Vol.4 - Juillet 2014

 

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« Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irréprochable, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ !  »

1 Thessaloniciens 5 : 23

 

Table des matières

Editorial – Soyez toujours joyeux

Etude Biblique – L’amour, la règle d’or

L’œuvre de la patience

Daniel en captivité — Uriah Smith

Les remèdes naturels — Elisabeth Fury

Histoire pour les enfants — Pépita, la petite bohémienne

Fondant aux framboises — Coin santé

 

Editorial

« Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. » 1 Thessaloniciens 5 : 16-18

   Chers frères et sœurs en Christ, notre bien-aimé Sauveur,

   C’est toujours une joie de vous retrouver et de passer ces quelques moments avec vous. Nous espérons que vous allez bien, tant physiquement que spirituellement. Nous prions également afin que vous goutiez pleinement la présence de Jésus à vos côtés. Ce n’est qu’en étant en relation avec notre Sauveur que nous pouvons avancer pas à pas sur le chemin qu’Il a foulé.

   Les versets mentionnés plus haut nous encouragent à être toujours joyeux, à prier sans cesse et à rendre grâces à notre Père céleste. Il est vrai qu’il n’est pas facile d’être toujours joyeux, mais notre Dieu est fidèle et si nous regardons à Lui, nous réaliserons que les difficultés, les épreuves, les désappointements sont des moyens qu’Il utilise pour nous amener à nous confier en Lui. Il nous accorde tant de bénédictions et c’est sur celles-ci qu’il nous faut fixer nos regards. Dieu nous appelle à marcher par la foi, exprimant des paroles de louanges et de reconnaissance. Il existe une loi qui veut que nous soyons transformés à l’image de ce que nous contemplons. Si nous contemplons le Sauveur, Ses charmes incomparables, Ses bénédictions et Ses bontés à notre égard, notre attitude sera pleine de reconnaissance. A l’inverse, si nous passons beaucoup de temps à penser à nos problèmes, à nos épreuves et aux difficultés que nous avons à traverser, nous parlerons de nos découragements à ceux qui nous entourent, assombrissant ainsi notre vie et celle des autres. Puissions-nous réaliser combien notre Père nous aime et combien Il désire notre bonheur. Concentrons-nous sur les riches expériences de victoire et les bontés de l’Eternel.

   Notre prière est que vous soyez bénis par ce numéro d’Etoile du Matin. Vous y trouverez la suite des études bibliques sur le sujet de l’amour, des textes écrits par nos pionniers sur la patience, et sur le livre de Daniel. Nous vous proposons également la première partie d’une série sur les remèdes naturels. Les enfants, grands et petits sauront apprécier l’histoire de Pépita la petite bohémienne, et les gourmets se délecteront avec la recette du fondant aux framboises.

   Quant à nous, nous préparons activement le camp-meeting de septembre et vous demandons de bien vouloir prier avec nous pour que ces moments de rencontres puissent être bénis et que nous puissions tous y respirer l’atmosphère des cieux.

   Que la paix, la joie et l’Amour de Dieu remplisse vos cœurs. Fraternellement,

   Elisabeth et Marc


Etude biblique

L’amour, la règle d’or


Lisez Luc 6 : 27-38 où Jésus explique comment il faut observer la règle d’or.

 « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. » Matthieu 7 : 12.

Lisez Luc 6 : 17-38, où Jésus explique comment il faut observer la règle d’or. Apprenez le verset à réciter.

Que vous conseille Jésus pour mettre en pratique la règle d’or ? Matt. 7 : 12.

Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes.

« Dans nos rapports avec nos semblables, nous devons nous mettre à leur place, essayer de comprendre leurs sentiments, leurs difficultés, leurs déceptions, leurs joies et leurs douleurs. …

« Cette règle d’or est le fondement même de la véritable courtoisie et c’est dans la vie et dans le caractère de Jésus qu’elle a été le mieux illustrée. » Heureux ceux qui, p. 140.

Qui devons-nous inclure dans notre pratique de la règle d’or ? Luc 6 : 31-35a

Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi agissent de même. Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, que gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, afin de recevoir la pareille. Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer.

Il est facile de se mettre à la place de nos amis et de les traiter comme nous aimerions qu’ils nous traitent, mais il faut la grâce de Dieu pour faire du bien à nos ennemis.

Quelle récompense recevront ceux qui observent la règle d’or ? Luc 6 : 35b

Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très-Haut, car il est bon pour les ingrats et les méchants.

« Tout ce que nous faisons à autrui, soit en bien, soit en mal, rejaillira inévitablement sur nous en bénédiction ou en malédiction. Nous retrouverons tout ce que nous donnons. » Idem, pp. 141-142.

Quel avertissement donne Jésus à ceux qui jugent les autres ? Matt. 7 : 1.

Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés.

« Ne vous croyez pas meilleurs que les autres, ne vous érigez pas en juges. Incapables comme vous l’êtes de discerner les mobiles, vous n’êtes pas qualifiés pour juger autrui. En faisant porter vos critiques sur quelqu’un, c’est votre propre sentence que vous prononcez ; car vous montrez par là que vous êtes un affilié de Satan, l’accusateur des frères. Le Seigneur dit : “Examinez-vous vous-mêmes, pour voir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes.” Voilà notre œuvre. “Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés.” ». Jésus-Christ, pp. 303-304

Quelle illustration emploie Jésus pour montrer la folie de ceux qui veulent juger les autres ? Matt. 7 : 3-5.

Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère.

Un homme voit un petit grain de poussière dans l’œil de son frère, mais il ne voit pas la poutre qui est dans le sien.

« Ces paroles s’adressent à ceux qui excellent à découvrir les défauts des autres et qui, lorsqu’ils pensent avoir trouvé une tache dans le caractère ou dans la vie d’autrui, déploient tout leur zèle pour la faire remarquer. Jésus déclare que cette façon d’agir, peu chrétienne, dénote un défaut de caractère dont la gravité est, par rapport à la faute en question, comme une poutre comparée à une paille. » Heureux ceux qui, p. 131.

Que dit Jésus dans une certaine occasion pour donner une leçon à ceux qui se mêlent de juger les autres ? Jean 8 : 6-11.

Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers ; et Jésus resta seul avec la femme qui était là, au milieu. Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit : Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il condamné ? Elle répondit : Non, Seigneur. Et Jésus lui dit : Je ne te condamne pas non plus ; va, et ne pèche plus.

Les accusateurs de la femme adultère, se baissant pour lire ce que Jésus écrivait sur le sable, se rendirent compte que leurs péchés secrets étaient dévoilés. Ils comprirent alors qu’ils n’avaient pas le droit de juger cette femme puisqu’ils étaient coupables de plus grands crimes que le sein. Ils apprirent à avoir compassion des autres.

A quoi doivent s’attendre ceux qui aiment et servent le Christ ? 2 Timothée 3 : 12.

Or, tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés.

Jésus a souvent averti ceux qui le suivaient que tout ne serait pas facile pour eux, que d’autres, même leurs bien-aimés, leur rendraient parfois la vie difficile.

Que doit faire le chrétien s’il est maltraité ? Matthieu 5 : 43-48.

Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains n’agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens n’agissent-ils pas de même ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

« Dans tous les siècles, Satan a persécuté les enfants de Dieu, les a torturés et mis à mort ; mais, en mourant, ils devinrent des vainqueurs. Par leur foi inébranlable, ils firent connaître celui qui est plus puissant que Satan. Celui-ci pouvait torturer et tuer les corps, mais il ne pouvait pas toucher à la vie qui est cachée avec le Christ en Dieu. Il pouvait faire jeter les disciples en prison, mais il ne pouvait pas lier leur esprit. » Heureux ceux qui, p. 40.

Comment traita-t-on Jésus devant le tribunal avant sa crucifixion ? Luc 22 : 63-65.

Les hommes qui tenaient Jésus se moquaient de lui, et le frappaient. Ils lui voilèrent le visage, et ils l’interrogeaient, en disant : Devine qui t’a frappé. Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres injures.

« Quelle scène effroyable ! Le Sauveur arrêté à minuit en Gethsémané, traîné du palais au tribunal, traduit deux fois devant les prêtres, deux fois devant le sanhédrin, deux fois devant Pilate, une fois devant Hérode, raillé, flagellé, condamné, conduit au lieu d’exécution, traînant sa lourde croix au milieu des lamentations des filles de Jérusalem et des railleries de la racaille.

« C’est avec douleur et avec étonnement que le ciel avait contemplé le Christ suspendu à la croix, le sang découlant de ses tempes meurtries, le front couvert d’une sueur mêlée de sang. » Jésus-Christ, p. 764.

Malgré toutes ses souffrances, que dit Jésus avant de mourir sur la croix ? Luc 23 : 34.

Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.

« Tout le ciel avait été rempli de stupeur en entendant la prière du Christ au milieu de ses terribles souffrances : “Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font.” Et il y avait là des hommes, formés à l’image de Dieu, unis pour anéantir la vie de son Fils unique. Quel spectacle pour l’univers céleste ! » Idem.

Qu’arriva-t-il à Etienne alors qu’il prêchait le Christ aux juifs ? Actes 7 : 54, 57-58.

En entendant ces paroles, ils étaient furieux dans leur cœur, ils grinçaient des dents contre lui. … Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme nommé Saul.

« Les prêtres et les magistrats furent hors d’eux-mêmes ; ils écumaient de rage. Agissant comme des bêtes de proie plutôt que comme des êtres humains, ils se ruèrent sur Etienne en grinçant des dents. Sur les faces cruelles qui l’environnaient, le prisonnier déchiffra son destin ; mais il ne faiblit pas un seul instant. La mort ne lui faisait pas peur. Les prêtres exaspérés et la foule excitée ne provoquaient en lui aucune crainte. » Conquérants Pacifiques, p. 88.

Que fit alors Etienne, qui avait le même esprit que son Sauveur ? Actes 7 : 60.

Puis, s’étant mis à genoux, il s’écria d’une voix forte : Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! Et, après ces paroles, il s’endormit.

« Le martyre d’Etienne fit une profonde impression sur tous ceux qui y assistèrent. Le souvenir du sceau de Dieu imprimé sur son visage, celui de ses paroles qui touchèrent jusqu’à l’âme des hommes qui les entendirent, se gravèrent dans leur mémoire et témoignèrent en faveur de la vérité qu’il avait proclamée. » Idem, pp. 88, 89.

Comment les premiers chrétiens pratiquaient-ils la règle d’or ? Actes 4 : 34, 35.

Car il n’y avait parmi eux aucun indigent : tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu’ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres ; et l’on faisait des distributions à chacun selon qu’il en avait besoin.

Un grand nombre d’entre eux souffrirent atrocement ; ils perdirent leurs maisons, leurs biens et l’estime de leurs bien-aimés, mais ils s’aidaient mutuellement, partageant ce qui leur restait.

Que promet le Christ à ceux qui pratiquent la règle d’or ? Luc 6 : 35, 36.

Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très-Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les méchants. Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux.

 

L’œuvre de la patience

Signes des temps, juillet 1881

   L’exercice de la patience est une des choses les plus difficiles de l’expérience chrétienne. C’est la soumission de notre volonté à la volonté de Dieu, quand toutes choses dans notre situation sont pénibles et irritantes. L’apôtre Paul dit que l’affliction produit la patience. Romains 5 : 3. L’apôtre Jacques commence son épître par ces paroles remarquables : « Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien. »

   Christ dit à ses disciples qu’ils auraient des afflictions. Jean 16 : 33. Nous comprenons par les paroles de Paul et de Jacques pourquoi l’affliction est nécessaire au chrétien. C’est l’affliction qui produit la patience, ou c’est l’épreuve de notre foi qui produit la patience. Mais l’affliction n’a pas toujours pour résultat la patience. Il arrive souvent que l’affliction produise l’impatience. On peut plutôt dire qu’en général l’affliction produit l’impatience, et cela, non seulement chez les impies, mais chez beaucoup de personnes qui portent le nom de chrétiens. Il n’est pas difficile d’en expliquer la cause. Quand la tribulation et l’affliction nous frappent, Satan vient aussi avec un terrible pouvoir pour nous tenter et nous harceler. S’il nous trouve veillant dans la prière, il est probable que nous remporterons la victoire sur lui ; et bien loin de donner lieu à un esprit d’impatience et de manifester cet esprit en paroles de murmures et d’aigreur et en actes de désobligeance envers les autres, nous posséderons nos âmes par la patience, et la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence gardera notre âme dans la tranquillité au milieu de la plus grande agitation. La mauvaise humeur ne nous dominera pas, des paroles amères ne s’échapperont pas de notre bouche, et nous ne rendrons pas les autres malheureux par quelque acte désobligeant.

   Cette lutte de notre âme avec la puissance de Satan est ce que la Bible appelle le combat chrétien. Le chrétien est soutenu dans cette lutte terrible par la grâce de Dieu ; et cette grâce de Dieu est reçue moment après moment en réponse à la prière fervente. Le chrétien ressemble alors à ce buisson que Moïse vit au milieu des flammes. Exode 3 : 2, 3. Il est au milieu de flammes ardentes sans être consumé. Celui qui est maître de son esprit, dit Salomon, en parlant de cette espèce de lutte, vaut mieux que celui qui prend des villes. Proverbes 16 : 32. La lutte est en réalité entre la puissance de la grâce de Dieu et la force des tentations de Satan. Le chrétien n’est pas seulement simple spectateur du conflit entre ces puissantes forces. Le pouvoir de résister à Satan vient de Dieu, mais l’exercice de ce pouvoir est l’acte du chrétien.

   Veiller et prier sont les moyens par lesquels le chrétien exerce la grâce de Dieu, ou par lesquels il s’exerce lui-même à la sainteté. Mais quand l’affliction nous arrive accompagnée de violentes tentations de Satan, et que nous ne sommes pas trouvés veillant dans la prière, il s’en suit de terribles conséquences. Le cœur s’élève en rébellion contre Dieu et en amertume contre nos semblables. Ensuite des paroles blessantes s’échappent de nos lèvres, et ceux avec lesquels nous vivons ne sont pas seulement rendus malheureux, mais se laissent peut-être entraîner avec nous dans cet esprit d’amertume. Alors des paroles blessantes sont échangées entre les parties, la mauvaise humeur domine de plus en plus, l’Esprit de Dieu est repoussé, la cause de Dieu est déshonorée et Satan triomphe.

   Cette expérience est souvent faite par des personnes qui se supposent elles-mêmes être de bonnes chrétiennes. Au lieu de remporter des victoires sur Satan, il remporte des victoires sur elles. Au lieu de dompter leur propre esprit, et de gérer leur propre humeur, elles donnent lieu à la colère et à l’impatience, comme s’il n’y avait point de mal à faire cela. Elles se croient même sur le chemin du ciel, et pensent que parce qu’elles ont professé la religion de Christ pendant plusieurs années, elles sont des chrétiennes de longue expérience ; quoique, peut-être, durant toute leur vie, la grâce de Dieu n’ait jamais remporté la victoire dans aucun de ces conflits avec Satan.

   Quand ces personnes ont été tentées par l’impatience, elles ont toujours cédé à cette tentation, et quoique l’Esprit de Dieu en ait été contristé, et la cause de Dieu déshonorée, peut-être que jamais dans leur vie elles n’ont confessé une seule de ces manifestations de mauvaise humeur. Cette sorte d’expérience chrétienne ne se terminera pas en vie éternelle. Il n’y a pas de promesse de la Parole de Dieu pour ceux qui ne vainquent pas. La grâce de Dieu est suffisante pour rendre chacun capable de faire cela et ceux qui tombent dans la lutte, passeront à côté la vie éternelle.

   Paul dit que la patience produit la victoire dans l’épreuve. Romains 5 : 4. Jacques dit que l’œuvre de la patience doit être parfaite afin que vous soyez parfaits et accomplis, en sorte qu’il ne vous manque rien. L’expérience chrétienne procède donc de l’exercice de la patience, et il ne peut y avoir d’expérience chrétienne où la patience ne règne pas dans le cœur et la vie. Nous exerçons la patience quand nous sommes dans l’affliction. Nous le faisons en demandant la grâce de Dieu, pour nous soutenir dans l’angoisse que nous souffrons, et aussi longtemps que nous allons à Dieu pour être aidés, il nous communiquera les richesses de sa grâce, et nous serons de plus en plus transformés à la ressemblance de Christ. Nous avancerons dans l’expérience chrétienne jour après jour. La grâce de Dieu règnera dans votre vie, l’amour de Dieu qui accomplit sa loi sera mené à la perfection dans notre cœur et se manifestera dans toute notre conduite. Nous dépouillerons le vieil homme, et nous vêtirons le nouvel homme, et notre expérience chrétienne qui commença comme la faible lumière du matin avancera en force et en puissance jusqu’à ce qu’elle soit semblable à la lumière du soleil à midi, et ce résultat sera tel, même chez le plus humble chrétien, chez lequel la patience aura accompli son œuvre parfaite.

 

Daniel en captivité

Uriah Smith

Chapitre 1.

            Verset 1. La troisième année du règne de Jojakim, roi de Juda, Nebucadnetsar, roi de Babylone, marcha contre Jérusalem, et l’assiégea. 2. Le Seigneur livra entre ses mains Jojakim, roi de Juda, et une partie des ustensiles de la maison de Dieu. Nebucadnetsar emporta les ustensiles au pays de Schinear, dans la maison de son dieu, il les mit dans la maison du trésor de son dieu.

            Avec une franchise caractéristique des écrivains sacrés, Daniel entre directement dans son sujet. Il commence dans un style historique simple (à l’exception d’une partie du chapitre 2), son livre étant de nature historique jusqu’au septième chapitre, où la partie prophétique commence, à plus juste titre ainsi nommée. Comme toute personne consciente d’exprimer une vérité bien connue, il commence sans tarder à présenter une variété de détails par lesquels son exactitude peut immédiatement être évaluée. Ainsi, dans les deux versets cités, il affirme cinq détails attestant de faits historiques que, vraisemblablement, aucun écrivain n’utiliserait pour introduire un récit fictif : (1) Que Jojakim était roi de Juda ; (2) Que Nébucadnetsar était roi de Babylone ; (3) Que ce dernier marcha contre le précédent ; (4) Que cela eut lieu la troisième année du règne de Jojakim ; (5) Que Jojakim fut livré entre les mains de Nébucadnetsar, qui prit une partie des ustensiles sacrés de la maison de Dieu, et les ayant emportés en terre de Schinear, au pays de Babylone (Gen. 10 : 10), il les plaça dans la maison du trésor de son dieu païen. Les parties subséquentes du narratif abondent tout autant en faits historiques de même nature.

            La chute de Jérusalem rapportée ici fut prédite par Jérémie, et s’est immédiatement accomplie, en 606 av. J-C. (Jér. 25 : 8-11). Jérémie situe cette captivité lors de la quatrième année de Jojakim, Daniel durant la troisième. Cette contradiction apparente s’explique du fait que Nébucadnetsar prépara son expédition vers la fin de la troisième année de Jojakim, année à partir de laquelle Daniel se base. Mais il n’acheva pas la soumission de Jérusalem avant le 9ème mois de l’année suivante, année prise en compte par Jérémie. Jojakim, bien que lié pour être emmené à Babylone, s’humilia et fut autorisé à rester à Jérusalem en tant que souverain, tributaire du roi de Babylone.

            Ce fut la première prise de Jérusalem par Nébucadnetsar. Deux fois de suite, s’étant révoltée, la ville fut prise par le même roi et traitée toujours plus sévèrement. La première de ces deux prises successives eut lieu sous  Jojakin, fils de Jojakim, en 599 av. J-C, lorsque tous les ustensiles sacrés furent soit pris, soit détruits, et que le meilleur des habitants fut emmené avec le roi en captivité. La deuxième prise eut lieu sous Sédécias, alors que la cité endura le siège le plus terrible, après celui de Titus en 70 ap. J-C. Pendant les deux années de ce siège, les habitants de la ville endurèrent toutes les horreurs d’une famine extrême. A la fin, la garnison et le roi tentèrent de s’échapper de la ville, mais ils furent capturés par les Chaldéens. Les fils du roi furent massacrés devant lui, on lui creva les yeux et il fut emmené à Babylone. Ainsi s’accomplit la prédiction d’Ezéchiel (Ez. 12 : 13) qui déclara qu’il devait être transporté à Babylone et y mourir, sans toutefois l’avoir vu. La ville et le temple furent en ce temps-là entièrement détruits, et toute la population de la ville et de la campagne, exceptés quelques cultivateurs, fut emmenée captive à Babylone, en 588 av. J-C.

            Tel fut le témoignage de Dieu contre le péché. Non pas que les Chaldéens aient été les favoris du Ciel, mais parce que Dieu les utilisa pour punir les iniquités de son peuple. Si les Israélites avaient été fidèles à Dieu, et s’ils avaient gardé son Sabbat, Jérusalem aurait subsisté pour toujours (Jérémie 17 : 24-27). Mais ils s’éloignèrent de lui, et il les abandonna. Ils profanèrent premièrement les ustensiles sacrés en introduisant des idoles parmi eux ; puis Dieu les profana de ses jugements, en permettant qu’ils soient emportés comme trophées à l’étranger, dans des temples païens.

             Pendant ces jours de trouble et de détresse, Daniel et ses compagnons étaient nourris et instruits dans le palais du roi de Babylone ; et, quoique captifs dans un pays inconnu, ils étaient certainement dans une situation bien plus favorable que s’ils avaient pu être dans leur pays natal.

            Verset 3. Le roi donna l’ordre à Aschpenaz, chef de ses eunuques, d’amener quelques-uns des enfants d’Israël de race royale ou de famille noble, 4. de jeunes garçons sans défaut corporel, beaux de figure, doués de sagesse, d’intelligence et d’instruction, capables de servir dans le palais du roi, et à qui l’on enseignerait les lettres et la langue des Chaldéens. 5. Le roi leur assigna pour chaque jour une portion des mets de sa table et du vin dont il buvait,  voulant les élever pendant trois années, au bout desquelles ils seraient au service du roi.

            Ces versets relatent l’accomplissement probable des jugements à venir, annoncés au roi Ezéchias par le prophète Esaïe plus de cent ans auparavant. Quand ce roi montra vaniteusement aux messagers du roi de Babylone tous les trésors et les choses saintes de son palais et du royaume, il lui fut déclaré que toutes ces bonnes choses seraient emportées comme trophées à la ville de Babylone, que rien n’en resterait. Ses propres enfants mêmes, ses descendants, seraient emmenés, et y serviraient comme eunuques dans le palais du roi (2 Rois 20 : 14-18). Il est probable que Daniel et ses compagnons furent traités comme indiqué dans la prophétie ; tout du moins, nous n’entendons rien au sujet de leur postérité, ce qui peut être plus facilement expliqué par cette hypothèse que par aucune autre ; bien que certains pensent que le terme eunuque, en était arrivé à signifier une position plutôt qu’une condition.

            Le mot enfants, tel qu’il est appliqué à ces captifs, ne doit pas être restreint au sens auquel on le limite à notre époque. Il incluait également les jeunes gens. Et nous apprenons par ces annales que ces enfants étaient déjà doués de sagesse, d’intelligence et d’instruction [dans les sciences][1], capables de servir dans le palais du roi. En d’autres termes, ils avaient déjà acquis un bon niveau d’éducation, et leurs forces physiques et intellectuelles étaient si développées qu’un homme qualifié pour évaluer la nature humaine pouvait se faire une idée précise de leurs capacités. On suppose qu’ils étaient âgés d’environ 18 ou 20 ans.

            Nous voyons dans le traitement reçu par ces captifs hébreux un exemple des principes emprunts de sagesse et de la libéralité du roi montant, Nébucadnetsar.

            1. Au lieu de choisir, comme bien trop de rois l’ont fait plus tard, des moyens de gratifier leurs bas et vils désirs, il choisit des jeunes hommes devant être éduqués dans tous les sujets se rapportant au royaume, afin d’obtenir une aide efficace dans l’administration de ses affaires.

            2. Il leur assigna quotidiennement une partie de sa propre nourriture et de son vin. Au lieu d’un traitement rude que certains auraient estimé suffisamment bon pour des captifs, il leur offrit ses propres viandes royales.

            Pour une durée de trois ans, ils bénéficièrent de tous les avantages du royaume. Bien que captifs, ils étaient des enfants royaux, et ils étaient traités comme tels par le roi compatissant des Chaldéens.

            On pourrait poser la question, de savoir pourquoi ces personnes furent sélectionnées pour participer, après une préparation adéquate, aux affaires de royaume. N’y avait-il pas suffisamment de Babyloniens captifs pour occuper ces places de confiance et d’honneur ? La seule raison possible est que, sur le plan des qualifications à la fois mentales et physiques requises pour une telle position, les jeunes Chaldéens ne pouvaient pas rivaliser avec ceux d’Israël.

            Verset 6. Il y avait parmi eux, d’entre les enfants de Juda, Daniel, Hanania, Mischaël et Azaria. 7. Le chef des eunuques leur donna des noms, à Daniel celui de Beltschatsar, à Hanania celui de Schadrac, à Mischaël celui de Méschac, et à Azaria celui d’Abed-Nego.

            Ce changement de noms a certainement eut lieu à cause de la signification des noms. Ainsi en Hébreux, Daniel voulait dire Dieu est mon juge ; Hanania, Don du Seigneur ; Mischaël, celui qui est un Dieu fort ; et Azaria, aide du Seigneur. Ces noms faisant chacun référence au vrai Dieu, et ayant un rapport avec son adoration, furent échangés par des noms ayant chacun un lien avec les divinités païennes et le culte des Chaldéens. Ainsi, Beltschatsar, le nom donné à Daniel, signifiait gardien des trésors cachés de Bel ; Schadrac, inspiration du soleil (adoré par les Chaldéens) ; Méschac, de la déesse Ishtar (sous le nom de laquelle Vénus était adorée) ; et Abed-Négo, serviteur du feu brillant (qu’ils adoraient également).

            Verset 8. Daniel résolut de ne pas se souiller par les mets du roi et par le vin dont le roi buvait, et il pria le chef des eunuques de ne pas l’obliger à se souiller. 9. Dieu fit trouver à Daniel faveur et grâce devant le chef des eunuques. 10. Le chef des eunuques dit à Daniel : Je crains mon Seigneur le roi, qui a fixé ce que vous devez manger et boire ; car pourquoi verrait-il votre visage plus abattu que celui des jeunes gens de votre âge ? Vous exposeriez ma tête auprès du roi. 11. Alors Daniel dit à l’intendant à qui le chef des eunuques avait remis la surveillance de Daniel, de Hanania, de Mischaël et d’Azaria : 12. Eprouve tes serviteurs pendant dix jours, et qu’on nous donne des légumes à manger et de l’eau à boire ; 13. tu regarderas ensuite notre visage et celui des jeunes gens qui mangent les mets du roi, et tu agiras avec tes serviteurs d’après ce que tu auras vu. 14. Il leur accorda ce qu’ils demandaient, et les éprouva pendant dix jours. 15. Au bout de dix jours, ils avaient meilleur visage et plus d’embonpoint que tous les jeunes gens qui mangeaient les mets du roi. 16. L’intendant emportait les mets et le vin qui leur étaient destinés, et il leur donnait des légumes.

            Dans ce récit, Nébucadnetsar apparaît merveilleusement dégagé de tout fanatisme. Il semble qu’il ne prit aucune mesure pour contraindre ses captifs royaux à changer leur religion. Pourvu qu’ils eussent une religion, il semblait satisfait, que ce soit celle qu’il professait ou non. Et bien que leurs noms aient été remplacés pour avoir une signification en relation avec le culte païen, c’était certainement plus pour éviter l’usage de noms juifs par les Chaldéens que pour indiquer un changement de sentiment ou de pratique de la part de ceux à qui ces noms furent donnés.

            Daniel résolut de ne se souiller ni par les mets du roi, ni par son vin. Daniel avait d’autres raisons pour faire cette démarche que le simple effet de ce régime sur son organisme physique, bien qu’il allait grandement bénéficier sur ce plan là de l’alimentation qu’il se proposait d’adopter. Mais il était fréquent que la nourriture des rois et des princes des nations païennes, souvent grands prêtres de leur religion, fût d’abord offerte en sacrifice aux idoles, et que le vin qu’ils utilisaient fût versé devant elles en libation. De plus, certaines des viandes qu’ils consommaient étaient déclarées impures par la loi Juive. Sur aucun de ces plans-là, Daniel ne pouvait consommer de ces aliments en accord avec sa religion. Il demanda donc, non par tempérament morose ou capricieux, mais par scrupule de conscience, de ne pas être obligé de se souiller ; respectueusement, il soumit sa demande à l’officier correspondant.

            Le prince des eunuques craignit d’accorder à Daniel sa requête, le roi lui-même ayant désigné sa nourriture et celle de ses compagnons. Cela montre l’intérêt personnel profond que le roi prit pour ces personnes. Il ne les remit pas entre les mains de ses serviteurs en leur disant d’en prendre le plus soin possible, sans entrer dans les détails, mais il désigna lui-même leur nourriture et leur boisson d’une qualité que l’on supposait honnêtement être la meilleure pour eux ; au point que le prince des eunuques pensait que de s’en écarter les ferait maigrir, que leur teint serait moins rosé que celui des autres, et qu’il exposerait sa tête pour ne pas avoir pris soin d’eux le jour où on lui demanderait de rendre des comptes. On comprenait bien aussi que s’ils maintenaient de bonnes conditions physiques, le roi ne se soucierait pas des moyens utilisés, quand bien même ils seraient contraires à ses propres ordres formels. Il semble que le roi désirait sincèrement et à tout prix leur assurer le meilleur développement mental et physique possible. Quel contraste avec le fanatisme et la tyrannie qui ont habituellement un contrôle suprême sur les cœurs de ceux qui sont investis d’un pouvoir absolu. Nous pouvons trouver beaucoup de choses dignes de notre plus grande admiration dans le caractère de Nébucadnetsar.

            Daniel demanda des légumes et de l’eau pour lui-même et ses trois compagnons. Ces ‘légumes’ étaient une nourriture végétale de la famille des légumineuses, telles que les pois, les haricots, etc. D’après Bagster « zeroim se réfère à toutes les plantes légumineuses qui ne sont pas moissonnées, mais tirées ou arrachées et qui, bien que nourrissantes, n’étaient pas naturellement prévues pour rendre Daniel et ses compagnons plus gras, en chair, que les autres. »

            L’essai de dix jours de ce régime ayant donné des résultats favorables, ils eurent la permission de le poursuivre durant toute la période de leur instruction aux devoirs du palais. Leur meilleur embonpoint et l’amélioration dans l’aspect de leur visage ayant eu lieu pendant ces dix jours peuvent difficilement être attribués aux conséquences naturelles du régime, car il aurait difficilement pu produire des résultats si évidents en aussi peu de temps. Il est plus naturel de conclure que c’est là le résultat d’une intervention spéciale du Seigneur, comme signe de son approbation de la voie qu’ils avaient choisie qui, bien sûr, s’ils y persévéraient, allait avec le temps produire les mêmes résultats par l’action naturelle des lois de leurs corps.

            Verset 17. Dieu accorda à ces quatre jeunes gens de la science, de l’intelligence dans toutes les lettres, et de la sagesse ; et Daniel expliquait toutes les visions et tous les songes. 18. Au terme fixé par le roi pour qu’on les lui amenât, le chef des eunuques les présenta à Nébucadnetsar. 19. Le roi s’entretint avec eux ; et, parmi tous ces jeunes gens, il ne s’en trouva aucun comme Daniel, Hanania, Mischaël et Azaria. Ils furent donc admis au service du roi. 20. Sur tous les objets qui réclamaient de la sagesse et de l’intelligence, et sur lesquels le roi les interrogeait, il les trouvait dix fois supérieurs à tous les magiciens et astrologues qui étaient dans tout son royaume. 21. Ainsi fut Daniel jusqu’à la première année du roi Cyrus.

            Seul Daniel semble avoir été investi d’une compréhension des visions et des rêves. Mais l’attitude de Dieu à ce sujet quant à Daniel ne prouve en aucun cas que les autres sont moins bien acceptés à ses yeux. La protection au milieu de la fournaise ardente prouva bien la faveur divine dont ils jouissaient. Daniel avait probablement certaines qualités naturelles qui le qualifiaient particulièrement pour cette œuvre.

            Le roi continua de maintenir le même intérêt personnel pour ces jeunes qu’il avait manifesté jusque là. A la fin des trois années, il les appela pour avoir un entretien personnel avec eux. Il voulait savoir par lui-même comment ils avaient évolué, et quel niveau de compétence ils avaient atteint. Cet entretien montre également que le roi était un homme très versé dans les arts et les sciences des Chaldéens, sans quoi il n’aurait pas été qualifié pour en examiner d’autres dans ces matières. Ainsi, comme il reconnaissait les mérites où qu’ils se trouvaient, sans distinction de religion ou de nationalité, il les reconnut dix fois supérieurs à tous ceux de son propre pays.

            Et il est ajouté que Daniel continua ainsi jusqu’à la première année du Roi Cyrus. Nous avons là un exemple de l’emploi quelque peu singulier du terme jusqu’à, qui apparaît occasionnellement dans les écrits sacrés. Cela ne signifie pas qu’il ne continua pas plus longtemps que la première année du Roi Cyrus, puisqu’il vécut plusieurs années après le commencement de son règne ; mais c’est là l’époque vers laquelle l’écrivain souhaitait attirer une attention particulière, étant donné qu’elle apporta la délivrance aux Juifs. Un emploi similaire de ce mot se trouve dans Ps. 112 : 8 et Matt. 5 : 18.

Uriah Smith, Daniel and the Revelation, p. 23-31.

Traduit à partir de la version originale de 1907.

 

Les Remèdes naturels

   Tout autour de nous, nous entendons de plus en plus parler de maladies, de problèmes de santé, que ce soit dans notre famille, chez nos amis, nos voisins, nos frères et sœurs dans la foi. Nous nous sentons parfois bien impuissants face à un tel flot de souffrances et de douleurs.

   Ellen White, dans son livre « Le Ministère de la Guérison », nous dit :

   « La maladie est l’effort de l’organisme pour rétablir un équilibre rompu par la violation des principes qui régissent notre être physique. Il faut donc premièrement en rechercher la cause, écarter les mauvaises habitudes et supprimer les conditions insalubres. Puis, on aidera la nature à éliminer les impuretés et à rétablir l’état normal de l’organisme. » p. 102

   Dieu, dans Sa grande bonté nous donne des moyens pour soulager et aider ceux qui nous entourent. De plus, ces moyens peuvent nous permettre de rester en meilleure santé. Il nous est conseillé :

   « C’est le devoir de chacun envers soi-même et l’humanité de s’enquérir des lois de la vie et de s’y conformer consciencieusement. Il faut se familiariser avec le corps humain, le plus merveilleux de tous les organismes, comprendre ses différentes fonctions et leurs relations en vue de l’action admirable de l’ensemble. On devrait étudier l’influence de l’esprit sur le corps et du corps sur l’esprit, ainsi que les lois qui régissent l’un et l’autre. » Idem p. 103 

   Quels sont donc ces remèdes naturels ?

   « L’air pur, le soleil, l’abstinence, l’eau, le repos, l’exercice, une alimentation judicieuse, la confiance en Dieu, voilà les vrais remèdes. Chacun devrait connaître les traitements naturels et la manière de les appliquer. » Idem, p. 102

   Nous vous invitons donc, durant les prochains numéros de ce magazine, à étudier avec nous chacun de ces remèdes, et à découvrir quelques-unes des lois de la vie.


L’air pur

   « L’Eternel Dieu forma  l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. » Genèse 2:7

   Que devient l’homme sans souffle ? Il est de la poussière. Avec chaque souffle, Dieu a prévu pour notre corps qu’il reçoive de l’oxygène nous donnant la vie et débarrasse nos cellules du dioxyde de carbone. Chaque respiration est donnée et maintenue par Dieu.

   « Pour avoir un sang pur, il faut respirer convenablement. Des inspirations profondes au grand air apportent aux poumons l’oxygène qui purifie le liquide nourricier. Celui-ci prend dès lors une teinte rouge vif, et va porter la vie dans toutes les parties du corps. Une bonne respiration calme les nerfs, stimule l’appétit, facilite la digestion et assure un sommeil paisible et réparateur. » Idem p. 229-230.

   Lorsque l’on parle des besoins immédiats, l’air arrive en tête de liste. La vie dépend de l’air plus encore que de la nourriture. Les victimes des camps de concentration ont du survivre pendant plusieurs semaines sans nourriture ; il est possible de vivre plusieurs jours sans eau, mais quatre à six minutes sans air peuvent provoquer des dommages irréversibles au cerveau, et très rapidement causer la mort. Nous n’y pensons pas beaucoup, mais respirer est un travail à plein temps. En un seul jour, avec 16 respirations par minutes, près de 20 000 litres d’air sont échangés dans nos poumons.

   L’air pur, l’eau et le soleil sont des purificateurs universels. Tous les mammifères et les créatures terrestres vivants exhalent un air vicié. Les matières en décomposition produisent également un air vicié et une odeur nauséabonde. La Providence a fait en sorte que la végétation accomplisse sont œuvre : les feuilles “inhalent” le dioxyde de carbone de l’air vicié. Avec l’aide de la lumière du soleil, au moyen de la photosynthèse, les feuilles produisent l’oxygène qui est “exhalée” dans l’atmosphère. Il est encore plus impressionnant de réaliser que l’on estime à 90% le taux d’oxygène dans notre atmosphère généré par les algues des l’océans.

   Les poumons, avec leurs 600 millions de sacs (alvéoles), continuent efficacement leur travail d’échange entre l’oxygène et le dioxyde de carbone. Tout ce qui affaiblit cet échange empêche chaque cellule et système corporel de recevoir la quantité nécessaire d’oxygène vivifiant. A son tour, le dioxyde de carbone est dans l’impossibilité de quitter les tissus. Cela a pour effet un empoisonnement du corps. Le proverbe « une santé parfaite dépend d’une parfaite circulation » prend tout son sens lorsqu’il se réfère au travail des poumons.

La composition de l’air

   L’air est l’élément qui nous est le plus important. Il est composé de 21% d’oxygène, de 78% de nitrogène, 1% de dioxyde de carbone, de l’argon, de l’hélium, et d’autres gaz. L’atmosphère est d’une épaisseur de 8 kilomètres.

La qualité de l’air

   Bien que n’étant pas visibles, les ions (molécules d’air chargées électriquement), ont un effet profond sur notre bien-être physique et mental. L’air est négativement chargé en molécules d’oxygène et positivement chargé en molécules de dioxyde de carbone. Un bon équilibre est nécessaire pour un air sain.

   La plupart des gens ont remarqué que l’air semble frais et revigorant près de l’océan, ou près de chutes d’eau, de ruisseaux et après un orage. Ce sentiment de fraicheur n’est pas une création de leur imagination – l’air est plus pur !

   L’air que l’on respire à l’extérieur contient dix fois plus d’ions négatifs (les bons !) par respiration comparé à l’air que l’on respire à l’intérieur (3 million  contre 300 000 par respiration)

   En règle générale, négatif est assimilé avec mauvais et positif avec bon, mais ce n’est pas le cas lorsqu’on se réfère aux molécules de l’air. C’est grâce à la capacité de la nature de produire des ions négatifs que l’air de l’océan est si bon. Les ions négatifs ont cette grande capacité de « balayer » l’air polluant. La charge électrique de cet ion a pour effet l’agglutination des particules polluantes, les faisant tomber de l’air. Ils chassent également de l’air les bactéries, les fongus et les virus.

Ions Négatifs

Ions Positifs

Que sont-ils ?

Molécules chargées négativement

Molécules chargées positivement

Où les trouvent-on ?

L’air de la campagne

L’air vicié intérieur

Par quoi sont-ils produits ?

Le soleil, l’eau courante, la croûte terrestre, les arbres, les plantes, les orages

La pollution citadine, les particules radioactives, les germes, l’air conditionné, les tissus synthétiques, les matériaux de construction, les tempêtes de déserts

Quels effets ont-ils ?

- Augmentent l’absorption d’oxygène

- Diminuent les médicaments pour la douleur

- Améliorent l’humeur

- Améliorent l’asthme et les problèmes respiratoires

- Effet calmant et tranquillisant

- Augmentent la vigilance

- Améliorent le sommeil

- Augmentent la capacité au travail physique

- Augmentent l’action des ciliés

- Rendent inactifs les virus et les bactéries

- Diminuent la tension artérielle

- Améliorent le système immunitaire

- Augmentent l’irritabilité

- Augmentent l’asthme et les problèmes respiratoires

- Augmentent la tension et l’anxiété

- Augmentent la léthargie

- Augmentent l’insomnie

- Augmentent l’épuisement

- Diminuent l’action des ciliés

- Diminuent la capacité à lutter contre l’infection

- Baisse de la concentration

- Nausées, vertiges, migraines

- Tension

- Hyperthyroïdie


Le système respiratoire

- Le nez : le nez est tapissé de poils, et de muqueuses qui permettent de bloquer les bactéries  et les particules étrangères qui pourraient entrer dans les poumons. C’est ici le commencement du système de nettoyage que Dieu a créé pour nous protéger des maladies.  Alors que nous continuons notre visite de ce système  nous voyons un anneau de tissus lymphatique dans la partie arrière du nez et de la gorge qui bloque et tue les bactéries. L’air qui est entré dans le nez est également réchauffé et humidifié durant son trajet vers les poumons.

- La trachée : elle aussi est tapissée de muqueuses ainsi que de ciliés (ce sont des poils comme du velours). Ils sont constamment en mouvement, balayant vers le haut à une allure de 2 fois par seconde, emmenant les bactéries et les matières étrangères dans la gorge où elles sont avalées et stérilisées par l’acide hydrochlorique de l’estomac.

- L’épiglotte est une sorte de petite porte qui couvre l’entrée de la trachée. Elle s’ouvre lorsque nous respirons et se ferme lorsque nous avalons.

- Les bronches : Il s’agit des conduits qui naissent de la division de la trachée, et guident l’air dans les poumons.

- Les poumons : En apparence, les poumons sont très similaires à une paire d’éponges d’une trentaine de centimètres de long, qui font 10 centimètres de large et 10 centimètres d’épaisseur. Ils sont entrelacés de millions de poches d’air. Cette structure intérieure consiste en 1260 kilomètres de vaisseaux sanguins qui sont entrelacés de façon complexe, et en 600 millions de sacs d’air (les alvéoles) qui sont gonflés comme des ballons microscopiques. Le poumon gauche est un peu plus petit que le droit à cause du cœur qui prend un peu de sa place. Le poumon gauche possède seulement deux lobes tandis que le droit en compte trois.  Ils sont protégés par les côtes. La plèvre se situe tout contre la cage formée par les côtes, empêchant la friction entre ces dernières et la surface des poumons, ayant ainsi une fonction de lubrifiant.

- Les alvéoles : Ces tubes d’air spongieux ressemblent à un arbre que l’on aurait mis la tête en bas. Elles sont groupées en grappes, qui s’élargissent comme un ballon à chaque inhalation. Les poumons possèdent un total de 600 millions de ces alvéoles. Si vous les étaliez sur un terrain plat, elles couvriraient une surface de 400 m². Au travers du mur mince qui héberge de minuscules vaisseaux sanguins, les globules rouges, en file, prennent les molécules d’oxygène et les font circuler dans tout le corps, et ramènent le dioxyde de carbone par un procédé qui est appelé la diffusion. C’est ici que l’on se charge de toute particule étrangère qui aurait pu passer les autres lignes de défense. Plus grands que les globules blancs utilisés dans tout autre partie du corps, les macrophages, dans les murs des alvéoles engloutissent et mangent littéralement les matériaux étrangers.


Oxygène et problèmes de santé

Considérons la comparaison suivante entre l’air que l’on inspire et celui que l’on expire.

 

Inspiré

Expiré

Oxygène

20,96 %

16,02 %

Dioxyde de carbone

0,04 %

4, 28 %

Nitrogène

79 %

79 %

 

   Lorsque nous ne recevons pas assez d’oxygène toutes sortes de maladies peuvent en résulter : problèmes mentaux, difficultés cardiaques telles que l’hypertension, un haut taux de cholestérol, des difficultés de vision, des douleurs articulaires, et un risque plus élevé de cancer.

   Au début du XXème siècle, le docteur Otto Heinrich Warburg fit l’expérience suivante. Il plaça une cellule normale dans un environnement riche en oxygène. Le résultat en fut la production de cellules normales. Mais lorsqu’il introduisit une cellule normale dans un environnement anaérobique – sans air, vide – le résultat en fut la production de cellules cancéreuses.

   Dans son ouvrage « The Metabolism of Tumours » (Le métabolisme des tumeurs), il a démontré que toutes les formes de cancer sont caractérisés par deux conditions de base : l’acidose et l’hypoxie (manque d’oxygène). Le manque d’oxygène et l’acidose sont les deux faces d’une même pièce: là où vous en avez un, l’autre est présent.

   « Toutes les cellules normales ont un besoin absolu d’oxygène, mais les cellules cancéreuses peuvent vivre sans oxygène – ceci est une règle sans exception. »

   « Si vous privez une cellule de 35 % de son oxygène pendant 48 heures, elle peut devenir cancéreuse. »

   Dr Warburg a clairement démontré que la cause première du cancer est le déficit d’oxygène (provoquée par la toxémie). Dr Warburg a découvert que les cellules cancéreuses sont anaérobies (ils ne respirent pas l’oxygène) et ne peuvent pas survivre en présence de niveaux élevés d’oxygène.[2]

   Depuis 30 ans on peut lire dans le « journal des recherches sur le cancer » que les animaux porteurs d’une tumeur cancéreuse, placés dans un environnement riche en ions négatifs, voyaient leur tumeur se réduire jusqu’à 50%, comparé à des animaux qui se trouvaient enfermés dans des pièces, ne respirant donc que l’air rempli d’ions positifs.

L’air et votre santé

   Si tout cela vous inspire à respirer plus profondément l’air extérieur rempli d’ions négatifs, suivez les quelques instructions suivantes :

1) Ne portez pas de vêtements moulants ou serrés

2) Ayez une posture adéquate

3) Passez du temps à l’extérieur

4) Vivez à la campagne

5) Ouvrez les fenêtres régulièrement en été comme en hiver

6) Respirez profondément

7) Ne fumez pas

8) Respirez profondément avec le diaphragme

9) Faîtes de l’exercice vigoureux à l’extérieur

10) Baissez l’air conditionné et les radiateurs

11) Ayez les plantes d’intérieur (chlorophytum par exemple)

12) Utilisez des produits naturels


Une respiration adéquate

   Tout commence avec une respiration adéquate. A notre naissance, nous savons instinctivement comment bien respirer. Mais en vieillissant, et en faisant face aux défis de la vie, nous adoptons de mauvaises habitudes et notre respiration perd de son efficacité. Nous nous voûtons, nous tenons avachis et respirons de manière superficielle. Les adultes ont généralement une mauvaise posture ! La bonne nouvelle est que tout cela est réversible ! Mais il faut du temps pour que de bonnes habitudes respiratoires soient reconquises.

   Les problèmes de posture : la tête penchée en avant, un dos et des épaules arrondis, et un abdomen proéminant font des ravages dans la respiration. Toutes ces positions empêchent la cage thoracique de s’élever et de se reposer normalement, et ne permettent pas au diaphragme de travailler à sa pleine capacité.

   Un exercice quotidien du diaphragme permettra non seulement de fortifier le muscle, mais également de retrouver une respiration au niveau de l’abdomen et non de la poitrine. Voici une manière simple de commencer :

Exercice de respiration de l’abdomen et du diaphragme

1 – Avec les bras étirés au-dessus de la tête, prenez une profonde respiration par le nez. (Si vous respirez correctement, le bas-ventre et le thorax se dilatent). A l’inhalation maximale, essayez de prendre encore une respiration.

2 – En vous penchant en avant, exhalez lentement par la bouche. A l’exhalation maximale, essayez de faire encore sortir de l’air de vos poumons.

3 – Répétez cet exercice 5 à 10 fois chaque matin.

Air et santé spirituelle

   « L’air est une bénédiction gratuite venant du ciel, destiné à vivifier l’organisme tout entier. Sans cela, l’organisme serait chargé de maladie et deviendrait languissant, faible et assoupi.

   « L’air pur et frais favorise la circulation du sang à travers tout l’organisme. Il régénère le corps, l’assainit et le fortifie, et, en même temps, exerce une influence très nette sur l’esprit, lui transmettant une grande mesure de sang-froid et de sérénité… » 1 Testimonies, p. 701

   « L’air, oui, l’air – ce précieux don du ciel qui est à la disposition de tous, vous fera du bien grâce à son pouvoir vivifiant si vous ne lui refusez pas d’entrer. Accueillez-le, appréciez-le toujours plus, et il se révélera un précieux calmant pour vos nerfs. » Idem, p. 702

   Nous avons été créés dans un jardin et c’est du souffle de Dieu que nous avons reçu la vie. Les enfants d’Israël vivaient à l’extérieur dans des tentes et Jésus donna la plupart de ses enseignements en plein air.

   Afin d’être physiquement en bonne santé il nous faut respirer du bon air, pur et sain. Comme des parents qui attendent avec impatience le premier souffle de leur enfant nouveau né, de même, Dieu attend chacune des prières que nous lui envoyons.

   « La prière est la respiration de l’âme. » Le ministère évangélique, p. 248

   Quelle illustration appropriée de la nécessité constante de la prière. Chaque respiration devrait être un rappel de notre besoin de Dieu. Tout comme la respiration est vitale pour notre vie physique, la prière est vitale pour notre vie spirituelle. Pour être en vie spirituellement, il nous faut « prier sans cesse ». 1 Thessaloniciens 5 : 17. En effet, la prière permet de remplir notre vie du Souffle de Dieu et de Sa puissance.

 

 

Histoire pour les enfants

Pépita, la petite bohémienne

   On était encore au début du printemps, mais les tendres bourgeons s’ouvraient et les fleurs précoces créaient dans l’âme du peintre Stenburg le désir de quitter Düsseldorf et, avec son album d’esquisses, d’errer dans les campagnes environnantes.

   Un jour, à l’orée d’une forêt, il se trouva en face d’une jeune bohémienne qui tressait des corbeilles. Autour de son beau visage, des boucles noires ondulaient et retombaient jusqu’à sa taille. Sa pauvre robe rouge, usée et fanée par le soleil, ajoutait au pittoresque de sa personne.

   « Quel tableau elle ferait ! murmura le peintre. Mais qui achèterait le portrait d’une bohémienne ? Personne ! »

   A Düsseldorf, la tribu des tziganes était haïe, et il était même dangereux d’avoir à faire à ces gens qui passaient pour être des sorciers.

   La jeune fille avait vu l’artiste et aussitôt, délaissant sa paille, elle bondit sur ses pieds, leva les mains au-dessus de sa tête et claquant des doigts pour marquer le rythme, elle se mit à danser devant lui, avec une telle grâce et une telle légèreté, qu’il en fut émerveillé. Elle souriait de toutes ses dents blanches et ses yeux étincelaient de gaieté.

- Arrêtez ! cria Stenburg, saisissant son crayon pour dessiner la silhouette.

   Il allait vite, mais c’était une position très fatigante à conserver pour la bohémienne. Toutefois, elle la supporta jusqu’à ce qu’enfin, avec un soupir de soulagement, elle puisse laisser retomber ses bras et se reposer devant l’artiste de plus en plus captivé.

   « Elle est plus que belle, se dit-il. C’est un modèle de premier ordre. Je la peindrai en danseuse espagnole. » Il fallut discuter le prix. Puis, il fut convenu que Pépita viendrait trois fois par semaine, pour poser.

   A l’heure dite, elle arriva, stupéfaite des merveilles du studio. Elle regardait tout à tour les toiles finies et commencées, et les accessoires qui ornaient la pièce : meubles, poteries, armures, vêtements, etc.

   Enfin, elle arriva à une grande « pièce d’autel », prête à être terminée, qui représentait la Crucifixion.

- Qui est cet homme ? dit la jeune fille, d’une voix tremblante, en désignant la figure centrale du Sauveur en croix.

- Le Christ, répondit Stenburg distraitement.

- Qu’est-ce qu’on lui fait ?

- On le crucifie, fit encore le peintre. Allons, fillette, tournez-vous un peu à droite. Là… ça ira.

   Stenburg, le pinceau entre les doigts, était un homme avare de mots.

- Qui sont ces gens autour de lui ? poursuivit-elle… Ces gens au mauvais visage ?

- Ecoutez, dit-il, avec impatience, taisez-vous, je n’ai pas le temps de vous parler. Vous êtes ici pour poser et non pour bavarder.

   La bohémienne se tut, mais elle regardait le tableau et réfléchissait. Et, à chaque séance, la fascination qu’il exerçait sur elle s’intensifiait. Parfois, elle se hasardait à poser quelques questions, car la curiosité la tenaillait. Un jour, elle éclata :

- Enfin, dites-moi donc pourquoi on l’a crucifié ? Etait-il très, très méchant ?

- Non, très bon, au contraire.

   C’est tout ce qu’elle put apprendre ce jour-là. Mais elle retenait chaque mot, comme un trésor, et la fois suivante, elle s’enhardit à demander :

- S’il était si bon, pourquoi l’ont-ils ainsi traité ? Etait-ce pour un instant seulement ? L’ont-ils laissé aller ensuite ?

- C’est parce que…

   L’artiste s’était levé et, la tête un peu penchée, arrangeait une draperie de son modèle.

- Parce que ?... répéta Pépita haletante.

   Stenburg retourna à son chevalet. Puis, voyant le visage anxieux de la jeune fille, il en eut pitié, et dit :

- Ecoutez, je vais vous dire une fois pour toutes ce qu’il y a à dire, puis vous cesserez de me poser des questions.

   Il lui raconta alors l’histoire de la Crucifixion, qui était nouvelle pour Pépita, mais si vieille pour lui qu’elle avait cessé de l’émouvoir. Il ajouta même avec indifférence : « Il est mort pour tous les pécheurs. »

   Il pouvait peindre cette agonie sans qu’une seule émotion ne le fasse vibrer. Mais cette seule pensée était poignante pour la jeune tzigane, dont les grands yeux noirs se remplirent de larmes, que l’orgueil de la tribu lui interdisait de laisser tomber…

   La « pièce d’autel » et la « Danseuse espagnole » furent terminées ensemble.

   C’était la dernière visite de Pépita au studio.

   Elle regarda son propre et admirable portrait sans plaisir, mais se tint longtemps immobile devant la Crucifixion, comme clouée au sol.

- Venez ici, dit l’artiste. Voilà votre argent avec une pièce d’or en plus, car vous m’avez porté bonheur. La « Danseuse espagnole » est déjà vendue. Peut-être aurai-je encore besoin de vous plus tard. Pour le moment il ne faudrait pas encombrer le marché de votre joli visage.

   La jeune fille s’était retournée lentement.

- Merci, Signor, dit-elle d’une voix grave. Mais, dites-moi, vous devez l’aimer beaucoup, puisqu’il a souffert tout cela pour vous ?

   La figure du peintre s’était empourprée de honte.

   La jeune fille, dans sa robe fanée, avait disparu de son atelier, mais ses paroles plaintives résonnaient encore dans son cœur.

   Il essaya de les oublier en se hâtant d’envoyer le tableau à sa destination, mais les mots persistaient : puisqu’il a souffert tout cela pour vous.

   Enfin, son tourment devint insupportable. Il devait s’en débarrasser à tout prix et s’en fut se confesser.

   Le prêtre lui fit subir un interrogatoire serré. Il croyait à toutes les doctrines de l’Eglise et reçut l’absolution avec l’assurance que « tout allait bien ».

   L’artiste fit une remise généreuse sur le prix fixé pour la « pièce d’autel » et, pendant une semaine ou deux, se sentit soulagé.

   Mais lorsque revenait la question : « Vous devez l’aimer beaucoup, n’est-ce pas ? » il redevenait anxieux et ne pouvait se mettre au travail.

   En parcourant les rues de la cité, il apprit des choses encore inconnues. Un jour, il vit un groupe de personnes se hâtant vers une maison près des remparts… une bien pauvre maison… Puis, il vit d’autres groupes venant du côté opposé qui entraient dans ce même endroit. Il s’informa,  mais sans obtenir de réponse précise, ce qui piqua sa curiosité…

   Quelques jours après, il apprit qu’un étranger qui professait la religion « réformée » habitait là. C’était un de ces hommes méprisés qui en appelaient, en toute occasion, à la Parole de Dieu.

   Etait-ce respectable, et même sûr, d’essayer d’entrer en relation avec ces gens-là ? Et pourtant, par leur moyen, il pourrait peut-être trouver ce qu’il cherchait, si toutefois ils connaissaient le secret de la paix.

   Il y alla donc tout d’abord pour observer, s’informer, sans aucune intention de se joindre à eux.

   Mais un homme peut-il s’approcher du feu et rester froid ?

   Le prédicateur parlait et agissait comme quelqu’un qui voulait marcher sur la terre avec le Christ. Comme quelqu’un qui donnait au Christ la suprématie en tout. Et Stenburg trouva ce qu’il avait tant désiré : une foi vivante.

   Son nouvel ami lui prêta une précieuse copie du Nouveau Testament ; mais, peu après, il fut poursuivi et chassé de Düsseldorf et voulut emporter le Livre avec lui. Heureusement, la semence était déposée dans le cœur de l’artiste.

   Ah ! il n’existait plus de questions maintenant ! Dans son âme brûlait un amour ardent et il se disait : « Pour moi ! Il a fait tout cela pour moi ! Comment proclamerai-je à d’autres hommes cet amour sans bornes pour qu’il transforme leur vie comme il a transformé la mienne ? Il est pour eux aussi, mais ils sont aveugles, comme je l’étais. Comment prêcherai-je ? Je ne sais pas parler. L’amour du Christ brûle dans mon cœur, mais je ne sais pas l’exprimer par des mots ! »

   Tout en réfléchissant, le peintre avait pris machinalement un morceau de charbon de bois et esquissait une tête couronnée d’épines. Ses yeux se remplissaient de larmes à mesure qu’il travaillait.

   Soudain, une pensée traversa son esprit comme une flèche.

   « Je suis peintre ! Mon pinceau proclamera l’Amour divin ! Ah ! dans la « pièce d’autel » je n’ai mis que la souffrance de l’agonie dans le visage. Ce n’était pas là la vérité. Il y faut l’Amour ineffable, la Compassion infinie, le Sacrifice volontaire. »

   L’artiste tomba à genoux et pria pour qu’il puisse « parler » sur sa toile.

   Il en fut ainsi.

   Le feu du génie se mit à brûler jusqu’à la plus haute expression de puissance. Le nouveau tableau de la Crucifixion fut une inspiration.

   Il ne voulut pas le vendre et en fit don à sa ville natale, qui le suspendit dans la célèbre galerie de peinture, où les habitants vinrent en foule le contempler.

   Les voix se faisaient douces, les yeux s’embuaient de larmes, et les citoyens s’en retournaient chez eux connaissant l’amour de Dieu et se répétant les paroles inscrites au bas de la toile :

Voici ce que j’ai fait pour toi.

Toi qu’as-tu fait pour moi ?

   Stenburg se mêlait souvent à cette foule et regardait d’un coin de la galerie les gens qui s’assemblaient devant son tableau.

   Un jour, il remarqua, parmi les visiteurs, une pauvre fille qui pleurait amèrement. Il s’approcha :

- Pourquoi ce chagrin, enfant ? demanda-t-il.

   Elle se retourna. C’était Pépita.

- Oh ! Signor, sanglotait-elle, en désignant du doigt l’adorable visage, s’il m’avait aimée aussi, mais je ne suis qu’une pauvre bohémienne ! Cet amour est pour vous et non pour les gens comme moi.

   Et les larmes coulaient sans contrainte.

- Pépita, il est aussi mort pour toi !

   Et l’artiste lui redit la merveilleuse histoire.

   Ils causèrent jusqu’à l’heure tardive où l’on fermait la galerie. Le peintre accueillait avec joie, maintenant, toutes les questions de Pépita, car le sujet lui tenait à cœur. Il raconta la vie d’amour, la mort expiatoire, la résurrection glorieuse, et expliqua l’union que l’amour rédempteur réalise.

   Elle écoutait, puis elle reçut et crut ces paroles : « Voici ce que j’ai fait pour toi. »

   Deux ans ont passé depuis que le tableau a été exposé. L’hiver est de retour, le froid est intense et le vent souffle en rafales dans les rues étroites de Düsseldorf, en faisant trembler les fenêtres de l’atelier de Stenburg.

   Le travail de la journée est terminé et, devant le feu de bûches, il lit un exemplaire de son Evangile bien aimé, qu’il s’est procuré à grand-peine.

   A un coup frappé à la porte, l’artiste ouvre et laisse entrer un inconnu. Ce dernier est vêtu d’un vieil habit en peau de mouton, recouvert de neige gelée. Il regarde d’un air affamé les restes du repas sur la table, tout en délivrant son message :

- Le Signor voudrait-il bien venir avec moi pour une affaire urgente ?

- Et quelle est cette affaire ? demanda le peintre un peu méfiant.

- Je l’ignore, mais quelqu’un qui se meurt voudrait vous parler.

- C’est bien, dit Stenburg, j’y vais, mais mangez auparavant.

   L’homme balbutia des remerciements et se mit à dévorer les aliments qui étaient devant lui.

- Vous avez donc bien faim ? interrogea l’artiste.

- Signor, nous sommes tous en train de mourir, faute de nourriture.

   Stenburg emplit un sac de provisions et lui dit :

- Pouvez-vous porter ça ?

- Ah ! avec joie ! Mais dépêchons-nous ; il n’y a pas de temps à perdre.

   Ils traversèrent rapidement les rues qui menaient à la campagne. Là, les branches ployaient sous la neige et le sentier n’était pas même tracé. Mais l’homme n’hésitait jamais et marchait devant en silence d’un pas exercé.

   Enfin, ils arrivèrent à la lisière d’un bois où quelques misérables tentes étaient dressées.

- Entrez, dit l’homme, en désignant l’une d’entre elles.

   Puis, il se tourna vers un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants, qui s’empressaient autour de lui. Il leur parlait en une langue bizarre pendant qu’il détachait le sac de ses épaules.

   Presque en rampant, le peintre pénétra sous la tente. Un admirable clair de lune éclairait l’intérieur. Sur un grabat de feuilles sèches une jeune femme pâle et décharnée était étendue.

- Oh ! Pépita !

   Au son de cette voix, les yeux s’ouvrirent, ces beaux yeux sombres, encore brillants. Un sourire trembla sur les lèvres de la malade, qui se souleva sur un coude.

- Oui, dit-elle, Pépita ! Il est venu pour moi aussi ! Il m’a tendu les mains. Ses mains saignaient. Il m’a dit : « Voici ce que j’ai fait pour toi. »

   Et elle fit ses adieux à Stenburg.

*

   Bien des années après que le peintre et la jeune bohémienne se furent endormis dans la foi, un frivole et jeune noble traversait Düsseldorf, en splendide équipage, en route pour Paris.

   Pendant que l’on donnait à boire et à manger à ses chevaux, il eut l’idée d’aller visiter la célèbre galerie de peinture de cette ville.

   Il était riche et intelligent. Un monde brillant lui ouvrait ses trésors.

   De suite, le tableau de Stenburg retint son attention. Il lut et relut le texte inscrit au bas du cadre. Il ne pouvait s’en arracher. Les mots s’incrustaient dans son cœur. L’amour de Christ pénétrait en lui et allait s’imposer à sa vie.

   Les heures s’écoulaient. La nuit tombait. Le gardien du musée toucha le bras du jeune noble qui pleurait et l’avertit poliment que les portes allaient se fermer.

   La nuit était venue, en effet, mais dans cette existence, jusqu’ici mondaine, se levait l’aurore de la vie éternelle.

   C’était le compte de Zinzendorf.

   Rentré à l’hôtellerie, il reprit sa voiture, non pour continuer sur Paris, comme il l’avait désiré ce matin encore, mais pour retourner chez lui.

   Depuis ce jour, il jeta sa vie, sa fortune et son nom au pied de Celui qui avait murmuré à son cœur :

Voici ce que j’ai fait pour toi.

Toi, qu’as-tu fait pour moi ?

   Le tableau de Stenburg n’est plus dans la galerie de Düsseldorf, car celle-ci fut détruite par le feu il y a bien des années.

   Il n’existe plus mais il a, pendant longtemps, proclamé le don de Dieu à l’humanité, Celui dont l’apôtre saint Paul affirmait : « Il m’a aimé et s’est donné pour moi. »

 

Coin Recette

Fondant aux framboises

Ingrédients :

Fond de gâteau :

170 g de noisettes moulues

100 g de sucre roux

170 g de semoule fine de blé

 2/3 de sachet de poudre à lever sans  phosphate

1 sachet de sucre vanillé

1/3 l de lait végétal

 

Mousse :

500 g de framboises

150 g de sucre roux

500 ml de crème de coco mise au frigo pendant plusieurs heures

1 sachet de chantibio (fixe chantilly bio)

150 g de lait végétal

6 g d’agar-agar en poudre

 

Préparation :

Commencer par le fond de gâteau :

- Passer le sucre roux au moulin à café pour qu’il soit en poudre fine.

- Mélanger tous les ingrédients, verser la pâte dans un moule rectangulaire de type plat à lasagne (20 cm x 30 cm).

- Faire cuire au four à 180° pendant environ 45 minutes.

- Tourner le moule à mi cuisson.

 

Pour la mousse :

- Mixer les framboises et les mélanger avec le sucre.

- Fouetter la crème de coco bien froide pendant 1 minute. Ajouter le sachet de « chantibio » et fouetter pendant encore 1 minute jusqu’à ce que la chantilly soit bien ferme.

- Mettre la moitié des framboises mixées dans un grand saladier.

- Amener le lait à ébullition, verser l’agar-agar préalablement délayé dans un peu d’eau. Porter à nouveau à ébullition en mélangeant constamment.

 

- Verser ce mélange sur les framboises et fouetter énergiquement.

- Incorporer délicatement la chantilly.

- Pour finir, ajouter le reste des framboises en mélangeant doucement. .

- Garnir le gâteau, et laisser prendre une nuit au frigo.

- Décorer de framboises fraiches.


On peut aussi utiliser d’autres fruits frais, telles que des fraises, comme c’est le cas pour le gâteau sur la photo ou même des fruits décongelés. Dans ce cas, il se peut qu’il vous faille utiliser un gramme d’agar-agar en plus.

 

[1] Ndt. Voir la version King James.

[2] Source : http://auclairdistribution.com/articles/scientifique/la-vraie-cause-du-cancer-dr-otto-warburg/