’entre nous étions occupés à transporter de l’huile et à les remplir. Frère White et sa compagne étaient activement engagés, et je remarquai que Sœur White y versait plus d’huile que les autres. C’est alors que Frère White se dirigea vers une porte qui s’ouvrit sur un entrepôt, où se trouvaient de nombreux bidons d’huile. Il ouvrit la porte, entra, et Sœur White le suivit. C’est juste à ce moment là qu’un groupe d’homme arriva, avec une grande quantité de matière noire qui ressemblait à de la suie, et la déversa entièrement sur Frère et Sœur White, les recouvrant complètement. Je me sentis très peiné, et regardai anxieusement pour voir la fin de ces choses. Je pus voir Frère et Sœur White faire de grands efforts pour sortir de dessous la suie, et après une longue épreuve, ils sortirent aussi lumineux que jamais, et les hommes méchants et la suie disparurent. C’est alors que Frère et Sœur White s’engagèrent à nouveau avec plus de ferveur que jamais à remplir les lampes d’huile, mais Sœur White était encore la plus efficace.

   « J’ai rêvé que l’explication était la suivante : Les lampes représentaient le peuple du reste. L’huile était la vérité et l’amour céleste, dont le peuple de Dieu nécessite un approvisionnement constant. Les personnes engagées à remplir les lampes étaient les serviteurs de Dieu œuvrant dans la moisson. L’identité du groupe de malfrats, je ne pouvais la donner, mais ils étaient des hommes animés par le diable, qui dirigeaient leur mauvaise influence tout spécialement contre Frère et Sœur White. Ces derniers furent dans une grande détresse pour un temps, mais furent finalement délivrés par la grâce de Dieu et leurs propres efforts assidus. C’est alors que la puissance de Dieu reposa finalement sur eux, et ils eurent une part importante dans la proclamation du dernier message de miséricorde. Mais Sœur White avait une réserve plus riche de sagesse céleste et d’amour que les autres.

   « Ce rêve a fortifié ma confiance dans le fait que le Seigneur vous guidera et finira l’œuvre de restauration commencée, et que vous jouirez une fois de plus de l’Esprit de Dieu, comme par le passé, et même avec plus d’abondance. N’oubliez pas que l’humilité est la porte qui conduit aux riches réserves de la grâce de Dieu. Que le Seigneur vous bénisse, ainsi que votre compagne et vos enfants, et nous accorde de nous rencontrer dans le royaume céleste. Vôtre dans les liens de l’amour Chrétien.

John Matteson.

Oakland, Wisconsin, July 15, 1867. »

   Ce rêve me donna quelque encouragement. J’avais confiance en Frère Matteson. Il m’avait été montré en vision avant de le voir de mes propres yeux, en contraste avec le Frère F du Wisconsin. Ce dernier était complètement indigne de porter le nom de chrétien, et encore moins d’être un messager ; Frère Matteson me fut montré comme ayant de l’humilité, et comme quelqu’un qui, s’il maintenait sa consécration, serait qualifié pour diriger les regards des âmes vers l’Agneau de Dieu. Frère Matteson ne savait rien de l’épreuve de mon esprit. Pas une seule ligne n’était jamais passée entre nous, et ce rêve venant à ce moment et de cette personne me parut semblable à la main de Dieu étendue pour m’aider.

   Nous avions la responsabilité de construire avec de l’argent emprunté, ce qui causait de la perplexité. Nous avons maintenu nos rendez-vous et travaillâmes très dur durant toute la saison chaude. Manquant de moyens, nous allâmes ensemble dans le champ pour y biner, y couper et y ratisser du foin. Je prenais la fourche pour empiler le foin, et mon mari, de ses bras faibles, me l’envoyait. Je pris le pinceau et peignis l’intérieur de notre maison. Dans ces choses, nous nous fatiguâmes tous les deux bien trop. Finalement, je fus soudainement à bout de forces et ne pus en faire d’avantage. Plusieurs matins de suite, je m’évanouis, et mon mari dût participer à la rencontre de Greenbush Grove sans moi. (…)

James White, accusé de cupidité

  Dans l’ouest, nous avons été confrontés à des récits quasiment équivalents à de la diffamation contre mon mari. Ceux-ci étaient courants pendant la Conférence Générale, et étaient rapportés dans toutes les parties du champ. Je vais en raconter un pour exemple. Il fut dit que mon mari était si porté sur l’argent qu’il s’engagea dans la vente de bouteilles. Voici les faits : Lorsque nous étions sur le point de déménager, j’ai demandé à mon mari ce que je devais faire avec une grande quantité de vieilles bouteilles que j’avais sous la main. Il me dit : ‘Jette-les à la poubelle.’ C’est à ce moment-là que notre Willie entra et proposa de les nettoyer et de les vendre. Je lui dis de le faire, et le bénéfice qu’il en retirerait serait pour lui. Et lorsque mon mari se rendit au bureau de poste, il prit Willie et les bouteilles dans la calèche. Il ne pouvait pas en faire moins pour son petit garçon, si fidèle. Willie vendit les bouteilles et garda le montant. Sur leur chemin vers le bureau de poste, mon mari emmena un frère travaillant pour la Review, qui conversa agréablement avec lui sur le trajet aller et retour de la ville ; et comme il vit Willie sortir de la calèche et poser à son père une question relative à la valeur des bouteilles, puis vit le droguiste en conversation avec mon mari au sujet de ce qui intéressait tant Willie, ce frère, sans dire un mot à mon mari à ce sujet, rapporta immédiatement que Frère White était descendu à la ville y vendre de vieilles bouteilles et devait donc être fou. La première fois que nous entendîmes parler des bouteilles fut dans l’Iowa, cinq mois plus tard.

   Personne ne nous parla de ces choses, de manière à ce que nous ne pûmes les corriger. Elles ont été transportées, comme surles ailes du vent, par ceux qui professaient être nos amis. Et nous avons été étonnés de trouver, par investigation et par des confessions récentes de presque tous les membres de cette église, que l’un ou d’avantage de ces faux rapportsont été entièrement acceptés de presque tous, et que ces chrétiens de profession avaient chéri des sentiments de censure, d’amertume et de cruauté contre nous, et particulièrement contre mon faible mari qui se bat pour la vie et la liberté. Certains ont manifesté un esprit méchant et écrasant, et l’ont décrit comme riche et aspirant malgré tout à davantage d’argent.

   Alors qu’il retourna à Battle Creek, mon mari demanda à un comité de frères de rencontrer l’église, afin que ces choses soient examinées devant eux, et que les faux rapports soient traités. Des frères vinrent de différentes parties de l’état, et mon mari demanda sans crainte à tous d’exprimer les accusations qu’ils pouvaient prononcer contre lui, afin qu’il puisse les régler ouvertement, et mettre ainsi un terme à cette diffamation sournoise. Les torts qu’il avait précédemment confessés dans la Review, il les confessa ici entièrement dans une rencontre publique ainsi qu’à des particuliers, et il expliqua également de nombreuses questions sur lesquelles se fondaient des accusations fausses et insensées, et les convainquit tous de la fausseté de ces accusations.

   Et alors que nous nous penchâmes sur des questions relatives à la valeur réelle de notre propriété, nous trouvâmes à son grand étonnement, et à celui de tous ceux présents, qu’elle ne valait que 1500 dollars, mis à part ses chevaux et la calèche, ainsi que des restes d’éditions de livres et de chartes, dont la vente pour l’année écoulée, comme l’a dit le secrétaire, n’avaient pas couvert les intérêts de l’argent qu’il doit à l’Association des Publications. Ces livres et ces chartes ne peuvent pas à présent être considérés comme ayant beaucoup de valeur, et certainement pas pour nous dans notre condition présente.

   Lorsqu’il avait la santé, mon mari n’avait pas le temps de s’occuper de ses comptes, et pendant la maladie, ses affaires étaient entre les mains d’autres personnes. La question se posa : qu’était-il advenu de sa propriété ? Avait-il été escroqué ? Des erreurs avaient-elles été faites dans ses comptes ? Ou bien avait-il, dans l’état en friche de ses affaires, donné ici et là pour la bonne cause, ne connaissant pas sa véritable capacité à donner, ni combien il avait donné ?

   Une bonne conséquence de cette investigation est que la confiance envers ceux qui avaient eu la responsabilité de la comptabilité de nos affaires reste ferme, et que nous n’avons pas de bonnes raisons de penser que nos moyens limités peuvent être attribués à des erreurs de calculs. Ainsi, alors que l’on considère les affaires de mon mari sur une période de dix ans, et sa manière libérale de soutenir l’œuvre dans toutes les branches du champ, la meilleure conclusion, et la plus charitable, est que notre propriété a été utilisée dans la cause de la vérité présente. Mon mari n’a tenu aucun compte, et ce qu’il a donné ne peut être retracé que de mémoire, et des annales enregistrées dans la Review. Le fait que nous vallons si peu, se révélant à cette période où mon mari a été présenté comme riche et aspirant à encore davantage, a été un sujet de réjouissances pour nous, puisque c’est la meilleure réfutation de fausses accusations qui ont menacé notre influence et notre caractère chrétien.

   Notre propriété peut nous être prise, et nous nous réjouirons toujours en Dieu si elle sera utilisée pour l’avancement de Sa cause. Nous avons de bon cœur dépensé le meilleur de nos jours, le meilleur de nos forces ; nous nous sommes presque épuisés dans la même cause et nous ressentons les infirmités d’une vieillesse prématurée, et nous nous réjouirons encore. Mais lorsque nos frères de profession attaquent notre caractère et notre influence en nous représentant comme riches, mondains, et avides de plus, c’est alors que nous sommes profondément touchés. Laissez-nous jouir du caractère et de l’influence que nous avons chèrement gagnés pendant les vingt dernières années, jusque dans la pauvreté et une vie ainsi qu’une santé nous échappant parfois dans cette vie mortelle, et nous nous réjouirons et donnerons avec joie à la cause le peu qui nous reste.

Confessions et baptêmes

   L’investigation a été minutieuse et a eu pour effet de nous libérer des accusations portées contre nous, et de restaurer les sentiments d’une unité parfaite. Il y eut de touchantes confessions venues du cœur en rapport avec les attitudes cruelles envers nous, puis la bénédiction manifeste de Dieu est descendue sur toute l’assemblée. Ceux qui s’étaient éloignés ont été réintégrés, des pécheurs se sont convertis, et quarante-quatre ont été ensevelis dans les eaux du baptême, seize par mon mari, et vingt-huit par les frères Andrews et Loughborough. Nous sommes encouragés, mais très fatigués. Mon mari et moi-même avons porté le poids de l’œuvre, qui a été très pesant et enthousiasmant. La manière dont nous avons pu, dans notre état de santé fragile, faire face à l’investigation avec les sentiments de la majorité contre nous, supporter les sermons, les exhortations, et les réunions tardives du soir, tout en préparant ce travail, mon mari œuvrant à mes côté, le copiant et le préparant pour les imprimeurs, et en faisant la relecture, Dieu seul le sait. Cependant, nous avons traversé l’épreuve, et mettons notre confiance en Dieu, qui nous soutiendra dans nos travaux futurs.

   Nous croyons à présent qu’une grande partie des rêves précédents fut accordée pour illustrer nos épreuves découlant des torts existant à Battle Creek, nos labeurs pour nous dégager des accusations cruelles, et aussi nos labeurs, avec la bénédiction de Dieu, pour remettre les choses en ordre. Si cette compréhension des rêves est juste, ne pouvons-nous pas espérer, en considérant d’autres parties non accomplies de ces rêves, que notre futur sera plus favorable que notre passé ?

Conclusion

   En conclusion de ce récit, je dirais que nous vivons dans un temps des plus solennels. Dans la dernière vision qui me fut accordée, il me fut montré le fait effrayant qu’une petite partie seulement de ceux qui professent la vérité seront sanctifié par elle et sauvés. Ils seront nombreux à s’éloigner de la simplicité de notre œuvre. Ils se conformeront au monde, chériront des idoles, et deviendront mort spirituellement. Les disciples de Jésus, humbles et prêts à se sacrifier, atteindront la perfection, laissant derrière eux les indifférents et ceux qui aiment le monde.

   Mon attention fut attirée sur l’ancien Israël. Seulement deux des adultes de la vaste armée qui a quitté l’Egypte entrèrent dans le pays de Canaan. Leurs corps morts furent éparpillés dans le désert à cause de leurs transgressions. L’Israël moderne est dans un danger plus grand d’oublier Dieu et d’être conduit dans l’idolâtrie que ne l’était Son peuple d’autrefois. De nombreuses idoles sont adorées, même par des soi-disant observateurs du Sabbat. Dieu a tout particulièrement mis son peuple d’antan en garde contre l’idolâtrie, car s’il devait être détourné de son service du Dieu vivant, Sa malédiction reposerait sur eux, alors que s’ils l’aimaient de tout leur cœur, de toute leur âme et de toute leur force, Il les bénirait abondamment dans tous les domaines, et retirerait la maladie du milieu d’eux.

   Une bénédiction et une malédiction sont à présent devant le peuple de Dieu – une bénédiction s’il sort du monde et se sépare en marchant dans l’humble chemin de l’obéissance ; et une malédiction s’il s’unit avec les idolâtres qui piétinent les hautes attentes du ciel. Les péchés et les iniquités du peuple d’Israël rebelle sont enregistrés, et son expérience nous est présentée en avertissement pour nous dire que si nous imitons son exemple de transgression et nous nous éloignons de Dieu, nous tomberons aussi certainement qu’ils tombèrent. « Ces choses leur sont arrivées pour servir d’exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ! » (1 Cor. 10 : 11, 12).

Testimonies for the Church, vol. 1, p. 592-609

 

Comment traitons-nous nos semblables ?

   Il est très important pour nous de comprendre la manière dont Dieu veut que nous agissions les uns envers les autres. Le Seigneur nous a donné de nombreuses instructions quant à la manière dont nous devons agir envers nos frères et nos sœurs. Nous devons aimer Dieu de tout cœur, et aimer notre prochain comme nous-mêmes. Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand des commandements. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Matthieu 22 : 37-39).

   Lorsque nous comprendrons à quel point Dieu nous aime, nous considérerons nos semblables en sachant que Dieu les aime exactement comme Il nous aime. Plus nous nous rapprocherons de Dieu, plus nous aurons compassion de nos frères et sœurs, exactement comme le fit Jésus lorsqu’Il était sur la terre. « Jésus vit une grande foule, et fut ému de compassion pour eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont point de berger ; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses » (Marc 6 : 34). Christ est notre exemple, et il nous est enseigné de marcher tout comme Il marcha (1 Jean 2 : 6).

   La manière de penser du monde est naturellement remplie d’orgueil, « Chacun pour soi ». Mais cela n’est pas la manière de penser du Chrétien. Il nous faut regarder tous les gens avec amour et non avec orgueil. Dieu dit, « Il y a six choses que hait l’Eternel, et même sept qu’il a en horreur : Les yeux hautains… » (Proverbes 6 : 16, 17). La première chose de la liste que l’Eternel hait est un regard hautain. Cela peut se manifester lorsque nous regardons une autre personne avec l’idée que nous sommes meilleurs qu’elle. Dieu nous a instruits de manière à nous préserver d’un regard hautain. Il a dit, « Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes » (Philippiens 2 : 3).

Ne réprimande pas rudement

   La Bible nous donne de bonnes instructions quant à la manière dont nous devons communiquer avec les autres. Paul a écrit, « Ne réprimande pas rudement le vieillard, mais exhorte-le comme un père ; exhorte les jeunes gens comme des frères, les femmes âgées comme des mères, celles qui sont jeunes comme des sœurs, en toute pureté » (1 Timothée 5 : 1, 2). Le mot Grec qu’on a traduit par « réprimander rudement » n’est utilisé qu’une seule fois dans la Bible. Ce mot signifie « châtier (en paroles) » (Dictionnaire Grec Strong). Il signifie également « gronder, frapper sur, cogner » (Lexique Grec Thayer). Ce terme se réfère à l’emploi de mots pour châtier ou frapper une personne. Ce genre d’abus verbal est interdit, et n’est utilisé que pour élever celui qui parle au-dessus de celui qui est verbalement abusé. Si nous sommes animés de compassion envers nos frères et sœurs nous les considérerons comme meilleurs que nous, et nous n’utiliserons pas une manière aussi peu aimable et dure pour communiquer avec eux.

   Ces versets nous enseignent à les traiter comme des membres de notre famille. Le mot grec traduit par « exhorter » signifie « désirer, inviter, invoquer » (Dictionnaire Grec Strong). Il signifie également « implorer, supplier, encourager, fortifier » (Lexique Grec Thayer). Si un frère s’est éloigné de la foi, ou a fait quelque chose contre quelqu’un, il nous faut plaider avec lui dans l’amour afin qu’il change de voie.

   Il nous faut faire attention à notre manière de communiquer dans une telle situation. Des mots exactement semblables peuvent être prononcés par deux personnes différentes, mais l’une peut avoir un effet bien pire sur la situation. Cela est dû au ton de la voix. La manière de parler d’une personne pourrait repousser une autre personne plutôt que de la ramener vers Christ. Dieu veut que nous conduisions les gens vers Christ afin qu’ils y soient pardonnés, plutôt que de les éloigner du Christ.

Confidentiel

   Jésus dit, « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul » (Matthieu 18 : 15). Si nous avons un problème avec quelqu’un, nous ne devons pas aller en parler avec quelqu’un d’autre. Ce qui a été fait contre nous en privé devrait être géré en privé. Il n’est pas nécessaire que d’autres soient impliqués dans l’affaire. Salomon écrivit, « Défends ta cause contre ton prochain, mais ne révèle pas le secret d’un autre, de peur qu’en l’apprenant il ne te couvre de honte, et que ta mauvaise renommée ne s’efface pas » (Proverbes 25 : 9, 10). Il écrivit également, « Celui qui répand la calomnie dévoile les secrets, mais celui qui a l’esprit fidèle les garde » (Proverbes 11 : 13).

   Ce point est essentiel. Il y a trop de commérages, que ce soit dans nos églises ou en dehors. Le peuple de Dieu n’a pas besoin de perpétrer ce problème. Si quelqu’un vient vers vous, disant, « Je ne suis pas supposé vous dire cela, mais… » la réponse chrétienne devrait être : « Alors, ne me le dis pas ». Nous devrions faire tout notre possible pour nous retenir de perpétuer des pratiques coupables – oui, le commérage est une pratique coupable. Il contribue à éteindre l’amitié entre les gens. « Celui qui couvre une faute cherche l’amour, et celui qui la rappelle dans ses discours divise les amis » (Proverbes 17 : 9). Dans la liste des sept choses que hait l’Eternel, Il dit « Le faux témoin qui dit des mensonges, et celui qui excite des querelles entre frères » (Proverbes 6 : 19).

   Jésus a dit que si j’ai un problème avec quelqu’un, je dois aller vers cette personne en privé, avant d’y mêler qui que ce soit d’autre. Si cette méthode permet de gérer le problème avec succès, plus personne d’autre ne devrait alors y être impliqué. Jésus nous a conseillé de maintenir les problèmes aussi petits que possible, de ne jamais leur donner des proportions démesurées, ou d’impliquer des personnes qui n’ont même rien à voir avec la situation. Jésus nous a dit quoi faire si notre frère ne veut pas nous écouter. Il a dit, « Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins » (Matthieu 18 : 16). Si vous avez un problème avec quelqu’un, que vous êtes déjà allé vers cette personne et qu’elle n’a pas voulu vous écouter, alors, et alors seulement, vous pouvez prendre une ou deux personnes avec vous pour lui parler. « S’il refuse de t’écouter, dis-le à l’Eglise, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain » (Matthieu 18 : 17).

   Si un tort connu de nombreuses personnes a été commis, il doit alors être réglé devant toutes ces personnes. « Ceux qui pèchent, reprends-les devant tous, afin que les autres aussi éprouvent de la crainte » (1 Timothée 5 : 20). Mais si quelque chose de mal a été commis, et que vous et l’autre personne êtes les seuls à le savoir, il faudrait alors le gérer secrètement, sans le révéler à qui que ce soit d’autre. Gardez à l’esprit que le terme grec original traduit par « reprendre » dans le verset ci-dessus, est différent de celui traduit plus haut disant « ne reprend pas sévèrement… ». Il est un temps pour un reproche aimant, mais ce n’est pas pour frapper quelqu’un avec des mots. Il doit être accompagné de compassion et d’amour. Nous ne devrions jamais venir vers quelqu’un pour lui montrer ses fautes, à moins de l’aimer au point d’être prêt à mourir pour lui.

Retirer la poutre

   Jésus donna une leçon importante quant à la manière de traiter nos frères et sœurs. Il dit, « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère » (Luc 6 : 41, 42).

   La nature humaine est étrange. Nous voyons plus facilement un petit détail devant être corrigé chez une autre personne, que l’énorme problème à corriger dans notre propre vie. Avant d’aller essayer d’aider quelqu’un à enlever quelque chose de sa propre vie, nous devrions d’abord sonder la nôtre. Il arrive que ce que nous percevons comme un problème chez une tierce personne, le soit encore bien plus chez nous. Certaines personnes sont promptes à critiquer les autres, ne réalisant pas que leurs propres problèmes sont encore bien plus graves aux yeux de Dieu. Il faut se préserver de ce genre d’hypocrisie.

De vrais amis

   Jésus a dit, « Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle et repens-toi » (Apocalypse 3 : 19). Jésus nous reprend, non pas parce qu’il veut nous frapper, mais parce qu’il nous aime suffisamment pour nous aider lorsque nous sommes en soucis. Salomon a écrit, « mieux vaut une réprimande ouverte qu’une amitié cachée » (Proverbes 27 : 5). Nous devrions être reconnaissants lorsqu’une personne vient vers nous dans l’amour pour nous faire remarquer un problème que nous ne pouvions pas voir de nous-mêmes. Salomon a écrit, « Les blessures d’un ami prouvent sa fidélité, mais les baisers d’un ennemi sont trompeurs » (Proverbes 27 : 6). Un véritable ami vous aimera suffisamment pour vous reprendre et vous châtier lorsque c’est nécessaire. « Celui qui reprend les autres trouve ensuite plus de faveur que celui dont la langue est flatteuse » (Proverbes 28 : 23).

   De vrais amis sont difficiles à trouver de nos jours, alors que l’amour du plus grand nombre s’est refroidi (Matthieu 24 : 12). Pour avoir un bon ami, nous devons être un bon ami. « Un homme qui a des amis, doit se montrer un bon ami : et il est tel ami plus attaché qu’un frère » (Proverbes 18 : 24, KJV ; voir Martin 1855). De vrais amis ne permettront pas à de petits différents de les séparer ; ils estiment suffisamment leur amitié pour surmonter les passages difficiles. « Comme le fer aiguise le fer, ainsi un homme aiguise l’expression de son ami » (Proverbes 27 : 17, KJV). Un homme aiguise, ou aide à perfectionner, le caractère de son frère. Nous avons besoin d’amis pour nous encourager et nous fortifier.

   « Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail. Car s’ils tombent, l’un relève son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever ! » (Ecclésiastes 4 : 9, 10). De bons amis sont très importants, ils sont une aide dans notre expérience chrétienne.

   Je prie pour que nous apprenions à avoir une relation plus étroite avec notre Créateur, afin d’être prêts à écouter toute parole qui sort de Sa bouche, que ce soit un reproche ou non. Dans ce processus, je prie afin que nous ayons également une meilleure relation avec nos frères. Jésus a dit, « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes » (Matthieu 7 : 12). Si vous accomplissez la loi royale, selon l’Ecriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien » (Jacques 2 : 8).

 Lynnford Beachy


Histoire pour les enfants

Des perles aux pourceaux

   LAURA caressa le tissu fleuri de sa nouvelle robe. Si elle se penchait un tout petit peu en avant, elle pouvait voir ses chaussures neuves, toutes brillantes. Les fenêtres de la petite église de campagne étaient ouvertes et une douce brise y pénétrait. Les abeilles bourdonnaient et les oiseaux chantaient. Une tentante odeur de fruits, de fleurs et de mer embaumait l’atmosphère.

   Les tresses de Laura virevoltèrent quand elle voulut écraser une mouche sur sa joue. Elle jeta un coup d’œil au pasteur debout derrière la chaire dans sa robe noire et son col blanc. Le service lui semblait tout particulièrement long ce matin, parce que la journée était si belle. Aussi fière qu’elle soit de sa nouvelle robe et de ses chaussures brillantes, Laura était impatiente de les échanger pour sa vieille robe et ses espadrilles. C’était une journée où l’on avait envie de se rouler dans l’herbe verte de la prairie, de vagabonder dans la forêt ou de descendre jusqu’à la rivière où l’eau chatouillait les pieds bronzés. Pour dire la vérité, Laura était un peu garçon manqué, et elle n’aimait rien mieux que grimper aux arbres et jouer au ballon avec ses frères aînés.

   Bernhard était assis tranquillement, et il écoutait le pasteur avec attention. Il était sérieux pour son âge. On était presque sûr qu’un jour il deviendrait écrivain, poète ou pasteur. Près de lui était Mathias, un garçon turbulent, aimant l’aventure, toujours en train de faire des bêtises, mais doué d’un cœur d’or. Gunda, une petite fille toute ronde, était assise sagement à côté de Laura. Gunda ne s’agitait pas facilement et pouvait rester assise calmement une heure entière. Il n’en était pas de même pour Maria. Vive, toute menue, débordante de chansons et d’amour pour tout le monde, elle était comparée par sa famille aux petits oiseaux d’hiver qui mangeaient d’un air affamé le grain répandu pour eux sur la neige. Paulus, encore un bébé, dormait sur les genoux de maman, et papa était assis à côté de sa femme, une oreille tendue vers ce que disait le pasteur et l’autre attentive à limiter les différents bruits que les enfants pouvaient faire.

   Papa était charpentier, et prospecteur quand le travail de construction se faisait rare. Gurine, sa femme, était la personne que les habitants du petit village de Borgestad, en Norvège du sud, appelaient quand ils étaient malades ou dans le besoin. Maman Strand se débrouillait toujours pour donner à manger à quelques enfants pauvres, s’il le fallait, ou à veiller les malades, réconforter les mourants, mettre au monde un bébé. Car il n’y avait pas de médecin à Borgestad. La vie était difficile pour tous. Chacun des enfants de la famille Strand devait mettre la main à la pâte dès que possible, et ils travaillaient tous très dur. Mais c’était une famille aimante et profondément religieuse.

   Laura changea de position sur son banc, et papa la regarda. Bientôt Laura serait confirmée dans la petite église luthérienne. Elle serait alors considérée comme une jeune fille ; il était temps qu’elle se mette à y penser. Après sa confirmation, ses nattes seraient attachées autour de sa tête ou enroulées en chignon dans son cou. Elle ne porterait plus de robes courtes ; ses jupes descendraient jusqu’à ses chevilles. Laura n’y pensait pas avec plaisir, car elle serait alors considérée comme trop vieille pour jouer au ballon avec les garçons. Elle soupira.

   La voix du pasteur Lie pénétra les pensées et les rêves de Laura. Soudain, une phrase sembla l’atteindre directement. Ses yeux bleus fixèrent un moment le pasteur. « Que faites-vous pour Jésus ? » La question semblait suspendue dans l’air. Pendant le dernier hymne et la prière de clôture, ce fut tout ce que Laura entendit : « Que faites-vous pour Jésus ? »

   En rentrant à la maison à pied par cette belle journée d’été, Laura était absorbée par le sentiment étrange qui s’était emparé d’elle dans l’église. Elle se rendait compte comme jamais auparavant que Jésus était mort pour elle, et qu’elle ne faisait rien en retour pour son don précieux du salut. La pensée la tourmenta pendant tout le reste de ce dimanche tranquille, et pendant toute la semaine qui suivit. Finalement, elle pensa à quelque chose qu’elle pourrait faire.

   Puisqu’elle était la fille aînée, Laura aidait beaucoup sa mère. Mme Strand ne savait jamais quand elle pourrait être appelée à aider quelqu’un dans le voisinage, aussi Laura apprit-elle de bonne heure à s’occuper de la maison et des enfants. Elle repassait avec les lourds fers qu’il fallait faire chauffer sur l’immense fourneau à bois. Elle faisait chauffer l’eau quand ses frères rentraient et frottait les vêtements sales sur la planche à laver. La propreté régnait au foyer des Strand. Le village de Borgestad, à la fin du siècle [avant-] dernier, n’avait ni l’électricité ni l’eau courante, et les foyers ne jouissaient pas de beaucoup de confort.

   Généralement, quand Laura avait quelques instants à elle, elle courait dehors dans l’air pur imprégné de brise marine venant du fjord de Skien, tout proche. Mais pas maintenant. Tranquillement, elle se glissa en haut dans la chambre qu’elle partageait avec ses sœurs, faisant bien attention que personne ne la suive. Puis elle tira de dessous le linge propre de la commode du papier soigneusement rangé. Elle ouvrit sa Bible et ses doigts parcoururent page après page jusqu’à ce qu’elle trouve un verset qu’elle aimait tout particulièrement. Elle le copia de son écriture ronde et appliquée. Quand une feuille de papier fut couverte de versets bibliques, Laura la coupa en bandes, un verset sur chaque bande. Cela lui prit des jours, car elle n’avait pas beaucoup de moments de loisir. Ses frères devinrent curieux. Cela ne ressemblait pas à Laura de s’enfermer dans sa chambre et de ne pas les suivre dans leurs expéditions. Mathias se moqua d’elle et lui posa des questions, mais Laura ne répondit rien.

   Par un après-midi ensoleillé, tandis que les plus jeunes enfants faisaient leur sieste et que maman était assise en train de tricoter dans le rocking-chair, Laura comprit que le moment était arriver de mettre son plan à exécution. Bernhard aidait un voisin dans les champs, et Mathias était parti avec ses amis. Laura se précipita dans sa chambre. Elle mit un tablier propre sur sa robe de coton et rassembla les bandes de papier avec les textes de la Bible dans la jupe de son tablier. Elle descendit sur la pointe des pieds et sortit dans le soleil. Il n’y avait personne en vue. Laura se hâta le long du sentier jusqu’à la maison des voisins, se dirigea vers la porte d’entrée et glissa dessous l’un des versets de la Bible. Puis elle sauta légèrement jusqu’à la prochaine maison.

   Laura s’arrêta. Elle entendit des voix de garçons ! Mathias et ses amis couraient vers elle.

- Laura ! Qu’est-ce que tu as dans ton tablier ? Qu’est-ce que tu fais ?

   Oh ! ce frère, pensa Laura.

   Laura était excellente en course. Elle était légère comme une plume et elle prit ses jambes à son cou tout en serrant bien les coins de son tablier. Elle ne laisserait jamais ces garçons voir ce qu’elle avait ! Cela lui semblait sacrilège. Ils se moqueraient d’elle. Et elle avait travaillé si dur pour faire quelque chose de spécial pour Jésus ! Elle avait eu l’intention de glisser un texte de la Bible sous la porte de chacune des maisons du village. Des larmes glissèrent le long de ses joues pendant qu’elle courait, les garçons à ses trousses. Mais elle n’arrivait pas à les distancer.

 Laura, à bout de souffle, vit bientôt une barrière. C’était l’enclos des cochons d’Eric Lindgren ! Ces vilains garçons ne devaient pas trouver ses précieux versets ! Rapide comme l’éclair, Laura secoua son tablier par-dessus la barrière. Des bandes de papier volèrent dans la saleté tandis que les pourceaux, alertés, se groupèrent autour. En voilà une nourriture étrange et nouvelle ! Les papiers blancs disparurent dans la boue sous les pattes des animaux. Quand les garçons arrivèrent à la barrière, il n’y avait plus rien à voir, seulement une petite fille à bout de souffle et les larmes aux yeux.

   Les garçons la considérèrent quelques instants. Mathias lui demanda :

- Qu’est-ce que tu faisais ?


   Mais la petite fille regarda au loin et ne répondit pas. Finalement, l’un des garçons dit :

- Allons-nous-en !

   Et ils partirent tous en courant pour jouer ailleurs.

   Tandis que les larmes de Laura se mêlaient à la boue dans l’enclos des cochons, un texte qu’elle avait lu en copiant ses versets lui revinrent à la mémoire. «  Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent. » (Matthieu 7 : 6).

   C’est le cœur lourd qu’elle rentra à la maison. Mme Strand vit d’un coup d’œil le visage baigné de larmes de sa fille, et Laura courut dans ses bras pour lui raconter toute l’histoire. Maman rit seulement en elle-même lorsque Laura arriva au moment des « perles devant les pourceaux ».

- Laura, ma chère petite, chuchota maman, si tu savais seulement tout ce que tu fais pour Jésus chaque jour ! Quand tu m’aides avec les enfants, tu l’aides. Quand tu laves et repasses et accomplis les autres durs travaux comme tu le fais si souvent, tu aides Jésus autant que si tu étais missionnaire en Afrique. Dieu me donne de la force pour aller aider les autres quand ils ont besoin de moi, et je sais que je l’aide. Quand tu m’aides, tu l’aides aussi. Sèche tes larmes, maintenant. Je ne dirai jamais aux garçons ce que tu as jeté dans l’enclos aux cochons. C’est ton petit secret. Reste aussi gentille et aimante que tu l’es, et continue toujours à chercher la vérité. C’est ainsi que tu aides Jésus.

   En grandissant, Laura chercha la vérité jusqu’à ce qu’elle trouve le message qui touche profondément son cœur. Son influence grandit avec les années. Elle travailla avec les enfants de l’église adventiste d’Oslo, en Norvège, leur enseignant à aimer Jésus. Bien des gens qui sont maintenant grands-pères et grands-mères se considèrent encore comme des « enfants de Laura », se souvenant avec amour des leçons qu’elle leur enseignait. Elle donna à Dieu tous ses talents pour le service des autres. Laura dort tranquillement maintenant. Quand Jésus reviendra pour rassembler les siens, elle comprendra alors pleinement tout ce qu’elle a fait pour lui. – R. C.

 

Coin Santé

Pizza aux fruits

 

Ingrédients pour une grande pizza :

Pâte :

3 cuil. à café de levure de boulanger traditionnelle

ou ½ cube de levure fraîche

220 g de lait végétal

30 g de sucre roux

1 grosse pincée de vanille en poudre

500 g de farine bise (T80)

40 g de fécule de pomme de terre

70 g de sucre roux

180 g de margarine végétale à température ambiante

1 grosse pincée de sel

 

Crème :

500 ml de lait végétal

3 Cuil. à soupe bombée de sucre roux

½ cuil. à café de vanille en poudre

40 g de fécule de maïs (type Maïzena)

 

Fruits :

2 grosses boîtes de pèches au sirop léger

1 petite boîte d’ananas en morceaux

 

Préparation :

Commencer par la pâte :

- Faire tiédir le lait végétal. Le verser dans un bol avec la levure de boulanger en granules ou émiettée.

- Ajouter les 30 g de sucre et la vanille. Bien mélanger et laisser reposer dans un endroit chaud.

- Au bout de 15 mn, le mélange fait des bulles.

- Le verser dans un saladier et ajouter les ingrédients restants. Bien pétrir pendant une vingtaine de minutes.

- Laisser lever au chaud pendant environ 2 heures, jusqu’à ce que la pâte ait doublé de volume.

- Dégazer ensuite la pâte en la frappant avec vos poings, puis l’étaler au rouleau afin qu’elle ait la taille de votre plaque. La déposer sur la plaque et laisser lever encore 1 heure au chaud.

15 minutes avant la fin de ce temps de repos, préchauffer le four à 180°, puis préparer la crème :

- Verser 400 ml lait dans une casserole, et réserver les 100 ml restant.

- Ajouter le sucre et la vanille, remuer et faire chauffer.

- Pendant ce temps, délayer la fécule de maïs avec les 100 ml de lait restant.

- Lorsque le lait est presque à ébullition, verser le mélanger lait-fécule et remuer vivement jusqu’à ce que la crème épaississe.

 

- Verser la crème sur la pâte à pizza levée et l’étaler jusqu’à 1 cm du bord.

- Couper les pêches en tranches et les déposer harmonieusement sur la crème.

- Décorer avec des amandes effilées.

- Faire cuire à four chaud pendant 30 minutes environ jusqu’à ce que les bords sur bien dorés.

- Laisser refroidir.